Opération antidrogue : le principal du collège se sent « trompé »

Article NouvelObs.fr

 

« Ce contrôle s’est passé dans des conditions qui ont dérapé », déclare le principal du collège de Marciac, où les gendarmes ont procédé à une opération de contrôle antidrogue. La ministre de l’Intérieur juge pour sa part que « le mélange des genres entre prévention et répression n’est pas acceptable » et demande une enquête interne. La manifestation prévue vendredi est annulée.

 

Des collégiens (Sipa)

Des collégiens (Sipa)

Le principal du collège de Marciac (Gers) se sent « trompé » dans l’affaire du contrôle antidrogue menée dans son établissement par des gendarmes à Marciac (Gers), le 19 novembre. Interrogé mercredi 3 décembre sur France-3, le principal Christian Pethieu explique : « Nous avons eu un contrôle. Mais ce contrôle s’est passé dans des conditions qui ont dérapé, il faut dire. J’ai le sentiment d’avoir été trompé, d’avoir été floué dans cette affaire, d’avoir été d’une naïveté assez confondante ».

« A la demande expresse du principal »

Le procureur de la République d’Auch (Gers), Chantal Firmigier-Michel, affirme pour sa part que le principal était « tenu informé des modalités et du déroulement et a même assisté à l’opération » de contrôle antidrogue. « C’était une opération de contrôle à la demande expresse du principal », a-t-elle déclaré mercredi lors d’une conférence de presse. « On était dans une opération de contrôle et le chef de l’établissement a toujours été informé des conditions dans lesquelles ce contrôle allait se dérouler, notamment de la présence des chiens et des contrôles effectués », a-t-elle expliqué. Le procureur ajoute n’avoir été informé « d’aucune anomalie ni réclamation ».
Le contrôle antidrogue mené par les gendarmes dans une classe de 4e et de 3e du collège de Marciac a suscité une vive émotion dans la communauté éducative.
Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos s’est étonné mardi des conditions dans lesquelles des forces de gendarmerie ont pu pénétrer » dans le collège « accompagnées de chiens dressés à la recherche de stupéfiants ».

Alliot-Marie demande une enquête

De son côté, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé mercredi avoir demandé une enquête interne sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’opération. « Le mélange des genres entre prévention et répression n’est pas acceptable. Je comprends tout à fait l’émoi de ces jeunes élèves et de leurs parents devant les conditions confuses dans lesquelles cette opération a été menée », a déclaré Michèle Alliot-Marie lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Interpellée par le député PS du Gers Philippe Martin, la ministre de l’Intérieur a précisé avoir rappelé par circulaire aux préfets que les opérations de sensibilisation sur les dangers de la drogue dans les établissements scolaires « devaient être conduites en liaison avec les autorités académiques et se dérouler dans un cadre strictement préventif ». « La lutte contre la drogue est un problème de santé publique, et nous devons agir », a-t-elle lancé.
Sans se prononcer sur cette affaire, Michèle Alliot-Marie a remarqué que l’opération conduite par la gendarmerie à Marciac était « une opération de contrôle entrant dans un cadre judiciaire ».

Manifestation annulée

La réaction des autorités satisfait pour l’instant les parents d’élèves. La FCPE du Gers a annoncé jeudi qu’elle annulait la manifestation prévue vendredi devant le collège.
« Consciente de l’impact de la forte mobilisation de l’opinion publique suscitée par les conditions d’intervention (…) et après les décisions prises par les ministres concernés », l’association annule le rassemblement en accord avec le père de la jeune Zoé, qui avait révélé les conditions du contrôle.
La FCPE « estime avoir été entendue au même titre que les syndicats enseignants qui se sont mobilisés dans cette affaire et tous les intervenants qui, à divers titres, ont dit leur indignation », poursuit le communiqué de la fédération de parents d’élèves.
De son côté, la FSU a estimé que « se rassembler devant le collège de Marciac (risquait) de permettre à la procureure (Chantal Firmigier-Michel, ndlr) de ne pas avoir à assumer ses responsabilités et au gouvernement de s’exonérer de son rôle dans la mise en place de politiques répressives ».
(avec AP)

La réaction de Xavier Darcos à l’intervention :

A consulter su le site du nouvelObs.



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Arrestations d’enfants à l’école: Hortefeux a menti

Article blog Libe.fr

Bizarre que Brice Hortefeux n’ait pas protesté. Logiquement, le ministre de l’Immigration aurait dû s’insurger contre l’arrestation, le 24 novembre, de trois enfants dans leur école grenobloise. Cette interpellation contredit en effet ses déclarations à Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Dans son rapport sur les politiques carcérale et d’immigration en France, publié le 20 novembre 2008, ce dernier citait Hortefeux. «Evoquant la question des interpellations d’enfants étrangers, le Ministre de l’Immigration a indiqué au Commissaire qu’il avait donné des instructions claires pour qu’aucune interpellation n’ait lieu dans, ou à proximité immédiate, des établissements scolaires», écrivait-il.

Alors quoi? Mensonge? En fin diplomate, Hammarberg n’accuse pas Hortefeux de double langage. Il relève toutefois que «ces instructions ne sont pas pleinement mises en œuvre car plusieurs cas récents, dont un vérifié par la Défenseure des enfants, où des policiers ont réalisé des arrestations d’enfants dans l’enceinte même d’écoles primaires ont été rapportés». Dans son rapport, le commissaire européen condamne ce type de pratique qualifiée d’«intolérable tant elle est traumatisante pour les enfants». Pour lui, «les écoles doivent rester des lieux d’enseignement et d’éducation et non des zones d’interpellations». D’où son appel aux «autorités françaises à garantir qu’aucune arrestation d’enfants ou de parents ne soit faite dans ou autour des écoles». Et encore il n’avait pas connaissance de cette dernière bavure. 

Le 24 novembre 2008, à 15h45, Monsieur Kurtishji, un Rom kosovar, accompagné de deux policiers en civil, est venu chercher trois de ses quatre enfants (un scolarisé en primaire, deux en maternelle), en pleine classe, pour «un rendez-vous en préfecture», ont compris les enseignants. «A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon», rapporte une militante du Réseau éducation sans frontières de l’Isère. Prévenus, les permanents de la Cimade, seule association autorisée à entrer dans les centres de rétention, ont cherché les Kurtishji, sans succès. Dès le mardi matin, la famille avait été expulsée vers l’Allemagne, porte par laquelle elle était entrée en Europe.

Réaction du ministère? Silence radio. De même du côté de l’Elysée. Pourtant, Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait envoyé, le 31 octobre 2006, aux préfets une ciculaire prévoyant que «les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire, mais à la fin de cette période, les parents en situation irrégulière devront regagner leur pays d’origine avec leurs enfants». Dans ce même texte, il avait fait une autre recommandation s’adressant cette fois à la police: «d’éviter [...] des démarches dans l’enceinte scolaire ou dans ses abords.»

PS: les étudiants aussi se mobilisent pour leurs camarades sans-papiers. Mardi 2 décembre, ceux de l’université de Saint-Denis ont organisé une manifestation devant la sous-préfecture.



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