Erwan Redon, prof désobéisseur, muté d’office par sa hiérarchie

Article Rue89

Erwan Redon, enseignant désobéisseur dont vous avez déjà entendu parler sur Rue89, a finalement été muté d’office. La sanction est arrivée vendredi 25 septembre, par huissier, à l’école du quartier Belsunce à Marseille où l’enseignant avait repris du service à la rentrée.

Chargé d’une classe « double niveau » CM1-CM2, Erwan Redon s’était opposé à sa hiérachie à plusieurs reprises, en particulier sur les dernières réformes mises en place par Xavier Darcos avant son départ du ministère : suppression des Rased, soutien scolaire obligatoire ou encore fichier base élèves.

Sur Rue89, il avait pris la parole pour expliquer dans le détail son positionnement, insistant pour que ce qui est décrit comme simples bravades par le rectorat retrouve aux yeux du grand public le poids de l’engagement pédagogique qui va avec.

Voici ce qu’en disait par exemple en juin 2009 l’enseignant de 36 ans, qui a, en plus de sa mutation, écopé de 32 jours de retenues sur salaire :

« Je ne suis qu’un pauvre petit enseignant de rien du tout. Ni la culture d’un Meirieu, d’un Frackowiac, l’inventivité d’un Freinet ou la plume “ désobéisseuse ” d’un Refalo.

Mais quelques sentiments qui me font dire non. Si fonctionnaire je suis devenu, en acceptant une part de contrainte, ce n’est pas pour autant que je considère que je dois obtempérer devant tout ordre quel qu’il soit.

Dire non aux injustices, aux aberrations du quotidien scolaire, c’est refuser une somme de petites choses qui forment un tout hypocrite de l’école, invisible des passants, camouflée derrière la grille républicaine. »

Le rapport de la commission disciplinaire arguait pour sa part de plusieurs critères pour lester la charge de « faute professionnelle », et notamment :

  • son refus d’appliquer l’aide personnalisée telle que sa hiérarchie la prévoyait
  • son refus d’être inspecté
  • son refus de faire passer les évaluations prescrites l’an dernier par Xavier Darcos

La stratégie de l’usure

Depuis, l’administration est donc allée au bout. En respectant la procédure habituelle, certes, mais d’une façon plutôt contestable, aux yeux de Me Sophie Semeriva. L’avocate a défendu Erwan Redon jusqu’au bout de la nuit (ou presque), le 17 septembre dernier. Voilà ce qu’elle expliquait à Rue89 en milieu de semaine dernière, alors que la sanction définitive n’était pas encore tombée :

» On marche sur la tête. L’inspecteur d’académie a convoqué la commission paritaire à 15h00 en sachant pertinemment qu’il faudrait entendre 17 personnes citées par Erwan : 12 témoins et 5 défenseurs [parmi lesquels une avocate, des syndicalistes, un pédagogue ou un confrère réfractaire, ndlr]. Sans compter les quatre inspecteurs cités par l’administration.

Ils ont joué l’usure, on a fini par quitter la salle à 3h00 du matin, heure à laquelle Erwan avait finalement peu parlé. Ils ont terminé entre eux vers 5h00 pour conseiller à la hiérarchie la mutation. »

Pour l’avocate, l’horraire est certes grotesque, mais c’est plus encore « la confusion de l’autorité disciplinaire et de l’autorité hiérarchique », que dénonce Sophie Semeriva aujourd’hui.

Plusieurs casquettes

En effet, c’est Gérard Trève, inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône et représentant du ministre dans le département, qui présidait et animait les débats durant la Commission paritaire administrative ce 17 septembre… et le même Gérard Trève qui se trouve être le patron d’Erwan Redon, qui signera la sanction définitive.

La procédure est certes tout à fait dans les clous. Mais, pour l’avocate, cela n’en est pas moins « une masquarade » puisque la personne ayant techniquement autorité sur son client se trouve de facto « juge et partie ». Joint à l’Inspection d’académie à deux jours de la retraite, Gérard Trève juge cette affaire « d’une banalité affligeante » :

« Le piège dans lequel tombent les médias, c’est de faire passer Erwan Redon pour une victime de son opinion politique. Or ce que moi je lui reproche, en tant qu’employeur, ce sont ses insuffisances en classe. Ca n’a rien à voir. Qu’on n’en fasse pas une Jeanne d’arc qui viendrait sauver la pédagogie en France, c’est d’un ridicule ! »

Et quid de la confusion des genres entre la commission paritaire et sa capacité de décision finale en tant que patron de l’inspection d’académie ?

« C’est un discours classique chez les avocats qui confondent une commission de discipline et une procédure judiciaire. Qu’elle fasse donc changer la loi si cela ne lui plait pas, je me suis conformé aux textes. »

Erwan Redon, censé prendre son nouveau poste dès ce début de semaine dans une autre école de Marseille, a quant à lui décidé de faire appel. D’abord devant le Conseil supérieur de la fonction publique, puis devant le juge administratif.

Article mis à jour lundi 28 septembre à 16h30 après interview par téléphone de l’Inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône.

Erwan Redon, prof désobéisseur, muté d'office par sa hiérarchie dans Actualités pdf Téléchargez Déplacement d’office pour Erwan Redon : le document officiel

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Mesures Sarkozy pour les jeunes : M. Bricolage fait encore des siennes !

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Après le consensus sans ambition du livre vert de Martin Hirsch, le président de la République annonce enfin son « plan d’urgence » pour la jeunesse. Une fois de plus, le gouvernement bricole des mesures déjà existantes afin d’éviter le sujet des moyens budgétaires accordés aux politiques pour la jeunesse.

« Réformer l’orientation de fond en comble »

Si la mise en place d’un véritable « Service Public d’Orientation » est un premier pas vers une orientation choisie et non subie les mesures annoncées restent insuffisantes. Les lycéens ne pourront se satisfaire de slogans et attendent un réel suivi individualisé au sein de leur parcours scolaire.

Aussi, les suppressions de postes dans l’Education Nationale ne font qu’accroitre le manque de conseillers d’orientation, aujourd’hui déjà en incapacité de répondre aux attentes des jeunes en formation et en insertion.

Pour les jeunes de 16 à 18 ans, « on va contractualiser devoirs et droits»

Si l’UNL salue la possibilité donnée aux lycéens de créer et  de gérer des associations, elle regrette qu’une fois de plus, le gouvernement préfère les effets d’annonce aux vrais choix de société. Ce n’est pas en « donnant une nouvelle dynamique » à des structures préexistantes ou en « renforçant la représentativité des jeunes » dans des instances déjà sclérosées que le gouvernement satisfera l’envie des jeunes de peser sur les choix politiques.

L’UNL déplore le fait que ce gouvernement laisse de côté la question de la formation citoyenne des jeunes de 16 à 18 ans et de leurs droits civiques et sociaux.

«Aucun jeune ne devra rester, entre 16 et 18 ans, en dehors de tout système de formation »

L’UNL félicite le Président de la République d’avoir repris à son compte les recommandations de l’OCDE sur la prise en charge collective de la formation des jeunes jusqu’à 18 ans !

Mais l’UNL refuse que les jeunes « décrocheurs » soient stigmatisés en étant poussés vers des formations précarisantes, et rappelle que c’est le système scolaire qui porte la responsabilité de ces exclusions, et non les jeunes !

L’UNL invite donc Nicolas Sarkozy à rehausser l’obligation de scolarité jusqu’à 18 ans.
Elle doit s’accompagner d’une réforme du lycée ambitieuse qui permette à chacun de trouver sa place et de réussir dans l’enseignement secondaire.

L’UNL tient enfin à rappeler que la réforme du lycée en cours de discussion avec le Ministre de l’Education Nationale ne pourra pas se dispenser d’apporter davantage de réponses au malaise des jeunes et à leur aspiration à l’autonomie.

Lucie Bousser

Présidente de l’Union Nationale Lycéenne



11 lycéens étrangers sommés de quitter la France

Aerticle Nouvel Obs.com

Les lycéens, majeurs, ont demandé leur régularisation après la rentrée des classes. Ils ont reçu en réponse une obligation de quitter le territoire.

(AFP)

(AFP)

Onze lycéens étrangers, qui avaient effectué leur rentrée scolaire et demandaient leur régularisation, ont reçu depuis début septembre de la préfecture de police de Paris une obligation de quitter le territoire, a annoncé, mardi 29 septembre, le Réseau éducation sans frontières (RESF).
Dans un communiqué, RESF en a appelé au préfet de police de Paris, Michel Gaudin, pour faire cesser cette situation.

Sept parents interpellés au travail

Selon le réseau, « depuis le début du mois de septembre, 11 lycéens majeurs, qui faisaient leur première demande de régularisation, ont reçu de la préfecture de police une obligation à quitter le territoire (OQTF), alors qu’ils viennent d’effectuer leur rentrée scolaire ».
RESF évoque aussi le cas de sept parents interpellés sur leur lieu de travail, dont deux ont été libérés à l’issue de leur garde à vue : « deux sont depuis en rétention » et trois « sont actuellement en garde à vue à la préfecture de police ».
Les deux personnes en rétention, « M. et Mme Zhuang, vivent et travaillent en France depuis 9 ans pour l’un, 8 ans pour l’autre ». « Depuis une semaine, leur fille de 19 ans, Bingxue souffre cruellement de (leur) absence » et « vit dans l’angoisse de les savoir si proche de l’expulsion », explique RESF.

(Nouvelobs.com)

 



La lettre de « l’école en danger »

Quelques collectifs et personnes d’École en Danger ontconcocté cette petite feuille d’information. Les informations ici collectées témoignent du dynamisme dumouvement dans les départements,peuvent donner des idées d’actions, et apporter des informations simpleset réutilisables.

À utiliser et à diffuser sans modération!

La lettre de La lettre



Un site Internet pour recenser les profs absents

Article 20 minutes.fr

Le site de la FCPE pour recenser les profs absents non remplacés.

Le site de la FCPE pour recenser les profs absents non remplacés./DR

EDUCATION – Ouyapacours a été lancé par la FCPE mercredi et veut mettre en exergue la carence que provoquent les suppressions de postes…

Le prof de français de votre enfant n’est pas remplacé depuis une semaine? Vous pourrez désormais le signaler sur «Ouyapacours», un site hébergé sur celui de la FCPE, la première fédération de parents d’élèves.

Lancé mercredi, ce dispositif en ligne ne veut surtout pas stigmatiser les enseignants absents, selon Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE joint par 20minutes.fr. Au contraire, «l’objectif est de faire le point sur le niveau des capacités de remplacement arrivé à un point de non retour avec les milliers de postes de remplaçants supprimés à la rentrée», explique-t-il.

3.350 postes supprimés

Cette année, 13.500 postes ont été supprimés, dont 3.350 postes de remplacements. Si le taux d’encadrement des élèves est resté le même, selon l’Education nationale, c’est en partie parce que des remplaçants ont été affectés à temps plein, pointe la FCPE. «En Charente, il n’y a plus de profs de français remplaçants de disponibles. Et dans le Vaucluse, ce sont cinq matières qui manquent à l’appel», affirme Jean-Jacques Hazan.

Le ministère de l’Education nationale, joint par 20minutes.fr, rétorque que Luc Chatel n’a pas attendu la FCPE pour se saisir de ce problème et que le directeur administratif et financier du ministère est chargé d’améliorer le système. «On dispose d’un volet de 50.000 postes de remplaçants mais étant donné la rigidité du système au niveau académique, on ne parvient à mobiliser que 80% de ces effectifs potentiels», explique-t-on rue de Grenelle.

«Une grosse pétition»

La FCPE pointe également un problème au niveau des académies. «Comme [elles] ne souhaitent pas faire la transparence sur les absences non remplacées, nous allons le faire nous-mêmes», indique encore Jean-Jacques Hazan, précisant que le site Ouyapacours fonctionne davantage comme une grosse pétition que comme un outil de «dénonciation». «Aucun nom n’y figurera de toute façon», souligne-t-il.

Le Syndicat national des enseignants du secondaire n’a pas d’inquiétude à ce sujet. «Il n’y a pas un mot, pas une phrase qui laisse penser que la logique de la FCPE soit de stigmatiser les profs absents», indique à 20minutes.fr Daniel Robien, du Snes, se déclarant totalement solidaire de la démarche des parents d’élèves.

Et vous, que pensez-vous de cette initiative? Cela vous choque-t-il? Dites-le nous ci-dessous…

C. F.

 



Une école démocratique enseigne que tout pouvoir est révocable

Article Rue89
La question est celle-ci : une école démocratique est-elle possible ? Et non pas : qu’est-ce qu’une école démocratique ? interrogation, cette dernière, à laquelle nombre d’ouvrages et d’articles tentent de répondre ni plus ni moins que tous les ans à la même époque. Sachant bien sûr que la première question implique une réponse préalable à la seconde.

Pourquoi alors cette interrogation cette année précisément, alors que le monde semble vaciller au coeur d’une tourmente que nul responsable, nul gouvernement ou institution internationale ne semblent en mesure de maîtriser ?

Une école qui échoue à répandre les lumières n’est pas démocratique

Parce que, depuis Condorcet, pour poser un repère commode, on n’a cessé de penser, de révolution en révolution, que le salut de la Démocratie était tout entier dans l’éducation.

On n’a cessé de penser que seul un peuple éduqué, c’est-à dire un ensemble d’individus chacun suffisamment éduqué, donc instruit (la réciproque n’est pas nécessairement vraie), capable ainsi de porter des jugements selon la raison, était en mesure de se gouverner lui-même à moindre risque.

De sorte que plongés dans ce marasme provoqué par des « représentants du peuple » qui n’ont su ni analyser, ni prévoir, ni réformer de manière à éviter la catastrophe, ne serait-on pas en droit d’attendre l’intervention d’un peuple conscient d’être en dernière instance le dépositaire du pouvoir en démocratie ?

Encore faudrait-il définir ce concept de « peuple » ce qui ne va pas sans difficultés. Nous dirons ici que nous entendons par peuple l’ensemble de la population qui souffre en premier lieu de ce marasme.

En l’absence donc d’intervention de ce peuple malmené, n’est-on pas en droit de penser que l’institution éducative chargée de répandre les lumières a failli ? Et donc que cette école ne peut en aucun cas être qualifiée de démocratique puisque ayant échoué dans sa mission essentielle : répandre les lumières de telle sorte que le peuple soit en capacité de se gouverner lui-même ?

Une école démocratique enseigne que tout pouvoir est révocable

Vient donc alors la question de ce que devrait être une école démocratique, c’est-à-dire une école qui enseigne à chacun la manière d’intervenir, en raison, dans la vie de la cité. Une école qui enseigne que « En général tout pouvoir, de quelque nature qu’il soit, en quelques mains qu’il ait été remis, de quelque manière qu’il ait été conféré, est toujours ennemi des lumières » (Condorcet, cinquième mémoire). Une école donc qui enseigne que tout pouvoir délégué à des représentants est un pouvoir révocable par ceux-là même, le peuple donc, qui l’ont délégué.

Quel serait le mode de vie, l’organisation interne d’une telle école et, plus précisément, ce mode de vie peut-il être démocratique ? Évidemment non.

Évidemment car l’école n’est pas une « société d’égaux ». Elle est un lieu de vie dans lequel des adultes accompagnent et veillent sur des enfants en leur enseignant autant de choses qu’il faut de manière à ce qu’ils grandissent aussi heureusement que possible, c’est-à-dire qu’ils découvrent en eux et grâce aux autres « ce qu’il leur plaît de faire ».

Un tel fonctionnement n’est en aucun cas démocratique puisque les enfants ne sauraient y avoir la décision en dernière instance. Bref, les enfants ne sont pas le peuple.

Tous les enseignants qui tentent de pratiquer une pédagogie plus ou moins « institutionnelle » ou « conseilliste » savent bien qu’il faut se garder de cette perversion qui consiste à « singer » la démocratie adulte, raison pour laquelle j’exprime de très grandes réserves à l’égard des « parlements d’enfants » et autres « conseils municipaux de jeunes ».

En revanche le fonctionnement démocratique des adultes est absolument indispensable car il ne peut y avoir de vie réellement active dans l’école sans travail collectif des adultes, parents compris, sous les yeux des enfants.

A cet égard, j’ai tout de même été un peu surpris de constater que parmi les très nombreux commentaires à mes deux derniers articles (le coup de la casquette) aucun n’évoque la possibilité de l’action collective des enseignants comme moyen privilégié de prise en charge de telles situations, ce qui signifie sans doute que, en cette huitième rentrée que je ne fais pas, le modèle du professeur seul dans la classe est décidément toujours aussi bien ancré dans les esprits.

Une « école prolétarienne » : qu’est-ce que c’est que ça ?

Cela dit, n’apparaît-il pas alors qu’une école pourrait être qualifiée de démocratique si elle se donnait pour mission non seulement de permettre à chaque élève de découvrir ce qu’il lui « plaît de faire » mais aussi d’enseigner comment et pourquoi il convient de révoquer les représentants du peuple quand ceux-ci ont failli ?

Ce qui nécessite de toute évidence un mode de fonctionnement interne permettant cet enseignement qui ne peut être autre que le fonctionnement démocratique des adultes sous le regard des enfants.

Pour finir et à propos de qualifications, je voudrais m’autoriser à signaler ici une analyse fort intéressante parce que portant sur des aspects très concrets de l’école tels que les notions d’aptitude, d’employabilité, de qualification, de compétence, de savoir-faire… et des dispositions comme la pré-affectation multicritère (PAM) ou encore la valorisation des acquis de l’expérience (VAE) et, en outre, une critique de l’oeuvre de J.-L. Mélenchon comme ministre délégué chargé de l’Enseignement professionnel.

Mais alors je ne peux qu’être intrigué par son titre : « Le travail de l’école : contribution à une critique prolétarienne de l’éducation » (de Philippe Geneste, Acratie, Mars 2009). Diantre ! Mais qu’est-ce donc qu’une critique prolétarienne ? Une école prolétarienne ? Qu’est-ce donc que le prolétariat en ce début de siècle ? On se demande….

 

Article Rue89

Les sorties scolaires, une « perte de temps », dit-on au ministère

Je n’ai pas l’habitude de lire les notes internes au ministère de l’Education nationale, mais mon oeil est resté scotché sur le rapport sur la réforme du premier degré publié par l’Inspection générale, à l’intention du ministre. Je ne l’ai pas lâché tant la prose des deux signataires, deux inspecteurs généraux, est fascinante.

Un mélange d’autosatisfaction naïve (« L’année a été exceptionnelle aussi par la soudaineté de mise en oeuvre de la réforme et par l’audace de certaines propositions… Les élèves retrouvent le goût de l’école… ») et de méfiance/brutalité (« Les récalcitrants à ce nouveau service ont été réduits de quelques centaines d’opposants déclarés dans ou par les médias à un petit nombre de situations individuelles, qui font l’objet de retraits de salaires »).

Certains passage maladroits sont inutilement blessants pour les enseignants. Exemple :

« La modification la plus fondamentale réside dans l’implication personnelle des enseignants dans la prise en charge
de la réussite de leurs élèves. »

Que l’aide personnalisée ait pu aider certains élèves à résoudre une difficulté, cela peut se défendre. Mais pourquoi suggérer que les enseignants n’avaient pas, auparavant, « d’implication personnelle » dans ladite réussite
de leurs élèves ?

Mais ce qui m’a le plus retenu l’oeil, c’est ce passage très inquiétant :

« Dans l’immédiat, il est indispensable de lutter contre les habitudes de grignotage du temps installées avec les sorties scolaires et les interventions extérieures, qui déconcentrent les élèves et qui font perdre beaucoup de temps sur les apprentissages, en prenant des mesures de restriction des empiètements tolérés, et parfois encouragés, sur le temps scolaire, en revoyant et limitant les agréments et autorisations. »

Ainsi, nous disent ces deux inspecteurs généraux, les sorties scolaires et les intervenants extérieurs ne seraient que perte de temps et facteurs de déconcentration !

Et moi, benêt que je suis, qui pensais que c’était ce qui reliait l’école au monde qui l’entoure. Ce qui apportait aux enfants du sens à leurs leçons. Je pensais que c’était un moyen de varier cet apprentissage, de lui apporter de l’émotion, de décloisonner les matières ; de donner aux enfants ce formidable plaisir de la découverte. De développer leur envie de poser des questions.

Je croyais aussi que c’était l’occasion de tisser des relations différentes avec l’enseignant et avec d’autres adultes. Mais non, rien de tout cela : ce n’était qu’une sale « habitude de grignotage du temps » !

Voici une drôle de vision, extrêmement fermée, de l’école. Personnellement, sorties et interventions de témoins extérieurs sont les moment qui m’ont le plus marqué pendant le primaire (à l’école publique).

Je me souviens par exemple d’un type venu à l’école avec un boa vivant, et je n’ai rien oublié de son système digestif (celui du boa). Ou encore de la visite
d’une synagogue dans le Marais, qui m’a ouvert l’esprit sur d’autres
cultures que celle dans laquelle j’étais élevé.

Dans mon souvenir,
j’ai alors gagné du temps ; et j’étais alors tout sauf « déconcentré ».

Pas vous ?

 

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Un match de volley, pour un gymnase réparé !

A l’initiative des parents FCPE du collège Romain Rolland

soutenus par le personnel du collège et des associations du Chemin Bas d’Avignon

 

Rassemblement devant la mairie de Nîmes,

mercredi 23 septembre 2009 à 14h

pour exiger des installations sportives en état et suffisantes, notamment au collège Romain Rolland où un prof. d’EPS a été récemment agressé devant ses élèves, car obligé de faire cours dans un terrain vague attenant au collège

 

 

 

Soutenez notre action pour :

 

Des installations sportives sécurisées

Des espaces de loisirs et de jeux pour les enfants

 

Une meilleure qualité de vie dans le quartier

 

 

Et pour que les habitants du Chemin Bas ne soient plus les oubliés de la Municipalité



Lettre de l’UNL91 au proviseur du lycée d’Estampes

Monsieur le Proviseur,

Nous constatons certains points problématiques dans votre lycée, en effet, d’une part, les retours sur place, nous informent que certaines classes sont à au moins 36 élèves par classe, bien qu’il ne fasse aucun doute que vous êtes conscient que cette situation dramatique a des répercussions sur l’apprentissage en classe, et que les élèves les plus faibles auront encore plus de mal à s’accrocher pour tenter de s’assurer un avenir choisi, et non subit après la seconde, je vous demande  d’intervenir auprès de l’inspection académique afin que vous ouvriez des classes supplémentaires.

D’autre part, notre fédération, à reçu de la part d’un certain nombre de lycéens, des réclamations inquiétantes concernant le règlement intérieur, en effet, certains lycéens se sont vus sanctionnés pour le port d’une tenue, jugée « non réglementaire » ; or je tiens à vous signaler, qu’à ce jour, aucune circulaire, ou même loi, n’encadre le port d’une tenue dite «réglementaire ».

Au contraire, la Constitution française garantit la liberté, notamment de s’habiller librement, l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est précis, « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », or, porter un short, jupe, pantalon troué, etc. ne nuisent pas à autrui, vous en conviendrez naturellement. Même si votre règlement intérieur, précise que le port d’une tenue correct est exigé, aucune définition dans votre règlement intérieur, ne définit ce qui est correct ou ne l’est pas.

Par conséquent, les sanctions prononcées à l’encontre de certains lycéens sont légalement nulles, et sans valeur juridique, un tribunal administratif en conviendrait aisément ; ainsi, je vous prie de lever toutes les sanctions prononcées de ce type sur ces lycéens.

Je regrette d’en arriver là, mais, l’instance de dialogue, de débat, et de création de projets, qu’est le Conseil de Vie Lycéenne, a été créer à ces fins, il s’agit d’une « soupape » avec votre communauté éducative, je vous conseille de la réactiver rapidement pour le bien de votre lycée, pour prévenir ce genre de soucis.

Contact presse : Tristan Ustyanowski : 06 25 64 63 49

Giovanni Scalisi : 06 82 47 98 28



A l’Education nationale, la rumeur va plus vite que l’épidémie

Article Rue89

 

La grippe A, il faut bien le reconnaître, plus on en parle, plus on s’y perd. Alors que, depuis la rentrée scolaire, il ne se passe pas un jour sans l’annonce très médiatisée de la fermeture d’une classe ou d’un établissement, les autorités seraient bien en peine de donner le nombre, même approximatif, d’élèves touchés par le virus.

Afin de mesurer le phénomène, elles viennent d’ailleurs d’inventer un nouveau concept, pas vraiment scientifique, de « cas groupés avec suspicion ». Autrement dit, il suffit d’un « groupe » de deux élèves pour que l’on « suspecte » la grippe et que, toutes affaires cessantes, on décide de fermer la classe ou l’établissement tout entier, même si, après vérification, il apparaît que le virus H1N1 n’est pas en cause.

Ainsi, à la Celle-Saint-Cloud (Yvelines), un cas groupé de trois malades, dont un seul cas avéré, est suffisant pour faire fermer une classe de terminale. A Chartres (Eure-et-Loir), une maternelle est fermée pour la durée d’une semaine avec six cas de suspicion de grippe H1N1 avant même que des analyses soient pratiquées, le préfet croyant nécessaire de préciser que « dans l’hypothèse où ces analyses s’avèreraient négatives, la classe rouvrirait bien entendu avant le terme de ce délai ».

La préfecture de l’Hérault, quant à elle, a fait très fort en décidant la fermeture d’un collège de 850 élèves à Castries… un collège où deux élèves ont été diagnostiqués avec le virus grippal. A Thiais (Val-de-Marne), des symptômes grippaux font fermer deux classes de maternelle sans qu’aucun prélèvement ne soit effectué. La préfecture, sans doute un peu gênée, est bien forcée de reconnaître que de nombreux cas d’angine, de rhino-pharyngite et autres pathologies sont courants en cette période de rentrée.

Au passage, personne ne semble s’étonner que la grippe A, que nos savants responsables de la santé publique annonçaient comme un virus hivernal, se manifeste au cours d’une rentrée scolaire caniculaire avec des températures avoisinant ou dépassant les 30 degrés.

Le virus ferait-il preuve de mauvais esprit ou bien les élèves seraient-ils touchés par toutes sortes de maladies courantes dans les écoles ? Le plus curieux reste encore le cas de ces deux collèges du Nord fermés pour cause de « cas avérés ou suspects » alors qu’ils avaient déjà connu une première fermeture quelques jours auparavant. On peut effectivement se demander qui, du virus ou des autorités se moque du monde : alors que 13 millions d’élèves sont rentrés sans encombre, quelques cas isolés suffisent à décréter l’état de pandémie.

Comme c’était prévisible, cette grippe providentielle a fait faire le silence sur tout le reste, permettant ainsi au ministre de l’Education nationale de passer sans encombres le cap d’une rentrée qui, en d’autres temps, se serait avérée difficile.

Pas chiens, les syndicats d’enseignants n’ont pas eu l’indécence de protester contre la quatrième année consécutive de suppression de postes, alors que les conditions de travail des profs comme celles des élèves, continuent de se dégrader.

L’opinion publique n’a rien su, ou presque, du scandale de ces 2000 enfants handicapés privés de rentrée, parce que les AVS (auxiliaires de vie scolaire) et EVS (emplois de vie scolaire) qui, jusque là les accompagnaient, n’ont pas vu leurs contrats renouvelés. Entre la compassion pour les enfants handicapés à qui le droit élémentaire à l’instruction est refusé et la compassion pour l’industrie pharmaceutique, généreusement subventionnée par la commande de 94 millions de doses de vaccins, le gouvernement a fait son choix. L’honnêteté voudrait qu’il le reconnaisse.

Les fermetures d’établissements scolaires vont probablement se poursuivre plusieurs semaines encore, non pour faire face à une menace réelle mais plus sûrement afin de rendre évidente et indispensable aux yeux d’une opinion publique affolée une campagne de vaccination massive centrée sur les scolaires. Pour quelques spécialistes de la question, cette vaccination est non seulement inutile mais potentiellement risquée eu égard aux effets secondaires qu’elle ne manquera pas de déclencher. Ce coup de bluff médiatique auquel on assiste depuis la rentrée scolaire est peut-être annonciateur d’un nouveau scandale de santé publique dont les élèves seront les victimes.

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Bugs de la rentrée : l’Education nationale fait la morte

Article Rue89

Devant une école parisienne en 2007 (Audrey Cerdan/Rue89).

Une fois n’est pas coutume, un petit tour en arrière-cuisine pour vous raconter le premier bide de la rentrée avec les services Luc Chatel, à l’Education nationale. Tout commence avec un papier participatif publié sur Rue89 début septembre pour recueillir vos témoignages sur les couacs .

L’article s’achevait sur une promesse qui n’avait rien de farfelu : proposer à l’administration d’apporter des réponses, point par point, aux questions les plus pertinentes. Soit parce qu’elles illustraient des non-sens flagrants, soit parce qu’elles étaient au contraire très représentatives des obstacles rencontrés par bon nombre de familles.

Dont acte : l’article a été publié le 6 septembre. Rien de provocant dans son contenu et un titre sobre : « Bugs de la rentrée scolaire : ça donne quoi chez vous ? »

Une semaine s’écoule, vous êtes nombreux à nous envoyer e-mails et commentaires. Une mayonnaise participative plutôt réussie.

Et vendredi 11 septembre, sur le coup de neuf heures et demie, appel au ministère. Avec la liste de neuf questions que voici :

  • Y a-t-il une règle sur les effectifs par classe en fonction des niveaux ?
  • Si un élève de plus de 16 ans déménage, est renvoyé, ou souhaite changer de lycée, un rectorat peut-il légalement lui refuser l’accès a un établissement ?
  • Déménagement ou séparation des parents : comment l’Education nationale peut-elle garantir la scolarisation d’un élève qui changerait de ville ou de quartier au dernier moment ?
  • Combien d’élèves ont quitté le privé pour le public, cette année ? Quelle est la règle : un rectorat peut-il renvoyer les parents vers le privé faute de places ?
  • Manuels scolaires : plusieurs témoignages font état de livres en sous-nombre dans certaines matières. Quelle est la règle ? Qui doit payer ? Que peuvent réclamer les parents ? En niveau collège, les manuels ne sont-ils pas à la charge de l’établissement ?
  • Un élève qui a été déscolarisé après avoir été renvoyé de son établissement sera-t-il rescolarisé par le rectorat ou peut-il s’entendre répondre qu’il n’est pas prioritaire ?
  • Quid des profs manquants à la rentrée ? Des affectations incomplètes ? Avez-vous des chiffres ? A quoi peut-on attribuer cela ?
  • Le lycée Voltaire a Paris a retardé sa rentrée parce que les emplois du temps n’etaient pas terminés. Qu’en dit le ministere ?
  • Combien d’élèves sont encore sur liste d’attente ?

A cette liste, serait venue s’ajouter une dizième question sur les recours possibles, soulevée par plusieurs riverains, prompts à conseiller aux parents de se tourner vers le juge administratif.

Raté : l’Education nationale ne fournira pas davantage de réponse sur ce point qu’aux neuf questions précédentes. Ça vous étonne ? Nous aussi.

Retour sur l’échange avec le service de presse du ministère dont a hérité Luc Chatel (avec lequel les relations étaient pourtant tout à fait fertiles l’an dernier, précisons-le tout de suite). Ça commence par une demande en bonne et due forme par e-mail.

Jusque-là, tout va bien. On donne une heure limite, en milieu d’après-midi, ce 11 septembre-là. Retour du ministère :

« Neuf questions ? Même les grands médias ne nous traitent pas comme ça. »

Voilà donc pour l’égo… La date limite est repoussée : l’article retour ne se fera qu’à réception des réponses du ministère, quitte à compléter a posteriori pour les dernières questions récalcitrantes.

Vu le caractère moyennement subversif des questions, l’optimisme était encore de rigueur jusqu’à lundi matin (le 14 septembre, donc). Coup de fil de la même attachée de presse du ministère, qui n’y est pour rien, précisons-le :

- J’ai de mauvaises nouvelles pour vous, nous ne répondrons pas.

- Euh… comment cela ? A aucune des neuf questions ? Vous avez forcément certaines réponses.

- Ecoutez, je ne peux rien faire, maintenant, tout doit être transmis à l’attachée de presse du ministre elle-même. Or elle a refusé de répondre à votre requête. Ça n’ira pas plus loin. Sur les effectifs, par contre, vous pourrez chercher l’info sur le site.

Forcément, raccrocher un brin furax est tentant, à ce stade. Mais la réponse étant aussi improbable que les questions sont piégeuses, on pose des questions : l’an dernier, tout se passait si bien, etc. Réponse :

« Le ministre a changé et le fonctionnement aussi. Maintenant, tout remonte au cabinet et ils peuvent refuser de répondre. »

Las, vous n’aurez donc pas de réponses aux questions que soulevaient vos très nombreux témoignages. Vous me direz, la veille de l’interview tendue accordée par Eric Besson dans son bureau du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, on s’était bien entendu répondre :

« Le ministre veut bien vous rencontrer sur les poursuites des soutiens aux sans-papiers, mais surtout aucune question sur son action au ministère. »

Nous voilà bien, et pourquoi ça (le champ de « l’action » est vaste, tout le monde en conviendra) ?

« C’est l’exclusivité d’un de vos confrères. »

Photo : devant une école parisienne en 2007 (Audrey Cerdan/Rue89).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Ailleurs sur le Web

Le site du ministère de l’Education nationale 



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