«Pourquoi notre lycée est occupé»

Article libé.fr

 

TÉMOIGNAGE

Deux élèves de terminale du Lycée Einstein, à Sainte-Geneviève-des-Bois, visitaient Libération aujourd’hui. Ils expliquent pourquoi une vingtaine de leurs professeurs occupent le lycée depuis le 1er décembre.

Morgane TROADEC et Kamel MAKHLOUFI, élèves de terminale ES au lycée Albert Einstein de Sainte-Geneviève-des-Bois, envoyés spéciaux à Libération.

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(DR)

Nous sommes aujourd’hui les curieux visiteurs en mission d’exploration dans une «tribu». Aspirants à se donner les moyens de réussir nos ambitions – le journalisme pourquoi pas? – on s’est levé ce dimanche matin pour venir voir ce lieu insolite, l’ancien garage rénové en bureaux des journalistes de Libé.

Le cadre inspire, une manière d’afficher l’atmosphère du journal: une ambiance de travail désordonnée, des livres en pagaille… Le désordre de Libé en fait sa marque de fabrication pour valoriser le travail intellectuel. La visite se poursuit, on assiste a une conférence de rédaction. Plus tard on nous donne l’occasion de nous exprimer, alors on saisit cette opportunité. Il nous semble intéressant que le journal d’une France libérée nous permette d’évoquer notre lycée occupé. Sujet on ne peut plus d’actualité, mais qu’en est-il vraiment?

«Occupation intelligente»

Rappelons les faits: depuis lundi 1er décembre un collectif de professeurs du lycée Einstein à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) occupe l’établissement chaque nuit bien qu’assurant un maintien des cours durant la journée. Un mouvement réfléchi. Leur leitmotiv: «On ne cesse de nous répéter que les grèves ne sont pas à notre avantage, nous avons donc pensé à une occupation intelligente, un mouvement innovant pour protester sans être assimilé à des « feignants ».»

En pratique, chaque soir, lorsque nous, les élèves, avons abandonné le lycée, une vingtaine de professeurs étalent leurs duvet sur le sol froid d’une salle de classe déserte. Pour cette vingtaine de professeurs, il n’est toujours pas l’heure de se reposer… Ils se retrouvent avec un petit comité de parents d’élèves accompagné de leurs enfants afin de débattre de la réforme Darcos sur les lycées.

Les profs veulent des réponses à leurs questions

Les problèmes sont clairs: un manque d’information, de concertation et de négociation évident entre les différents acteurs de l’éducation. Une impression de précipitation incomprise. Un doute plane sur le futur des générations à venir. Les profs veulent des réponses à leurs questions: comment la diminution du nombre d’heures d’enseignement pourrait-elle ne pas aboutir à un apauvrissement des savoirs et des compétences? Qu’advient-il des heures en demi-groupes, qui permettent un meilleur suivi des élèves? Le choix des modules influera-t-il sur le nombre d’élèves par classe (classe surchargées, élèves délaissés)? La disparité entre les établissements ne risque t-elle pas de s’accroitre en fonction des choix modulaires potentiellement proposés aux élèves?…

On est typiquement pas contre une réforme mais nous souhaitons qu’elle soit une réforme commune sans qu’aucun des acteurs de l’éducation ne soit mis à l’écart. Nous sommes aujourd’hui dans une position d’attente avec tout notre lycée.

 



Réforme du lycée: occupation nocturne d’un établissement de l’Essonne

Article ParisObs

Une partie des 90 enseignants du lycée Albert-Einstein de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) s’apprêtaient mardi soir à passer leur deuxième nuit dans l’établissement pour protester contre le projet de réforme du lycée, a annoncé à l’AFP l’un des enseignants.
Selon ce professeur de sciences économiques et sociales – qui a souhaité conserver l’anonymat – une vingtaine d’enseignants et quelques parents ont passé la nuit de lundi à mardi dans un salle de cours de l’établissement classé en zone d’éducation prioritaire.
Trois quarts des professeurs participent, sous une forme ou une autre, au mouvement, selon la même source, qui a précisé que celui-ci n’affectait pas la tenue normale des cours, ce qu’a confirmé le proviseur Gilbert Longhi.
Les protestations concernent le manque d’information au sujet de la réforme du lycée, et notamment de la classe de seconde, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2009.
Le professeur, membre du « collectif Einstein » mis sur pied par les enseignants, a notamment exprimé des craintes à propos de la suppression de travaux dirigés en demi-groupes. Il a également redouté que les élèves les moins bien informés sur le choix des modules pâtissent de la réforme.
« La réforme, on ne la comprend pas, on veut simplement être informés », a-t-il expliqué. « On peut imaginer que des disciplines comme les sciences économiques et sociales vont disparaître », a-t-il ajouté.
Le collectif organise des réunions d’information à destination des parents. L’une d’elles a rassemblé une centaine de personnes lundi soir, et le maire PS de la ville Olivier Léonhardt et le député socialiste Julien Dray s’étaient rendus sur place.
Le collectif espère une extension du mouvement à d’autres établissement scolaires.
Le mouvement, qui n’a pas été déclenché par les syndicats, doit durer jusqu’au 10 décembre, journée de manifestations sans appel à la grève, précisent les membres du collectif.



Ecoles : des réunions nocturnes contre les réformes

Article NouvelObs

 

Près de 150 « veillées » entre parents et enseignants ont eu lieu dans des écoles primaires des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes dans le cadre d’une action nationale pour dénoncer « la casse de l’école publique ».

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En restant sur les lieux une partie de la nuit, les enseignants entendent « dire non aux réformes de Xavier Darcos (Reuters)
Près de 150 réunions entre parents et enseignants ont eu lieu jeudi 4 décembre dans des écoles primaires des Bouches-du-Rhône et une vingtaine dans les Alpes-Maritimes dans le cadre d’une action nationale pour dénoncer « la casse de l’école publique », selon des sources concordantes.
« On a dénombré un peu plus de 150 réunions-veillées dans le département dont 86 à Marseille et, dans la quasi-totalité des cas, chacune regroupait école maternelle et élémentaire et parfois elles réunissaient plusieurs écoles d’un même secteur », a dit Christophe Doré, secrétaire général du SNUipp Bouches-du-Rhône, principal syndicat en primaire, et directeur d’une école élémentaire à Vitrolles.

« Plus de 1.000 personnes »

En soirée, « plus de 1.000 personnes », selon Christophe Doré et 500 selon la préfecture ont convergé à Marseille où ils ont descendu la Canebière jusqu’au Vieux Port.
« Le cortège était composé en très très large majorité de parents d’élèves », a précisé Christophe Doré.
Dans les Alpes-Maritimes, les groupes de parents et d’enseignants ont rallié en fin d’après-midi ces établissements situés majoritairement à Nice mais aussi à Beausoleil, Grasse ou la Trinité.

« Dire non aux réformes de Xavier Darcos »

En restant sur les lieux tout ou partie de la nuit, ils entendent « dire non aux réformes de Xavier Darcos », ministre de l’Education nationale, a déclaré à l’AFP André Gaucher, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du département.
Organisée conjointement avec les syndicats d’enseignants, l’action a pour objet notamment de dénoncer « la suppression de postes en « Rased » -spécialistes de la difficulté scolaire (ndlr), la diminution du nombre d’heures d’école en primaire, l’hémorragie de la scolarisation des moins de trois ans en maternelle ».

 



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