Réforme des lycées : aujourd’hui les trompettes… et demain ?

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Se plaçant d’entrée dans une posture solennelle et théâtrale pour marquer son implication personnelle, le Président de la République a présenté un plan de réforme du lycée prudent et en partie décalé. Il prend acte au passage des dysfonctionnements du lycée actuel sans pour autant reconnaître la responsabilité de sa politique éducative que ce soit sur l’enseignement des langues vivantes, l’orientation scolaire et les conditions de travail.

1) Prudent, le Président de la République a tenu compte des mobilisations de l’année dernière et répondu à des demandes fortes du SNES :
- Reconnaissance de l’importance de la voie technologique dans la démocratisation du lycée, même si l’objectif des 80% d’une génération au niveau baccalauréat n’est pas rappelé
- Urgence d’une rénovation des séries technologiques industrielles
- Nécessité de prendre en compte la diversité de publics scolarisés au lycée général et technologique, même si l’articulation avec la voie professionnelle n’a pas été évoquée
- Rééquilibrage de séries générales avec une rénovation de la série L.

2) Le discours est cependant décalé car les mesures annoncées ne répondent pas à la principale revendication des personnels : améliorer les conditions de travail et d’étude.

3) De nombreuses zones d’ombre subsistent, malgré la réaffirmation du maintien du taux d’encadrement :
- Les contours du cycle terminal restent bien flous
- L’articulation du travail sur l’orientation avec la loi « orientation–formation tout au long de la vie » n’est pas abordée
- Le rôle des Copsy n’est pas réaffirmé
- La définition d’une culture commune reste limitée à une vision patrimoniale qui ne sort pas de la vision d’une culture légitime dont on connaît les limites
- L’autonomie des établissements dans la prise en charge de la difficulté et de l’échec scolaire
- La place du livret de compétences initié par M. Hirsch et son articulation avec le baccalauréat.

4) Plusieurs mesures semblent des copiés collés de mesures mises en place au collège qui prouvent pourtant leur inefficacité (accompagnement éducatif fourre-tout, traitement des difficultés scolaires en dehors du cours…)

Prenant acte d’un discours présidentiel se voulant offensif contre les inégalités constatées au lycée et marqué par la volonté de prendre le temps de la concertation, le SNES portera dans les groupes de travail sa conception du rôle du lycée dans un système éducatif démocratique et les revendications des personnels.



Annonces Sarkozy sur la réforme du lycée : Les lycéens ne veulent plus des doubles discours de M. Bricolage !

Logo UNLSi les grandes lignes de la réforme du lycée annoncées par Nicolas Sarkozy semblent éviter les mesures rejetées par les lycéens à l’hiver 2008, l’UNL craint une réforme inefficace par manque de moyens et veillera à ce que dans les concertations à venir le Gouvernement ne se dérobe pas face aux sujets éludés par le Président de la République.

En effet, les intentions du Président de la République restent largement à préciser :

-      Il est nécessaire de mettre en place un véritable Service Public d’Orientation scolaire doté de moyens humains et financiers pour permettre à tous les jeunes de s’orienter selon leur choix

-      L’Aide Scolaire généralisée à l’ensemble des lycées doit être accompagnée de garanties nationales pour les équipes pédagogiques et les élèves les plus en difficulté et non se contenter d’annonces qui rejetteront sa mise en œuvre au cas par cas selon les pénuries

-      Enfin, l’UNL se félicite que certaines de ses revendications sur la Vie lycéenne aient été remises au goût du jour, mais il faut réellement donner la possibilité aux lycéens de peser sur la vie de leurs établissements, et donc rendre les Conseils de Vie Lycéenne et le Conseil Supérieur de l’Education décisionnels

L’allocution présidentielle reste néanmoins en totale contradiction avec la politique dogmatique et irresponsable qui est menée dans l’Education Nationale et ne donne aucune réponse à l’accroissement de la reproduction sociale à l’école. La baisse des moyens humains dans les établissements a notamment des conséquences particulièrement dramatiques au vu des carences engendrées.

Surtout, le Président ne répond  pas au malaise des jeunes, c’est pourquoi l’UNL demande :

-      D’une part, un Statut lycéen doit prendre en charge le coût global de la scolarité, faciliter l’accès aux ressources culturelles et donner un véritable poids décisionnel aux lycéens

-      D’autre part, l’Etat doit assumer la responsabilité de scolariser les jeunes jusqu’à 18 ans afin de les protéger dans l’entrée dans la vie active grâce à une formation initiale

-      Enfin, afin de favoriser la mixité sociale au sein de nos établissements il est important de revenir sur la suppression de la carte scolaire et annuler la loi Carle en interdisant le financement public des lycées privés.

L’UNL tient à rappeler au Président de la République et au Ministre de l’Éducation Nationale que les concertations sur les mesures pour 2010 ne doivent pas masquer le fait que l’école de la République étouffe, et qu’il faut lancer une nouvelle vague de massification et de démocratisation de l’enseignement secondaire.

L’Union Nationale Lycéenne



La réforme du lycée selon Sarkozy

Article Libé.fr

Orientation «réversible», revalorisation des filières délaissées, plan pour les langues… Les annonces du chef de l’Etat, lors de son discours à l’Elysée.

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Liberation.fr

A l'Elysée ce mardi.

A l’Elysée ce mardi. (REUTERS)

Elle était attendue de longue date. La réforme «des lycées», avortée une première fois il y a un an quand Xavier Darcos, alors à l’Education, avait dû retirer ses propositions sous la pression de la rue, a été annoncée ce mardi, pour une entrée en vigueur à la rentrée prochaine. C’est cette fois Nicolas Sarkozy qui s’en est chargé, s’inspirant du rapport remis par Richard Descoings et précisant que les décisions définitives seraient prises «avant la fin de l’année». D’ici là, son ministre Luc Chatel aura mené la concertation lors d’un «tour de France des lycées».

«Dans l’ensemble le lycée marche bien», a relativisé le Président en ouverture de son discours ce matin à l’Elysée. «Mais il marche surtout pour ceux qui réussissent, et qui sont toujours les mêmes. Notre lycée laisse trop d’élèves au bord de la route», a-t-il dénoncé.

S’insurgeant contre la persisance des inégalités entre enfants d’ouvriers et familles favorisées alors que, a-t-il rappelé en pleine polémique sur l’accession de son fils Jean à l’Epad, la création du lycée en 1802 signifiait «la fin des privilèges de la naissance». Et d’insister: «Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.»

«Droit à l’erreur»

Reprenant certaines des annonces déjà faites par Luc Chatel ou Martin Hirsch dans son livre vert pour la jeunesse, Sarkozy a décliné une réforme en six axes. Sans annonce surprise et en laissant le soin à Chatel de préciser les modalités pratiques.

«Chantier prioritaire», l’orientation «va connaître une révolution», en devenant «progressive et réversible». Sera instauré un «droit à l’erreur» avec la possibilité de «corriger la trajectoire à tous les niveaux». Les élèves en difficulté dans une filière pourront changer de voie en cours d’année après avoir suivi une stage «passerelle» ou de remise à niveau pendant les vacances. Le redoublement «deviendra l’exception».

Dans le même esprit, la classe de première «doit devenir plus générale» et celle de terminale «plus orientée vers l’enseignement supérieur». Les lycées devront instaurer des partenariats avec les formations du supérieur et encourager les stages en entreprise, quitte à ce que les enseignants eux-mêmes y fassent des «stages d’observation» pour mieux pouvoir orienter.

La filière L revalorisée

Deuxième axe, «casser la hiérarchie implicite des voies et des séries», c’est-à-dire l’hégémonie de la filière scientifique où l’on va «pas parce qu’on aime les sciences mais parce que c’est là que se trouvent les bons élèves. Il faut éviter que l’orientation soit une sélection déguisée». En créant, d’abord, «un véritable parcours technologique: la voie technologique est un enjeu capital, il faut moderniser l’offre d’enseignement.» Des places «seront réservées dans les IUT et les BTS» pour les élèves de la filière technologique, qui de même auront des «voies d’admission spécifiques» vers les écoles d’ingénieurs.

Quant à la filière littéraire, «en perdition», elle sera «sauvée» en «créant un enseignement de langue et de civilisation étrangère spécifique» de sorte que les élèves y apprennent au moins une langue sinon deux – ce qui est déjà le cas. En introduisant ensuite une matière nouvelle, «par exemple le droit», et enfin un «enseignement artistique de haut niveau». Le Président a aussi rappelé la réforme du lycée professionnel, s’agaçant au passage que «personne n’en parle».

Autre «priorité», l’accompagnement personnalisé des élèves. «Dès la rentrée prochaine tous les élèves auront deux heures d’accompagnement par semaine en petits groupes», pour approfondir des points du cours ou réfléchir à l’orientation. Ces deux heures étant mises en place à moyen constants, certaines matières vont devoir être diminuées d’autant, ce qui risque de faire grincer des dents les enseignants concernés. Le dispositif sera étendu à la première et à la terminale en 2011 et 2012.

Ciné-club

Le chef de l’Etat a ensuite insisté sur les langues, annonçant «un plan d’urgence pour les langues vivantes» qui mettra l’accent sur l’oral: «Tous nos lycéens doivent devenir bilingues et pour certains trilingues.» Les épreuves seront «révisées» pour que la LV1 soit évaluée à l’oral, les cours devront s’organiser davantage par groupes de niveau, le nombre d’assistants de langues dans les lycées sera augmenté, de même que les voyages linguistiques et les partenariats avec les lycées étrangers.

La culture, d’autre part, doit prendre «la place qui lui revient», a dit Sarkozy, confirmant d’abord l’introduction d’un «enseignement transversal d’histoire des arts», qui sera évalué au bac. Le Président a ensuite annoncé le grand retour des ciné-club. Chaque lycée devra disposer d’une salle de projection et France Télévisions développera «une plate-forme internet de vidéo en ligne» pour que chaque lycée ait accès à 200 grands classiques.

Enfin, la «conquête de l’autonomie» sera renforcée, pour «aider les lycéens à devenir responsables». «L’engagement des élèves au sein du lycée ou en dehors, par exemple dans une association, sera formellement reconnu.» Cet engagement sera inscrit dans le «livret de compétences» voulu par Martin Hirsch et entrera en compte pour l’admission dans une formation du supérieur.

 

Article Nouvel Obs.com

La réforme du lycée selon Sarkozy dans Actualités line-home

Orientation, langues et culture au menu de la réforme du lycée

 

NOUVELOBS.COM | 13.10.2009 | 17:35

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Nicolas Sarkozy a présenté une version allégée de la réforme du lycée, dont le projet initial avait été fortement contesté dans la rue fin 2008.

 

Nicolas Sarkozy présentant la réforme des lycées (AFP)

Nicolas Sarkozy présentant la réforme des lycées (AFP)

Nicolas Sarkozy a présenté, mardi 13 octobre, les grandes lignes de sa réforme allégée du lycée, devant un parterre d’élèves, de professeurs et de recteurs d’académies réunis à l’Elysée. Cette réforme, qui avait été fortement contestée lors des manifestations de la fin 2008, ont amené le chef de l’Etat à revoir son projet initial pour présenter aujourd’hui une série de « grandes orientations ».
Parmi les axes qu’il a développés, il a annoncé « une révolution » dans le système d’orientation et un « plan d’urgence » pour les langues étrangères, l’extension au lycée du soutien personnalisé et la revalorisation des séries technologique et littéraire. Se faisant l’apôtre d’une culture ouverte à tous, il a en outre demandé à France Télévisions de constituer une vidéothèque en ligne de films classiques à destination des lycées.
Pour le président de la République, cette réforme, qui fera l’objet d’une « concertation approfondie » sur le terrain, « doit être l’occasion de mieux connaître la qualité de l’engagement individuel et collectif » des professeur « au service des élèves ».

« Révolution » dans l’orientation

 

« Le système d’orientation va connaître une révolution », a déclaré Nicolas Sarkozy, qui en fait un « chantier prioritaire ». Il s’agit d’ »instaurer un droit à l’erreur« , a-t-il affirmé, en faisant notamment en sorte que le redoublement devienne une « exception » et non plus la « règle ». Pour éviter les redoublements, les lycéens pourront bénéficier de « stages de remise à niveau » ou changer de filière en cours d’année à la faveur de « stages passerelles », mais sur décision du conseil de classe, a-t-il précisé.
L’orientation va devenir « progressive » et réversible », a-t-il indiqué. Ainsi, a-t-il expliqué, la classe de 1ère devra être plus « générale ».

Revaloriser les séries technologique et littéraire

Deuxième chantier, la revalorisation des séries technologique et littéraire. « Nous allons casser une bonne fois pour toutes cette hiérarchie implicite des voies et des séries qui mine le lycée républicain », a lancé Nicolas Sarkozy. En clair, il s’agit de casser l’hégémonie de la série scientifique (S).
La filière scientifique (STI) sera musclée pour « créer un véritable parcours technologique permettant de déboucher sur des métiers d’ingénieurs et de techniciens supérieurs », a-t-il dit. Ses programmes seront donc changés et ses élèves bénéficieront de « places réservées » dans les BTS et IUT et de classes préparatoires spécifiques aux écoles d’ingénieurs.
« L’autre urgence, c’est sauver la série littéraire, aujourd’hui en perdition », a poursuivi le chef de l’Etat. Pour y parvenir, il a proposé d’en faire « une véritable série internationale » avec accent sur les langues.

Extension au lycée du soutien personnalisé

Nicolas Sarkozy a également annoncé l’extension au lycée du soutien personnalisé, déjà mis en place en primaire et au collège, à raison de deux heures hebdomadaires. Les élèves de seconde en bénéficieront dès la rentrée de septembre 2010, ceux de première en 2011 et ceux de terminale en 2012.
Comme ce changement se fera « à moyens constants », il devra s’accompagner d’aménagements dans les programmes, de « nouveaux équilibres » a dit le président, laissés pour partie à l’appréciation de chaque établissement.

« Plan d’urgence » pour les langues

Pour l’apprentissage des langues étrangères au lycée, Nicolas Sarkozy a prévu « un plan d’urgence ». « Tous nos lycéens doivent devenir au moins bilingues et, pour certains, trilingues. J’annonce aujourd’hui le lancement d’un plan d’urgence pour les langues vivantes étrangères au lycée », a déclaré le président de la République.
« Une langue vivante est faite pour être parlée (…) il faut enfin se résoudre à mettre davantage l’accent sur la communication et la pratique orale », a-t-il poursuivi.
Pour y parvenir, le chef de l’Etat s’est déclaré favorable au fait de « réviser la nature et le contenu des épreuves du baccalauréat », « multiplier les contacts avec des locuteurs natifs, via le développement des visioconférences et l’augmentation du nombre d’assistants de langues » et « fortement encourager les voyages linguistiques ».
Il a également prôné le développement « systématique » de « l’enseignement en langues étrangères de certaines disciplines fondamentales », citant l’histoire, les sciences ou l’éducation physique et sportive.

La culture via une vidéothèque en ligne

« J’ai demandé à France Télévisions de développer une plate-forme internet de vidéo en ligne accessible à tous les établissements le plus rapidement possible », a aussi déclaré le chef de l’Etat.
« 200 grands classiques du cinéma mondial seront disponibles et constitueront la vidéothèque de base de chaque lycée », a-t-il ajouté.

Les profs, « véritables artisans de la transformation de l’école »

Nicolas Sarkozy a par ailleurs rendu un hommage appuyé aux enseignants, « véritables artisans au quotidien de la transformation de l’école », assurant que la réforme du lycée qu’il a présentée n’a « d’autre but que de faciliter l’exercice de leur métier ».
« Non seulement la réforme ne se fera pas sans eux, mais elle se fera aussi avec eux et pour eux », a souligné le chef de l’Etat. « Je n’ignore rien ni de leur compétence et de leur dévouement, ni de la difficulté de leur tâche », a encore ajouté Nicolas Sarkozy.

Une réforme a minima

Les lycéens auront donc eu raison de la grande réforme du lycée voulue par Nicolas Sarkozy. Dix mois après le retrait du projet, le président de la République n’a présenté ce mardi qu’une série de « grandes orientations » pour apporter « des réponses rapides et concrètes » aux demandes des élèves, de leurs professeurs et des parents.
« Globalement le lycée ne marche pas mal, donc il ne s’agit pas de faire une réforme systémique », assure-t-on à l’Elysée. Mais l’évolution de ces trente dernières années, qui ont vu passer le taux de bacheliers de 30% en 1985 à 65% d’une classe d’âge en 2009, a quand même laissé ses traces dans l’institution, argumente-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat.
Cette « massification » entraîne ainsi chaque année le départ définitif de 35.000 élèves de terminale avant l’obtention du baccalauréat. Et 80.000 bacheliers sortent tous les ans du lycée sans acquérir par la suite de diplôme de l’enseignement supérieur. Avec des disparités importantes selon la classe sociale des adolescents, selon l’Elysée.

Rapport de Richard Descoings

Pour cette réforme, le chef de l’Etat s’est inspiré des orientations préconisées par le rapport remis en juillet par le directeur de Sciences Po Paris, Richard Descoings. A charge pour le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, d’élaborer un projet concret en concertation avec les principaux acteurs du monde lycéen et les partenaires sociaux.
Ces mesures ne nécessiteront pas de nouvelle loi, assure-t-on à l’Elysée. Elles devraient entrer progressivement en vigueur à partir de la rentrée 2010.
Dans l’entourage du chef de l’Etat, qui a lui-même reçu lycéens et professeurs à l’Elysée et s’est déplacé en province avec Richard Descoings, on refuse cependant de parler de « recul » par rapport à la grande réforme voulue en début de quinquennat par Nicolas Sarkozy. « C’est une reprise du sujet sur d’autres bases », assure-t-on à l’Elysée sans avouer que les manifestations lycéennes de la fin 2008 ont une fois de plus fait plier le pouvoir politique.

(Nouvelobs.com avec AP)

 

Article Le Monde.fr

 

Réforme du lycée : les syndicats s’interrogent sur les moyens

« Un maintien du principe des voies et des séries hiérarchisées » qui ne fera que perpétuer les inégalités. Joint par Le Monde.fr, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Christian Chevalier, regrette l’absence de « refondation » du lycée et dénonce un simple « aménagement de l’existant ». Si l’UNSA salue la mise en place d’un accompagnement généralisé à l’ensemble des élèves et « la volonté de faire de l’orientation un processus continu », il craint un manque de moyens suffisants pour que la réforme ne se transforme pas en « gestion de la pénurie ».

« Nous retrouvons dans ce plan de réforme des revendications que nous portions », se félicite pour sa part Gérard Aschiéri, « notamment sur le rééquilibrage des séries ». Interrogé par Le Monde.fr, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) s’inquiète cependant des moyens alloués à la mise en œuvre de la réforme : « à l’heure actuelle, par exemple, nous ne savons toujours pas si les deux heures d’accompagnement personnalisé seront déduites des heures d’enseignement existantes ou ajoutées ». Le manque de moyens risque également de se faire sentir dans la volonté de renforcer l’enseignement des langues. « L’Etat va-t-il former et engager de nouveaux professeurs de langue ou se contenter d’embaucher des personnes dont la seule qualification est de parler une langue étrangère ? »

Pour Gérard Aschiéri, le plan de réforme comporte aussi de graves lacunes : « La question des lycées professionnels a été à peine évoquée, or la possibilité de la réintégration en filière générale mérite d’être abordée. » En outre, les questions relatives à l’égalité des chances et à la libéralisation de la carte scolaire devraient être intégrées dans les discussions avec le ministre de l’éducation.

Même prudence du côté du SGEN-CFDT. Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat, salue un ensemble de mesures « qui vont dans le bon sens », mais qui restent « un empilement de réformes qui risquent de ne pas aboutir faute de moyens ». « Nous espérons que les discussions engagées avec [le ministre de l'éducation] Luc Chatel vont nous permettre de clarifier les choses », tempère-t-il. Thierry Cadart regrette l’absence de mesures destinées à faire baisser le taux de redoublement, point noir de toutes les réformes de l’éducation. « La réorientation seule ne peut régler ce problème », souligne-t-il. Il salue néanmoins le rééquilibrage des séries, qui était devenu « indispensable », bien que « le discours reste très prudent ».

Les syndicats de lycéens critiques. L’Union nationale des lycées (UNL) a salué dans un communiqué plusieurs mesures de la réforme, mais a estimé qu’elle risquait d’être « inefficace » faute de moyens suffisants. « Nous nous félicitons du système d’aide personnalisée généralisé à l’ensemble des lycées et des possibilités de réorientation en cours d’année », a déclaré le président de l’UNL, Antoine Evennou. « La mise en place de la réforme parallèlement à une politique de suppressions de postes peut aboutir à des effets inverses à ceux recherchés », a-t-il prévenu. Il demande notamment l’embauche de conseillers d’orientation psychologues (Copsy) « pour avoir un véritable suivi individualisé » des lycéens en matière d’orientation. L’UNL souhaite par ailleurs « que l’Etat scolarise tous les jeunes de 16 à 18 ans » pour les « protéger face à la crise » et leur « permettre d’entrer plus facilement sur le marché du travail ».

Dans un communiqué, la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) évoque des « manques majeurs » dans la réforme, qui ne lance selon elle que des « pistes de travail », « des brouillons flous », en particulier sur la question de « la ghettoïsation des lycées » et de « l’égalité de tous les lycéens ».

L’UNI-Lycée, organisation proche de l’UMP, « salue » dans un communiqué les orientations retenues par Nicolas Sarkozy. L’orientation « réversible et progressive » prônée par le président de la République, qui reconnaît un « droit à l’erreur » et offre plus de souplesse dans la construction des parcours individuels, va dans le sens souhaité par l’organisation. L’instauration de stages de remise à niveau et de réorientation est, selon elle, « une mesure qui permettra d’éviter l’orientation ‘couperet’, tout en responsabilisant l’élève« . Seule critique, la valorisation des parcours de lycéens engagés dans des associations : « Si l’idée semble généreuse, nous serons cependant attentifs à la méthode qui sera employée pour l’évaluation de ces activités », précise l’organisation.

Luc Chatel réunit mardi 13 octobre tous les syndicats pour amorcer des discussions sur les modalités de mise en oeuvre de la réforme. Ces discussions se poursuivront pendant deux mois.

 

Audrey Fournier (avec agences)

 

Article 20minute.fr

 

Réforme du lycée: les syndicats plutôt réservés, une mobilisation déjà prévue

Créé le 13.10.09 à 15h34 | Mis à jour le 13.10.09 à 17h46  | 12 commentaires

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Rassemblement de lycéens le 16 décembre 2008 devant la Bastille, à Paris

Rassemblement de lycéens le 16 décembre 2008 devant la Bastille, à Paris/Mehdi Fedouach AFP/Archives

 

REACTIONS – Après les annonces de Nicolas Sarkozy…

«Cette réforme est loin d’être suffisante.» L’organisation lycéenne Fidl (gauche) a pointé ce mardi «des manques majeurs» dans les annonces de Nicolas Sarkozy concernant le lycée. Tout en reconnaissant «des pistes de travail» «intéressantes», le syndicat estime qu’elles restent floues et «souvent déconnectées des vrais besoins des lycéens».

«Quand notre président passe quinze minutes à nous parler des ciné clubs dans les lycées et 30 secondes à nous parler de l’orientation et du soutien scolaire, nous sommes particulièrement préoccupés de l’avenir de notre lycée», note le syndicat dans un communiqué.

Passer du brouillon à la «révolution»

Dans ces conditions, la Fidl, qui devait rencontrer le Président en fin de journée, «attend de savoir quelle marges de manoeuvre auront les organisations syndicales pour passer du brouillon à la « révolution » voulue par Nicolas Sarkozy».

Le syndicat prévient déjà que «les lycéens se mobiliseront en assemblées générales et journées d’actions coup de poing dans les semaines qui viennent». La mobilisation lycéenne avait déjà eu raison de la première version de la réforme du lycée fin 2008.

L’UNL, premier syndicat lycéen (gauche également), a pour sa part salué plusieurs mesures, comme l’accompagnement personnalisé ou la réorientation en cours d’année. Mais il estime aussi que cette réforme risque d’être «inefficace» faute de moyens suffisants.

«Il n’y aura pas les moyens»

«Si la logique budgétaire de diminution des moyens de l’Education continue, l’Etat prend la responsabilité que la réforme soit inefficace car il n’y aura pas les moyens correspondants. La mise en place de la réforme parallèlement à une politique de suppressions de postes peut aboutir à des effets inverses à ceux recherchés», a commenté le président de l’UNL, Antoine Evennou.

Un avis partagé par l’Unef, syndicat étudiant (de gauche). «C’est une réforme pour la forme. Très loin de l’ambition de l’époque. Réforme à minima sur le plan pédagogique, par crainte de se mettre les lycéens à dos. Comment peut-il imaginer améliorer le fonctionnement du lcyée, avec des moyens moins importants (16.000 suppression de postes en 2010, ndlr)?», a déclaré à 20minutes.fr Jean-Baptiste Prévost, président Unef.

L’UNI (syndicat de droite) salue dans l’ensemble les mesures préconisées par le chef de l’Etat et les orientations générales de cette réforme. Il émet toutefois des réserves sur le fait que Nicolas Sarkozy propose de valoriser les parcours originaux de lycéens engagés dans des associations ou au sein des lycées. «Si l’idée semble généreuse, nous serons cependant attentifs à la méthode qui sera employée pour l’évaluation de ces activités. Nous nous attacherons à ce que cette mesure n’entraîne pas des disparités trop fortes entre ceux qui sont en mesure de s’engager et les autres», souligne le syndicat dans un communiqué.

C. F. avec agence



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