30 000 postes d’emplois aidés dans l’éducation non renouvelés

Article Le Monde.fr

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AFP/MYCHÉLE DANIAU

Le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (PS), a qualifié, lundi 29 juin, de « plus grand plan social de la crise » la suppression de 30 000 postes d’auxiliaires et d’emplois vie scolaire.

Retour à la case chômage pour 30 000 personnes qui occupaient un poste d’emploi aidé. « Vendredi dernier [19 juin], mon téléphone sonne. Je décroche, c’est une employée de l’Académie : ‘Vous faites partie des personnes dont le contrat se termine le 30 juin. Vous ne serez pas renouvelée’ », raconte Céline Benslim, assistante de direction en emploi vie scolaire (EVS) à l’école élémentaire Michelet de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) depuis trente-quatre mois. « Mes trois années d’investissement n’ont servi à rien. Je retourne à Pôle emploi. On nous jette comme des papiers, on nous abandonne. »

Le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (PS), a qualifié, lundi 29 juin, de « plus grand plan social de la crise » la suppression de 30 000 postes d’auxiliaires et d’emplois de vie scolaire. « C’est le plus grand plan social depuis le début de la crise, initié par l’Etat lui-même », déclare M. Huchon. Il ajoute que le gouvernement fait subir une « double peine » à ces personnels qui, « après avoir attendu en vain la professionnalisation et la pérennisation de ces emplois, […] se voient aujourd’hui offrir comme seule issue le chômage ». M. Huchon « demande que ces personnels puissent poursuivre leur mission, seule solution humaine, tant vis-à-vis des enfants qu’ils accompagnent que des agents concernés ».

Une délégation syndicale a prévu de remettre mardi 30 juin à 11 heures à l’Elysée une pétition signée par 100 000 personnes demandant le prolongement des contrats de ces EVS.

« MESURES D’URGENCE »

Ces EVS ont été embauchés en 2006 pour faire de l’encadrement, via notamment les contrats aidés mis en œuvre par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la cohésion sociale, et destinés aux allocataires du RMI et aux chômeurs en fin de droits percevant l’allocation spécifique de solidarité.

Les contrats EVS, payés au smic horaire, sont renouvelables mais ne doivent pas excéder trois ans, raison pour laquelle environ 30 000 employés de vie scolaire sur 42 500 au total seront en fin de contrat en juin, d’après les syndicats d’enseignants. Ils demandent au nouveau ministre de l’éducation, Luc Chatel, de rechercher à court terme des « mesures d’urgence » pour ces personnels précaires dont le travail est « reconnu et apprécié », et souhaitent que les EVS soient pérennisés à terme.

Jusqu’à présent le ministère a toujours répondu qu’ils n’avaient pas vocation à être pérennisés et que d’autres personnes bénéficieront à la place de ce dispositif proche de l’insertion.

 

 



Conseil de discipline pour les enseignants «désobéisseurs»

Article Mediapart

Alors que les vacances scolaires approchent, l’éducation nationale solde ses comptes avec ses «désobéisseurs». Au moment même de l’annonce du départ de Xavier Darcos du ministère de l’éducation, deux d’entre eux ont reçu une convocation devant une commission disciplinaire, les 7 et 9 juillet, et un troisième s’est vu interdire l’accès aux médias «pour tout sujet ayant rapport avec [ses] fonctions».

 

Ils sont presque 3.000 enseignants en France à refuser ouvertement d’appliquer certaines réformes de l’école primaire. Mais, selon l’attitude de leurs inspecteurs, seuls 70 à 80 d’entre eux ont été sanctionnés par des retenues de salaire allant, selon les cas, de dix à trente-six jours. Et parmi eux, les plus médiatisés comme Alain Refalo, auteur en novembre 2008 d’une des premières lettres de désobéissance, sont aussi les plus durement frappés.

 

Outre la retenue de quatorze jours de salaire et un refus de promotion, cet enseignant de l’école Jules-Ferry de Colomiers, près de Toulouse, est convoqué le 9 juillet dans son académie de Haute-Garonne devant une commission de discipline, composée pour moitié de représentants des syndicats et pour l’autre de ceux de l’administration. Il lui est reproché un refus d’obéir, un manque au devoir de réserve, une invitation à la désobéissance et une attaque publique contre un fonctionnaire de la République. Christian Navarro, de la FSU de Haute-Garonne, y voit la main du ministère lui-même. «Nous sommes à peu près sûrs que le dossier à charge a été concocté par les services juridiques du ministère, avance-t-il. La lecture des charges est assez terrifiante et donne l’impression que l’inspection académique s’est transformée en tribunal militaire mais au final le dossier ne contient pas grand-chose puisque Alain Refalo a fait toutes ses heures de service.» Refusant d’appliquer les deux heures d’aide individualisée, vues comme un «prétexte à la suppression de milliers de poste du RASED [Réseau d'aide spécialisée aux enfants en difficulté]», Alain Refalo anime en effet à la place un atelier de théâtre avec ses élèves de CM1.

 

  • Contraint au silence

    A Marseille, Erwan Redon, enseignant à l’école des Convalescents, risque lui la révocation. Il est convoqué le 7 juillet devant une commission disciplinaire, officiellement pour «insuffisance professionnelle». Ce «désobéisseur» avant l’heure, militant Freinet, est bien connu des services académiques pour refuser toute inspection depuis 2005. Il a déjà été sanctionné de 32 jours de retrait de salaire pour avoir remplacé l’aide individualisée par des ateliers.

    Autre figure connue de la désobéissance, Bastien Cazals, le très remuant directeur d’école maternelle à Saint-Jean-de-Vedas, dans l’Hérault, s’est vu réduit au silence. Une lettre de son inspecteur d’académie en date du 23 juin, lui «donne l’ordre de ne plus communiquer avec aucun média pour tout sujet ayant rapport avec [ses] fonctions».  Auteur d’un petit livre publié en mai 2009, Je suis prof et je désobéis, Bastien Cazals avait par ailleurs engagé un recours devant le tribunal administratif contre «une inégalité de traitement flagrante dans les sanctions». «Nous sommes trois enseignants dans mon école maternelle à avoir choisi de faire des activités par petits groupes au lieu de l’aide individualisée et je suis le seul à être sanctionné [36 jours de retrait de salaire, NDRL]», expliquait-il à l’époque. L’audience devant le tribunal administratif est fixée au 6 juillet.

    Le débat se focalise sur la question épineuse de l’obligation de réserve des enseignants. «M. Cazals est libre de s’exprimer librement en tant que personne mais comme directeur d’école il représente l’institution», justifie sur le site du Café pédagogique, l’inspecteur d’académie de l’Hérault, Paul-Jacques Guiot.«On est là dans l’abus de pouvoir, estime Alain Refalo, à qui est également reproché un manque au devoir de réserve. Notre devoir de réserve concerne uniquement les élèves, leur travail et problèmes particuliers, pas notre liberté d’expression.»

    A l’appel d’un certain nombre d’entre-eux (Bastien Cazals, Isabelle Huchard, Jean-Yves Le Gall, Erwan Redon, Alain Refalo et Josef Ulla), les «désobéisseurs» sanctionnés ou menacés se tiendront le 7 juillet, jour de la commission de discipline d’Erwan Redon, sur la Canebière à Marseille, «munis d’une pancarte indiquant leur sanction

     

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Article Rue89

Après la pression, la sanction contre les profs désobéisseurs

Le 10 juin, Rue89 publiait le témoignage d’Erwan Redon, « enseignant réfractaire » marseillais, convoqué le 7 juillet devant une commission disciplinaire pour s’être opposé à certaines mesures décidées au ministère de l’Education nationale. Les cas se multiplient de façon inquiétante : à la prochaine rentrée de septembre, Jean-Yves Le Gall perdra sa charge de directeur d’école pour avoir refusé le fichier base-élèves ; Christophe Brunault, Bastien Cazals et d’autres ont déjà écopé de pas mal de salaires au rabais.

Bernard Girard revient sur l’histoire d’Alain Refalo, autre désobéisseur convoqué par sa hiérarchie le 9 juillet.

Jeudi 9 juillet, Alain Refalo est convoqué à l’Inspection académique de Haute-Garonne devant la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire. Alain Refalo fait partie de ces « enseignants désobéisseurs » entrés en résistance pédagogique contre la politique de Darcos touchant à l’école primaire :

  • programmes rétrogrades ;
  • évaluations inutiles et préjudiciables aux apprentissages ;
  • désorganisation des rythmes scolaires, mise en place mal ajustée de l’aide personnalisée ;
  • absence totale de concertation qui reflète un profond mépris pour les enseignants considérés comme de simples exécutants.

Loin de négliger leur travail, ces derniers n’ont fait qu’appliquer le principe de liberté pédagogique, inscrit dans la loi d’orientation, qui laisse à chacun, dans sa classe, la responsabilité des pratiques les mieux adaptées aux élèves.

Depuis plus d’un an, le ministère alterne pressions, intimidations, lourdes sanctions financières pour tenter de faire plier les récalcitrants. Alain Refalo s’est déjà vu retirer 14 jours de salaire. Bastien Cazals, autre désobéisseur, 36 jours, des retraits sur le bulletin de paye à mettre en regard de la modicité du traitement des enseignants, notamment en primaire.

Une tendance inquiétante au détournement de la loi pour empêcher toute contestation

Depuis plusieurs semaines, la répression s’accentue et dérape lourdement. Dans la lettre recommandée qu’il a reçue de l’Inspection académique, outre le « refus d’obéissance », Alain Refalo se voit reprocher les faits suivants :

« Manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective, attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education nationale. »

Ces accusations dépassent très largement les obligations purement professionnelles d’un enseignant et portent atteinte aux libertés individuelles les plus élémentaires : ainsi, un enseignant n’aurait plus le droit de porter un regard critique sur son administration et, plus généralement, sur la politique éducative d’un gouvernement ?

On voit s’approfondir autour de l’école et dans la société une tendance inquiétante au détournement de la loi et des règles administratives pour empêcher toute forme de contestation. Dans une tribune au Café pédagogique, Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire, fait observer à juste titre :

« Jamais dans l’histoire contemporaine de l’école (depuis 1940), de telles pratiques n’ont été observées. »

En cette veille de vacances -le temps de tous les coups fourrés- les menaces montent d’un cran avec le courrier envoyé par l’Inspecteur d’académie à Bastien Cazals, « lui intimant l’ordre de ne plus communiquer avec aucun média pour tout sujet ayant rapport avec ses fonctions ».

Si cet extravagant oukaze devait faire jurisprudence, c’est l’ensemble du débat éducatif qui se trouverait réduit au silence et avec lui, l’une des libertés fondamentales, la liberté d’expression, garantie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Il faut donc croire qu’aujourd’hui, les enseignants ne seraient plus considérés comme des citoyens.

La lettre de l’Inspecteur d’académie à Bastien Cazals est datée du 23 juin, dernier jour de fonction de Darcos à l’Education nationale. Au cours de ces dernières années, l’école -les élèves comme les enseignants- a fait l’objet d’une entreprise de brutalisation dont les limites sont poussées toujours plus loin.

Si le nouveau ministre de l’Education souhaite réellement, comme il l’affirme, établir sur de nouvelles bases les relations avec le personnel dont il a la charge, il a tout le pouvoir de faire cesser les poursuites et les persécutions contre des enseignants honnêtes et compétents qui ont le seul tort de privilégier l’intérêt des élèves à la soumission aux circulaires administratives. Le climat de la rentrée ne s’en trouverait que moins pesant.

 

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Base-élèves : nous continuons après notre victoire à l’ONU

Article Rue89

Audrey est mère de famille, riveraine de Rue89. Elle a deux enfants, scolarisés en maternelle et en primaire. Elle fait partie des parents d’élèves qui ont introduit un recours auprès des Nations unies contre le fichier Base Elèves. Depuis la condamnation par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, cette élue FCPE à Grenoble explique pourquoi elle appelle maintenant à porter plainte contre X.

Le fichier Base élèves pose de nombreux problèmes et contrevient à la Convention internationale des droits de l’enfant dont la France est pourtant signataire. Mobilisé depuis de nombreux mois, le Collectif national pour le retrait de base élèves a adressé un rapport à l’attention du Comité des droits de l’enfant de l’ONU en décembre 2008.

Suite à l’audition de la France le 26 mai 2009, le comité onusien a rendu des conclusions sévères à l’encontre de Paris, rappelé vivement à l’ordre sur plusieurs points :

  • détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière ;
  • risques d’interconnexions ;
  • déni du droit d’opposition des parents ;
  • absence d’informations.

En cette fin d’année scolaire, le combat contre le fichage des enfants est plus que jamais d’actualité. Les parents ont compris que, pour se faire entendre, ils devaient avoir recours à la justice, en passant par le droit international.

Aujourd’hui, une nouvelle action de résistance à Base élèves a été lancée par le CNRBE : les parents peuvent désormais déposer une plainte contre X auprès du procureur afin de relever les nombreuses irrégularités de mise en œuvre du fichier. Nous sommes déjà environ un millier à avoir suivi cette action à travers toute la France.

En 2004, l’indifférence régnait

C’est à partir de 2004 que le ministère de l’Education nationale a mis en place cette base de données informatisées à caractère personnel pour tous les enfants scolarisés dans le 1er degré. « Base élèves 1er degré » (« BE1d ») était née… dans l’indifférence générale, et pour cause !

Aucune information n’est fournie aux parents sur l’existence de cette base. Un grand nombre d’enfants sont « versés » dans BE1d de manière automatique. Les données stockées dans l’ancien logiciel informatique rempli par les directeurs d’école sont basculées dans un fichier national et partageable, sans information.

Plus tard, les parents ont commencé à s’interroger quand on leur a demandé de remplir un questionnaire sur leur enfant ne contenant pas moins de cinquante champs, dont des items litigieux tels que « langue parlée à la maison » ou d’autres concernant des données particulièrement confidentielles, comme les besoins spécifiques et santé.

Pourquoi l’école a-t-elle besoin de regrouper d’un coup toutes ces informations ? Qui a accès à ces données ? Devant l’absence de réponse claire de la part de l’institution, des parents se sont opposés à ce fichage systématique.

Pressions de l’administration

Courriers de refus au directeur d’école, à l’inspection d’académie, au maire, vœu en conseil d’école, en conseil municipal, manifestations, nous nous sommes mobilisés. Y compris pour dénoncer les méthodes employées par l’administration afin de forcer les directeurs à passer outre leur autorité parentale : pressions, menaces, retraits de salaire, jusqu’au retrait de la fonction de directeur (Jean-Yves Le Gall en Isère).

Parallèlement, les parents ont saisi la Commission nationale informatique et libertés et revendiqué leur droit d’opposition prévu à l’article 38 de la loi Informatique et libertés de 1978. Hélas, la CNIL, dont la mission est de veiller à ce que l’informatique respecte les droits de l’homme, la vie privée et les libertés, a publié un communiqué de presse sans équivoque en avril 2008 sous l’intitulé « Base élèves 1er degré : mode d’emploi ».

Quand nous, parents, nous sommes tournés vers le défenseur des droits de l’enfant, c’était également peine perdue. Pour Dominique Versini, Base élèves ne constitue en effet pas une atteinte aux droits de l’enfant. Aujourd’hui, c’est donc devant la justice que nous agissons.

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Non seulement ils suppriment des dizaines de milliers de postes, mais ils veulent maintenant virer nos collègues : la solidarité doit être à la hauteur !

logo solidairePromu Ministre du travail pour l’ensemble de son œuvre de casse du service public d’éducation, X. Darcos a tenu à parachever son mandat en annonçant seize mille suppressions de postes supplémentaires dans l’éducation pour le budget 2010. Dans le même temps, la répression des résistances et les sanctions prennent une ampleur nouvelle qui est particulièrement inquiétante.

Erwan Redon, Professeur des écoles à Marseille, est convoqué le 7 juillet à une commission disciplinaire : il risque le licenciement. Il a reçu le 24 juin un courrier de l’IA lui faisant savoir que si le conseil de discipline ne peut se tenir « pour des raisons de quorum … » le 7 juillet, comme prévu, il se réunira le 10 juillet.

Le 24 juin également, le premier Professeur des écoles à être entré cette année en désobéissance pédagogique ouverte, en écrivant à sa hiérarchie son refus d’appliquer les contre-réformes, Alain Réfalo, a reçu ce matin la visite d’un huissier lui signifiant une convocation pour un conseil de discipline à Toulouse le 9 juillet (motifs : désobéissance, incitation à la désobéissance collective, manquement au devoir de réserve, attaque publique contre un fonctionnaire de l’EN) ; l’administration se situe sur le terrain des fautes professionnelles passibles de sanction dans une gamme allant du blâme à la radiation. La concomitance de ces deux annonces n’est le fait du hasard, elle est manifestement l’effet de consignes ministérielles : des sanctions doivent tomber début juillet, pour casser la résistance au moment où toute une partie des collègues sont en vacances.

De même, la simultanéité de l’annonce des nouvelles suppressions de poste et de ces procédures disciplinaires est significative : les politiques de démantèlement du service public et la déferlante répressive sont deux faces de la même politique libérale-sécuritaire, typique du projet néo-conservateur de Sarkozy et de son gouvernement.

Ces deux collègues risquent de perdre leur emploi. La solidarité pour empêcher les sanctions doit être à la hauteur des enjeux. Il s’agit bien entendu de défendre l’emploi d’Erwan et d’Alain, de défendre leurs droits. Il s’agit aussi de ne pas laisser la répression et la peur entraver la résistance à la régression sociale et éducative généralisée. Mais l’enjeu est également de ne pas laisser un précédent se réaliser : l’objectif du gouvernement est bel et bien d’en finir avec la garantie de l’emploi des fonctionnaires d’État.

A côté des projets de destruction des statuts, la menace de licenciement ou de radiation pour faits de résistance vise à mettre au pas la profession en signifiant à tou-te-s que la sécurité de l’emploi, c’est terminé. L’entreprise gouvernementale/patronale de la précarisation de la vie des salarié-e-s dans leur ensemble passe par là.

La fédération SUD éducation :

réaffirme son soutien plein et entier à Erwan Redon et Alain Réfalo, ainsi qu’à tous les collègues qui sont menacé-e-s de sanction pour avoir tenté de résister aux politiques de casse du gouvernement,
exige l’abandon immédiat des procédures disciplinaires à leur encontre et la levée des sanctions contre tou-te-s les militant-e-s, dans l’éducation et ailleurs,
appelle à amplifier la solidarité et à :
- Signer la pétition contre le licenciement d’Erwan Redon (http://www.soutienerwanredon.org)
- Participer au rassemblement le 7 juillet devant l’inspection académique de Marseille à partir de 9h, au moment de la commission disciplinaire à l’encontre d’Erwan Redon
- Participer aux actions de solidarité avec Alain Réfalo, dont les modalités seront communiquées prochainement.
Nous appelons le nouveau Ministre de l’éducation, Luc Chatel, à éviter de commencer son mandat en mettant à la porte nos collègues.

Saint Denis , le 25 juin 2009.



Bac: le sujet qui dérange

Article Libé.fr

Les élèves de la filière STG ont dû répondre à la question: «Comment conseilleriez-vous un employeur souhaitant licencier une salariée pour défaut de productivité ?»

 

Décidément, avec le bac, on ne s’ennuie pas. Entre les coquilles , les imprécisions et les sujets changés à la dernière minute… Cette fois, c’est le choix même du sujet qui dérange, ou du moins interpelle.

Comme le relevait L’Humanité mercredi, dans le cadre de l’épreuve d’économie et droit, passée lundi par les élèves en terminale STG, les candidats étaient amenés à conseiller un employeur souhaitant licencier une salariée pour défaut de productivité.

«Nathalie Cerisier est commerciale chez un fabricant de matériel de caisse. Elle prospecte donc les grande surfaces afin de leur proposer des postes de caisses ergonomiques. Mais cette salariée n’atteint plus les objectifs de vente fixés par son manager.» L’énoncé précise que l’employée a alors suivi deux formations spécifiques, pour rebooster ses performances, sans résultat selon l’employeur. Quelques mois après, la salariée reçoit cette lettre: «Nous avons le regret de vous notifier votre licenciement pour raison d’insuffisance professionnelle: incapacité d’atteindre les objectifs de vente fixés sur 2 ans, baisse constante des ventes, manque de motivation au travail.» (Voir le sujet en intégralité ici)

La question posée aux candidats: «Formulez le raisonnement juridique que devra conduire l’employeur si l’affaire devait être portée devant le tribunal».

«De la provoc en temps de crise»

«Le sujet rentre certes dans le cadre du programme du droit du travail… Mais, bon, vu le contexte économique, c’est un peu déplacé», souligne un prof.

«C’est carrément de la provocation, oui», renchérit un autre, mi-remonté, mi-blasé. «En choisissant ce sujet, le ministère a fait un vrai choix politique. Il privilégie la logique libérale de l’entreprise au détriment du social.  Et l’arrivée de Luc Chatel (ancien cadre chez l’Oréal, il remplace Xavier Darcos au ministère de l’Education, ndlr) ne va pas arranger les choses…», soupire-t-il.

Le choix de ce sujet a une résonnance particulière, après l’importante mobilisation à la rentrée dernière des profs d’éco pour sauver leur matière de SES mise à mal par la réforme Darcos. «Voilà une preuve supplémentaire qu’il faut continuer à se battre pour sauver notre matière, les sciences économiques ET sociales.»



COMMUNIQUE DE PRESSE COORDINATION NATIONALE ECOLE EN DANGER SUR LA REPRESSION

Conscient de l’importance de la mobilisation des salariés de l’éducation et des parents contre les réformes DARCOS et PECRESSE et inquiet de cette forme de résistance inédite, le gouvernement espère briser la contestation par la répression, multipliant sanctions financières et administratives, pressions et intimidations…

La coordination nationale Ecole en Danger dénonce notamment les procédures disciplinaires qui visent les enseignants désobéisseurs et appelle tous les collectifs mobilisés et, plus largement, tous ceux qui sont conscients de la gravité des attaques portées contre l’école et ceux qui osent la défendre, à soutenir les enseignants sanctionnés et particulièrement :

-   Erwan REDON, professeur des écoles à Marseille (13), syndicaliste et militant, qui a exprimé dans une tribune sur Rue 89 les raisons pour lesquelles il est réfractaire aux mesures en cours. Après avoir subi un retrait de salaire de trente-deux  jours et un refus d’organisation de classe verte, il  est convoqué à Marseille le 7 juillet à  9h devant la commission paritaire siégeant en formation disciplinaire pour « insuffisance professionnelle » et risque le licenciement. La CNEED appelle à signer et faire signer la pétition de soutien et à venir nombreux de chaque département à Marseille le 7 juillet.

Voir le blog du comité de soutien à Erwan : http://www.soutienerwanredon.org

-   Alain REFALO, instituteur à Colomiers (31), qui a initié le  mouvement de résistance pédagogique par la publication de la  lettre à son inspecteur : « En conscience, je refuse d’obéir ». Après avoir subi un retrait de quatorze jours de salaire et un refus de promotion au grand choix pour avoir mis en place un atelier théâtre sur le temps de l’aide personnalisé, il est convoqué à Toulouse le jeudi 9 juillet à 15h devant la commission paritaire siégeant en formation disciplinaire pour « refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective et  attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education Nationale ».  (Les modalités de soutien seront communiquées dès que possible. Voir le blog de résistance pédagogique pour l’avenir de l’école : http://resistancepedagogique.blog4ever.com).

La coordination nationale Ecole en danger invite à mener des actions de solidarité et à dénoncer  ces mesures de répression qui ne pourront venir à bout de cette résistance collective pour un service public d’éducation de qualité pour tous.Porte-parole de la coordination nationale Ecole en Danger :

-                      Isabelle CAMPANELLA (Lyon) isabelle.campanella@free.fr 04 72 00 84 66

-                      Bruno EZ-ZAFIR (Villefranche) b.ez-zafir@laposte.net 06 10 59 62 88

-                      Maïlys LE DEUN (Toulouse) ldmailys@free.fr 06 83 58 11 46

-                      Hassénia SIRAT (Dijon) sirat.hassenia@hotmail.fr 06 61 41 20 52



Bac: «Une heure après, on a eu un nouveau sujet»

Article Libé.fr

A la dernière minute, les sujets du bac d’histoire-géo ont été changés sur ordre du ministère. La plupart des candidats ont été informés avant le début de l’épreuve, sauf…

 

Dans la série «cafouillage dans l’organisation du bac», en voici une belle: ce mercredi matin, les sujets de l’épreuve d’histoire-géographie du bac général (séries S, L et ES ) ont été changés «à la dernière minute», provoquant des couacs dans certains centres d’examens.

«Nous ça va, on a été informés avant le début des épreuve, raconte Alexandre, en terminale S à Soisson, en Picardie. Au moment de nous distribuer les sujets, les surveillants nous ont juste dit sans trop de précision de ne pas tenir compte de la première partie. Et ils ont écrit un nouveau sujet au tableau».

Tout les élèves n’ont pas eu cette chance. Si d’après les informations que l’on a pu avoir ce mercredi auprès des académies, il n’y aurait pas eu de «gros problèmes» de nature à faire annuler l’épreuve, certains candidats ont eu de mauvaises surprises.

«J’avais commencé à écrire»

Comme au lycée La Fontaine, à Paris, où une soixantaine d’élèves ont été informés du changement de sujet bien après le début de l’épreuve. «Dans ma salle d’examen, on a été informés au bout d’une heure et quart. J’avais déjà commencé à écrire et là, on est venu nous dire: « Désolé, il y a eu une erreur dans la distribution, voici le bon sujet ». Il a fallu tout recommencer, c’est vraiment déstabilisant, certains élèves se sont mis à pleurer», raconte une élève à la sortie des épreuves.

Le proviseur, joint par téléphone, explique: «On a été informé hier au soir qu’un rectificatif du ministère nous serait adressé ce matin, peu avant le début des épreuves, comme cela arrive de temps en temps. Sauf que malgré toutes nos précautions, on a fait une confusion. On a cru que le changement de sujet n’était valable que pour la série S. Or, les élèves de ES et L étaient également concernés…» Embarrassé, il ajoute: «Au final, ils ont eu le même temps que les autres pour composer, on a retardé la fin de l’épreuve et les jurys seront prévenus.»

Reste cette question: pourquoi le ministère a–t-il donné l’ordre de changer en partie les sujets au dernier moment? «Le bac, c’est une telle organisation que malgré toutes les précautions, les erreurs peuvent arriver», répondent en cœur les rectorats. Lou, en terminale ES à Paris, a sa petite idée sur la question: «Peu avant l’épreuve, des copains m’ont dit que les sujets avaient fuité hier soir et qu’ils étaient sur Facebook… »

 



L’intersyndicale demande la prolongation des contrats des 30 000 EVS

« Il reste 13 jours avant que 30 000 EVS… soient renvoyés au Pôle emploi » écrivent les dirigeants du Snuipp, Se-Unsa, Sgen, CGT Education et de l’Uncevs. Les EVS effectuent des tâches d’accompagnement des élèves handicapés ou de soutien administratif auprès des directeurs d’école primaire.

« Arrivés au terme de leurs contrats, le gouvernement fait fi des expériences qu’ils ont acquises au sein des équipes et auprès des élèves en situation de handicap ; Il organise un turn-over général, s’abstenant ainsi d’offrir des solutions et des perspectives aux 30 000 personnes concernées. Dans le contexte de crise économique et sociale actuelle, la fin du contrat signifie, pour eux, un retour à la case départ, au pôle Emploi, à une plus grande précarité » notent les syndicats.  » Nous exigeons une prolongation de leur contrat au delà de juin 2009. Nous exigeons que l’Etat, le ministère du Travail et le ministère de l’Education Nationale respectent leurs engagements en terme d’accompagnement et de formation et donnent à leurs représentants les moyens de les mettre en œuvre ».
Lettre intersyndicale
Communiqué Se-Unsa
L’Etat se désintéresse des EVS
Pétitiion : http://jesigne.fr/nonaprecaritedansleducationnationale



COMMUNIQUÉ du Mouvement des enseignants en résistance pédagogique

Alain Refalo convoqué en conseil de discipline le jeudi 9 juillet

Un huissier de justice a apporté ce matin à l’école Jules Ferry de Colomiers une lettre recommandée de l’Inspection Académique de la Haute-Garonne signifiant à Alain Refalo, initiateur du mouvement de résistance pédagogique chez les enseignants du primaire, une convocation devant la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, le jeudi 9 juillet à 15h.

Les faits reprochés sont les suivants :

- Refus d’obéissance
- Manquement au devoir de réserve
- Incitation à la désobéissance collective
- Attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education Nationale

Alors qu’il a effectué l’intégralité de son service devant les élèves, Alain Refalo a déjà été sanctionné cette année de 14 jours de retraits de salaire et d’un refus de promotion au grand choix cette année pour avoir mis en place un atelier théâtre sur le temps de l’aide personnalisée avec l’accord des parents d’élèves.

Le mouvement des enseignants en résistance pédagogique s’insurge contre cet acharnement démesuré qui vise à briser un enseignant qui n’a fait qu’agir en conscience, en toute transparence et sans faux-fuyants, pour ne pas être complice des réformes destructrices du service public d’éducation. Cette décision est d’autant plus injuste que l’inspecteur d’académie avait affirmé à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de sanctions disciplinaires à l’encontre d’Alain Refalo.

Nous dénonçons une entreprise politique qui vise à criminaliser la désobéissance pédagogique alors qu’elle est une action collective citoyenne qui appelle un dialogue constructif avec l’administration.

Un comité de soutien, présidé par Patrick Jimena, se réunira vendredi à 18h30 dans les locaux du Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées à Colomiers. Il préparera les initiatives pour organiser la mobilisation pour soutenir Alain Refalo, dénoncer cette attaque sans précédent contre la liberté d’expression des enseignants et s’opposer à cette décision inacceptable. Une pétition intersyndicale unitaire est en cours de préparation.

contacts :

Patrick Jimena : 06 81 84 39 97

Alain Refalo : 06 61 58 10 55

Blog Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école (dans les liens à droite)

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html

 



Communiqué FSU

Logo FSULa nomination d’un nouveau ministre à l’Education Nationale coïncide avec l’annonce  par son prédécesseur de 16000 suppressions d’emplois au Budget 2010. Cette annonce augure mal du mandat du nouveau ministre si ces suppressions étaient confirmées.

Celles-ci, d’un niveau jamais atteint, s’ajoutent aux dizaines de milliers de suppressions de ces dernières années et aux dégradations qu’elles ont engendrées et  recouvrent des réalités différentes mais tout aussi graves.

La saignée continue pour les postes administratifs, mettant en cause la capacité des services à répondre aux besoins des familles, des élèves et des personnels.

Pour les enseignants les suppressions concernent les emplois de stagiaires. D’une part elles conduisent  en tout état de cause à des suppressions importantes de moyens sur le terrain et d’autre part elles confirment les analyses de la FSU sur une réforme de la formation des enseignants marquée d’abord par le souci d’économies budgétaires qui se traduiront par une dégradation considérable de la formation initiale des nouveaux enseignants ainsi que de la formation continue : un pari dangereux pour une formation de qualité et pour l’avenir du système éducatif.

Par ailleurs les chiffres annoncés par le ministère mettent en évidence que l’enseignement privé aurait, pour la seconde année consécutive, des suppressions d’emplois nettement inférieures à 20% de celles du public remettant en cause l’équilibre indispensable au maintien de la « paix scolaire »

La FSU attend du nouveau ministre qu’il agisse pour que d’autres arbitrages interviennent. Elle renouvelle sa demande que soit abandonné le projet actuel sur la formation et le recrutement des enseignants, et qu’il soit procédé à une remise à plat au profit d’une tout autre réforme, ce qui exclut tout passage en force et implique la non publication des décrets et des réponses aux exigences que la FSU a formulées dans un récent courrier au précédent ministre.



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