Déclaration liminaire de l’UNL au CSE du jeudi 26 mars 2009

Logo UNLL’Union Nationale Lycéenne se félicite de la forte mobilisation du 19 mars qui démontre une fois de plus la détermination des lycéens à prendre leur avenir en main. En effet, la mobilisation de ces derniers mois contre le démantèlement du Service Public d’Education ne faiblit pas, alors que celui-ci apparaît comme une institution qui peut encore prétendre assurer un avenir décent et combattre la reproduction sociale. Il continue, pourtant, de subir les dégâts d’une politique de restrictions budgétaires qui s’est gravement durcie cette année. C’est pourquoi les lycéens continuent à se mobiliser contre les suppressions de postes et pour une véritable réforme à laquelle ils doivent réellement participer. Nous avons pu constater une nouvelle fois la motivation des lycéens à défendre leur droit à une éducation de qualité le 24 Mars dernier.
L’ UNL attire l’attention sur la réforme des IUFM. Outre le fait qu’il s’agisse encore une fois d’une réforme faite à la hâte et en contradiction avec les attentes et les besoins des principaux concernés, elle inquiète les lycéens de la disparition de toute formation pédagogique des enseignants, il ne s’agit pas seulement, on le sait bien, de posséder la connaissance pour savoir la transmettre… Le risque d’une dégradation de la qualité de l’enseignement est en effet plus que prévisible avec la mise en place de cette réforme.
La situation actuelle dans les DOM interpelle également l’UNL. Après plus d’un mois de grève en Guadeloupe, la mobilisation continue en Martinique et à la Réunion. Les motifs de cette forte mobilisation concernent particulièrement les lycéens. Il est scandaleux que dans les DOM, les jeunes doivent faire face à des situations sociales aussi précaires (sorties du système scolaire sans diplôme et chômage bien plus élevé qu’en métropole). La situation est très grave et la jeunesse doit être entendue de toute urgence afin d’éviter que cette génération soit la première à vivre moins bien que celle de ses parents !
Alors que la réforme du baccalauréat professionnel est déjà bien entamée, l’UNL s’inquiète fortement de l’avenir de cette filière. L’UNL déplore dans un premier temps le manque de consultations concernant cette réforme. De plus, les lycéens étudiants en filière professionnelle sont conviés aux « consultations » sur la réforme du lycée général alors que celle-ci ne les concerne pas. Ils ne peuvent donc pas trouver réponses à leurs questions, ni interlocuteur à qui faire part de leurs inquiétudes. La filière Professionnelle ne doit plus être marginalisée. Ainsi nous aurions trouvé judicieux de réformer les trois différents baccalauréats ensemble et dans une même logique de valorisation. De même, pourquoi les élèves de la filière professionnelle n’auraient-ils pas le droit de choisir des options facultatives comme peuvent le faire les élèves de général permettant ainsi aux élèves un meilleur accès à la culture ? Trop souvent stigmatisé, le baccalauréat professionnel doit faire l’objet d’une véritable revalorisation et ne doit pas subir les frais d’une politique de restrictions budgétaires draconiennes. Nous dénonçons donc les nombreuses suppressions de postes, qui touchent tout particulièrement les filières professionnelles, qui nuisent à la qualité de l’éducation.
La généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans inquiète l’UNL. Si réaliser un baccalauréat professionnel en 3 ans peut convenir à certains, ce n’est certainement pas le cas de tous. Cette généralisation conduit directement les élèves en difficulté à l’échec scolaire. Comment étudier dans de bonnes conditions et augmenter ses chances de réussite si le programme prévu sur 4 ans est compressé en seulement 3 ans ? Le taux de réussite au bac professionnel est encore faible alors que les élèves ont suivi une formation en 4 ans. Comment des élèves réussiront à étudier en 3 ans ce qu’ils faisaient en 4 ans ? Cette réforme est d’autant plus dangereuse qu’elle s’accompagne d’une dotation horaire alarmante, des élèves vont se trouver à la rentrée privés d’établissement alors qu’ils ont déjà étudié 4 ans (impossibilité de redoubler) un échec complet!
Les élèves ne pouvant aller au bout des 3 ans se retrouveront avec seulement un CCF (contrôle en cours de formation) qui a vocation à remplacer le BEP mais qui n’a absolument pas le même poids ! De plus la valeur de ce CCF sera différente d’un établissement à l’autre ce qui ne facilite pas l’arrivée sur le marché du travail si l’établissement dans lequel le lycéen a passé son CCF n’est pas reconnu!
Enfin sur le Bac pro en 3 ans, il risque de constituer un handicap pour les élèves souhaitant continuer leur parcours scolaire en BTS. Ces filières sont effectivement très sélectives et il est très difficile pour un élève de la filière professionnelle de les intégrer, parfois même pour un lycéen de la filière technologique : avec seulement 3 ans de formation, les enseignements généraux et pratiques sont réduits, il risque d’y avoir un écart encore plus important entre les élèves, les bacheliers professionnels se trouvant défavorisés. De même il nous parait intéressant pour un élève de BTS de pouvoir choisir des options facultatives qu’elles soient linguistiques, culturelles ou sportives.
Pour conclure, nous voudrions revenir sur le dérouler des consultations dans le cadre de la nouvelle réforme du lycée. Il est essentiel à nos yeux de défendre la liberté d’expression des élus lycéens. Or pendant la tenue de ces consultations certains élus académiques lycéens ont été menacés en raison de leur engagement, leur militantisme syndical ou politique qui ne correspond pas à l’idée que certains recteurs se font d’un bon élu lycéen (passif et silencieux peut être). Des lycéens se font couper la parole et nous pouvons même parler de censure à leur égard. Il n’y a pas de débat possible puisqu’on refuse d’écouter les arguments et propositions contradictoires à celles des recteurs. Nous avons pourtant été élus pour faire entendre les revendications des lycéens. L’Union Nationale Lycéenne dénonce l’attitude de certains recteurs qui tentent de faire pression sur les élus CAVL, élus démocratiquement, en raison de leurs opinions.



Laisser un commentaire

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES