De quelques principes à respecter

La formation des enseignants mérite autre chose qu’un empilement de mesures incohérentes et une vision dévaluée du master. Les dernières propositions communiquées le 20 mars 2009 ajoutent une extrême confusion à l’incohérence, déjà signalée par différents acteurs. En maintenant les épreuves du concours actuel mais en modifiant les conditions de préparation en amont et de formation en aval, sans fournir d’autre cadre que celui très vague de masters 1 et 2, le ministre prend le risque de dénaturer le sens même de la mastérisation puisqu’il faudrait valider par des masters inventés pour l’occasion, et pour une seule année, une préparation et une formation professionnelle existantes, ou bien à l’inverse prétendre préparer au concours et former au métier de futurs professeurs dans le cadre de masters existants n’ayant aucun caractère professionnalisant. Sauf à considérer qu’on peut jouer sans vergogne avec le diplôme de master et l’adapter à toutes les opportunités pour sortir d’une crise, il est clair que la solution proposée n’a pas de validité : elle contrevient aux principes élémentaires, scientifiques, pédagogiques et éthiques qui régissent l’université. Elle conduirait, si elle était appliquée, à la confusion la plus totale et la transition, au lieu de permettre une mise en œuvre progressive de la mastérisation, aboutirait à la discréditer.
Il faut préserver les conditions d’une mise en œuvre sereine de la mastérisation en rétablissant les conditions de préparation des concours et de formation professionnelle telles qu’elles existent à ce jour, selon les termes de la Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école et les divers textes réglementaires antérieurs. Personne ne peut aujourd’hui prétendre raisonnablement passer outre la loi ou prendre de nouveaux décrets qui modifieraient l’organisation et la préparation des concours avant la rentrée 2009. Aussi est-il de l’intérêt supérieur de l’Etat de reconduire l’existant pour un an : préparation des concours avec inscription dans les instituts prévus à cet effet, formation ultérieure sous la forme d’une stagiarisation qui seule peut permettre de professionnaliser les futurs enseignants. La délivrance d’un grade de master aux lauréats, sans passer par une diplômation artificielle, permettrait de résoudre temporairement la question de l’entrée dans la mastérisation et constituerait une véritable transition.
Un vaste débat est nécessaire : il ne sera possible qu’au prix d’un apaisement de la situation et de l’association de tous les acteurs et experts concernés. En particulier, il est curieux de constater que les instituts dédiés actuellement à la formation ne sont destinataires d’aucune des propositions de transformation du système. Si le pilotage des universités est fort légitimement concerné, à travers la CPU, il est tout aussi indispensable que la conférence des directeurs soit présente dans ces débats. On imaginerait mal la conduite de réformes portant sur le métier d’ingénieur ou les carrières technologiques qui n’associerait pas écoles d’ingénieurs et IUT. A partir de ce prérequis, toutes les questions qui font aujourd’hui obstacle pourront être levées : place du concours, éléments de rémunération, offre de stage, accompagnement à l’entrée dans le métier, et fonction des instituts dans ce dispositif.

 

P.Demougin, directeur de l’IUFM de l’académie de Montpellier

 

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