Enseignants sanctionnés ? stagiaires non titularisés… la répression frappe espérant que la résistance s’est endormie au chant des cigales.

Article Libe.fr

30 stagiaires enseignants de l’IUFM punis pour faits de contestation

ÉDUCATION. La correction politique, ça s’apprend. En tout cas, le ministère de l’Éducation nationale s’emploie déjà à l’enseigner à Toulouse.

Trente stagiaires de l’IUFM de Haute-Garonne ne seront ainsi pas titularisés cette année pour avoir contesté les réformes Darcos en cours d’année. Le compte rendu de formation politiquement incorrect qu’ils ont pu commettre au mois d’avril se retrouvant dans leur dossier de validation, les voilà retoqués.

C’est une inspectrice générale, membre du cabinet des ministres Darcos puis Châtel qui n’a pas supporté que, même dans le strict cadre de l’IUFM, de futurs fonctionnaires contestent les dernières réformes gouvernementales. Ces affreux trublions ont eu à en répondre devant le jury académique de qualification professionnelle devant lequel ils ont été convoqués ce vendredi 3 et lundi 6 juillet.

La charge a été «sauvage», jugent-ils aujourd’hui. Le jury leur auraient reproché un manquement au devoir de réserve.

Réaction gouvernementale «inédite et exceptionnelle», commentent le Syndicat national de l’enseignement secondaire et le syndicat de l’enseignement primaire. «Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année».

«C’est fini la rigolade. Il a dû y avoir des instructions de sévérité», analyse un formateur de l’IUFM. Le ministre Luc Châtel ne semble en tout cas pas disposé à desserrer la vis que son prédécesseur Xavier Darcos a bloquée.

Une audience au rectorat et au ministère de la rue de Grenelle est demandée. Où le pari semble être fait que les vacances d’été étoufferont le bruit de ce coup de bazooka sur les rangs de la contestation.

Un tir à blanc, toutefois. La titularisation des trente stagiaires est tout simplement «ajournée». Autrement dit : soyez sages, les enfants, et si vous ne contestez pas plus avant, cette titularisation pourrait intervenir plus tard.

Une question taraude les stagiaires: quelle idée a traversé les formateurs de l’IUFM de glisser les compte rendus de leurs élèves contestant les réformes dans le dossier de validation?

GLv.

 

Article Libe.fr

Les profs ont-ils le droit de désobéir?

INTERVIEW

En «résistance pédagogique», plusieurs enseignants passent en conseil de discipline pour leur refus d’appliquer les réformes Darcos. Que risquent-ils? Antony Taillefait, spécialiste du droit de la Fonction publique, apporte son expertise.

 

Cette semaine, deux professeurs des écoles passent en conseil de discipline parce qu’ils refusent d’appliquer certaines réformes Darcos qu’ils jugent nuisibles pour les élèves.

Lancé en novembre dernier, le mouvement de «résistance pédagogique», qui rassemble quelque 3 000 enseignants et directeurs d’écoles ayant publiquement déclaré leur intention de «désobéir», s’oppose notamment aux deux heures de soutien individualisé aux élèves en difficultés que les enseignants doivent faire depuis la rentrée 2009 sans avoir reçu de formation particulière (Pour en savoir plus).

Que risquent ces fonctionnaires «désobéisseurs»? Que prévoit la loi? L’agent public est-il plus protégé qu’un salarié du privé? Les réponses d’Antony Taillefait, doyen de la faculté de droit de l’université d’Angers et auteur du précis Droit de la fonction publique (Dalloz).

Un fonctionnaire a t-il le droit de désobéir?

La loi du 13 juillet 1983 est très claire : «Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées» (article 28). Il n’appartient pas à un agent public de discuter les ordres. Il n’a pas le droit de désobéir, sauf dans trois hypothèses prévues par la loi.

- «Dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.» En pratique, il est rare que ces deux conditions soient réunies. On compte une petite vingtaine de cas depuis 1945, pas plus. L’exemple caricatural: le principal du collège qui demande à son conseiller d’éducation de frapper un élève.

- Le fonctionnaire peut aussi faire usage de son «droit de retrait» quand il encourt un «danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé». Là aussi, la jurisprudence est stricte. Les profs de Jussieu ont pu exercer leur droit de retrait à cause de l’amiante. En revanche, le juge a refusé le droit de retrait à un prof qui refusait de faire cours après l’agression d’un de ces collègues.

-Enfin, le fonctionnaire est autorisé à désobéir en cas de harcèlement moral… à condition d’en apporter la preuve, ce qui est loin d’être simple.

En l’espèce, que risquent ces profs en «résistance pédagogique» contre des réformes jugées «absurdes» et contraire à l’intérêt de l’enfant?

Sur le plan juridique, c’est un refus d’obéissance caractérisé. Ces professeurs s’exposent donc à des sanctions sévères pouvant aller jusqu’à la révocation.

Mais seul l’inspecteur d’académie a le pouvoir d’engager des poursuites disciplinaires. Il a un pouvoir discrétionnaire en la matière, et peut par exemple estimer que sanctionner un prof est de nature à déstabiliser le corps professoral. Certains enseignants échappent ainsi à des sanctions…

Existe-t-il des précédents où des profs sont sanctionnés pour refus d’obéir ?

Oui, plein. Il faut le savoir, la désobéissance est le principal motif de sanction des fonctionnaires. En refusant d’appliquer la loi, les enseignants risquent gros. J’ai plusieurs exemples en tête, comme ce prof qui faisait cours sur la pelouse en guise de protestation et qui a été condamné à six mois de suspension du droit d’exercer et six mois avec sursis.

Le prof sanctionné a t-il un droit de recours ?

Oui. La procédure est très encadrée. L’inspecteur d’académie engage les poursuites en saisissant le conseil de discipline, composé à parité de représentants de l’administration et des organisations syndicales.

La procédure est très codifiée, le conseil fonctionne un peu comme un tribunal avec des règles strictes. Le conseil entend tour à tour le professeur visé et son avocat. Puis, émet un avis de sanction. L’inspecteur d’académie conserve son pouvoir d’appréciation, c’est lui qui prononce la sanction. S’il ne suit pas l’avis du conseil de discipline, il doit le justifier.

Un fonctionnaire qui désobéit est-il plus protégé qu’un salarié dans une entreprise ?

Non, juridiquement, l’agent et le salarié sont dans la même situation même si on ne peut pas vraiment comparer. Les intérêts en jeu ne sont pas du tout les mêmes. D’un côté, l’employeur raisonne en fonction des intérêts de son entreprise. Si un salarié ne fait pas son travail, l’impact sur la productivité est immédiat, la sanction aussi. Dans la fonction publique, c’est l’intérêt général qui est en jeu. En clair, un inspecteur d’académie ne peut pas fermer une école comme un entrepreneur met la clef sous la porte…

 

Article Ouest France.fr

Quand les professeurs sont punis

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Commission disciplinaire, retenues de salaire… Retour de bâton pour les enseignants qui n’appliquent pas les réformes.

« Service non fait ». C’est pour ce motif que huit professeurs de l’université de Lille II ont subi une retenue de onze jours de salaire. Ils avaient refusé de rendre les notes du premier semestre, lors des grèves. « C’est comme si vous ne faisiez pas cours », a justifié le président de Lille II, à l’origine de la sanction. Le collectif des enseignants de l’université a déposé des recours en annulation dénonçant « la volonté de sanctionner pour l’exemple des enseignants mobilisés ».

Manifestation de soutien

À Marseille, c’est pour « insuffisance professionnelle » qu’Erwan Redon était convoqué devant la commission disciplinaire des Bouches-du-Rhône. L’inspecteur d’académie a préféré parler de « non-respect des obligations professionnelles ». Erwan Redon fait partie des maîtres qui refusent de mettre en place l’aide personnalisée à l’école et de remplir le fichier Base Élève. La commission disciplinaire a finalement été repoussée au mois d’août.

Aucun lien entre la convocation et le refus des réformes, selon l’inspecteur d’académie. Mais Erwan Redon, à qui 150 personnes ont apporté leur soutien, hier, estime le contraire. « Le ministère a décidé de mettre un coup d’arrêt à ce mouvement en frappant à sa tête. Mais nous n’allons pas céder », a déclaré Alain Réfalo, un enseignant toulousain qui passe en commission, demain. Les enseignants « désobéisseurs » risquent des rétentions de salaire ou une mutation d’office.
Article 20minutes.fr

 

Des milliers de collégiens sans lycée

 

Des collégiens le 2 septembre 2004 à Marseille

Des collégiens le 2 septembre 2004 à Marseille/Patrick Valasseris AFP/Archives

EDUCATION – Dans plusieurs académies, des élèves de 3e sont toujours sans affectation…

Chaque année, c’est le casse-tête. Les affectations en seconde des collégiens donnent des suées aux parents. Mais cette fois-ci, les difficultés semblent plus importantes que d’habitude, à en croire le nombre de plaintes reçues par les organisations de parents d’élèves. «Entre hier et aujourd’hui, on a été très sollicités», s’étonne Philippe Vrand, président de la Peep. La FCPE chiffre quant à elle à plusieurs milliers le nombre d’élèves toujours sans affectation. «4.800 élèves sont concernés en Haute-Garonne pour l’enseignement professionnel, 4.000 dans l’académie de Lyon, 1.400 dans le département de Paris, 400 dans celui du Haut-Rhin, et 160 dans celui du Vaucluse…».

Les raisons invoquées sont nombreuses et varient d’une académie à l’autre. Premier visé: le nouveau logiciel d’inscription Affelnet, expérimenté notamment en 2008 à Paris et généralisé cette année à tout le territoire. L’idée, avec ce logiciel, était d’en finir avec un système où les proviseurs de lycées réputés choisissaient eux-mêmes les dossiers des élèves dans les caves du rectorat de Paris. Désormais, les élèves peuvent formuler six voeux et sont affectés d’un nombre de points en fonction de critères qui ne dépendent plus uniquement des notes et des matières souhaitées, mais aussi d’autres priorités fixées par le ministère de l’Education nationale (critères sociaux, proximité géographique, rapprochement de fratrie…).

«Dysfonctionnements» dans la procédure informatisée

Malgré tout, l’importance de ces critères varie selon les académies, d’où la disparité des situations. Dans le Rhône, la Peep et la FCPE dénoncent des «dysfonctionnements» dans cette procédure informatisée à l’issue de laquelle plusieurs familles ont le sentiment d’avoir été flouées. A Paris, le ministère de l’Education nationale indique que de nombreux élèves demandent toujours les mêmes établissements particulièrement cotés. Ceux qui n’ont pas reçu leur affectation avaient formulé leurs six choix dans six lycées prisés, assure Philippe Fatras, inspecteur d’académie chargé du second degré. Or ceux-ci étaient déjà remplis par ceux qui les avaient demandés en premier choix. Si un de ces élèves n’avait pas le nombre de points nécessaire pour obtenir son lycée favori, il n’a donc obtenu aucun des cinq suivants. «Les élèves très bons ont obtenu l’établissement qu’ils voulaient. Le problème s’est posé avec des élèves plutôt bons, mais dont le nombre de points s’est avéré insuffisant pour intégrer l’établissement demandé en premier choix», a-t-on expliqué au rectorat.

Un argument qui ne convainc pas tout à fait les fédérations de parents. La FCPE pointe surtout les effets pervers de l’assouplissement de la carte scolaire, qui laisse penser que «tout est possible, alors que ça ne l’est pas». Elle critique aussi les 13.500 suppressions de postes prévues à la rentrée, qui ont «forcément un impact sur les capacités d’accueil des établissements», selon Christiane Allain, secrétaire générale de la Fédération. Cette dernière souligne également qu’il n’est pas étonnant que «ça coince au niveau des inscriptions dans l’enseignement professionnel, une filière où les affectations se font par défaut et où la réforme du bac pro en trois ans est mal maîtrisée». La Peep, pour sa part, indique qu’«un taux de redoublement très faible en troisième, conjugué à un taux élevé en seconde» vient se greffer au problème des affectations cette année.

Tout n’est pas encore joué. «Des commissions d’ajustement se réunissent ces jours-ci au niveau des rectorats», explique Philippe Vrand. A Paris, deux tours de rattrapage devaient être organisés sur le programme informatique Afflenet. Une commission devait se réunir ce mercredi pour trancher. Le sort de 1.400 élèves selon la FCPE, 600 selon le rectorat, est en jeu.

Catherine Fournier (avec agence)

 

 

Article Ladépéche.fr

Carte scolaire. Près de 600 élèves changent de collège

Réponse positive pour la moitié des collégiens qui ont demandé une dérogation.

 

Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM

Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM
Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM

OAS_AD(« Position1″); dans Revue de presse

Ce n’est pas vraiment une surprise : la carte scolaire a tendance à vider certains collèges de leurs meilleurs éléments. Dans le département les demandes de dérogations pour l’inscription en 6e ont encore augmenté de 10 % cette année par rapport à 2008. Et à y regarder de près l’inspection d’académie a constaté qu’un bon tiers des élèves qui souhaite changer d’affectation sont issus des quartiers dits « sensibles ». Sur les 850 demandes examinées par la commission de dérogation pour l’entrée en 6e, 30 % émanent de familles qui dépendent des collèges Reynerie, Stendhal, Bellefontaine, George-Sand et Lalande, les cinq établissements d’éducation prioritaire de Toulouse. Les parents ne mettent pas en cause la qualité de l’enseignement. « Ces élèves veulent côtoyer un autre univers que celui de la cité, explique l’inspecteur d’académie Jean-Louis Baglan. A noter que c’est souvent tout près de leur quartier qu’ils demandent à être scolarisés. Ainsi le collège Clémence-Isaure, à Saint-Cyprien, reçoit pas mal d’enfants du Mirail. Nous mettons en place une politique d’ouverture et de mixité sociale. La contrepartie, reconnaît l’inspecteur d’académie, c’est que les élèves qui partent sont souvent ceux qui ont le plus de motivation et (ou) de facilités. Pour les enseignants des collèges ambition réussite c’est plus dur, mais l’avantage c’est que leurs effectifs par classe peuvent diminuer ». Jean-Louis Baglan l’affirme, « il n’y aura pas de fermeture de classe à la rentrée. Une classe disparaît à George-Sand, pour des problèmes démographiques ».

Seule la moitié des 1 172 demandes de dérogation a été satisfaite. La mise en place de la réforme doit se faire de manière progressive, en toute transparence, et en fonction des capacités d’accueil, explique l’inspecteur d’académie. Les critères retenus pour les dérogations sont, dans l’ordre, handicap ou problème d’ordre médical, éléments d’ordre sociaux, parcours scolaire particulier (exemple un enfant inscrit au Conservatoire qui doit suivre des cours à proximité), fratrie déjà inscrite, proximité du domicile, autres (convenance personnelle, lieu de travail des parents…).

10 élèves du mirail admis à Fermat

Quelques places sont encore disponibles pour les nouveaux arrivants et les retardataires. Autre nouveauté, le collège Pierre-de-Fermat, accueille à la rentrée dix élèves du Mirail, « repérés pour leur mérite et leur motivation ». Ce sont les enseignants de Fermat qui ont souhaité s’investir dans ce projet.

Sylvie Roux

 



Bac: 78,4% de réussite au premier coup

Article Libé.fr

C’est 2,9 points de plus qu’en 2008 pour le bac général. En revanche, dans la filière technologique, les résultats sont moins bons. La meilleure moyenne: 20,3/20 ; le plus jeune bachelier: 13 ans mention très bien…

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Libération.fr

Cette année, 622.322 ont passé le bac, toutes filières confondues.

Cette année, 622.322 ont passé le bac, toutes filières confondues. (© AFP Frédérick Florin)

- En hausse. Selon les premiers résultats, 78,4 % des candidats ont été reçus au bac général, soit 2,9 points de plus qu’en 2008 à l’issue du 1er groupe de la session de juin.

Cette progression concerne les 3 séries : + 4,1 points en série ES, + 3,1 points en série L et + 2 points en série S. Ainsi, à l’issue du 1er groupe d’épreuves, 80,7 % des candidats au baccalauréat S ont été reçus, 76,7 % des candidats en ES et 74,3 % en L.

«Les résultats sont très bons, c’est un excellent cru, s’est réjoui le nouveau ministre Luc Chatel. On ne peut que s’en féliciter. Le bac continue de jouer son rôle : consacrer la fin des études secondaires et être une clé d’entrée pour l’enseignement supérieur.»

S’agissant des séries technologiques, 62,9 % des élèves obtiennent le baccalauréat dès le 1er groupe des épreuves, soit une baisse de 1,5 point par rapport à l’année dernière. Le secteur industriel atteint 68 ,1% et le secteur tertiaire s’établit à 60,8 %.

Le taux de réussite définitif intègrera les résultats des épreuves orales du second groupe, qui se déroule dans les jours à venir, pour une publication des résultats définitifs le 13 juillet.

- 20,3 de moyenne !  Benjamine, 18 ans, lycéenne en ES à Nîmes, a reçu les «félicitations du jury».

Elle a réussi à avoir plus de 20 de moyenne grâce à une option d’anglais section européenne, qui lui a valu un 19 et apporté des points de bonus. Ajouté à ça: 20 en maths, 20 en histoire et en allemand, pareil en français à l’oral et 18 en philo. A la rentrée, elle va à Lyon en prépa HEC.

- Taoufik El Madroussi, jeune élève marocain sans papiers, revenu en France en avril, a obtenu son bac professionnel avec mention assez bien. «Inutile de vous dire qu’il est super heureux, qu’il a un sourire jusqu’aux oreilles, bref, il a bossé et il a obtenu ce qu’il souhaitait, c’est génial», a indiqué son comité de soutien, Taoufik-doit-revenir.com.

Le jeune homme de 22 ans, domicilié à Chevilly-La-Rue (Val-de-Marne), avait été expulsé en août 2008 et était revenu en France le 22 avril 2009 «après sept mois d’argumentations et de négociations».

- Le plus jeune bachelier : 13 ans et bac S mention très bien. Quant au doyen des candidats, Denis Chardenas, militaire à la retraite de 79 ans, a raté l’examen. «C’est loupé ! Je ne passerai pas l’oral. Je suis à 6 ou 6,5 de moyenne.» Dans le détail, ça donne : «Les maths ? Il n’a pas voulu me mettre zéro, j’ai 1. L’économie sociale, j’ai 7 ou 8, pas plus». En revanche, en occitan (langue régionale en option), il a obtenu un 15.
- Une médaille en prime. Histoire de marquer le coup, le proviseur du lycée professionnel de Jean Monnet de Juvisy-sur-Orge (Essonne) a remis une trentaine de médailles pour «récompenser, remercier, féliciter les élèves méritants» ayant obtenu une mention bien ou très bien et à une demi-douzaine de bacheliers adultes ayant repris leur scolarité.

En septembre, Xavier Darcos, alors ministre de l’Education, avait affirmé vouloir récompenser les bacheliers en distribuant des médailles. Une annonce critiquée par les parents d’élèves et les lycéens, qui y voyaient une mesure «bling bling», «inutile», «pathétique».

 

Article 20minutes.fr

Plus de 78% de réussite au bac

A Franconville (Val d’Oise), des élèves de terminales découvrent les résultats du bac, le 07 juillet 2009, au lycée Jean Monnet.

A Franconville (Val d’Oise), des élèves de terminales découvrent les résultats du bac, le 07 juillet 2009, au lycée Jean Monnet./B. GAVAUDO / AFP

 

 

EDUCATION – Les candidats sont plus nombreux que l’an dernier à avoir décroché leur diplôme du premier coup…

>> Sur 20minutes.fr, tous les résultats du bac sont disponibles en cliquant ici

Le taux de réussite au bac général dès juin atteint cette année 78,4% des candidats, soit une hausse de 2,9% par rapport à 2008, a annoncé mardi le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel. Dès le premier coup, 80,7% des candidats au baccalauréat S ont été reçus (+2,1%), 76,7% des candidats en ES (+4,1%) et 74,3% en L (+3,1%).

S’agissant des séries technologiques, 62,9 % des élèves ont obtenu leur bac, soit une baisse de 1,5 point. Le secteur industriel atteint 68,1% et le secteur tertiaire s’établit à 60,8%, selon les chiffres du ministère. Les résultats définitifs, après les oraux de rattrapage qui se déroulent entre mercredi et samedi, seront publiés le 13 juillet. Plus de 622.000 candidats se sont présentés aux épreuves cette année.«Un excellent cru»

«Les résultats du bac 2009 sont très bons, c’est un excellent cru. On ne peut que s’en féliciter. Je me réjouis que le bac continue de jouer son rôle: consacrer la fin des études secondaires et être une clé d’entrée pour l’enseignement supérieur. Le bac est et restera une institution, a déclaré Luc Chatel. On continue à avoir 150.000 élèves par an qui sortent du système éducatif sans diplôme, c’est un vrai combat que nous avons à mener, améliorer l’accès au bac et réduire le nombre de sorties sans qualification.»

Avec agence



Un lycéen bloqueur se voit interdire l’accès à la classe terminale

Article LeMonde.fr

Tristan Sadeghi vient de finir son année en première économique et sociale au lycée Maurice-Ravel, à Paris. Il est délégué de sa classe, ses notes sont bonnes et ses professeurs contents de lui. Pourtant, et alors que les grandes vacances commencent, son passage en classe de terminale est incertain car Tristan a été un « bloqueur » lors des manifestations lycéennes de février. C’est la raison pour laquelle quand il a souhaité déposer un dossier de réinscription le 16 juin dernier, le personnel a, selon la famille de l’élève, refusé.

D’après les parents de Tristan, le proviseur aurait expliqué qu’il souhaitait un engagement écrit de leurs fils de ne plus participer à des activités de blocage. Le père envoie alors un courrier à la direction de l’établissement pour dénoncer une « décision discriminatoire et illégale », car Tristan n’a pas bloqué son lycée tout seul. Le père indique tout de même que « Tristan n’a plus aucune intention de bloquer le lycée et doit se concentrer entièrement sur ses études », mais le proviseur souhaite un engagement écrit de la main de Tristan (voir la lettre du proviseur, publiée sur le site du Nouvel Observateur).

Lundi 6 juillet, professeurs, camarades de classes et élus locaux se sont donc réunis devant le rectorat de Paris pour défendre son cas. Danielle Simonnet, conseillère de Paris, déléguée auprès de la maire du 20e arrondissement chargée de la lutte contre les discriminations, de l’intégration, du handicap et du monde associatif, qui assure « bien connaître » Tristan dans un courrier publié sur Internet, a dénoncé une « situation et [une] pression psychologique exercée sur l’élève et ses parents insupportable et inacceptable ».

 

Le Monde.fr

 

J’ai 17 ans et je suis exclu car j’ai fait blocage contre Darcos

Article Rue89

Ce lundi matin, une élue parisienne, Danielle Simonet, conseillère de Paris (Parti de gauche), alertait par un e-mail très viral sur le sort de Tristan Sadeghi, lycéen tout juste sorti de classe de première, à qui son proviseur refuse l’inscription en terminale. Sauf s’il s’engage par écrit à ne plus participer à des manifs ou des blocages, tels que ceux qui ont émaillé l’année, au lycée Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement comme ailleurs.

Rue89 a proposé à ce jeune élu représentant au conseil de la vie lycéenne de raconter son histoire, alors que la mobilisation autour de son cas commence à prendre. Le proviseur de l’établissement, également contacté, n’a pas donné suite aux sollicitations de Rue89. Qui publie toutefois le courrier qu’il a envoyé à Tristan Sadeghi.

Je m’appelle Tristan Sadeghi, j’ai 17 ans. Je suis lycéen au lycée Maurice-Ravel, en classe de première ES (économique et sociale) et suis passé en terminale sans difficulté. J’ai été actif durant les mouvements lycéens contre les mesures dites « Darcos » comme beaucoup d’autres.

Le 16 juin dernier, comme tous les élèves de mon lycée, je suis allé rendre ma fiche de réinscription. Surprise : on refuse de la réceptionner. « Ordre du proviseur », me dit-on. Ce dernier, Philippe Guittet (ancien porte-parole du principal syndicat des proviseurs, le SNPDEN,) explique son refus de réinscription par mon « rôle de meneur des blocages du lycée ». Il me rend personnellement responsable des blocages.

Souhaitant apaiser la situation, mon père lui a fait remarquer que l’année prochaine, étant en classe de terminale, je me concentrerais sur mes études. Rien n’y a fait. Le jour même, nous lui avons demandé par écrit de me réinscrire. Il nous a répondu, par écrit également : il conditionne ma réinscription à un engagement à ne plus bloquer. (Voir ici le courrier du proviseur adressé à Tristan Sadeghi)

Je tiens à préciser que tous ces événements se sont déroulés à quelques jours de mon bac de français, et psychologiquement, être « un sans-lycée », ce n’est pas facile.

Pression à la signature

Ses méthodes me semblent d’ailleurs inacceptables : il fait véritablement pression sur moi pour me « forcer » à signer un papier ! Nos blocages d’établissement s’inscrivaient toujours dans un cadre de contestation sociale et étaient « sérieux » : nous organisions régulièrement des assemblées générales (où nous décidions par vote le blocage) et des réunions d’information sur les mesures « Darcos », réunions ayant lieu une fois par mois. Les blocages étaient toujours calmes.

Petite anecdote, tous les matins de blocages d’établissement, nous faisions une collecte (où chacun mettait ce qu’il pouvait) pour ensuite faire des sandwichs et les distribuer à l’heure du déjeuner. N’est-ce pas la preuve d’une atmosphère de collectivité bon enfant ?

Nous étions parfois deux cents à bloquer, dans le pire des cas, soixante-dix. Mais qu’on se rassure : nous n’étions pas une minorité. Nous disposions toujours du soutien de la grande majorité du lycée. 70 élèves ne peuvent empêcher 1000 élèves de rentrer ! Sans forcément nous aider directement, nous avions leur consentement.

« Réprésentant », pas fauteur de trouble

Le proviseur me jugerait-il capable de bloquer seul un lycée ? Ce serait étonnant. J’ai effectivement été élu délégué du mouvement. Cela veut dire que j’émane du mouvement. Que j’en suis le représentant. Or M. Guittet a peut être personnifié le mouvement en ma personne.

C’est peut être aussi une façon de faire peur aux autres, de punir pour l’exemple. « Regardez ce qui est arrivé à Tristan. Si vous bloquez, vous vous exposez à la même sanction… » Où est la justice dans la punition automatique ? Car c’est une exclusion de fait.

Fait du prince

Je pense pourtant avoir servi la République, l’Education. Les mesures Darcos sont à mon avis un coup porté à l’école républicaine, égalitaire, d’où mon engagement. Mais si on doit me reprocher quelque chose, qu’on me juge, qu’on ne prenne pas une sanction six mois après les événements. Cela ressemble trop au fait du prince.

S’il décide de ne pas me reprendre, si mon intégration se passe mal dans le nouveau lycée, c’est mon année de bac qui sera perturbée. Un rassemblement a eu lieu ce matin (lundi 6 juillet) devant le rectorat. Pas seulement pour sauver le jeune Tristan, sauver son avenir. Mais surtout parce que cette sanction, comme l’a si justement remarqué Danielle Simonnet, élue au conseil de Paris et très active pour me soutenir, représente très bien la criminalisation des mouvements sociaux ». »

Mettons des limites. Accepter le fait du prince, c’est laisser une porte grande ouverte. Qu’on ne mette pas la pression sur quelqu’un pour qu’il signe des papiers (ce sont des méthodes de régimes peu appréciables), que personne ne paie pour les autres (car je suis bien le seul à subir cette menace), qu’on laisse un élève étudier, apprendre tranquillement. Que la démocratie lycéenne soit respectée !

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

 

 

Compléments d’infos :

Bonjour,

Le proviseur du lycée Maurice Ravel ou mon fils Tristan SADEGHI est scolarisé en première « ES », conditionne sa réinscription en terminal par un engagement écrit de sa main à ne plus participer à des activités de blocage du lycée.

Cette année scolaire 2008-2009, Tristan à eu une scolarité très satisfaisante, tant au niveau de ses résultats scolaire que de son comportement au sein du lycée. Il est bien apprécié de l’ensemble de ses professeurs.

Scandalisé, Je trouve cette décision discriminatoire et illégale. J’ai fait (avec le soutien de la FCPE) de nombreuses démarches auprès du proviseur et de Rectorat de paris, pour demander la réinscription pure et sans condition de Tristan.

N’ayant, à ce jour, aucune réponse du proviseur et compte tenu des délais très courte d’inscription, avec mon fils, nous avons décidé de dénoncer cette situation publiquement :

- Nous Appelons à un rassemblement, le lundi 6 juillet à 11h30 devant le Rectorat de Paris (ave GAMBETTA PARIS 20EME) pour demander l’inscription sans condition de Tristan.

- Par la même occasion (à la même heure et au même endroit), nous organisons une conférence de presse.

Un texte d’appel est en cours de préparation. En attendant,  voici, ci-dessous, le  texte de Danielle Simonet (conseillère de Paris) adressé à la presse.

Hossein SADEGHI
06 60 53 05 05

Bonjour,

Je vous informe que j’ai appris avec stupéfaction, que Monsieur le Proviseur du lycée Maurice Ravel du 20e , conditionnait par une lettre adressée à son père, la réinscription de l’élève Tristan SADEGHI à un engagement écrit de sa main à ne plus participer à des actions de blocage du lycée lors de mouvements de grève.

Je connais, et notre équipe municipale connaît bien Tristan SADEGHI. Cet élève, engagé, comme de nombreux autres lycéens dans la mobilisation lycéenne cette année nous avait sollicité, avec d’autres, pour pouvoir tenir des réunions de coordination lycéenne dans notre mairie. Il est également intervenu lors d’une grande réunion publique en mairie du 20e sur les enjeux de l’école. Nous avons pu apprécier ses qualités d’expression orale, pausée et argumentée.
Je sais par ailleurs que les enseignants de Tristan SADEGHI ont apprécié sa scolarité et l’ont jugée très satisfaisante tant au niveau de ses résultats scolaires que de son comportement au sein du lycée. A ma connaissance, son conseil de classe a confirmé son passage en T ES. Cet élève n’a fait l’objet d’aucun conseil de discipline qui pourrait éventuellement justifier un refus de réinscription au sein du même lycée pour son passage en année supérieure.
Tristan et ses parents trouvent cette mesure tout à fait discriminatoire et injustifiée et ont fait appel au soutien le plus large, et malgrès de nombreuses démarches auprès du proviseur et du Rectorat de Paris, pour demander de le réinscrire sans condition, nous n’avons, à ce jour, aucune réponse du proviseur
Cette situation et la pression psychologique exercée sur l’élève et ses parents, nous parait insupportable et inacceptable.
Elle est révélatrice d’un contexte ambiant de criminalisation de la contestation sociale. Comment un chef d’établissement a-t-il pu se sentir autorisé à enfreindre ainsi aux règles de fonctionnement de l’éducation nationale et à la démocratie lycéenne ?
Je vous informe que s’organise lundi 06 juillet, devant le rectorat (Av Gambetta – Paris 20e), à 11h30 une mobilisation pour exiger la réinscription de Tristan sans condition à laquelle seront conviés les syndicats d’enseignants, lycéens, étudiant,  élus, journalistes, responsables politiques, intellectuels  afin de manifester leurs soutien et leur solidarité avec TRISTAN. Un appel est en préparation à cet effet.
Pour plus d’informations vous pouvez contacter le père de Tristan : hossein.s@orange.fr
Vous remerciant par avance de bien vouloir relayer cette information.
Cordialement,



Le ministère sanctionne les enseignants qui n’appliquent pas les réformes

Article Le Monde.fr

Erwan Redon, le 7 juillet, et Alain Réfalo, le 9, sont convoqués devant la commission administrative paritaire départementale siégeant en conseil de discipline. Ce sera bientôt le cas de Bastien Cazals. Ces trois « désobéisseurs » font partie des 2 807 professeurs des écoles qui refusent d’appliquer les réformes du primaire : nouveaux programmes en 2008 et deux heures d’aide personnalisée et hebdomadaire, notamment pour les élèves en difficulté.

Pour Thierry Le Goff, directeur général des ressources humaines du ministère, l’affaire est limpide : « Erwan Redon est convoqué pour insuffisance professionnelle. Alain Réfalo est cité devant la commission administrative pour refus d’obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la désobéissance collective et attaque publique contre un fonctionnaire de l’éducation nationale. »

Le fonctionnaire est soumis à une obligation d’obéissance hiérarchique sauf, comme le stipule la loi, « dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ».

Ce n’est pas le cas aux yeux du haut fonctionnaire, qui relève que le ministère avait mis en garde : « Avant ces convocations, nous avons adressé de nombreux signaux à ces enseignants. Notamment par des retenues sur salaire pour les heures non effectuées. »

Des retenues significatives, vingt-neuf jours pour M. Réfalo, trente-deux pour M. Redon, trente-six pour M. Cazals. Ces mesures n’ont pas découragé les enseignants, même si elles leur paraissent injustes : pendant les deux heures d’aide personnalisée, ils mènent des activités artistiques et éducatives avec les enfants.

Pour eux, instaurer deux heures supplémentaires de français et de maths pour les élèves en difficulté, quand on a auparavant supprimé la classe du samedi matin, revient à charger la journée de classe au-delà du raisonnable. « La mesure est probablement illégale, explique M. Réfalo, puisque sur quatre jours elle conduit à faire passer la journée scolaire de l’élève des six heures légales à six heures trente. » Contrant par avance sa très certaine convocation, M. Cazals a déposé un recours devant le tribunal de Montpellier pour juger de cette illégalité. Il devait être examiné lundi 6 juillet.

Face à une mesure qu’ils considèrent contraire à l’intérêt des enfants, les professeurs des écoles ont donc adopté la désobéissance civile, telle que l’a théorisée au XIXe siècle le philosophe américain Henry David Thoreau, expliquent-ils. Leur refus s’est matérialisé dès novembre 2008 par l’envoi de lettres individuelles, puis collectives, à leur hiérarchie : « En conscience, je refuse d’obéir… »

Pour Philippe Meirieu, professeur des universités et figure emblématique du courant pédagogique, les sanctions étaient inéluctables : « A partir du moment où vous vous qualifiez de désobéisseur, une formulation assez maladroite, l’institution ne peut pas ne pas réagir. D’autant que les enseignants ont pour fonction symbolique de faire obéir leurs propres élèves. »

Par la voix de M. Le Goff, le ministère tempère, estimant que « nous ne sommes pas dans une situation d’une gravité telle que la révocation soit envisageable ».

Reste que l’institution fait face à une forme inédite de contestation. « Le système éducatif s’est fait une spécialité de l’ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Elles meurent à petit feu dans l’indifférence générale. Là, je suis admiratif de leur franchise : en revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l’usage de ne pas faire et de n’en rien dire. Mais ils vont le payer », explique encore M. Meirieu. L’absence de la moindre revendication catégorielle dans cette demande purement liée aux contenus et aux méthodes d’enseignement et le fait qu’elle soit une démarche individuelle de résistance menée par des acteurs dont beaucoup ne sont pas syndiqués la démarque aussi des luttes syndicales classiques.

Pour compliquer encore un peu l’affaire, à Toulouse, le conflit se politise : Pierre Cohen, le maire, et Martin Malvy, le président du conseil régional, tous deux PS, se rendront au rassemblement de soutien à M. Réfalo le 9 juillet, jour de sa citation devant le conseil de discipline. Si Xavier Darcos souhaitait une grande fermeté, l’attitude et les commentaires du nouveau ministre, Luc Chatel sur cet épineux sujet ne manqueront pas d’être interprétés comme un signe important.


Sur le Web : le site des désobéisseurs, http://resistancepedagogique.blog4ever.com.

 

Christian Bonrepaux

 



La grande fatigue des profs face au démantèlement de l’école

Article Rue89

Pour sortir du tunnel du bac et de ses corrections, nous avons invité à manger quelques personnes, dont des enseignants de nos gamins, devenus des amis. Ceux-ci, pourtant très bons pédagogues et fiers de faire ce travail, m’ont apparu au fil des échanges quelque peu abattus.

Peut-être la fatigue de la fin d’année ou ma vision noire du monde. Je crois qu’il y avait aussi autre chose de plus profond, difficilement palpable. Ces profs de français, philo, anglais, évoquaient leur matière avec une grande passion puis, d’un seul coup, leurs regards s’assombrissaient des menaces à venir.

Un ministre de l’Education chasse l’autre, une réforme chasse l’autre, mais les nuages persistent dans le ciel républicain. Ce malaise, semblable sans doute à celui de tous les fonctionnaires envoyés en première ligne, est très inquiétant.

Comment donner l’envie à des jeunes d’interroger le monde quand vous êtes traversés par d’irrépressibles phases d’abattement ? Un abattement, ou plutôt une lucidité sur la grande braderie de l’Education nationale.

D’un côté, les élites rassemblés dans les meilleurs lycées avec une culture ouverte sur la peinture, littérature, musique (du classique au hip hop). De l’autre, une population nourrie toujours au même lait : échec scolaire, illettrisme rap, slam.

Une partie de la gauche a cantonné les jeunes au rap, au tag et au slam

Au pied de l’immeuble ou dans une BMW, un certain nombre de leurs élèves sont coincés entre la violence réelle -certes engendrée souvent par leur propre bêtise et manque de curiosité-, mais aussi celle, symbolique, créée entre autres par une partie de la gauche, qui « obligea » une catégorie de la population à ne s’exprimer que par le rap, le tag et le slam.

A titre personnel, je n’aime pas du tout le boulot de Grand Corps malade (toutefois, ce type a l’air sympathique et sincère) et encore moins Abd al Malik, encensés tels des Jacques Prévert de banlieue. Une copine provocatrice évoquait carrément « les “Y’a bon Banania” de la culture. »

N’en déplaise à pas mal de mes proches qui adorent ces deux chanteurs, je persiste et signe : il s’agit de variété comme le yéyé et le disco à d’autres époques. Pas plus, ni moins. Auditeur de Radio Nostalgie, j’aime beaucoup la variété, mais faire passer ce genre de textes pour de la grande poésie me semble une arnaque. Pas du René Char, du Rimbaud, du Ferré, du Bertrand Cantat, du Bashung ou bien d’autres actuels que je ne connais pas.

Cela dit, j’ai déjà entendu d’excellents slammers à la radio, et la langue doit évoluer, se nourrir des cultures actuelles. Mais faire étudier les textes de Grand Corps malade à l’école relève d’une grande démagogie, accompagnée d’une véritable inconscience des conséquences néfastes sur la culture en construction des élèves.

Des ados devenus adultes sans avoir les outils critiques nécessaires

Bref, revenons au pied de l’immeuble.

Beaucoup de ces gosses à l’abandon dans le labyrinthe des barres verticales de nos villes, et celles, horizontales, de campagnes -les lotissements qui génèrent un nouveau mal de vivre-, finiront dans des prisons privées, hôpitaux psychiatriques s’il en restent, à faire la queue au Pôle emploi, dans des emplois précaires, paumés, alcoolos, défoncés, abrutis par l’immobilisme.

Ou bien resteront-ils dans cette espèce de torpeur d’ados mal dégrossis devenus adultes en ayant traversé les frontières de l’enfance, sans avoir obtenu les passeports républicains. Démunis des outils critiques pour décrypter leur propre existence et celle de leurs contemporains.

Et qui offre ces outils ? Parents, grands-parents, proches, radio, télé, journalistes, chanteurs… Mais aussi ces enseignants motivés et conscients de l’ampleur et l’importance de leur tâche. Bien sûr, comme dans toutes les corporations, certains enseignants ne sont pas à la hauteur et bâclent leur travail quotidien.

Leur rôle s’apparente à celui du comédien qui, contrairement aux acteurs de télévision et cinéma, doit être bon à chaque représentation. Qui, dans n’importe quel domaine, peut se targuer d’être pertinent et efficace chaque jour ?

Si ceux qui sont réellement investis commencent à baisser les bras : où va-t-on ? Plus ils sont confrontés à de réelles difficultés sur le terrain, plus on leur met des bâtons dans les roues.

Pour les Sarkozy, les réceptions ; pour les profs, les déceptions

Suppression de postes, « La Princesse de Clèves » et les pratiques artistiques autorisées seulement dans certaines familles, ghettoïsation, mépris des gouvernants, de certains parents et élèves… : la liste est longue et va sans doute s’allonger.

Pendant ce temps, notre cher président s’offre une p’tite boum politique à 500 000 euros les deux jours et le budget de son palais présidentiel augmente de près de 20%. Pour le couple élyséen, les réceptions et pour les enseignants, les déceptions.

A la rentrée, des milliers d’enseignants retournerons colmater les brèches de la société. Sans stock options ni Rolex, ils sauteront sur tous les établissements de France et Navarre.

Avant de partir en vacances, ayons une petite pensée pour ces sapeurs pompiers de l’Education nationale, qui essaient d’endiguer les flammes d’un avenir bouché. Grand incendie attisé par la course au profit immédiat et le clinquant.

La pluie a interrompu la soirée, une soirée ponctuée du glas de l’école laïque et républicaine. Et de valeurs foulées au pied des cités et des palais de la République, pas avec les mêmes marques de chaussures mais les mêmes rêves sans développement durable.

Malgré ça, le rire n’a pas déserté nos conversations car, pour tordre le coup à une rumeur : beaucoup d » enseignants ont de l’humour et une bonne descente. Chacun est reparti chez lui, eux retrouver des copies à corriger. Et nous comme des milliers de citoyens à attendre les résultats du bac. Avant de partir en vacances…. Pour ceux qui peuvent encore !

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 



Déclaration Liminaire au Conseil Supérieur de l’Education par l’UNL

Logo UNLPour mener à bien la réforme du lycée nous attendons du Ministre qu’il renoue le dialogue avec la communauté éducative. A l’inverse de son prédécesseur, Luc Chatel devra obligatoirement prendre en compte les avis exprimés par les organisations syndicales, notamment au CSE, sans quoi le climat social de la rentrée ne sera pas favorable à une véritable réforme.

Cette réforme est essentielle, notamment en cette période de crise économique et sociale. Elle devra permettre à toute une génération de jeunes de sortir du système scolaire avec un diplôme et de se construire un projet d’avenir concret, seul bouclier efficace face à la crise !

Nous demandons au Ministre d’ouvrir une concertation avec les syndicats à la rentrée. Elle devra notamment intégrer les chantiers suivants, indispensables pour un lycée de l’égalité et de la réussite de tous :

• Prendre en comptes les problèmes d’orientation et y répondre par la création d’un véritable service public d’orientation multiplier les copsy et en faire évoluer la formation.

• Assurer l’accès de tous à l’aide scolaire, pour casser les inégalités et la reproduction sociale, et diversifier les supports et les méthodes pédagogiques .

• Donner une véritable place aux lycéens dans la société en créant un statut lycéen, donnant lieu à la mise en place d’une carte nationale lycéenne.

Ces mesures nécessitent des moyens, pourtant, Xavier Darcos, encore Ministre de l’Éducation Nationale, a annoncé la suppression de 16 000 postes à la rentrée prochaine. Le gouvernement s’entête, ainsi, dans une politique qui a montré ses limites d’efficacité. Sans moyens supplémentaires le Service Public d’Éducation ne pourra plus remplir ses missions. Nous ne pouvons plus accepter qu’une année de plus les inégalités sociales s’accentuent et que des milliers de jeunes sortent du système scolaire sans qualification.

Xavier Darcos a montré lors de son recul sur la réforme du lycée au mois de décembre les limites de la fermeture au dialogue, et de l’absence de prise en considération des attentes et des aspirations lycéennes. Suite à son recul, les consultations menées par M. Descoings, M.Apparu ou encore par le ministère, ont permis l’expression des carences du système et des éléments pouvant les pallier. Elles rejoignent en partie les propositions mises en avant par l’UNL ces dernières années.

Pour l’année qui s’annonce, l’UNL restera vigilante tant sur les questions relatives à la réforme du lycée, que sur l’insertion professionnelle des jeunes, la politique sécuritaire, ou encore les discriminations encore trop présentes dans nos établissements. Les lycéens attendent le nouveau ministre au tournant. La priorité ne doit pas être de réaliser des économies budgétaires, mais bien de construire l’autonomie intellectuelle de la jeunesse.

« M. le Ministre soyez responsable et cohérent, soyez attentif et à l’écoute; ne répondez pas à une politique dogmatique et irresponsable vecteur d’inégalités, d’échec scolaire et d’exclusion sociale ! »

Lucie Bousser
Présidente de l’Union Nationale Lycéenne



COMPTE-RENDU D’AUDIENCE A L’INSPECTION ACADEMIQUE FIN DE CONTRATS POUR LES PERSONNELS EN CAV/CAE RENOUVELLEMENT DES CONTRATS

Logo FSUÉtaient présents : Ms WAGNER et COMBES, de l’I.A, M. GRAND et E. BOIS représentant la FSU, Fabrice LEMAN CAE en fin de contrat au lycée Gide, Anny-Claude LECLERCQ CAE en fin de contrat au clg d’Aigues-Mortes, Corinne RANC CAV (exerçant comme AVSi) en fin de contrat à l’école primaire Paul Marcellin à Nîmes.

XXXXX
CAE = contrat d’accompagnement vers l’emploi. La loi en fixe la durée à 24 mois maximum. Dans les faits, les contrats ont été morcelés par tranches de 6 mois (ou moins !).
CAV = contrat « d’avenir ». La loi en fixe la durée à 36 mois maximum.
La plupart des contrats CAV ont été recrutés dans les écoles primaires et occupent le poste d’AVS ou AVSi (assistant de vie scolaire assurant le suivi de l’intégration d’élèves handicapés). Beaucoup de CAE ont exercés en collège ou en lycée pour des tâches diverses.

1) Michel Grand indique aux représentants de l’administration que, selon des données qu’on a récupérées du ministère, 941 contrats CAE/CAV sont arrivés à leur terme dans le Gard, ou y arriveront dans le courant de la prochaine année scolaire.
Parmi ceux-là, 502 peuvent prétendre à six mois ou plus de renouvellement et selon une directive académique, M. Wagner assure qu’ils seront reconduits pour aller jusqu’au bout de la période à laquelle ils peuvent prétendre (24 ou 36 mois)
M. Wagner ajoute qu’au niveau du département il a préconisé aux chefs d’établissements recruteurs de ne signer désormais que des contrats de 12 mois, dans la mesure du possible, aussi bien pour les contrats prolongés que pour les nouveaux recrutés au 1er septembre 2009.

Nous demandons avec insistance qu’un bilan des réembauches (contrats auxquels il reste 6 mois ou plus, ou nouveaux recrutés), nous soit fourni dès la rentrée 2009.
Georges Combès accepte l’idée tout en soulignant que la « photo » des contrats à la date du 2 septembre pourra avoir changé 15 jours plus tard, suite aux départs volontaires de certains, poussés par la précarité de la situation qui leurs est offerte.

2) Nous évoquons ensuite le sort des 439 contrats aidés dont les droits sont arrivés à terme ou pour lesquels la durée restante est inférieure à 6 mois. Ceux-là ne seront pas reconduits dans leurs fonctions à la rentrée.
Nous soulignons qu’ainsi 439 chômeurs de plus vont pointer à Pôle Emploi, dès aujourd’hui, puisque sur la consigne de M. l’Inspecteur d’Académie, leur contrat a été interrompu au 30 juin 2008.
Nous demandons qu’un bilan de leur accompagnement vers l’emploi soit établi, que leur droit à la formation soit respecté (accès à des formations qualifiante et respect des durées légales d’absence pour y participer, délivrance d’attestation de capacités, bilan de compétences)

Voici les réponses de nos interlocuteurs :

M. Wagner souligne d’abord la difficulté qu’il a à établir le nombre et les noms de ceux qui ont retrouvé un emploi ; révélant ainsi la faiblesse des suivis de dossiers entre l’employeur (EN) et Pôle Emploi.

Sur la question de la formation, il reconnaît qu’il y a un clair déficit dans ce domaine.
Il enregistre l’idée qu’on doive améliorer la situation par la proposition systématique de formations et la surveillance des autorisations de congés pour formation, telle que le prévoit la loi.

Nous ajoutons ensuite, qu’une modification de la loi, en date du 24/9/2008, prévoit la possibilité de prolonger les contrats aidés, jusqu’à 60 mois, pour les personnes de plus de 50 ans et / ou reconnus comme travailleurs handicapés.
M. Wagner indique que le Préfet a préconisé de ne prendre en compte cette directive que pour celles et ceux qui cumulent l’âge de plus de 50 ans à la signature de leur première tranche de contrat, et la reconnaissance COTOREP également à la signature du premier contrat.
Le décret d’application de la loi n’étant pas paru au Journal Officiel, le Préfet a latitude pour interpréter ainsi la loi.

3) Pour finir, nous demandons si tous les contrats budgétisés seront bien recrutés (ou reconduits) à la rentrée, sachant que nous sommes dans une période de fort renouvellement.
L’administration reconnaît qu’il y a beaucoup de recrutement à effectuer et que, par exemple, sur 92 AVSi accompagnant les élèves handicapés possibles dans le Gard, il en reste 40 à recruter.

Le recrutement des AED est également à surveiller de près puisqu’une grande partie d’entre eux arriveront aussi au terme des 6 années de leurs contrats, au 30/8/2009.

M. Wagner reconnaît la contradiction, conséquence directe de la loi, qui oblige à recruter de nouvelles personnes, vierges de compétences, alors qu’on dispose de personnels formés et habitués au contact avec les élèves qui sont obligés de quitter leur emploi.

Toutes les considérations générales ayant été discutées, nous invitons les personnes nous ayant accompagnés à défendre leur cas.

Pour la section départementale FSU
EB / MG



Communiqué des parents d’élèves et des équipes enseignantes des écoles Gabriel Péri et Elsa Triolet du quartier de Bans à Givors (Rhône)

Tag UMPNos deux écoles se sont illustrées récemment avec la création de deux banderoles collectives confectionnées par les enfants.

Elles font la fierté de l’école depuis qu’elles sont accrochées sur la barrière devant la N86, avec de beaux messages comme « J’aime mon école, je veux la garder » et « Mon école c’est le monde ».

Ces messages nous paraissent positifs et en parfait accord avec l’idée que nous nous faisons de l’école.

Pourtant, dans la nuit du 30 Juin au 01 juillet, des membres du M.I.L. (Mouvement Initiatives et Libertés), groupuscule d’extrême droite, qui s’affiche depuis plusieurs mois sur la commune, n’a pu s’empêcher de dégrader cette oeuvre collective en collant ses tracts. (voir pièces jointes)

Nous, parents d’élèves et instituteurs, sommes profondément indignés et choqués par cette attaque qui vise directement notre école et sa belle diversité.

Nous affirmons que leurs intentions n’étaient pas sans raisons, notre banderole reflétait la richesse de cette école avec tous ses enfants qui avaient apposé leur signature.

Nous resterons très vigilants toute forme d’intrusion et de provocation de ce groupuscule, et n’acceptons en aucun cas qu’une attaque de ce type puisse être portée directement à l’école et à tous les enfants.

Les parents d’élèves et l’équipe enseignante des écoles Gabriel Péri et Elsa Triolet du quartier de Bans – 69700 Givors



Lettre ouverte à M. le Ministre de l’Education nationale

André  GENOT
DDEN  Secteur  de  VAUVERT
5    rue  Louis  BRAILLE
30600  VAUVERT

Mesdames  les  Directrices.
Mesdames  et  messieurs  les  enseignants   du  groupe  scolaire  de  VESTRIC  et  CANDIAC   et  de  l’école  maternelle  POMPIDOU  de  VAUVERT.

Affecté  à  votre  groupe  scolaire  comme  DDEN,  j’ai  vécu  avec  vous  les  difficultés  que vous  rencontriez  pour  le  maintien  des  EVS  et  des  AVS.

Je  viens  d’apprendre  par  la  presse  que  30000  emplois  précaires  de  l’éducation  nationale   dont  le  contrat  arrivait  à  terme,  allaient  être  supprimés.

Cela  concerne  les  Emplois  de  Vie  Scolaire  et  les  Auxiliaires  de  Vie  Scolaire.

Ces  emplois  à  temps  partiel  avaient  été  recrutés  il  y  a  trois  ans  dans  le  cadre  du  plan  de  cohésion sociale.

J’ai  constaté  que  leur  mission  était  vite  apparue  importante  pour  assister  les  directions  d’école  dans  les  tâches  administratives  et  pour  épauler  les  élèves  handicapés.  Partie  intégrante  des  équipes  pédagogiques,  elle  était  devenue  indispensable  à  leur  bon  fonctionnement.

Après  les  coupes  sombres  dans  les  RAZED,  c’est  à  nouveau  une  très  mauvaise  nouvelle  pour  l’école  publique  si  elle  devait  se  confirmer.

Passant  outre  le  devoir  de  réserve  liée  à  ma  fonction,  je  m ‘associe  à  toutes  les  actions  qui  réclament  au  nouveau  ministre  de  l’éducation  nationale,  Luc  CHATEL,  la  prolongation  des  contrats  et  le  respect  des  engagements  de  l ’ Etat.

Je  ferai  en  sorte  de  relayer  cette  information  pour  que  la  protestation  s’amplifie  auprès  de  l’Inspection  de  l’Education  Nationale.

Veuillez  agréer  Mesdames  Messieurs,  l’expression  de  mes  sentiments  respectueux  et  dévoués.

André  GENOT

VAUVERT  le  30  juin 2009



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