L’éducation particulièrement remontée jeudi

Article 20 minutes.fr

 

Le service minimum d'accueil à l'école. Durée: 1mn20.

SOCIAL – Au moins la moitié des enseignants était en grève dans le primaire…

C’est le taux de grève le plus élevé communiqué jeudi, y compris par les sources officielles: entre 48% (ministère) et 67,5% (syndicats) d’instituteurs ont cessé le travail à l’école pour manifester leur mécontentement à l’égard de la politique du gouvernement et notamment celle de Xavier Darcos.

Le ministre de l’Education a surtout voulu retenir «deux éléments forts dans les messages de cette journée: une demande de justice sociale et un pouvoir d’achat amélioré pour les enseignants». «Ces deux éléments sont au coeur des réformes que j’ai engagées», a-t-il estimé, énumérant, pour les élèves, le soutien, l’accompagnement éducatif, les stages mis en place dans les établissements et, pour les professeurs, la défiscalisation des heures supplémentaires ou la prime d’entrée dans le métier.

L’un des dossiers les plus sensibles du gouvernement

Pas un mot sur la réforme du primaire, au coeur de la colère des enseignants du premier degré, ni sur les suppressions de postes prévues à la rentrée, également vivement dénoncées.

Or, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (première fédération de l’Education), a estimé que les «premiers gestes significatifs» que devrait faire le gouvernement sont l’«ouverture de négociations salariales», certes, mais aussi la renonciation «aux suppressions de postes» et l’ouverture d’un «débat sur les alternatives, accepter qu’il y ait d’autres politiques possibles».

L’éducation reste l’un des dossiers les plus sensibles du gouvernement, nous confiait le leader syndical fin décembre, «car elle bénéficie du soutien des usagers et de l’opinion publique». La colère des lycéens, conjuguée aux inquiétudes liées à la crise, avait ainsi contraint Nicolas Sarkozy à reculer pour la première fois de son mandat sur une réforme, celle du lycée.

La journée du 29 janvier n’était qu’une étape

La confiance semble par ailleurs définitivement rompue entre la communauté éducative et Xavier Darcos, associé aux suppressions de postes et passé en force sur la réforme du primaire. Les motifs de mécontentement se multiplient: dans le cortège parisien, où étaient représentés tous les syndicats enseignants, de gauche comme de droite, un groupe sans étiquette syndicale manifestait ainsi derrière une banderole «Sauvons la formation des enseignants», en demandant au gouvernement de retirer sa réforme du recrutement des professeurs.

La journée du 29 janvier n’était donc qu’une étape de plus dans la mobilisation des enseignants. Sans attendre la réunion intersyndicale de lundi, le SNUipp (syndicat du premier degré) a d’ores et déjà appelé «à poursuivre la mobilisation dès le mois de février». Le Snes entend, lui, organiser le 5 février des «soirées des lycées et collèges» avec parents et élèves.

C. F. (avec agence)

 

L’université aussi

 

Côté enseignement supérieur et recherche, «il n’y a jamais eu dans les années récentes autant d’enseignants-chercheurs dans les cortèges», a déclaré le Snesup-FSU, affirmant à l’AFP que 20.000 d’entre eux avaient manifesté en France, dont 8.000 à Paris, notamment contre la réforme de leur statut.



Manifs: les mauvais comptes de Luc Chatel

Article Libé.fr

 

DESINTOX

Contre-expertise au quotidien des déclarations et des chiffres du débat public

CEDRIC MATHIOT

Manifs: les mauvais comptes de Luc Chatel dans Actualités photo_0302_459_306_22807

(Reuters)

Premier représentant gouvernemental à s’exprimer après la manifestation de jeudi, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat à l’Industrie, était invité jeudi soir sur RTL à dresser un bilan de la mobilisation. Informé à l’antenne de l’estimation de la CGT (2,5 millions de manifestants), Chatel dit d’abord :«Je ne vais pas me battre avec les organisations syndicales sur les chiffres, il se trouve que les chiffres que vous communiquez ne sont pas du tout ceux que nous avons.» Mais, le porte-parole du gouvernement trouve quand même le moyen de minimiser l’ampleur des défilés : «En province, il y a eu une certaine mobilisation, qui est inférieure aux grands mouvements tels le CPE [contrat première embauche, ndlr] ou les retraites, mais qu’il faut prendre en compte. Par contre, à Paris, on est nettement en retrait.»

LES FAITS

La manifestation de jeudi a donné lieu à un classique grand écart de chiffres. Les syndicats ont évalué la mobilisation totale à 2,5 millions (300 000 à Paris), contre 1 080 000 pour la police (65 000 à Paris). Cet écart d’appréciation n’est pas exceptionnel, même s’il atteint des proportions particulièrement risibles à Marseille (24 000 manifestants selon la police, près de 13 fois plus selon la CGT, soit 300 000 personnes). Nul doute que la vérité des chiffres doit se situer entre les deux… et qu’elle est impossible à connaître. Pour minorer l’ampleur de la grogne, Luc Chatel l’étalonne avec les grands mouvements «tels que le CPE ou des retraites» : le 12 décembre 1995, entre 1,1 et 2,2 millions de personnes défilent contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Juppé. Le 13 mai 2003, entre 1 et 2 millions de personnes sont encore de sortie sur le même sujet des retraites. Au printemps 2006, c’est contre le CPE que la France marche, avec deux temps forts : les manifestations du 28 mars puis du 4 avril réunissent entre 1 et 3 millions de personnes.

Mettons de côté les chiffres des syndicats et bornons nous à regarder ceux que donnait alors le ministère de l’Intérieur, que Luc Chatel devrait être moins enclin à ­contester.

Le 28 mars 2006, avant-dernière grosse manifestation ­anti-CPE, la police comptabilisait 1 055 000 personnes dans les rues, dont 92 000 à ­Paris. Une semaine plus tard, le 4 avril, 1 028 000 personnes ­défilent dans toute la France, dont 84 000 à ­Paris. N’en déplaise au porte-parole du gouvernement, c’est moins que ce que les calculettes de la police ont compté jeudi : 1080000 manifestants dans toute la France et 1015 000 pour la seule province.

En se fiant toujours au décompte de la police, la manifestation de jeudi est aussi plus importante que celle du 12 décembre 1995 (contre le projet de réforme des retraites) : les services du ministère de l’Intérieur avaient alors compté 1 035 000 manifestants.

En fait, si l’on se plonge dans la liste des grognes populaires les plus mémorables des quarante dernières années, on n’en trouve qu’une qui ait mobilisé davantage, selon le chiffrage de la police, que celle de jeudi : il s’agit du défilé public-privé du 13 mai 2003 contre le projet de réforme des retraites. Ce jour-là, la police avait compté 1,1 million de marcheurs, soit seulement… 20 000 de plus que celle d’avant-hier.

Ajoutons que lors de la journée de jeudi, des records absolus ont été battus localement , que l’on se fie aux chiffres de la policeou des syndicats : c’est le cas à Clermont-Ferrand (de 25 000 à 60 000 selon les sources), Tarbes (16 000 selon la police) ou Montpellier (entre 30 000 et 40 000). A Toulouse (de 56 000 à 90 000), Bordeaux (de 34 000 à 90 000) ou Lyon (20 000 à 53 000) les sommets historiques de mai 2003 ont été égalés.

 



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