Carte scolaire : les collèges de quartiers se vident

Article : La Depeche.fr

Éducation. Depuis l’assouplissement de la carte scolaire, les demandes de dérogation ne cessent d’augmenter.

Comme dans tous les collèges de quartiers, les effectifs fondent au collège George-Sand de Bagatelle. Photo archives DDM, M. Viala.

Comme dans tous les collèges de quartiers, les effectifs fondent au collège George-Sand de Bagatelle. Photo archives DDM, M. Viala.
Comme
dans tous les collèges de quartiers, les effectifs fondent au collège
George-Sand de Bagatelle. Photo archives DDM, M. Viala.

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Avant
les grandes vacances, les parents d’élèves des collèges Reynerie ou
George-Sand, à Bagatelle tiraient la sonnette d’alarme. Leur crainte ?
Qu’avec l’assouplissement de la carte scolaire, l’augmentation du
nombre de dérogations pour quitter les collèges de quartiers sensibles
ne porte à terme un coup fatal aux cinq établissements classés «
ambition réussite » que compte Toulouse.

La rentrée confirme la tendance. Notamment à l’entrée en sixième : «
+8 %, selon l’inspection d’académie, émanant principalement des élèves
originaires des réseaux ambition réussite, soit 187 demandes, qui se
concentrent sur Toulouse ».

Certes, observe Jean-Louis Baglan, l’inspecteur académique, si le
nombre de demandes de dérogation a augmenté, celui des dérogations
accordées a baissé. Et contrairement à une idée reçue, affirme-t-il, le
déshabillage des collèges de quartiers n’habille pas systématiquement
ceux du centre-ville : «Les gens du Mirail demandent Clémence-Isaure,
Maurice-Bécanne, Lamartine, Vaucquelin…», selon Jean-Louis Baglan.
Mais surtout, ajoute-t-il, les collèges ambition réussite conservent
des moyens identiques, malgré une moyenne descendue à 17 élèves par
classe.

« Pour combien de temps ? s’interroge Abdellatif Mellouki, papa d’un
élève du collège George-Sand. Au rythme où les collèges se vident,
chaque année, l’argument ne tiendra pas éternellement, prédit-il. Si
tous les ans on perd 60 élèves, c’est très inquiétant. Sans compter que
cette année, George-Sand ne propose plus l’option chinois en 6e. Ce qui
veut dire que dans trois ans le chinois aura disparu du collège.
Aujourd’hui Fermat propose cette option. Les parents des élèves de
chinois qui craignent la ghettoïsation des collèges de quartier mettent
leurs enfants à Fermat. »

Un élève sur deux au collège Bellefontaine

Alors, avec la fermeture d’une classe, à la rentrée, le collège
George Sand est-il condamné à disparaître ? Annie Pennarun, la
principale du collège n’a « aucun doute sur la pérennité de
l’établissement. La fermeture de cette classe est logique. Elle
correspond au tassement démographique de cette zone ».

carte_scolaire dans Actualités

N’empêche, l’hémorragie dont souffrent les effectifs de ces collèges
de quartiers est un phénomène général. Et de grande ampleur. Le
principal du collège Bellefontaine, Denis Demersseman dit avoir
enregistré 43 % de demandes de dérogation à l’entrée en sixième. Soit
près d’un élève sur deux souhaitant s’extraire des quartiers. Deux
tiers des demandes ont été satisfaites. « Je peux comprendre qu’un
certain nombre de parents veuillent enlever leurs enfants pour les
mettre dans des collèges à plus forte mixité sociale », dit-il tout en
regrettant de ne pas voir l’inverse se produire, c’est-à-dire une plus
grande mixité sociale dans son collège.

Côté syndicats, pour Monique Degos-Carrère, secrétaire générale du
SNES et professeur d’histoire et géographie au collège Michelet, à
Toulouse, les répercussions de l’ouverture de la carte scolaire sont
connues et identifiées : « Ces collèges se vident et on peut craindre
une ghettoïsation. Ce n’est pas une solution. Il vaut mieux une
jeunesse éduquée que surveillée par des portiques. »

Ce qui est sûr, c’est qu’en déchirant la carte scolaire, le gouvernement a ouvert une fameuse boîte de Pandore.


Le collège de la Reynerie va-t-il fermer ?

La rumeur court avec beaucoup d’insistance du côté de la Reynerie.
Le collège est-il condamné à la fermeture. « Des bruits de couloirs »
circulent en ce sens, confirme Denis Demesserman, principal du collège
Bellefontaine.

Annie Pennarun, son homologue de George-Sand pose la question sans
détour : « Il y a beaucoup d’établissements dans cette zone :
Vaucquelin, Reynerie, Bellefontaine, Bécanne, George-Sand, Stendhal…
N’y en a-t-il pas un de trop ? »

Pour Jean-Louis Baglan, l’inspecteur académique, « il n’en est pas question pour le moment ».

Mais, reconnaît-il, « nous avons fait réaliser un audit qui montre
que ce collège n’apporte pas de mixité sociale. Avec une population
homogène très défavorisée on en fait un ghetto. Et c’est sur ce collège
que nous enregistrons le plus de demandes de sorties. Ce sont les
parents qui veulent fermer le collège ».



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