Réforme du lycée vue par le SNES

Logo SNESGestion locale d’un tiers des horaires, réduction des horaires disciplinaires, tronc commun en première… La réforme du lycée présentée par Luc Chatel est idéologique et dangereuse. Pour répondre aux difficultés des élèves et à la nécessité de démocratisation du lycée, le SNES exige une autre réforme !

 

Le Ministère présente un projet qui continue de décliner des axes déjà connus et sur lesquels le SNES a exprimé ses désaccords. La réforme sert de prétexte à introduire l’autonomie comme solution aux problèmes du système éducatif. Nous condamnons cette vision libérale. Le projet présenté aux organisations syndicales par le Ministère le 18 novembre, puis à la presse par le Ministre le 19 est la mise en œuvre, à la lettre, des orientations dévoilées progressivement par le gouvernement depuis septembre. S’il y a eu des arbitrages par le Ministre, ils ne nous ont pas été communiqués.

En audience, le SNES a marqué clairement ses trois points de désaccord majeur, qu’il considère comme des casus belli :

- gestion locale d’une part importante de l’horaire disciplinaire (l’ensemble des cours en effectifs restreints)
- réduction des horaires disciplinaires
- tronc commun en première générale

L’affichage d’une réforme « peu profonde » et ne touchant pas « à ce qui marche pour le moment » est une entourloupe (voir le traitement réservé aux SES pour s’en convaincre).

La réforme sert de prétexte au renforcement de l’autonomie des établissements comme solution aux problèmes du système éducatif. Nous condamnons cette idéologie.

En téléchargement, la comparaison des grilles disciplinaires élèves actuel et selon le projet, ainsi que le document ministériel présentant la réforme

Compraison horaires après réforme
Grilles actuelles et projet Chatel
Réforme lycée 2010 du 19-11-09
Le document ministériel de présentation de la réforme

Autonomie des établissements

Le Ministère refuse de parler d’autonomie, terme selon lui de nature administrative et stigmatisant, pour parler d’initiative et de responsabilité des établissements. Les programmes, examens et conditions d’études resteraient nationaux. Pour l’organisation des horaires, c’est la communauté éducative locale qui serait la mieux à même de faire les meilleurs choix pour les élèves. Il y aurait une dotation division par division, chaque équipe pédagogique la gérant en lien avec le conseil pédagogique, avec un premier projet en janvier de l’année précédente, permettant de faire remonter au rectorat les besoins par disciplines. A la rentrée, des ajustements seraient possibles, « puisqu’un proviseur avisé n’aura pas consommé la totalité des heures ».

Les corrections de trajectoire des élèves seraient marginales (quelques pourcents), donc sans impact sur la préparation de la rentrée.

Par ailleurs, le ministère considère que le dédoublement est de confort, il n’est pas utile devant certaines classes, ou pour certaines matières.

L’avis du SNES Le choix de la gestion locale est une décision politique lourde. Nous avons martelé notre refus de la gestion locale des heures en effectifs restreints, qui constitue le quart de la dotation (seul fléchage : l’ecjs en classe de 2de) et dont par ailleurs nous ne voyons pas comment la mise en œuvre est possible. Nous avons rappelé que ce ne serait pas avant tout des critères pédagogiques qui seraient retenus mais de disponibilité des enseignants et de gestion de leurs services, et demandé de nouveau un cadrage national.

Le travail en petits groupes permet des pratiques et pédagogies différentes, et cela dans toutes les disciplines : elles sont toutes fondées à bénéficier d’heures en effectifs restreints.

Horaire élève

Le choix du ministre, partagé, selon nos interlocuteurs, par les parents et les élèves, est de ne pas ajouter d’heures de présence ni d’en retirer (l’horaire moyen de l’OCDE étant bien inférieur à celui du lycéen français). L’encadrement des élèves serait ainsi amélioré.

L’avis du SNES Plus le temps de cours est réduit, plus les élèves fragiles sont en difficulté, particulièrement quand ils sont dans des classes nombreuses. Quant à l’OCDE , il faut comparer le comparable : il y a des enseignements qui ne sont pas assurés dans tous les pays.

Horaires disciplinaires

Les horaires actuels des différents niveaux seraient maintenus. La dotation globale de chaque division comprend les horaires élèves fléchés, et comme seule règle pour la répartition des dédoublements l’obligation de 4h prof pour l’accompagnement (soit 2h élèves) et de 1h prof pour l’ECJS (0,5 h pour les élèves).

Les élèves perdent deux heures de cours disciplinaires par semaine, réparties comme suit :

- classe de seconde : 30 minutes hebdomadaires de français, histoire-géographie, sciences physiques et chimiques, sciences de la vie et de la Terre.
- cycle terminal : 1h de TPE ; 30 mn de mathématiques et d’histoire géographie, 1h30 de sciences physiques et 1h de SVT en série S ; 2h de langues vivantes enseignée par des professeurs de langues vivantes, 2h de mathématiques en série L ; les enseignements à choisir en 1ère ES (dont 2h de maths ou de SES choisies par la majorité des élèves) et 1h de SES en terminale ES.

L’avis du SNES Les diminutions des horaires disciplinaires peuvent sembler “saupoudrées” sans grand effet à craindre. Elles constituent pourtant des pertes sèches pour les élèves, et des classes en plus pour les professeurs. La gestion du pactole d’heures de dédoublement sera d’autant plus difficile qu’il s’agirait d’arbitrer entre les besoins pédagogiques et les ressources en professeurs.

Comment se féliciter d’un renforcement scientifique de la série S alors que les élèves perdent des heures de cours dans toutes les disciplines scientifiques ?

Comment justifier la perte de cours de langues vivantes en série L ? Les enseignements de littérature étrangère en tant que discipline non linguistique par des professeurs habilités ne sont pas de même nature. Les rectorats ont le plus grand mal à recruter des enseignants pour les quelques sections européennes ouvertes, comment vont-il pouvoir généraliser ces enseignements ?

Voie technologique

Une option lourde en seconde continuerait de s’accompagner d’une dispense de SVT.
- STI

Le cabinet indique que les arbitrages ne sont pas faits. Une réforme « lourde et ambitieuse » est prévue pour la rentrée 2011. Un groupe d’experts est au travail. Les informations qui circulent dans les académies seraient fallacieuses. Le dialogue social commencera dans les prochaines semaines.
- Hôtellerie

Cette série n’est pas concernée par la réforme.

Accompagnement personnalisé

Il s’agirait d’un temps d’enseignement « différent », sous la responsabilité des professeurs, avec des pratiques renouvelées. Il devrait permettre aux familles d’éviter le recours aux officines privées. En terminale, il serait officiellement dédié aux disciplines marquant la série.

L’avis du SNES L’accompagnement selon nous devrait assurer un encadrement prolongé aux élèves en dehors du cours pour lutter contre les inégalités liées aux devoirs à la maison. Ce ne serait pas un poids supplémentaire pour l’élève, puisqu’il gagnerait du temps sur son travail personnel. Il faut considérer la globalité du temps de l’élève. Nous attendons de la Nation un investissement supplémentaire. Il n’est pas sûr que ce qui est proposé réponde à la demande des jeunes et de leurs familles. En terminale, il est installé aux dépends des disciplines qui marquent les séries, d’où le choix de le rendre disciplinaire. Il vaudrait mieux conserver les horaires disciplinaires au lieu d’essayer un habillage peu glorieux de la demande sociale d’un meilleurs encadrement.

Classe de seconde

Grille horaire : voir en téléchargement.

Il s’agit de permettre aux élèves d’explorer deux disciplines sans augmenter l’horaire élève.

Enseignements d’exploration de 54 h :
- obligatoirement pour le premier : SES ou EAG (économie appliquée et gestion)
- au choix pour le second : SMS, BIO TECH, physique et chimie de laboratoire, littérature et monde contemporain, SI, mesures et pratique scientifique, conception produits industriels, arts (danse, musique, théâtre, cinéma), et l’enseignement non pris en premier choix.

EAG (économie appliquée et gestion) : ce n’est pas IGC, il s’agirait en partie d’une nouveauté n’ayant pas de caractère technologique. Littérature et monde contemporain : préfigure l’option de TL sur le modèle sciences po.

Mesures et pratique scientifique : sera sur le modèle de l’option science. Proposer des enseignements artistiques à 1h30 devrait permettre à davantage d’élèves d’en profiter.

Les langues régionales gardent leur statut de LV2 ou LV3.

Options (3h) LV3, latin, grec ancien : peuvent remplacer un ou deux enseignements d’exploration ou être prise en option sur 108h. De même les options EPS (180h), arts du cirques (216h)et arts appliqués (216h) sont maintenues.

L’avis du SNES La conception ministérielle de l’exploration n’est pas acceptable. Il s’agit d’une dénaturation des disciplines qui conduit à une dégradation importante des conditions de travail des enseignants concernés. Installer une discipline prend du temps, il ne s’agit pas seulement d’explorer mais d’apprendre.

L’enseignement EAG pose problème : il ne prend pas la dimension technologique en compte, et on ne voit pas bien l’articulation avec les SES .

Il faut donner aux élèves la possibilité d’un enseignement artistique sur 3h, qui leur permette une pratique réelle.

Les SES, les enseignements artistiques et les enseignements technologiques de seconde sont les grands sacrifiés de la réforme.

Classe de première

Grilles horaires : voir en téléchargement

L’ensemble des disciplines d’enseignement commun (15 h) permet de ne pas enfermer les élèves de façon trop précoce. Il rend le lycée plus juste et réversible.

Il n’a pas été choisi de valoriser la série L avec des sciences (cela a été essayé et n’a pas fonctionné), mais avec les langues et la littérature, avec un « adossement international » très fort.

Les mathématiques « outils de culture commune » sont considérés comme acquis dès la fin de la seconde.

L’histoire géographie sera l’objet d’une épreuve anticipée au baccalauréat en série S.

Arts du cirque : maintenu en tant qu’enseignement de complément à raison de 4h/semaine.

L’avis du SNES La classe de première L proposée est la plus spécialisée des trois séries. Or les élèves de milieux favorisés choisissent actuellement la S car elle ne ferme aucune porte. On voit mal comment la réforme attirerait davantage d’élèves vers la filière littéraire. Ne pas offrir une culture scientifique plus large aux littéraires est une erreur. Il est regrettable que les mathématiques ne soient pas considérées comme culture commune (à distinguer des enseignements communs). Il sera plus facile aux élèves de passer de S vers L que le contraire.

Classe de terminale

Grilles horaires : voir en téléchargement

Il s’agit de préparer l’entrée dans le supérieur, à partir du socle de compétences et de valeurs communes acquises en première. L’accompagnement personnalisé est conçu différemment. Pour tirer le meilleur profit de la spécialisation, il s’appuie les principales matières de la série. En TS, par exemple, l’arrêté cadrerait 1h30 d’enseignement scientifique dans l’accompagnement. En ES, il porterait sur SES et maths. Les options SI bénéficierait d’un volant d’heure supérieur, de manière à assurer les dédoublements.

L’avis du SNES Le caractère scientifique de la série S n’est pas affirmé, et la diversification repose comme actuellement sur 2h, ce qui est insuffisant. Mais en série L, le parcours linguistique n’est pas tellement plus marqué. Il ne changera pas profondément la vision que les élèves ont de cette série. En ES, la séparation entre économie et sciences sociales dénature les SES.



Revue de presse : réforme du lycée

Article Libé.fr

Lycée: après les grandes annonces, la réformette

Finalement le lycée sera un peu réformé. Nicolas Sarkozy avait promis une grande rénovation. Comparé aux ambitions, les mesures annoncées ce matin par Luc Chatel sont assez limitées, loin de la révolution prônée par Xavier Darcos qui avait mis les lycéens dans la rue. En fait elles se veulent surtout consensuelles afin d'éviter une nouvelle mobilisation, ce qu'il faudra voir dans les prochains jours.

Au lycée champlain chennevieres sur marne le 13 oct 09 La réforme, dont les détails ont donc été annoncés par le ministre au Salon de l'Education, reprend de nombreuses préconisations du rapport de Richard Descoings, le directeur de Sciences Po qui avait mené une vaste consultation sur le terrain. Elle poursuit essentiellement quatre objectifs:

- permettre une meilleure orientation des élèves qui peuvent désormais se tromper et se réorienter en première, ceci devant aussi limiter les redoublements qui coûtent cher et sont jugés souvent inefficaces,

- rééquilibrer les filières, et notamment revaloriser la littéraire (L) en plein déclin ainsi que la technologique (mais pour cette dernière, l'annonce des mesures est remise à la rentrée 2011),

- introduire davantage de soutien individualisé que les lycéens réclament, au delà du face à face profs-élèves

- enfin mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur et à l'autonomie - beaucoup se perdent et abandonnent ensuite à l'université .

 

 

La classe de  seconde va changer dès septembre 2010. Elle se veut moins spécialisée et plus “exploratoire” afin que le lycéen puisse davantage choisir en connaissance de cause sa série en première. Du coup, les enseignements de détermination - comme  les SES (Sciences économiques et sociales) - deviennent des enseignements “d'exploration”. Ils passent à une heure et demie par semaine au lieu de trois, et le lycéen devra en prendre deux. Pour le premier, il aura le choix entre les SES et l'économie appliquée et gestion. Pour le second, l'éventail est plus large: sciences de l'ingénieur, biotechnologie, méthodes et pratique scientifiques, littérature et monde contemporain, arts, etc.

Pour les lycéens désirant changer de filière, après avis du conseil de classe, des “stages passerelles” seront proposés pendant les vacances scolaires. Mais plusieurs syndicats ont déjà jugé cela un peu court pour rattraper lles matières de spécialisation que l'élève n'aura pas suivies.

Autre nouveauté, l'introduction de deux heures obligatoires d'accompagnement personnalisé par semaine - on les retrouve aussi en première et en terminale. C'était une demande de nombreuses organisations et de syndicats de lycéens, de parents d'élèves et d'enseignants. Mais comme l'horaire des élèves reste le même (28 heures 30 par semaine d'enseignement obligatoire), tout comme celui des enseignants, cela signifie que l'on va grappiller sur les heures des disciplines. Ce qui ne fait jamais plaisir aux enseignants concernés… Les heures de dédoublement sont aussi remises au pot commun.

Ultime novation: la deuxième langue vivante 2 (LV2) entre dans le tronc commun qui comporte désormais: 4 heures de français, 4 heures de maths, 3 heures d'histoire-géo, 5 heures 30 au total de LV1 et de LV2 - chaque établissement décidera de la répartition -, 3 heures de physique-chimie, 1 heure 30 de SVT (Science et Vie de la Terre), enfin une demie heure d'ECJS (Education Civique, Juridique et Sociale).

La classe de première, qui sera mise en place en septembre 2011, sera en fait davantage modifiée. L'élève commence seulement à se spécialiser. Et il a désormais doit à l'erreur. Afin de lui permettre de changer de série en cours d'année, les trois filières S, ES et L auront désormais un tronc commun de 15 heures, ce qui représente environ 60% de l'emploi du temps des élèves: soit 4 heures 30 de langues, 4 heures de français, 4 heures d'histoire-géo, 2 heures d'EPS et toujours une demie heure d'ECJS. Les enseignements de spécialité seront par ailleurs de 10 heures en S, 9 heures 30 en ES et 8 heures 30 en L.

Pour revaloriser la série littéraire de plus en plus désertée, le dispositif parait un peu court. Un nouvel enseignement de spécialité, “Droit et grands enjeux du monde contemporain”, est introduit en terminale. Comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy le 13 octobre, l'enseignement  des langues est par ailleurs renforcé, avec des cours de littérature étrangère dans la langue.

Dans la logique de progressivité de la réforme, la terminale, qui sera mise en oeuvre en septembre 2012, devient vraiment la classe de spécialisation. En plus des trois actuels, la série S hérite d'un nouvel enseignement de spécialité: informatique et société du numérique. La série ES se la voit proposée aussi. En plus des maths comme aujourd'hui, les élèves en ES pourront aussi désormais prendre Sciences sociales ou Economie approfondie.

Enfin le bac, sujet hautement sensible, est préservé. A une exception prés toutefois: il y aura désormais une épeuve anticipée d'histoire-géo en première. Les épreuves orales de langues vivantes au bac, souhaitées par Richard Descoings, sont elles remises aux calendes grecques..

Parmi les autres nouveautés, le ministère annonce aussi du tutorat pour les élèves qui le demandent. Il laisse aussi beaucoup plus d'autonomie aux établissements, notamment pour décider du contenu du  nouvel accompagnement  individualisé qui reste assez flou.

Il reste maintenant à connaître la réaction des partenaires sociaux. Les grandes lignes du projet de réforme, qui leur avaient été présentées, n'avaient pas été mal accueillies. Mais depuis, le ministre a opéré un certain nombre d'arbitrages concrets sur des sujet sensibles. Côté enseignant, on regardera notamment les horaires des disciplines et les perdants protesteront. Beaucoup - professeurs, parents d'élèves et lycéens - vérifieront aussi que tout cela est bien réalisable, sans alourdir encore les effectifs des classes. Car c'est surtout à l'aune des moyens que la réforme sera jugée. Nicolas Sarkozy avait promis que ce ne serait pas l'occasion de faire de nouvelles économies.

Crédit photo: N. Sarkozy, L. Chatel, R. Descoings au lycée Champlain de Chennevieres sur Marne le 13 octobre 2009 (Reuters)

 

Lycée : “réforme en trompe l'œil” ou “meilleure préparation au supérieur” ?

Article Le Monde.fr

Le ministre de l'éducation, Luc Chatel, a présenté, jeudi 19 novembre, le contenu de sa réforme du lycée. Un projet qui devra s'appliquer dès la rentrée prochaine en classe de seconde.

 

Y trouvent place un accompagnement personnalisé obligatoire pour tous et une réversibilité des choix jusqu'à la fin de la classe de première, mais aussi une offre plus alléchante en section littéraire et une section S plus scientifique.

Négociée durant de longs mois avec les partenaires syndicaux, le projet est bien accueilli par le syndicat des enseignants (SE). Son secrétaire général, Christian Chevalier, apprécie “le tronc commun offert à tous les élèves” et anticipe une“meilleure préparation à l'enseignement supérieur”

Une approche que ne partage pas la cosecrétaire générale du Syndicat national de l'enseignement secondaire (SNES), Frédérique Rollet. A ses yeux, il s'agit d'une “réforme en trompe-l'œil“. Le syndicat majoritaire estime que tout y est “renvoyé au local avec risque d'une plus grande inégalité”.

 

Propos recueillis par Maryline Baumard

 

Article Le Figaro.fr

La réforme du lycée enfin sur les rails

Le lycée Fénelon, à Lille. Avant de décliner les choix concrets du nouveau lycée, Luc Chatel avait entrepris un tour de France des établissements.
Le lycée Fénelon, à Lille. Avant de décliner les choix concrets du nouveau lycée, Luc Chatel avait entrepris un tour de France des établissements. Crédits photo : Le Figaro

Après le discours de Nicolas Sarkozy,le 13 octobre dernier, le ministère de l'Éducation dévoile jeudi les changements à venir.

Depuis le 13 octobre et les annonces de Nicolas Sarkozy sur les grandes lignes de la réforme du lycée, Luc Chatel, chargé «d'orchestrer la réforme», avait entrepris un tour de France fait de pédagogie et de prise du pouls lycéen. Le ministère doit donc annoncer aujourd'hui, au Salon de l'éducation, les contours plus précis du nouveau lycée, qui ont été présentés aux syndicats lundi dernier. L'esprit de ce qu'avait fixé le président de la République est respecté, mais décliné dans des choix concrets d'horaires, de contenus et d'organisation.

 

• Une seconde «d'exploration»

 

L'ancienne seconde de «détermination» laissera place à une seconde «d'exploration». Ce qui signifie que le tronc commun intégrera les matières principales, auxquelles viendra s'ajouter la deuxième langue vivante. Les anciens modules de français, d'histoire-géographie… laisseront la place aux deux heures d'accompagnement. Les élèves choisiraient en début d'année (et non plus dès la fin de la 3e) deux enseignements d'exploration de 1 h 30. Parmi ces enseignements, les sciences économiques et sociales (qui perdraient donc 1 h 30), les options technologiques et de nouvelles matières intitulées «méthodes et pratiques scientifiques», «littérature et monde contemporain»… Le latin, le grec et la LV3 conserveraient 3 heures par semaine.

 

• Une première avec tronc commun

 

La grande nouveauté de la première est la création d'un tronc commun regroupant les élèves des trois filières, L, ES et S, pour le français, l'histoire-géographie, les deux premières langues vivantes, traitées par groupes de niveau, l'éducation physique et sportive et l'éducation civique, juridique et sociale. Les mathématiques ne feraient pas partie du tronc commun. La filière S comporterait un enseignement de mathématiques et de sciences physiques et SVT aux horaires légèrement diminués, la filière ES resterait inchangée, et la filière L comporterait, en plus d'un enseignement de 2 heures de littérature française et de 2 heures de littérature étrangère, des options de mathématiques, langues antiques et LV3. L'heure de travaux personnels encadrés serait maintenue.

 

• Une terminale spécialisée

 

La principale innovation en terminale serait le regroupement du programme d'histoire-géographie du lycée sur les deux années de 2nde et 1re, afin de laisser la place en terminale à un enseignement de «méthodes et outils» devant préparer aux études supérieures. En filière L apparaîtrait un enseignement de «droit et grands enjeux du monde contemporain».

 

• Accompagnement, soutien et vie lycéenne

 

Sur les trois années, les horaires disciplinaires diminueraient donc de 1 h 30 à 2 heures, la filière S gardant 1 h 30 de plus que la filière L. Ce temps servira aux deux heures d'accompagnement, qui comprendront du soutien, de l'approfondissement et de l'orientation. Les professeurs devraient prendre en tutorat un élève ou un groupe d'élèves qu'ils suivraient sur les trois années. D'autre part, comme annoncé par Nicolas Sarkozy, des stages de remise à niveau et des stages passerelles devraient être organisés pendant les vacances pour permettre aux élèves de changer de filière en cours d'année. Enfin, un volant d'heures «globalisées», hors disciplines, sous le contrôle du conseil pédagogique du lycée, devrait organiser un début d'autonomie des établissements. Et selon le vœu du président, les lycéens géreront un service de vidéo à la demande dont ils choisiront eux-mêmes la programmation.

VOIR AUSSI

» LE TALK - Luc Chatel : «Le lycée doit relever le défi de la qualité»

 

Article 20minutes.fr

Réforme du lycée: de l'économie en seconde et un tronc commun en première

 

 

Rentrée au lycée Montesquieu, en 2007.

Rentrée au lycée Montesquieu, en 2007./ P. SAURA / 20 MINUTES

EDUCATION - Luc Chatel a dévoilé les derniers arbitrages ce jeudi…

Des cours d'économie pour tous les élèves de seconde et un tronc commun en première. Luc Chatel a rendu publics les derniers arbitrages concernant la deuxième version de la réforme du lycée ce jeudi, lors du salon de l'éducation.

Expliquée aux partenaires sociaux la semaine dernière, cette réforme, présentée le 13 octobre dernier par Nicolas Sarkozy, devrait être présentée au Conseil de l'éducation le 10 décembre et entrer en vigueur à la rentrée 2010 pour la classe de seconde, en 2011 pour la première et 2012 pour la terminale. Outre les deux heures d'accompagnement personnalisé prévues, voici les principales évolutions prévues.

La seconde, «une classe de détermination»
L'élève pourra explorer de nouvelles matières pour mieux réfléchir à son orientation sans s'engager. Outre un tronc commun avec l'enseignement de deux langues vivantes, l'élève devra choisir deux enseignements «d'exploration» d'1h30 hebdomadaire chacun, dont l'un portera forcément sur l'économie.

Un tronc commun en première
La classe de première sera un début de spécialisation sans pour autant rendre le parcours du lycéen irréversible, grâce à un «tronc commun» de quinze heures (français, histoire-géographie, deux langues vivantes, éducation civique, juridique et sociale et éducation physique et sportive). Des classes réunissant des élèves de différentes séries pourront donc être constituées, notamment en langues, où les élèves seront répartis par groupes de niveau.

Le lycéen qui souhaite changer de série en cours de route devra uniquement acquérir les connaissances des matières de spécialisation propres à la série qu’il rejoint (dix heures en S, neuf heures et demi en ES, huit heures et demi en L). Des «stages-passerelles» seront par ailleurs organisés pendant les vacances pour se réorienter dans une autre filière. En L, les langues sont renforcées, avec la création d'un cours de littérature étrangère en langue étrangère.

La terminale axée sur les études supérieures
Les enseignements de spécialisation sont renforcés (mathématiques, SVT, physique-chimie, informatique et sciences du numérique en S, sciences sociales, économie, mathématiques appliquées en ES, droit et grands enjeux du monde contemporain, langues vivantes, langues anciennes, arts, et mathématiques appliquées en L). Les deux heures d'accompagnement personnalisé sont consacrées à bâtir un projet d'orientation.



Réforme du lycée : pas ça !

Logo SNES

19 novembre 2009

 

 

Masqué derrière un discours rassurant sur le maintien des dotations horaires et la mise en place d’un accompagnement plus personnalisé des lycéens, le ministre Luc Chatel fait le choix idéologique d’une transformation radicale de l’organisation du lycée général et technologique et des enseignements en voulant confier la gestion de plus du tiers des horaires aux établissements.

Refusant de faire des choix pédagogiques qui nécessiteraient un investissement de la Nation dans son École, paralysé par la mise en œuvre du dogme de la réduction de l’emploi public et des cadeaux fiscaux aux plus riches, s’appuyant sur les recommandations les plus libérales de l’OCDE, le ministre tente d’imposer l’autonomie des établissements comme solution miracle aux difficultés actuelles du lycée.

Depuis plus d’un an, les personnels ne cessent de marteler leur demande prioritaire d’amélioration des conditions de travail et d’étude, le ministre leur répond : « faites mieux avec moins d’heures et avec toujours plus d’élèves par classe ».
Depuis plus d’an, les personnels ne cessent de revendiquer un cadrage national des enseignements et des conditions de travail, le ministre leur répond : « débrouillez-vous entre vous pour arbitrer la répartition des heures en groupe et de dédoublements ».
Depuis plus d’an, les personnels réclament un vaste débat sur les contenus et les finalités du lycée, le ministre leur répond : « faites 54 heures d’exploration avec vos élèves de seconde ».

De fait, à l’issue d’un simulacre de discussions, le ministre confirme les trois axes de son projet : autonomie, réduction des horaires disciplinaires, fusion partielle des séries générales dans un tronc commun ignorant par ailleurs superbement des pans entiers de la culture et ne résolvant pas la question essentielle des effectifs par classe.

Le SNES-FSU et le SNEP-FSU considèrent que ce projet ne saurait répondre aux difficultés des élèves et à la demande de démocratisation du lycée, appellent l’ensemble des personnels à refuser ce projet et à exiger une autre réforme ambitieuse pour les jeunes et pour les professions de l’éducation.

La grève du 24 novembre est l’occasion de signifier massivement au gouvernement le rejet de sa politique éducative qui se traduit sur le terrain par des dégradations continuelles des conditions de travail, l’absence de revalorisation de l’ensemble de nos professions et des réformes imposées contre l’intérêt des personnels et des jeunes.



Réforme du lycée : « peut mieux faire ! »

Paris, 19 novembre  2009

 

Logo UNL

 

Le Ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, vient de rendre les derniers arbitrages lors du salon de l’éducation ce matin. Ni bonne ni mauvaise, cette réforme ne règle que peu de problèmes

 

 

Une réforme qui n’approfondie pas tous les sujets

 

L’UNL se félicite de la mise en place des deux heures d’accompagnement hebdomadaire pour les lycéens. Malheureusement, les priorités budgétaires et humaines ne sont pas concentrées pour les élèves en difficultés ou en cours de réorientation.

 

De plus, le Service Public d’Orientation que l’UNL réclame depuis des années n’apparaît pas dans le projet de réforme. Il est pourtant essentiel pour s’assurer d’un cadrage national du système d’orientation. L’UNL rappelle au Ministre qu’il est aussi nécessaire d’augmenter le nombre de COPSY et de revoir leur formation afin d’assurer un suivi individualisé plus important des élèves.

 

 

L’arbre qui cache la forêt

 

Cette réforme n’apporte aucune réponse au coût global de la scolarité (transports, matériel scolaire, culture…) qui pèse de plus en plus sur les élèves et leur famille. 

 

Ces mesures n’annulent ni les effets dévastateurs des 40 000 postes supprimés depuis 2007, ni du démantèlement de la carte scolaire.

 

Ainsi, l’UNL invite le Ministre à initier un débat national pour une nouvelle vague de démocratisation de l’école républicaine notamment en ouvrant un chantier de négociation sur l’offre de formation et la sectorisation mixité sociale et scolaire.

 

Ainsi, dans le cadre de la journée d’action du 24 novembre l’UNL, premier syndicat lycéen, appelle tous les lycéens à organiser des réunions d’information et des débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

 

 

Antoine Evennou
Président de l'Union Nationale Lycéenne

 

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54



Réforme du Lycée 2010

Voici la nouvelle réforme du lycée présentée ce matin en conférence de presse (sic…) par le Ministre de l'Education Nationale

A vous de juger en étudiant ce document officiel à télécharger ci-dessous :

Réforme lycée 2010 du 19-11-09



La réforme de la formation et du recrutement des enseignants

Voici en pièce jointe à télécharger, la documentation ministérielle intitulée
“La réforme de la formation et du recrutement des enseignants” (13/11/09).

Recrutement enseignants



L’élève en difficulté scolaire : aide personnalisée ou aides spécialisées des RASED ?

Synthèse des conclusions de la recherche FNAREN/Université PARIS-DESCARTES « L’élève en difficulté scolaire : aide personnalisée ou aides spécialisées des RASED ? »
En pièce jointe à télécharger :

FNAREN



Présentation du projet de réforme du lycée par le Ministère

Voici le projet de réforme présenté par le Ministère aux organisations syndicales, aux associations de parents d’élèves et aux organisations lycéennes :

Document à télécharger et à lire absolument :

Projet réforme lycée 2009



Loi Carle : 500 millions d’euros des maires à l’école privée

Article Rue 89.fr

Les députés ont d'entériné le 28 septembre un texte modifiant le financement des écoles privées. Dans un sens plus que contestable : les municipalités seront désormais tenues de financer des écoles privées d'autres communes, si leurs résidents ont choisi d'y scolariser leurs enfants.

Dans quatre cas bien spécifiés : lorsque les parents peuvent prouver que la capacité d'accueil de la commune de résidence est insuffisante, pour des raisons médicales, en cas d'« obligations professionnelles » des parents, ou encore lorsqu'un frère ou une soeur de l'enfant est déjà scolarisé hors de la commune.

5400 écoles sont concernées. Elles recevront une manne de 500 millions d'euros !

Ce nouveau texte entend préciser un article de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. Il est présenté comme motivé par des raisons pragmatiques et non idéologiques. Pour Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale : « C'est un texte d'apaisement et d'équilibre. » A voir.

« A enseignement privé, fonds privés »

Les groupes socialiste, radical et citoyen (SRC) et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) se mobilisent contre. Pas d'abord pour des raisons idéologiques, ou simplement pour défendre la laïcité. Mais parce que cette disposition est malheureuse et aura des conséquences funestes. Selon le député socialiste Yves Durand :

« Ce texte va organiser l'exode scolaire (…), assécher, désertifier les écoles rurales (…) les quartiers de banlieue dits défavorisés. »

Le député de gauche Jacques Desallangre dénonce cette proposition de loi qui « prétend mettre un terme à un imbroglio juridique » mais renforce les nouvelles obligations créées par l'article 89 au bénéfice des écoles privées implantées sur le territoire de communes autres que celle de résidence. Le principe global devrait être toujours « à enseignement privé, fonds privés ». Des exceptions à cette norme ne sauraient être qu'exceptionnelles.

Selon cette proposition, l'accord du maire n'est ni demandé ni requis alors que les finances des collectivités locales seront directement engagées. Le maire ne pourra même pas vérifier au préalable que les conditions légales sont respectées. Le préfet, se substituant au conseil municipal et au maire, pourrait ainsi obliger la collectivité à financer l'école privée :

« Par leur caractère obligatoire et automatique, ces dispositions législatives contreviennent au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales. Elles font de surcroît primer l'intérêt particulier sur l'intérêt général. Comment justifier auprès des contribuables qu'une commune se voie obligée de fermer une classe ou une école car quelques parents auraient décidé de placer leurs enfants dans la commune voisine pour des raisons de convictions religieuses, au demeurant tout à fait respectables ? »

De l'esprit du service public à la logique de concurrence

Les décisions de fermeture tiennent parfois à la présence d'un seul ou de deux enfants. Cette proposition risque donc de favoriser considérablement les fermetures de classes et d'écoles publiques. Ce qui suscite l'inquiétude :

« Ce serait préoccupant car, quand l'école publique ferme ses portes, c'est le processus d'intégration à la communauté des citoyens et la République laïque qui régressent. »

De toute façon, dans un esprit ultralibéral, le gouvernement et l'actuelle majorité s'écartent de l'esprit du service public au profit d'une logique de concurrence. Toujours Desallangre :

« C'est la fin de la sectorisation, car les écoles publiques seront concurrencées par les écoles privées limitrophes. C'est un véritable marché de l'enseignement primaire qui est créé et qui provoquera une concurrence entre les communes alors que nous avons besoin de complémentarité et de dialogue. »

Ce véritable transfert de fonds publics vers le privé traduit une vision tout autre de la société, cohérente sans doute, mais en rupture frontale avec la tradition républicaine d'égalité et d'intégration. Or, l'école publique manque cruellement de fonds, indispensables pour assurer un accueil de qualité, parfois dans des situations fort difficiles.
L'un des arguments avancés par les défenseurs de la loi, celui d'une absence de capacité d'accueil, est d'ailleurs totalement fallacieux, et partant irrecevable.

En effet, il existe un principe important coulé dans le marbre par le préambule de la Constitution de 1946 qui dispose que « l'organisation de l'enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés, est un devoir de l'Etat ». Il devrait, en conséquence, n'y avoir aucune commune ou regroupement de communes dépourvus d'école publique. Et il est prioritaire d'investir des fonds dans un tel devoir.

Le regroupement de la fratrie est l'exemple même du motif pour convenance personnelle

Le regroupement de la fratrie, invoqué comme cas justifiant un tel financement, est l'exemple même du motif pour convenance personnelle. Il suffit qu'une famille ait, pour une raison relevant de son seul choix, scolarisé son premier enfant dans une école privée d'une autre commune pour que la scolarisation de l'ensemble de la fratrie dans ce même établissement soit imposée à la commune de résidence. Une conception bien discutable des choses.

Par ailleurs, lorsque le financement n'est pas rendu obligatoire, il pourra néanmoins être assuré à titre facultatif. Nous sommes en présence d'une atteinte directe aux principes de laïcité et d'égalité. Le choix de subventionner une association rattachée à une religion ou à un culte serait contraire au principe constitutionnel de laïcité selon lequel « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », article 2 de la loi du 9 décembre 1905. En somme, un alignement sur le régime d'Alsace-Moselle, qui s'explique par l'histoire. Faut-il donc étendre partout le modèle concordataire ?

Il est vrai que la dérive par rapport au strict respect de la laïcité est très ancienne. A commencer par la loi Debré de 1959. Mais ce n'est certes pas une raison pour aggraver encore les choses. En cas d'adoption, il serait sans doute souhaitable de saisir le Conseil constitutionnel, qui ne manquera pas de censurer les atteintes les plus flagrantes aux principes de l'article 40, de libre administration des collectivités locales, d'égalité et de laïcité.

Les maires ruraux ne veulent pas régler la facture

Pour leur part, les maires ruraux réunis à Gréoux-les-Bains en octobre dernier ont demandé « l'abrogation » de l'article aujourd'hui renforcée par la proposition de loi et invité leurs pairs à « ne pas régler les factures qui leur seront adressées sauf accords locaux préalables ». Ils rejettent massivement « un dispositif sur lequel ils n'ont aucune prise et qui peut déstabiliser le budget de leur commune en leur imposant de nouvelles dépenses
obligatoires qui, chaque année, seront à la fois importantes, imprévisibles et fluctuantes ».

Les maires ruraux tiennent à souligner aussi que « la scolarisation d'un enfant dans une école privée est
un choix personnel des familles ». Celui-ci « ne saurait avoir pour conséquence de menacer les finances des communes rurales et de mettre à mal les efforts importants qu'elles ont consentis en faveur du maintien et de la qualité de leurs écoles publiques ». Cela devrait aller sans dire, mais ça va mieux en le disant.

Ironiquement, à l'origine d'un tel financement se trouvait un amendement du sénateur socialiste Michel Charasse, dans l'intention subtile et voilée de diminuer, dans les faits, le financement de l'école privée et de favoriser le recrutement dans le public, mais au prix d'une nouvelle subvention de ce dernier. Trop calculateur, l'anticlérical Charasse a finalement été pris à son propre piège !

En 2004, cette contribution décisive au financement de l'école privée était passée inaperçue au moment du vote de la loi par l'Assemblée. Le Premier ministre d'alors, Jean-Pierre Raffarin, très complaisant envers l'école privée au demeurant, avait décidé, début août de clore les débats. Il eut recours à l'article 49-3 dans sa formulation d'alors.
Cette dérive est d'autant plus inacceptable qu'elle coïncide, et ce n'est pas un hasard, avec un véritable démantelement de l'enseignement public, à commencer par la réduction drastique des effectifs (plus de 35 000 postes en 2009 et 2010).

Il ne faut donc pas y voir une simple volonté toute pragmatique d'affronter avec bon sens des situations concrètes. Au-delà, c'est en fait une autre vision de l'éducation, ultralibérale et éloignée des idéaux républicains, qui tend à se dessiner. Après tout, on peut la préférer. Mais il faudrait au moins avoir le courage de le reconnaître.

 



Reforme du lycée : des pistes sans horizon….ou perseverare diabolicum

FSU presse

Le ministère a présenté ce matin aux organisations syndicales ses pistes de réforme.

Les axes annoncés depuis un mois sont confirmés.

La FSU prend acte du maintien des voies générales et technologiques, organisées en séries et de la mise en place d’une rénovation des séries technologiques industrielles et de laboratoire à la rentrée 2011. Cependant, elle constate que la réforme ne vise pas à un élargissement de l’accès au baccalauréat, mais à un simple rééquilibrage des flux actuels. Tournant le dos à une nécessaire démocratisation, ce projet tente d’aménager l’existant, sans autre ambition que de fluidifier les parcours à l’interne des différentes voies.

Le ministère fuit le débat pourtant fondamental sur les contenus d'enseignement au lycée et sur pourquoi et comment on doit les enseigner. Rejetant un cadrage national, le ministère accorde un rôle considérable à l’ établissement et au chef d'établissement pour les choix en matière de modalités de dédoublements, d’aide, de soutien et d’apprentissage de l’autonomie en globalisant les heures qui leurs sont dévolues.

Il refuse, pour des raisons essentiellement budgétaires, d’entendre la demande d’une amélioration des conditions de travail et d’étude (allégement des effectifs, augmentation du nombre d’heures en petits groupe, amélioration de l’encadrement du temps de travail des lycéens en dehors des heures de cours…).En revanche l'introduction deux heures d'accompagnement se fait au détriment des horaires disciplinaires. La possibilité de correction de trajectoire se limite à la mise en place d’enseignements communs en première générale et de stages pendant les vacances scolaires!

L’organisation préconisée de la réforme en réduisant de moitié les horaires des actuels enseignements de détermination (hors la LV2) marginalise ces disciplines, ne permet pas les approfondissements nécessaires à de véritables choix d'orientation et n’accroche pas réellement les séries technologiques à la classe de seconde. En proposant aux établissements de choisir une organisation semestrielle de ces enseignements, le ministère tente de réintroduire les éléments du projet Darcos qui avait été largement rejeté.

La FSU appelle solennellement le ministre à ne pas persévérer dans des choix qui, de fait, ne résoudront aucun des problèmes que rencontre l’actuel lycée général et technologique. La démocratisation de l’accès au baccalauréat impose un travail de fond sur les contenus, les pratiques et une articulation avec le lycée professionnel absents du projet. Nombre de disciplines, pourtant indispensables dans la construction d’une culture commune qui forge aussi l’identité et la citoyenneté, risquent d’être les victimes d’un projet qui élude la question de l’investissement nécessaire à la prise en charge d’une part plus importante d’une génération au lycée général et technologique.

Cela confirme la nécessité pour les personnels de participer massivement à la grève du 24 pour d'autres choix dans l'Education.



Réforme du lycée : encore du travail à faire !

Logo UNL

L'Union Nationale Lycéenne a été reçue ce matin au Ministère de l'Education Nationale dans le cadre de la réforme du lycée. Elle en tire des conclusions mitigées.

 

Loin de réformer le lycée en profondeur, les principes avancés sont intéressants

 

L'UNL se félicite de la mise en place des deux heures d'accompagnement hebdomadaires par élèves, mais tient à souligner que la priorité est à mettre sur les élèves en difficulté ou en cours de réorientation grâce à un Système d'Aide Scolaire (SAS) généralisé.

 

De plus, malgré de bonnes volontés sur l'orientation notamment par l'enseignement d'exploration en seconde, la plateforme internet… la question du Service Public d'Orientation (SPO) n'a pas été abordée. L'UNL tient aussi à rappeler qu'il est primordial d'augmenter le nombre de COPSY afin d'assurer un suivi régulier du lycéen, essentiel dans la construction de son orientation.

 

La question des méthodes pédagogiques est peu développée. Un chantier de discussions doit être ouvert au plus vite afin de mener une réflexion sur les méthodes d'apprentissage et de transmission des connaissances et des compétences. L'UNL propose ainsi la mise en place des TPE en terminale, permettant un apprentissage de l'autonomie et préparant aux études supérieures.

 

Enfin, la volonté de revoir les textes juridiques sur les droits lycéens, de former les délégués de classe et de redéfinir le rôle et la place des instances lycéennes sont des propositions intéressantes. Pour aller plus loin, l'UNL demande que soient généralisées les Maisons Des Lycéens (MDL). Il faut donc revoir les textes juridiques concernant le statut des jeunes de 16 à 18 ans dans les responsabilités associatives.

 

Aucune réponse au malaise social des jeunes !

 

Alors que la crise économique et sociale que nous subissons touche prioritairement les jeunes de 16 à 25 ans, il est impératif d'apporter, via la réforme du lycée, des réponses au malaise social des jeunes.

 

Ainsi l'UNL pose 3 priorités à prendre en compte pour ne pas déconnecter la réforme du lycée du malaise des jeunes :

 

  • Tout d'abord, la hausse du montant des bourses et la diminution du seuil d'attribution de celles-ci permettant aux familles d'assurer la scolarité de leur(s) enfant(s); mais aussi la revalorisation de la Carte Nationale Lycéenne pour favoriser l'accès à la culture pour tous.

 

  • D'autre part, l'Etat doit prendre ses responsabilités en scolarisant tous les jeunes de 16 à 18 ans. Le diplôme est un véritable bouclier face à la crise il est donc temps de ‘former plus pour protéger plus'.

 

 

  • Enfin, afin de favoriser la mixité sociale au sein des établissements, il est primordial d'ouvrir un chantier de négociation sur la restructuration de la Carte Scolaire.

 

L'UNL rappelle que la politique menée actuellement par le Gouvernement met en péril la réussite de la réforme. Il est donc nécessaire d'inverser la tendance en mettant en place un plan pluriannuel de recrutement de personnel.

 

Dans ce cadre, l'UNL appelle tous les lycéens à organiser des réunions d'informations et de débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

De plus, L'UNL appelle les lycéens à participer à la journée d'action du 24 novembre afin de continuer à lutter contre la casse du Service Public d'Education.

 

Antoine Evennou
Président de l'Union Nationale Lycéenne

 



CONFERENCE DEBAT : LA VIOLENCE DES JEUNES EN QUESTION

Affiche violence



L’UNL pose des principes fondamentaux pour la réforme du lycée

Logo UNL

L'Union Nationale Lycéenne sera reçue demain au Ministère de l'Education Nationale dans le cadre de la réforme du lycée. L'UNL demandera des réponses précises sur les priorités suivantes.

 

Des priorités éducatives pour une nouvelle vague de démocratisation du secondaire

 

L'UNL, premier syndicat lycéen, tient à poser des principes fondamentaux pour cette réforme. En effet afin d'assurer sa bonne tenue et sa réussite, il est impossible d'en exclure les trois revendications suivantes :

 

  • La mise en place d'une Service Public d'Orientation scolaire, géré par le Ministère de l'Education Nationale et doté de moyens financiers et humains accrus et rénovés pour assurer son fonctionnement, afin de permettre à tous les lycéens de ne plus subir une orientation qui ne leur conviendrait pas.

 

  • Pour aller plus loin que les deux heures par semaine «d'accompagnement» proposées par le Ministère et pour ne pas mener les lycéens à faire des stages de rattrapage au cours de leurs vacances, l'UNL demande la création d'un Système d'Aide Scolaire quotidien, avec de véritables garanties au niveau national quant à sa mise en place et à son fonctionnement pour permettre à tous les lycéens de réussir.

 

  • Enfin, les instances de la démocratie lycéenne doivent devenir décisionnelles sur les sujets qui les concernent. De plus, les Maisons Des Lycéens (MDL) doivent être généralisées à l'ensemble des lycées.

 

L'Ecole ne peut plus être vectrice d'inégalités !

 

La politique menée actuellement par le Gouvernement met à mal l'ensemble des Services Publics et particulièrement celui de l'Education. Ainsi, la diminution de moyens alloués à l'Education Nationale met en péril la réussite de la réforme. Il est donc nécessaire d'inverser la tendance et d'investir massivement dans l'Ecole de la République.

 

De plus, il est nécessaire dans cette réforme de favoriser la mixité sociale. Le démantèlement de la carte scolaire est une grave erreur comme le souligne un rapport de la Cours des Comptes. Le Gouvernement doit ouvrir un chantier de négociation sur la restructuration de la carte scolaire.

 

Enfin, la crise économique et sociale actuelle impose la diminution du seuil d'attribution des bourses afin de faire face au coût global de la scolarité. De plus, il est essentiel de revaloriser la Carte Nationale Lycéenne, afin de faciliter l'accès à la culture pour tous. Il est nécessaire de diminuer les inégalités sociales et culturelles majoritairement conditionnées par le capital économique de chaque famille.

 

L'UNL appelle tous les lycéens à organiser des réunions d'informations et de débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

L'UNL appelle aussi les lycéens à participer à la journée d'action du 24 novembre afin de continuer à lutter contre la casse du Service Public d'Education.

 

Antoine Evennou
Président de l'Union Nationale Lycéenne

 



La mutinerie des hussards

Article Le Monde.fr

Aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.” Le 6 novembre 2008, Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, dans la banlieue toulousaine, débute ainsi la lettre qu'il envoie à son inspecteur d'académie. Il est bientôt imité par de nombreux collègues un peu partout en France. Chez les hussards noirs, ces instituteurs chers à Charles Péguy, il y a de la mutinerie dans l'air ! Ils sont 2 835 professeurs des écoles à refuser les réformes les plus récentes du primaire. Un mouvement de protestation comme l'éducation nationale les affectionne ? Pas si simple. Les “désobéisseurs”, comme ils se qualifient eux-mêmes, se démarquent des formes classiques de contestation.

 

Menée en dehors des syndicats, la démarche est atypique. Alain Refalo, militant depuis vingt-cinq ans au Mouvement pour une alternative non violente, et objecteur de conscience à l'époque où le service militaire était encore obligatoire, se réfère au philosophe et poète américain Henry David Thoreau, antiesclavagiste dont la théorie de la désobéissance civile a influencé Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King. En exergue, sur son blog, une citation de Georges Bernanos, “Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre”, donne le “la”. Sur le site du mouvement, une citation d'André Gide annonce la couleur : “Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis.”

Deux mille huit cent trente-cinq réfractaires, c'est peu, au regard des 367 900 enseignants du premier degré. C'est beaucoup, pour un mouvement qui ne comporte aucune revendication catégorielle mais se cristallise sur la seule relation de l'enseignant à l'élève, et fait courir de vrais risques à ceux qui le suivent. Tous se regroupent autour de trois refus. Celui d'appliquer les nouveaux programmes de 2008, vécus comme un retour à des méthodes directives où les savoirs comptent bien plus que la manière de les transmettre. Celui, pour les directeurs d'école, de refuser de transmettre les données chiffrées de base élèves, un dispositif statistique jugé attentatoire à la vie privée. Celui, enfin, de l'aide personnalisée, mise en place, elle aussi, à la rentrée 2008.

Ce dernier point est le coeur du débat et l'élément déclencheur du mouvement. Conçue pour permettre un soutien scolaire de deux heures hebdomadaires en français et en mathématiques aux élèves en difficulté, elle est jugée beaucoup trop scolaire pour ne pas renforcer les jeunes en échec dans leur rejet du système éducatif. D'autant que, avec l'adoption de la semaine de quatre jours et la fin de la classe le samedi matin, les deux heures alourdissent un emploi du temps déjà important. Les hussards se mutinent mais ne désertent pas : ils prennent les élèves deux heures par semaine, mais sur des activités ludo-éducatives, théâtre ou jeux pédagogiques, plutôt que pour faire des mathématiques et du français.

Leur aversion pour les réformes du primaire traduit un divorce plus ancien entre ces professeurs des écoles, proches des méthodes participatives de Célestin Freinet, et leur ministère de tutelle. De 2006, avec le débat lancé par Gilles de Robien à propos des méthodes d'apprentissage de la lecture, jusqu'à aujourd'hui, le climat n'a cessé de se tendre entre le ministère de l'éducation nationale et les tenants des pédagogies actives, qui estiment que leur espace se réduit au sein de l'éducation nationale. Les désobéisseurs cristallisent ces inquiétudes et les portent sur la place publique. Non sans remous.

Au-delà des questions de fond se pose celle de la légitimité du refus d'obéissance : est-il légitime de rejeter les circulaires et instructions d'un gouvernement issu d'une majorité légitimement élue ? Sans surprise, le ministère répond par la négative. Confirmant les propos de son prédécesseur Xavier Darcos, Luc Chatel, dans une de ses toutes premières déclarations, a asséné : “La désobéissance n'est pas compatible avec les valeurs de l'éducation, avec l'idée que je me fais du métier d'enseignant.”

Les dents grincent. Y compris quand Alain Refalo répond à l'invitation du pique-nique annuel “Paroles de résistance”, organisé par l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui, en présence de personnalités de la Résistance tels Raymond Aubrac et Stéphane Hessel. Eminemment politique, l'association se donne pour but de “refuser la récupération politicienne des combats et des valeurs de la résistance par le chef de l'Etat ainsi que pour célébrer les valeurs de fraternité et de solidarité du programme du Conseil national de la Résistance”. Ce compagnonnage leur vaut de se faire stigmatiser par la droite comme “une passerelle jetée entre la mouvance anarcho-libertaire de la nébuleuse altermondialiste et la gauche institutionnelle qui fait depuis trente ans la pluie et le vilain temps dans l'éducation nationale” (Valeurs actuelles, 30 avril).

La réalité est plus complexe. S'il y a gros à parier que les sarkozystes doivent être fort peu nombreux dans leurs rangs, leur mouvance n'est pas idéologiquement homogène, entre pacifistes, gauchistes, gauche traditionnelle, non-syndiqués, syndiqués… Cette hétérogénéité se retrouve dans le rapport qu'ils entretiennent avec les syndicats. Aux prémices de leur action, ceux-ci ont considéré les trublions avec circonspection.“Sud Education nous a immédiatement soutenus, explique Bastien Cazals, professeur des écoles à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault). Pour le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le Snuipp, ce sont d'abord les adhérents des sections départementales qui nous défendent. Les directions nationales restent réservées sur nos formes d'action.”

Quand elles n'y sont pas hostiles, comme le SE-UNSA : “Nous ne pouvons cautionner l'action individuelle. Seule l'action collective garantit la défense des salariés, explique Christian Chevalier, son secrétaire général. Au SE-UNSA, nous sommes légalistes. Nous considérons qu'en démocratie les fonctionnaires doivent appliquer les lois et les circulaires.” Raisonnant à fronts renversés, le syndicaliste voit dans l'attitude des désobéisseurs face au dispositif d'aide personnalisée un possible… cheval de Troie du libéralisme : “Au nom de la liberté pédagogique, les désobéisseurs revendiquent la liberté d'action dans leur classe. Si l'enseignement et les méthodes varient beaucoup d'une classe ou d'un établissement à l'autre, les parents, dans une logique consumériste, vont choisir en fonction de ce que propose l'enseignant aux élèves.”

 

Christian Bonrepaux

Bastien Cazals s'étrangle d'un tel argumentaire. Cet ex-ingénieur est l'auteur d'un petit livre (Je suis prof et je désobéis, éditions Indigène) dans lequel il pourfend la logique libérale qui, pour lui, poursuit de façon méthodique la destruction totale de l'école républicaine : “Nous ne désobéissons pas parce que nous n'aimons pas les lois, mais parce que les récentes dispositions constituent une contre-réforme. Nous défendons l'école publique laïque de Jules Ferry.”

Les parents d'élèves ne leur sont pas hostiles, du moins ceux qui adhèrent à la FCPE, fédération classée à gauche et majoritaire. “Nous approuvons leur rejet des réformes et leur hostilité à la semaine de quatre jours, explique Jean-Jacques Hazan, son président. Sur le terrain, les rapports entre la grande majorité de ces enseignants et les parents sont généralement assez bons. Les parents les soutiennent régulièrement.”

Depuis le mois de juillet, les sanctions administratives tombent à l'encontre des désobéisseurs. Une centaine d'entre eux font l'objet de retenues sur salaire parfois importantes pour service non fait. Sur recours des intéressés, le tribunal administratif a suspendu ces retenues pour trois d'entre eux au motif que la nature du service qu'ils n'avaient pas effectué n'était pas assez précisée par leur autorité de tutelle. Mais le ministère a fait appel… Et lance la machine des sanctions disciplinaires contre les figures du mouvement. Alain Refalo a subi une rétrogradation d'échelon aux lourdes conséquences financières. Bastien Cazals a subi un blâme. Plus sévère, Erwan Redon, professeur des écoles à Marseille, a fait l'objet d'une mutation d'office.

Si leur mouvement suscite de la sympathie, leurs collègues rechignent à s'engager plus avant, au vu des risques encourus. Aujourd'hui, les désobéisseurs veulent élargir les bases du mouvement. Lors de leur université d'été, en août dernier, à Montpellier, ils ont élaboré une charte de résistance pédagogique qui permet d'affirmer “la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l'intérêt des enfants”. Une manière d'associer publiquement des soutiens qui n'osent se déclarer par peur des sanctions. A ce jour, seuls 2 000 enseignants ont signé.

Les hussards sont touchés dans leur solde, pas dans leur détermination. Selon Philippe Meirieu, universitaire et chef de file du courant pédagogue, ils ont transgressé une règle d'or de cette grande muette qu'est l'éducation nationale : “Le système scolaire s'est fait une spécialité de l'ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Sans faire de vagues et sans sanction. En revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l'usage de ne pas faire et de n'en rien dire.”

 

 



Etre professeur ne s’apprend plus, mais s’improvise…

Article blog: Quelle école pour demain

Relevé sur le site de Ph Mérieu, un texte de Sylvain Grandserre, maître d’école.

Je suis prof… j’improvise !

Commençons par un petit rappel : sous l’impulsion du président de la république (02/06/08), le ministère recrutera les futurs professeurs après un Master 2 (bac +5, en économie par exemple) puis les enverra directement sur le terrain sans vraiment les préparer. Nous avions déjà une formation professionnelle (le savoir-faire pratique) parmi les plus faibles d’Europe (13 % du temps contre 50 % en Finlande). Nous voici désormais avec les enseignants les plus diplômés de notre histoire, mais également les moins formés !

L’obsession (idéologique et économique) de fermer les IUFM pousse ce gouvernement à faire disparaître la formation qui allait avec. Mais devant certains détails de la procédure de mise à mort, les bras nous en tombent. Il n’y avait de toute façon pas de quoi applaudir…

En effet, dans le cadre des mesures transitoires entre l’ancienne formation et la nouvelle (façon de parler puisqu’il s’agit de la supprimer), il vient d’être décidé (circulaire du 20/08/09) de parachuter en classe des étudiants (PE1) sans aucune formation pour des stages en responsabilité totale (2 fois 2 semaines). Ils remplaceront ainsi des enseignants partis en stage, parfois même contre leur gré. Il n’ est même pas prévu de réelle transition avec le titulaire de la classe, en dehors d’une vague journée d’observation.

Notre administration, d’habitude si soucieuse de sécurité (sorties, taux d’encadrement, plan de mise en sureté, alerte incendie, agréments, surveillance de récréation, circulation d’élèves), semble n’avoir rien à redire au fait qu’on confie la totalité d’une classe d’une trentaine d’enfants en cours double à un étudiant inexpérimenté n’ayant pas (encore) réussi le concours.

Les étudiants accepteront certainement ce dispositif bien rémunéré basé sur le volontariat (3.000 € les 4 semaines, salaire totalement inconnu chez les professeurs des écoles), d’autant plus que l’éventuelle réussite au recrutement de juin entraînera automatiquement la prise en charge d’une classe dès septembre… 2010 !

Bref, être professeur ne s’apprend plus mais s’improvise, aussi bien en stage que sur le terrain. Disparaissent des années de savoir-faire professionnels et de connaissances théoriques déjà insuffisamment transmis pour faire face aux nouveaux défis scolaires (élévation générale du niveau, prolongation des études, prise en compte de l’hétérogénéité, accueil d’élèves handicapés, lutte contre l’échec scolaire, informatique, langues vivantes). Voilà donc comment on passe de l’amphithéâtre au théâtre… d’improvisation en classe. Si c’est de l’art, c’est dramatique.

Lire aussi les articles du dossier : Formation des maîtres et masterisation.

 



Carte scolaire : la Cour des comptes pointe un risque de ghettoïsation

Article Le Monde.fr

L'assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges “ambition réussite”, ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C'est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.

C'est au détour d'une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire. Nombre d'observateurs s'en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l'éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.

Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges “ambition réussite”, 186 ont perdu “jusqu'à 10%” de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.

Alors ministre de l'éducation, il avait jugé que la carte scolaire, qui affecte un élève dans un collège ou un lycée en fonction de son lieu de résidence, “n'assure plus l'égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles”, car elle est “régulièrement contournée”.

Même s'il chiffre à 7 %, et non pas 10 %, la perte d'élèves par certains collèges difficiles, l'actuel ministre de l'éducation, Luc Chatel, n'a pas contesté ces résultats. M.Chatel dit attendre, “d'ici à la fin de l'année, une étude plus détaillée” par ses services, le rapport rendu public par Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, ne reposant que sur six collèges “ambition réussite” de trois académies: Aix-Marseille, Lille et Versailles.

Plutôt que sur la fuite des collèges difficiles par leurs élèves, le ministre préfère mettre l'accent sur “50 établissements “ambition réussite” qui sont devenus plus attractifs et ont gagné des élèves”, et sur les familles qui “sont satisfaites de l'assouplissement de la carte scolaire”. “D'ailleurs, le gouvernement entend poursuivre jusqu'à sa disparition”, note-t-il.

De son côté, M.Picq admet que “six collèges difficiles, ce n'est pas très représentatif.” “Mais personne n'a remis en cause nos conclusions, remarque-t-il. Nous avons vraiment rencontré tout le monde: principaux, équipes pédagogiques, recteurs, inspecteurs d'académie, élus, associations… Tous ont relevé un aspect positif: des élèves boursiers ont pu aller étudier dans de meilleurs établissements. Et un aspect négatif: la perte d'élèves.” La Cour prône de ce fait l'accentuation de la lutte “contre la constitution de “ghettos scolaires””.

Le libre choix des familles mis en avant par MM. Darcos et Chatel n'en est pas un aux yeux de la sociologue Agnès van Zanten, pour qui “le choix de l'établissement n'a de sens que s'il y a une vraie offre. Or les familles doivent se déterminer entre un bon et un mauvais établissement, ce qui n'est pas un choix. Et comme elles choisissent toutes les mêmes établissements, cela crée de l'insatisfaction”.

Pour l'auteure de Choisir son école (éditions PUF), le rapport de la Cour des comptes n'est pas une surprise: “L'idée était de récompenser les bons élèves des classes populaires. Les enseignants eux-mêmes les invitent à quitter les mauvais établissements, ce qui conduit à la fuite des “têtes de classe” et à la ghettoïsation.” Même dépit du côté du SNES, principal syndicat du secondaire: “Le message d'origine qui était celui de la méritocratie scolaire, devient “quittez votre quartier”. Au bout de deux ans, on a des collèges qui ont perdu jusqu'à 40% de leurs effectifs”, déplore Daniel Robin, co-secrétaire général.

Comment corriger ces effets pervers? Le SNES réclame plus de moyens. M.Chatel propose, entre autres, d'ajouter aux critères permettant l'accès à un meilleur établissement (boursiers, handicapés), le fait d'être élève d'un collège “ambition réussite”. Ce changement pourrait cependant augmenter la ghettoïsation desdits collèges. MmevanZanten imagine, elle, d'“instaurer des quotas par catégories d'élèves (bons, moyens, mauvais) dans les établissements, comme l'Angleterre qui prend des mesures contre le libre choix”.

La Cour des comptes estime, quant à elle, que la lutte contre l'échec scolaire fondée sur l'aide individualisée, ne peut plus reposer sur le volontariat des enseignants et des élèves. “Il faut intégrer cette aide dans les obligations de service, mais ça risque d'être la révolution”, prévient M.Picq.

Marc Dupuis

 

 



Une étude universitaire compare l’efficacité de l’aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d'élèves bénéficiant des deux heures d'aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l'aide apportée dans le cadre des Rased s'avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L'étude porte au total sur 144 élèves.
Cette recherche, conduite par Jean-Jacques Guillarmé, professeur de psychopathologie à Paris-VIII et la psychologue Dominique Luciani, était présentée lors des Assises de la rééducation organisées samedi 24 octobre 2009 à l'université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis) par la Fnaren.

« L'étude révèle que les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des deux heures d'aide individualisée sont d'abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased », analyse Fatima Keskas, maître spécialisée en charge de rééducation (G) et membre du bureau national de la Fnaren.

Le protocole de recherche permet d'évaluer 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. Les chercheurs estiment que les enseignants ont obtenu de « bons résultats » à partir du moment où la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour l'ensemble des cinq blocs de compétences.

TROUBLES DU COMPORTEMENT

Les chiffres recueillis révèlent que l'aide individualisée « n'est pas beaucoup conduite dans les zones d'éducation prioritaire », rapporte Fatima Keskas : « Les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec deux heures de soutien. » L'étude montre que les Rased parviennent à faire progresser suffisamment 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L'implication des parents, également mesurée par les chercheurs, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.

Pour améliorer l'action des Rased, les chercheurs proposent aux Rased de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d'introduire des Rased dans le second degré. Des propositions accueillies avec intérêt par les 300 rééducateurs et professeurs des écoles rassemblés samedi aux Assises de la rééducation. « La parentalité est-elle vraiment un axe que nous devons développer, ne sortons-nous pas de nos fonctions ? De même, ces 30 % d'élèves que nous ne parvenons pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation et pas plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? Certains présentent des troubles du comportement très lourds et sont capables de faire exploser une école », s'interroge Fatima Keskas.

MENACES SUR L'AVENIR

Les participants aux Assises de la rééducation s'inquiètent aussi de l'avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. En l'espace de quelques années, le nombre d'enseignants envoyés en stage de spécialisation par les inspecteurs d'académie est passé de « 250 à tout juste 40 », assure Fatima Keskas, estimant que « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ».

Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés (AEF n°116043), 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes (AEF n°108303). Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent dorénavant sur un ou deux groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased, explique Fatima Keskas : « Chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c'est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

La Fnaren compte solliciter une audience auprès du ministre de l'Éducation nationale sur le thème des Rased. Elle devrait également rencontrer prochainement ses partenaires associatifs, la  Fname et l'Afpen, ainsi que les syndicats enseignants. Les résultats de cette étude seront communiqués aux députés.

La Fnaren fédère « 90 associations départementales de rééducateurs de l'Éducation nationale et 1 800 adhérents ».

Contact : Fnaren, Loïc Douet, Vice président, loic.douet@fnaren.asso.fr

 

 

Etude comparative de l'efficacité de l'aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d'élèves bénéficiant des 2 h. d'aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l'aide apportée dans le cadre des Rased s'avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L'étude portait au total sur 144 élèves.

« Selon l'étude, les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des 2 h. d' A.I. sont d'abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased ».

Le protocole de recherche évalue 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. On considère qu'ils ont obtenu de « bons résultats » lorsque la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour les cinq blocs de compétences.
Les chiffres recueillis révèlent que l'A.I. « n'est pas beaucoup conduite dans les zones d'éducation prioritaire » car « les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec 2 heures de soutien”.
Les Rased font progresser 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L'implication des parents, également mesurée, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.
Pour améliorer l'action des Rased, les chercheurs leur proposent de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d'introduire des Rased dans le 2d degré. en outre, ces 30 % d'élèves qu' ils ne parviennent pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation ou plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? (troubles du comportement très lourds).
L'avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants est inquiétant. En quelques années, le nombre d'enseignants envoyés en stage de spécialisation a chuté de « 250 à tout juste 40 », et « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ». Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés, 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes. Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent sur 1 ou 2 groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased : « chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c'est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

 

 



Cahors: le choix de l’école publique laïque

Article MédiaPart

Le 26 juin dernier, le conseil municipal de Cahors (46), a voté le « non renouvellement de l’accord liant la ville de Cahors aux établissements d’enseignement privé sous contrat d’association pour la prise en charge des dépenses de fonctionnement matériel des classes maternelles ».

 

Cette décision prend effet dès la rentrée 2009. Pendant l’année scolaire 2008-2009, 58.684 euros avaient été alloués à deux maternelles privées, soit 624,30 euros par enfant. “Par position politique et philosophique plus que financière ou stratégique » précise l’adjointe chargée des affaires scolaires, ce crédit est intégralement reversé à l’Ecole publique car celle-ci « doit jouer un rôle fédérateur au centre d’un quartier ou d’un village ».

 

La loi n’oblige à financer que l’externat pour les classes des écoles élémentaires sous contrat d’association dans le cadre de l’article 4 de la loi Debré du 31 décembre 1959, avec interdiction de financer l’investissement ou toute autre dépense non explicitement mise à la charge de la commune conformément à la loi Goblet du 30 octobre 1886. Le financement des classes pré élémentaires y compris sous contrat d’association et des écoles sous contrat simple est facultatif,. Si la commune a donné son accord, elle peut décider de ne pas le renouveler.

 

D’autre part« les collectivités locales ne sont pas tenues d’étendre aux élèves de l’enseignement privé les mesures sociales à caractère facultatif qu’elles prennent au bénéfice des élèves de l’enseignement public », cette décision est confirmée à de multiples reprises par le Conseil d’Etat (5 juillet 1985, Ville d’Albi,; 14 janvier 1987, Département du Pas-de-Calais….

 

La commune de Cahors précise «qu’elle respecte la liberté de choix des parents d’élèves, mais que la collectivité ne pouvait assumer les choix individuels », la « discrimination, c’est de financer une école religieuse ou particulière », « une république laïque doit assumer la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce qui veut dire, que nous, élus, sommes garants devant les citoyens du respect de la laïcité ».



LA LOI CARLE : Pourquoi Nanterre paierait-elle pour Neuilly ?

Logo UNLLe Lundi 28 Septembre, les députés ont adopté une loi, à l’initiative de Jean-Claude Carle sénateur UMP. Le Conseil Constitutionnel vient de décider que cette loi était conforme à la constitution.

Cette loi préconise la parité de financement entre établissements élémentaires publics et établissements élémentaires privés sous contrat lorsqu’ils ceux-ci accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence.

Favoriser les écoles privées au détriment de l’école républicaine

Tout d‘abord, elle constitue une menace prévisible pour l’existence des écoles des communes rurales et une fuite discriminatoire des écoles publiques de la banlieue vers les écoles privées du centre-ville.

Ensuite, nous pouvons constater que depuis un certain nombre d’années, notamment dans des villes dites « populaires », il existe une massification des établissements privés au détriment des établissements publics. Cela conduit à accentuer le phénomène de stigmatisation et de ghettoïsation de certains établissements.

Equilibrer le financement de l’école publique et de l’école privée n’est pas la solution : il faut investir massivement dans l’école publique pour lui redonner tout son rôle.

Une loi qui accentuera les inégalités

Cette proposition de loi serait vectrice et amplificatrice des inégalités déjà présentes entre le public et le privé. Elle creuserait une fois de plus le fossé entre les classes populaires et les classes les plus favorisées.

La crise économique et sociale que nous subissons aujourd’hui et dans laquelle les classes populaires sont prioritairement atteintes, demande des réponses économiques et sociales favorisant l’égalité ente tous les citoyens.

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, n’accepte pas ce glissement vers un libre marché scolaire et demande l’abrogation de la loi Carle. Aussi, nous demandons que l’Etat investisse massivement dans l’école Républicaine et que le financement public des écoles privées soit interdit.

Utilisons les fonds qui sont aujourd’hui alloués par l’Etat aux écoles privées pour redonner un nouveau souffle à l’école de la République.

Antoine EVENNOU
Président de l'Union Nationale Lycéenne



Soutien aux grévistes du lycée Jean-Baptiste Dumas, à Alès

Logo FSU

Communiqué de presse

Aujourd'hui, 70% de grévistes chez les enseignants du Lycée JB Dumas à Alès. Rejoints par les agents de services, les parents de la FCPE et des élèves, ils ont tenu une assemblée générale pour exprimer les raisons de leur mouvement. La partition des deux lycées a amené des pertes d'emploi ( 5 agents, 6 administratifs, 1 chef de travaux) ce qui rend la vie difficile à tous ceux qui fréquentent le Lycée JBD. D'autre part, le Rectorat en a profité pour réduire l'offre éducative sur le bassin d'Alès, en supprimant par exemple la possibilité de faire du latin en seconde.
La FSU du Gard apporte son soutien aux personnels en lutte pour de meilleures conditions de travail. Elle déplore le fait que chaque fois que la Région et le Département investissent dans l'Education en créant de nouveaux établissements, l'Etat se désengage en supprimant des postes.

Michel Grand, co-secrétaire départemental de la FSU