LES PROFS OCCUPENT LA SORBONNE

Face à la mainmise du Rectorat sur la Sorbonne, armée de CRS et de vigiles privés, face à la politique répressive qu’il y mène, face à l’autisme du gouvernement, les enseignants-chercheurs des universités parisiennes ont décidé d’occuper pacifiquement et symboliquement la Sorbonne.

Un rassemblement festif de soutien a lieu en ce moment place de la Sorbonne : venez nombreux nous soutenir !

Communiqué :

« Nous, enseignants-chercheurs des universités parisiennes, exigeons que cessent définitivement les contrôles policiers, les fouilles, les fermetures à répétition de la Sorbonne et des autres centres d’enseignement et de recherche. Nous demandons le rétablissement de notre liberté d’étudier, d’enseigner, de chercher et de nous réunir. La Sorbonne doit rester ouverte ! La Sorbonne est aux universités, pas au Rectorat ! Libérons la Sorbonne !

Mais ce qui se passe à la Sorbonne n’est qu’un symptôme d’une politique générale. Nous dénonçons la politique de répression du mouvement des universités et de toutes les protestations en cours ; nous nous alarmons des graves menaces qui pèsent sur les libertés publiques.

Nous demandons donc :

1) que le Recteur de l’Académie de Paris reçoive une délégation pour discuter de la fin des contrôles, des fouilles sur le site de la Sorbonne et sur son ouverture permanente ; ainsi le dialogue remplacera l’arbitraire et la répression ;

2) Que le gouvernement cesse ses manœuvres dilatoires et accède sans conditions aux revendications de la communauté universitaire en retirant sans délai ses contre-réformes (retrait des réformes de la formation des enseignants, du statut des enseignants-chercheurs, du contrat doctoral unique et restitution des postes supprimés en 2009).

L’exaspération est à son comble : c’est seulement après ces retraits que sera enfin possible un retour au dialogue, à la sérénité ainsi qu’une reprise des cours à slaquelle nous aspirons tous.

En attente d’une réponse, nous restons dans la Sorbonne dont nous n’aurions jamais dû être chassés. »

 

Article Le Monde.fr

80 personnes évacuées à La Sorbonne

 

Les quatre-vingts personnes travaillant à la Sorbonne et qui occupaient toujours, jeudi 26 mars, une partie des locaux universitaires, ont été évacuées par la police entre 20h50 et 21h20, sans violence, a indiqué la préfecture de police.

Selon les organisateurs du mouvement de protestation, environ cent cinquante personnes, des personnels (enseignants et « Biatoss ») de Paris-I, Paris-III, Paris-IV et de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), avaient occupé à partir de 15 heures une partie des locaux de la Sorbonne. Sur le blog Grève active à la Sorbonne, Nicolas Offenstadt, maître de conférences à la Sorbonne, avait expliqué la démarche :

L’occupation, effective peu après 15 heures, a été décidée par une assemblée générale interfacultés des personnels des universités concernées (vidéo diffusée sur le blog Grève active à la Sorbonne) :

L’occupation a visé une partie des bâtiments de la Sorbonne « historique », au cœur de Paris (Ve arrondissement) notamment l’unité de formation et de recherche d’histoire de Paris-I et la salle Marc-Bloch.

« Nous voulons manifester ainsi notre exaspération de ne pas être entendus après huit semaines de grève, ainsi que les conditions d’accès à la Sorbonne imposées par le rectorat, notamment le filtrage de toutes les entrées pour empêcher la tenue de réunions sans contrôle », avait expliqué Annliese Nef, maîtresse de conférences à Paris-IV. Jean Salem, professeur de philosophie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et directeur du centre d’histoire des systèmes de pensée moderne, réclame « qu’on [les] laisse en paix » (vidéo diffusée sur le blog Grève active à la Sorbonne) :

 

 



De quelques principes à respecter

La formation des enseignants mérite autre chose qu’un empilement de mesures incohérentes et une vision dévaluée du master. Les dernières propositions communiquées le 20 mars 2009 ajoutent une extrême confusion à l’incohérence, déjà signalée par différents acteurs. En maintenant les épreuves du concours actuel mais en modifiant les conditions de préparation en amont et de formation en aval, sans fournir d’autre cadre que celui très vague de masters 1 et 2, le ministre prend le risque de dénaturer le sens même de la mastérisation puisqu’il faudrait valider par des masters inventés pour l’occasion, et pour une seule année, une préparation et une formation professionnelle existantes, ou bien à l’inverse prétendre préparer au concours et former au métier de futurs professeurs dans le cadre de masters existants n’ayant aucun caractère professionnalisant. Sauf à considérer qu’on peut jouer sans vergogne avec le diplôme de master et l’adapter à toutes les opportunités pour sortir d’une crise, il est clair que la solution proposée n’a pas de validité : elle contrevient aux principes élémentaires, scientifiques, pédagogiques et éthiques qui régissent l’université. Elle conduirait, si elle était appliquée, à la confusion la plus totale et la transition, au lieu de permettre une mise en œuvre progressive de la mastérisation, aboutirait à la discréditer.
Il faut préserver les conditions d’une mise en œuvre sereine de la mastérisation en rétablissant les conditions de préparation des concours et de formation professionnelle telles qu’elles existent à ce jour, selon les termes de la Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école et les divers textes réglementaires antérieurs. Personne ne peut aujourd’hui prétendre raisonnablement passer outre la loi ou prendre de nouveaux décrets qui modifieraient l’organisation et la préparation des concours avant la rentrée 2009. Aussi est-il de l’intérêt supérieur de l’Etat de reconduire l’existant pour un an : préparation des concours avec inscription dans les instituts prévus à cet effet, formation ultérieure sous la forme d’une stagiarisation qui seule peut permettre de professionnaliser les futurs enseignants. La délivrance d’un grade de master aux lauréats, sans passer par une diplômation artificielle, permettrait de résoudre temporairement la question de l’entrée dans la mastérisation et constituerait une véritable transition.
Un vaste débat est nécessaire : il ne sera possible qu’au prix d’un apaisement de la situation et de l’association de tous les acteurs et experts concernés. En particulier, il est curieux de constater que les instituts dédiés actuellement à la formation ne sont destinataires d’aucune des propositions de transformation du système. Si le pilotage des universités est fort légitimement concerné, à travers la CPU, il est tout aussi indispensable que la conférence des directeurs soit présente dans ces débats. On imaginerait mal la conduite de réformes portant sur le métier d’ingénieur ou les carrières technologiques qui n’associerait pas écoles d’ingénieurs et IUT. A partir de ce prérequis, toutes les questions qui font aujourd’hui obstacle pourront être levées : place du concours, éléments de rémunération, offre de stage, accompagnement à l’entrée dans le métier, et fonction des instituts dans ce dispositif.

 

P.Demougin, directeur de l’IUFM de l’académie de Montpellier

 

De quelques principes à respecter dans Université et enseignants chercheurs pdf Communique IUFM



Quatre présidents d’université appellent à la mobilisation

Hier, réunis au colloque annuel de la Conférence des présidents d’université, les présents ont lancé un appel à la reprise des cours. Quatre de leurs confrères, et pas des moindres puisqu’il s’agit de Pascal BINCZAK, (Paris 8 Vincennes), Bernadette MADEUF (Paris-Ouest-Nanterre), Georges MOLINIE (Paris IV La Sorbonne) et Philippe ROLLET (Lille -I) – ont décidé de leur répondre vertement.

Ajout à 16h 40 : je reçois à l’instant la signature de ce texte de la présidente de Montpellier-3 Paul Valery, Anne Fraïsse.

Voici cet appel qui sera probablement signé dans la journée par d’autres présidents d’université. Il montre que la colère du milieu universitaire reste forte, large et que la CPU dans sa composition actuelle n’en represente qu’une partie. Lire ici une analyse de la situation du mouvement de contestation.

Tonnerre de Brest ! La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I



Déclaration liminaire de l’UNL au CSE du jeudi 26 mars 2009

Logo UNLL’Union Nationale Lycéenne se félicite de la forte mobilisation du 19 mars qui démontre une fois de plus la détermination des lycéens à prendre leur avenir en main. En effet, la mobilisation de ces derniers mois contre le démantèlement du Service Public d’Education ne faiblit pas, alors que celui-ci apparaît comme une institution qui peut encore prétendre assurer un avenir décent et combattre la reproduction sociale. Il continue, pourtant, de subir les dégâts d’une politique de restrictions budgétaires qui s’est gravement durcie cette année. C’est pourquoi les lycéens continuent à se mobiliser contre les suppressions de postes et pour une véritable réforme à laquelle ils doivent réellement participer. Nous avons pu constater une nouvelle fois la motivation des lycéens à défendre leur droit à une éducation de qualité le 24 Mars dernier.
L’ UNL attire l’attention sur la réforme des IUFM. Outre le fait qu’il s’agisse encore une fois d’une réforme faite à la hâte et en contradiction avec les attentes et les besoins des principaux concernés, elle inquiète les lycéens de la disparition de toute formation pédagogique des enseignants, il ne s’agit pas seulement, on le sait bien, de posséder la connaissance pour savoir la transmettre… Le risque d’une dégradation de la qualité de l’enseignement est en effet plus que prévisible avec la mise en place de cette réforme.
La situation actuelle dans les DOM interpelle également l’UNL. Après plus d’un mois de grève en Guadeloupe, la mobilisation continue en Martinique et à la Réunion. Les motifs de cette forte mobilisation concernent particulièrement les lycéens. Il est scandaleux que dans les DOM, les jeunes doivent faire face à des situations sociales aussi précaires (sorties du système scolaire sans diplôme et chômage bien plus élevé qu’en métropole). La situation est très grave et la jeunesse doit être entendue de toute urgence afin d’éviter que cette génération soit la première à vivre moins bien que celle de ses parents !
Alors que la réforme du baccalauréat professionnel est déjà bien entamée, l’UNL s’inquiète fortement de l’avenir de cette filière. L’UNL déplore dans un premier temps le manque de consultations concernant cette réforme. De plus, les lycéens étudiants en filière professionnelle sont conviés aux « consultations » sur la réforme du lycée général alors que celle-ci ne les concerne pas. Ils ne peuvent donc pas trouver réponses à leurs questions, ni interlocuteur à qui faire part de leurs inquiétudes. La filière Professionnelle ne doit plus être marginalisée. Ainsi nous aurions trouvé judicieux de réformer les trois différents baccalauréats ensemble et dans une même logique de valorisation. De même, pourquoi les élèves de la filière professionnelle n’auraient-ils pas le droit de choisir des options facultatives comme peuvent le faire les élèves de général permettant ainsi aux élèves un meilleur accès à la culture ? Trop souvent stigmatisé, le baccalauréat professionnel doit faire l’objet d’une véritable revalorisation et ne doit pas subir les frais d’une politique de restrictions budgétaires draconiennes. Nous dénonçons donc les nombreuses suppressions de postes, qui touchent tout particulièrement les filières professionnelles, qui nuisent à la qualité de l’éducation.
La généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans inquiète l’UNL. Si réaliser un baccalauréat professionnel en 3 ans peut convenir à certains, ce n’est certainement pas le cas de tous. Cette généralisation conduit directement les élèves en difficulté à l’échec scolaire. Comment étudier dans de bonnes conditions et augmenter ses chances de réussite si le programme prévu sur 4 ans est compressé en seulement 3 ans ? Le taux de réussite au bac professionnel est encore faible alors que les élèves ont suivi une formation en 4 ans. Comment des élèves réussiront à étudier en 3 ans ce qu’ils faisaient en 4 ans ? Cette réforme est d’autant plus dangereuse qu’elle s’accompagne d’une dotation horaire alarmante, des élèves vont se trouver à la rentrée privés d’établissement alors qu’ils ont déjà étudié 4 ans (impossibilité de redoubler) un échec complet!
Les élèves ne pouvant aller au bout des 3 ans se retrouveront avec seulement un CCF (contrôle en cours de formation) qui a vocation à remplacer le BEP mais qui n’a absolument pas le même poids ! De plus la valeur de ce CCF sera différente d’un établissement à l’autre ce qui ne facilite pas l’arrivée sur le marché du travail si l’établissement dans lequel le lycéen a passé son CCF n’est pas reconnu!
Enfin sur le Bac pro en 3 ans, il risque de constituer un handicap pour les élèves souhaitant continuer leur parcours scolaire en BTS. Ces filières sont effectivement très sélectives et il est très difficile pour un élève de la filière professionnelle de les intégrer, parfois même pour un lycéen de la filière technologique : avec seulement 3 ans de formation, les enseignements généraux et pratiques sont réduits, il risque d’y avoir un écart encore plus important entre les élèves, les bacheliers professionnels se trouvant défavorisés. De même il nous parait intéressant pour un élève de BTS de pouvoir choisir des options facultatives qu’elles soient linguistiques, culturelles ou sportives.
Pour conclure, nous voudrions revenir sur le dérouler des consultations dans le cadre de la nouvelle réforme du lycée. Il est essentiel à nos yeux de défendre la liberté d’expression des élus lycéens. Or pendant la tenue de ces consultations certains élus académiques lycéens ont été menacés en raison de leur engagement, leur militantisme syndical ou politique qui ne correspond pas à l’idée que certains recteurs se font d’un bon élu lycéen (passif et silencieux peut être). Des lycéens se font couper la parole et nous pouvons même parler de censure à leur égard. Il n’y a pas de débat possible puisqu’on refuse d’écouter les arguments et propositions contradictoires à celles des recteurs. Nous avons pourtant été élus pour faire entendre les revendications des lycéens. L’Union Nationale Lycéenne dénonce l’attitude de certains recteurs qui tentent de faire pression sur les élus CAVL, élus démocratiquement, en raison de leurs opinions.



Enseignants-chercheurs: Pécresse lâche (un peu) du lest

Article Libe.fr

Le projet controversé de réforme du statut des enseignants-chercheurs a été à nouveau amendé après une nuit de négociations. Mais le principal syndicat, le Snesup, n’est pas satisfait et appelle à intensifier le mouvement.

Valérie Pécresse et les membres de la Conférence des présidents d'université (CPU).

Valérie Pécresse et les membres de la Conférence des présidents d’université (CPU). (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

 

Le projet controversé de réforme du statut des enseignants-chercheurs a été à nouveau amendé après une nuit de discussions avec les syndicats. La ministre Pécresse est parvenu à arracher l’accord d’AutonomeSup mais pas du principal syndicat, le Snesup-FSU, qui reste contre.

Alors que le Premier ministre François Fillon avait demandé la réécriture complète du projet, cette dernière version devrait être celle transmise au Conseil d’Etat, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.

Après treize heures de discussions au ministère, qui se sont terminées cette nuit, les deux décrets à la base de ce projet, celui sur le statut proprement dit et celui sur le Conseil national des universités (CNU), ont été précisés.

Des précisions sur les heures sup et les promotions

Selon le ministère, le nouveau projet «rappelle la double mission des enseignants-chercheurs» et «précise que le paiement des heures complémentaires se fera au-delà du service de référence». En outre, «l’équilibre des promotions à 50/50 entre niveaux local (les universités) et national (par le CNU) est inscrit dans le décret». Et il est aussi écrit que «tout enseignant-chercheur peut rejoindre une équipe de recherche autre que celle de son établissement».

Avec ces précisions, notamment sur les promotions et les heures supplémentaires, la ministre a emporté l’adhésion d’AutonomeSup, un syndicat indépendant mais généralement classé à droite des autres organisations, mais pas du Snesup, le principal syndicat du supérieur. En signe de désaccord, le Snesup-FSU et FO ont quitté avant la fin les discussions. AutonomeSup a voté pour, le Sgen-CFDT et Sup’Recherche-Unsa se sont abstenus.

Sur le décret du CNU, examiné plus tôt dans la soirée, AutonomeSup, Sgen-CFDT et Unsa ont voté pour, Snesup et FO contre. Le CNU aura désormais la lourde tâche d’évaluer tous les universitaires, tous les quatre ans.
Ces votes, intervenus dans le cadre d’un comité consultatif composé à parité de l’administration et des syndicats, ne sont pas contraignants pour le gouvernement, mais donnent une idée des rapports de force.
A titre de comparaison, lors du précédent conseil en novembre, Sgen-CFDT et Unsa s’étaient abstenus sur la première version du statut, AutonomeSup, FO et Snesup ayant voté contre.

Appel à intensifier la mobilisation

Le Snesup affirme avoir quitté la séance en raison du refus de la ministre de bouger sur la modulation des services des universitaires (cours, recherche et autres tâches), qui, selon le syndicat, «revient à alourdir les services des enseignants-chercheurs». (Lire le communiqué du Snesup, publié sur le blog Sciences2 de notre journaliste Sylvestre Huet)
En conséquence, il appelle «à intensifier les mobilisations de la communauté universitaire pour l’abandon du décret».

La réforme du statut est un des principaux motifs de mécontentement à l’origine de cette mobilisation, en cours depuis bientôt deux mois, que le gouvernement espère voir s’essouffler en multipliant les aménagements.

Concernant l’autre réforme controversée, celle de la formation des enseignants, Mme Pécresse participera vendredi à des rencontres avec les syndicats. Elle a annulé pour cela sa venue à Brest prévue le même jour pour le colloque annuel de la Conférence des présidents d’université (CPU).

Les syndicats espèrent le maintien pour 2010 de l’ensemble du dispositif de formation, y compris du rôle des IUFM (Instituts de formation des maîtres).

(Source AFP)



Blocus de l’école de Serviès-Labaume (30700 Gard) par les parents d’élèves



Les lycéens restent mobilisés

Logo UNLAujourd’hui, bon nombre de lycéens ont manifesté au côté des enseignants et étudiants pour faire entendre leurs revendications en matière d’éducation.  En effet, 15 000 personnes ont manifesté aujourd’hui à Paris. Cette mobilisation prouve l’inquiétude grandissante de la jeunesse pour son avenir.

La baisse constante des moyens alloués à l’éducation engendre la suppression de multiples BEP dans certain lycées. Tout ceci n’étant au final qu’une dévalorisation pure et simple du bac professionnel. Alors que l’on constate à l’heure actuelle de nombreux problèmes d’accès aux études supérieurs pour les élèves de filières professionnels, cette réforme, qui dévalorise d’autant plus cette filière, envenimerait une nouvelle fois cette situation inacceptable d’inégalités.
L’UNL demande une nouvelle fois le maintien du BEP ainsi que du Bac pro en 4 ans et des effectifs ne dépassant pas 24 élèves par classe permettant d’avoir des conditions d’études favorables à la réussite scolaire et un bac professionnel digne de ce nom.

La période de crise que nous connaissons demande un investissement massif dans l’éducation afin de remédier à cette dernière sur un long terme, mais le gouvernement s’obstine à continuer sur sa lancée. De nombreuses familles ont de plus en plus de difficultés à assurer une éducation décente à leurs enfants c’est pourquoi l’UNL demande l’augmentation des montants des bourses et que le seuil d’attribution de ces dernières soit revu à la hausse.

La politique de désengagement de l’état de ses fonctions premières et notamment de la défense des services publics menée par le gouvernement est inadaptée à la situation actuelle de crise économique et sociale mettant en péril l’avenir de plusieurs générations. Ainsi, le malaise présent au sein de la jeunesse ne cesse de progresser : le droit à l’avenir des jeunes est menacé !

L’UNL demande une nouvelle fois au gouvernement d’écouter les revendications des lycéens. Si ces dernières ne sont pas prises en compte notamment sur les questions du professionnel et du supérieur, l’UNL promet d’ores et déjà au gouvernement de fortes mobilisations lycéennes.

Lucie Bousser

Présidente de l’Union Nationale Lycéenne



Xavier Darcos n’est pas au bout de ses peines

Article Libe.fr

Les crises, plus ça dure, plus c’est difficile d’en sortir. Valérie Pécresse en sait quelque chose. Elle aurait Manif_interprofessionnelle_paris__2 bien aimé que son décret relooké dénoue la crise. Raté. Maintenant c’est à Xavier Darcos d’en faire l’expérience avec ses annonces sur la réforme de la formation des enseignants: ça ne suffit pas.

Dans sa lettre de vendredi aux syndicats, le ministre fait un geste incontestable: il renonce à mettre en place ses nouveaux concours de recrutement dès 2010 et les reporte d’un an. C’était une demande quasi unanime, des présidents d’université, des universitaires mobilisés, des enseignants des IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres), etc.

Les autres points de la lettre – il y en a dix – sont plus confus. Il avance sur certaines choses – par exemple la première année, les nouveaux profs « stagiaires » ne seront plus à plein temps devant des classes, mais ils seront un tiers du temps en formation. C’est plus qu’initialement prévu mais moins qu’aujourd’hui.

Il ne bouge pas sur d’autres: il faudra un master pour se présenter au concours l’an prochain,mais avec des exceptions. En fait c’est souvent technique, voire byzantin, et on s’y perd un peu (lire ci-dessous l’analyse très claire de Sylvie Plane, professeure à l’IUFM de Paris).

Sarkozy_et_darcos_visite_dans_une_2 En tout cas, c’est un pas qui a dû lui coûter. Xavier Darcos tient en effet énormément à cette réforme (la « masterisation » qui veut que chaque enseignant ait désormais un master pour être recruté). D’abord c’est Nicolas Sarkozy qui la lui a demandé. Et il aime à rappeler qu’il a une lettre de mission, avec une série de tâches à accomplir, et qu’il s’y tient – à l’origine, chaque ministre devait être évalué sur ce qu’il avait réalisé mais ça a l’air d’être tombé dans l’oubli.

Ensuite il assure que c’est une bonne chose pour les enseignants. La France se met au diapason de ses voisins européens qui, en majorité, demandent un master à leurs profs – l’argument est toutefois contesté, la situation en Europe serait plus diverse qu’il le dit.

Plus percutant, il souligne que c’est une juste reconnaissance d’un état de fait. Beaucoup d’enseignants  ont déjà un bac plus cinq, surtout dans le secondaire, alors qu’ils sont recrutés au niveau licence (bac plus trois), sauf les agrégés. De plus, même en primaire, ils font au moins quatre ans d’études – la licence puis l’année de préparation au concours en IUFM.

Enfin, la réforme induit une revalorisation des traitements: un prof recruté à bac plus cinq commencera plus haut – c’était l’idée de Sarkozy: faire la masterisation « pour mieux les payer ». Reste à s’assurer que cette « revalo » ne se limitera pas aux débuts de carrière.

Mais il y a aussi le non dit: les économies – 11200 suppressions de postes dans l’Education nationale l’an dernier, 13500 cette année, et en 2010 on devrait être dans les mêmes eaux. Or avec la réforme, l’année rémunérée des profs stagiaires – juste après la réussite au concours – saute. Une belle économie, même si on crée des bourses.

A l’automne, la plupart des syndicats étaient plutôt d’accord avec la réforme, en fait avec son principe: le recrutement des profs à bac plus cinq.

Mais l’hiver, tout s’est gâté avec sa mise en oeuvre. Des concours réformés à la va vite, des masters qu’il fallait préparer en deux mois, l’urgence pour que tout soit en place à la prochaine rentrée, des incompréhensions qui s’accumulent, et un soupçon qui s’installe: tout ça pour quoi, si ce n’est pour faire des économies ?

Après six semaines de mouvement, les protestataires n’ont pas envie de demies mesures. La coordination nationale des universités et plusieurs syndicats du primaire et du secondaire manifesteront donc le 24 mars.

agissez à l’article

PS: ci joint l’analyse de Sylvie Plane :

Point 1
Ouverture de discussions sur la place du concours … mais  le ministère campe sur la position du concours en M2 (deuxième année de master), la discussion  ne porterait que sur la place dans l’année de M2.
La place du concours en M2 avait été signalée comme un point d’achoppement fort, car la focalisation sur le concours mobiliserait toute l’énergie des étudiants, au détriment des autres aspects des études et de la formation. Certes ce risque serait minimisé si le concours était placé en début d’année, mais, même dans ce cas d’autres problèmes demeurent :
- à l’issue du concours, certains étudiants seront lauréats, d’autres non. L’organisation d’un cursus commun à cette double cohorte risque d’être délicate.
- on ne connaîtra le nombre d’étudiants reçus et le nombre d’étudiants collés qu’à l’issue du concours, or cette donnée est nécessaire pour l’organisation de la formation et en particulier des stages en responsabilité. Le problème sera surtout crucial pour les CAPES, CPE (conseiller principal d’éducation) , CAPLP (professeur en lycée professionnel), COP (conseiller d’orientation) car le nombre de lauréats par académie est imprévisible.
Conclusion : il n’y a pas véritablement d’espace de négociation : seul le mois du concours est proposé à la discussion, l’année du concours n’est pas soumise à discussion. Bref, l’année de M2 reste problématique

Point 2
Aucune  précision technique (durée ? rémunération ? qui aura droit à ces stages ?…), donc aucune garantie.

Point 3
Rien de précis sur le dispositif annoncé
Maintien de la proposition d’aide sous forme de postes d’AED. Or ce type de poste est incompatible avec la poursuite d’un master et la préparation d’un concours
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle, le ministère reste sur ses positions.

Point 4
Seul un tiers du temps de l’année de stage est prévu pour la formation.
Pendant très longtemps, la première année d’exercice les professeurs stagiaires assuraient un tiers de service et disposaient des 2 autres tiers de l’année pour se former et préparer leurs cours. La proportion serait donc inversée.
Conclusion : ce point n’apporte aucun élément nouveau, le ministère reste sur ses positions.

Point 5
Point positif : il est fait mention des maîtres-formateurs
Point ambigu: il n’est pas fait mention des IUFM
La notion de « tuteur » n’est pas définie.

Point 6
Le texte : annonce des négociations sur la revalorisation mais ne dit rien de précis,
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle.

Point 7
Simple annonce de la prise en compte d’un thème de discussion
Conclusion : ce point n’apporte aucune information nouvelle.

Point 8 : le ministère fait en sorte que la rentrée 2009 soit un bazar monstrueux !!!
Ce que le ministère présente comme une concession n’en est pas :
- l’autorisation de se représenter aux concours (ce qui n’est pas la même chose que l’autorisation de doublement) accordée aux candidats présents aux épreuves d’admissibilité n’est pas un cadeau, c’est un droit
Point éminemment problématique :
« pourront également se présenter aux concours de la session 2010, les étudiants inscrits en M1 à la rentrée universitaire 2009 »
- cela suppose que les masters soient mis en place dès la rentrée 2009. Autrement dit que les maquettes aient été déposées ou le soient dans 10 jours.
- or les maquettes déposées, et celles qui sont en cours d’élaboration, ont été établies à partir d’un cahier des charges prévoyant que le concours serait passé en M2 ( cette contrainte était d’ailleurs l’un des points les plus contestés !).
le ministère fait donc le forcing pour obtenir le dépôt des maquettes
Examinons la situation sans la penser en termes de concurrence, comme le ministère tente de nous le faire faire

On aurait à la rentrée 2009 :
- des établissements qui n’auraient pas déposé de master (en particulier les IUFM) et qui donc ne pourraient accueillir des étudiants préparant les concours. Les IUFM dans ce cas n’auraient  comme étudiants à la rentrée 2009 que les lauréats des concours de cette année. Les universités intégratrices seront amenées à réorganiser profondément leurs services pour gérer cette difficulté.
- des établissements qui ont déposé les nouveaux masters, et qui avaient déjà des masters traditionnels. Dans ces établissements, certains étudiants d’une même filière passeraient le concours en M1, tandis que d’autres le passeraient en M2… on imagine la pagaille…
- des étudiants qui auraient des difficultés à s’inscrire à des préparations convenant à leur cas.
La situation serait dramatique pour la préparation au concours de professeurs des écoles et au CAPLP car les IUFM n’auraient pas de masters où les inscrire, et  même si des universités proposent des masters préparant à ces concours, leur offre est très insuffisante, et inappropriée car elle prévoit que le concours se passera en M2.
- des étudiants qui prépareraient les concours en M1 et qui l’année suivante seraient disponibles pour leur master, condition indispensable pour être recrutée comme stagiaires, tandis que d’autres passeraient leur concours lors de l’année M2
Bref, sur une même académie des offres de master illisibles pour les étudiants

Point 9
Seul point vraiment positif de l’ensemble : le maintien des concours sous leur forme actuelle
Mais il manque le maintien des dispositifs de formation

Point 10 aucun changement par rapport aux mesures déjà annoncées

Conclusion d’ensemble :
La seule avancée est celle du maintien des concours sous leur forme actuelle. Mais elle n’est pas assortie des autres éléments qui permettraient la sortie de crise

 



Le succès des manifestations met la pression sur le pouvoir

La mobilisation est encore plus forte que le 29 janvier, selon les décomptes des syndicats et de la police.

Article Libé.fr


Des salariés de l'usine Continental ce jeudi matin à Compiègne.

Des salariés de l’usine Continental ce jeudi matin à Compiègne. (Pascal Rossignol / Reuters)

Un nombre record de manifestants depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée est descendu jeudi dans la rue, ce qui a encouragé les syndicats à exiger «des réponses» à la hauteur de cette mobilisation.

Sous un soleil printanier avant l’heure, entre 1,2 million (police) et 3 millions (CGT) de personnes ont défilé dans 229 manifestations à l’appel des huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa). Le 29 janvier, de 1,08 million (police) à 2,5 millions de personnes (syndicats) avaient battu le pavé.

Ces manifestations, qualifiées de «réussite» par les syndicats, et soutenues par la gauche, égalent les pics de mobilisation de 2006 contre le Contrat première embauche (CPE), et montrent l’ampleur de l’inquiétude et du mécontentement suscitées par la crise et la saignée de l’emploi qui l’accompagne.

Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, a toutefois estimé que «l’on n’avait pas franchi d’étape dans la protestation par rapport au 29 janvier» et exclu des mesures nouvelles, au-delà de celles annoncées lors du sommet social du 18 février.

Le Premier ministre François Fillon devait s’exprimer dans la soirée.

«Un événement politique»

En début de semaine Bernard Thibault (CGT) avait prévenu que «si la mobilisation est plus importante que le 29 janvier, ce sera un événement politique».

Le cortège parisien a rassemblé entre 85.000 personnes selon la police (65.000 le 29 janvier), et 350.000 personnes (300.000) selon la CGT.

Outre les grandes villes, de Rennes (14.000 à 40.000) à Marseille (30.000 à 320.000) en passant par Bordeaux (36.000 à 100.000), l’affluence a été très forte quasiment partout, y compris dans des villes moyennes (Le Havre, Tarbes…).

«C’est la mobilisation de M. et Mme Toutlemonde, qui expriment leur ras-le-bol», s’est exclamé Gilbert Debard (Unsa), parmi les manifestants lyonnais (de 24.000 à 45.000).

A Clairoix (Oise), symbole de la colère des salariés, un millier d’employés de l’usine de pneumatiques Continental, dont la fermeture est annoncée, sont allés gonfler les rangs des manifestants à Compiègne.

A Paris, les dirigeants syndicaux ont jugé, comme François Chérèque (CFDT), que le «silence complet» du gouvernement et du patronat ne devait pas être la réponse, au risque d’aggraver encore la crise sociale.

«C’est maintenant qu’il faut soutenir la consommation et prendre des décisions», a déclaré Jean-Claude Mailly (FO).

François Fillon a déjà prévenu qu’il n’y aurait aucune «enveloppe supplémentaire» après les mesures adoptées lors du sommet social du 18 février.

«Changer de cap»

«Il faut changer de cap», «Bouclier social»: pancartes ou slogans invitaient jeudi le gouvernement à modifier en profondeur sa politique en faveur de l’emploi et du pouvoir d’achat.

Les perturbations jeudi dans les transports ont été globalement limitées, en partie grâce au service minimum. En région parisienne, les transports en commun ont circulé légèrement mieux que le 29 janvier, mais ont été très affectés à Bordeaux, Reims, Strasbourg et Nice.

La plupart des grandes villes avaient décidé de mettre en oeuvre, au moins en partie, le service minimum d’accueil, mais à Paris seuls 2.400 écoliers sur 136.000 en ont profité, selon la mairie.

Dans la Fonction publique, la grève a été moins importante que le 29 janvier, notamment dans l’éducation. Nombre de fonctionnaires ont défilé, comme les enseignants-chercheurs, au nombre de 50.000 à Paris (selon Unef et FSU), la plus grosse mobilisation depuis le début du mouvement.

Les dirigeants syndicaux se retrouvent vendredi. Tous ont d’ores et déjà souligné la nécessité de «durer» et de rester unis.

(Source AFP)

 

Article Nouvel Obs.com

3 millions de manifestants selon la CGT, 1,2 million selon la police

Ces manifestations, qualifiées de « réussite » par les syndicats, et soutenues par la gauche, égalent les pics de mobilisation de 2006 contre le Contrat première embauche et constituent un nouveau record depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.
Les syndicats se retrouvent vendredi pour décider des suites à donner au mouvement.

Le nombre de manifestants dans les 213 cortèges de protestation organisés jeudi 19 mars dans toute la France à l’appel de tous les syndicats a atteint 3 millions, a déclaré un porte-parole de la CGT. La mobilisation est supérieure à celle du 29 janvier, qui avait vu un à 2,5 millions de manifestants descendre dans la rue.
Selon la police, ils étaient quelque 1,2 million de manifestants, dont 85.000 à Paris.
A Paris, le nombre de manifestants était en hausse: entre 85.000 personnes, selon la police (contre 65.000 le 29 janvier), et 350.000 personnes (contre 300.000) selon la CGT.

Les syndicats satisfaits

« Il y a aujourd’hui deux à trois millions de personnes dans la rue, il y en a plus que la dernière fois », a déclaré François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, lors de la manifestation parisienne.
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, fait lui aussi état d’une augmentation du nombre de manifestants.
« On est dans une marge supérieure au 29 janvier de 25% à 30%. Le soutien de l’opinion publique s’accroît », a-t-il dit.
Quelque 213 défilés étaient organisés dans le pays sous un soleil printanier. Dans de nombreux cortèges, des salariés du secteur privé se sont joints à ceux du public.

« Un grand succès », selon la CGT

La mobilisation interprofessionnelle du 19 mars a été « un grand succès » qui appelle des « négociations sérieuses impliquant l’Etat et le patronat », a estimé la CGT jeudi soir dans un communiqué.
« La nouvelle journée de mobilisation unitaire est incontestablement un grand succès », avec « plus de manifestations, plus de grèves et beaucoup plus de manifestants que le 29 janvier », et « interpelle très directement le gouvernement et le patronat », écrit le syndicat.
Notant que « cette mobilisation a rassemblé de manière très large des millions de salariés du privé et du public, des jeunes et des retraités » et que cela a marqué « un point d’orgue d’un climat social de plus en plus alimenté par de nombreuses luttes dans les entreprises », la centrale syndicale a jugé que « la dimension unitaire de la mobilisation a contribué à sa réussite ».
Pour la confédération, « nier l’ampleur grandissante de la mobilisation serait prendre une lourde responsabilités qui aurait des conséquences sur le climat social ».

Plus de manifestants

A son arrivée à la manifestation parisienne de l’après-midi, Bernard Thibault a déclaré : « Selon les informations que nous avons des manifestations de ce matin, il est très clair qu’il y a plus de manifestants qu’il n’y en avait le 29 janvier ».
Selon lui, il y a aussi « plus d’arrêts de travail dans le secteur privé ». (> voir la liste des secteurs touchés par la mobilisation).
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a, de son côté, estimé jeudi, en tête de la manifestation parisienne, que le « silence complet tant du gouvernement que du patronat » ne devait pas être la réponse à cette « journée réussie » de mobilisation nationale.
En revanche, quelque 19,5% des fonctionnaires étaient en grève jeudi à la mi-journée, contre plus de 23% à la même heure le 29 janvier, a annoncé jeudi le ministère de la Fonction publique.

213 défilés organisés

Des défilés ont démarré dès 10h en région, comme à Marseille, Lyon, Grenoble.A paris, La CGT a indiqué que le carré de tête, parti à 14h05 de la place de la République, avait atteint la place de la Nation, terme prévu de la manifestation, vers 16h00. A la même heure, la queue du cortège ne s’était pas encore élancée de la place de la République.
Un deuxième itinéraire de dégorgement, prévu par la préfecture de police par le boulevard Voltaire, a été utilisé.
Tous les leaders syndicaux réunis en tête du cortège parisien ont fait état d’une participation plus forte sur l’ensemble du territoire.Les leaders du PS ont choisi de défiler dans leurs fiefs (Martine Aubry à Lille, Ségolène Royal à Poitiers…). 213 manifestations étaient prévues en France, contre 195 le 29 janvier.
Les huit syndicats qui ont appelé à la mobilisation (CGT, CFDT, FO, CFE-CFC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa) espèrent arracher au gouvernement de nouvelles mesures en faveur des salariés.

Le gouvernement va devoir « rediscuter »

Convaincu que la mobilisation de ce jeudi serait forte, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé, jeudi matin, que « le gouvernement devra accepter de rediscuter avec les syndicats sur la base des revendications que nous avons présentées en début d’année », à l’issue de la journée d’action nationale. « Il y a une plate-forme commune aux huit syndicats qui parle de l’emploi, du pouvoir d’achat, des investissements, des politiques publiques. Il va falloir que le gouvernement accepte de rediscuter de tout cela », a-t-il ajouté sur France 2.

Des transports peu perturbés

Dans les transports, la direction de la SNCF a indiqué que le taux de grévistes chez les cheminots s’élevait à 35,9% à 10h00, un taux voisin de celui atteint le 29 janvier. Ce taux était de 36,7% à 11h00 le 29 janvier lors de la précédente journée d’action.
Le service minimum devrait tout de même limiter l’impact du mouvement, la SNCF a prévu d’assurer 60% des TGV, 45% des TER et 40% des Transilien. La RATP table elle sur « un trafic quasi-normal pour les bus et le métro ». Le trafic aérien connaissait jeudi matin des perturbations limitées.
30% des vols étaient annulés jeudi à l’aéroport de Paris-Orly, et 10% à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, avec des retards de 30 à 45 minutes en moyenne.
La circulation routière était moins perturbée qu’à l’habitude jeudi à 07h30 sur les grands axes d’Ile-de-France et de Paris, avec 124 km de ralentissements (contre 130 habituellement à la même heure), selon le Centre national d’information et de coordination routières (CNICR).
La circulation est plutôt fluide en banlieue parisienne, avec toutefois d’importants ralentissements sur l’A6.
 

 

Article Le Figaro.fr

Moins de grévistes
et plus de manifestants

Olivier Auguste et Eric de la Chesnais

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1,2 à 3 millions de personnes ont défilé jeudi en France.
1,2 à 3 millions de personnes ont défilé jeudi en France. Crédits photo : AFP

Les défilés de jeudi ont réuni 1,2 à 3 millions de personnes, soit davantage que le 29 janvier. Le taux de grévistes recule dans l’administration.

Le succès des manifestations met la pression sur le pouvoir dans Revue de presse coeur-Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,2 million de manifestants en France jeudi selon la police, 3 millions selon la CGT. La fourchette allait de 1,1 million à 2,5 millions le 29 janvier. Les syndicats ont donc réussi leur deuxième journée interprofessionnelle de grève et de manifestations. Au-delà de ces données, une impression se dégage : les salariés directement frappés par la crise, ou dont l’emploi pourrait être menacé par elle, ont bien davantage contribué à la mobilisation que fin janvier.

De fait, dans l’administration ou dans les entreprises publiques, où le risque de licenciement économique est nul, le taux de grévistes a reculé. À Paris, si la manifestation était un peu plus fournie que la dernière fois (85 000 à 350 000 participants), le privé y était peu visible : les quelques délégations de Total, de Faurecia ou du Technocentre de Renault-Guyancourt étaient noyées dans la masse des enseignants et des personnels hospitaliers – en plein conflit des enseignants-chercheurs et alors que la loi «Hôpital» quitte l’Assemblée pour le Sénat, ceux-ci étaient particulièrement nombreux.

En revanche, en province, le nombre de manifestants, plus important qu’en janvier dans certaines villes moyennes, tient de toute évidence à la participation, beaucoup moins sporadique qu’habituellement, de salariés du privé. Et notamment d’entreprises «symboles» des conséquences de la crise.

 

Continental, Sony, Caterpillar

 

Compiègne, dans l’Oise, a ainsi vu défiler 10 000 personnes, dont de nombreux ouvriers du fabricant de pneus Continental de la ville voisine de Clairoix. À Mont-de-Marsan, dans les Landes (5 000 à 8 000 manifestants), les salariés de Sony de Pontonx-sur-Adour, dont l’usine va fermer, sont venus gonfler les effectifs. À Grenoble, où Caterpillar restructure à cause de l’effondrement de ses commandes, 34 000 à 60 000 manifestants ont été comptabilisés. Même chose à Toulouse avec les salariés de Molex, à Nantes avec ceux de Waterman, au chômage partiel, tout comme ceux de Peugeot qui étaient présents à Montbéliard.

Globalement, le public reste néanmoins majoritaire dans la rue. Selon les directions des entreprises, le taux de grévistes n’a pas dépassé 1 % chez PSA, 2 % à 6 % chez Renault, 5 % aux Caisses d’épargne et chez Alcatel-Lucent, 8 % chez Sanofi-Aventis et Rhodia, 9 % à la banque LCL, mais il a atteint 20 % chez Saint-Gobain et 24 % chez EADS et ses filiales.

Cette journée «est la démonstration qu’il existe un très fort sentiment d’injustice dans ce pays, a commenté Jean-Claude Mailly, le leader de FO, pendant la manifestation parisienne. Je crois que ni le gouvernement, ni le patronat ne l’ont compris. Les salariés attendent pourtant des gestes en faveur du pouvoir d’achat, notamment sur le smic, et de l’emploi des jeunes». «Le succès sera total quand le gouvernement aura mis en place des alternatives pour stopper les licenciements économiques», a renchéri Jacques Voisin, de la CFTC.

 

«Le gouvernement prend des risques»

 

À la CFDT, François Chérèque a estimé que le « silence complet tant du gouvernement que du patronat» ne pouvait pas être la réponse à cette «journée réussie». «Si une mobilisation aussi massive que celle d’aujourd’hui ne permet pas de changer la donne, le gouvernement prend des risques parce qu’on continuera à se mobiliser», a-t-il prévenu.

Bien décidés à battre le fer tant qu’il est chaud, les huit syndicats se retrouvent dès ce matin. Ils devraient mettre le cap sur le 1er Mai et appeler à faire de la traditionnelle Fête du travail un nouveau moment de forte mobilisation, au-delà de l’habituel rendez-vous militant. Face à la fermeté affichée par l’exécutif et compte tenu du nombre et de la diversité de leurs revendications, deux questions très liées se poseront à eux dans les prochaines semaines : jusqu’à quand l’unité syndicale sera-t-elle maintenue ? Et quelles réponses du gouvernement entraîneraient-elles l’arrêt du ­mouvement ?

 

Article 20minute.fr

Journée du 19 mars: une mobilisation digne des manifs anti-CPE

Créé le 19.03.09 à 14h42 | Mis à jour le 19.03.09 à 20h31

Manifestation le 19 mars 2009 à Marseille

Manifestation le 19 mars 2009 à Marseille/Gérard Julien AFP

SOCIAL – Le nombre de grévistes, en revanche, est moins élevé que le 29 janvier…

Un succès. Le nombre de manifestants dans les 229 cortèges de protestation organisés dans toute la France ce jeudi à l’appel de tous les syndicats a atteint 3 millions, selon la CGT, 1,2 million, selon la police. Un chiffre qui égale les pics de mobilisation anti-CPE de 2006. Le 29 janvier, entre un million (police) et 2,5 millions (syndicats) de personnes étaient descendues dans les rues.

>> Pour retrouver notre suivi en temps réel de la journée d’action, cliquez ici

Les salariés du privé plus nombreux que le 29?

Les salariés du privé sont-ils venus gonfler les rangs des manifestants? Selon le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, il y a eu «plus d’arrêts de travail dans le secteur privé». Un avis partagé par Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. «On a pu constater aujourd’hui un engagement accru des salariés du privé, qui sont davantage venus manifester», affirme à 20minutes.fr leader syndical, estimant que c’est un «élément d’encouragement» pour poursuivre le mouvement.

>> Pour consulter la carte des manifestations en France, c’est là

La journée de mobilisation a démarré fort dans les rues de plusieurs grandes villes. L’un des dirigeants de la CGT, Maryse Dumas, a déclaré sur RMC que les défilés de la matinée avaient rassemblé 25% de manifestants «en plus» que le 29 janvier. Un chiffre n’incluant pas Marseille, où la manifestation a été très suivie, tout comme à Lyon. A Paris, 85.000 personnes étaient réunies à la manifestation cet après-midi, selon la préfecture de police, contre 65.000 le 29 janvier.

La quasi-totalité des employés de l’usine Continental de Clairoix (1.120 employés), dont la prochaine fermeture a été annoncée, menaient quant à eux un cortège de 10.000 manifestants à Compiègne (Oise) ce jeudi midi, selon la police et les syndicats.

La grève moins suivie…

La grève, elle, a été un peu moins suivie. Du côté des transports, on comptait entre 35,9% et 41% de grévistes à la SNCF, selon les sources, un taux voisin de celui du 29 janvier. Mais à la RATP, le taux d’agents en grève a diminué de moitié : 12% de grévistes à 12h, contre 25% le 29 janvier.

La mobilisation était moindre également dans la fonction publique, où quelque 21% des fonctionnaires étaient en grève, contre plus de 25% le 29 janvier, selon les chiffres du ministère.

… Sauf dans l’audiovisuel public

Idem dans le monde de l’éducation. Ce matin, les enseignants en grève étaient 35,10% dans le primaire et 24,59% dans le secondaire, selon le ministère de l’Education. Des chiffres en baisse par rapport aux 47,92% (primaire) et 28,03% (secondaire) communiqués par le ministère le 29 janvier. «Il faut comprendre que les enseignants en sont à leur troisième ou quatrième grève de l’année», relativise Gérard Aschieri, qui note toutefois qu’à Paris, la participation à la manifestation des unversitaires et des étudiants était plus importante que le 29 janvier». Le SNES annonce quant à lui à 20minutes.fr un taux de 53 à 55% de grévistes dans les collèges et lycées. Du côté des maternelles et primaires, le SNUIPP-FSU confirme ses prévisions avec environ 60% de participation.

Dans l’audiovisuel public, le nombre de grévistes était assez élevé. Il dépassait 25% à France 3 et à Radio France à la mi-journée, selon les chiffres communiqués à l’AFP par la chaîne et par la direction de groupe public. «Alors que la loi (sur l’audiovisuel public, ndlr) vient d’être promulguée par le président de la République, le service public audiovisuel est plus que jamais fragilisé», avaient écrit les syndicats de Radio France dans leur appel à la grève.

C. F. (avec agence)

 



Encore une mobilisation réussie

Logo UNLAprès la réussite de la journée de mobilisation du  29 janvier rassemblantplus de 2,5 millions de personnes. Aujourd’hui se sont plus de 3millions personnes qui sont descendues dans les rues afin de continuer à lutter contre le gouvernement. Se sont plus de 320 000 manifestants à Marseille, plus de 60 000 àRouen, plus de 35 000 à havre ou encore 350 000 à Paris qui ont une nouvelle fois manifesté leur mécontentement face aux politiques « anti-crise »  qui ne répondent pas concrètement aux problèmes de la population et plus particulièrement de la jeunesse.

Les politiques de restrictions budgétaires ne peuvent ainsi perpétuer en pleine période de crise. Elles doivent dorénavant évoluer afin de répondreaux attentes et aux besoins de l’ensemble de la société. Ainsi les réductions des moyens doivent cesser dans l’éducation nationale. Le taux d’encadrement ne cesse de diminuer, les classes sont de plus en plus surchargées, des BEP sont supprimés et aucune réponse n’est apportée à ces véritables problèmes favorisant l’échec scolaire.Alors que la concertation lycéenne sur la réforme du lycée commence, la précédente réforme du  lycée entre en application dans une centaine de lycées. La logique comptable sur laquelle toutes les réformes du gouvernement se basent depuis deux ans ne peut que nous laisser perplexe quant à la future réforme.

L’Union Nationale Lycéenne, première organisation syndicale lycéenne, demande que la réflexion, qui doit être portée en commun avec les autres organisations sur le projet pédagogique à donner au futur lycée, commence dès maintenant. De plus, afin de palier aux problèmes financiers des nombreuses familles en cette période de crise, l’UNL demande à ce que le montant des bourses soit élevé et que les seuils d’attribution soient revus à la hausse.

Le gouvernement doit désormais apporter des réponses concrètes aux attenteset besoins de la société et notamment de la jeunesse. L’Union NationaleLycéenne, première organisation lycéenne de France, appelle dès à présenttous les lycéens à faire des assemblées générales et des actions  dans leurlycée.

Si aucune réponse n’est apportée, *l’UNL promet de continuer lamobilisation.

*Lucie Bousser*

*Présidente de l’Union Nationale Lycéenne*



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