Pour un lycée démocratique

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« Consultation » académique des lycées

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Compte-rendu du CTPA du 27 avril

Le Ctpa était réuni afin de débattre sur les rapports (joints à cet envoi) établis par l’inspection dans le cadre de la « consultation sur l’avenir du lycée » commandée par le Ministre de l’Education Nationale. Deux consultations ont été menées ; l’une externe : Conseil Régional, Universités de Nîmes, Perpignan, Montpellier 1 et 2, école supérieure de commerce, chambre de commerce et d’industrie, chambre régionale des métiers, CESR, fédérations de parents Fcpe, Peep et Urapel ; l’autre interne : CTPA, CAVL, chefs d’établissements (séminaire académique, réunions départe-mentales), inspecteurs (séminaire académique), et dans les lycées de l’académie, consultation des équipes de direction, du CVL ou des délégués élèves, des représentants des personnels au CA et /ou au conseil pédagogique, des élus parents au CA.

Nous avons en premier lieu dénoncé la nature du dispositif imposé par le ministère, et en particulier le refus de consulter l’ensemble des personnels malgré les demandes faites par le Snes et par les collègues de nombreux lycées, ainsi que l’absence de consultation des organisations syndicales. Ce refus signifie-t-il que pour le ministère, l’avis de notre profession est sans intérêt ou alors trop susceptible de remettre en cause la politique menée?
Nous avons clairement indiqué qu’aucune réforme du lycée ne pourrait se faire sans prendre en compte l’avis et les demandes de nos collègues – ceux qui font fonctionner le système éducatif et en connaissent le mieux les problèmes – et nous avons renouvelé notre exigence d’une réelle consultation de toute la profession, qui signifie une réelle reconnaissance de ses qualités d’expertise, ainsi que des organisations syndicales.
Nous avons fait remarquer l’absence de référence au fait que le lycée avait su, dans les années 70-80, multiplier par près de 3 le nombre de bacheliers, et qu’il était important d’analyser les raisons, y compris structurelles et budgétaires, pour lesquelles la dynamique alors mise en œuvre n’avait pas perduré.
Nous avons réaffirmé la nécessité d’une réforme du lycée et rappelé que c’est à la fois pour son contenu, ses objectifs réels, la politique de suppressions massives de postes et d’abandon de toute ambition pour le système éducatif dont il était la traduction, que le projet de réforme des lycées du ministre avait été massivement rejeté : les mobilisations massives des personnels, des parents et des lycéens qui se sont développées tout au long de cette année scolaire traduisent l’exigence d’une réelle ambition pour le système éducatif, d’une politique budgétaire en rapport et d’une autre réforme.
Celle-ci doit avoir une dimension globale, ce qui implique au moins une réflexion sur l’articulation 3ème-2nde et sur la première année de l’enseignement supérieur, ainsi que sur l’enseignement professionnel.

Le dispositif choisi pour cette « consultation » avait sans aucun doute pour but de réduire autant que possible l’expression et les exigences des personnels. Pourtant, malgré le filtrage induit par les modalités choisies, même si plusieurs propositions relèvent avant tout de la commande institution-nelle et ne s’appuient sur aucune demande représentative, et même si ce n’est pas toujours avec autant d’intensité qu’il aurait fallu, ces 2 rapports dressent un constat relativement objectif : la réalité de la situation des lycées dans notre académie et des exigences de notre profession sont en grande partie prises en compte, ce qui est une nouvelle preuve de leur importance réelle.

Ainsi le rapport interne évoque sur plus d’une demi-page le « scepticisme à l’égard de la consultation », « explicitement soupçonnée d’arrières pensées », « la défiance », « l’incompré-hension entre le corps enseignant et le pilotage national de l’institution » (rupture aurait été plus proche de la réalité ?), pointe de « pesantes incertitudes » sur « la nature et les finalités du métier » dont « la hiérarchie des missions » et leur « sens même » devient « illisible » et conclut sur « l’expression de la défiance envers l’action publique » qui « se substitue à celle de la confiance dans la pérennité de l’institution et de ses valeurs ».
Ainsi la question des moyens, « presque toujours la première question abordée » par « les enseignants, les élèves et les parents », comme « préalable à toute évolution qualitative », la forte demande de diminution des effectifs par classe et de groupes allégés, mais aussi le dévelop-pement des heures supplémentaires qui a atteint « un point de blocage ».
Il ne fait aucun doute qu’une consultation de toute la profession aurait encore mieux rendu compte de sa détermination à défendre le Service Public d’Education et ses missions et de la signification politique de son attachement à ses valeurs, et qu’elle aurait permis de tracer d’emblée de premières pistes sur ce qu’il serait possible de faire avec des moyens à la hauteur. Mais était-ce bien le but du dispositif ministériel ?
Nous avons développé ces aspects, en insistant sur l’importance de renforcer le Service Public et ses missions, ce qui passe par une autre politique éducative y compris budgétaire et donc par le rétablissement des postes supprimés, et en reprenant les propositions faites dans de nombreux établissements (effectifs, groupes, dédoublements, soutien, passerelles …).

Sur la question de l’orientation, les élèves posent des questions qu’on ne peut pas ignorer et pour lesquelles ils se retournent d’abord vers leurs professeurs ; ce réflexe « naturel » risque d’être instrumentalisé pour justifier le transfert d’une partie au moins des tâches des Copsy sur les enseignants. Nous avons rappelé l’importance de la compétence professionnelle et du rôle des Copsy dont les tâches ne pourront en aucun cas être assumées par les enseignants, l’insuffisance et la diminution de leur nombre. Quant à leur transfert à la Région et à la mise en place de « services de l’orientation, placés sous la responsabilité des collectivités territoriales » (Copsy, représentants des parents et membres des chambres de commerce et d’industrie, rapport externe) c’est à la  demande … de la Région qui rêve de les utiliser à d’autres fins. Nous avons rappelé le refus massif de tout transfert aux Régions, de leur gestion comme de leurs missions.
Une autre question est celle de la trop grande irréversibilité de l’orientation aujourd’hui.
Nous devons avancer des propositions sur ces 2 points, en terme d’organisation et de travail en équipe sur le 1er, de modifications structurelles sur le 2ème : la multiplication de passerelles entre niveaux, séries et voies, et la mise en place d’enseignements de rattrapage sont de premières pistes.

En ce qui concerne l’organisation générale du lycée, nous avons rappelé la nécessité de maintenir les 3 voies professionnelle, technologique, générale, et d’une organisation en séries, l’importance du rôle de détermination de la 2nde, le refus de hiérarchisation des filières et l’importance d’une culture commune, ce qui n’a rien à voir avec un socle commun au rabais.
Si ces points sont assez bien pris en compte dans les rapports, nous avons indiqué que le Snes serait particulièrement vigilant à ce qu’ils ne servent pas de prétexte à mettre en place une réforme dont le but serait de « financer » les suppressions de postes.
Si la piste de la semestrialisation semble en perte de vitesse, nous avons fortement contesté les appréciations portées sur les modules et relevé l’ambiguïté sur ce que recouvre le mot « module ». Les modules tels que nous les connaissons et les pratiquons sont plutôt appréciés car ils permettent d’ouvrir des espaces pédagogiques profitables, mais il n’en va pas de même des modules tels qu’ils étaient conçus dans le projet Darcos, qui ont été largement rejetés au moins en l’état. Le rapport note toutefois que « l’organisation concrète [des modules] est souvent sujette à discussion, voire à opposition ».
Il pointe par ailleurs les difficultés réelles à trouver les « équilibres » entre disciplines dans le tronc commun.

Si l’importance du rôle du baccalauréat « que personne ne dit vouloir remettre en cause » est clairement reconnue, l’insistance mise sur le contrôle en cours de formation mérite toute notre vigilance. Nous avons indiqué qu’une telle insistance ne correspondait absolument pas aux demandes de notre profession et relevait surtout de la commande institutionnelle, et dénoncé les dangers que présenterait une augmentation du CCF.
Le rééquilibrage des coefficients doit être débattu, avec l’ensemble des collègues.

La question de la « lourdeur » des programmes ne peut pas être écartée, mais elle ne doit pas servir de prétexte à une diminution des horaires dans le but de supprimer des postes ; elle doit être liée à la nécessité d’améliorer l’efficacité pédagogique, ce qui renvoie notamment à la question des effectifs et des groupes allégés.

Sur la classe de 2nde, outre les questions d’effectifs, de groupes allégés … qui selon nous sont incontournables, nous avons rappelé que les causes d’échec étaient très diverses. Nous évoqué d’autres propositions faites dans certains lycées (par exemple des expériences de 2nde en 2 ans) qui peuvent répondre à certaines situations, la question des orientations en LP refusées faute de place, la mise en place d’enseignements de rattrapage et de passerelles à tous les niveaux comme alternatives à certains redoublements …
L’insistance mise sur l’accompagnement scolaire mérite elle aussi une vigilance toute particulière. Nous avons rappelé notre demande de recrutements massifs d’étudiants-surveillants pour les activités du type aide aux devoirs, études surveillées … et pour les activités plus proprement pédagogiques et/ou disciplinaires, leur intégration dans les services des enseignants. Sur ce point nous avons indiqué le refus massif de la profession de voir ces activités imposées en plus de leur service, et dénoncé la multiplication des tâches hors enseignement.

Sur les rythmes scolaires, le rapport externe retombe – hasard ou nécessité ? – sur les 27 h. de cours par semaine qui figuraient dans le projet Darcos. Nous avons indiqué que sauf à utiliser ce problème à des fins strictement budgétaires il convenait, sans pour autant écarter la piste de la réduction du nombre d’heures de cours, de la lier à la question de l’efficacité pédagogique (effectifs, groupes …) et d’en explorer d’autres (à titre d’exemples : emplois du temps pédagogiquement aberrants du fait de la gestion à l’heure près, bruit, surcroît de fatigue pour les élèves lié aux effectifs dans les classes …)

Au final, si ces rapports traduisent relativement bien la situation actuelle, ils contiennent plusieurs propositions inacceptables, ce qui montre la nécessité de rester vigilants et de maintenir la mobilisation de toute la profession pour mettre en échec un retour possible de la réforme Darcos « toilettée » et exiger une autre réforme des lycées et une autre politique éducative.

Bernard Duffourg    Bertrand Humeau



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