SOMMET SOCIAL : Les syndicats confirment la mobilisation du 19 mars

Article Nouvel Obs.com

Les représentants de CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, FSU, UNSA et Solidaires appellent à des grèves et des manifestations dans tout le pays.

Dans le cortège de la manifestation du 29 janvier à Paris 

Dans le cortège de la manifestation du 29 janvier à Paris

(c) Reuters

Les huit syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa (autonomes) et Solidaires (dont syndicats Sud), qui se sont réunis lundi 23 février, ont confirmé la tenue de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars.
L’intersyndicale « confirme la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars 2009 qui donnera lieu à des grèves et des manifestations dans tout le pays », ont annoncé les huit confédérations, dans une déclaration commune, à l’issue de la réunion.

Faire aussi bien que le 29 janvier

Comme pour le 29 janvier dernier, les revendications restent les mêmes : défense des salaires, du pouvoir d’achat, de l’emploi et des services publics face à la crise.
Les syndicats auront un impératif pour cette journée : mobiliser au moins autant de monde que le 29 janvier, jour où les manifestations avaient rassemblé entre 1 et 2,5 millions de personnes, selon les sources. (Avec AP)

 

 

Article Libé.fr

 

Grèves et manifs le 19 mars: le rendez-vous est confirmé

L’intersyndicale «confirme la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars 2009 qui donnera lieu à des grèves et des manifestations dans tout le pays».

Les huit syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa (autonomes) et Solidaires (dont syndicats Sud), qui se sont réunis lundi, ont confirmé la tenue de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars.

L’intersyndicale «confirme la journée de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars 2009 qui donnera lieu à des grèves et des manifestations dans tout le pays», ont annoncé les huit confédérations, dans une déclaration commune, à l’issue de la réunion, intitulée «appel du 19 mars 2009».

Selon eux, le sommet social n’a conduit qu’à «une légère inflexion sociale» au plan de relance gouvernemental. «Les mesures sont trop parcellaires pour modifier le cap économique», ont-ils jugé.

Les syndicats ont également noté le refus d’augmentation du Smic, de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires et de changement de politique dans la Fonction publique où 30.000 suppressions de postes sont prévues pour 2009. S’y ajoute, ont-ils déploré, «l’attitude dogmatique du patronat».

Une nouvelle réunion intersyndicale est d’ores et déjà prévue, le 20 mars au matin, dès le lendemain de la journée de mobilisation.

La première grande mobilisation interprofessionnelle, le 29 janvier, à l’appel des huit confédérations, avaient réuni entre un et 2,5 million de manifestants, selon les sources.

(Source AFP)

 

 



Pour 2 Français sur 3, les suppressions de postes affaiblissent l’Education (sondage)

PARIS, 19 février 2009 (AFP)

Près de deux Français sur trois (63%) estiment que les suppressions de postes annoncées dans l’Education nationale « affaiblissent le système éducatif », selon un sondage Ifop pour le mensuel Acteurs Publics rendu public jeudi.
Seuls 36% se déclarent en désaccord avec cet énoncé. En outre, 68% récusent l’argument du gouvernement selon lequel ces suppressions permettraient de « dégager des fonds pour améliorer la rémunération et les conditions de travail des enseignants », contre 31% de l’avis opposé.
Malgré la netteté du rejet des suppressions de postes, l’enquête relève « un net clivage générationnel au sein de la population », les moins de 25 ans y étant massivement hostiles, ainsi qu’à la justification par la revalorisation des enseignants, alors que les plus de 65 ans se montrent beaucoup plus réservés sur ces questions.
Par ailleurs, la principale mission de l’école est de « transmettre à chacun les savoirs fondamentaux et une bonne culture générale » pour 40% des personnes interrogées, « permettre à chacun de trouver un emploi à la fin de sa scolarité » (26%), « assurer l’égalité des chances entre les élèves » (19%), « l’apprentissage de la citoyenneté et de la vie en société » (11%) et « favoriser l?épanouissement personnel » (4%).

La décision du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos de reporter d’un an l’entrée en vigueur de la réforme du lycée à la suite des manifestations de lycéens divise l’opinion, selon cette étude: 47% l’approuvent et 50% la désapprouvent.

Ce sondage a été réalisé par téléphone au domicile des personnes interrogées les 12 et 13 février, auprès d’un échantillon national de 952 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.



Actions des universitaires

Article Libe.fr

«On ne lâchera rien, l’université est en danger de mort»

REPORTAGE

A Paris, les étudiants étaient nombreux jeudi après-midi pour soutenir les enseignants-chercheurs. Avec un mot d’ordre: «continuons à faire du bruit, la ministre va craquer.»

MARIE PIQUEMAL

A Paris, le cortège est parti jeudi de Place d'Italie.

A Paris, le cortège est parti jeudi de Place d’Italie. (DR)

Ils gardent le sourire, convaincus que Valérie Pécresse va «finir par céder». Après trois semaines de grève, les chercheurs étaient une nouvelle fois dans la rue jeudi après-midi. A Paris, ils étaient entre 15.000 et 30.000 manifestants.

En tête de cortège, les enseignants-chercheurs, plutôt calmes, mais toujours aussi déterminés: «On ne lâchera pas. L’université est en danger de mort».

Plus remuants à l’arrière, les étudiants – particulièrement nombreux et «ultra motivés» – sont prêts à tout pour faire craquer la ministre Valérie Pécresse. Trompettes, banderoles géantes, cercueil en carton symbolisant la mort de l’université publique, ils ont sorti le grand jeu.

Au bout des classiques manches à balai, et autres bouts de bois, on lit des : «I fac you», «Pécresse, on t’emmerde», «On cherche, tu nous trouves», « décret hors sujet». Au dessus des têtes, la photo de Pasteur barrée d’un gros «la Rage». Aperçues aussi: des boîtes en fer de bonbons Quality street utilisées comme tambour (très efficace). Plus poétique, les élèves en musicologie entonnent un «Mon amant de Saint-Jean» à l’accordéon.

«C’est quoi déjà, leurs revendications ?»

Sur le bas-côté, Marie, une jolie brunette en BEP mode, regarde passer le cortège : «Franchement, je n’ai pas encore compris pourquoi les universitaires sont en colère… C’est quoi, déjà, leurs revendications ?»

Manteau marron plutôt classe, Patricia Attigei, professeur de psychopathologie depuis 15 ans à Nanterre, se lance:  «1) D’abord, on veut le retrait de la réforme sur le statut des enseignants-chercheurs et celle sur la formation des profs. 2) Ensuite, on proteste contre la loi sur l’autonomie des universités qui va se traduire par la privatisation de l’enseignement».

A côté d’elle, Michel Imberty, ancien président de l’université de Paris X Nanterre, renchérit: «L’autonomie, c’est pas nouveau. Cela fait un moment que l’on en entend parler. Sur la papier, on n’a rien contre. Mais, en pratique, les moyens ne suivent pas. Le président d’université se retrouve avec une enveloppe d’un montant insignifiant et s’entend dire: maintenant débrouillez-vous !». Aujourd’hui à la retraite, il avoue: «c’est la première fois depuis 1973 que je descends dans la rue pour protester. C’est pour dire!»

Une banderole plus loin, Anne et Karell, profs de chimie à Orsay, s’inquiètent de «la flambée des frais d’inscription qu’entraînera à coup sûr la nouvelle loi sur l’autonomie. D’ailleurs, les parents d’élèves devraient soutenir notre mouvement, rien que pour ça».

«Avant enseignant-chercheur, c’était le boulot de rêve. Maintenant, on n’a plus trop envie de le devenir» soupire Cécile, 25 ans, une toque en papier «Cerveaux prêts à fuir» sur la tête. Doctorante à la fac de psychologie de Nanterre, elle maintient: «L’université a besoin d’être réformée. On est tous d’accord là-dessus. Mais, il ne faut pas faire les choses n’importe comment dans la précipitation…. Comme fait Pécresse. On a plein d’idées, encore faut-il qu’elle nous écoute.»

 

 

Article Nouvel Obs.com

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Universités : 15.000 à 30.000 manifestants à Paris

NOUVELOBS.COM | 19.02.2009 | 18:02


Les présidents d’universités ont réclamé, de leur côté, au gouvernement une série d’engagements nécessaires à une « sortie de crise ».

Manifestation d'enseignants (Reuters)

Manifestation d’enseignants (Reuters)

Entre 15.000 personnes, selon la police, et 30.000, selon les organisateurs, ont manifesté à Paris, jeudi 19 février, contre les réformes dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation. Cette nouvelle journée de manifestation s’inscrit dans la mobilisation qui dure depuis trois semaines dans le milieu universitaire. Une vingtaine de manifestations étaient prévues dans les grandes villes de France.
A Paris, enseignants-chercheurs et étudiants, ont commencé à défiler peu après 15h. Les manifestants sont partis de l’avenue des Gobelins, dans le XIIIe arrondissement, en direction de Sèvres-Babylone. Ils ont répondu à l’appel de la coordination nationale des universités et d’une large intersyndicale – FSU, CGT, FO, Solidaires, Sauvons l’université, Sauvons la recherche, Unef -, rejointes par l’Unsa-Education et AutonomeSup.
Le SNUipp-FSU, principal syndicat des professeurs des écoles, appelait aussi à manifester, même si les enseignants des zones A et C sont en vacances.

De 2.000 à 5.000 manifestants à Marseille

A Marseille, plusieurs milliers d’universitaires et étudiants ont également défilé jeudi. Ils étaient 5.000 selon les organisateurs, 2.000 selon la police. Le défilé a parcouru le centre-ville marseillais, depuis les escaliers de la gare Saint-Charles jusqu’à la préfecture de région, dans le centre de la ville. 4.000 personnes ont manifesté à Strasbourg, selon le Snesup.
Objectifs des organisateurs : le retrait des réformes du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des enseignants, le rétablissement des postes supprimés dans le supérieur et le refus du démantèlement des grands organismes de recherche.
Lors de la précédente journée de mobilisation, le 10 février, entre 43.000 et 100.000 personnes, selon les sources, avaient défilé partout en France.

Appel à l’arrêt des suppressions de postes

La Conférence des présidents d’universités (CPU) a, de son côté, réclamé jeudi au gouvernement une série d’engagements nécessaires à une « sortie de crise ».
Les présidents ont exigé le rétablissement des 450 emplois supprimés dans les universités et ont demander au gouvernement de s’engager à ne pas en supprimer jusqu’en 2012. Ils ont également réclamé « des réponses claires avant le 5 mars » sur plusieurs points de la réforme de la formation des enseignants, et demandé d’ici là de suspendre la transmission au pouvoir des projets de masters liés à cette réforme.
En outre, la CPU a réclamé « des moyens humains supplémentaires, selon une programmation pluriannuelle » pour que les universités puissent faire face à leurs missions, y compris les nouvelles, a déclaré son président, Lionel Collet.

900 postes en moins en 2009

Le gouvernement a prévu 900 suppressions de postes dans le supérieur et la recherche en 2009, dont 450 dans les universités, selon Lionel Collet.
Interrogé sur le nombre exact d’universités en grève, il a dit ne pas être capable de l’estimer, d’autant que des départements d’un même établissement peuvent être en grève et d’autres non. Mais les présidents des 83 universités du pays étaient présents jeudi à la réunion plénière de la CPU et « personne » n’a dit que « ça se passe très bien » dans son établissement, a expliqué Lionel Collet.

Pécresse annonce un nouveau texte pour bientôt

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse a, pour sa part, affirmé jeudi au Sénat que la médiatrice sur le statut des enseignants-chercheurs lui proposerait « un nouveau texte dans les semaines qui viennent ».
Valérie Pécresse a assuré qu’elle avait « toujours mis son action sous le signe du dialogue ».
Elle a expliqué que la médiatrice Claire Bazy-Malaurie « avait pour mission de lever tous les malentendus dans la communauté universitaire et de (lui) proposer un nouveau texte dans les semaines qui viennent ».
Pour apaiser les enseignants-chercheurs qui craignent que leur indépendance soit remise en cause par cette réforme, Valérie Pécresse a affirmé que « le principe de l’indépendance des enseignants-chercheurs (en) sera la pierre angulaire ».
S’agissant de leur évaluation, elle a assuré qu’elle serait « nationale » et « faite par leurs pairs ». « Non », a-t-elle poursuivi, « il n’y aura pas d’évaluation locale par les présidents d’université ».
Quant à la réforme de la formation des enseignants des écoles, collèges et lycées, le ministre de l’Education Xavier Darcos a de nouveau refusé mardi de la reporter d’un an, comme le demandent la plupart de ses détracteurs, présidents d’université compris.

 

 

Article Le Monde.fr

 

Deux cents étudiants occupent un amphithéâtre de la Sorbonne

 

Des étudiants de la Sorbonne ont manifesté jeudi 19 février contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

AP/REMY DE LA MAUVINIERE

 

 

Des étudiants de la Sorbonne ont manifesté jeudi 19 février contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs.

 

Entre 200 et 250 étudiants, qui ont manifesté à Paris, occupent un amphithéâtre de la Sorbonne pour critiquer les réformes du gouvernement, et des forces de l’ordre se sont postées autour de l’université, a-t-on appris jeudi 19 février de sources concordantes. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour les évacuer, n’ayant pas reçu de demande du rectorat, a-t-on précisé à la préfecture.

« Deux cent cinquante étudiants occupent l’amphithéâtre Turgot », a indiqué le vice-président étudiant de l’université Paris-IV Sorbonne, Maxime Lonlas. « Ce qui est en train de se passer, c’est le début d’une radicalisation car le gouvernement ne nous écoute pas », a-t-il ajouté.

Ces étudiants ont fait irruption dans les locaux de l’université à l’issue de la manifestation contre les réformes du gouvernement dans l’enseignement et la recherche, notamment celles du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des enseignants et les suppressions de postes, qui a réuni entre 15 000 et 30 000 personnes dans l’après-midi à Paris.

 

Article Le Figaro.fr

Universitaires et étudiants
maintiennent la pression

B.H. (lefigaro.fr) avec agences
19/02/2009 |
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Entre 32.000 et 53.000 étudiants et enseignants-chercheurs ont manifesté jeudi, comme ici à Lille, où un cortège d'environ 2.000 personnes a déambulé dans le centre-ville. Crédit photo : AFP.
Entre 32.000 et 53.000 étudiants et enseignants-chercheurs ont manifesté jeudi, comme ici à Lille, où un cortège d’environ 2.000 personnes a déambulé dans le centre-ville. Crédit photo : AFP.

Valérie Pécresse a tenté de rassurer les milliers d’étudiants et d’enseignants-chercheurs qui ont de nouveau manifesté jeudi, en annonçant qu’un nouveau texte de réforme serait proposé dans les prochaines semaines.

Actions des universitaires dans Actualités coeur-En dépit des vacances d’hiver pour deux des trois zones scolaires, entre 32.000 et 53.000 étudiants et universitaires ont à nouveau manifesté dans plusieurs villes de France jeudi, notamment contre la réforme du statut d’enseignant-chercheur et les suppressions de postes dans les universités. Selon les premiers chiffres recueillis par lefigaro.fr, ils étaient entre 15.000 et 30.000 à Paris, environ 4.000 à Marseille et à Strasbourg, 3.000 à Bordeaux, 2.000 à Lille, 1.250 à Poitiers, 1.000 à Lyon, à Besançon, à Rouen ou encore à Toulouse, 700 à Tours, 550 à Boulogne-sur-Mer, 500 à Caen, à Limoges et à Valenciennes, 400 à Dijon, 200 à Dunkerque, 150 à Pau et à Châteauroux… Le 10 février, entre 43.000 et 100.000 personnes, selon les sources, avaient défilé partout en France.

Un peu plus tard dans la soirée, entre 200 et 250 étudiants occupaient un amphithéâtre de la Sorbonne à la suite des manifestations. Des forces de l’ordre se sont postées autour de l’université. «Ce qui est en train de se passer, c’est le début d’une radicalisation car le gouvernement ne nous écoute pas», a lancé le vice président étudiant.

Alors que la mobilisation dure depuis trois semaines, Valérie Robert, de Sauvons l’université, a jugé «l’état d’esprit toujours très combatif». «La mobilisation est en train de partir très très fort», a insisté Isabelle Thys Saint-Jean, présidente de Sauvons la recherche, en précisant que «les laboratoires se déclarent labos en lutte ou labos morts.» «Il y a une vraie déception» après les propositions du chef de l’Etat mercredi, a pour sa part commenté le président de l’Unef Jean-Baptiste Prévost. «On a le sentiment que Nicolas Sarkozy est un peu débordé, à la fois par la crise et par la demande sociale. On maintient un niveau de mobilisation assez fort», a-t-il ajouté.

L’appel à la mobilisation émanait de la coordination nationale des universités et d’une large intersyndicale (FSU, CGT, FO, Solidaires, Sauvons l’université, Sauvons la recherche, Unef), rejointes par l’Unsa-Education et AutonomeSup.

Objectifs des organisateurs : le retrait de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, le retrait de celle de la formation des enseignants, le rétablissement des postes supprimés dans le supérieur et le refus du démantèlement des grands organismes de recherche.

 

Pécresse : «un nouveau texte»

De leur côté, les présidents d’universités sont sortis de façon collective de leur relative neutralité habituelle, pour réclamer au gouvernement le rétablissement des 450 postes supprimés dans les facultés au titre du budget 2009, et de l’engagement à ne pas en supprimer jusqu’en 2012. Deux conditions nécessaires à une «sortie de crise», estime la Conférence des présidents d’universités (CPU).

Pour la première fois depuis le début du mouvement, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a affirmé jeudi après-midi devant les sénateurs qu’un nouveau texte serait proposé «dans les semaines qui viennent». Il ne s’agit donc plus seulement d’une amélioration du texte existant. La ministre a affirmé que «le principe de l’indépendance des enseignants-chercheurs sera la pierre angulaire» du nouveau texte, élaboré par la médiatrice Claire Bazy-Malaurie. Enfin, s’agissant du deuxième point de blocage, leur évaluation, elle a assuré qu’elle serait «nationale» et «faite par leurs pairs». «Non, a-t-elle poursuivi, il n’y aura pas d’évaluation locale par les présidents d’université.»

 

 

 

 



Appel à manifester le jeudi 19 février

La coordination nationale des universités réunie mercredi 11 février à Paris-VIII, à Saint-Denis a appelé à une journée nationale de manifestations dans toute la France le jeudi 19 février. Les enseignants des premier et second degrés sont également appelés à rejoindre le mouvement des enseignants-chercheurs.

Dans la lignée de ce qui a été dit lors de l’AG nationale à Paris sur la nécessité des convergences des luttes, il semblerait donc important que les différents collectifs Parents Enseignants soient, dans la mesure du possible, présents dans les différentes manifestations…



Recutement de nouveaux précaires

Au sujet du recrutement de 5000 médiateurs de réussite scolaire.

Ces nouveaux « emplois » sur des bases extrêmement précaires seront censés régler les problèmes d’absentéisme dans nos établissements, là où le manque
cruel d’assistants sociaux est dénoncé depuis plusieurs années.

 

Voici, ci dessous, le texte officiel à télécharger :

Recutement de nouveaux précaires dans Actualités pdf Circulaire médiateurs



2ème APPEL DE L’AG NATIONALE DES COLLECTIFS PARENTS ENSEIGNANTS REUNIE LE 07.02.09 À PARIS

L’assemblée générale nationale des collectifs de parents et enseignants en lutte, réunie pour la deuxième fois le 7 février 2009 à PARIS, réaffirme sa volonté de mobilisation pour la défense et la promotion d’un service public d’éducation de qualité. Ceci passe par le retrait de toutes les réformes qui menacent le service public d’éducation de la maternelle à l’université.
Nous appelons à refuser :
- La suppression de 13500 postes qui dégrade les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

- La suppression des RASED et la mise en place de l’aide personnalisée en dehors du temps scolaire.

- La mise en place d’évaluations nationales destinées à mettre en concurrence les écoles et les établissements.

- La mise en place de structures privées et payantes pour les enfants de deux ans.

- La mise en place des EPEP qui va couper le lien entre écoles, élèves, parents, et renforcer les pressions hiérarchiques.

- Les nouveaux programmes rétrogrades et inadaptés.

- Le recours de plus en plus régulier à des personnels précaires et non formés pour assurer les remplacements et les missions de service public (accompagnement éducatif…) et notamment le Service Minimum d’Accueil.

- La multiplication des heures supplémentaires et des remplacements à l’interne au détriment de l’emploi public et de la qualité de l’enseignement.

- La réforme du lycée qui n’a été que repoussée.

- La suppression du BEP qui va laisser pour compte les élèves les plus fragiles, et la mise en place du Bac Pro en 3 ans qui va dévaloriser le diplôme.

- La suppression des IUFM et la remise en cause de la formation initiale et continue.

- Le fichage systématique des élèves : BASE ELEVES, SCONET…

- La banalisation des interventions policières dans les établissements et la traque des élèves sans papiers.

- La remise en cause du droit de grève et des droits syndicaux.

En préalable à toute discussion, nous exigeons :

- Le retrait de toutes ces mesures qui visent à terme un véritable démantèlement du service public d’éducation.

- La levée des sanctions touchant les personnels, étudiants et lycéens en lutte.

Nous exigeons :

- La création des postes nécessaires à un fonctionnement de qualité du service public d’éducation.

- La prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, spécialisés,et titulaires, avec des mesures pédagogiques adaptées et sur le temps scolaire.

- La titularisation de tous les personnels précaires.

- Une école gratuite et laïque, accessible à tous ceux qui le désirent dès deux ans.

- La préservation de la liberté pédagogique des enseignants.Nous appelons à:

- Un mouvement revendicatif d’ampleur passant par la grève, le blocage, la désobéissance, l’occupation et qui ne cessera qu’au retrait des mesures Darcos.

- Se coordonner dans l’action et les luttes à l’échelle locale par la création de collectifs et de coordinations départementales et, à l’échelle nationale, par le choix de mandatés chargés pour chaque département de faire le lien avec lacoordination nationale (y compris pour recenser les sanctions).

- Organiser le mardi 10 mars une « journée nationale de mobilisation et de grève pour la défense du service public de l’éducation » dans et hors de tous les établissements scolaires : écoles, collèges, lycées, universités… (voir propositions sur le site http://agnationale.org).

- Organiser le mercredi 11 mars des dépôts collectifs de lettres de désobéissance(avec ou sans parrainage d’élus), de lettres de soutien des parents et de motions deconseils d’école devant les inspections académiques.

- Mener des actions régulières dans les établissements scolaires le mardi.

- Interpeller les élus (maires, sénateurs et députés) sur les mesures actuelles sur l’éducation (voir propositions sur le site).

Nous nous adressons aux fédérations syndicales de l’éducation, aux fédérations de parents, aux coordinations étudiantes et lycéennes pour qu’elles soutiennent et portent unitairement les revendications de l’assemblée générale nationale des collectifs de parents et enseignants.
Nous appelons à une nouvelle assemblée générale nationale des collectifs de parents et d’enseignants le samedi 14 mars à MONTPELLIER.

Contact : agnationale@yahoo.fr

Site de regroupement des collectifs : http://www.agnationale.org

2ème APPEL DE L’AG NATIONALE DES COLLECTIFS PARENTS ENSEIGNANTS REUNIE LE 07.02.09 À PARIS dans Collectif éducation pdf appel national 2

pdf dans Collectif éducation CR appel national 2



Communiqué de L’UNL

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L’UNL soutient le mouvement des lycéens de Guillaume Tirel
Les lycéens du lycée technologique et professionnel hôtelier Guillaume Tirel sont depuis le mardi 10 Février dans un mouvement de grève afin de protester contre l’attitude de la direction de l’établissement.

En effet, la direction du lycée Guillaume Tirel, situé dans le XIV arrondissement de Paris est suspectée de détournement de fonds du compte de pourboires du restaurant pédagogique. Ces fonds sont, en temps normal, destinés à l’utilisation exclusive des élèves afin de monter des projets pédagogiques dont les organisateurs sont soit les élus C.V.L du lycée, soit les responsables lycéens du F.S.E (Foyer Socio-Educatif).

A cela s’ajoute le fait que la proviseur a brisé des conventions informelles de stages avec des partenaires privilégiés, qui dataient de 10 ans, notamment Potel et Chabot, traiteur organisateur de la restauration lors du prestigieux tournoi international Roland Garros. Stage réellement profitable aux lycéens qui se voyaient offrir une occasion exceptionnelle d’être initiés au service de grande qualité, dans un cadre scolaire.

Enfin, la proviseur du lycée, applique une politique de répression violente a l’égard des propositions pédagogiques et logistiques qui peuvent être formulées dans divers cadres, qu’elles émanent du corps enseignants ou des élèves.

Alors que le gouvernement s’obstine à continuer les coupes budgétaires dans l’éducation nationale, les proviseurs sont dorénavant contraints d’utiliser les fonds dédiés à la vie lycéenne ? L’UNL continue d’affirmer sont opposition pure et simple a la politique menée actuellement par le gouvernement uniquement basée sur des restrictions budgétaires.

L’Union Nationale Lycéenne, première organisation syndicale lycéenne, exige que la proviseur du lycée Guillaume Tirel s’explique et répare les erreurs commises, tant au niveau du compte pourboires qu’au niveau des conventions de stages.

 

Quand la prévention tourne à la répression

Le 11 Février, au collège d’Arthez-de-Béarn, situé dans les Pyrénées-Atlantiques, des gendarmes, qui devait à l’origine mener une opération de prévention contre les drogues ont fouillé les élèves à l’intérieur même de l’établissement. En plein mouvement étudiant, et plus globalement, de l’ensemble de la communauté éducative, cette nouvelle technique de prévention-répressive confirme le retour en arrière de l’Éducation,
En effet, il paraît inadmissible de laisser les forces de l’ordre intervenir dans un lycée ou un collège dans un but répressif, l’école étant justement le lieu d’apprentissage de la citoyenneté et de la vie en société. Ce n’est pas par ce genre de méthode que l’on évitera la banalisation de la drogue, la répression étant contre-productive. Il est nécessaire, d’une part, de mener de véritables campagnes de prévention, explicant les risques liés à la drogue, et d’autre part, de s’attaquer à la racine du problème qui n’est rien d’autre qu’un véritable malaise de la jeunesse.

L’Éducation à la santé n’est pas la seule a être aujourd’hui attaquée, et c’est la santé de l’ensemble de l’Éducation qui est aujourd’hui au plus bas ! De la maternelle à l’université, le gouvernement, Xavier Darcos et Valéry Pécresse en premier lieu, continue de démanteler le service public d’Éducation gratuit et laïc, avec comme but finale la privatisation du secteur de l’enseignement, ce qui entrainera des disparités entres établissements, et des inégalités fonctions de moyens dont disposent les élèves et leur famille ! Dans l’enseignement supérieur, cette privatisation a déjà largement commencé suite à l’application de la loi LRU. L’UNL ne peut tolérer un tel retour en arrière, et réaffirme son attachement à une Éducation pour tous, pour lequel les lycéens sauront se mobiliser.

C’est pourquoi l’Union Nationale Lycéenne maintient son appel à rejoindre les manifestations étudiantes, et ce dès aujourd’hui ! Par ailleurs, l’UNL condamne très fortement toute intervention policière au sein même des établissements et demande des explications et des excuses de la part du gouvernement.

Lucie Bousser
Présidente de l’Union Nationale Lycéenne

Contacts presse : Lucie Bousser 06 82 66 58 62 ; Antoine Evennou 06 08 91 72 54 ; Pierre Lejeune 06 08 91 72 69



Voici un résumé de nos actions déjà réalisées

Les parents, élèves et enseignants du lycée Charles Gide (Gard) se sont mobilisés à plusieurs reprises, depuis la rentrée, contre les réformes proposées par le gouvernement.

- Les enseignants, soutenus par les parents d’élèves, ont refusé de réaliser la rentrée scolaire « normalement » du 1 au 4 septembre 2008 (voir fichier ci-joint)

Voici un résumé de nos actions déjà réalisées dans Collectif éducation doc actions rentrée

- Les enseignants ont participé à la manifestation nationale du 19 octobre à Paris
- Les enseignants ont suivi massivement la grève du 20 novembre à la hauteur de 80% des effectifs.
- Les élèves, parents et enseignants ont refusé de siéger au Conseil d’Administration du 3 décembre qui a été annulé, le quorum n’étant pas atteint.
- Le collectif a organisé une veillée revendicative, au lycée, le 15 décembre 2008
- Le collectif a organisé une manifestation, dans la ville d’Uzès, le mercredi 17 décembre 2008
- Les élèves ont bloqué de lycée de 8 au 18 décembre 2008, soutenus à 90% par les enseignants
- Les élèves et les enseignants ont massivement manifesté le 18 décembre 2008 à Nîmes, à l’appel de la coordination lycéenne
- Le collectif a organisé une réunion publique sur le thème « l’école en danger » le lundi 26 janvier, à la mairie d’Uzès
- Les enseignants ont suivi massivement la grève générale du 29 janvier 2009 à la hauteur de 70% des effectifs.
- Les enseignants, les élèves et les parents ont manifesté le 29 janvier, le matin à Uzès et l’après midi, à Nîmes

PS : et maintenant ils ont besoin de vacances pour poursuivre la lutte



Les enseignants-chercheurs ont réussi leur journée

Articles Libe.fr
Ils étaient plusieurs milliers à descendre dans la rue jeudi, rejoints par de nombreux étudiants. Du coup, la ministre tente de calmer le jeu, en réunissant la communauté universitaire mercredi 11 février. Le point sur la mobilisation, ville par ville

M.P.

A Strasbourg, les manifestants n'ont pas hésité à chahuté la ministre venue inaugurée la nouvelle université.

A Strasbourg, les manifestants n’ont pas hésité à chahuté la ministre venue inaugurée la nouvelle université. (Reuters)

La tension est montée d’un cran ce jeudi entre le monde universitaire et la ministre de l’Enseignement supérieur. Les enseignants-chercheurs, épaulés par les étudiants, ont fortement manifesté dans plusieurs villes de France, n’hésitant pas au passage à chahuter la ministre.

En visite à la nouvelle Université unique de Strasbourg jeudi matin, Valérie Pécresse a été accueillie à coups de «Pécresse démission !» et autres «Pécresse, fac off». (Lire le récit de cette inauguration sous haute tension sur LibéStrasbourg)

Décidée à «rassurer», la ministre a annoncé qu’elle recevrait le 11 février l’ensemble de la communauté universitaire afin de travailler sur une «charte de bonne conduite» visant à donner des garanties sur la façon dont les présidents d’universités exerceront leurs nouveaux pouvoirs vis-à-vis des enseignants.

Les enseignants…. Et les étudiants

Au quatrième jour de la mobilisation des professeurs d’universités, les étudiants, jusqu’à présent à l’écart du mouvement, ont participé en force aux manifestations dans plusieurs grandes villes de France. Le Snesup, le premier syndicat du supérieur, s’est félicité de cette mobilisation «d’une ampleur exceptionnelle».

A Paris, ils étaient entre 3 600 et 15 000 manifestants dans la rue, venus de différentes universités parisiennes et franciliennes. La manif’ aurait dû se terminer à deux pas du ministère de Valérie Pécresse. Mais, comme le raconte notre journaliste Sylvestre Huet sur son blog, «les manifestants ont continué, dans un désordre joyeux. Après avoir enfoncé le barrage policier, ils ont longé la Sorbonne, se sont répandus sur le boul’mich puis sur le boulevard Saint Germain, coupant la circulation…» (Lire la suite)

A Rennes, la mobilisation a été également importante (entre 3000 et 4000 personnes). Enseignants et chercheurs étaient épaulés par des étudiants, largement majoritaires dans le cortège. Dans la foule compacte, une pancarte teintée d’amertume: “Casser l’université, yes he can”. Une autre, évoquant un célèbre site internet, plus ironique: “Meetic: il n’y a pas que là que l’on fait de la recherche”!. (Lire le reportage sur LibéRennes)

A Lille, c’était une manif’ paisible, raconte notre correspondante sur LibéLille. Peu de slogans hurlés, un mégaphone qui ne sert pas beaucoup. Et pourtant. Les chercheurs étaient nombreux à protester (700, dit la police, 1 500,selon les manifestants).

A Toulouse, même constat: le cortège de manifestants était étrangement silencieux, loin de l’ambiance festive habituelle des cortèges… Alors qu’ils étaient près de 4.000 selon la police, 6.000 selon les organisateurs. Dans la manif’, les visages étaient graves, sinon tendus, témoigne notre correspondant sur LibéToulouse.

A Orléans, étudiants et profs s’étaient donnés rendez-vous de bonne heure jeudi matin, comme le montre cette vidéo tournée par notre correspondant.

A Lyon, les enseignants de l’Institut d’études politiques ont choisi d’expliquer leur mouvement à leurs élus. Après avoir voté la reconduite de leur grève pour jeudi et vendredi, ils ont rédigé une lettre (lire ici sur LibéLyon), qu’il vont remettre aux maires, conseillers et parlementaires de l’agglomération.

De nouvelles formes de protestation

Depuis lundi, le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur. Et gagne même des facultés réputées peu enclines à la contestation comme Lyon III, ou l’Institut d’études politiques d’Aix, en grève pour la première fois depuis sa création en 1956.

Fait notable, à Toulouse, le président de l’université scientifique de Paul Sabatier a même accordé une demi-journée banalisée à l’ensemble du personnel. Une manière d’inciter les enseignants à manifester!

Autre particularité, le mouvement ne touche pas seulement les bancs de la fac: plusieurs IUT (instituts universitaires de technologie)  comme des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) entrent aussi en résistance.

A côté des formes de protestations classiques (manif dans les rues et tracts distribués dans les amphis), les chercheurs pratiquent aussi la rétention des notes et même le lancer de chaussures, expérimenté mardi dans le jardin du ministère de Valérie Pécresse.

Dans certaines universités encore, les cours deviennent militants, comme l’explique sur son blog notre journaliste Véronique Soulé. Ainsi, certains, comme à l’Université de Tours, font des cours «hors les murs», devant la gare par exemple.

Le mouvement devrait se poursuivre la semaine prochaine avec notamment une manifestation nationale prévue mardi prochain à laquelle pourraient se joindre les étudiants. L’Unef, la première organisation étudiante, appelle en effet à la grève mardi 10 février pour demander «un changement de cap en matière de politique universitaire».

Valérie Pécresse change de ton

Face à l’ampleur grandissante de la mobilisation, Valérie Pécresse, chahutée ce matin à Strasbourg, a promis de réunir la communauté universitaire le mercredi 11 février à Paris. Elle a assuré vouloir travailler sur une «charte de bonne conduite» visant à donner des garanties sur la façon dont les présidents d’universités exerceront leurs nouveaux pouvoirs vis-à-vis des enseignants. La réunion de travail doit rassembler les doyens de faculté, le Conseil national des universités (CNU) et les syndicats d’enseignants.

Les IUFM obtiennent des garanties. La Fédération des maires des villes moyennes (FMVM) a annoncé jeudi en fin de journée avoir obtenu des garanties de la ministre sur le maintien d’antennes locales des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). «La ministre a rassuré les maires des villes moyennes en confirmant que les antennes de proximité des IUFM continueront d’accueillir des étudiants, parce que ceux-ci ont besoin d’une formation effectuée au plus près des territoires et au plus près des classes».

Une nouvelle proposition de loi? Le député UMP Daniel Fasquelle, également doyen de la faculté de droit de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), entend déposer dès lundi une proposition de loi visant à «améliorer» le projet de décret Pécresse sur le statut des enseignants-chercheurs. Cette «proposition de loi vise à rappeler l’indépendance du monde universitaire et la règle selon laquelle on ne peut être jugé que par ses pairs», a-t-il expliqué. Avant de rappeler: «Je soutiens Valérie Pécresse et sa démarche à l’égard des universités est sincère. Mais je sens aussi le malaise car on touche à des choses essentielles, qui vont au-delà de questions corporatistes».

Rappelons que jusqu’ici, la ministre de l’Enseignement supérieur s’était montrée ferme, décidée à ne pas céder. Mardi, elle avait ainsi écarté toute idée d’un retrait du décret réformant le statut des enseignants-chercheurs. «Le retrait serait un recul considérable pour tous les enseignants-chercheurs», a t-elle affirmé. Ce qui est en cause, selon elle, c’est «la façon dont le président d’université va appliquer le décret». Elle en appelle donc aux présidents d’universités pour «rassurer» et construire une charte destinée à la «bonne application» du décret.

Les raisons de la contestation

Les grévistes réclament d’abord le retrait de la réforme de leur statut. Le nouveau texte accorde, selon eux, de super-pouvoirs aux présidents d’université dans l’avancement des carrières et dans la «modulation» des temps de service (répartition entre enseignement, recherche et autres tâches). Les enseignants-chercheurs redoutent une hausse des heures d’enseignement, au détriment de leur travail de recherche.

Ils exigent aussi la suspension de la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, appelée la «masterisation». Les futurs enseignants devront désormais avoir un master (bac+5) au lieu d’un bac+3. Et plus généralement, ils dénoncent les suppressions de postes prévues et le démantèlement du CNRS.

Enfin, comme l’explique Jean-Louis Fournel, président de Sauvons l’Université, les nouvelles règles liées à la LRU (la loi relative aux libertés et responsabilités des universités) inquiètent. «Elles vont radicalement changer la carte universitaire du pays, au seul bénéfice de quelques pôles.»
 

Puissante manifestation à Paris des universitaires, chercheurs et étudiants

5 févr.
2009
  Manif_paris_5_fevrier_2   A 15 000, même de débonnaires universitaires peuvent déborder un barrage de CRS s’il est trop faible. C’est ce qui s’est passé sous mes yeux, devant le Panthéon vers 16H.

La manifestation parisienne (photo Reuters/Charles  Platiau), plus importante que prévu par les organisateurs et la préfecture de police, aurait dû se terminer à deux pas du ministère de Valérie Pécresse. Enhardis par leur nombre, les manifestants ont continué, dans un désordre joyeux.

Après avoir enfoncé le barrage policier, ils ont longé la Sorbonne, se sont répandus sur le boul’mich puis sur le boulevard Saint Germain, coupant la circulation, tandis que les CRS couraient dans tous les sens sous les ordres contradictoire de leurs supérieurs… Amusant. Du moins pour les participants, tout heureux de ce bon tour joué à la maréchaussée, et de pouvoir ainsi montrer leur détermination et leur colère. Sur le trottoir, deux universitaires un tantinet rigolards se séparent en se félicitant de “ce galop d’essai pour la manifestation de mardi prochain”. Il est temps de retourner au journal pour bloguer et écrire le papier de demain.

Ces deux sentiments – colère et détermination – ressortent en effet de ce long cortège parti de Jussieu. La tête est vigoureusement occupée par les étudiants de Paris-3 et Paris-7. On y relève des banderoles de nombreuses universités (Paris-1, 3, 4, 5, 6, 7, 11, 12, 13, Marne La Vallée, Versailles Saint Quentin), et institutions scientifiques (Muséum national d’histoire naturelle, Inalco, EHESS, ENS..), plusieurs centaines d’enseignants et d’étudiants des IUFM (Instituts universitaires de formations des maîtres) formant un groupe serré en fin de cortège. Il est au deux tiers constitué d’universitaires et de chercheurs (Cnrs surtout) dont la tenue vestimentaire et le comportement signale le peu d’habitude de battre le pavé. “C’est la deuxième fois de ma carrière que je fais grève”, me souffle un professeur plus près de la retraite que du concours de recrutement. Les étudiants sont aussi en nombre pour les universités d’Orsay, Paris3, Paris 6, 7et 12 essentiellement.

Les revendications des manifestants sont clairement exprimées par écrit et par oral : retrait du décret sur les statuts des universitaires, retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, annulation des suppressions d’emplois dans la recherche et l’enseignement supérieur. Mais pancartes, slogans et banderoles montrent une contestation plus large, plus politique parfois. “Moins de traders, plus de chercheurs”, dit celle-ci. “Ici bat le coeur de ceux qui veulent penser et dire”. “La réflexion, le discernement, le raisonnement et non l’obéissance font la qualité de notre métier”, affirment les étudiants et enseignants de l’IUFM de Paris. D’autres sont plus directs : “Pécresse démission !”.

Bruno Jetin, maitre de conférence en économie à Paris-13 résume les raisons de sa présence à laManif_paris_20_novembre manifestation : “Je suis en grève jusqu’à ce que le ministère nous donne satisfaction. Ce que Valérie Pécresse nous propose, c’est une perte de temps de recherche et d’indépendance intellectuelle, la perspective de formation au rabais des enseignants. Je ne crois absolument pas au discours de la ministre lorsqu’elle prétend que cette réforme est pour notre bien. La ministre se trompe lourdement sur la force et la détermination de notre mouvement. Son projet met en cause les raisons les plus profondes pour lesquelles nous avons choisi ce métier”.

Je croise Jean-Louis Fournel, porte parole de SLU – Sauvons l’Université - qui me déclare : “plus le gouvernement attendra pour reculer et plus le prix politique à payer sera élevé pour lui. La grève s’étend et se renforce, les A-G du personnel enseignant sont très fournies, les étudiants commencent à bouger… je suis certains que la journée du 10 sera très forte.”

Jean_fabbri Suit Jean Fabbri, le secrétaire général du Snesup : “La mobilisation est remarquable. A Paris comme en province. Les votes de plus en plus nombreux des conseils d’Universités contre les réformes de Valérie Pécresse comme la participation massive aux A-G et aux grèves montrent que le refus est majoritaire ches les universitaires. Il faudra bien que le gouvernement en tienne compte. La ministre est en train de perdre ses soutiens. Les Présidents d’Universités qui voulaient accompagner cette réforme sont lâchés par leurs élus. Je ne vois pas d’autre issue à cette crise majeure que dans un recul du gouvernement”.

Gaël Sattonay, maître de conférence en chimie à Orsay (Paris-11) : “Nous voulons le retrait de la réforme de nos statuts, l’arrêt du démantèlement du Cnrs et des moyens pour nos universités. Personne n’est dupe des promesses de Valérie Pécresse, nous avons compris que la modulation des services, c’est plus d’heures de cours pour la majorité d’entre nous”.

Des étudiantes en licence scientifique générale d’Orsay, visant l’IUFM, me font part de leur crainte d’une formation baclée avec la “mastérisation”, l’abandon de l’année de stage.

 

L’université prend le train des manifestations dans les rues de Toulouse

UNIVERSITÉS. En 10 ans de métier, Mireille, vendeuse dans une boutique de la rue d’Alsace Lorraine n’a «jamais vu passer autant de manifs que ces derniers temps». Ce jeudi 5 février, ce sont les étudiants et les professeurs des universités qui ont arpenté une fois de plus le pavé toulousain pour protester contre la réforme de l’enseignement supérieur.

14h30, place du Capitole. Etrangement silencieuse, la foule des manifestants se rassemble face à l’hôtel de ville. Ils sont pourtant près de 4.000 selon la police, 6.000 selon les organisateurs à avoir répondu à l’appel de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et de la Coordination nationale des universités.

Loin de l’ambiance festive habituelle, les visages sont graves, sinon tendus. Paul Sabatier, le Mirail, l’Arsenal, toutes les universités de Toulouse sont là. Il y a du personnel administratif, comme Catherine et Manuela, secrétaires à Paul-Sabatier. Payées 1.300 euros mensuels après 13 ans de carrière, les deux amies ne sont «pourtant pas venues manifester pour des augmentations de salaires». Elles manifestent, disent-elles, pour «soutenir les étudiants et contre la privatisation des universités. Les financements privés s’intéresseront aux facultés de sciences comme la nôtre, mais qu’adviendra-t-il des universités de lettres?»

«Par pudeur en temps de crise», Claude Roche, professeur de mathématiques à Paul Sabatier payé 3.547 euros écarte lui aussi la question du salaire. «Le plus important aujourd’hui, c’est la question du statut des enseignants chercheurs». Selon lui, la réforme envisagée pour ce statut «va établir un jeu de pouvoir à l’intérieur des universités  au détriment de l’enseignement et de la recherche».

Claude Roche balaie la foule du regard. «Il y a des gens de gauche comme de droite, commente-t-il. Cette manifestation est dans la continuité de celle du 29 janvier dernier». Comme pour lui donner raison, Pierre Cohen, le maire PS de Toulouse traverse le rassemblement. «Bien évidemment, dit-il, je soutiens cette manifestation».

Le cortège démarre. Les policiers de la Brigade Anti criminalité (BAC) n’exhibent tout de même pas les matraques. Á mi-chemin, le cortège est rejoint par un petit escadron de lycéens. Certains d’entre eux se font discrets «pour éviter les punitions administratives». Une présence pourtant «normale dans ce défilé, juge Laura, porte parole de la coordination des lycées de Toulouse. Cette année, on est au lycée, l’année prochaine on sera en fac».

Jean-Christophe Sellin, élu de Toulouse est aussi dans le cortège en tant que porte parole du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon. «On n’a jamais vu un tel niveau de confrontation», note-t-il.

Au passage du Boulevard Carnot, les étudiants réclament «du fric pour les facs et les lycées, pas pour les flics, les banques et l’armée». Ludivine Labbe, présidente de l’UNEF Midi-Pyrénées estime «qu’il y encore plus d’étudiants dans la rue que le 29 janvier dernier». Selon elle, ils seraient «80% à participer aux AG». La dernière en date a déjà approuvé la prochaine manifestation prévue le mardi 10 février prochain.

J-M.E



Blocage symbolique du rectorat de Montpellier

Ce matin, une cinquantaine de personnes (enseignants des écoles, parents d’élèves, syndicalistes (CNT, Sud), sympathisants) se sont retrouvés devant le rectorat pour en bloquer l’entrée principale, située rue de l’Université à Montpellier. La manifestation avait été annoncée à l’avance. Neuf policiers étaient présents et des barrières avaient été disposées à l’entrée. Il y a eu quelques moments de chahutage quand de zélés fonctionnaires voulurent à tout pris rentrer par l’entrée principale malgré la suggestion qui leur étaient faite par les manifestants d’emprunter l’entrée secondaire située à 200 m et qui, elle, était libre. Dans ces cas-là, la police tentait de ménager un passage au nom “de la liberté d’aller et venir”. Réplique d’un manifestant : “Et la liberté d’aller et venir pour les sans-papiers ?” Et voici ce que ça donnait (pris avec mon appareil photo en carton, merci de votre indulgence) :

Vidéo consultable sur :

http://www.dailymotion.com/video/k25mzLZAiwmou9WakO
Vers 9h, quelques dizaines d’étudiants rejoignaient la manifestation et évoquaient les possibilités de convergence des mouvements. La tension retombait et le sourire revenait sur le visage des policiers. Peu avant, Joël Vezinhet du SNUIPP qui se rendait à une réunion au rectorat accompagné de deux personnes, est passé devant la manifestation. La délégation n’a pas forcé le passage et s’est dirigée vers l’entrée secondaire sans s’arrêter devant le regroupement :

Vidéo :

http://ecolecitoyenne.ning.com/video/video/show?id=2559421%3AVideo%3A1466



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