Actions des universitaires

Article Libe.fr

«On ne lâchera rien, l’université est en danger de mort»

REPORTAGE

A Paris, les étudiants étaient nombreux jeudi après-midi pour soutenir les enseignants-chercheurs. Avec un mot d’ordre: «continuons à faire du bruit, la ministre va craquer.»

MARIE PIQUEMAL

A Paris, le cortège est parti jeudi de Place d'Italie.

A Paris, le cortège est parti jeudi de Place d’Italie. (DR)

Ils gardent le sourire, convaincus que Valérie Pécresse va «finir par céder». Après trois semaines de grève, les chercheurs étaient une nouvelle fois dans la rue jeudi après-midi. A Paris, ils étaient entre 15.000 et 30.000 manifestants.

En tête de cortège, les enseignants-chercheurs, plutôt calmes, mais toujours aussi déterminés: «On ne lâchera pas. L’université est en danger de mort».

Plus remuants à l’arrière, les étudiants – particulièrement nombreux et «ultra motivés» – sont prêts à tout pour faire craquer la ministre Valérie Pécresse. Trompettes, banderoles géantes, cercueil en carton symbolisant la mort de l’université publique, ils ont sorti le grand jeu.

Au bout des classiques manches à balai, et autres bouts de bois, on lit des : «I fac you», «Pécresse, on t’emmerde», «On cherche, tu nous trouves», « décret hors sujet». Au dessus des têtes, la photo de Pasteur barrée d’un gros «la Rage». Aperçues aussi: des boîtes en fer de bonbons Quality street utilisées comme tambour (très efficace). Plus poétique, les élèves en musicologie entonnent un «Mon amant de Saint-Jean» à l’accordéon.

«C’est quoi déjà, leurs revendications ?»

Sur le bas-côté, Marie, une jolie brunette en BEP mode, regarde passer le cortège : «Franchement, je n’ai pas encore compris pourquoi les universitaires sont en colère… C’est quoi, déjà, leurs revendications ?»

Manteau marron plutôt classe, Patricia Attigei, professeur de psychopathologie depuis 15 ans à Nanterre, se lance:  «1) D’abord, on veut le retrait de la réforme sur le statut des enseignants-chercheurs et celle sur la formation des profs. 2) Ensuite, on proteste contre la loi sur l’autonomie des universités qui va se traduire par la privatisation de l’enseignement».

A côté d’elle, Michel Imberty, ancien président de l’université de Paris X Nanterre, renchérit: «L’autonomie, c’est pas nouveau. Cela fait un moment que l’on en entend parler. Sur la papier, on n’a rien contre. Mais, en pratique, les moyens ne suivent pas. Le président d’université se retrouve avec une enveloppe d’un montant insignifiant et s’entend dire: maintenant débrouillez-vous !». Aujourd’hui à la retraite, il avoue: «c’est la première fois depuis 1973 que je descends dans la rue pour protester. C’est pour dire!»

Une banderole plus loin, Anne et Karell, profs de chimie à Orsay, s’inquiètent de «la flambée des frais d’inscription qu’entraînera à coup sûr la nouvelle loi sur l’autonomie. D’ailleurs, les parents d’élèves devraient soutenir notre mouvement, rien que pour ça».

«Avant enseignant-chercheur, c’était le boulot de rêve. Maintenant, on n’a plus trop envie de le devenir» soupire Cécile, 25 ans, une toque en papier «Cerveaux prêts à fuir» sur la tête. Doctorante à la fac de psychologie de Nanterre, elle maintient: «L’université a besoin d’être réformée. On est tous d’accord là-dessus. Mais, il ne faut pas faire les choses n’importe comment dans la précipitation…. Comme fait Pécresse. On a plein d’idées, encore faut-il qu’elle nous écoute.»

 

 

Article Nouvel Obs.com

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Universités : 15.000 à 30.000 manifestants à Paris

NOUVELOBS.COM | 19.02.2009 | 18:02


Les présidents d’universités ont réclamé, de leur côté, au gouvernement une série d’engagements nécessaires à une « sortie de crise ».

Manifestation d'enseignants (Reuters)

Manifestation d’enseignants (Reuters)

Entre 15.000 personnes, selon la police, et 30.000, selon les organisateurs, ont manifesté à Paris, jeudi 19 février, contre les réformes dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation. Cette nouvelle journée de manifestation s’inscrit dans la mobilisation qui dure depuis trois semaines dans le milieu universitaire. Une vingtaine de manifestations étaient prévues dans les grandes villes de France.
A Paris, enseignants-chercheurs et étudiants, ont commencé à défiler peu après 15h. Les manifestants sont partis de l’avenue des Gobelins, dans le XIIIe arrondissement, en direction de Sèvres-Babylone. Ils ont répondu à l’appel de la coordination nationale des universités et d’une large intersyndicale – FSU, CGT, FO, Solidaires, Sauvons l’université, Sauvons la recherche, Unef -, rejointes par l’Unsa-Education et AutonomeSup.
Le SNUipp-FSU, principal syndicat des professeurs des écoles, appelait aussi à manifester, même si les enseignants des zones A et C sont en vacances.

De 2.000 à 5.000 manifestants à Marseille

A Marseille, plusieurs milliers d’universitaires et étudiants ont également défilé jeudi. Ils étaient 5.000 selon les organisateurs, 2.000 selon la police. Le défilé a parcouru le centre-ville marseillais, depuis les escaliers de la gare Saint-Charles jusqu’à la préfecture de région, dans le centre de la ville. 4.000 personnes ont manifesté à Strasbourg, selon le Snesup.
Objectifs des organisateurs : le retrait des réformes du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des enseignants, le rétablissement des postes supprimés dans le supérieur et le refus du démantèlement des grands organismes de recherche.
Lors de la précédente journée de mobilisation, le 10 février, entre 43.000 et 100.000 personnes, selon les sources, avaient défilé partout en France.

Appel à l’arrêt des suppressions de postes

La Conférence des présidents d’universités (CPU) a, de son côté, réclamé jeudi au gouvernement une série d’engagements nécessaires à une « sortie de crise ».
Les présidents ont exigé le rétablissement des 450 emplois supprimés dans les universités et ont demander au gouvernement de s’engager à ne pas en supprimer jusqu’en 2012. Ils ont également réclamé « des réponses claires avant le 5 mars » sur plusieurs points de la réforme de la formation des enseignants, et demandé d’ici là de suspendre la transmission au pouvoir des projets de masters liés à cette réforme.
En outre, la CPU a réclamé « des moyens humains supplémentaires, selon une programmation pluriannuelle » pour que les universités puissent faire face à leurs missions, y compris les nouvelles, a déclaré son président, Lionel Collet.

900 postes en moins en 2009

Le gouvernement a prévu 900 suppressions de postes dans le supérieur et la recherche en 2009, dont 450 dans les universités, selon Lionel Collet.
Interrogé sur le nombre exact d’universités en grève, il a dit ne pas être capable de l’estimer, d’autant que des départements d’un même établissement peuvent être en grève et d’autres non. Mais les présidents des 83 universités du pays étaient présents jeudi à la réunion plénière de la CPU et « personne » n’a dit que « ça se passe très bien » dans son établissement, a expliqué Lionel Collet.

Pécresse annonce un nouveau texte pour bientôt

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse a, pour sa part, affirmé jeudi au Sénat que la médiatrice sur le statut des enseignants-chercheurs lui proposerait « un nouveau texte dans les semaines qui viennent ».
Valérie Pécresse a assuré qu’elle avait « toujours mis son action sous le signe du dialogue ».
Elle a expliqué que la médiatrice Claire Bazy-Malaurie « avait pour mission de lever tous les malentendus dans la communauté universitaire et de (lui) proposer un nouveau texte dans les semaines qui viennent ».
Pour apaiser les enseignants-chercheurs qui craignent que leur indépendance soit remise en cause par cette réforme, Valérie Pécresse a affirmé que « le principe de l’indépendance des enseignants-chercheurs (en) sera la pierre angulaire ».
S’agissant de leur évaluation, elle a assuré qu’elle serait « nationale » et « faite par leurs pairs ». « Non », a-t-elle poursuivi, « il n’y aura pas d’évaluation locale par les présidents d’université ».
Quant à la réforme de la formation des enseignants des écoles, collèges et lycées, le ministre de l’Education Xavier Darcos a de nouveau refusé mardi de la reporter d’un an, comme le demandent la plupart de ses détracteurs, présidents d’université compris.

 

 

Article Le Monde.fr

 

Deux cents étudiants occupent un amphithéâtre de la Sorbonne

 

Des étudiants de la Sorbonne ont manifesté jeudi 19 février contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

AP/REMY DE LA MAUVINIERE

 

 

Des étudiants de la Sorbonne ont manifesté jeudi 19 février contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

 

Entre 200 et 250 étudiants, qui ont manifesté à Paris, occupent un amphithéâtre de la Sorbonne pour critiquer les réformes du gouvernement, et des forces de l’ordre se sont postées autour de l’université, a-t-on appris jeudi 19 février de sources concordantes. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour les évacuer, n’ayant pas reçu de demande du rectorat, a-t-on précisé à la préfecture.

« Deux cent cinquante étudiants occupent l’amphithéâtre Turgot », a indiqué le vice-président étudiant de l’université Paris-IV Sorbonne, Maxime Lonlas. « Ce qui est en train de se passer, c’est le début d’une radicalisation car le gouvernement ne nous écoute pas », a-t-il ajouté.

Ces étudiants ont fait irruption dans les locaux de l’université à l’issue de la manifestation contre les réformes du gouvernement dans l’enseignement et la recherche, notamment celles du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des enseignants et les suppressions de postes, qui a réuni entre 15 000 et 30 000 personnes dans l’après-midi à Paris.

 

Article Le Figaro.fr

Universitaires et étudiants
maintiennent la pression

B.H. (lefigaro.fr) avec agences
19/02/2009 |
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Entre 32.000 et 53.000 étudiants et enseignants-chercheurs ont manifesté jeudi, comme ici à Lille, où un cortège d'environ 2.000 personnes a déambulé dans le centre-ville. Crédit photo : AFP.
Entre 32.000 et 53.000 étudiants et enseignants-chercheurs ont manifesté jeudi, comme ici à Lille, où un cortège d’environ 2.000 personnes a déambulé dans le centre-ville. Crédit photo : AFP.

Valérie Pécresse a tenté de rassurer les milliers d’étudiants et d’enseignants-chercheurs qui ont de nouveau manifesté jeudi, en annonçant qu’un nouveau texte de réforme serait proposé dans les prochaines semaines.

Actions des universitaires dans Actualités coeur-En dépit des vacances d’hiver pour deux des trois zones scolaires, entre 32.000 et 53.000 étudiants et universitaires ont à nouveau manifesté dans plusieurs villes de France jeudi, notamment contre la réforme du statut d’enseignant-chercheur et les suppressions de postes dans les universités. Selon les premiers chiffres recueillis par lefigaro.fr, ils étaient entre 15.000 et 30.000 à Paris, environ 4.000 à Marseille et à Strasbourg, 3.000 à Bordeaux, 2.000 à Lille, 1.250 à Poitiers, 1.000 à Lyon, à Besançon, à Rouen ou encore à Toulouse, 700 à Tours, 550 à Boulogne-sur-Mer, 500 à Caen, à Limoges et à Valenciennes, 400 à Dijon, 200 à Dunkerque, 150 à Pau et à Châteauroux… Le 10 février, entre 43.000 et 100.000 personnes, selon les sources, avaient défilé partout en France.

Un peu plus tard dans la soirée, entre 200 et 250 étudiants occupaient un amphithéâtre de la Sorbonne à la suite des manifestations. Des forces de l’ordre se sont postées autour de l’université. «Ce qui est en train de se passer, c’est le début d’une radicalisation car le gouvernement ne nous écoute pas», a lancé le vice président étudiant.

Alors que la mobilisation dure depuis trois semaines, Valérie Robert, de Sauvons l’université, a jugé «l’état d’esprit toujours très combatif». «La mobilisation est en train de partir très très fort», a insisté Isabelle Thys Saint-Jean, présidente de Sauvons la recherche, en précisant que «les laboratoires se déclarent labos en lutte ou labos morts.» «Il y a une vraie déception» après les propositions du chef de l’Etat mercredi, a pour sa part commenté le président de l’Unef Jean-Baptiste Prévost. «On a le sentiment que Nicolas Sarkozy est un peu débordé, à la fois par la crise et par la demande sociale. On maintient un niveau de mobilisation assez fort», a-t-il ajouté.

L’appel à la mobilisation émanait de la coordination nationale des universités et d’une large intersyndicale (FSU, CGT, FO, Solidaires, Sauvons l’université, Sauvons la recherche, Unef), rejointes par l’Unsa-Education et AutonomeSup.

Objectifs des organisateurs : le retrait de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, le retrait de celle de la formation des enseignants, le rétablissement des postes supprimés dans le supérieur et le refus du démantèlement des grands organismes de recherche.

 

Pécresse : «un nouveau texte»

De leur côté, les présidents d’universités sont sortis de façon collective de leur relative neutralité habituelle, pour réclamer au gouvernement le rétablissement des 450 postes supprimés dans les facultés au titre du budget 2009, et de l’engagement à ne pas en supprimer jusqu’en 2012. Deux conditions nécessaires à une «sortie de crise», estime la Conférence des présidents d’universités (CPU).

Pour la première fois depuis le début du mouvement, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a affirmé jeudi après-midi devant les sénateurs qu’un nouveau texte serait proposé «dans les semaines qui viennent». Il ne s’agit donc plus seulement d’une amélioration du texte existant. La ministre a affirmé que «le principe de l’indépendance des enseignants-chercheurs sera la pierre angulaire» du nouveau texte, élaboré par la médiatrice Claire Bazy-Malaurie. Enfin, s’agissant du deuxième point de blocage, leur évaluation, elle a assuré qu’elle serait «nationale» et «faite par leurs pairs». «Non, a-t-elle poursuivi, il n’y aura pas d’évaluation locale par les présidents d’université.»

 

 

 

 



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