La défense des services publics reste un sujet d’affrontement droite-gauche dans l’UE

ArticleLe Monde.fr

Avec la défense des services publics, le PS espère avoir trouvé une ligne d’attaque contre le chef de l’Etat pour marquer sa différence dans la campagne des européennes. « La politique de Nicolas Sarkozy, c’est celle qui est en place en Europe, c’est celle de la casse des services publics et de la déréglementation », a lancé Martine Aubry, à l’occasion d’une réunion publique à Liévin, dans le Nord, mardi 19 mai.

 

Dans un document édité à l’occasion de la journée de défense des services publics, le lendemain, le PS souligne que « la droite n’a qu’une seule et même politique en France et en Europe : la privatisation des services publics et à terme leur disparition ».

L’affrontement droite-gauche n’est pas nouveau sur ce sujet sensible en France, comme en Europe. La question de savoir si l’Union européenne doit ou non adopter un cadre pour les services publics est ouverte au moins depuis une décennie.

Depuis qu’il a pris la présidence de la Commission européenne, en 2004, José Manuel Barroso a toujours refusé de proposer la directive-cadre sur le sujet que les partis de gauche, et certains gouvernements, dont la France, appellent plus ou moins fortement de leurs voeux.

Le débat a pourtant pris de l’ampleur dans le contexte de la libéralisation des services dits « d’intérêt économique général » (les SIEG). Des secteurs comme les télécommunications, les transports, l’énergie ou la poste, que les Vingt-Sept ont entrepris depuis le début des années 1990 de soumettre aux règles de la concurrence, et du marché intérieur.

LIBÉRALISATION

Ces réformes d’inspiration libérale, parfois soutenues par des gouvernements de gauche, ne sont pas allées sans la mise en oeuvre d’obligations de service public (service universel, droits des usagers etc.). Mais elles connaissent à ce stade des fortunes diverses. L’impact positif de la libéralisation des télécommunications ou du transport aérien est reconnu un peu partout en Europe. C’est loin d’être le cas de celle du marché de l’énergie, ou des services postaux.

La bataille suscitée par le projet de directive (Bolkestein) sur la libéralisation de l’ensemble des activités de services a marqué un tournant. Sous la pression du Parlement européen, et de certaines capitales, dont Paris et Berlin, les « services sociaux d’intérêt général » – comme le logement social, les soins de santé, l’aide à la petite enfance – ont été exclus du champ de la directive lors de son adoption, en décembre 2006. Six mois plus tard, dans un protocole inédit sur les « services d’intérêt général » annexé au traité de Lisbonne, chefs d’Etat et de gouvernement décidaient de faire clairement la distinction entre les SIEG et les services « non économiques » (justice, police, régimes de sécurité sociale). S’il est ratifié un jour par les Vingt-Sept, ce document marquera « une étape décisive vers l’établissement d’un cadre transparent et fiable au niveau de l’Union européenne », a admis la Commission en novembre 2007.

La controverse n’est pas pour autant close, au moment où les Etats membres ont du mal à transposer l’ex-directive Bolkestein, au plus tard d’ici à la fin de l’année. Au grand dam du PS, le gouvernement français n’a pas encore indiqué quels seraient les services sociaux bel et bien exclus de la loi de transposition.

La discussion prévue à ce sujet le 12 mai à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a été reportée au 11 juin, c’est-à-dire après les élections européennes. « Les Français ont le droit de savoir ce que le gouvernement compte faire concernant ces services publics, quels services publics seront prioritaires, quels services publics seront soumis à la concurrence », proteste Razzye Hammadi, le secrétaire national aux services publics du PS.

Rémi Barroux et Philippe Ricard (à Bruxelles)

 



La crise vue par des artistes militants



Police et école : attention danger!

Fouilles à l’école : le PS raille la volonté de créer « un GIGN scolaire »

NOUVELOBS.COM

Pour le Parti socialiste, le ministre Xavier Darcos « se moque un peu du monde » en voulant fonder « une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire », alors que « pendant des années, il a réduit le nombre de surveillants ». Le syndicat FSU dénonce pour sa part « une surenchère sécuritaire ».

(Sipa)

(Sipa)

Opposition et syndicats réagissent avec vigueur contre la proposition du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos d’autoriser les personnels administratifs à fouiller les élèves qui seraient soupçonnés de vouloir faire entrer des armes dans les établissements.
Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a déclaré vendredi 22 mai que Xavier Darcos « se moque un peu du monde » en proposant de créer « une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire« , alors que « pendant des années, il a réduit le nombre de surveillants ».
« Pendant des années il a réduit le nombre de surveillants, donc il a demandé aux enseignants de surveiller les enfants, alors qu’ils ne peuvent pas faire les deux choses, et maintenant il voudrait constituer une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire, une brigade scolaire », s’est indigné Jean-Christophe Cambadélis sur RMC.

« Prévention et dialogue »

« Le problème n’est pas tant d’avoir une brigade spéciale ou demander aux enseignants de fouiller les cartables des enfants, le problème est d’avoir un encadrement de surveillants » qui « sont là tout au long de l’année, qui connaissent les enfants » et « peuvent les suivre », a-t-il affirmé. Ceux qu’on appelait autrefois « les pions ».
Le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées) a réagi en dénonçant la « surenchère sécuritaire du ministre ». Le ministre « se lance aujourd’hui dans une surenchère sécuritaire », alors que « seules des mesures éducatives de prévention et de dialogue avec les élèves et leurs familles sont adaptées », estime le syndicat. Or, « les personnels de l’éducation nationale peuvent de moins en moins assurer leurs missions éducatives du fait des 30.000 suppressions d’emplois réalisées depuis trois ans et les 17 à 18.000 suppressions envisagées pour 2010 contribueront à dégrader encore davantage la situation ».

Il faut « de la confiance »

L’Unsa-Education considère pour sa part que la proposition du ministre tient « plus du souci de communication que du souci d’action de fond ». « C’est un coup des portiques, un coup ça », a réagi Luc Bentz, secrétaire national de l’Unsa Education. Tandis que pour Jérôme Crozat, chargé de la communication de ce syndicat d’enseignants: « Ca pourrait introduire de la suspicion dans l’établissement ». Il est « essentiel que, malgré tout, il y ait de la confiance entre personnels et élèves ».
Pour sa part, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) juge que « la solution pour contrer les phénomènes de violences ne se résume pas » à installer des « portiques de sécurité à l’entrée des collèges ou des lycées », et « encore moins » à mettre « en place une police des écoles« . Selon le syndicat lycéen, il faudrait plutôt « commencer par maintenir la présence d’adultes dans les établissements scolaires au lieu de continuer à supprimer massivement des postes dans l’éducation nationale ».

« C’est concrètement pas possible »

Du côté des politiques, Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte ouvrière (trotskiste), a qualifié vendredi la proposition du ministre de « très démagogiques ». « Que veut-il faire croire? Qu’il suffira de faire porter un uniforme de policier aux enseignants pour qu’il n’y ait plus de violence, de comportements agressifs dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées. Non, ça personne ne le croira », a-t-elle déclaré sur France 2. « J’accueille une classe, il y a 35 élèves, il faut que je fouille tout le monde? C’est concrètement pas possible », a ajouté la porte-parole de LO, qui est enseignante.
« J’ai même des difficultés parfois à faire mon métier » face à des élèves qui connaissent « des difficultés qui sont nées au primaire, au moment où on n’a pas été capable d’apporter à tous ces jeunes ce dont ils ont besoin pour se sentir bien dans leur tête », a-t-elle poursuivi.
Selon elle, il faut avant tout « stopper toutes ces suppressions d’emplois » et « au contraire en créer dans les quartiers difficiles ».
(nouvelobs.com avec AP)

 

Le « GIGN scolaire » de Xavier Darcos fait l’unanimité contre lui

LEMONDE.FR avec AFP

 

La création d’une « force mobile d’agents » ayant le droit « de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles« , comme l’a décrite jeudi le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, n’a pas manqué de susciter des réactions négatives, autant chez les syndicats de l’enseignement que dans le milieu politique.

 

Estimant qu’il focalise son attention « sur les agressions avec armes« , le SNES-FSU estime que M. Darcos « passe sous silence ce qui constitue l’essentiel de la violence en milieu scolaire : les incivilités, les conflits entre élèves et les agressions verbales ». « Les portiques de sécurité et les fouilles ne sont d’aucune utilité dans ce domaine », juge le syndicat. Pour le syndicat lycéen FIDL, créer cette « police des écoles » est une mesure « populiste en pleine période de recrudescence des actes de violences à l’intérieur des établissements scolaires ».

SUPPRESSIONS DE POSTES DE SURVEILLANT

De son côté, le Parti socialiste a tenu à souligner la contradiction entre les suppressions de postes de surveillant en milieu scolaire et la proposition de M. Darcos. « Pendant des années il a réduit le nombre de surveillants, donc il a demandé aux enseignants de surveiller les enfants, alors qu’ils ne peuvent pas faire les deux choses, et maintenant il voudrait constituer une espèce de corps spécial, un GIGN scolaire, une brigade scolaire », a estimé le député Jean-Christophe Cambadélis.

« Le problème n’est pas tant d’avoir une brigade spéciale ou demander aux enseignants de fouiller les cartables des enfants, le problème est d’avoir un encadrement de surveillants », a-t-il poursuivi, concluant que Xavier Darcos « se moque un peu du monde ». « Que veut-il faire croire ? qu’il suffira de faire porter un uniforme de policier aux enseignants pour qu’il n’y ait plus de violence », s’est moquée la porte-parole de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud.

Quant à Philippe de Villiers, il s’est montré compréhensif, jugeant que M. Darcos « souhaite vis-à-vis de l’opinion publique réagir très vite pour dire : ‘on fait quelque chose’ ». « Il faut donner [aux élèves] l’amour de la France, a estimé le leader souverainiste. Il faut, pour qu’ils soient des citoyens qui s’aiment les uns les autres, leur offrir d’aimer quelque chose de plus grand qu’eux ».  

Article libe.fr

Surenchère sécuritaire: une leçon du professeur Darcos en trois parties

Depuis  le report de la prétendue réforme du lycée, Xavier Darcos est déprimé. Directement court-circuité par Sarkozy soi-même et par Richard Descoings, il peine vraiment à exister.

Comment faire parler de soi quand on ne sert plus à rien?

L’actualité vient enfin de lui fournir sur un plateau l’occasion tant attendue, le drame paroxystique à récupérer: l’agression dans un collège près de Toulouse d’une enseignante par un élève de 13 ans vendredi dernier.

Le ministre en sursis saute sur l’occasion, apporte un légitime soutien à la victime et propose qu’on installe des portiques de sécurité et des fouilles à l’entrée.

Premier succès: ça fait causer. Jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que fouiller 600 élèves chaque matin prendrait un temps fou et qu’il faudrait aussi interdire les ciseaux, les compas, et autres règles métalliques qui déclencheraient les portiques…

Mais l’essentiel est acquis: Xavier Darcos redevient médiatiquement le ministre de l’Education nationale.

Le problème avec les médias c’est qu’il leur faut du neuf, toujours du neuf.

Le succès, donc, ne dure pas.

Heureusement la  PEEP est là…

L’ouverture, un jour férié, du congrès de la deuxième fédération de parents d’élèves, qui n’est pas connue pour le caractère particulièrement progressiste de ses positions, a donc offert à notre ministre en sursis, et en attente de remaniement, l’occasion de relancer le buzz.

Par une matinée ensoleillée de jeudi de l’ascension, Xavier Darcos annonce donc, devant un parterre de parents d’élèves « PEEPiens », qu’il a un super plan pour anéantir la violence.

Comme il se souvient avoir été prof de lettres, le plan est en trois parties:

1) On crée une «force mobile d’agents» chargé de la sécurité et placé sous l’autorité des Recteurs. Les brigades du Tigre de la violence scolaire, quoi!

2) On donne aux personnels des établissements des prérogatives de flics, pardon de policiers, histoire de tendre un peu plus les relations avec les élèves.

3) On sanctionne financièrement les parents des élèves qui posent problème.

Tout y est: la surenchère sécuritaire, la confusion des genres et le populisme gerbant.

Et le buzz fonctionne à merveille.

 Il ne nous reste plus qu’à ramer derrière pour expliquer:

1) Que 99% des faits de violences à l’école sont des insultes, des «incivilités répétées», des bagarres entre élèves, des contestations de l’autorité du prof et de l’intérêt de ce qu’il enseigne. Et que face à cette réalité les portiques, les fouilles et les brigades spéciales sont tout à fait impuissantes.

2) Qu’un enseignant est chargé d’une mission éducative et qu’une surenchère sécuritaire, tendant à rapprocher son statut de celui d’un policier, ne ferait que compliquer les relations avec les élèves en multipliant les risques de dérives.

3) Que cette surenchère est aussi une diversion qui permet d’évacuer les vrais sujets qui fâchent, par exemple la suppression de 34.000 emplois dans la fonction publique l’année prochaine, les postes vacants de profs, d’assistantes sociales, de CPE, la lente dégradation organisée des conditions de vie et de travail dans les établissements les plus fragiles…

Décidément, si Darcos se fait souffler le tant espéré ministère de la Justice, il pourra toujours se recycler comme directeur de campagnes électorales. Ce genre de surenchère avait si bien fonctionné en 2002…

• Guillaume •Article Libe.fr

La «police des écoles» souhaitée par Darcos crée la polémique

Le syndicat Fidl et la porte-parole de Lutte ouvrière, également enseignante, dénoncent les suggestions du ministre de l’Education. Philippe de Villiers «comprend» l’initiative de Darcos.

 

Philippe de Villiers a dit «comprendre» les propositions du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos pour lutter contre les violences scolaires, comme la création «d’une force mobile d’agents» et la possibilité de fouiller les élèves.

Xavier Darcos «a lancé un débat, je ne crois pas que ce soit autre chose qu’une proposition et je comprends qu’il souhaite vis-à-vis de l’opinion publique réagir très vite pour dire: on fait quelque chose».

Selon le député européen, «notre école est menacée de désintégration» et face à cela «il faut faire deux choses immédiates»: «rétablir l’autorité, le respect du professeur par l’élève».

En revanche, le syndicat lycéen Fidl estime que la proposition de Darcos revenait à «mettre en place une police des écoles». Pour Alix Nicolet, présidente de la Fidl, «cette mesure qui prétend résoudre les phénomènes de violences scolaires sonne comme populiste en pleine période de recrudescence des actes de violences à l’intérieur des établissements scolaires».

Le syndicat lycéen «insiste sur le fait que la solution pour contrer les phénomènes de violences ne se résume pas en installant des portiques de sécurité à l’entrée des collèges ou des lycées et encore moins en mettant en place une police des écoles». Pour la Fidl, «la solution devrait commencer par maintenir la présence d’adultes dans les établissements scolaires au lieu de continuer à supprimer massivement des postes dans l’éducation nationale».

La porte-parole de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a jugé pour sa part «très démagogiques» les propositions de Xavier Darcos. «Je pense que toutes ces mesures sont très démagogiques. Que veut-il faire croire? Qu’il suffira de faire porter un uniforme de policier aux enseignants pour qu’il n’y ait plus de violence, de comportements agressifs dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées. Non, ça personne ne le croira», a déclaré Arthaud sur France 2.

«J’accueille une classe, il y a 35 élèves, il faut que je fouille tout le monde? c’est concrètement pas possible», a ajouté la porte-parole de LO, qui est enseignante. «J’ai même des difficultés parfois à faire mon métier» face à des élèves qui connaissent «des difficultés qui sont nées au primaire, au moment où on n’a pas été capable d’apporter à tous ces jeunes ce dont ils ont besoin pour se sentir bien dans leur tête», a-t-elle poursuivi.

Selon elle, il faut avant tout «stopper toutes ces suppressions d’emplois» et «au contraire en créer dans les quartiers difficiles».

(Source AFP)



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