Des facs débordées par leurs étudiants

Article Libé.fr

Les présidences de Rennes 2 et de la fac de Strasbourg envahies, le président de l’Université d’Orléans séquestré, tout comme celui du Crous de Paris, les jurys du bac menacés… Climat tendu dans les universités.

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Liberation.fr

A Orléans, un groupe d'étudiants retient le président de la fac dans son bureau.

A Orléans, un groupe d’étudiants retient le président de la fac dans son bureau.

 

Ces jours-ci, mieux vaut avoir des compétences en gestion de crise si l’on est président d’université. Après Rennes 2 hier, c’est au tour des facs de Strasbourg et d’Orléans d’être investies aujourd’hui par les étudiants opposés à la loi LRU sur l’autonomie des universités.

A l’Université de Strasbourg (UDS), un groupe de 100 à 150 étudiants a investi vers 16 heures la salle du conseil, perturbant une réunion de la présidence au cours de laquelle les 31 directeurs d’Unités de formation et de recherche (UFR) présents venaient de voter la fin du blocage des trois bâtiments de l’université réoccupés depuis la reprise des cours lundi.

Plusieurs isssues ont été barricadées mais il était encore possible de quitter la salle du conseil. Les étudiants ont lu un appel à la présidence dans lequel ils dénoncent entre autres le fait que le grand amphithéâtre d’un des bâtiments occupés ait été scellé par des vis et des barres de fer.

Lundi, l’assemblée générale des étudiants avait voté à une large majorité le blocage des locaux de la présidence de l’Université de Strasbourg (UDS) et de plusieurs facultés, tandis que la présidence avait menacé de faire appel à la police «en cas de débordements».

Le Crous occupé, le bac menacé

A Orléans, depuis 14 heures, une grosse soixantaine d’étudiants, essentiellement issus de la coordination nationale étudiante, retiennent Gérald Guillaumet, le président de l’université, dans son bureau du Château d’Orléans La Source. Les étudiants demandent au président de prendre des positions plus tranchées face à sa ministre Valérie Pécresse.

Même méthode mais atmosphère plus tendue au Crous de Paris, où des étudiants ont retenu pendant presque deux heures le directeur de l’établissement (voir la vidéo tournée par Libération.fr). La police est intervenue avec violence pour évacuer les lieux.

Les revendications portent cette fois sur la baisse des tarifs de tous les services du Crous, et l’augmentation du nombre et du montant des bourse, la création de postes supplémentaires Biatoss (Bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers, de service et de santé).

Autre signe de tension ces jours-ci, le conflit pourrait maintenant affecter le lycée et le passage du bac: des universitaires commencent en effet à envoyer dans leurs rectorats des lettres refusant de siéger dans les jurys de baccalauréat (jurys présidés par des universitaires).

 

Menace sur le bac : des universitaires refusent de présider les jury

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/menace-sur-le-b.html

Bac Si la grève ne suffit pas, bloquons le bac. Cette idée fait son chemin puisque des universitaires commencent à envoyer dans leurs rectorats des lettres refusant de siéger en jury de baccalauréat

Or, comme ce diplôme est considéré non seulement comme la fin du secondaire mais aussi comme sésame d’entrée dans le supérieur, il est obligatoirement décerné par un jury présidé par un universitaire (maître de conférence ou professeur) nommé par le recteur sur proposition du président de son université et non pas un professeur du secondaire. Une disposition toutefois atténuée par le fait que le vice-président du jury peut remplacer physiquement le président… mais la nomination de ce dernier est nécessaire à la constition du jury.
Hier, 246 enseignants-chercheurs de l’université de Rouen ont envoyé une lettre à leur président d’université, refusant que leurs noms soient transmis au Rectorat pour présider les jury de bac. Il est probable que cette initiative sera suivie dans de nombreuses universités,

{ajout à 11h : je viens de recevoir un courriel m’informant que l’assemblée générale des enseignants de l’UFR d’histoire de Paris-1 a voté hier un texte (lire en fin de note) se joignant à cette action.}

tant l’exaspération des universitaires est grande, un sentiment dont témoignent de récentes décisions comme le vote de la continuation de la grève à l’UFR d’histoire de Paris-1 Panthéon Sorbonne ou le vote d’une occupation des locaux par une assemblée de 1200 étudiants à Strasbourg hier (source France Inter).

Voici leur lettre :
Nous, enseignants-chercheurs, refusons de présider les jurys de bac ! Le baccalauréat est un grade universitaire, c’est pourquoi les jurys sont OBLIGATOIREMENT présidés par un professeur des universités ou un maître de conférences nommé par le recteur sur proposition des présidents d’université. (Décret n° 93-1092 du 15 septembre 1993).

Cette année, nous refusons que vous transmettiez au recteur nos noms pour présider les jurys de baccalauréat de la session 2009. Aucun jury ne doit être constitué tant que les revendications rappelées ci-dessous n’ont pas été satisfaites.
Parce que les collèges et les lycées sont, comme les établissements du 1er degré, directement menacés par le projet de réforme de la formation et du recrutement des enseignants :
-          ce projet affaiblit le contenu disciplinaire des concours
-          l’année de stage en alternance – payée ! – à l’issue du concours disparaît. Cela signifie la suppression de fait de la formation pédagogique des enseignants du secondaire et du primaire – ce qui permet à l’Etat d’économiser aux dépens des futurs enseignants et de leurs élèves chaque année plus de 10 000 postes de fonctionnaires.
-          ce projet encourage le développement de la précarité au lieu de se solder par une revalorisation réelle du métier d’enseignant.

En effet, tout indique que les concours disparaîtront progressivement pour laisser la place à l’inscription sur une liste d’aptitude, réservoir où les proviseurs des établissements devenus autonomes pourront piocher librement, pour recruter soit des contractuels soit des vacataires.. La masterisation de la formation des enseignants est une arme de destruction massive dirigée contre les fonctionnaires.

Parce que le gouvernement s’acharne à vouloir mettre en place ces nouveaux concours dès 2010. Parce que la suppression des postes dans le supérieur met en danger les formations dispensées, et que la “promesse” faite par François Fillon de mettre à disposition des universités des postes d’agrégés du secondaire revient à déshabiller le secondaire. Parce qu’il est de plus en plus clair qu’un projet cohérent est mis en place de la maternelle à l’université. Or le secteur public ne peut et ne doit pas répondre aux mêmes critères que le privé car les écoles, les collèges, les lycées et les universités ne sont pas des entreprises, l’enseignement et la recherche ne sont pas des marchandises.
Parce que, en réécrivant le décret fixant le statut des enseignants-chercheurs, le gouvernement vise à faire des économies au détriment de la recherche, dans une logique de rentabilité aussi inadaptée que délétère. Parce que ce décret ouvre la porte à un “enseigner plus pour gagner autant”, parce qu’il vise à scinder la communauté universitaire et à réduire le lien entre enseignement et recherche, fondateur de l’université. Parce qu’aucune réponse n’est apportée à des sujets aussi capitaux que le démantèlement des organismes publics de recherche, le contrat doctoral unique, la précarisation de masse des jeunes chercheurs, la pénurie des postes statutaires, les nouvelles règles budgétaires, la précarisation et l’individualisation autoritaire des carrières des agents administratifs et techniques, les inégalités induites par l’application du plan campus.
Parce que le gouvernement refuse de nous entendre et que sa seule réponse à nos revendications se résume à une opération de communication. Depuis le 2 février, les universités sont en grève pour s’opposer à la destruction du système éducatif français et défendre l’avenir de nos enfants.
C’est pourquoi nous refusons que vous transmettiez nos noms au recteur afin qu’il procède à la constitution des jurys de baccalauréat.

Voici le texte voté par l’UFR d’histoire de Paris-1 :

Le baccalauréat concerne chaque année des centaines de milliers de lycéens. Ce diplôme bicentenaire, par son caractère national, demeure juste et équitable. Mobilisant l’ensemble de la communauté éducative, il consacre les connaissances et les compétences acquises dans l’enseignement secondaire. Plus encore, il ouvre aux candidats l’accès à des études supérieures. C’est pourquoi dès ses origines, ce diplôme fut conçu comme le premier grade universitaire ; c’est la raison pour laquelle tout jury de baccalauréat doit être présidé par un enseignant de l’Université. Cette charge, bien que non rémunérée, est assumée avec responsabilité par nombre d’entre nous parce qu’elle permet d’entretenir un lien fort et original entre l’Education Nationale et le monde de l’Université.
Dans un contexte de réformes iniques portant atteinte à l’ensemble de la communauté éducative, de la maternelle à l’Université, nous nous opposons avec force à la dévalorisation dramatique des diplômes universitaires induite par les réformes en cours, du baccalauréat jusqu’au master. Après plus de dix semaines de conflit, notre détermination demeure intacte et nous ne céderons sur rien. Nous exigeons le retrait des décrets portés par les Ministres de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur. Un retrait pur et simple, qui ne soit pas assorti de fausses promesses ni de manœuvres dilatoires.
Si tel n’était pas le cas, nous refuserons collectivement de présider aux jurys de la prochaine session du baccalauréat.

 

 

Revue de presse en brève :
Supérieur :

http://www.leparisien.fr/societe/pourquoi-les-facs-restent-agitees-08-04-2009-471319.php

Pourquoi les facs restent agitées
Des manifestations d’étudiants et d’enseignants-chercheurs sont encore
prévues aujourd’hui. Le conflit, qui dure depuis dix semaines,
s’enlise et se radicalise.

Education :

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/formation-des-e.html

Formation des enseignants : l’union retrouvée
Valérie Pécresse et Xavier Darcos sont face à un très large front
syndical et associatif sur leur projet de réforme de la formation des
enseignants. Alors que les reculs partiels qu’ils ont concédé ont créé
une confusion extrême, une kyrielle de syndicats, associations,
sociétés savantes viennent de s’entendre sur un texte commun, court,
qui définit un chemin de sortie de crise.

http://www.sudouest.com/dordogne/actualite/article/553238/mil/4378874.html

ÉVALUATIONS DES CM2. FCPE et FSU commentent avec prudence les résultats
Parents et syndicats se méfient

« Ce qui nous a inquiétés, c’est le codage trop brutal de cette
évaluation faite en petits comités, sans tenir compte des remarques
des enseignants. De plus, en plein changement de programmes scolaires
», résume Jean-Luc Marchive, de la FSU Dordogne.
Au sujet des résultats, Jean-Luc Marchive, « doute » de ce qu’ils
recoupent : « Rien n’a filtré sur les questionnaires et certains ont
été renvoyés incomplets. » La FSU, par exemple, avait donné pour
consigne de ne tester les élèves que sur les parties de programmes
déjà vues en cours. Ainsi, une centaine de questionnaires incomplets
avaient été remis à l’inspection académique de Dordogne par le
syndicat.

http://www.liberation.fr/societe/0101560768-fcpe-les-cameras-ne-doivent-pas-remplacer-les-adultes

«Les caméras ne doivent pas remplacer les adultes dans les écoles»
INTERVIEW
Christiane Allain est secrétaire générale de la Fédération des
conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), qui s’est
prononcée contre les caméras de surveillance dans les établissements
scolaires.

http://www.20minutes.fr/article/318531/France-Les-agregatifs-pieges-veulent-etre-recus-mercredi-au-ministere.php

Les agrégatifs piégés veulent être reçus mercredi au ministère
EDUCATION – La cinquantaine de candidats éliminés par la panne à la
gare du Nord ont reçu le soutien de la «Société des agrégés»…
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