Opération antidrogue en plein collège : le ministre Darcos s’étonne

Article NouvelObs.fr

 

Des gendarmes et des maîtres-chiens se sont invités en pleine classe au collège de Marciac, dans le Gers, le 19 novembre dernier. Le ministre de l’Education rappelle que de telles interventions doivent respecter « l’intégrité des établissements scolaires ». La ministre de l’Intérieur a demandé une enquête interne.

 

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(c) Reuters

Xavier Darcos, ministre de l’Education, s’est étonné mardi 2 décembre « des conditions d’intervention des forces de gendarmerie » au collège de Marciac (Gers), qui a subi un contrôle antidrogue mené par les gendarmes avec des chiens dans une classe de troisième.
Le ministre « s’étonne des conditions dans lesquelles des forces de gendarmerie ont pu pénétrer le 19 novembre dernier dans un établissement scolaire de Marciac accompagnées de chiens dressés à la recherche de stupéfiants », écrit-il dans un communiqué.
« Il rappelle qu’il existe, dans la quasi-totalité des départements, comme dans le Gers depuis 2006, des conventions de partenariat entre les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de l’Education nationale permettant de concilier l’efficacité de l’action judiciaire et le respect de l’intégrité des établissements scolaires où la pédagogie préventive est à l’oeuvre quotidiennement ».
« Lorsque, à la demande de l’autorité judiciaire, la force publique est amenée à intervenir dans un établissement, le ministre demande que cette intervention respecte les termes de ces conventions », ajoute-t-il.

Attention à la confusion

De son côté Michèle Alliot-Marie a adressé mardi une circulaire aux préfets pour qu’ils veillent à ce qu’il n’y ait aucune confusion entre les actions de sensibilisation et les opérations de contrôle menées par police et gendarmerie dans les établissements scolaires.
Dans cette circulaire, dont l’AFP a eu connaissance, la ministre de l’Intérieur souligne la « pertinence et l’efficacité » des actions de sensibilisation aux drogues menées en milieu scolaire par les services de police et de gendarmerie, mais il appelle à ce qu’elles ne soient pas confondues « avec des opérations de contrôle entrant dans un cadre judiciaire, sous l’autorité du procureur ».
« De telles confusions sont de nature à nuire à la compréhension et à la clarté de l’action de nos services », poursuit le ministre, et « tout doit être fait pour éviter qu’elles se produisent », souligne Michèle Alliot-Marie.
De même, la ministre de l’Intérieur a demandé une « enquête interne » pour déterminer les conditions dans lesquelles » a eu lieu l’opération de Marciac, a-t-on indiqué mardi Place Beauvau.

Le 19 novembre dernier

Selon une information du quotidien L’Humanité, daté du mardi 2 décembre, le petit collège de Marciac a subi une impressionnante et impromptue opération de police, le 19 novembre dernier, dans le cadre de la convention entre la police, la gendarmerie, le procureur et l’Education nationale pour lutter contre le trafic de drogue à l’école.
L’affaire est relatée par Frédéric David, père de famille, qui a eu la surprise de découvrir, au détour d’une conversation, que sa fille Zoé, 14 ans, et plusieurs de ses camarades, avaient subi, en pleine classe, à une descente musclée des forces de l’ordre.
« Cela me paraissait tellement grave que je lui ai demandé d’écrire son témoignage sur feuille », raconte Frédéric David dans les colonnes de L’Humanité.

« Quand il mord, ça pique ! »

Le récit de la jeune fille, très précis, accable les gendarmes, qui se seraient montrés particulièrement zélés et peu prévenants à l’égard d’écoliers âgés de 12 à 14 ans.
Les cours ont débuté depuis quelques minutes ce mercredi quand les forces de l’ordre font irruption dans la classe de Zoé. « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! », prévient d’emblée le maître-chien devant des élèves terrorisés et une enseignante visiblement pas du tout informé de ce qui se passe.
L’animal passe dans les rangs et s’arrête à plusieurs reprises devant des cartables, dont celui d’une amie de Zoé priée de prendre toutes ses affaires et de sortir, comme les autres élèves suspectés. Puis vient le tour de Zoé, devant laquelle le chien n’a pourtant pas bronché.

« Elle fouilla alors dans mon soutif »

Sommée de sortir, la jeune fille subit alors une fouille en règle. Sac, chaussures, ourlets du pantalon, tout est passé en revue, même ses sous-vêtements. Mais cela ne suffit apparemment pas. L’un des policiers lance : « on dirait qu’elle n’a pas de hasch mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ».
« Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! », raconte ensuite l’élève de 14 ans dans son témoignage manuscrit à propos de la gendarme chargée de sa fouille. « Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste » ajoute-t-elle.
La fouille terminée, après que l’enfant ait déclaré qu’elle n’avait « rien », Zoé est retournée en classe, traumatisée. « Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer aux maths ! », conclut-elle.

Rien d’un cas isolé

Après avoir pris connaissance de ce qu’avait vécu sa fille, Frédéric David a évidemment tenté à plusieurs reprises de joindre le proviseur du collège de Marciac. En vain. « Il ne m’a jamais rappelé », affirme-t-il expliquant que c’est à ce moment là qu’il a décidé de rendre l’affaire publique en diffusant le témoignage de sa fille sur internet. « Il était impensable de ne rien faire », déclare-t-il dans L’Humanité et appelle à un rassemblement devant le collège de Marciac vendredi prochain avec un seul leitmotiv : « Oui à la prévention, non à la terrorisation ».
Le quotidien rappelle de son côté que cette affaire n’a rien d’un cas isolé. Suivant le même opératoire, seize gendarmes et deux maîtres-chiens avaient fait irruption deux jours plus tôt, le 17 novembre, à l’école des métiers d’Auch-Pavie, dans le Gers également.

« La loi s’applique partout »

La FCPE locale et la FSU, qui condamnent ces agissements, affirment que les forces de l’ordre ont mené pas moins de vingt-trois opérations de ce type depuis le début de l’année 2008.
De son côté, l’inspecteur d’académie, Jean-Marie Louvet, ne nie pas les faits mais explique qu’il trouve cette polémique « excessive ». Il rappelle que les gendarmes agissent dans le cadre d’opérations de prévention « presque toujours à la demande des proviseurs ».
S’il reconnaît que, dans le cas du collège de Marciac, « la préparation en amont de l’intervention n’a pas été suffisante » et assure que les procédures d’intervention vont être revues, notamment concernant l’information des élèves, Jean-Marie Louvet affirme cependant qu’il n’est pas question de « suspendre ces opérations ». Et d’ajouter : « La loi s’applique partout ».

 



COMMUNIQUE DES FEDERATIONS DE L’EDUCATION NATIONALE

FAEN –FERC/CGT- FSU – SGEN/CFDT – UNSA Éducation

Les Fédérations de l’Éducation FAEN,FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA Éducation  interpellent de nouveau le ministre de l’Education Nationale pour que les rencontres qu’il vient d’annoncer débouchent sur des réponses positives aux revendications portées par les personnels lors de la grève du 20 novembre et se traduisent par l’ouverture rapide de négociations sur l’ensemble des sujets. Elles demandent à la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de recevoir également les organisations syndicales.

Elles se rencontreront dans le courant de la semaine prochaine pour faire ensemble le point sur les réponses ministérielles : si celles-ci ne sont pas à la hauteur des attentes des personnels elles appelleront à la poursuite de l’action, y compris en envisageant de nouveau le recours à la grève au mois de janvier.

Elles appellent à maintenir la pression dans la période, notamment en assurant la réussite de la journée du 10 décembre et en la complétant par des actions qui permettent de débattre, de s’adresser à l’opinion et manifester le maintien de la mobilisation.

Paris le 2 décembre 2008



Les résultats de la participation aux élections professionnelles du lycée Charles Gide

 

Certifiés : 38 inscrits : 31 votants dont 2 par correspondance

Agrégés :16 inscrits :11 votants dont 1 par correspondance

CPE : 2 inscrits : 1 votant

Profs EPS : 2 inscrits : 1 votant

Vacataire : 1 inscrit : 1 votant

Surveillants : 9 : 4 votants



Un décret contraint les syndicats à la négociation

Article du nouvelObs.fr

 

Ce texte concerne spécifiquement l’école primaire dans le cadre de la loi sur le service minimum d’accueil. Il oblige l’organisation syndicale ayant l’intention de déposer un préavis de grève à en faire la « notification par écrit à l’Etat ». Huit jours de négociations sont alors prévus.

un décret oblige les syndicats du primaire à négocier avant le dépôt d'un préavis de grève (Sipa)

Service minimum d’accueil : un décret oblige les syndicats du primaire à négocier avant le dépôt d’un préavis de grève (Sipa)

Un décret organisant la « négociation préalable au dépôt d’un préavis de grève » dans le primaire, prévue par la loi sur le service minimum d’accueil (SMA), a été publié mardi 2 décembre au Journal officiel (JO).
Ce décret stipule notamment que l’organisation syndicale ayant l’intention de déposer un préavis de grève en fasse une « notification par écrit à l’Etat » (ministère, recteur d’académie, inspecteur d’académie) qui a ensuite trois jours pour réunir les représentants de cette organisation syndicale.
Selon ce décret, l’Etat et ces organisations syndicales disposent ensuite de « huit jours francs » à compter » de la notification « pour mener à son terme la négociation préalable ».
Enfin, à ‘issue de cette négociation, « un relevé de conclusions » est rédigé, ajoute le décret.
En cas d’accord, le préavis de grève ne sera pas déposé. Dans le cas contraire, l’organisation syndicale déposera alors un préavis de grève.

 



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