L’éducation particulièrement remontée jeudi

Article 20 minutes.fr

 

Le service minimum d'accueil à l'école. Durée: 1mn20.

SOCIAL – Au moins la moitié des enseignants était en grève dans le primaire…

C’est le taux de grève le plus élevé communiqué jeudi, y compris par les sources officielles: entre 48% (ministère) et 67,5% (syndicats) d’instituteurs ont cessé le travail à l’école pour manifester leur mécontentement à l’égard de la politique du gouvernement et notamment celle de Xavier Darcos.

Le ministre de l’Education a surtout voulu retenir «deux éléments forts dans les messages de cette journée: une demande de justice sociale et un pouvoir d’achat amélioré pour les enseignants». «Ces deux éléments sont au coeur des réformes que j’ai engagées», a-t-il estimé, énumérant, pour les élèves, le soutien, l’accompagnement éducatif, les stages mis en place dans les établissements et, pour les professeurs, la défiscalisation des heures supplémentaires ou la prime d’entrée dans le métier.

L’un des dossiers les plus sensibles du gouvernement

Pas un mot sur la réforme du primaire, au coeur de la colère des enseignants du premier degré, ni sur les suppressions de postes prévues à la rentrée, également vivement dénoncées.

Or, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (première fédération de l’Education), a estimé que les «premiers gestes significatifs» que devrait faire le gouvernement sont l’«ouverture de négociations salariales», certes, mais aussi la renonciation «aux suppressions de postes» et l’ouverture d’un «débat sur les alternatives, accepter qu’il y ait d’autres politiques possibles».

L’éducation reste l’un des dossiers les plus sensibles du gouvernement, nous confiait le leader syndical fin décembre, «car elle bénéficie du soutien des usagers et de l’opinion publique». La colère des lycéens, conjuguée aux inquiétudes liées à la crise, avait ainsi contraint Nicolas Sarkozy à reculer pour la première fois de son mandat sur une réforme, celle du lycée.

La journée du 29 janvier n’était qu’une étape

La confiance semble par ailleurs définitivement rompue entre la communauté éducative et Xavier Darcos, associé aux suppressions de postes et passé en force sur la réforme du primaire. Les motifs de mécontentement se multiplient: dans le cortège parisien, où étaient représentés tous les syndicats enseignants, de gauche comme de droite, un groupe sans étiquette syndicale manifestait ainsi derrière une banderole «Sauvons la formation des enseignants», en demandant au gouvernement de retirer sa réforme du recrutement des professeurs.

La journée du 29 janvier n’était donc qu’une étape de plus dans la mobilisation des enseignants. Sans attendre la réunion intersyndicale de lundi, le SNUipp (syndicat du premier degré) a d’ores et déjà appelé «à poursuivre la mobilisation dès le mois de février». Le Snes entend, lui, organiser le 5 février des «soirées des lycées et collèges» avec parents et élèves.

C. F. (avec agence)

 

L’université aussi

 

Côté enseignement supérieur et recherche, «il n’y a jamais eu dans les années récentes autant d’enseignants-chercheurs dans les cortèges», a déclaré le Snesup-FSU, affirmant à l’AFP que 20.000 d’entre eux avaient manifesté en France, dont 8.000 à Paris, notamment contre la réforme de leur statut.



Manifs: les mauvais comptes de Luc Chatel

Article Libé.fr

 

DESINTOX

Contre-expertise au quotidien des déclarations et des chiffres du débat public

CEDRIC MATHIOT

Manifs: les mauvais comptes de Luc Chatel dans Actualités photo_0302_459_306_22807

(Reuters)

Premier représentant gouvernemental à s’exprimer après la manifestation de jeudi, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat à l’Industrie, était invité jeudi soir sur RTL à dresser un bilan de la mobilisation. Informé à l’antenne de l’estimation de la CGT (2,5 millions de manifestants), Chatel dit d’abord :«Je ne vais pas me battre avec les organisations syndicales sur les chiffres, il se trouve que les chiffres que vous communiquez ne sont pas du tout ceux que nous avons.» Mais, le porte-parole du gouvernement trouve quand même le moyen de minimiser l’ampleur des défilés : «En province, il y a eu une certaine mobilisation, qui est inférieure aux grands mouvements tels le CPE [contrat première embauche, ndlr] ou les retraites, mais qu’il faut prendre en compte. Par contre, à Paris, on est nettement en retrait.»

LES FAITS

La manifestation de jeudi a donné lieu à un classique grand écart de chiffres. Les syndicats ont évalué la mobilisation totale à 2,5 millions (300 000 à Paris), contre 1 080 000 pour la police (65 000 à Paris). Cet écart d’appréciation n’est pas exceptionnel, même s’il atteint des proportions particulièrement risibles à Marseille (24 000 manifestants selon la police, près de 13 fois plus selon la CGT, soit 300 000 personnes). Nul doute que la vérité des chiffres doit se situer entre les deux… et qu’elle est impossible à connaître. Pour minorer l’ampleur de la grogne, Luc Chatel l’étalonne avec les grands mouvements «tels que le CPE ou des retraites» : le 12 décembre 1995, entre 1,1 et 2,2 millions de personnes défilent contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Juppé. Le 13 mai 2003, entre 1 et 2 millions de personnes sont encore de sortie sur le même sujet des retraites. Au printemps 2006, c’est contre le CPE que la France marche, avec deux temps forts : les manifestations du 28 mars puis du 4 avril réunissent entre 1 et 3 millions de personnes.

Mettons de côté les chiffres des syndicats et bornons nous à regarder ceux que donnait alors le ministère de l’Intérieur, que Luc Chatel devrait être moins enclin à ­contester.

Le 28 mars 2006, avant-dernière grosse manifestation ­anti-CPE, la police comptabilisait 1 055 000 personnes dans les rues, dont 92 000 à ­Paris. Une semaine plus tard, le 4 avril, 1 028 000 personnes ­défilent dans toute la France, dont 84 000 à ­Paris. N’en déplaise au porte-parole du gouvernement, c’est moins que ce que les calculettes de la police ont compté jeudi : 1080000 manifestants dans toute la France et 1015 000 pour la seule province.

En se fiant toujours au décompte de la police, la manifestation de jeudi est aussi plus importante que celle du 12 décembre 1995 (contre le projet de réforme des retraites) : les services du ministère de l’Intérieur avaient alors compté 1 035 000 manifestants.

En fait, si l’on se plonge dans la liste des grognes populaires les plus mémorables des quarante dernières années, on n’en trouve qu’une qui ait mobilisé davantage, selon le chiffrage de la police, que celle de jeudi : il s’agit du défilé public-privé du 13 mai 2003 contre le projet de réforme des retraites. Ce jour-là, la police avait compté 1,1 million de marcheurs, soit seulement… 20 000 de plus que celle d’avant-hier.

Ajoutons que lors de la journée de jeudi, des records absolus ont été battus localement , que l’on se fie aux chiffres de la policeou des syndicats : c’est le cas à Clermont-Ferrand (de 25 000 à 60 000 selon les sources), Tarbes (16 000 selon la police) ou Montpellier (entre 30 000 et 40 000). A Toulouse (de 56 000 à 90 000), Bordeaux (de 34 000 à 90 000) ou Lyon (20 000 à 53 000) les sommets historiques de mai 2003 ont été égalés.

 



Entre un et 2,5 millions de manifestants en France

Article Libé.fr

 

RÉCIT DE LA JOURNÉE D’HIER

Retour sur une journée de mobilisation nationale et intersyndicale.

SYLVAIN MOUILLARD (avec source AFP)

Manifestation à Paris le 29 janvier

Manifestation à Paris le 29 janvier (Reuters)

21h30 Interrompue à plusieurs reprises par des heurts et des feux de poubelles, la circulation reprend dans le quartier de l’Opéra où les CRS ont regagné leurs véhicules après la dispersion des derniers manifestants. Des échauffourées avaient éclaté peu avant 19 heures, en fin de manifestation, entre un groupe de 100 à 200 personnes et les forces de l’ordre. Un bilan provisoire de la préfecture de police fait état d’un blessé dans les rangs des forces de l’ordre, de 13 interpellations, deux véhicules dégradés et de poubelles incendiées.

Aux alentours de 20 heures Les heurts se poursuivent entre ce qui reste du cortège et les CRS. Impossible de se rendre place de l’Opéra, un cordon bleu bloque le Boulevard des Capucines, transformé en impasse. Colère des manifestants, des jeunes essentiellement, des étudiants. Des poubelles brûlent sur plusieurs mètres, devant le cinéma Gaumont. Certaines explosent. Les slogans fusent toujours : «Sarkozy, démission», «Hortefeux, démission». Des bouteilles, canettes volent sur les policiers. Le cordon s’avance d’une dizaine de mètres, matraquant parfois, tandis que d’autres CRS bloquent le retour sur le boulevard, forçant les manifestants à refluer dans les rues annexes. Après plusieurs charges successives et l’emploi de gaz lacrymogènes, les CRS dispersent le gros des manifestants, environ 200 à 300 personnes à 21 heures. Des voitures sont retournées sur le sol, les fenêtres et pare-brise cassés. Plusieurs vitrines ont été taguées, notamment celle du Crédit Lyonnais. Plusieurs personnes ont été blessées par les charges des forces de l’ordre, et sont évacuées par les sapeurs-pompiers. Devant ces scènes de violence, de nombreux manifestants restés en retrait regrettent de ne pas pouvoir terminer le parcours.

19 heures: C’est l’heure des comptes. Plus d’un million de personnes (1.080.000) selon la police, et 2,5 millions selon la CGT, ont défilé en France aujourd’hui. Soit une mobilisation du niveau de celle contre les CPE (contrat première embauche) en 2006, de 2003 sur les retraites et de 1995 contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale.

Peu avant 19 heures Une échauffourée s’est produite jeudi lors de la dispersion de la manifestation place de l’Opéra, entre un groupe de 100 à 200 personnes et les forces de l’ordre, selon une source policière et des journalistes de l’AFP. Les manifestants, qui ont voulu poursuivre leur chemin, ont été bloqués boulevard des Capucines. Lors de cette échauffourée, des poubelles ont été incendiées. Des dizaines de jeunes d’une vingtaine d’années, dont certains avaient le visage masqué par un foulard, provoquaient les forces de l’ordre, lançant pierres, bâtons et bouteilles sur les forces de l’ordre qui chargeaient pour les disperser. «On veut aller à l’Elysée pour être entendu par Sarkozy», a affirmé à l’AFP l’un d’eux, un étudiant infirmier. «Sarko démission! Sarko démission!» hurlaient derrière lui les manifestants qui ont mis le feu à des cartons et des poubelles. Plusieurs interpellations ont eu lieu, a constaté un journaliste de l’AFP. En début de soirée, les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et effectué plusieurs charges pour repousser les manifestants.

18h30: Luc Chatel, porte-parole du gouvernement Fillon, était l’invité de RTL ce soir. Il a livré la première réaction du gouvernement après une très forte journée de mobilisation: «Le gouvernement est évidemment attentif aux inquiétudes de l’opinion, au moment où nous traversons sans doute la plus grave crise depuis une centaine d’années. Au niveau du nombre de grévistes on est plutôt en retrait par rapport aux derniers mouvements. Et le service minimum des transports a parfaitement fonctionné. La mobilisation du gouvernement est toute concentrée sur la sortie de crise et le plan de relance. Le président de la République va recevoir les organisations syndicales pour faire l’ordre du jour des actions sociales pour 2009.» Pour résumer, un gouvernement attentif, mais qui ne propose rien de nouveau.

18h15: Alors que la journée de manifestations arrive à son terme, une rude bataille de chiffres se profile. Selon la CGT, les 195 cortèges dans l’Hexagone ont rassemblé 2,5 millions de Français.

17h45: Pour Martine Aubry, premier secrétaire du parti socialiste, et présente dans le cortège parisien, «les Français disent ce qu’ils ont sur le coeur».

 

17h39: La manifestation parisienne contre la politique du gouvernement, à l’appel de tous les syndicats, a réuni 300.000 personnes entre la place de la Bastille et celle de l’Opéra, selon la CGT.

17h15: Paroles de manifestants sur Libé Rennes. On n’avait pas connu pareille mobilisation dans la ville bretonne depuis longtemps, avec des estimations allant jusqu’à 30.000 personnes.

16h30: La manifestation parisienne bouchonne. Une partie de l’imposant cortège est toujours bloquée place de la Bastille, le point de départ. Les rues sont noires de monde. Selon la préfecture de police de Paris, il y aurait 65.000 manifestants dans la capitale. La CGT est elle sur une toute autre ligne puisqu’elle estime à 1,5 million le nombre de personnes qui se sont mobilisées en province, pour la moitié des manifestations.

16h20: Entre 56.000 et 90.000 personnes, selon la police ou les syndicats, ont défilé sans incident à Toulouse. Parmi les slogans: «De l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital», «Travailler plus = travailler tous ensemble», tandis que d’autres apposaient sur les murs des affiches «Casse-toi pov’con».

16h15: Comment les médias étrangers voient-ils la journée de manifestations qui touche la France? La BBC fait observer que, contrairement à ce qu’avançait Nicolas Sarkozy il y a un an («Aujourd’hui, quand il y a une grève, plus personne ne le remarque»), cette grève va «frapper fort». Le Guardian estime lui que la France se trouve dans une atmosphère de «peur et d’anxiété». En Espagne, El Pais avance les raisons qui poussent les Français à manifester, dont «la conviction que les mesures du gouvernement Fillon ne sont destinées qu’aux banques et aux entrepreneurs».

15h15: Place de la République, Marie-George Buffet et une importante délégation du PCF attendent le cortège. La numéro un communiste se félicite de «l’unité syndicale» et assure que «cette manifestation, c’est un contre-plan de relance». Et pour la suite? «C’est bien que toute la gauche soit là et je me félicite de la présence du Parti socialiste». Elle souhaite que l’union syndicale «demeure» et que la gauche politique se retrouve pour riposter ensemble aux textes du gouvernement sur le logement et l’hôpital. Et elle appelle à «un front commun contre le rétrécissement des libertés publiques».

15h10: Premier bilan des manifestations en province: 30.000 personnes à Lyon, 60.000 à Bordeaux, où nos correspondants ont suivi les manifestations.

A Brive-la-Gaillarde, des sources syndicales ont expliqué que la manifestation était «du jamais vu, même en 1995», avec 7.000 manifestants, selon la police et 10.000, selon les syndicats. A Angoulême, on a relevé entre 10 et 30.000 personnes, près de 7.300 manifestants à la Rochelle (source policière) ou 4.500 personnes à Saintes. A Roanne, la manifestation a attiré entre 7.000 et 25.000 personnes, dont des salariés du privé, des retraités et des lycéens. A Clermont-Ferrand, parmi les 25 à 60.000 manifestants de tous âges, il y avait beaucoup de salariés du privé : Valeo, Alcan, Les eaux de Volvic, Fnac, BTP, Michelin, Galeries Lafayette, aux côtés des agents du public, d’étudiants et de lycéens. « Sarko sauve toi avant que la rue te mette KO », proclamait notamment une pancarte. Entre 13.500 et 25.000 personnes ont défilé dans les rues de Nice.

15h00: A peine rentrés des défilés, les manifestants sont nombreux à poster des vidéos des cortèges dans leur ville, comme par exemple à Orléans.



D’autres vidéos, comme à Alès, ou au Havre.

14h45: Déjà un million de manifestants selon Bernard Thibault. Le secrétaire général de la CGT a fait cette première estimation alors qu’il venait de s’élancer dans la manifestation parisienne. Alors qu’un tiers des cortèges sont partis, François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a lui estimé que les manifestations de la journée d’action étaient «les plus grandes manifs de salariés depuis une vingtaine d’années».

14h25: 300.000 manifestants à Marseille, selon les syndicats, plus de 20.000 selon la police. La différence est de taille. Toujours est-il que deux heures après le début de la manifestation, à 10h30 sur le Vieux-Port, les premiers manifestants étaient arrivés au bout du parcours, à 3 km de là, alors que des personnes étaient toujours massées sur lieu de départ. Découvrez aussi le reportage de notre correspondant sur Libé Marseille.

14h10: Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a le sens du timing. Dans une interview aux Echos, il réclame de pouvoir sanctionner financièrement les grévistes qui «abusent» du droit de grève de 59 minutes en début de service «au prorata de la gêne occasionnée».

14h00: L’état de la grève, secteur par secteur

- Fonction publique: plus de 23% de grévistes en fin de matinée (29,5% dans la Fonction publique d’Etat, 21,3% dans les hôpitaux, 15% à la Fonction publique territoriale), selon le ministère de la fonction publique.

- Education: Près de la moitié des enseignants en grève jeudi dans le primaire (48%) et un peu plus du quart (28%) dans le secondaire, selon le ministère, la FSU donnant un pourcentage de grévistes supérieur, surtout dans le secondaire: 67,5% de grévistes dans le primaire, près de 60% dans le secondaire.

- SNCF: la grève a été suivie dans la matinée par 36,7% des agents selon la direction, et 41% selon la CGT.

- Contôleurs aériens: environ 15% du personnel en grève, selon la direction générale de l’aviation civile (DGAC).

- Justice: Les sections CGT, CFDT, FSU, Usaj-UNSA du ministère de la Justice, le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF) ont appelé à se mobiliser contre «le démantèlement du service public de la justice». Au Palais de Justice de Paris, l’activité était extrêmement ralentie, voire quasi-nulle, jeudi matin.

- Audiovisuel public: fortes perturbations à Radio-France (30,13% de grévistes, selon la direction) et France Télévisions.

- France Télécom: Plus de 26% des salariés étaient en grève en fin de matinée, «sans impact sur le réseau», selon la direction.

- La Poste: Près de 25% des postiers en grève dans la matinée, selon la direction mais 40% selon la CGT et Sud.

- EDF: environ 23% des salariés d’EDF en grève en fin de matinée selon la direction (78% selon la CGT énergie).

13h30: Mobilisation importante à Orléans, avec près de 18.000 personnes qui ont battu le pavé. Un reportage de Libé Orléans (avec une vidéo).

13h05: La foule commence à se masser place de la Bastille à Paris, comme on peut le voir avec cette webcam. La manifestation doit s’élancer à 14h00, en direction de République puis d’Opéra.

13h00: Les salariés d’Auchan à Villeneuve d’Ascq ont débrayé ce matin, raconte Libé Lille. Un acte significatif pour ces employés du privé.

12h45: Alors que la France est dans la rue, Nicolas Sarkozy reste à l’Elysée. Comme libération.fr le racontait mardi, le chef de l’Etat n’a rien de prévu à son agenda aujourd’hui. La devise du Président pour cette journée de mobilisation serait plutôt «wait and see». Il a demandé à ses ministres de ne pas communiquer, à l’exception du ministre du Budget Eric Woerth. Mais pendant que Nicolas Sarkozy reste coi, le web persifle. Comme le remarquait RTL ce matin, le discours du chef de l’Etat a bien changé en une semaine. Le Post en a profité pour réaliser un montage vidéo savoureux.

12h15: A Marseille, la manifestation est partie du Vieux-Port, pour relier le métro Perier. Selon La Provence, la mobilisation est très importante, pas loin de celle de 2003 contre la réforme des retraites, d’après plusieurs syndicalistes.

12h00: La grève est aussi visible dans l’audiovisuel public (Radio France et France Télévisions). A Radio France, les stations France Inter, France Info et France Culture n’ont pas pu diffuser leurs programmes habituels. L’antenne du Mouv’ a été perturbée à partir de 10h00. Selon la direction, le taux de grévistes est estimé à 30,13% à la mi-journée. A la télévision, les journaux de la mi-journée de France 2 et France 3 devraient être perturbés. Outre les revendications interprofessionnelles, les syndicats demandent notamment un «financement pérenne et dynamique» pour l’ensemble des sociétés de l’audiovisuel public, ainsi que leur «indépendance politique, éditoriale et stratégique».

Le point sur l’état du trafic dans les transports

11h53: D’après la direction d’EDF, 23% des salariés sont en grève ce jeudi en fin de matinée. Une mobilisation plus importante que lors du dernier mouvement, le 22 mai 2008, lorsque le taux de grévistes était de 13,6%.

11h41: La grève à la SNCF est suivie par 41% des agents, selon la CGT-cheminots, premier syndicat de l’entreprise ferroviaire.

11h30: Première manifestation à Lyon. Les personnels médicaux, notamment, défilent depuis ce matin. Selon le site internet du Progrès, près de la moitié du cortège ne s’était pas encore élancée, 45 minutes après le début de la manifestation.

11h23: La guerre des chiffres entre les syndicats enseignants et le ministère de l’Education commence. Selon les syndicats, il y a 67,5% de grévistes en primaire (SNUipp) et «pratiquement 60%» dans le secondaire (Snes). Pour les services de Xavier Darcos, 47,92% des enseignants sont en grève dans le primaire et 28,03% dans le secondaire.

11h15: La manifestation parisienne partira de Bastille à 14 heures. Retrouvez le parcours ici. Près de 200 autres cortèges sont prévus dans toute la France.

11h: Olivier Besancenot a estimé ce matin sur Europe 1 que «la vraie motion de censure a lieu dans la rue». Le leader de la LCR a assuré «qu’on verrait beaucoup plus» qu’habituellement des salariés du privé dans les cortèges.

10h48: Pour Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, la journée de grève traduit «beaucoup de mécontentement, d’inquiétude» des Français, dont le gouvernement n’a pas su entendre «les signaux».

10h29: Selon la direction de La Poste, l’appel à la grève est suivi «par 24,89% du personnel». Lors de la dernière grève du 22 mai 2008 sur les retraites dans la Fonction publique, le taux de grévistes était de 8,95%, selon la direction. En 2006 (CPE), le taux était de 17,2%, de 45,8% en 2003 (les retraites) et de 59% en 1995 (plan Juppé).

10h40: La carte des manifestations aujourd’hui (Pour voir la carte, cliquez ici).

9h58: Eric Woerth n’est pas «provocateur» lorsqu’il demande aux grévistes de se «retrousser les manches». Invité de RMC, le ministre du Budget et de la Fonction publique a relayé le message du gouvernement: «La grève n’est pas une réponse à la crise, la réponse à la crise, c’est des plans de relance de tous les pays».

9h45: Pour commencer la journée en musique, cette parodie de la chanson « Toi et moi » du chanteur Grégoire, par Mikl.

9h12: Le président du Mouvement Démocrate (Modem) François Bayrou affirme qu’il comprend et partage «l’inquiétude» traduite, selon lui, par la journée de grèves et de manifestations, face à un gouvernement qui «parle mal aux Français». «Il faut dire que ça ne va pas, que ce n’est pas acceptable et je suis sûr que beaucoup de Français, en manifestant aujourd’hui, disent aussi que la manière dont on les gouverne, ne les respecte pas» a affirmé Bayrou sur France 2.

Le point sur la mobilisation de jeudi et sur les revendications.

8h37: Les vols enregistent environ une demi-heure de retard dans les aéroports d’Orly et Roissy, ce matin, en raison du mouvement de mobilisation, mais également du brouillard qui perturbe le trafic aérien en Ile-de-France, annonce la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

8h36: Les grèves et manifestations d’aujourd’hui visent notamment à amener le gouvernement et les entreprises à «réévaluer» la part consacrée aux revenus du travail par rapport à ceux du capital, affirme sur RTL le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. «Si l’on veut «refonder le capitalisme» – ce n’est pas une formule de la CGT, c’est une formule du chef de l’Etat – il faut aussi accepter progressivement de ne plus raisonner avec les mêmes paramètres», a-t-il déclaré.

8h32: Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly déclare sur Canal + que les syndicats ne sont «pas dans l’hypothèse» de «faire une manifestation toutes les semaines». «Mais il va falloir aussi que le gouvernement réponde», a déclaré Jean-Claude Mailly, alors que tous les syndicats ont appelé jeudi à une journée nationale de mobilisation. «Il faut bien que le gouvernement comprenne, avec une mobilisation de ce type, qu’il a un minimum social et républicain à effectuer. S’il ne le faisait pas, il ne serait pas responsable», a-t-il ajouté.

(Source AFP)

 



Communiqué FSU Gard manifestation

Manif Nimes 29/01/09

Communiqué FSU 29/01/09

Manif Nimes 29/01/09 bis



Manifestations : « Un sévère avertissement en direction de l’Élysée »

Articles Le nouvel Obs.com

 

La presse souligne l’ampleur de la mobilisation de jeudi. « C’est un signal », estime Le Figaro, tandis que pour Ouest France, « le président pourrait être amené à freiner son ardeur réformatrice, sinon à infléchir sa politique pour stimuler la confiance ».

La presse souligne vendredi 30 janvier le succès des manifestations organisées jeudi à l’appel des syndicats, tout en s’interrogeant sur les suites à donner à ce mouvement et sur la marge de manoeuvre du président Nicolas Sarkozy.
« On ne balaye pas d’un revers de main une journée comme celle d’hier. C’est un signal », reconnaît Paul-Henri du Limbert dans les colonnes du Figaro, qui met en garde Nicolas Sarkozy contre « ce malaise diffus et perlé né de la crise financière et des perspectives déprimantes qu’elle dessine ».
Même son de cloche dans Le Courrier picard sous la plume de Francis Lachat: « Plus qu’une protestation contre un projet précis, c’est sur un ensemble de revendications multiples et diffuses que se sont retrouvés les grévistes ».

« C’est du massif »

« En volume, c’est du massif et un sévère avertissement en direction de l’Élysée! » avertit Hervé Chabaud dans L’Union. Le jugement de Jean Levallois (La Presse de la Manche) est sans appel: « Pour les organisateurs, le succès est complet ».
« La première journée d’action nationale, depuis le déclenchement de la crise financière, est un succès », entonne lui aussi Patrick Fluckiger dans L’Alsace, tandis que Didier Pobel (Le Dauphiné Libéré) évoque un « déploiement massif et imposant ». « Nicolas Sarkozy va devoir ravaler ses imprudentes paroles de juillet dernier sur les grèves qui passent ‘inaperçu’ et montrer, au contraire, qu’il a entendu l’inquiétude exprimée dans la rue », estime-t-il.
« Nicolas Sarkozy ne pourra pas dire que lorsqu’il y a des manifestations dans ce pays, personne ne les voit », ironise Bruno Dive dans Sud-Ouest, à l’instar de Patrick Pépin (Nord-Eclair): « Pour un pays où les grèves passaient soi-disant inaperçues, la démonstration syndicale du 29 janvier a été très visible, et nombreuse ».

Pas d’ »effet CPE »

Et maintenant, quelle suite donner à cette mobilisation? « S’il devait être pris à la légère, le mouvement d’hier ne pourrait que déclencher de nouvelles actions. Sans doute moins paisibles », s’inquiète Jean-Paul Brunel dans Le Courrier de l’Ouest.
Jean-Louis Gombeaud (Nice-Matin) est perplexe: « La reprise économique n’étant pas en vue, l’espoir d’un changement de politique n’étant pas à l’ordre du jour, on ne parvient pas à deviner quelle direction peut désormais prendre ce mouvement ».
« Personne ne peut imaginer sérieusement un ‘effet CPE’. Le gouvernement ne va pas changer radicalement de politique pour répondre aux attentes des manifestants », estime de son côté Michel Lépinay (Paris Normandie).
Un avis que ne partage pas Paul Burel (Ouest-France): « Quoi qu’il en dise, le président pourrait être amené à freiner son ardeur réformatrice, sinon à infléchir sa politique pour stimuler la confiance, le moteur central de la croissance ».
« Il est inimaginable aujourd’hui que Nicolas Sarkozy se contente de prendre acte de ce ‘cri de colère’, s’emporte Rémi Godeau (L’Est républicain).
« En ayant évoqué la légitimité du vaste mouvement d’inquiétude d’hier, il s’est pratiquement condamné à y apporter une réponse concrète », conclut Jacques Camus (La République du Centre).

- La suite de la revue de presse
- Le point complet sur les défilés ville par ville.
- Les taux de grévistes secteur par secteur.

 

 

Après les manifestations

 

Les commentaires de la presse française, vendredi 30 janvier, au lendemain de la journée de mobilisation interprofessionnelle contre la politique sociale de l’exécutif. Un million de personnes ont manifesté selon la police, 2,5 millions selon la CGT.

LE FIGARO
Paul-Henri du Limbert

« On ne balaye pas d’un revers de main une journée comme celle d’hier. C’est un signal. Personne ne peut nier que la France vit à l’heure des frustrations, des angoisses et des peurs. Et d’abord les salariés du secteur privé, comme toujours ultraminoritaires dans les cortèges d’hier. Le danger, pour Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas ces grandes manifestations aux allures de grand-messes un peu convenues, mais plutôt ce malaise diffus et perlé né de la crise financière et des perspectives déprimantes qu’elle dessine. En réalité, il y a très longtemps qu’on n’avait pas vu un exécutif affronter une situation aussi périlleuse (…) Le fait que les syndicats ne semblent pas prêts à organiser des manifestations à répétition est a priori un bon signe pour le gouvernement. Sur le plan politique, il est évident que le Parti socialiste va poursuivre et amplifier son offensive puisqu’il est persuadé qu’il en va de son avenir électoral. Ceux qui, Rue de Solferino, jugent qu’il y a un peu de démagogie à vouloir s’approprier à tout prix le « mouvement social » seront priés de se taire ces prochains mois. »

LE PROGRES DE LYON
Francis Brochet

« Dans la France de notre Président, quand les Français manifestent, les préfets valsent. Jean Charbonniaud, préfet de la Manche, vient d’en faire les frais: notre Président, furieux d’avoir récemment été accueilli à Saint-Lô par quelques huées, l’a muté-sanctionné. Le couperet est tombé hier, et ce matin tremblent tous les préfets de France. Vous imaginez, si notre Président s’avisait de muter-sanctionner les préfets de tous les départements où l’on a défilé hier ? De toutes les villes où l’on a apostrophé « Sarko » sans la déférence qui s’impose ? Une hécatombe préfectorale menace la France. C’est sans doute pourquoi ils s’employaient tous, hier soir, à mécompter les manifestants, et diviser par cinq ou dix les estimations syndicales… Allez, encore un effort, Messieurs les préfets, pour notre Président et votre avenir: des manifestants, il n’y en a point eu chez vous, n’est-ce pas ? »

SUD-OUEST
Bruno Dive

« Ce ne fut pas un « jeudi noir », ni l’annonce du  » grand soir « . Juste une après-midi ensoleillée pour exprimer une inquiétude. Car on a beaucoup marché hier dans les rues des grandes villes, et même des moins grandes. Mais on a plutôt moins fait grève que prévu et annoncé, notamment dans les services publics. Et c’est peut-être cela le premier enseignement à tirer de ce 29 janvier. La « journée d’action », rituel bien français de protestation, a changé de visage et d’acteurs. Jusqu’à présent, les gros bataillons du secteur et de la fonction publics garnissaient les cortèges et se faisaient entendre de façon spectaculaire en paralysant le pays. Ce 29 janvier 2009, des trains et de nombreux moyens de transport ont fonctionné, des écoles sont restées ouvertes. Mais de nombreux salariés du privé et une foule de gens qui n’avaient pas pour habitude de manifester ont rejoint les cortèges de la protestation (…) Nicolas Sarkozy ne pourra pas dire que lorsqu’il y a des manifestations dans ce pays, personne ne les voit. »

LE COURRIER PICARD
Francis Lachat

« L’ampleur de la mobilisation, tous secteurs confondus, pour la journée d’action d’hier montre le niveau de mécontentement auquel en sont arrivés une grande partie des Français. Beaucoup se sentent maintenant rattrapés par la crise. Les grévistes et manifestants d’hier n’étaient plus seulement les enseignants syndiqués, les cheminots, ou ceux de la fonction publique. C’était aussi les salariés du privé, touchés par le chômage technique, victimes de plans de licenciements, ou dont l’entreprise a revu les conditions de travail (…) Plus qu’une protestation contre un projet précis, c’est sur un ensemble de revendications multiples et diffuses que se sont retrouvés les grévistes (…) Le gouvernement dispose encore d’une certaine durée devant lui, et a toutes les possibilités de rebondir. Il n’a, semble-t-il, pas l’intention de surseoir aux réformes qu’il juge importantes. Tout au plus cherchera-t-il à mieux dialoguer avec les syndicats. Mais il faudra sans doute encore bien des journées d’action pour qu’il révise sa politique. »

LE COURRIER DE L’OUEST
Jean-Paul Brunel

« L’ampleur des défilés a-t-elle de quoi surprendre ? Oui et non. Certes, l’amalgame des revendications n’est pas dépourvu d’ambiguïté mais il n’y a aucune confusion possible sur la signification de ce jour de colère. Dans un pays faiblement syndicalisé et dont le tissu social se délite, on était habitué ces derniers temps à davantage de résignation (…) Il n’est pas certain, à ce stade, que les Français attribuent la responsabilité des difficultés au seul Nicolas Sarkozy. Trop instruits sur les causes et l’étendue de la crise, ils savent que les réponses seront avant tout d’ordre global. Mais ils en sont dans l’immédiat les premières victimes. Ont-ils, dès lors, d’autre recours que d’en appeler aux élus de la République pour faire entendre un message simple, implacable, dépourvu le plus souvent de considérations politiciennes : c’est à l’État d’assumer. Et à l’opposition jusqu’ici inexistante, de contribuer à trouver des remèdes. Car, s’il devait être pris à la légère, le mouvement d’hier ne pourrait que déclencher de nouvelles actions. Sans doute moins paisibles. Oui, la colère monte, la marmite bout. »

LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel

« S’il est bien difficile, au-delà de la rituelle bataille des chiffres, d’affirmer le degré d’historicité de la mobilisation, une chose est sûre: elle aura posé un incontournable jalon dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy, vers lequel désormais les yeux sont davantage tournés (…) Le déploiement n’aura pas seulement été massif et imposant, il a également été marqué par ce qu’on pourrait appeler une grève citoyenne. Pas de chaos dans les transports, pas de ces signes extérieurs d’exaspération si fréquents en pareil cas, pas de véritables débordements en fin de cortèges. Et si c’était d’abord en cela que résidait l’originalité du mouvement? Une performance sans doute moins due aux effets du fameux service minimum imposé qu’à une sorte de désir collectif de ne pas entraver la vie quotidienne de tout un chacun. Un peu comme si, en 2009, il était apparu urgent de prouver qu’on peut être visible, sans être « nuisible ». Gageons que, n’en déplaise à l’Élysée, tout le monde s’en sera aperçu. »

NORD-ECLAIR
Patrick Pépin

« Pour un pays où les grèves passaient soi-disant inaperçues, la démonstration syndicale du 29 janvier a été très visible, et nombreuse (…) On n’a jamais vu les salariés arrêter de manifester alors qu’ils ont l’impression de tenir le bon bout. Quant aux partis politiques d’opposition, ils se refont une santé et ne vont pas se résoudre à quitter la scène alors qu’ils commencent à retrouver une crédibilité pour une possible alternance, d’autant qu’ils sont aiguillonnés par la gauche radicale. Enfin, on ne peut passer sous silence, le décalage entre les promesses électorales du candidat Sarkozy et la réalité de la politique du Président (…) Reste que le président de la République a du sens politique et qu’il peut trouver dans cet affrontement matière à rebondir. Seulement cette fois-ci, les tours de passe-passe, les invocations à Léon Blum ou à la Résistance ne sont plus de mise. Il faudra aller chercher au plus profond les raisons de donner de l’espoir à un peuple historiquement impatient. »

LA NOUVELLE REPUBLIQUE
Denis Daumin

« Voici donc, par défaut de perspectives économiques, la lourde dynamique sociale de nouveau en mouvement. Le piètinement de ses cortèges, l’impact de ses slogans bénéficieront ponctuellement aux organisations syndicales. Ils interpellent le sommet de l’Etat qui exprimait hier une empathie tardive et impuissante avec les inquiètudes des manifestants. L’heure n’est plus à railler ce mode d’expression à la française, ce folklore hérité de Germinal. Il n’est pas inutile de s’interroger sur les ressorts de cet élan exprimé hier. Si nombreux, si longtemps dans la rue à quoi cela sert-il ? A dire, et montrer bien sûr pour se soulager du poids écrasant des incertitudes. A serrer les rangs face au néant. A être ensemble, c’est tout, sans autre illusion. Ce n’est pas rassurant. »

MIDI LIBRE
François Martin

« Sarkozy l’hyperactif a réussi, au fil des mois, à fermer toutes les portes du dialogue. Les grèves, en France ? Personne ne s’en aperçoit. Les syndicats ? Il les reçoit mais ne les entend pas. La réticence au changement ? Il arrache les réformes avec les dents. Le pouvoir d’achat ? Il choisit la relance par l’investissement. Le hic: l’époque diffère de celle de sa prise de pouvoir. Aujourd’hui, le pays est plongé dans les affres de la crise. Inquiétude et détresse s’infiltrent insidieusement dans les esprits. La grosse colère d’hier, c’est celle des ménages devant la crise. Ils sont, pourtant, les derniers à en porter la responsabilité et les premiers à en supporter les conséquences. Cependant, Nicolas Sarkozy a montré lors de sa présidence de l’Europe, mais aussi à l’occasion du Grenelle de l’Environnement, qu’il pouvait écouter. Dialoguer. Convaincre. Et peut-être changer. »

PARIS NORMANDIE
Michel Lépinay

« Le fait que le mouvement de grève, en particulier dans les services publics, n’ait pas été à la hauteur des ambitions syndicales n’enlève rien au succès de la journée. Mais maintenant, qu’est ce qu’on en fait ? Les Français ont dit massivement leur inquiétude face à la crise (…) Les syndicats, forts de leur succès, vont sans doute essayer de pousser leur avantage. Mais pour en arriver où ? Personne ne peut imaginer sérieusement un « effet CPE ». Le gouvernement ne va pas changer radicalement de politique pour répondre aux attentes des manifestants (…) Si on ne change pas de politique, il faut sans doute au minimum changer un peu la manière. Celle du président qui semble prendre plaisir à noircir en permanence le tableau offert par la société française, pour valoriser mieux son action providentielle, a sans doute démontré hier ses limites (…) Sarkozy 1, le président « bling-bling » a cédé la place à Sarkozy 2, le président anxiogène. Les Français qui défilaient hier attendent maintenant la nouvelle version. »

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

« Il ne faudrait pas résumer cette journée de grève à une trop dérisoire bataille de chiffres sur le nombre des manifestants (…) Dans un sobre communiqué, Nicolas Sarkozy a jugé « légitime » l’inquiétude qui s’est exprimée hier. On est donc très loin des remarques ironiques sur  » les grèves dont personne ne s’apercevrait plus désormais en France « . Faudrait-il en conclure que Nicolas Sarkozy est réellement en train de changer ? Ou bien s’agirait-il seulement pour lui de bercer de mots l’opinion dans une sorte de traitement psychologiquepassager ? Dans ce cas, Nicolas Sarkozy prendrait un bien grand risque. Car en ayant évoqué la légitimité du vaste mouvement d’inquiétude d’hier, il s’est pratiquement condamné à y apporter une réponse concrète. Il a trop usé jusqu’à présent de condamnations péremptoires, d’exigences de moralisation des marchés, de mises en demeure et de menaces de dénonciation, restées sans effet, pour décevoir l’attente qu’il vient lui-même de créer. Lui non plus ne peut plus se permettre de promettre l’espoir à crédit en usant du réconfort illusoire du verbe. Convenons-en: le défi est dur à relever. »

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

« Cette journée a donc consacré un mouvement plutôt réussi contre tout ce qui, ces derniers mois, a failli mettre le système par terre. La mobilisation a été conséquente. Autant que lors des manifs anti-CPE d’il y a trois ans. Autant que durant la difficile réforme des retraites de 2003 ou la longue grève anti-Juppé qui, la décennie passée, apprit le covoiturage et la marche aux Français. A l’aune de ces précédents, c’est conséquent. A cette différence près qu’il n’y a, cette fois, ni objectif précis à atteindre ni mur à abattre. Le pays, hier, était dans la protestation pure. Et c’est bien cela qui préoccupe le gouvernement. Sitôt la parenthèse refermée, Nicolas Sarkozy a jugé légitime l’inquiétude manifestée (…) Depuis hier, la France est devenue un peu plus moderne. Sans être moins inquiète pour autant face à une crise dont les retombées commencent seulement à se mesurer. »

OUEST-FRANCE
Paul Burel

« Si Nicolas Sarkozy espérait se tirer du mauvais pas de la grogne sociale en faisant le gros dos, c’est fichu. La mobilisation, réalisée sans le chaos et le désordre annoncés ou espérés par certains, est sans équivoque. Bien au-delà de l’habituel noyau dur du public ¬ Éducation, SNCF, La Poste ¬ elle s’avère exceptionnellement massive et spectaculaire (…) Quoi qu’il en dise, le Président pourrait être amené à freiner son ardeur réformatrice, sinon à infléchir sa politique pour stimuler la confiance, le moteur central de la croissance. La relance, la nécessaire relance, ne passe pas seulement par une aide financière substantielle aux banques et aux industries défaillantes. Elle est aussi indexée sur le moral, les revenus et, in fine, la consommation des salariés et des ménages. C’est ce que les syndicats martèlent depuis des mois. Le patron de l’Élysée peut-il continuer à ignorer cette attente ? Une récente étude du Cetelem souligne qu’un regain de pouvoir d’achat et de consommation profiterait de façon prioritaire au secteur de l’alimentation, donc à la production française et à l’emploi. À méditer, non ? »

L’ALSACE
Patrick Fluckiger

« La première journée d’action nationale, depuis le déclenchement de la crise financière, est un succès (…) Nicolas Sarkozy va devoir ravaler ses imprudentes paroles de juillet dernier sur les grèves qui passent  » inaperçu  » et montrer, au contraire, qu’il a entendu l’inquiétude exprimée dans la rue. Peut-il aller plus loin que les paroles compassionnelles qu’il a déjà prononcées ? L’élaboration d’un nouveau plan de relance privilégiant la consommation ou l’annulation des suppressions d’emplois dans l’Education remettrait en cause tous les objectifs d’assainissement de son quinquennat. Les syndicats ont placé la barre très haut : trop peut-être pour obtenir satisfaction, mais suffisamment pour compliquer la tâche du gouvernement. Ce n’est pas encore un bras de fer, mais déjà plus qu’un round d’observation. »

L’EST REPUBLICAIN
Rémi Godeau

« Les relativistes de l’UMP pourront nuancer le taux de participation, constater l’absence de blocage des transports ou moquer un mot d’ordre syndical aussi large que flou. Il n’empêche… Sans verser dans la bataille des chiffres, la mobilisation d’hier égale celles contre le contrat première embauche en 2006 ou contre la réforme des retraites en 2003. Et rappelle par la diversité des manifestants celle contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale en 1995. A tel point qu’il est inimaginable aujourd’hui que Nicolas Sarkozy se contente de prendre acte de ce  » cri de colère « , exutoire historique, avant de reprendre son agenda d’hyperprésident comme si de rien n’était (…) Paradoxalement, l’intensité de la crise ouvre une opportunité au gouvernement. Face à la multiplication des plans sociaux et à l’effondrement de la croissance, un nouveau plan de relance semble inévitable. Il pourrait être discuté  » dans l’écoute et le dialogue « , selon les mots du nouveau vocabulaire présidentiel. »

VOIX DU NORD
Hervé Favre

« On annonçait un jeudi noir dans les transports, mais à l’arrivée trains et métros ont été plus nombreux que prévu. Cependant les huit syndicats qui appelaient hier le pays à se mobiliser contre la politique économique du gouvernement ont réussi à mobiliser dans les rues (…) Pour les responsables syndicaux et les partis de gauche qui les soutiennent, la démonstration de force n’a pas été complète puisque ce mouvement n’a pas paralysé le pays, ni sa capitale, comme le souhaitaient ses organisateurs. Une bonne surprise pour les usagers que le gouvernement ne manquera pas de mettre à son actif (…) Les huit organisations syndicales doivent maintenant se mettre d’accord sur la suite à donner à cette journée. Elles ont prévu de se voir lundi pour en décider, et l’unité qui a prévalu jusque-là pourrait être mise à rude épreuve. Soulignant que l’ » on ne peut pas faire dix manifestations contre la crise « , François Chérèque rappelait mercredi:  » On ne résout pas la crise avec des manifestations, on pose le problème » Un million et demi de personnes dans la rue, c’est assurément un gros problème à résoudre pour Nicolas Sarkozy.

LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois

« La journée de grèves et de manifestations d’hier a été largement suivie. Pour les organisateurs, le succès est complet et la météo a offert à ce cri face à la crise, un temps idéal, un peu frais mais ensoleillé malgré la gravité de la situation. Un cri immense parce que l’inquiétude, la peur, sont dans bien des têtes, accablées par les informations qui pleuvent, jour après jour (…) La démagogie est toujours une lâcheté qui ne rapporte rien, et finit par être payée très cher. Les syndicats parlent de 2.500.000 manifestants en France. Retenons leur chiffre. Car il n’y a personne qui soit pour la crise, ni pour la récession, ni pour le chômage. Seulement, la colère, le cri qui se fait entendre, les aspirations à meilleur sort qui sont la réalité manifestée hier, se télescopent avec cette crise tout aussi réelle, et qu’on ne pourra résorber en l’aggravant par les procédés habituels utilisés depuis trente ans. »

LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

« Finie l’ironie sur ces « grèves dont personne ne s’aperçoit plus », l’heure est à la « priorité à la solidarité nationale ». Paroles, paroles ? Même si les mots ont toute leur importance en ces temps d’extrême crispation où le moindre d’entre-eux prononcé de travers peut provoquer l’embrasement, il en faudra sans doute un peu plus pour calmer les esprits et entraîner les citoyens à accomplir cet « effort commun pour sortir de la crise ». Nicolas Sarkozy doit comprendre que sa posture de Président de « rupture » qui l’a fait élire par temps calme n’est plus adaptée en période de grande tempête. Bringuebalés par la crise, les Français ont moins besoin d’un hussard qui taille à la hache dans les acquis que d’un pompier attentif doublé d’un capitaine fixant un cap. A condition que celui-ci comprenne enfin qu’on ne peut demander des efforts, des sacrifices à un équipage qu’à la condition que ceux-ci soient équitablement répartis. »

NICE-MATIN
Jean-Louis Gombeaud

« Mis à part l’expression d’une angoisse et d’une vraie souffrance ces défilés, aussi réussis soient-ils pour leurs organisateurs, auront du mal à déboucher sur des résultats concrets. Avec la crise qui est une dure réalité, les marges de manoeuvres du pouvoir sont quasiment nulles. Hier, les syndicats affirmaient que la mobilisation leur rappelait 1994. C’est exact. Mais à l’époque nous sortions de la récession brutale de 1993 et le rebond de croissance fabriquait du grain à moudre pour satisfaire certaines des revendications sociales. D’une certaine façon, ça valait le coup de protester. Si la crise se prolonge « des années » ce scénario de l’issue heureuse pour les protestataires n’est donc pas le plus probable, sauf à ce qu’en ligne de mire des défilés se profile une perspective politique de changement. Or, elle n’existe pas. Le PS a d’autres chats à fouetter (…) La reprise économique n’étant pas en vue, l’espoir d’un changement de politique n’étant pas à l’ordre du jour, on ne parvient pas à deviner quelle direction peut désormais prendre ce mouvement. Que démontre la démonstration d’hier ? »

L’UNION
Hervé Chabaud

« En volume, c’est du massif et un sévère avertissement en direction de l’Élysée! Les défilés protestataires ont été denses et peuplés de manifestants incisifs dont le point commun est d’estimer que les salariés sont les oubliés de la crise. Les soutiens annoncés aux entreprises n’empêchent pas des licenciements massifs. D’où une demande insistante de protection contre une fracture économique dont l’ampleur et les développements interdisent de se projeter dans l’avenir (…) Le moteur de la contestation est allumé et son régime est déjà élevé. Alors que le FMI table sur une récession d’environ 2 % pour la France, l’urgence d’un dialogue social pragmatique s’impose. En ayant bien à l’esprit qu’un surcroît de pouvoir d’achat ne doit pas aboutir à une explosion de nos importations, qui se situent déjà à un niveau inacceptable. Dans une économie avancée pariant sur son savoir et sa valeur ajoutée pour créer par son intelligence de la richesse, il faut être capable de s’entendre sur des choix qui ne creusent pas un peu plus l’ornière où nous sommes bloqués. »
 



Manifestation du 29 janvier à Uzès

http://www.dailymotion.com/video/k4zekagCbGRnIIVLDm
A l’appel de la Cgt, la Cfdt, Fo, la Fsu, l’Unsa, Solidaires, la Cftc, la Cgc, l’intersyndicale d’Uzès a réussi à rassembler environ 500 personnes lors de la manifestation qu’elle organisait dans le cadre de la journée nationale d’action du 29 janvier.
manif uzes 29/01/09

Cette importante mobilisation, rarement enregistrée, dans ce chef lieu de canton, a montré la détermination des manifestants de refuser les mesures gouvernementales et patronales vis à vis du pouvoir d’achat, de l’emploi, de la défense du service public.

manif uzes 29/01/09 bis
Les fédérations de la Fonction Publique, du Secteur Privé et de l’Education Nationale, ont défilé dans les rues de notre ville. Plusieurs dizaines de lycéens étaient présents dans la manifestation.

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Revue de presse

Article libé.fr

Qui fait grève demain (et pourquoi) ?

 

programme UMP
 

Education

Primaire, secondaire, supérieur, recherche: tous les personnels sont appelés à la grève et devraient constituer le gros des troupes dans la rue demain. Rejoints par les parents d’élèves (à l’appel de la FCPE), les lycéens et les étudiants, ils protestent d’abord contre les suppressions de postes et la dégradation de leur pouvoir d’achat. Mais aussi contre des évolutions plus spécifiques: contre les réformes Darcos chez les enseignants de primaire et du secondaire (programmes, réforme du lycée, suppression du samedi…) et contre le projet de réforme des statuts chez les enseignants-chercheurs, qui menacent de se mettre en grève le 2 février.

Une fois encore, le service minimum dans les écoles s’annonce chaotique. De nombreuses municipalités -principalement de gauche- ont fait savoir qu’elles ne pouvaient toujours pas l’appliquer. Certaines académies ont lancé un appel aux étudiants d’IUFM et aux retraités de l’Education pour assurer la permanence.

Santé

Les syndicats appellent à protester, là aussi, contre le manque de personnel et de moyens et réclament une revalorisation des salaires du personnel infirmier et des primes de nuit. Ils dénoncent également le projet de loi «Hôpital, patients, santé, territoires» que le Parlement doit examiner en février.

Justice

Les syndicats (notamment les deux syndicats de magistrats et le Syndicat des avocats de France), qui ont accumulé ces derniers temps les griefs à l’encontre de la ministre Rachida Dati, appellent à la mobilisation contre «le démantèlement du service public de la justice». FO-magistrats a prévu des rassemblements dans les palais de justice.

Service public de l’emploi

Au Pôle emploi, qui regroupe désormais l’ANPE et les Assedic, quatre syndicats (FO, CGT, SNU-FSU, Sud) appellent à la grève. Ils réclament des garanties sur le financement du Pôle emploi et dénoncent le «flicage» des demandeurs d’emploi, qui, selon la CGT, transforme les agents «en auxiliaires de police».

La Poste

Tous les syndicats appellent à la grève contre le projet d’ouverture au capital, synonyme selon eux de «privatisation du service public postal». Il ne devrait pas y avoir de perturbations dans la distribution du courrier.

Secteur de l’énergie

Voilà leur message: «Ce n’est pas aux salariés de payer les effets de la crise financière dont ils ne sont nullement responsables.» Dit autrement: «Les bénéfices records des entreprises de la branche doivent concourir à l’amélioration du pouvoir d’achat et des conditions de travail (…)» La direction d’EDF a indiqué mardi qu’il était «prématuré» de prévoir d’éventuelles perturbations du service.

Petite précision cependant, dans le Sud-Ouest, après le passage de la tempête, le personnel d’EDF n’arrêtera pas le travail. «Mais les employés exprimeront leur engagement avec des inscriptions « en grève » sur les camions de dépannage» a expliqué mercredi un porte-parole de la CGT.

France Telecom

Tous les syndicats ont déposé des préavis de grève et veulent envoyer un «message fort» contre un éventuel autre plan de suppressions d’emplois.

Audiovisuel public

Onze syndicats appellent à cesser le travail. Alors que la suppression de la pub est effective depuis le 5 janvier, ils demandent un «financement pérenne et dynamique» pour l’ensemble des sociétés de l’audiovisuel public, et s’élèvent contre le plan social en cours à Radio France Internationale (RFI), où la direction a annoncé la suppression de 206 postes sur un millier.

Les chômeurs

Faits rares, les mouvements de défense des chômeurs appellent à manifester. Ils protestent contre la convention UNEDIC qui, «en l’état, avec une durée minimale d’affiliation mais aussi une durée d’indemnisation raccourcies, institutionnalise le travail en miettes » selon le mouvement national des chômeurs et des précaires.

Le Collectif des Démocrates Handicapés

Il dénonce l’habitude qui consiste à proposer des réformes dans quelque domaine que ce soit sans que le paramètre «handicap» ne soit pris en considération. Exemple: «La réforme de l’Education nationale est proposée sans que la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire n’en soit une des priorités.»

La Ligue des droits de l’homme (LDH)

Le collectif appelle à la mobilisation. Motif: «La LDH partage les grands objectifs majeurs face à la crise que sont : la défense de l’emploi et des salaires, la priorité donnée aux services publics, l’égalité d’accès à la protection sociale, l’amélioration des garanties collectives.»

Sur les rails

A la SNCF, tous les syndicats sauf l’Unsa, 3e force syndicale, ont déposé des préavis de grève du mercredi 20 heures au vendredi 8 heures. Les cheminots réclament, entre autres, l’augmentation des salaires et des pensions.

A la RATP, six syndicats sur huit, dont les quatre premiers dans l’entreprise, appellent à la grève. Des perturbations sont à également prévoir dans les réseaux de province, comme à Bordeaux notamment.

Dans les aéroports

Six syndicats de la Direction générale de l’aviation civile ont déposé un préavis de grève pour le 29 janvier. L’intersyndicale demande une hausse des salaires et redoute que «le contexte économique ne serve de prétexte à la remise en cause des garanties d’emploi».

Les routiers

Parmi les demandes de la Fédération nationale des chauffeurs routiers (FNCR): la facilitation du crédit pour inciter les entreprises à conclure des accords sur les salaires. La FNCR appelle les salariés des différentes branches du transport à cesser le travail durant cette journée.

Le personnel des autoroutes

L’ensemble des syndicats du réseau autoroutier appelle à un arrêt de travail à partir de mercredi 28 à 20h00 jusqu’au vendredi 30 janvier à 05h00 du matin. Les revendications sont générales: préserver les emplois, améliorer le pouvoir d’achat et les conditions de travail. En pratique, cela devrait se traduire par des péages gratuits sur certains tronçons. Impossible de savoir avec précision si le mouvement sera suivi, «à la différence de la SNCF ou de la RATP, le personnel n’est pas forcé de déposer un préavis de grève».

Dans les banques

A la banque de France, l’intersyndicale appelle à la mobilisation pour s’opposer au plan de suppression de postes. «Si lors des derniers mouvements nous vous invitions à faire grève selon différentes modalités (de 1H à 1 journée), cette fois-ci l’objectif est de fermer un maximum d’unités et de services afin de rejoindre les manifestations organisées localement !»

Dans les banques privées, aussi, les appels à la grève se multiplient: LCL, Crédit agricole, Caisse d’Epargne…

A la Bourse

Les salariés français de NYSE-Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris, sont appelés à la grève le 29 janvier pour protester contre la suppression prévue d’une centaine d’emplois.

La Direction des constructions navales

L’intersyndicale appelle à participer à la journée de mobilisation contre la «filialisation tous azimuts» de DCNS.

Appels divers

Chez Renault à l’appel de l’ensemble des syndicats, chez PSA Peugeot-Citroën, chez les pilotes d’hélicoptère, chez les retraités, chez les employés des remontées mécaniques des cinq massifs français, chez le leader européen du conseil en infrastructures réseaux et systèmes Devoteam…

 

 

Journée nationale d’action: la France se prépare à un « jeudi noir »

 

La France s’apprête à vivre un « jeudi noir », surtout dans les transports publics et l’éducation, lors d’une journée de grève nationale à l’appel de tous les syndicats et qui devrait refléter une grande inquiétude face aux conséquences de la crise économique.

Revue de presse dans Actualités zoom_fermer photo_1233126823991-1-0 dans Revue de presse

Photographe : Boris Horvat AFP/Archives : Panneaux d’information le 6 novembre 2008 à la gare du Nord à Paris

« L’idéal serait qu’il y ait le sentiment que le pays est bloqué pendant une journée », a déclaré mercredi Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), le troisième syndicat français.

Le mot d’ordre des syndicats est lancé pour la défense des salaires, du pouvoir d’achat et des services publics. Avec l’opposition de gauche, qui soutient leur action, ils s’attendent à une participation massive, expression de l’angoisse du pays face à la crise mondiale qui se traduit en France, comme dans les autres économies industrialisées, par une brusque remontée du chômage.

Si l’appel à la grève, qui s’adresse à tous les salariés des secteurs public et privé, est entendu, il sonnera comme un avertissement à l’adresse du président Nicolas Sarkozy qui, depuis son élection en mai 2007, n’a pas affronté de grosse tempête sociale. Elu sur le thème de la « rupture », Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il comprenait les craintes de ses concitoyens, mais il a aussi a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de ralentir les réformes.

« C’est normal que les Français soient inquiets et c’est normal que ceux qui souhaitent défiler défilent », a jugé son Premier ministre François Fillon. « Le rôle du gouvernement c’est de tenir le cap de la réforme », a-t-il cependant ajouté. Des réformes du marché du travail, de la justice, des médias, des hôpitaux et d’autres services publics ont été mises en chantier depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Celles concernant le secteur public, en particulier la diminution du nombre des fonctionnaires, sont particulièrement sensibles, car c’est là que se concentre le gros des troupes syndicales.

De nombreuses écoles devraient ainsi rester fermées jeudi, et le pays sera en partie paralysé par les arrêts de travail dans les transports, dont certains devaient commencer dès mercredi soir.

Dans les chemins de fer, la SNCF prévoit un trafic très perturbé pour les trains régionaux. Les trains à grande vitesse (TGV) devraient cependant circuler à 60%, et les trains Eurostar et Thalys qui relient la France à l’Angleterre et la Belgique ne seront pas touchés.

A Paris, le métro et les transports avec la banlieue seront fortement affectés.

Dans le secteur aérien, Air France annulera entre 10 et 30% de ses vols court et moyen-courriers, mais le programme long-courrier sera maintenu.

Dans le secteur privé, la participation à la grève et aux manifestations sera difficile à évaluer.

Le taux de syndicalisation y est très faible et beaucoup de salariés devraient choisir de prendre une journée de congés, dans le cadre des accords de réduction du temps de travail (RTT), plutôt que d’affronter le chaos dans les transports ou de chercher une solution de garde pour leurs enfants.

 

La présidente du patronat français (Medef) Laurence Parisot a estimé qu’il y aurait dans lesentreprises « probablement des absences d’effectifs mais liées plus aux conditions de transports qu’àune volonté de faire grève ».

Cette grande journée de grève tombe aussi à point nommé pour l’opposition socialiste qui a retrouvé de la pugnacité depuis l’élection à sa tête de Martine Aubry, à la fin de l’année dernière. Les dirigeants du PS, qui veut être « l’interprète des mécontentements » seront dans la rue aux côtés des manifestants.

 

 Article Le Monde.fr

Forte mobilisation attendue et premier grand test social pour Sarkozy

 

Des centaines de milliers de personnes, surtout des salariés, descendront dans la rue ou cesseront le travail jeudi 29 janvier dans toute la France, à l’appel de tous les syndicats, pour la première grande mobilisation sociale depuis le déclenchement de la crise économique.

Des perturbations importantes sont à prévoir, notamment dans les transports. Le trafic ferroviaire sera réduit. La SNCF prévoit que plus de 60 % des TGV circuleront en moyenne, plus de 40 % des TER et des Transiliens, 30 % des Corails. La RATP prévoit un trafic « perturbé » du métro et « fortement perturbé » sur les RER A et B en Ile-de-France. 30 % des vols seront annulés à Orly, 10 % à Roissy. (Lire l’article Les perturbations prévues dans les transports)

 

Les syndicats prédisent aussi un nombre significatif de débrayages dans le secteur privé, traditionnellement moins affecté. L’impact des grèves est « très difficile à évaluer », selon la présidente du Medef Laurence Parisot, les difficultés de circulation pouvant avoir un effet sur l’absentéisme.

UN TEST POUR LE SERVICE MINIMUM

Cette journée de mobilisation sera un test pour le service minimum. Dans les transports, l’impact de la grève dépendra surtout du taux de grévistes, aucun agent en grève ne pouvant être contraint de travailler. La mobilisation devrait être très forte dans l’Education nationale. Dans les écoles, plusieurs communes ont déjà annoncé qu’elles ne pourraient proposer de service minimum, même si le « droit d’accueil » est officiellement obligatoire depuis la rentrée de septembre 2008. (Lire l’article Le service minimum à l’épreuve du 29 janvier)

Organisée pour défendre l’emploi, le pouvoir d’achat, les garanties collectives et les services publics, et dénoncer la politique anticrise du gouvernement, cette mobilisation est regardée avec sympathie par l’opinion, selon tous les sondages : 69 % la jugent « justifiée », selon le dernier en date (BVA-Orange-Express). (Lire l’article Le mouvement social du 29 janvier bénéficie d’un large soutien populaire)

L’exécutif n’entend pas pour autant infléchir sa politique. « Je comprends vos difficultés » mais il ne faut « pas arrêter le mouvement des réformes », a déclaré mardi le président Sarkozy. Pour François Fillon, le « rôle d’un gouvernement » n’est « pas de faire des gestes » mais « de tenir le cap de la réforme ». Le gouvernement entend toutefois calmer le jeu, face à la crainte d’une explosion de colère. (Lire les articles Brice Hortefeux : « On n’insulte pas le crocodile avant de traverser la rivière » et Le pouvoir politique redoute un grand mouvement social)

« IRRÉSPONSABLE »

« Si le gouvernement ne répondait pas à une forte mobilisation, il serait irresponsable », a répliqué le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, rappelant le rendez-vous intersyndical du 2 février pour décider des suites du mouvement. Refusant que les salariés soient « les premières victimes de la crise », les syndicats se sont unis autour d’une plateforme revendicative – CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA, Solidaires – sans précédent. Ils veulent « des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations » et une « politique de relance économique ». (Lire l’article interactif Grève unitaire du 29 janvier : secteurs et revendications)

Ils demandent aussi que les mesures de baisse d’activité, comme le chômage partiel, soit « négociées » et que les aides publiques aux entreprises soient conditionnées à la préservation de l’emploi et des salaires. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault s’attend à ce que la mobilisation aille « bien au-delà » de celles observées ces dernières années. (Lire le chat avec Maryse Dumas, de la CGT : « Demain, la journée sera puissante »)

L’opposition, de son côté, entend tirer parti de ce grand mouvement de contestation. Alors que tous les responsables du PS s’attendent à voir se dégrader durablement le climat social, leur objectif est de tourner la page d’un congrès calamiteux et réaffirmer, face à la concurrence qu’exercent l’extrême gauche et le MoDem, que le PS a vocation à incarner l’alternative face à la droite. (Lire l’article Le PS cherche à accompagner le mécontentement)

La précédente journée syndicale unitaire, le 22 mai 2008, pour les retraites, avait rassemblé de 300 000 à 700 000 manifestants (selon la police ou les organisateurs). On en comptait un à deux millions en 2003 (retraites) et 1995 (Sécurité sociale).

 

Article Nouvel Obs.com

Grève de jeudi : les appels à la mobilisation, les prévisions par secteur

 

 

Voici les principaux secteurs qui seront touchés jeudi 29 janvier dans le cadre de la journée de mobilisation interprofes- sionnelle pour l’emploi, les salaires et la défense du service public:

FONCTION PUBLIQUE :
L’intersyndicale appelle les agents de la fonction publique d’Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière à participer aux manifestations pour réclamer l’ouverture de « véritables » négociations salariales et défendre « l’emploi privé et public et le maintien du pouvoir d’achat ». Ils demandent aussi « l’annulation » des délocalisations de certaines administrations prévues dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

EDUCATION
:
Les syndicats appellent à la grève tous les personnels de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi que de la Jeunesse et des Sports. Ils veulent marquer leur opposition « aux suppressions de postes, leur « lutte » pour « une école assurant la réussite de tous les jeunes », ainsi que « pour leurs salaires, leurs statuts et la revalorisation de leurs métiers ». Les enseignants-chercheurs des universités qui protestent contre la réforme de leur statut, menacent de débuter une grève le 2 février dans les universités.
> Prévisions : Selon le Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUIpp), principal syndicat du premier degré, 67% des instituteurs seront en grève jeudi, avec des pointes égales ou supérieures à 80% dans l’Aude, le Cantal, le Gard, le Gers, la Gironde, l’Hérault, la Loire, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, le Rhône ou encore la Sarthe.
> Service minimum d’accueil : De nombreuses municipalités -principalement de gauche- ont fait savoir qu’elles ne pouvaient toujours pas appliquer le service minimum d’accueil (SMA). C’est le cas à Paris, Metz, Saint-Etienne, Belfort, Le Mans, Rennes, Dijon. A Bordeaux, Alain Juppé avertit qu’il est possible que le SMA ne soit pas assuré partout.
Parmi les villes qui appliqueront le SMA: Strasbourg, Amiens, Nantes, Mulhouse, Colmar, Besançon, Montauban, Marseille, Toulon, Nice.

SNCF
:
Tous les syndicats sauf l’Unsa, 3e force syndicale, ont déposé des préavis de grève de mercredi 20h à vendredi 8h. Au moins cinq syndicats (CGT, Sud Rail, FO, CFE-CGC, Fgaac) appellent formellement à la grève mais la Fgaac l’envisage pour 59 minutes seulement. La CFDT laisse chaque région décider.
> Prévisions : Un numéro vert : 0 800 15 11 11. Et les prévisions de trafic.
TGV : La SNCF prévoit 60% des TGV en moyenne. Le trafic du TGV Est sera normal, celui des TGV Nord assuré à 65%, des TGV Atlantique et Sud-Est à 50%. Aucun TGV province-province ne circulera.
Corail et TER : 30% des trains Corail (trafic national) rouleront, et 40% des Corail intercités (trafic interrégional). 40% des trains express régionaux.
Le trafic des Eurostar entre Paris et Londres, des Alleo entre Paris et Stuttgart ou Francfort, ainsi que des Thalys entre Paris, Bruxelles, Amsterdam et Cologne, sera normal. 35% des TGV Lyria entre Paris et Bâle ou Zurich doivent rouler, et 50% de ceux entre Paris et Lausanne, Berne ou Genève. Enfin, un train Artesia sur deux, entre Paris, Turin et Milan, sera assuré.
En Ile-de-France, 45% du trafic Transilien sera assuré en moyenne, 35% du trafic des lignes A, B, C et D du RER est garanti (pour la partie gérée par la SNCF), 65% sur la ligne E et les lignes du Transilien depuis la gare de l’Est, 50% depuis la gare Montparnasse, 35% depuis la gare du Nord, la gare Saint-Lazare et la gare de Lyon. Voir la liste des trains qui circuleront.

RATP
:
Six syndicats sur huit (CFDT, CFTC, CGT, FO, Sud et Unsa), dont les quatre premiers dans l’entreprise, ont appelé à la grève.
> Prévisions :
Métro : Lignes 1 et 14 : normal. Lignes 4 et 13 : 3 trains sur 4. Ligne 11 : 2 trains sur 3. Lignes 3, 5, 6, 7, 7 bis, 9, 10 et 12 : 1 train sur 2. Lignes 2, 3 bis et 8 : 1 train sur 3.
RER A zone RATP : 1 train sur 5, interconnexion suspendue à Nanterre-Préfecture
RER B zone RATP :
- entre Denfert-Rochereau et Robinson : 1 train sur 5
- entre Denfert-Rochereau et Massy : 1 train sur 5
- entre Saint-Rémy et Massy : trafic nul
- entre Denfert-Rochereau et Gare du Nord : trafic nul
interconnexion suspendue à Gare du Nord
Bus : 3 bus sur 4
Tramway T1, T2 et TVM : 3 sur 4
Tramway T3 : 1 sur 2
Les prévisions de trafic sur le site de la RATP.

TRANSPORTS URBAINS
:
Des préavis de grève de 55 minutes à 24 heures ont été déposés dans 77 réseaux sur 137 : Aix-les-Bains, Ajaccio, Amiens, Angers, Angoulême, Annecy, Annemasse, Annonay, Arras, Avignon, Bayonne, Besançon, Béziers, Blois, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Bourges, Brest, Caen, Calais, Cannes, Chambéry, Charleville-Mézières, Chartres, Châteauroux, Clermont- Ferrand, Dijon, Douai, Elbeuf, Evreux, Grenoble, Le Havre, L’Isle d’Abeau, Laval, Lens, Lille, Limoges, Longwy, Lorient, Lyon, Le Mans, Marseille, Maubeuge, Mont-de-Marsan, Montbéliard, Montluçon, Montpellier, Mulhouse, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Orléans, Pau, Poitiers, Quimper, Reims, Rennes, Roanne, La Rochelle, Rouen, La Roche-sur-Yon, Saint-Etienne, Saint- Lô, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Soissons, Strasbourg, Thionville, Toulon, Toulouse, Tours, Valenciennes, Vannes, Versailles, Vichy, Vierzon. > Voir le site de l’Union des transports publics et ferroviaires

AEROPORTS :
Six syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), la CGT, FO, la CFDT, la CFTC, CFE-CGC et Unsa ont déposé un préavis de grève pour le 29 janvier.
> Prévisions : Selon la Direction générale de l’aviation civile, les compagnies aériennes vont devoir annuler 30% de leurs vols au départ ou à l’arrivée de l’aéroport d’Orly, et 10% à Roissy. Les prévisions de trafic seront connues 24 heures à l’avance.
Air France a annulé préventivement 30% de ses vols courts et moyen-courrier à Orly et 10% à Roissy. La compagnie compte assurer 100% de son programme long-courrier. Elle proposera à ses passagers dont l’avion serait annulé un vol sur KLM ou une partenaire de l’alliance Sky team.
Pour les vols courts et moyen-courrier, Air France n’exclut pas « quelques annulations de vols ». « Des retards sont possibles ».

JUSTICE
:
Les sections CGT, CFDT, FSU, Usaj-UNSA du ministère de la Justice, le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF) ont appelé à la mobilisation contre « le démantèlement du service public de la justice ». FO-magistrats a prévu des rassemblements dans les palais de justice.
L’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a appelé les magistrats à s’associer à la journée d’action « par tous moyens déclinés localement ».

AUDIOVISUEL PUBLIC
:
Les syndicats de la télévision et de la radio publiques appellent à cesser le travail pour notamment demander un « financement pérenne et dynamique » et dénoncer le plan social à Radio France International (RFI). Au total, onze syndicats appellent à cesser le travail.

FRANCE TELECOM :
Tous les syndicats ont déposé des préavis de grève et veulent envoyer un « message fort » à la direction qui préparerait, selon eux, un autre plan de suppressions d’emplois appelé « Next II ».

LA POSTE
:
Tous les syndicats appellent à la grève contre la future transformation de l’entreprise en société anonyme. Pas de perturbation prévue dans la distribution du courrier.

ENERGIE
(EDF, GDF Suez…) :
L’intersyndicale appelle les salariés et retraités à « agir massivement », en participant aux manifestations et actions de grève.

RETRAITES
:
Leurs syndicats appellent les retraités « durement touchés par la crise » à « se mobiliser en masse ».

CHOMEURS :
AC!, l’Apeis et MNCP appellent à manifester.

SERVICE PUBLIC DE L’EMPLOI :
A Pôle emploi, qui regroupe l’ANPE et les Assedic, quatre syndicats (FO, CGT, SNU-FSU, Sud) appellent à la grève.
A l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes, service public), l’ensemble des syndicats appellent à la grève.

PORTS

La CGT des ports et docks appelle à des arrêts de travail de 24 heures.

DCNS (Direction des constructions navales) :
L’intersyndicale appelle à participer à la journée de mobilisation contre la « filialisation tout azimut » de DCNS.

BANQUE DE FRANCE
:
L’intersyndicale appelle à la grève.

BANQUES
:
Cinq fédérations syndicales ont appelé les salariés et les retraités du secteur à participer à la mobilisation. Les appels à la grève se multiplient: LCL, Crédit agricole, Caisse d’Epargne…

AUTOMOBILE  :
Grève chez Renault à l’appel de l’ensemble des syndicats, et chez PSA Peugeot-Citroën.

ET AUSSI
:
Grève chez les pilotes d’hélicoptère, chez les employés des remontées mécaniques des cinq massifs français, chez l’opérateur boursier NYSE-Euronext, chez le leader européen du conseil en infrastructures réseaux et systèmes Devoteam, dans les enseignes Auchan, dans les magasins Virgin

 

 

 



Tous en grève le 29 Janvier

C’est une trés grande journée de mobilisation unitaire interprofessionnelle, de grève et de manifestations qui s’annonce pour le jeudi 29 janvier, à l’appel de la Cgt, la Cfdt, Fo, la Fsu, l’Unsa, Solidaires, la Cftc, la Cgc.

La totalité des fédérations de la Fonction Publique, et de l’Education Nationale, appellent à la grève et aux manifestations le jeudi 29 janvier.

Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, notamment l’Unef et l’Unl, appellent aux manifestations

Les fortes mobilisations qui se sont développées ces derniers mois dans l’Education Nationale, le mouvement lycéen, le fort soutien des parents et de l’opinion publique, ont contraint le gouvernement à reculer sur plusieurs points importants: report de la réforme des lycées, rétablissement de 1500 postes en Rased dans le 1er degré.
Mais même s’il a subi un échec politique, même s’il a dû marquer sèrieusement le pas, le gouvernement n’a pas pour autant renoncé à appliquer sa politique dans l’Education Nationale : suppressions massives de postes, coupes sombres dans les recrutements …
Et même s’il tente d’y mettre quelques formes, il n’a pas non plus renoncé à une réforme des lycées dont le but essentiel est de « financer » les suppressions de postes déjà décidées.
Il n’a pas non plus renoncé à sa politique de démantèlement de la Fonction Publique et des Services Publics

Ensemble, avec les salariés du public et du privé,

Mettons-nous massivement en grève

le jeudi 29 janvier


Participons massivement aux manifestations

 MANIFS,

- 10h30 à UZES

(rassemblement sur l’esplanade)

- 15h à NÎMES

(départ av. Jean Jaurès, au Taureau,

ci dessous trajet de la manifestation de Nîmes)

Trajet manif
Exigeons une autre politique pour le Service Public d’Education,
pour ses personnels et pour la jeunesse de notre pays.



Mobilsation générale pour la grève du 29 Janvier

Mobilisation



Collectif national : l’école en danger

Ecole en danger

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L’assemblée générale nationale des collectifs de parents et enseignants en lutte, réunie le 24 Janvier dans le Rhône à Villeurbanne, affirme sa volonté de mobilisation pour la défense et la promotion d’un service public d’éducation de qualité. Ceci passe par le retrait de toutes les contre réformes qui menacent le service public d’éducation de la maternelle à l’université.
Nous appelons à refuser :

Ø                               La suppression de 13500 postes qui dégrade les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Ø                               La suppression des RASED et la mise en place de l’aide personnalisée en dehors du temps scolaire.

Ø                               La mise en place d’évaluations nationales destinées à mettre en concurrence les écoles et les établissements.

Ø                               La mise en place de structures privées et payantes pour les enfants de deux ans.

Ø                               La mise en place des EPEP qui va couper le lien entre écoles, élèves, parents, et renforcer les pressions hiérarchiques.

Ø                               Les nouveaux programmes rétrogrades et inadaptés.

Ø                               Le recours de plus en plus régulier à des personnels précaires et non formés pour assurer les remplacements et les missions de service public (accompagnement éducatif…).

Ø                               La multiplication des heures supplémentaires et des remplacements à l’interne au détriment de l’emploi public et de la qualité de l’enseignement.

Ø                               La contre réforme du lycée qui n’a été que repoussée.

Ø                               La suppression du BEP qui va laisser pour compte les élèves les plus fragiles, et la mise en place du Bac Pro en 3 ans qui va dévaloriser le diplôme.

Ø                               La suppression des IUFM et la remise en cause de la formation initiale et continue.

Ø                               Le fichage systématique des élèves : BASE ELEVES, SCONET…

Ø                               La banalisation des interventions policières dans les établissements et la traque des élèves sans papiers.

Ø                               La remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux.

En préalable à toute discussion, nous exigeons :

Ø                                 Le retrait de toutes ces mesures qui visent à terme un véritable démantèlement du service public d’éducation.

Ø                                 La levée des sanctions touchant les personnels, étudiants et lycéens en lutte.

Nous exigeons :

Ø                                 La création des postes nécessaires à un fonctionnement de qualité du service public d’éducation.

Ø                                 La prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, spécialisés, et titulaires, avec des mesures pédagogiques adaptées et  sur le temps scolaire.

Ø                                 Une école gratuite et laïque, accessible à tous ceux qui le désirent dès deux ans.

Ø                                 La préservation de la liberté pédagogique des enseignants.

Nous appelons à:

Ø                                 Un mouvement revendicatif d’ampleur passant par la grève, le blocage, la désobéissance, l’occupation et qui ne cessera qu’au retrait des mesures Darcos.

Ø                                 Participer massivement à la grève interprofessionnelle du jeudi 29 Janvier, à envisager des suites et poursuivre la mobilisation interprofessionnelle notamment avec les salariés des autres services publics.

Ø                                 Participer à la réunion de coordination de « l’appel des appels » prévue le 31 Janvier à Paris et à y envoyer des mandatés.

Ø                                 Organiser une « journée de l’éducation » (écoles, collèges, lycées, universités) le 10 mars 2009 qui peut passer par des « nuits des écoles », des occupations ou blocages par les parents, des réunions d’information par des enseignants grévistes auprès des parents ou encore des actions médiatiques.

Ø                                 Se coordonner dans l’action et les luttes à l’échelle locale et nationale.

Ø                                 Interpeller les élus sur les mesures actuelles sur l’éducation.

Nous nous adressons aux fédérations syndicales de l’éducation, aux fédérations de parents, aux coordinations étudiantes et lycéennes pour qu’elles soutiennent et portent unitairement les revendications de l’assemblée générale nationale des collectifs de parents et enseignants.

Nous appelons à une nouvelle assemblée générale nationale des collectifs de  parents et d’enseignants le 7 Février à Paris.

Contact : agnationale@yahoo.fr

Site de regroupement des collectifs : http://www.agnationale.org

Téléchargez le compte rendu :

Collectif national : l'école en danger dans Actualités pdf appel national



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