Ferry : «Il faut transformer le lycée de toute façon»

Propos recueillis parMarie-Estelle Pech
Le Figaro 15/12/2008     | Mise à jour : 23:27    |

INTERVIEW – L’ancien ministre de l’Éducation nationale de Jacques Chirac observe que le contexte de crise a nui au projet.

LE FIGARO. – Êtes-vous étonné par ce revirement du gouvernement sur la réforme du lycée ?
Luc FERRY. – Je suis très surpris parce que j’ai vu Xavier Darcos il y a quatre jours pour lui dire tout le bien que je pensais de sa réforme du lycée. Alors que je suis au contraire très négatif sur sa réforme du primaire qui consiste à supprimer des heures de cours.

Cela me rappelle à quel point j’étais désespéré, anéanti lorsque Chirac m’avait demandé de retirer mon texte sur l’autonomie des universités en 2003. Cette réforme du lycée, il fallait la faire car la série littéraire (L) est exsangue. Un rééquilibrage des filières était nécessaire. Il s’agissait aussi de mieux préparer les jeunes à l’université et de supprimer des heures de cours. Une heure en moins, c’est 4 000 postes économisés. Avec les deux heures et demie en moins que prévoyait le texte ces derniers jours, on aurait économisé 10 000 postes d’enseignants. Et dans le schéma initial, on ré glait tous les problèmes de suppressions de postes !

Le ministre affirme pourtant qu’il n’abandonnera pas sa réforme.
Malheureusement quand on reporte une réforme, ça signifie en langage politique qu’elle est enterrée. Moi aussi Jean-Pierre Raffarin m’avait dit : tu verras, on la refera l’an prochain ta réforme. Je n’étais évidemment pas dupe. L’autre problème qui a peut-être nui à Xavier Darcos, c’est que cette ré forme est d’inspiration libérale. Dans le contexte actuel de crise, une réforme libérale, ça ne passe pas. Il suffit d’ouvrir les yeux. Je pense aussi que Xavier Darcos était mal à l’aise avec cette idée d’un « lycée à la carte » qui ne correspond pas à ses idées républicaines. C’est toujours difficile de conduire une réforme qui ne colle pas avec votre image.

Mais dans le contexte actuel, n’était-il pas sage de reculer ?
Quand les arguments em ployés par vos adversaires sont ine xacts, il ne faut pas céder. Dans les manifestations, les lycéens ra content souvent n’importe quoi. Quant aux jeunes qui manifestent parce qu’on leur supprimerait une ou deux heures de cours, ça me fait rire. Il faut tout de même savoir que nous sommes le seul pays européen à compter jusqu’à 35 heures de cours par semaine au lycée !



Malgré le recul de Darcos, les lycéens ne désarment pas

Article le Figaro.fr

 

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En province, dans l’ouest particulièrement, la mobilisation des lycéens ne faiblit pas malgré l’annonce par Xavier Darcos du gel de son projet de réforme.

coeur- dans Réforme du lycéeXavier Darcos a beau promettre que son projet de réforme du lycée est reporté à la rentrée 2010, et la plupart des observateurs estimer qu’il est, de fait, enterré, les lycéens ne désarment pas. La Fidl, principal syndicat étudiant, a demandé le «retrait» pur et simple de la réforme portée par Xavier Darcos, tout en assurant être favorable au principe d’une réforme du lycée. La fédération maintient son appel à la manifestation jeudi.

Mardi, les lycéens étaient encore plusieurs milliers à défiler dans les rues des villes de France. A Paris, 1.800 personnes, selon la police, 2.500, selon les organisateurs, sont partis en fin de matinée de la place de la Bastille, sans savoir exactement où se rendre. Finalement, ils ont rallié la place Léon Blum, située non loin, où ils se sont dispersés vers 12h30.

C’est en province que la mobilisation est la plus forte. A Bordeaux, de 5.000 à 7.000 élèves de lycées ont défilé mardi matin, encadrés par des professeurs et des parents d’élève. Pour Rayane Tahari, président de la Fidl (principal syndicat lycéen) Aquitaine, «La suspension de la réforme annoncée par Darcos était destinée à casser et décrédibiliser notre mouvement mais malgré ces effets d’annonce nous connaissons aujourd’hui la plus grosse mobilisation des lycéens depuis le début du mouvement». Et d’ajouter : «Même si la réforme est suspendue, cela ne résout absolument pas les problèmes de suppressions de postes et il faut rester vigilant».

 

Sarkozy : «prendre le temps de l’écoute»

A Rennes, on comptait de 4.000 à 6.000 manifestants, selon la police, qui défilaient derrière une banderole marquée : « du fric pour les lycées, par pour les banquiers ». A Brest, 2.000 lycéens ont défilé. Ils étaient 2.300 à Quimper, toujours selon la police.

Au Mans, les forces de l’ordre parlaient de 9000 personnes quand les organisateurs évoquaient 2.000 manifestants. A Lyon, une dizaine de lycées sont bloqués mardi. Mais la manifestation organisée n’a eu que peu de succès, avec 600 lycéens à peine rassemblés dans un établissement de la capitale des Gaules.

En Bourgogne, une douzaine de lycées étaient bloqués mardi matin sur les 62 que compte la région, selon le rectorat. En Midi-Pyrénées, les perturbations continuent également avec une quarantaine de lycées bloqués ou peturbés.

A Garge-les-Gonesses, dans le Val-d’Oise, un proviseur a été légèrement blessé par l’explosion de «gros pétards» ou de «petits mortiers», selon le rectorat. Une plainte aurait été déposée. En Seine-Saint-Denis, deux lycées bloqués ont été fermés par sécurité après des jets de projectiles et de dégradations qui ont suscité l’intervention de la police.

Nicolas Sarkozy, qui a demandé à Xavier Darcos de revoir sa copie, a assuré à Strasbourg que cette réforme «se fera, mais il faut prendre le temps de l’écoute et de la concertation». Il promet de suivre lui-même «personnellement» les avancées de cette phase de dialogue.



Mobilisation maintenue au lycée Charles Gide (Uzès)

Réforme suspendue !…
Mobilisation maintenue !

Hier soir, lundi 15 décembre 2008, s’est tenue une veillée au lycée Charles Gide d’Uzes entre 17H30 et 21H30.
Durant celle-ci, les lycéens, parents d’élèves (FCPE, APDESU) et professeurs de l’UZEGE, ont convergé vers les revendications suivantes :
-La suspension soudaine de cette réforme ne fait qu’accroître l’aspect confus de ce projet. M.Darcos, en annonçant cette suspension, échappe à la conférence du Mardi 16 Décembre 2008 qui de surcroît était attendue avec impatience.
-On déplore les moyens utilisés pour appliquer la réforme (nombre de professeurs, budget…)
-Nous soutenons aussi les mouvements qui se déroulent actuellement au sein des écoles primaires, des maternelles, et des universités, contre les réformes de monsieur Darcos (Suppression de RASED…).
-On craint que cette réforme favorise encore la concurrence entre établissements.
Les lycéens, parents d’élèves (FCPE, APDESU) et les enseignants, restent à ce jour vigilants et mobilisés. Ils souhaitent mener une action commune afin d’agrandir la brèche ouverte par les mouvements lycéens.
Les lycéens ont décidé de continuer leurs actions tout en innovant leurs types de manifestations (distribution de tracts et informations diverses dans la rue…).

Les acteurs cités ci-dessus, appellent l’Uzège à une mobilisation

le mercredi 17 Décembre à 9H devant la mairie.



Des lycéens marquent le coup contre Darcos

Article Midi Libre.fr
 

A Charles-de-Gaulle et Paul-Valéry, des élèves ont choisi de ne pas aller en cours Le matin, ils sortent la poubelle pour aller danser. Contre le projet de réforme des classes du lycée qui devait être présenté dans la semaine par Xavier Darcos, le ministre de l’Education. Avant que celui-ci n’annonce son recul dans la journée d’hier (lire dans le second cahier). Hier matin à Sète, en tout cas, le scénario a été le même devant les lycées Charles-de-Gaulle et Paul-Valéry (à Joliot-Curie, le proviseur a expliqué que « rien de particulier » ne s’était passé devant ses portes). Au moment de pénétrer dans l’établissement, les lycéens ont accumulé des conteneurs devant l’entrée pour s’en servir comme caisse de résonance, voire d’estrade. Tout en laissant passer les

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cachePubVide(‘pubCarreEdit’); autres élèves désirant se rendre en classe, les « grévistes » ont tour à tour expliqué leur volonté de tenir le mouvement jusqu’à ce que le ministre recule. A Charles-de-Gaulle, une délégation d’une cinquantaine d’élèves serait partie vers le lycée Joliot-Curie pour tenter de rameuter. A Paul-Va’, les lycéens ont occupé pacifiquement les marches durant une grande partie de la matinée. Même si quelques-uns ont essayé de mettre le feu aux poubelles. A noter toutefois que devant le lycée de la Mer, des jeunes, le visage dissimulé, ont lancé tout ce qui leur tombait sous la main sur les forces de l’ordre.

Philippe MALRIC

 



Les lycéens nîmois veulent poursuivre le mouvement

Article Midi Libre.fr

« On poursuit le mouvement ». C’est le message que veulent faire passer ce matin des représentants de lycéens dans des AG prévues dans chaque établissement nîmois.
L’annonce par Xavier Darcos du report de la réforme ? « C’est une première avancée, mais elle reste insuffisante car elle ne répond pas aux besoins financiers et humains des conditions d’enseignement », martelaient hier après-midi les lycéens. Et ce après la manifestation qui a regroupé 2 000 personnes le matin dans les rues de Nîmes et qu’ils ont décidé de reconduire cette après-midi.
Le rendez-vous est fixé à 14 heures devant le lycée Camargue pour se rendre en cortège devant la préfecture où une délégation devrait être reçue. Ensuite, direction la mairie pour un sit-in afin de se montrer aux élus réunis en conseil municipal.

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cachePubVide(‘pubCarreEdit’); Le débat devrait se prolonger le soir, au cours d’une nuit lycéenne à Montaury.
Les lycéens affirment aussi avoir tiré les leçons des débordements de certains casseurs (lire en page 5) et sont déterminés à ordonner et structurer leur manifestation. Un important service d’ordre, composé d’une vingtaine de jeunes par établissement en grève, d’une classe d’élèves d’agents de sécurité à Darboux, renforcée de plusieurs secouristes, encadrera un défilé pacifique. Les manifestants envisagent enfin des formes d’interventions plus folkloriques pour continuer à se faire entendre tout au long de cette semaine.

 

Les parents d’élèves et les enseignants de la maternelle Courbet ont l’intention d’occuper l’école jeudi à partir de 17 h 30 et pour la nuit sur le thème : « Un réveillon à l’école contre les mesures Darcos ». 



La réforme reportée, les lycéens encore mobilisés

Article Le Monde.fr

Quel que soit l’habillage, c’est un recul. Annoncé lundi 15 décembre depuis Ramallah (le territoire palestinien de Cisjordanie) où il était en visite officielle, le report de la réforme de la classe de seconde par le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, est un coup de théâtre dans le milieu, mais aussi une embardée dans la conduite de l’action gouvernementale.

 

La réforme du lycée est-elle reportée d’un an, comme l’assure le ministre, ou enterrée, comme l’espèrent ses plus coriaces opposants, encouragés par ce recul ? Dès mardi matin, la frange la plus radicale proclamait sa volonté d’obtenir le « retrait de toutes les réformes Darcos et l’annulation des suppressions de postes », comme le déclaraient certains lycéens aux portes de leurs établissements. Et les deux principales organisations lycéennes (UNL et FIDL) maintenaient leurs mots d’ordre de manifestations, notamment pour le jeudi 18, jurant que leur mobilisation n’allait pas faiblir. Mais c’est là un pari hasardeux, lorsque l’adversaire se dérobe.

Jugée « sage » par les syndicats d’enseignants, la décision de report arrive au terme d’une période pendant laquelle le ministre de l’éducation, encouragé en cela par l’UMP et conforté par le président de la République, a affiché sur presque tous les dossiers une posture inflexible. « Je ne suis pas le ministre de l’hésitation nationale, déclarait-il le 11 décembre sur Europe 1, j’ai un devoir pour les générations futures, il s’agit de réformer un pays qui en a besoin. »

USURE

Ce message de fermeté, déjà testé avec succès en avril-mai lors d’une première vague d’agitation lycéenne, avait été repris par le ministre dès sa conférence de presse de rentrée, le 28 août : il assurait n’avoir « aucun complexe » à poursuivre les suppressions de postes. Depuis, il continuait de qualifier de « rituels » les mouvements de protestation, qu’il s’agisse des journées d’action des syndicats d’enseignants ou des manifestations lycéennes. Et sa dernière interview avant report de la réforme, parue dans le Journal du dimanche du 14 décembre, ne laissait pas percer la moindre faiblesse.

A l’idée que Nicolas Sarkozy lui aurait imposé de mettre le holà sur un projet qui menaçait de mettre le feu aux poudres, M. Darcos oppose sa version, confirmée par l’Elysée, selon laquelle il aurait lui-même pris l’initiative. Depuis le jeudi 11 décembre, a-t-il expliqué au Monde, il constatait que cette réforme « était devenue le point de fixation, pour ne pas dire l’otage, d’un mouvement social n’ayant pas grand-chose à voir avec des questions pédagogiques. (…) J’ai donc dit au président que (…) le climat n’y était pas, et qu’il valait peut-être mieux se donner du temps et reprendre toute la question. » Au climat social général, il faut cependant ajouter une usure de la position de M. Darcos. Depuis la rentrée, celui-ci est confronté à une dévalorisation grandissante de toute parole officielle, au profit du « buzz », des rumeurs répercutées sans fin sur Internet, comme celles lui attribuant la volonté de supprimer certaines disciplines ou de revenir sur le caractère national du baccalauréat.

En temps normal, face à ce phénomène tenace, les interlocuteurs syndicaux auraient joué leur rôle de médiation, validé ou non les interprétations des réformes et sans doute recentré le débat… Mais, en phase avec Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré début juillet devant le conseil national de l’UMP : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit », M. Darcos a exaspéré ses interlocuteurs syndicaux, modérés ou pas. Le 12 décembre, alors que, partout, l’agitation montait, l’UNSA-Education, dans un communiqué au ton particulièrement amer, affirmait que « le ministre aura tout fait pour durcir la situation. En méprisant le dialogue social, il aura fait le jeu des plus radicaux ».

Luc Cédelle

 



Le report de la réforme du lycée: «une reculade» pour la presse

Article Libé.fr

REVUE DE PRESSE

Ce matin, la quasi-totalité des éditoriaux commente la soudaine machine arrière du ministre de l’Education, dictée pour certains «par la peur de la rue» et «par une contamination venue d’Athènes».

 

Ce matin, dans la presse, la quasi totalité des éditoriaux voit dans le retrait de la réforme du lycée, la première véritable reculade du quinquennat de Nicolas sarkozy.

Ainsi, à l’instar de nombreux quotidiens de province, Le Télégramme estime qu’il s’agit d’une «reculade rapide et sans bavure».

Jean-Paul Piérot de L’Humanité salue cette «première victoire»: «les occasions de faire reculer le gouvernement (…) ne sont pas si fréquentes, pour ne pas saluer le premier round que viennent de remporter les lycéens contre Xavier Darcos».

«La crainte d’une contamination venue d’Athènes»

L’explication serait-elle à chercher du côté de la Grèce? Beaucoup le pensent. La Charente Libre, sous la plume de Jacques Guyon, y voit «le signe du pire des renoncements. Celui qui est dicté par la peur de la rue», la crainte d’une «contamination venue d’Athènes», selon Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré, ou bien encore «l’épouvantail grec» évoqué par Philippe Palat du Midi Libre.

Rémi Godeau, de L’Est Républicain, se demande s’il faut voir dans «cet enterrement»… un tournant du quinquennat. Auquel cas, pour Paris Normandie «le temps des réformes menées au pas de charge, sans vraiment écouter, mais sans rencontrer non plus de véritable opposition, c’est peut-être déjà le passé.»

«La décision n’a pas été facile à prendre»

Le Républicain Lorrain se demande s’il s’agit d’une «soudaine chiraquisation de Nicolas Sarkozy» ou bien «un sens du compromis inusité».

 

Le Parisien-Aujourd’hui en France revient sur «les deux jours qui ont tout changé», avec notamment une interview du ministre Xavier Darcos qui explique que cette décision de reporter la réforme «n’a pas été facile à prendre».

(Source AFP)

 

 



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