LA LOI CARLE : Pourquoi Nanterre paierait-elle pour Neuilly ?

Logo UNLLe Lundi 28 Septembre, les députés ont adopté une loi, à l’initiative de Jean-Claude Carle sénateur UMP. Le Conseil Constitutionnel vient de décider que cette loi était conforme à la constitution.

Cette loi préconise la parité de financement entre établissements élémentaires publics et établissements élémentaires privés sous contrat lorsqu’ils ceux-ci accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence.

Favoriser les écoles privées au détriment de l’école républicaine

Tout d‘abord, elle constitue une menace prévisible pour l’existence des écoles des communes rurales et une fuite discriminatoire des écoles publiques de la banlieue vers les écoles privées du centre-ville.

Ensuite, nous pouvons constater que depuis un certain nombre d’années, notamment dans des villes dites « populaires », il existe une massification des établissements privés au détriment des établissements publics. Cela conduit à accentuer le phénomène de stigmatisation et de ghettoïsation de certains établissements.

Equilibrer le financement de l’école publique et de l’école privée n’est pas la solution : il faut investir massivement dans l’école publique pour lui redonner tout son rôle.

Une loi qui accentuera les inégalités

Cette proposition de loi serait vectrice et amplificatrice des inégalités déjà présentes entre le public et le privé. Elle creuserait une fois de plus le fossé entre les classes populaires et les classes les plus favorisées.

La crise économique et sociale que nous subissons aujourd’hui et dans laquelle les classes populaires sont prioritairement atteintes, demande des réponses économiques et sociales favorisant l’égalité ente tous les citoyens.

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, n’accepte pas ce glissement vers un libre marché scolaire et demande l’abrogation de la loi Carle. Aussi, nous demandons que l’Etat investisse massivement dans l’école Républicaine et que le financement public des écoles privées soit interdit.

Utilisons les fonds qui sont aujourd’hui alloués par l’Etat aux écoles privées pour redonner un nouveau souffle à l’école de la République.

Antoine EVENNOU
Président de l’Union Nationale Lycéenne



Soutien aux grévistes du lycée Jean-Baptiste Dumas, à Alès

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Communiqué de presse

Aujourd’hui, 70% de grévistes chez les enseignants du Lycée JB Dumas à Alès. Rejoints par les agents de services, les parents de la FCPE et des élèves, ils ont tenu une assemblée générale pour exprimer les raisons de leur mouvement. La partition des deux lycées a amené des pertes d’emploi ( 5 agents, 6 administratifs, 1 chef de travaux) ce qui rend la vie difficile à tous ceux qui fréquentent le Lycée JBD. D’autre part, le Rectorat en a profité pour réduire l’offre éducative sur le bassin d’Alès, en supprimant par exemple la possibilité de faire du latin en seconde.
La FSU du Gard apporte son soutien aux personnels en lutte pour de meilleures conditions de travail. Elle déplore le fait que chaque fois que la Région et le Département investissent dans l’Education en créant de nouveaux établissements, l’Etat se désengage en supprimant des postes.

Michel Grand, co-secrétaire départemental de la FSU



Réforme des lycées : aujourd’hui les trompettes… et demain ?

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Se plaçant d’entrée dans une posture solennelle et théâtrale pour marquer son implication personnelle, le Président de la République a présenté un plan de réforme du lycée prudent et en partie décalé. Il prend acte au passage des dysfonctionnements du lycée actuel sans pour autant reconnaître la responsabilité de sa politique éducative que ce soit sur l’enseignement des langues vivantes, l’orientation scolaire et les conditions de travail.

1) Prudent, le Président de la République a tenu compte des mobilisations de l’année dernière et répondu à des demandes fortes du SNES :
- Reconnaissance de l’importance de la voie technologique dans la démocratisation du lycée, même si l’objectif des 80% d’une génération au niveau baccalauréat n’est pas rappelé
- Urgence d’une rénovation des séries technologiques industrielles
- Nécessité de prendre en compte la diversité de publics scolarisés au lycée général et technologique, même si l’articulation avec la voie professionnelle n’a pas été évoquée
- Rééquilibrage de séries générales avec une rénovation de la série L.

2) Le discours est cependant décalé car les mesures annoncées ne répondent pas à la principale revendication des personnels : améliorer les conditions de travail et d’étude.

3) De nombreuses zones d’ombre subsistent, malgré la réaffirmation du maintien du taux d’encadrement :
- Les contours du cycle terminal restent bien flous
- L’articulation du travail sur l’orientation avec la loi « orientation–formation tout au long de la vie » n’est pas abordée
- Le rôle des Copsy n’est pas réaffirmé
- La définition d’une culture commune reste limitée à une vision patrimoniale qui ne sort pas de la vision d’une culture légitime dont on connaît les limites
- L’autonomie des établissements dans la prise en charge de la difficulté et de l’échec scolaire
- La place du livret de compétences initié par M. Hirsch et son articulation avec le baccalauréat.

4) Plusieurs mesures semblent des copiés collés de mesures mises en place au collège qui prouvent pourtant leur inefficacité (accompagnement éducatif fourre-tout, traitement des difficultés scolaires en dehors du cours…)

Prenant acte d’un discours présidentiel se voulant offensif contre les inégalités constatées au lycée et marqué par la volonté de prendre le temps de la concertation, le SNES portera dans les groupes de travail sa conception du rôle du lycée dans un système éducatif démocratique et les revendications des personnels.



Annonces Sarkozy sur la réforme du lycée : Les lycéens ne veulent plus des doubles discours de M. Bricolage !

Logo UNLSi les grandes lignes de la réforme du lycée annoncées par Nicolas Sarkozy semblent éviter les mesures rejetées par les lycéens à l’hiver 2008, l’UNL craint une réforme inefficace par manque de moyens et veillera à ce que dans les concertations à venir le Gouvernement ne se dérobe pas face aux sujets éludés par le Président de la République.

En effet, les intentions du Président de la République restent largement à préciser :

-      Il est nécessaire de mettre en place un véritable Service Public d’Orientation scolaire doté de moyens humains et financiers pour permettre à tous les jeunes de s’orienter selon leur choix

-      L’Aide Scolaire généralisée à l’ensemble des lycées doit être accompagnée de garanties nationales pour les équipes pédagogiques et les élèves les plus en difficulté et non se contenter d’annonces qui rejetteront sa mise en œuvre au cas par cas selon les pénuries

-      Enfin, l’UNL se félicite que certaines de ses revendications sur la Vie lycéenne aient été remises au goût du jour, mais il faut réellement donner la possibilité aux lycéens de peser sur la vie de leurs établissements, et donc rendre les Conseils de Vie Lycéenne et le Conseil Supérieur de l’Education décisionnels

L’allocution présidentielle reste néanmoins en totale contradiction avec la politique dogmatique et irresponsable qui est menée dans l’Education Nationale et ne donne aucune réponse à l’accroissement de la reproduction sociale à l’école. La baisse des moyens humains dans les établissements a notamment des conséquences particulièrement dramatiques au vu des carences engendrées.

Surtout, le Président ne répond  pas au malaise des jeunes, c’est pourquoi l’UNL demande :

-      D’une part, un Statut lycéen doit prendre en charge le coût global de la scolarité, faciliter l’accès aux ressources culturelles et donner un véritable poids décisionnel aux lycéens

-      D’autre part, l’Etat doit assumer la responsabilité de scolariser les jeunes jusqu’à 18 ans afin de les protéger dans l’entrée dans la vie active grâce à une formation initiale

-      Enfin, afin de favoriser la mixité sociale au sein de nos établissements il est important de revenir sur la suppression de la carte scolaire et annuler la loi Carle en interdisant le financement public des lycées privés.

L’UNL tient à rappeler au Président de la République et au Ministre de l’Éducation Nationale que les concertations sur les mesures pour 2010 ne doivent pas masquer le fait que l’école de la République étouffe, et qu’il faut lancer une nouvelle vague de massification et de démocratisation de l’enseignement secondaire.

L’Union Nationale Lycéenne



La réforme du lycée selon Sarkozy

Article Libé.fr

Orientation «réversible», revalorisation des filières délaissées, plan pour les langues… Les annonces du chef de l’Etat, lors de son discours à l’Elysée.

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Liberation.fr

A l'Elysée ce mardi.

A l’Elysée ce mardi. (REUTERS)

Elle était attendue de longue date. La réforme «des lycées», avortée une première fois il y a un an quand Xavier Darcos, alors à l’Education, avait dû retirer ses propositions sous la pression de la rue, a été annoncée ce mardi, pour une entrée en vigueur à la rentrée prochaine. C’est cette fois Nicolas Sarkozy qui s’en est chargé, s’inspirant du rapport remis par Richard Descoings et précisant que les décisions définitives seraient prises «avant la fin de l’année». D’ici là, son ministre Luc Chatel aura mené la concertation lors d’un «tour de France des lycées».

«Dans l’ensemble le lycée marche bien», a relativisé le Président en ouverture de son discours ce matin à l’Elysée. «Mais il marche surtout pour ceux qui réussissent, et qui sont toujours les mêmes. Notre lycée laisse trop d’élèves au bord de la route», a-t-il dénoncé.

S’insurgeant contre la persisance des inégalités entre enfants d’ouvriers et familles favorisées alors que, a-t-il rappelé en pleine polémique sur l’accession de son fils Jean à l’Epad, la création du lycée en 1802 signifiait «la fin des privilèges de la naissance». Et d’insister: «Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.»

«Droit à l’erreur»

Reprenant certaines des annonces déjà faites par Luc Chatel ou Martin Hirsch dans son livre vert pour la jeunesse, Sarkozy a décliné une réforme en six axes. Sans annonce surprise et en laissant le soin à Chatel de préciser les modalités pratiques.

«Chantier prioritaire», l’orientation «va connaître une révolution», en devenant «progressive et réversible». Sera instauré un «droit à l’erreur» avec la possibilité de «corriger la trajectoire à tous les niveaux». Les élèves en difficulté dans une filière pourront changer de voie en cours d’année après avoir suivi une stage «passerelle» ou de remise à niveau pendant les vacances. Le redoublement «deviendra l’exception».

Dans le même esprit, la classe de première «doit devenir plus générale» et celle de terminale «plus orientée vers l’enseignement supérieur». Les lycées devront instaurer des partenariats avec les formations du supérieur et encourager les stages en entreprise, quitte à ce que les enseignants eux-mêmes y fassent des «stages d’observation» pour mieux pouvoir orienter.

La filière L revalorisée

Deuxième axe, «casser la hiérarchie implicite des voies et des séries», c’est-à-dire l’hégémonie de la filière scientifique où l’on va «pas parce qu’on aime les sciences mais parce que c’est là que se trouvent les bons élèves. Il faut éviter que l’orientation soit une sélection déguisée». En créant, d’abord, «un véritable parcours technologique: la voie technologique est un enjeu capital, il faut moderniser l’offre d’enseignement.» Des places «seront réservées dans les IUT et les BTS» pour les élèves de la filière technologique, qui de même auront des «voies d’admission spécifiques» vers les écoles d’ingénieurs.

Quant à la filière littéraire, «en perdition», elle sera «sauvée» en «créant un enseignement de langue et de civilisation étrangère spécifique» de sorte que les élèves y apprennent au moins une langue sinon deux – ce qui est déjà le cas. En introduisant ensuite une matière nouvelle, «par exemple le droit», et enfin un «enseignement artistique de haut niveau». Le Président a aussi rappelé la réforme du lycée professionnel, s’agaçant au passage que «personne n’en parle».

Autre «priorité», l’accompagnement personnalisé des élèves. «Dès la rentrée prochaine tous les élèves auront deux heures d’accompagnement par semaine en petits groupes», pour approfondir des points du cours ou réfléchir à l’orientation. Ces deux heures étant mises en place à moyen constants, certaines matières vont devoir être diminuées d’autant, ce qui risque de faire grincer des dents les enseignants concernés. Le dispositif sera étendu à la première et à la terminale en 2011 et 2012.

Ciné-club

Le chef de l’Etat a ensuite insisté sur les langues, annonçant «un plan d’urgence pour les langues vivantes» qui mettra l’accent sur l’oral: «Tous nos lycéens doivent devenir bilingues et pour certains trilingues.» Les épreuves seront «révisées» pour que la LV1 soit évaluée à l’oral, les cours devront s’organiser davantage par groupes de niveau, le nombre d’assistants de langues dans les lycées sera augmenté, de même que les voyages linguistiques et les partenariats avec les lycées étrangers.

La culture, d’autre part, doit prendre «la place qui lui revient», a dit Sarkozy, confirmant d’abord l’introduction d’un «enseignement transversal d’histoire des arts», qui sera évalué au bac. Le Président a ensuite annoncé le grand retour des ciné-club. Chaque lycée devra disposer d’une salle de projection et France Télévisions développera «une plate-forme internet de vidéo en ligne» pour que chaque lycée ait accès à 200 grands classiques.

Enfin, la «conquête de l’autonomie» sera renforcée, pour «aider les lycéens à devenir responsables». «L’engagement des élèves au sein du lycée ou en dehors, par exemple dans une association, sera formellement reconnu.» Cet engagement sera inscrit dans le «livret de compétences» voulu par Martin Hirsch et entrera en compte pour l’admission dans une formation du supérieur.

 

Article Nouvel Obs.com

La réforme du lycée selon Sarkozy dans Actualités line-home

Orientation, langues et culture au menu de la réforme du lycée

 

NOUVELOBS.COM | 13.10.2009 | 17:35

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Nicolas Sarkozy a présenté une version allégée de la réforme du lycée, dont le projet initial avait été fortement contesté dans la rue fin 2008.

 

Nicolas Sarkozy présentant la réforme des lycées (AFP)

Nicolas Sarkozy présentant la réforme des lycées (AFP)

Nicolas Sarkozy a présenté, mardi 13 octobre, les grandes lignes de sa réforme allégée du lycée, devant un parterre d’élèves, de professeurs et de recteurs d’académies réunis à l’Elysée. Cette réforme, qui avait été fortement contestée lors des manifestations de la fin 2008, ont amené le chef de l’Etat à revoir son projet initial pour présenter aujourd’hui une série de « grandes orientations ».
Parmi les axes qu’il a développés, il a annoncé « une révolution » dans le système d’orientation et un « plan d’urgence » pour les langues étrangères, l’extension au lycée du soutien personnalisé et la revalorisation des séries technologique et littéraire. Se faisant l’apôtre d’une culture ouverte à tous, il a en outre demandé à France Télévisions de constituer une vidéothèque en ligne de films classiques à destination des lycées.
Pour le président de la République, cette réforme, qui fera l’objet d’une « concertation approfondie » sur le terrain, « doit être l’occasion de mieux connaître la qualité de l’engagement individuel et collectif » des professeur « au service des élèves ».

« Révolution » dans l’orientation

 

« Le système d’orientation va connaître une révolution », a déclaré Nicolas Sarkozy, qui en fait un « chantier prioritaire ». Il s’agit d’ »instaurer un droit à l’erreur« , a-t-il affirmé, en faisant notamment en sorte que le redoublement devienne une « exception » et non plus la « règle ». Pour éviter les redoublements, les lycéens pourront bénéficier de « stages de remise à niveau » ou changer de filière en cours d’année à la faveur de « stages passerelles », mais sur décision du conseil de classe, a-t-il précisé.
L’orientation va devenir « progressive » et réversible », a-t-il indiqué. Ainsi, a-t-il expliqué, la classe de 1ère devra être plus « générale ».

Revaloriser les séries technologique et littéraire

Deuxième chantier, la revalorisation des séries technologique et littéraire. « Nous allons casser une bonne fois pour toutes cette hiérarchie implicite des voies et des séries qui mine le lycée républicain », a lancé Nicolas Sarkozy. En clair, il s’agit de casser l’hégémonie de la série scientifique (S).
La filière scientifique (STI) sera musclée pour « créer un véritable parcours technologique permettant de déboucher sur des métiers d’ingénieurs et de techniciens supérieurs », a-t-il dit. Ses programmes seront donc changés et ses élèves bénéficieront de « places réservées » dans les BTS et IUT et de classes préparatoires spécifiques aux écoles d’ingénieurs.
« L’autre urgence, c’est sauver la série littéraire, aujourd’hui en perdition », a poursuivi le chef de l’Etat. Pour y parvenir, il a proposé d’en faire « une véritable série internationale » avec accent sur les langues.

Extension au lycée du soutien personnalisé

Nicolas Sarkozy a également annoncé l’extension au lycée du soutien personnalisé, déjà mis en place en primaire et au collège, à raison de deux heures hebdomadaires. Les élèves de seconde en bénéficieront dès la rentrée de septembre 2010, ceux de première en 2011 et ceux de terminale en 2012.
Comme ce changement se fera « à moyens constants », il devra s’accompagner d’aménagements dans les programmes, de « nouveaux équilibres » a dit le président, laissés pour partie à l’appréciation de chaque établissement.

« Plan d’urgence » pour les langues

Pour l’apprentissage des langues étrangères au lycée, Nicolas Sarkozy a prévu « un plan d’urgence ». « Tous nos lycéens doivent devenir au moins bilingues et, pour certains, trilingues. J’annonce aujourd’hui le lancement d’un plan d’urgence pour les langues vivantes étrangères au lycée », a déclaré le président de la République.
« Une langue vivante est faite pour être parlée (…) il faut enfin se résoudre à mettre davantage l’accent sur la communication et la pratique orale », a-t-il poursuivi.
Pour y parvenir, le chef de l’Etat s’est déclaré favorable au fait de « réviser la nature et le contenu des épreuves du baccalauréat », « multiplier les contacts avec des locuteurs natifs, via le développement des visioconférences et l’augmentation du nombre d’assistants de langues » et « fortement encourager les voyages linguistiques ».
Il a également prôné le développement « systématique » de « l’enseignement en langues étrangères de certaines disciplines fondamentales », citant l’histoire, les sciences ou l’éducation physique et sportive.

La culture via une vidéothèque en ligne

« J’ai demandé à France Télévisions de développer une plate-forme internet de vidéo en ligne accessible à tous les établissements le plus rapidement possible », a aussi déclaré le chef de l’Etat.
« 200 grands classiques du cinéma mondial seront disponibles et constitueront la vidéothèque de base de chaque lycée », a-t-il ajouté.

Les profs, « véritables artisans de la transformation de l’école »

Nicolas Sarkozy a par ailleurs rendu un hommage appuyé aux enseignants, « véritables artisans au quotidien de la transformation de l’école », assurant que la réforme du lycée qu’il a présentée n’a « d’autre but que de faciliter l’exercice de leur métier ».
« Non seulement la réforme ne se fera pas sans eux, mais elle se fera aussi avec eux et pour eux », a souligné le chef de l’Etat. « Je n’ignore rien ni de leur compétence et de leur dévouement, ni de la difficulté de leur tâche », a encore ajouté Nicolas Sarkozy.

Une réforme a minima

Les lycéens auront donc eu raison de la grande réforme du lycée voulue par Nicolas Sarkozy. Dix mois après le retrait du projet, le président de la République n’a présenté ce mardi qu’une série de « grandes orientations » pour apporter « des réponses rapides et concrètes » aux demandes des élèves, de leurs professeurs et des parents.
« Globalement le lycée ne marche pas mal, donc il ne s’agit pas de faire une réforme systémique », assure-t-on à l’Elysée. Mais l’évolution de ces trente dernières années, qui ont vu passer le taux de bacheliers de 30% en 1985 à 65% d’une classe d’âge en 2009, a quand même laissé ses traces dans l’institution, argumente-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat.
Cette « massification » entraîne ainsi chaque année le départ définitif de 35.000 élèves de terminale avant l’obtention du baccalauréat. Et 80.000 bacheliers sortent tous les ans du lycée sans acquérir par la suite de diplôme de l’enseignement supérieur. Avec des disparités importantes selon la classe sociale des adolescents, selon l’Elysée.

Rapport de Richard Descoings

Pour cette réforme, le chef de l’Etat s’est inspiré des orientations préconisées par le rapport remis en juillet par le directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings. A charge pour le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, d’élaborer un projet concret en concertation avec les principaux acteurs du monde lycéen et les partenaires sociaux.
Ces mesures ne nécessiteront pas de nouvelle loi, assure-t-on à l’Elysée. Elles devraient entrer progressivement en vigueur à partir de la rentrée 2010.
Dans l’entourage du chef de l’Etat, qui a lui-même reçu lycéens et professeurs à l’Elysée et s’est déplacé en province avec Richard Descoings, on refuse cependant de parler de « recul » par rapport à la grande réforme voulue en début de quinquennat par Nicolas Sarkozy. « C’est une reprise du sujet sur d’autres bases », assure-t-on à l’Elysée sans avouer que les manifestations lycéennes de la fin 2008 ont une fois de plus fait plier le pouvoir politique.

(Nouvelobs.com avec AP)

 

Article Le Monde.fr

 

Réforme du lycée : les syndicats s’interrogent sur les moyens

« Un maintien du principe des voies et des séries hiérarchisées » qui ne fera que perpétuer les inégalités. Joint par Le Monde.fr, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Christian Chevalier, regrette l’absence de « refondation » du lycée et dénonce un simple « aménagement de l’existant ». Si l’UNSA salue la mise en place d’un accompagnement généralisé à l’ensemble des élèves et « la volonté de faire de l’orientation un processus continu », il craint un manque de moyens suffisants pour que la réforme ne se transforme pas en « gestion de la pénurie ».

« Nous retrouvons dans ce plan de réforme des revendications que nous portions », se félicite pour sa part Gérard Aschiéri, « notamment sur le rééquilibrage des séries ». Interrogé par Le Monde.fr, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) s’inquiète cependant des moyens alloués à la mise en œuvre de la réforme : « à l’heure actuelle, par exemple, nous ne savons toujours pas si les deux heures d’accompagnement personnalisé seront déduites des heures d’enseignement existantes ou ajoutées ». Le manque de moyens risque également de se faire sentir dans la volonté de renforcer l’enseignement des langues. « L’Etat va-t-il former et engager de nouveaux professeurs de langue ou se contenter d’embaucher des personnes dont la seule qualification est de parler une langue étrangère ? »

Pour Gérard Aschiéri, le plan de réforme comporte aussi de graves lacunes : « La question des lycées professionnels a été à peine évoquée, or la possibilité de la réintégration en filière générale mérite d’être abordée. » En outre, les questions relatives à l’égalité des chances et à la libéralisation de la carte scolaire devraient être intégrées dans les discussions avec le ministre de l’éducation.

Même prudence du côté du SGEN-CFDT. Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat, salue un ensemble de mesures « qui vont dans le bon sens », mais qui restent « un empilement de réformes qui risquent de ne pas aboutir faute de moyens ». « Nous espérons que les discussions engagées avec [le ministre de l'éducation] Luc Chatel vont nous permettre de clarifier les choses », tempère-t-il. Thierry Cadart regrette l’absence de mesures destinées à faire baisser le taux de redoublement, point noir de toutes les réformes de l’éducation. « La réorientation seule ne peut régler ce problème », souligne-t-il. Il salue néanmoins le rééquilibrage des séries, qui était devenu « indispensable », bien que « le discours reste très prudent ».

Les syndicats de lycéens critiques. L’Union nationale des lycées (UNL) a salué dans un communiqué plusieurs mesures de la réforme, mais a estimé qu’elle risquait d’être « inefficace » faute de moyens suffisants. « Nous nous félicitons du système d’aide personnalisée généralisé à l’ensemble des lycées et des possibilités de réorientation en cours d’année », a déclaré le président de l’UNL, Antoine Evennou. « La mise en place de la réforme parallèlement à une politique de suppressions de postes peut aboutir à des effets inverses à ceux recherchés », a-t-il prévenu. Il demande notamment l’embauche de conseillers d’orientation psychologues (Copsy) « pour avoir un véritable suivi individualisé » des lycéens en matière d’orientation. L’UNL souhaite par ailleurs « que l’Etat scolarise tous les jeunes de 16 à 18 ans » pour les « protéger face à la crise » et leur « permettre d’entrer plus facilement sur le marché du travail ».

Dans un communiqué, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) évoque des « manques majeurs » dans la réforme, qui ne lance selon elle que des « pistes de travail », « des brouillons flous », en particulier sur la question de « la ghettoïsation des lycées » et de « l’égalité de tous les lycéens ».

L’UNI-Lycée, organisation proche de l’UMP, « salue » dans un communiqué les orientations retenues par Nicolas Sarkozy. L’orientation « réversible et progressive » prônée par le président de la République, qui reconnaît un « droit à l’erreur » et offre plus de souplesse dans la construction des parcours individuels, va dans le sens souhaité par l’organisation. L’instauration de stages de remise à niveau et de réorientation est, selon elle, « une mesure qui permettra d’éviter l’orientation ‘couperet’, tout en responsabilisant l’élève« . Seule critique, la valorisation des parcours de lycéens engagés dans des associations : « Si l’idée semble généreuse, nous serons cependant attentifs à la méthode qui sera employée pour l’évaluation de ces activités », précise l’organisation.

Luc Chatel réunit mardi 13 octobre tous les syndicats pour amorcer des discussions sur les modalités de mise en oeuvre de la réforme. Ces discussions se poursuivront pendant deux mois.

 

Audrey Fournier (avec agences)

 

Article 20minute.fr

 

Réforme du lycée: les syndicats plutôt réservés, une mobilisation déjà prévue

Créé le 13.10.09 à 15h34 | Mis à jour le 13.10.09 à 17h46  | 12 commentaires

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Rassemblement de lycéens le 16 décembre 2008 devant la Bastille, à Paris

Rassemblement de lycéens le 16 décembre 2008 devant la Bastille, à Paris/Mehdi Fedouach AFP/Archives

 

REACTIONS – Après les annonces de Nicolas Sarkozy…

«Cette réforme est loin d’être suffisante.» L’organisation lycéenne Fidl (gauche) a pointé ce mardi «des manques majeurs» dans les annonces de Nicolas Sarkozy concernant le lycée. Tout en reconnaissant «des pistes de travail» «intéressantes», le syndicat estime qu’elles restent floues et «souvent déconnectées des vrais besoins des lycéens».

«Quand notre président passe quinze minutes à nous parler des ciné clubs dans les lycées et 30 secondes à nous parler de l’orientation et du soutien scolaire, nous sommes particulièrement préoccupés de l’avenir de notre lycée», note le syndicat dans un communiqué.

Passer du brouillon à la «révolution»

Dans ces conditions, la Fidl, qui devait rencontrer le Président en fin de journée, «attend de savoir quelle marges de manoeuvre auront les organisations syndicales pour passer du brouillon à la « révolution » voulue par Nicolas Sarkozy».

Le syndicat prévient déjà que «les lycéens se mobiliseront en assemblées générales et journées d’actions coup de poing dans les semaines qui viennent». La mobilisation lycéenne avait déjà eu raison de la première version de la réforme du lycée fin 2008.

L’UNL, premier syndicat lycéen (gauche également), a pour sa part salué plusieurs mesures, comme l’accompagnement personnalisé ou la réorientation en cours d’année. Mais il estime aussi que cette réforme risque d’être «inefficace» faute de moyens suffisants.

«Il n’y aura pas les moyens»

«Si la logique budgétaire de diminution des moyens de l’Education continue, l’Etat prend la responsabilité que la réforme soit inefficace car il n’y aura pas les moyens correspondants. La mise en place de la réforme parallèlement à une politique de suppressions de postes peut aboutir à des effets inverses à ceux recherchés», a commenté le président de l’UNL, Antoine Evennou.

Un avis partagé par l’Unef, syndicat étudiant (de gauche). «C’est une réforme pour la forme. Très loin de l’ambition de l’époque. Réforme à minima sur le plan pédagogique, par crainte de se mettre les lycéens à dos. Comment peut-il imaginer améliorer le fonctionnement du lcyée, avec des moyens moins importants (16.000 suppression de postes en 2010, ndlr)?», a déclaré à 20minutes.fr Jean-Baptiste Prévost, président Unef.

L’UNI (syndicat de droite) salue dans l’ensemble les mesures préconisées par le chef de l’Etat et les orientations générales de cette réforme. Il émet toutefois des réserves sur le fait que Nicolas Sarkozy propose de valoriser les parcours originaux de lycéens engagés dans des associations ou au sein des lycées. «Si l’idée semble généreuse, nous serons cependant attentifs à la méthode qui sera employée pour l’évaluation de ces activités. Nous nous attacherons à ce que cette mesure n’entraîne pas des disparités trop fortes entre ceux qui sont en mesure de s’engager et les autres», souligne le syndicat dans un communiqué.

C. F. avec agence



L’UNL s’inquiète de l’état de l’école de la république

Réunie en Conseil National ce weekend, l’Union Nationale Lycéenne a renouvelé son équipe dirigeante, notamment en élisant Antoine Evennou à l’intérim de la présidence pour un mandat courant jusqu’au congrès 2010 qui marquera les 15 ans de l’organisation.

L’Union Nationale Lycéenne a réaffirmé la nécessité de détenir de grands services publics pour la cohésion de notre modèle de société.

On socialise les pertes et on privatise les bénéfices !

Le dogmatisme politique du gouvernement atteint ses limites. Le démantèlement croissant de l’ensemble des services publics particulièrement en ces temps de crise est une attitude irresponsable. Alors que les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’ont rien le gouvernement les démantèle les uns en même temps que les autres.

L’impératif d’investir dans le service public d’éducation

Cette logique est d’autant plus appliquée au service public d’éducation. Pilier de société démocratique et laïque, l’Ecole Républicaine doit  pouvoir continuer à assurer ses devoirs.

Notre service public d’éducation ne répond plus aux attentes qui lui sont fixés : il faut changer la politique de cap en le réformant ambitieusement et en investissant massivement dans notre école ! La mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement est indispensable à toute réforme ambitieuse de notre système scolaire.

Pour une nouvelle vague de démocratisation du lycée afin protéger tous les jeunes

Il est impératif de rallonger le calendrier de réforme à 2011 afin de prendre le temps de la concertation et du travail sur de multiples chantiers. De plus, l’Union Nationale Lycéenne, première organisation syndicale lycéenne, met en évidence trois revendications pour le lycée de demain sans lesquelles aucune réforme ne sera viable :

1.    La mise en place d’un véritable service public d’orientation scolaire géré nationalement et dotés de moyens budgétaires et humains supplémentaires ainsi que la création d’un système d’aide scolaire ambitieux généralisé à l’ensemble des lycées afin de permettre à tous les lycéens de réussir en fonction de leur choix.

2.    La mise en place d’un Statut Lycéen d’envergure prenant en compte le coût global de la scolarité (transports, cantine, achat de matériel…), permettant à tous les lycéens d’accéder aux ressources culturelles et plaçant le lycéen comme un « jeune travailleur intellectuel » pouvant porter ses choix et ses idées dans les débats publics.

3.    Enfin, l’Etat doit prendre ses responsabilités et faire en sorte que tous les jeunes de 16 à 18 ans soient scolarisés afin de leur apporter une formation initiale indispensable à leur intégration sociale et professionnelle future. La nécessité de massifier et de démocratiser l’enseignement secondaire apparaît comme un besoin évident.

L’Etat doit ainsi fixer des objectifs ambitieux à L’École de la République : 80% d’une classe d’âge doit avoir le baccalauréat, 100% des jeunes doivent réussir et être qualifiés !

L’Union Nationale Lycéenne sera intransigeante quant à la prise en compte effective des revendications des lycéens et de l’ensemble de la communauté éducative dans cette réforme.

L’UNL appelle solennellement le président de la république à faire une réforme ambitieuse et réellement construite avec tous les acteurs de l’éducation. Réformer le lycée c’est faire de véritables choix de société, il devra donc porter la responsabilité de ses échecs s’il continue sa politique délibérément aveugle !

Antoine EVENNOU
Président de l’Union Nationale Lycéenne



Lycée : les principaux volets de la réforme

Article La Tribune.fr

Les grandes lignes du projet sont dévoilées dans la presse. Nicolas Sarkozy présentera ce mardi l’intégralité de la réforme qui doit entrer en vigueur l’an prochain.

LUC CHATEL HÉRITE DU MISTIGRI DES SUPPRESSIONS DE POSTES À L'ÉDUCATION NATIONALE

Le sujet est sensible mais Nicolas Sarkozy s’y était engagé. Le président de la République doit présenter ce mardi la réforme du lycée qui entrera en vigueur en 2010. Plusieurs volets sont dévoilés par le JDD ce samedi.

Premier point essentiel : l’instauration de deux heures par semaine de cours de soutien individuel en classe de seconde pour assurer un meilleur suivi, une initiative déjà mise en place dans les écoles et collèges. Ce soutien se fera sur la base du volontariat de l’élève ou sur signalement du professeur.

Le projet prévoit de donner plus d’autonomie aux professeurs et aux proviseurs. Cette flexibilité ne devrait s’appliquer qu’aux cours de soutien que ces derniers pourront organiser comme ils le souhaitent.

Des passerelles seront ensuite instaurées entre les filières des lycées généraux afin que les élèves puissent changer d’orientation en cours d’année. Nicolas Sarkozy insiste beaucoup sur la nécessité de donner une « deuxième chanc » aux lycéens qui se seraient trompés d’orientation. Pour pouvoir rattraper le temps perdu, ces élèves devront toutefois suivre des cours de rattrapage.

Concernant l’orientation justement, elle devrait être renforcée à toutes les échelles. Comme en terminale, une « orientation active » sera mise en place dès la première avec une meilleure information sur la filière, les études supérieures et les débouchés.

Enfin, la réforme du lycée prévoit un rééquilibrage des effectifs entre les filières S, ES et L. Cette dernière souffre d’un désengagement massif des élèves. Le gouvernement veut la rendre plus attractive en communicant sur les possibilités auxquelles elle donne accès pour la suite des études. En revanche, les conditions d’amission en filière S seront durcies avec un renforcement des enseignements scientifique pour mieux cibler les élèves.

 

Dépêche AEF n°120997
Paris, Vendredi 09 octobre 2009 , 17:23:30

Domaine :     Enseignement scolaire – Jeunesse
Rubriquage :      Actualité – Gouvernement – Second degré
La réforme du lycée ne devrait pas bouleverser l’architecture de la scolarité
Accompagnement et soutien personnalisé, développement de la vie lycéenne, orientation et équilibre des filières, renforcement de l’apprentissage des langues et sensibilisation à la culture : tels devraient être les principaux axes de la réforme du lycée, que Nicolas Sarkozy dévoilera mardi 13 octobre 2009, à l’Élysée, près d’un an après la présentation du projet de Xavier Darcos, abandonné en décembre 2008 (AEF n°103288) et (AEF n°106302). Auditionné mardi 6 octobre à l’Assemblée nationale, Luc Chatel a promis une « réforme globale », pour les trois niveaux en même temps, et dont les premières mesures s’appliqueront à la rentrée 2010.

Le contenu de la réforme devrait être discuté dès les prochaines semaines avec les syndicats d’enseignants et de personnels, avant la présentation d’un texte définitif en CSE « en décembre », affirment plusieurs sources syndicales.

Selon le projet annuel de performances de la mission « enseignement scolaire », document budgétaire rendu public cette semaine, « la réforme du lycée général et technologique, dont la première étape interviendra à la rentrée 2010, constituera un élément essentiel de l’adaptation de notre système éducatif aux objectifs que lui fixe la nation ».

« En effet, les attentes à l’égard du lycée général et technologique sont clairement identifiées. » Peuvent notamment être évoqués :
- la volonté de limiter le caractère trop ‘déterminant’ d’une classe de seconde ;
- la volonté d’éviter la hiérarchisation implicite des filières qui nuit aux élèves lors du passage à l’enseignement supérieur ;
- la recherche d’un accompagnement plus personnalisé des élèves aussi bien dans leur travail scolaire que dans leurs choix d’orientation ;
- la recherche d’une meilleure préparation des élèves à la poursuite d’études supérieures ;
- la volonté d’élargir le caractère trop restreint des choix de parcours scolaires ;
- le renforcement de l’autonomie des lycées en matière d’organisation pédagogique. »

Enfin, « une nouvelle ambition pour le lycée doit être portée afin de conduire 50 % d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur et de répondre aux aspirations et aux besoins des lycéens », est-il encore précisé dans le projet annuel de performances.

ÉVITER LES ÉCUEILS DE 2008

Sans « casser ce qui marche », comme l’affirme Luc Chatel, la réforme du lycée ne devrait donc pas remettre en cause la structure et l’architecture de la scolarité. De même, assurent les syndicats, la réforme ne devrait pas modifier le statut des enseignants. Une plus grande autonomie devrait être laissée aux établissements, qui pourraient utiliser selon les besoins de leurs élèves une partie de leur dotation horaire. L’objectif du gouvernement reste de réformer le lycée à partir de la rentrée 2010 en évitant les écueils de la réforme portée par Xavier Darcos : un projet fondé sur un système modulaire complexe, mal compris par l’opinion, et contesté par une partie des lycéens et des enseignants.
 



Moins d’absentéisme sans payer les élèves, c’est possible ?

Article Rue89

 

Un cours de géo dans une classe équipée d'un tableau tactile dans une école des Alpes-Maritimes (Eric Gaillard/Reuters)

Le Parisien révélait dans son édition de ce vendredi 2 octobre que trois lycées professionnels de l’académie de Créteil commencent à rétribuer les élèves les plus assidus. Pas pour de bonnes notes, mais via une sorte de cagnotte, à raison de 2 000 euros alloués à deux classes, somme qui pourra financer un voyage ou des formations pour l’apprentissage du code de la route.

Autant dire qu’on est loin des menaces de suspension des allocations familiales pour le foyer de l’élève qui sèche. Il y a quelque temps, le magazine Phosphore avait fait un tour d’horizon des réponses possibles pour endiguer l’ennui et l’absentéisme. Ex-ministre, pédadogue, biologiste, psy… aucun ne parlait d’argent à l’époque. Voici leurs réponses.

L’ancien ministre : « Donner du sens »

Moins d'absentéisme sans payer les élèves, c'est possible ?  dans Revue de presse 2009_05_18_Logo_PhosphoreLuc Ferry, l’ancien ministre de l’Education nationale, n’hésite pas à l’avouer : au lycée, il s’est ennuyé « comme un rat mort ». Et il sait pourquoi : c’est parce qu’il ne comprenait pas le sens des programmes.

« Apprendre n’est pas une fin en soi, dit-il. Il faut que les élèves saisissent pourquoi ils étudient tel contenu plutôt que tel autre ». Pas évident… Mais Luc Ferry veut trouver un vrai fil conducteur autour d’une idée large : « élargir la pensée, ouvrir l’esprit ».

Le biologiste : « Varier les plaisirs »

« Regardez les singes enfermés dans une cage au zoo : ils tournent en rond. Laissés à eux-même, ils s’ennuient », lance Jean-Didier Vincent, biologiste. La raison est scientifique : l’absence d’activités et de stimulations fait chuter leur taux de dopamine, la substance du plaisir diffusée à l’intérieur du cerveau.

« Du coup, ils s’énervent pour retrouver un taux important. Ils se mettent à taper sur les murs, à s’agiter… Les étudiants, c’est pareil », plaisante le chercheur. Il faut donc multiplier les stimuli, varier les modes de traitement (lectures, exercices, travaux en groupe, multimédia…). « Le remède à l’ennui, c’est le divers », conclut Jean-Didier Vincent.

Le psy : « Mieux former les profs »

Quand on s’ennuie, les minutes semblent durer des heures, l’esprit vagabonde loin de la salle de classe, déjà dehors. « Le temps et l’espace deviennent des ennemis », constate François Roustang, psychanalyste. Une perte de repère désastreuse. « Il faut former les profs pour qu’ils occupent le temps et l’espace totalement. »

Ils doivent se faire comédiens… Comme un acteur s’imprègne de son rôle jusqu’à s’oublier, pour n’être que son personnage, il faut que l’enseignant trouve des techniques pour être pleinement présent. Un problème de formation.

Le philosophe : « Changer le désir des élèves »

André Comte-Sponville est philosophe. Pour lui, « l’ennui, c’est le décalage entre le réel et le désir ». Le désir, c’est celui des élèves qui veulent se distraire, s’amuser, qui ne veulent pas faire d’effort pour apprendre. Le réel, c’est le savoir :

« Et il est impossible de changer le réel, car même si les étudiants sortent de temps en temps, si les enseignants utilisent les nouvelles technologies, le savoir reste le même. Il est difficile. Il faut fournir un effort pour l’acquérir. C’est donc le désir qu’il faut changer. »

Les élèves doivent donc apprendre à désirer l’effort : c’est pas gagné… Mais ils n’ont pas le choix, pense-t-il, car « le bon élève n’est pas celui qui ne s’ennuie jamais, mais celui qui l’accepte ».

Le littéraire : « Casser le moule »

Dans « Louis Lambert », Balzac écrit son horreur du « moule d’un collège auquel chaque intelligence, chaque corps doit, malgré sa portée, malgré son tempérament, s’adapter à la règle et à l’uniforme ». Dans « Les Contemplations », Victor Hugo s’emporte contre les « pédagogues tristes » :

« Je vous hais, pédagogues ! Que d’ennuis ! de fureurs ! de bêtises ! », « Vos textes, vos lois, vos règles sont fossiles ! Car, avec l’air profond, vous êtes imbéciles ! », « Et vous pétrifiez d’une haleine sordide le jeune homme naïf, étincelant, splendide. »

Ironiquement, ces écrivains sont devenus synonymes d’un certain ennui à l’école… Mais leur constat reste d’actualité : « le moule » ne peut convenir à tous. Il faut multiplier les méthodes alternatives pour emmener tout le monde vers les mêmes savoirs.

Le linguiste : « parler simplement »

En maths, les profs utilisent des « x » plutôt que des lettres qui ont un sens. Ils se font plaisir, se rappellent ainsi qu’ils ont fait de longues études d’algèbre, mais les élèves sont largués. « C’est le problème du langage autoréférentiel, qui ne parle qu’à celui qui le connaît déjà », avance François Flahault, directeur du centre de recherche sur les Arts et le Langage.

Quand on enseigne « le savoir pour le savoir », on créé un « ennui noble qui valorise le prof », pense-t-il. Parler plus simplement permettrait pourtant de ne pas perdre les rangs du fond.

Le sociologue : « Considérer les étudiants »

« Les bons s’ennuient autant que les mauvais », note François Dubet, auteur de l’ouvrage de sociologie « Le Déclin de l’institution ». L’école est aujourd’hui vécue par tous comme une usine à exercices :

« Les élèves s’y sentent méprisés. Ils ont l’impression qu’ils apprennent trop de choses pas difficiles, alors qu’ils aimeraient qu’on leur enseigne peu de choses mais difficiles. »

Ils ont envie de se dépasser. « Plutôt que d’attendre beaucoup sans rien exiger, les enseignants devraient attendre peu mais l’exiger. »

Le pédagogue : « Mêler exercice et intérêt »

« Il existe deux types de pédagogie, celle de l’intérêt et celle de l’exercice », commence Philippe Meirieu, directeur de l’IUFM de Lyon.

Avec la pédagogie de l’intérêt, les élèves apprennent la géométrie en dessinant les plans d’une maison, la biologie en jardinant, le français en jouant une pièce ou en réalisant un journal… « L’élève ne connaît pas l’ennui, puisque l’enseignant donne à l’élève ce qui l’intéresse. »

Mais ce qui l’intéresse n’est pas toujours ce qui est dans son intérêt ! « La réussite immédiate est amplifiée : on ne donne pas le cutter à celui qui ne sait pas s’en servir ». Seuls les plus motivés apprennent.

« La pédagogie de l’exercice, quant à elle, oblige l’élève à faire, à refaire, jusqu’à ce que le métier rentre… Cela peut être vécu comme une simple soumission si on n’en comprend pas le sens. Et cela provoque beaucoup d’ennui. » Philippe Meirieu propose une troisième voie : inventer des nouveaux modes d’apprentissage où intérêt et exercices sont mêlés. Comme dans le cadre des TPE.

En partenariat avec Phosphore
2009_05_18_Logo_Phosphore dans Revue de presse

Photo : un cours de géo dans une classe équipée d’un tableau tactile dans un collège des Alpes-Maritimes (Eric Gaillard/Reuters)

 

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Pour lutter contre l’absentéisme : Chopin et Lorca

Après avoir tout tenté, sauf l’essentiel, pour préserver un minimum de paix sociale dans certains établissements scolaires, voici que l’on se propose de recourir à la « mercantilisation » des comportements.

Voici que l’institution éducative, se niant elle-même en tant que modèle civique, s’autorise à marchander le respect de la règle commune.

Ces mesures « expérimentées » dans l’académie de Créteil ont soulevé un tollé car on pressent bien, quoique confusément, qu’il y a là quelque chose de particulièrement inquiétant, quelque chose comme une atteinte portée à un idéal extrêmement symbolique.

L’euphémisme qui occulte la réalité

Pour tenter de mieux cerner ce qui se trouve ainsi blessé, il convient, me semble-t-il, de poser une question préalable : ces expérimentations sont-elles mises en oeuvre dans des lycées réputés de centre-ville ? Non, bien sûr, elles le sont dans trois LEP de l’académie de Créteil, c’est-à-dire dans des établissements qui accueillent une population que l’on dit, par euphémisme, défavorisée.

Je refuse, quant à moi, cette « euphémisation » caractéristique de l’idéologie dominante qui, par un autre abus de langage, le détournement cette fois du mot liberté, se proclame libérale. Il convient donc de constater que ces mesures sont destinées à l’école des pauvres et évidemment pas à l’école des riches car je persiste à affirmer l’existence de ces deux écoles. Il suffit de regarder pour les voir.

Ce faisant, il m’a parfois été reproché de stigmatiser ainsi la population que je qualifie de pauvre, de porter atteinte, pour ainsi dire, à sa dignité. Argument que je récuse car, enfant de pauvres, il m’est toujours apparu que l’indignité n’est pas dans la désignation de la réalité mais dans son occultation par une « euphémisation » langagière qui se systématise comme procédé d’inculcation idéologique.

Le mensonge, et donc l’indignité, est tout entier dans l’utilisation de l’euphémisme « défavorisé » pour désigner la situation d’une population dont l’adjectif pauvre rend parfaitement compte. La dignité, en revanche, pour les pauvres, est tout entière dans la contestation de cet état de pauvreté et dans la contestation de l’inégalité sociale qui en constitue la cause.

Le pauvre est « la chose d’un autre »

Il convient cependant, pour mieux percevoir le sens de ces mesures de « mercantilisation comportementale » portées au coeur de l’institution éducative, dans la classe elle-même, de préciser cette notion de pauvreté. Je le faisais voici quelques années déjà de cette manière :

« …pauvreté : non seulement celle que signale le bas salaire, […] mais celle qui, impliquée par le bas revenu, mobilise toute énergie, toute réflexion, toute pensée, dans l’accomplissement quotidien de tâches matérielles dont on se souvient qu’Aristote les confiait à l’esclave défini comme “ celui qui, par nature, ne s’appartient pas à lui-même, tout en étant un homme, mais est la chose d’un autre ” (La Politique, 1,5, Vrin,1995, P.37).

Cette pauvreté est celle qui fait du pauvre celui qui ne s’appartient pas car il est la chose d’un mode de vie le privant de la capacité de se penser autre qu’exécutant des tâches matérielles, […] celles qui imposent de ne jamais penser “ culturellement ” mais toujours “ matériellement ”, ce qui présuppose une imprégnation de l’esprit par des représentations tenaces, comme modelées par chaque geste quotidien qui n’est jamais autre que geste asservi ou ménager, celui, précisément, dont le philosophe dit qu’il empêche de penser. »

Ce sont les enfants de cette pauvreté que l’on veut acheter (l’argument de la rétribution collective n’est qu’une excuse honteuse d’elle-même). Et que fait-on ainsi sinon ancrer plus profondément encore dans l’esprit de ces élèves, les pauvres donc, des représentations « matérielles », pire, « mercantilistes » ?

Que fait-on sinon les conforter dans leur statut de dominés, sinon approfondir et raffermir la structure sociale de domination en les conduisant ainsi à penser toujours « matériellement » et jamais « culturellement » ?

L’essentiel, alors, dont je disais pour commencer qu’il n’a pas été fait, l’essentiel qui reste à faire dans l’école des pauvres, consiste exactement en l’inverse. Il a pour objectif de donner à penser aux enfants de l’école des pauvres des objets culturels, une ballade de Chopin et un poème de Lorca, d’autant plus et d’autant mieux qu’ils en sont le plus souvent privés chez eux.

L’essentiel qui n’a pas été fait et par rapport auquel les mesures mercantiles envisagées sont une terrible régression consiste en la mise en place d’une école, d’une institution éducative émancipatrice ce qui implique qu’elle soit dégagée de tout mercantilisme.

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De la cagnotte anti-absentéisme dans les écoles

A la une du « Parisien – Aujourd’hui en France » daté du 2 octobre, on pouvait lire « De l’argent pour les bons élèves ». Pour lutter contre l’absentéisme, « l’académie de Créteil se lance dans l’incitation financière collective » :

« Dans trois lycées professionnels, une cagnotte de 2 000 euros va être allouée à deux classes : les élèves devront s’y fixer un objectif d’assiduité. S’il est rempli, la classe pourra s’offrir en fin d’année un voyage ou le Code de la route… pour un montant de 10 000 euros maximum. Si cette expérience inédite se révèle concluante, le rectorat l’étendra à la moitié des lycées professionnels de l’académie. Avant généralisation ? »

Les réactions des quelques élèves interrogés, une fois passée la surprise et l’incrédulité, sont pleines de bon sens :

« Avec cet argent, il vaudrait mieux rénover le lycée » dit une jeune élève en classe de première « production imprimée ». Une camarade renchérit :

« C’est du chantage, une façon de nous infantiliser alors que l’on entre dans l’âge adulte. Ceux qui sèchent continueront à la faire ou viendront dormir en cours ! »

D’un point de vue plus global, cette mesure pose la question de l’extension d’une forme de logique « marchande » et individualiste dans un secteur qui en était encore plus ou moins préservé. Même si le recteur s’en défend, il s’agit de considérer que l’absentéisme est le résultat du seul comportement de l’élève, comme si une bonne partie des difficultés rencontrées à l’école ne se nouaient pas en dehors de l’école.

L’absentésime, un fléau mais dans une minorité d’établissements

Une étude du ministère de l’Education nationale datée de juin 2009 et intitulée « L’absentéisme des élèves dans le second degré en 2006-2007 » fournit des éclairages intéressants.

Au mois de mars 2007 (mars est traditionnellement le mois où l’absentéisme est le plus fort), l’absentéisme moyen dans le second degré (collèges, lycées et lycées professionnels) était de 6,5%. Mais les disparités sont fortes : 2,8% dans les collèges, 5,8% dans les lycées et 12,6% dans les lycées professionnels. Et les moyennes, on le sait, masquent de fortes inégalités. Ainsi, toujours en mars 2007, le taux d’absentéisme ne dépassait pas 1% dans la moitié des collèges, 1,9% dans la moitié des lycées et 7,2% dans la moitié des lycées professionnels.

En revanche, dans les 10% des lycées professionnels les plus touchés par l’absentéisme, le taux s’élevait à plus de… 38,1% (16,6% pour les lycées et 6,8% pour les collèges).

L’absentéisme reste donc relativement limité dans la majorité des établissements, mais devient un véritable fléau dans une minorité d’établissements dont on peut penser qu’ils sont situés dans des quartiers défavorisés.

Dans ces quartiers, les origines de l’absentéisme sont multiples : mauvaise orientation, nécessité pour certains d’avoir un emploi pour contribuer au revenu de la famille (livraison de pizza, service dans un fast-food, manutention), sentiment de résignation dans des quartiers où le taux de chômage est très élevé…

On nous dit que, pour lutter contre l’absentéisme, on a « tout essayé » : des tickets de cinéma pour les bons élèves jusqu’à la suppression des allocations… Incitatives ou coercitives, il ne s’agit que de mesures individuelles qui ne doivent pas dédouaner les responsables politiques de réflexions plus globales sur le rôle et les moyens de l’Education Nationale, sur l’insertion professionnelle des jeunes, sur le développement des inégalités et leur impact sur la réussite scolaire, sur la politique de la ville…

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La réforme du lycée, enfin?

Par Laurence Debril, publié le 07/10/2009 18:20

D’ici à la fin de l’année, on devrait connaître le contenu du nouveau lycée. Nicolas Sarkozy pourrait lever un coin du voile la semaine prochaine.
Annoncée, repoussée, offerte à la consultation, commentée, attendue… La réforme du lycée a pris des allures d’Arlésienne. Pourtant, mardi prochain, le 13 octobre, Nicolas Sarkozy, lui même, devrait évoquer la question et en expliquer les enjeux, d’après Europe 1. Seuls 45% des bacheliers inscrits en licence parviennent en troisième année sans redoubler, et ce passage vers le supérieur doit être amélioré.
De son côté, le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a annoncé qu’il serait en mesure de la présenter « courant octobre », lors d’une audition devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Lundi prochain, il recevra en outre les organisations syndicales pour en débattre. Il pourrait, ensuite, effectuer une tournée des lycées à travers la France, pour aller à la rencontre des enseignants et des élèves. Mais le véritables annonces surviendront vraisemblablement en décembre, devant le Conseil supérieur de l’éducation (CSE)
D’ici là, à quoi peut-on s’attendre?
- La réforme sera celle de tout le lycée, et pas seulement de la seconde, comme l’avait envisagé Xavier Darcos en son temps.
- Elle débutera bien à la rentrée de 2010, mais sera étalée et ne devrait être vraiment effective dans sa globalité qu’en 2013 : ce n’est qu’à ce moment là que les trois niveaux, seconde, première, terminale, auront tous été modifiés, rentrée après rentrée.
- Elle ne devrait pas être révolutionnaire, mais opérer un changement en douceur. Oubliées, l’idée des modules en seconde ou la suppression des filières L, ES et S, qui devraient être maintenues
- A la rentrée de 2010, pour les secondes, ne seront mis en place que les mesures administrativement possible, comme la mise en place du tutorat par les enseignants. Ce point pose la délicate question de l’emploi du temps des élèves. La moyenne de l’OCDE est à 27 heures de cours par semaine. En France, elle est de 25 à 35 heures environ, avec des pointes à 40 heures pour certains. Qui dit accompagnement, dit moins d’heures d’enseignement et donc, des matières négligées. C’est le point de crispation principal des professeurs, prêts à tout pour défendre leur matière.
- L’orientation des élèves figurera au centre des réformes. Luc Chatel le répéte: « il faut passer d’une orientation subie à une orientation choisie et réversible ». Les réorientations en cours de route devraient être facilitées.



Votation citoyenne sur la poste : il reste 2 jours !

Logo UNLDepuis le 27 septembre une votation citoyenne a débuté afin de demander à chaque citoyen son avis sur la privatisation de la poste.  

 

Cette privatisation va remettre en cause l’accès à un service de proximité qui sert l’intérêt général. La diminution des moyens déjà engagée a eu pour conséquence la fermeture de plusieurs centaines de bureaux de poste, particulièrement dans les zones rurales ou les quartiers populaires, ce qui remet en cause l’égalité d’accès au service public. C’est donc la qualité et l’égalité d’accès de tous au service public postal qui est en jeu.

 

 

·      Une politique de casse des Services Publics

.

Cette volonté s’inscrit dans une politique globale de casse des Services Publics. En effet, depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy l’ensemble des services publics ont été mis à mal. La logique comptable appliquée à la gestion des services publics les vides de tous leurs moyens : suppressions de postes, diminution des budgets… Les jeunes sont d’autant plus préoccupés par l’avenir des services publics qu’ils seront leur seul patrimoine.

La période de crise économique et sociale doit nous pousser à maintenir et protéger nos services publics. En effet, elle devrait nous pousser à investir dans les véritables boucliers face à la crise, mais le gouvernement fait chemin inverse !

 

·      Investir dans les services publics pour l’avenir

Il est maintenant nécessaire de changer réellement la politique de cap. Il faut ouvrir les yeux et regarder la réalité en face ! Les besoins d’une société qui subit une crise sans précédent se font de plus en plus forts. Il faut investir massivement dans l’ensemble des services publics. La votation citoyenne est donc le moment pour chacun d’entre nous de pouvoir s’exprimer sur l’avenir de la poste.

C’est pourquoi l’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, appelle l’ensemble des lycéens à se rendre au point de vote le plus proche (Mairies, Universités, Postes…) afin de donner leur avis et de rejoindre les cortèges syndicaux le 7 octobre pour continuer à lutter face une politique dogmatique et irresponsable.

 

 

Lucie Bousser
Présidente de l’Union Nationale Lycéenne



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