Enseignants-chercheurs : le gouvernement « confiant » sur l’issue du conflit

Article Le Monde.fr

Après sept heures de discussions, le SGEN-CFDT, l’Autonome Sup et Sup-Recherche (UNSA) se disaient satisfaits. Les trois syndicats d’enseignants-chercheurs avaient répondu favorablement vendredi 27 février à l’invitation à discuter lancée par la ministre de l’enseignement supérieur. En abordant non seulement le décret qui réforme le statut des enseignants-chercheurs, mais aussi toutes les questions controversées comme la « gouvernance » liée à l’autonomie des universités ou la formation des maîtres, « Valérie Pécresse tente véritablement de renouer le dialogue », estime Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT.

 

Mardi 3 mars, une nouvelle rencontre est prévue pour réécrire le décret. Les trois syndicats présents (45 % des voix aux élections professionnelles) se sont accordés sur une « liste de principes ». L’évaluation sera « nationale » et assurée « par les pairs » au sein du Conseil national des universités. La modulation de service (autrement dit la répartition du travail d’un enseignant-chercheur entre différents types d’activité) « ne pourra pas être mise en oeuvre sans l’accord de l’intéressé » et « s’envisage dans le cadre d’un projet collectif ». Un « référentiel national » fixant les équivalences entre types d’activités, « s’imposera aux établissements » pour garantir une égalité de traitement. « L’équilibre » sera recherché entre les niveaux national et local dans l’attribution des promotions.

« VÉRITABLE RISQUE »

L’absence à ces discussions du Snesup-FSU, syndicat majoritaire (39,67 %) des enseignants-chercheurs, en compromet-elle le résultat ? C’est « un véritable risque », reconnaît un syndicaliste, se réjouissant néanmoins d’avoir évité « les grands discours ». Le Snesup, au sein duquel un débat houleux a opposé partisans et adversaires de la présence aux négociations, pourrait toutefois être reçu séparément, a indiqué vendredi une source gouvernementale.

Une autre absence, celles des « collectifs » que sont « Sauvons l’université » (SLU) et « Sauvons la recherche » (SLR), fragilise les discussions. Ces associations pensent que les conditions ne sont pas réunies pour une « vraie » négociation. Ne comptant que quelques centaines d’adhérents, elles ont pourtant prouvé leur influence sur le cours des événements. SLU, née d’une tribune publiée en novembre 2007 par Le Monde a popularisé avec succès l’idée que la loi sur l’autonomie des universités portait en elle un danger de « destruction du fonctionnement collégial des universités ». SLU rappelle aussi avoir « lancé toute seule », en septembre, la contestation universitaire contre la réforme Darcos de la formation des professeurs du primaire et du secondaire (la « mastérisation »).

Sur ce dossier-là, pourtant, « il n’y aura aucun geste supplémentaire », affirmait-on vendredi soir dans l’entourage du premier ministre, au risque de doucher les syndicats négociateurs. Ces derniers, après leur rencontre avec Valérie Pécresse, attendent en effet dans les jours à venir de nouvelles propositions sur un temps de formation en alternance postérieure aux concours d’enseignement.

A Matignon, où l’on se déclare « assez confiant », l’idée prévaut que, passées les prochaines manifestations prévues le 5 mars, le climat pourrait bien être à l’apaisement. »

Luc Cédelle, Benoît Floc’h, et Philippe Jacqué

 



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