Nouvelle journée de mobilisation nationale dans les universités

Article Nouvel Obs.com

Des manifestations sont prévues à Paris et en province pour protester contre les réformes des universités et de la recherche. François Fillon envisage un report des examens en septembre.

Manifestation le 5 mars (Reuters)

Manifestation le 5 mars (Reuters)
Une intersyndicale (FSU, CGT, Sgen-CFDT, Unsa, Solidaires, Sauvons la recherche et Sauvons l’université) ainsi que la Coordination nationale des universités appellent à manifester jeudi 14 mai à Paris et en province.
Alors que le mouvement de protestation contre les réformes gouvernementales dans l’enseignement supérieur et la recherche est entré lundi dans sa quinzième semaine, la « défense de l’emploi », la lutte contre la précarité et la revendication d’un « plan d’emplois statutaires » seront au coeur des revendications.
A Paris, le cortège ne rencontrera pas celui des personnels de santé, comme cela s’était produit lors de la précédente journée de manifestations le 28 avril. Des convergences pourraient en revanche avoir lieu à Poitiers ou encore à Marseille.

Evacuations à Saint-Etienne et Marseille

Les forces de l’ordre ont procédé à des évacuations mercredi dans les universités de Saint-Etienne et de Marseille. La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a évoqué une tendance à la reprise des cours.
En fin d’après-midi à Saint-Etienne, les CRS ont fait sortir dans le calme un noyau dur d’une quarantaine d’étudiants, qui avaient refusé de quitter le campus après le vote en matinée de la poursuite de la grève.
Des conflits ont éclaté entre étudiants pro et anti-blocage à l’entrée et à l’intérieur de l’université, sans faire de blessés.
Parallèlement à Marseille, entre 50 et 100 étudiants ont été évacués sans incident également du bâtiment administratif du site Saint-Charles de l’université de Provence (Aix-Marseille I), qu’ils ont occupé brièvement.
Ils contestaient notamment la décision de la présidence de l’université de délocaliser les cours scientifiques de Saint-Charles vers d’autres sites, comme celui de Luminy à Marseille.

Fillon envisage un report des examens

Pour sa part, la Coordination nationale des universités (CNU), réunie à l’université de Paris-Est Marne-La-Vallée, a appelé à « poursuivre le mouvement ».
Répétant son appel à ne pas organiser les examens, elle a dit soutenir « toutes les formes de validation mises en place localement pour pouvoir assurer aux étudiants leur semestre ».
La CNU a aussi voté plusieurs dates d’actions pour les mois de mai et juin.
François Fillon a déclaré dans une interview au Figaro à paraître jeudi avoir demandé l’étude, « là où la situation est tendue », d’un « report des examens en septembre et l’organisation des épreuves en dehors de l’enceinte des universités bloquées ».
Le Premier ministre a expliqué avoir fait cette demande à la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
« Nous n’accepterons jamais que les examens soient bradés », ajoute François Fillon.

Conséquences financières

Quand on lui demande ce qu’il compte faire si des blocages persistent, il rappelle avoir dit aux présidents d’université que le gouvernement ferait « intervenir les forces de l’ordre à chaque fois qu’ils le demanderaient ». Il indique que cela s’est produit « à vingt-cinq reprises ».
« Il faut par ailleurs, ajoute-t-il que les enseignants-chercheurs qui organisent les blocages sachent qu’ils en subiront les conséquences sur leur traitement ».
« Là où la situation est tendue, a-t-il poursuivi, j’ai demandé à Valérie Pécresse d’étudier deux solutions: un report des examens en septembre et l’organisation des épreuves en dehors des enceintes des universités bloquées ».
Le Premier ministre explique par ailleurs que « jamais, jamais » le gouvernement « ne reviendra sur l’autonomie des universités ». (Nouvelobs.com)

 



Recul confirmé de Xavier Darcos sur le stage payé post concours

Article Libé.fr
Xavier Darcos y a mis le temps mais il y est venu. Les reçus aux concours de recrutement des enseignants en 2010 seront, l’année suivante, payés comme fonctionnaires stagiaires. Et titularisés ensuite sans avoir besoin de valider un master-2. Il cède ainsi à l’une des revendications des manifestants, il a annoncé aujourd’hui lors d’une réunion du groupe de travail sur la mastérisation avec les syndicats. Ce matin, les syndicats avaient, en commun, précisé ce qu’il demandaient sur cette question.

Cette décision fait suite au report partiel de la réforme dite de la mastérisation, vivement contestée par les syndicats enseignants, du secondaire comme du supérieur, en particulier ceux de la FSU. Une contestation qui ne porte pas sur le principe d’une formation à bac plus cinq mais sur les modalités de la réforme ministérielle, motivée pour l’essentiel par des objectifs d’économies budgétaires et n’apportant aucune amélioration de la qualité de la formation.

Cette annonce ne clôt toutefois pas le dossier, puisque si une commission, dite Marois/Filâtre du nom de ses co-présidents, doit rendre un rapport sur cette réforme d’ici le 15 juillet, le sujet demeure à vif tant les points de vue restent opposés sur la formation des enseignants.

 

Réagissant à cette annonce, le Snesup FSU salue ce «recul du gouvernement obtenu grâce à la pression des luttes». Mais souligne que, si l’année payée est acquise, «reste en suspens l’importante question de sa nature (temps de présence devant les élèves, temps pour compléter la formation)

Ce nouvel épisode survient alors que doit se tenir demain une manifestation à Paris 14h à Jussieu). Et que de nouvelles actions continuent d’être décidées. De leur côté, six présidents d’Université (Paris-8, Grenoble-3, Montpellier-3, Nanterre, Paris-4 et Lille-1) demandent dans un texte publié par Le Monde «un geste d’apaisement» à Nicolas Sarkozy afin d’éviter à «des milliers d’étudiants de perdre leur année.»
Voici le communiqué du Snesup après l’annonce :
Du temps pour une tout autre réforme

En juin 2008, le président de la République annonce une révision profonde de la formation et du recrutement des professeurs des écoles, collèges et lycées. Dénoncés par le SNESUP dès son annonce, le calendrier intenable et l’absence de concertation avec les acteurs de la formation finiront de dresser la communauté universitaire, quasi unanime, contre le projet actuel dit de « masterisation » !

Fin mars, l’annonce du maintien pour 2010 des mêmes épreuves de concours de recrutement des enseignants de premier et second degrés qu’en 2009 et l’ouverture des inscriptions dans les préparations concours en IUFM ou en UFR ont constitué de réelles inflexions au projet gouvernemental initial.

Dans le cadre du groupe de travail sur les « mesures transitoires pour 2009-2010 », le ministère a dû concéder le 13 Mai 2009 que tous les étudiants admis au concours à la session 2010 seraient installés comme fonctionnaires stagiaires et que l’obtention du Master (M2) ne serait plus une condition de stagiairisation. Les étudiants non déjà titulaires d’un M1 ou d’un M2 devant être « inscrits à la rentrée en première année d’études en vue de l’obtention d’un master ou d’un titre ou d’un diplôme jugé équivalent », les ministères ont annoncé qu’une circulaire va préciser que, si les étudiants réussissent le concours en 2010, ils se verront délivrer un M1.

C’est un recul du gouvernement obtenu grâce à la pression des luttes, Cela répond en partie à des revendications du SNESUP pour les étudiants titulaires d’une seule licence, (lettre Flash 92). Tous les reçus au concours 2010 seraient rémunérés et cette année compterait pour leur retraite. Le ministère de l’Education Nationale refusant de traiter dans le cadre de ce groupe de travail de l’année stage post-concours, il reste en suspens l’importante question de sa nature (temps de présence devant les élèves, temps pour compléter la formation).
Ces mesures, sans engager l’avenir, donnent du temps pour la réflexion, pour obtenir une tout autre réforme de la formation et du recrutement. Celle-ci doit permettre une réelle amélioration de la formation disciplinaire et professionnelle et une élévation du niveau de qualification de tous les enseignants reconnue par un diplôme de master . Elle doit réaffirmer les rôles et missions des IUFM, ainsi que des nécessaires collaborations avec les UFR.

Le SNESUP appelle à maintenir la mobilisation pour faire gagner l’ensemble de nos revendications solidaires. Il exige une remise à plat complète du dossier de la formation et du recrutement des enseignants, en prenant le temps nécessaire. La consultation des organisations syndicales dans le cadre des groupes de travail ou de la commission Marois-Filâtre ne constitue pas les négociations qu’il faut ouvrir sur le dossier de la formation des enseignants. L’enjeu, c’est l’avenir des élèves !



« EVALUATIONS CE1 : QUAND Y EN A PLUS, Y EN A ENCORE » !

« EVALUATIONS CE1 : QUAND Y EN A PLUS, Y EN A ENCORE » ! (1)
« Vous avez aimé les évaluations de CM2 ? Vous allez adorer celles de CE1 ! »

Voilà ce qu’aurait pu dire le Ministre de l’Education Nationale qui confond une fois encore la détermination dont il se prévaut avec un entêtement bien regrettable. Car aucune leçon n’a été tirée du détestable épisode de janvier dernier qui aura vu, fait historique, l’administration demander aux enseignants de mettre eux-mêmes leurs élèves en échec !

Certes, la communication (2) des résultats en mars 2009, à partir d’éléments très lacunaires (bilans incomplets et au moins 22 % de non remontée) n’a pas participé pour une fois au discours catastrophiste auquel on nous avait habitués. Mais les risques liés à ces nouvelles évaluations (3) demeurent entiers. D’abord par la difficulté de certains items (dans la logique des nouveaux programmes). Ensuite par le système d’évaluation (4) révélateur de la pensée actuelle : binaire (1 ou 0, bon ou faux) ! Enfin, par la menace persistante d’une publication qu’aucun pouvoir politique ou judiciaire ne pourra empêcher. D’ailleurs, on a déjà pu voir sur internet des classements par académie dignes d’un championnat (5) !

Par ailleurs ces évaluations vont suivre les élèves, car elles font partie du nouveau livret national unique et obligatoire qui va en plus être informatisé. Elles seront même l’essentiel de ce document, puisqu’elles vont servir de base pour l’inscription dans ce même livret des « compétences » du « socle commun » censées être acquises par les élèves. Ces évaluations vont donc (comme celles de CM2) entraîner une concurrence entre élèves, entre enseignants et, rapidement, entre écoles. Si tel devait être le cas, ce serait la fin de l’école publique que nous connaissons et défendons.

Devant tant d’incompréhension, mais aussi en raison des risques encourus par ceux qui ont affronté l’administration dans cette affaire des évaluations (jusqu’à 4 jours de retrait de salaire pour des enseignants qui ont pourtant fait classe la semaine de passation), nous appelons plus que jamais les collègues concernés, soutenus par les Conseils de Maîtres, voire les Conseil d’Ecole où siègent les Parents d’Elèves (qui peuvent inciter à ne pas mettre les élèves de CE1 une matinée dans la période d’évaluation),  à ne rien faire remonter des résultats partiels ou globaux qui pourraient être récupérés.

Et comme le dit lui-même Xavier Darcos (6)  (Ouest-France, le 6 mai 2009) : « Je serais un prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent ». Comme on le comprend !

Sylvain Grandserre
Porte-parole de l’appel des 100 maîtres

(1) – Le site avec ce texte :

http://www.darcos-demission.org/

(2) – la communication des résultats de CM2 : http://www.vousnousils.fr/page.phpP=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20090330&key2=090330155100.5sbuwumm.xml(3) – Le cahier de l’élève : http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_eleve.pdf
(4) – Le livret de l’enseignant :

http://www.darcos-demission.org/docs/evalCE1_maitre.pdf

(5) – Classement aux évaluations CM2 :

http://www.linternaute.com/actualite/education/dossier/test-des-cm2-les-resultats-par-region/niveau-des-cm2-qui-sont-les-meilleurs.shtml?f_id_newsletter=766

- (6) – la déclaration de X. Darcos :

http://www.ouest-france.fr/actu/politique_confidentiel_-Xavier-Darcos-furieux-contre-certains-universitaires_41770-923607_actu.Htm



Réforme du lycée: Descoings concentre ses consultations sur 4 thèmes

Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po Paris chargé par le chef de l’Etat d’une consultation sur la réforme du lycée, a décidé de centrer désormais ses discussions sur quatre grands thèmes, selon le site internet « lyceepourtous.fr » lancé en partenariat avec YouTube.

Il s’agit de l’orientation des lycéens, de la rénovation de la voie technologique, du rééquilibrage des séries du lycée général (littéraire, économique et social, et scientifique) et de la maîtrise des langues.

M. Descoings s’est rendu jusqu’à présent dans 70 lycées du pays. Les consultations qu’il prévoit encore de mener jusqu’à la fin du mois seront désormais centrées sur ces quatre thématiques.

Il rendra ses « préconisations » sur la future réforme du lycée la dernière semaine de mai, a-t-on indiqué lundi dans son entourage.

L’audience du site internet « lyceepourtous.fr » avait dépassé lundi soir 400.000 visiteurs, a-t-on ajouté. Ce site permet d’apporter des contributions par écrit, webcam ou téléphone et propose aussi des témoignages recueillis dans les lycées dans lesquels s’est rendu M. Descoings.

Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos avait été contraint en décembre, après une forte mobilisation des lycéens, de reporter d’un an cette réforme, qui devait entrer initialement en vigueur à la rentrée 2009 pour la seconde.

M. Descoings a été nommé le 12 janvier à la tête d’une « mission » chargée de « conduire la concertation » pour la réforme des lycées.

Lire la synthèse sur le blog « lycée pour tous »

http://blog.lyceepourtous.fr/2009/05/synthese-20-la-reforme-sera-pragmatique-ou-ne-sera-pas/



Grand Corps Malade – Education Nationale



Sept présidents d’université en appellent à Sarkozy

Article Nouvel Obs.com

Face au « sentiment général de rancœur, voire de désespoir » dans les universités, ils demandent au chef de l’Etat des « gestes d’apaisement radicaux et clairs ».

Vote à l'assemblée générale de l'université de Bordeaux III pour la poursuite du blocage (Sipa)

Vote à l’assemblée générale de l’université de Bordeaux III pour la poursuite du blocage (Sipa)

L‘édition du Monde datée du jeudi 14 mai, publie une tribune intitulée « Sept président d’universités en appellent au chef de l’Etat. Face à la gravité de la situation, ils lui demandent des gestes d’apaisement ». Les signataires de la tribune, en réalité six au décompte, demandent à Nicolas Sarkozy « des gestes d’apaisement vigoureux, radicaux et clairs » pour trouver une solution face à une situation dans les universités jugée « grave ».
La tribune est signée des présidents Pascal Binczak (Paris VIII), Lise Dumasy (Grenoble III), Anne Fraïsse (Montpellier III), Bernadette Madoeuf (Paris X), Georges Molinié (Paris IV) et Philippe Rollet (Lille I). Leurs universités font partie de celles qui ont été parmi les plus touchées par le mouvement universitaire entamé le 2 février.

« Des gestes d’apaisement radicaux et clairs »

« Monsieur le président de la République, si nous nous permettons de nous adresser à vous maintenant, c’est que la situation dans les universités est grave », écrivent-ils. Ils estiment la situation « contrastée« .
« Dans certains établissements et dans certaines filières, il n’est pas sûr que les examens puissent se tenir dans des conditions correctes ni même simplement se tenir », alertent-ils.
Selon eux, « il y a risque réel de non-validation du semestre, donc de l’année, ce qui est aussi catastrophique pour les étudiants qu’ingérable pour nos administrations ». D’où la nécessité de « gestes d’apaisement vigoureux, radicaux et clairs » du chef de l’Etat, disent-il.
Les présidents décrivent l’état d’esprit des acteurs de la communauté universitaire : Il y a « opposition et colère de la quasi unanimité des parties prenantes vis-à-vis des deux grands chantiers que vos ministères ont ouvert : la réforme des statuts des enseignants-chercheurs et l’ensemble du dispositif de la formation et du recrutement des professeurs des écoles et des lycées et collèges. Une telle union n’avait jamais été vue ». Selon eux, subsiste une impression diffuse et tenace d’une volonté ministérielle de passer outre les avis de la communauté universitaire. Pour parler clair, beaucoup n’ont pas confiance ».

Pour la tenue d’un moratoire sur les réformes

« La sagesse consiste évidemment à décider un moratoire » sur les réformes prises dans l’enseignement supérieur, rappellent-ils, de manière à « favoriser une réflexion réelle, et collective, sur cette question qui déborde amplement le milieu universitaire ».
Or « il n’y a ni suspension ni moratoire, mais une série de mesures, d’indications, de commissions, de projets, d’annonces, qui conduisent à faire entériner des dispositifs confus, peu lisibles et globalement nocifs ».
« D’où un sentiment général d’amertume, de colère et de rancoeur, voire de désespoir, qui aboutit à un mélange de consternation et de radicalisation avec le risque de comportements de plus en plus incontrôlables », constatent-ils.
Le 9 février dernier, dans un appel solennel lancé à Paris à la Sorbonne, ces présidents (et quelques autres) avaient demandé au gouvernement de retirer ses projets de réforme controversés sur le statut des enseignants-chercheurs et sur la formation des enseignants.
(Nouvelobs.com)

 

Article Le Monde.fr

Monsieur le président de la République,

Si nous nous permettons de nous adresser à vous maintenant, c’est que la situation dans les universités est grave.

Quelle que soit la façon dont on vous présente les choses, aussi bien officiellement que dans les médias, la confusion règne : on vous dit à la fois qu’il ne se passe rien de considérable et que tout rentre dans l’ordre, et en même temps que l’année risque d’être perdue dans des troubles et des désordres intolérables. C’est là un tableau pour le moins contradictoire.

La réalité est certes contrastée. Mais, dans certains établissements et dans certaines filières, il n’est pas sûr que les examens puissent se tenir dans des conditions correctes ni même simplement se tenir. Et la solution du décalage au début de l’été pas davantage le basculement en septembre ne constituent la moindre solution à ce type de problème. Il y a risque réel de non-validation du semestre, donc de l’année, ce qui est aussi catastrophique pour les étudiants qu’ingérable pour nos administrations – sauf à laisser les universités éventuellement concernées inventer, dans le cadre de leur autonomie, des modes de règlement du problème indépendants des contrôles strictement bureaucratiques des tutelles : à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Quel est l’état d’esprit des acteurs de la communauté universitaire ? On peut le présenter sous deux aspects. L’un d’eux, que vous avez sans doute perçu dès le début de la crise, c’est l’opposition et la colère de la quasi-unanimité des parties prenantes (sociétés savantes, organes décisionnels professionnels de l’enseignement supérieur, structures académiques, syndicats de tous bords…) vis-à-vis des deux grands chantiers que vos ministères ont ouverts : la réforme des statuts des enseignants-chercheurs et l’ensemble du dispositif de la formation et du recrutement des professeurs des écoles et des lycées et collèges. Une telle union n’avait jamais été vue.

Le second aspect est davantage et durablement porteur de tensions. Comme le traitement du premier point reste ambigu, subsiste une impression diffuse et tenace d’une volonté ministérielle de passer systématiquement outre les avis de la communauté universitaire. Pour parler clair, beaucoup n’ont plus confiance.

Pourtant, toutes les raisons ont été largement, clairement et publiquement expliquées qui entraînent à voir dans les mesures prises un ensemble de réformes sans grand impact positif, voire aggravantes, menées dans la précipitation et sans réelle consultation d’une communauté universitaire habituée à la collégialité dans la prise de décisions et encouragée depuis des années dans l’idée et la pratique qu’elle doit s’investir dans le gouvernement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La sagesse consiste évidemment à décider un moratoire, de manière à favoriser une réflexion réelle, et collective, sur cette question qui déborde amplement le milieu universitaire, et qui touche, justement parce que nous sommes une démocratie, tous les enfants de toutes les familles du pays.

Or que constatons-nous ? Il n’y a ni suspension ni moratoire – mais une série de mesures, d’indications, de commissions, de projets, d’annonces, qui conduisent à faire entériner des dispositifs confus, peu lisibles et globalement nocifs. D’où un sentiment général d’amertume, de colère, de rancoeur, voire de désespoir, qui aboutit à un mélange de consternation et de radicalisation avec le risque de comportements de plus en plus incontrôlables. C’est miracle que l’on en ait jusqu’à maintenant limité la propagation.

Qu’en sera-t-il quand on sera conduit à envisager que, par suite de l’obstination ministérielle ou d’une démarche excessivement tatillonne de l’administration des tutelles, des milliers d’étudiants puissent perdre leur année ? La démarche actuelle génère, dans le milieu de la culture, de la recherche et de l’enseignement, très attaqué et moqué ces temps-ci, un malaise profond, durable, et aux effets lointains, très peu susceptible de donner de l’attractivité à notre enseignement supérieur et à notre recherche.

Il faut donc, vite, des gestes d’apaisement vigoureux, radicaux et clairs, que vous seul, Monsieur le président de la République, pouvez accomplir avec éclat et avec sagesse. C’est la confiance qu’exprime de la sorte notre profond respect.


Par Pascal Binczak, président de l’université Vincennes-Saint-Denis (Paris-VIII),
Lise Dumasy, présidente de l’université Stendhal (Grenoble-III),

Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry (Montpellier-III),
Bernadette Madeuf, présidente de l’université Paris-Ouest (Paris-X),
Georges Molinié, président de l’université Paris-Sorbonne (Paris-IV),
et Philippe Rollet, président de l’université Lille-I, sciences et technologies.

 

 



Les résultats de la consultation de 6000 lycéens parisiens.

L’ORGANISATION DES ENSEIGNEMENTS.

Lycéens et professionnels proposent d’organiser des cours de méthodologie adaptée (prise de notes, méthodes de dissertation, organisation de son travail…), pour tous les élèves de seconde.

Ils souhaiteraient également organiser l’emploi du temps hebdomadaire sur cinq jours pleins, de façon à équilibrer les journées, en proposant les cours d’enseignement général le matin, et les options l’après-midi. Les élèves proposent d’opter dès la seconde pour un tronc commun d’enseignements
(mathématiques, français, langues vivantes, histoire-géographie) et des modules permettant aux élèves de changer de parcours ou de bénéficier de modules de soutien. Ils se prononcent en majorité pour l’introduction de l’économie dès la seconde pour tous les élèves et la reconnaissance de l’éducation civique, juridique et sociale comme une discipline à part entière. En revanche, l’idée d’une semestrialisation des enseignements ne convainc pas les élèves ni les professionnels.

Enfin, est avancée l’idée de renforcer l’identité des filières d’enseignement général, en séparant la série S en deux branches – l’une mathématiques et physique, l’autre chimie et biologie – et en renforçant la filière L par des options : mathématiques, langues, langues anciennes.

L’AIDE APPORTÉE À L’ÉLÈVE.

Les élèves estiment être peu préparés au collège à l’apprentissage de l’autonomie. Ils proposent d’affecter 25 élèves maximum par classe, ce qui permettrait de créer des relations différentes avec les enseignants en développant une façon de travailler plus interactive. Les lycéens consultés voudraient voir chaque jour des plages horaires intégrées dans l’emploi du temps permettant aux élèves de participer à des cours de soutien et déterminer dans l’emploi du temps des enseignants des plages horaires identifiées de « permanences » à disposition des élèves qui souhaitent les consulter.

En outre, l’idée leur semble bonne de généraliser les stages intensifs de révision (sur le modèle des stages gratuits d’anglais oral) pour éviter le recours aux instituts privés de cours particuliers.

L’ORIENTATION AU LYCÉE.

Le problème de l’orientation tout au long de la classede seconde a été très souvent soulevé : les conseils sont donnés par des co-psys (conseillers d’orientation-psychologues) qui ne connaissent pas les élèves et qui sont peu disponibles dans les établissements. Aussi élèves et professionnels proposent la création d’un conseil d’orientation qui rassemblerait proviseur, proviseur adjoint, CPE, professeurs, élèves, parents et CIO (une demi-journée banalisée par classe) et de rendre obligatoire un rendez-vous d’orientation pour tous les élèves au cours de l’année de seconde, si possible entre le premier et
le second trimestre.

LA PRÉPARATION À L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.

Une angoisse forte des lycéens s’exprime à l’idée de se projeter après le bac dans la sphère universitaire perçue comme une nébuleuse complexe et peu porteuse de réussite. Face au manque d’articulation entre la filière choisie au lycée et les poursuites d’études post-bac, les lycéens souhaitent voir démarrer l’information et la réflexion sur la construction du projet d’orientation dès la classe de première. Ils suggèrent de mettre en place en terminale des modules de préparation aux études universitaires : découverte du système universitaire, explication du fonctionnement de la faculté, décryptage des différents parcours de formation, présentation des filières, des débouchés, des conditions d’obtention des diplômes, conseils méthodologiques (organisation de son travail personnel, lectures et recherches…). Des professeurs de l’enseignement supérieur ou des étudiants pourraient également intervenir dans les classes de lycée dès la première pour présenter les spécialités, filières, diplômes et débouchés.

La majorité des lycéens aimeraient que soit offerte aux élèves volontaires la possibilité de faire un stage en entreprise, association, ou fonction publique dès la classe de première. Il est nécessaire à leurs yeux d’améliorer le dialogue entre le système éducatif et les entreprises : que ces dernières expliquent ce qu’elles attendent et que l’Éducation nationale ait une idée claire de ce que les entreprises souhaitent et peuvent proposer.

 

Extrait d’une dépêche de l’AEF: Agence Emploi Formation du (05/05/09)



Darcos: «Pas de diplômes» pour les bloqueurs de facs

 

Article Libération.fr

Le ministre de l’Education a eu des propos durs lundi matin à
l’encontre des «quelques dizaines d’individus qui bloquent les cours»
dans certaines universités.

112 réactions

Xavier Darcos, ministre de l'Education.

 

 

Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a assuré lundi à RTL «qu’il n’y aura pas de licence es-grève» à propos du blocage de certaines universités.

«On ne donnera pas de diplôme à ceux qui font en sorte que l’Université de fonctionne pas», a affirmé Xavier Darcos, selon qui 28 des 85 universités sont «en partie troublées par quelques dizaines d’individus qui bloquent les cours», des blocages qui «nuisent aux étudiants les plus fragiles».

«Je le dis aux bloqueurs, a prévenu le ministre de l’Education, méfiez-vous, l’opinion se retourne», ajoutant qu’«il n’y aura pas de licence es-grève, de master en pétition ou de doctorat en blocage»
alors que les mouvements de protestation font peser des incertitudes
sur la tenue des examens et, partant, sur la validation de l’année
universitaire.

(Source AFP)

Xavier Darcos, ministre de l’Education. (Reuters)



34.000 postes de fonctionnaires supprimés en 2010

Article Liberation.fr

Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, confirme le principe de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

121 réactions

Christine Lagarde à l'assemblée Nationale le 18 mars 2009

Christine Lagarde à l’assemblée Nationale le 18 mars 2009 (AFP Pierre Verdy)

Pas question de changer de ligne. Dans un entretien publié dans «Le Monde» daté de mardi, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, confirme que 34.000 postes de fonctionnaires d’Etat seront supprimés dans le budget 2010, avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

La ministre précise ainsi l’estimation du quotidien économique «Les Echos», qui avait donné jeudi une fourchette de 33.000 à 35.000 postes de fonctionnaires d’Etat supprimés dans le budget 2010. Le ministère de la Fonction publique avait alors simplement confirmé le maintien de la règle de non remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Selon le quotidien économique, ces suppressions de postes permettront de réaliser en 2010 une économie proche de 956 millions d’euros, dont la moitié devrait être reversée aux fonctionnaires, comme l’avait promis Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle.



Formation des maîtres : vers une sortie de crise

Article Le Figaro.fr

 

Chaque année, 120 000 étudiants s'inscrivent aux concours d'enseignant, et seuls 15 000 sont admis dans un Institut universitaire de formation des maîtres (ici, l'IUFM de l'académie de Créteil).
Chaque année, 120 000 étudiants s’inscrivent aux concours d’enseignant, et seuls 15 000 sont admis dans un Institut universitaire de formation des maîtres (ici, l’IUFM de l’académie de Créteil). Crédits photo : Le Figaro

Xavier Darcos et Valérie Pécresse devraient faire des propositions sur le recrutement des maîtres.

Formation des maîtres : vers une sortie de crise dans Actualités coeur-Alors que certaines universités entrent ce matin dans leur quinzième semaine de grève, les négociations concernant la formation des maîtres semblent commencer à porter leurs fruits. Baptisée dans un jargon conçu pour les seuls initiés, «masterisation des maîtres», cette réforme voulue par Xavier Darcos reste l’un des points d’achoppement qui oppose les syndicats d’étudiants et d’enseignants aux ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Or elle intéresse au premier chef les étudiants des universités de sciences humaines, langues, lettres et histoire qui sont à la fois les plus impliqués dans le conflit et les plus concernés par la réforme, puisqu’ils se destinent en grand nombre à l’enseignement.

Chaque année, 200 000 étudiants s’inscrivent aux concours d’enseignants, 120 000 d’entre eux se présentent aux épreuves et seuls 15 000 décrochent le sésame. Ce qui, dit-on chez Darcos, justifiait une réforme. «Il n’y aura pas de big bang cette semaine», prévient d’emblée un collaborateur d’un ministre. Pas de big bang, mais une politique de petits pas qui depuis fin avril, réunion après réunion, commence à rapprocher les points de vue. Ils sont généralement seize autour de la table : les deux directeurs de cabinet des deux ministres, dix représentants d’organisations syndicales et quatre de fédérations. «Nous cherchons à remettre de la raison dans ce dossier. Chacun fait part de ses convictions, il n’y a pas d’effets de manches, le débat est enrichissant et nous faisons émerger les idées», plaide Philippe Court, directeur de cabinet de Xavier Darcos.

 

Formation plus longue

Au départ, l’Éducation nationale, qui souhaitait une élévation du niveau de la formation des maîtres, voulait que le concours se déroule dès 2010 à l’issue d’un master 2, soit six ans après le bac contre quatre aujourd’hui. En contrepartie de cette formation plus longue, et donc plus tardivement rémunérée, les salaires d’entrée dans le métier devaient être revalorisés. Les universités, supplantant au pied levé les IUFM, devaient fournir des contenus de formation pour préparer en temps record les futurs profs. C’est cette idée brocardée par les étudiants et les enseignants qui devrait être assouplie cette semaine.

Le concours 2010 pourrait être ouvert aux étudiants inscrits en première année de master et non plus seulement à ceux en deuxième année comme prévu initialement. Une étape consensuelle qui transformerait les heureux élus en fonctionnaires stagiaires immédiatement rémunérés et non au bout d’un an. Ceux qui réussiraient resteraient sur les bancs de la fac un tiers de leur temps, et seraient dans des classes dont ils pourraient déjà avoir la responsabilité pour les autres deux tiers de leur formation. Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU hostile à cette dernière mesure, reconnaît qu’il serait «sensible à un signe du gouvernement si mercredi, lors de la prochaine réunion sur la formation des maîtres, celui-ci ne préemptait pas l’avenir et acceptait de rémunérer les étudiants recrutés en master 1 en 2010.»

Une commission présidée par William Marois, recteur de l’académie de Bordeaux, et Daniel Filâtre, président de l’université de Toulouse-II, a été installée le 24 avril pour arrêter le cadre définitif de la réforme du recrutement. À l’étude : les contenus et les modalités des concours, l’articulation entre masters et concours et la place des stages étudiants. De quoi donner encore un peu de temps au temps et apaiser le climat conflictuel actuel.



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