Projets de décret du lycée Chatel : une réforme en cache une autre !

Logo FSU29 novembre 2009

Projets de décret du lycée Chatel : une réforme en cache une autre ! L’analyse des projets de décrets et arrêtés de la réforme Chatel montre clairement que le premier objectif de la réforme n’est pas d’ordre pédagogique, mais bien d’imposer une réforme profonde du second degré par le renforcement des pouvoirs locaux et académiques.

 

Le projet de réforme sera présenté au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10/12/09. Les textes sont dans un premier temps soumis à la CSL (Commission Spécialisée Lycée) qui aura lieu mercredi 2/12/09.
Les documents préparatoires nous ont été transmis vendredi soir, 27/11/09.

L’analyse des documents montre clairement que le premier objectif de la réforme n’est pas d’ordre pédagogique, mais bien d’imposer une réforme profonde du second degré par le renforcement des pouvoirs locaux et académiques. En effet les modifications du décret EPLE dessinent une toute autre organisation des EPLE (collèges et lycées), en renforçant considérablement le rôle du chef d’établissement en matière pédagogique et d’évaluation et en installant le conseil pédagogique comme une hiérarchie pédagogique intermédiaire désignée par le chef d’établissement.

En ce qui concerne la réforme des structures, peu de surprises par rapport à ce que le ministère avait communiqué après les annonces du ministre au Salon de l’Education le 26 novembre. Les changements principaux concernent la classe de seconde dans la partie des enseignements d’exploration et des options facultatives.

Une intersyndicale (SNES, SNEP, SNFOLC, SUD Education, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN) a publié un communiqué de presse commun vendredi (nous n’avions pas encore les textes) et décidé d’une lettre commune au ministre ainsi que d’une pétition qui serait ouverte aux associations de spécialistes demandant au ministre de ne pas présenter son projet au CSE et de reprendre les discussions sur d’autres bases.

En réponse l’UNSA, le SGEN et la FCPE ont publié un communiqué nous plaçant dans le « front du refus » et expliquant qu’ils entendaient ne pas laisser passer la chance de transformer dans le bon sens le lycée. A remarquer que les organisations lycéennes ne sont pas signataires de ce communiqué.

Décret EPLE
Structures
Décret orientation
Projets de textes officiels en téléchargement

Décret EPLE

Rôle renforcé du chef d’établissement dans le domaine pédagogique

  • Le rôle du conseil pédagogique est considérablement élargi. Il se prononce par exemple sur « la notation et l’évaluation des activités scolaire ». Derrière cette expression se cache sans doute le contrôle des modalités d’évaluation des élèves par les enseignants. C’est la remise en cause de notre liberté pédagogique. Mais c’est aussi la porte ouverte à des formes internes à l’établissement d’évaluation pédagogique des enseignants eux-mêmes.
  • Les membres du conseil pédagogiques sont désignés par le chef d’établissement sans même aucune référence au choix des équipes pédagogiques. Ce conseil devient donc la garde prétorienne pédagogique du chef d’établissement.
  • Que ce soit sur la structure de l’établissement, sur l’utilisation de la DGH (dotation horaire globale) et plus largement sur l’ensemble de l’autonomie pédagogique des établissements, le CA ne se prononce que sur les propositions faites par le chef d’établissement et non sur celles des équipes pédagogiques, ce qui vise à l’empêcher d’amender les propositions faites et limiter son intervention à un vote favorable ou défavorable.
  • Dans « le cas où le CA rejette la seconde proposition relative à l’emploi des dotations en heures d’enseignement et d’accompagnement personnalisé qui lui est soumise, le chef d’établissement en arrête l’emploi ». Cela concerne bien sûr le choix des dédoublements dans le cadre du projet actuel de réforme des lycées. Bref, qu’on soit d’accord ou pas c’est pareil, c’est le chef d’établissement qui décide.

Ce projet est totalement inacceptable puisque il va bien au-delà du renforcement de l’autonomie des établissements dans le domaine pédagogique : c’est bien du renforcement de l’autonomie du chef d’établissement qu’il s’agit, avec le risque majeur de faire du conseil pédagogique une hiérarchie pédagogique intermédiaire interne à l’établissement.

Structures

  • Accompagnement personnalisé
    Il s’agirait de répondre de manière « la plus étroite possible aux besoins des élèves » (projet d’arrêté du cycle terminal). Il est sous la responsabilité des professeurs, particulièrement les professeurs principaux, les modalités sont proposées par le conseil pédagogique et décidées en CA.
    Ses objectifs pédagogiques sont le soutien et l’approfondissement. Le cadrage pour la classe de terminale n’est pas clair (voir ci-dessous).
    En ce qui concerne l’orientation, les textes ne sont pas cohérents sur les objectifs :
    - « Des dispositifs d’accompagnement personnalisé sont mis en place pour tous les élèves selon leurs besoins dans les classes de seconde, première et terminale préparant aux baccalauréats général, technologique et professionnel. Ils prennent la forme d’activités de soutien, d’approfondissement et d’aide à l’orientation dans des conditions définies par arrêté du ministre de l’éducation nationale.
    Les élèves qui le souhaitent peuvent bénéficier d’un dispositif de tutorat, pour les aider à construire leur parcours de formation et d’orientation. »

    (Décret orientation, article D333-1)
    - « Introduction de deux heures d’accompagnement personnalisé pour tous, afin notamment de leur permettre de construire de manière raisonnée leur projet de formation et d’orientation »
    (Note de présentation classe de seconde)
    - « Il comprend des actions coordonnées de soutien, d’approfondissement, d’aide à l’orientation pour favoriser la maîtrise progressive par l’élève de son parcours de formation et d’orientation. »
    (arrêté classe de 2de, article 7)
    - « En classe terminale, l’accompagnement personnalisé prend appui prioritairement sur les enseignements spécifiques de chaque série. » (arrêté cycle terminal, article 4)
    - « construire le parcours de formation et d’orientation » se ferait dans le cadre du tutorat, sur la base du volontariat des élèves.
    (Décret orientation article D333-1, en contradiction avec l’arrêté sur la classe de 2nde).
  • Classe de 2nde
    - l’article 5 de l’arrêté prévoit que la dotation « effectifs restreints » serait comme annoncé de 10h30, mais « en moyenne » seulement, le montant exact étant fixé par le recteur, « modulé en fonction des spécificités pédagogiques de l’établissement ». Cela ouvre la porte à des dotations attribuées en fonction du projet d’établissement et de l’évaluation de l’efficacité de l’établissement (dans la ligne des propositions de l’audit de Bercy). Inacceptable.
    - une amélioration de façade pour l’accrochage de la voie technologique (article 4) : la possibilité pour les élèves qui choisissent en 2ème option d’exploration une option technologique d’en prendre une troisième, technologique aussi. En fait cela conduit à augmenter l’horaire-élèves des lycéens qui envisagent une orientation dans une série technologique.
    - les enseignements artistiques sont maintenus en option de 3 heures (rien n’est dit sur leur financement). Quelle articulation avec l’enseignement d’exploration artistique à 1H30 intitulé « Création et activités artistiques » et défini sur des « domaines : arts visuels, arts du son, arts du spectacle, patrimoine » ? On retrouve des intitulés de l’histoire des arts.
    - Les LV3 et les langues anciennes sont les seuls enseignements d’exploration dont l’horaire est porté à 3H hebdomadaires. Ces enseignements figurent aussi dans les enseignements facultatifs de 3H.
    - Economie appliquée et gestion devient : Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion

En conclusion
L’architecture proposée, pour les élèves, se rapproche de l’existant. Certains parcours dépasseront les 30H hebdomadaires (accompagnement inclus). L’accrochage des séries technologiques est mieux assuré que dans la version précédente, mais toutes les inquiétudes sur les dédoublements, dans les disciplines technologiques en particulier, subsistent.
Les SES sont finalement la seule discipline générale (quasi obligatoire) qui soit cantonnée à l’exploration réduite à 1H30, ce qui pose un vrai problème quand on voit la conception de ces enseignements.
Les intitulés des enseignements d’exploration montrent qu’en fait ces enseignements ne seront pas construits sur des savoirs mais bien avec la seule volonté de « donner à voir ». On peut être interrogatif sur « méthodes et pratiques scientifiques » (quel lien avec les cours de physique-chimie et de SVT obligatoires dans le tronc commun ?) et « littérature et société » (quel lien avec les cours de Français, voire d’Histoire-géo ?). Sans doute l’IG y recyclera-t-elle les programmes élaborés pour les modules d’exploration de la réforme Darcos !
Le texte rappelle que les enseignements d’exploration n’auront aucune influence sur la décision de passage en première…qui sera donc prononcé encore plus qu’aujourd’hui sur les disciplines générales dites « fondamentales » !

  • Cycle terminal Pas de surprise là encore : enseignements communs, globalisation des horaires de LV, absence d’instructions sur les dédoublements, TD, TP et ateliers. Tout ce que nous avons déjà dit et écrit ces deux dernières semaines sur les conséquences sur les métiers, les disciplines, la possibilité de « correction de trajectoire » et l’orientation…. reste donc d’actualité. Les dotations horaires profs pour les dédoublements et TP sont fixées « en moyenne » comme pour la seconde et en fonction des séries. Leur attribution est de la responsabilité du recteur (voir ci-dessus pour la classe de seconde). Rien n’est dit non plus sur le financement des options qui sont maintenues telles qu’elles existent aujourd’hui, un élève pouvant en choisir deux au plus. Ainsi un élève de S peut choisir LV3, Langue ancienne, Arts…mais il n’existe aucune option scientifique ni économique et sociale ni technologique pour un élève de L. Les élèves de TS sont les seuls en terminale à pouvoir choisir 3 options : Histoire-géographie et 2 parmi la liste des enseignements optionnels de première. Cela s’appelle le « rééquilibrage des séries » !
  • Enseignement des langues
    Introduction d’une généralisation des enseignements de type DNL(décret orientation, article D312-16) Dans quelles conditions ces dispositions (DNL) seront-elles étendues aux autres classes que les classes européennes ? Le texte de la conférence de presse est déjà très flou et suggère de l’organiser « chaque fois que c’est possible ». Laisser cela à l’autonomie des établissements en fonction de leur DHG est forcément inégalitaire.
  • Voie technologique
    Rien n’est dit. _ Le ministère n’a toujours pas produit de document de cadrage indiquant notamment la structure des formations prévues. Mais il ne semble pas avoir écarté la proposition de l’Inspection Générale de STI du regroupement de l’ensemble des formations industrielles en une seule, excepté les Arts Appliqués. Concernant les formations de laboratoire le ministère ne donne aucun élément. Un courriel a été envoyé aux syndiqués des disciplines technologiques des séries STI-STL et Arts appliqués.

En conclusion
Le rééquilibrage des séries se traduit par l’introduction de déséquilibres supplémentaires.
Les seuls élèves de tout le système éducatif qui n’ont plus de maths en première sont les L (ce seront les seuls élèves qui pourront avoir un bac sans évaluation en mathématiques), les seuls élèves qui n’ont plus d’histoire-géographie en terminale sont les S (et encore aujourd’hui les STI-STL …mais qu’en sera-t-il après lé rénovation de ces séries ?) puisqu’en ST2S et en STG, l’histoire-géo est devenue obligatoire en terminale.

Décret orientation

  • Article D331-29 sur la procédure d’orientation des élèves

Changement de voie d’orientation en cours ou en fin d’année.
Cette disposition est un leurre du point de vue de la possibilité de changer de voie et de plus s’avèrerait dans la pratique très discriminante selon l’origine sociale. En effet, on voit mal comment en cours d’année les élèves pourraient être accueillis dans les séries ou spécialités alors que les classes sont déjà surchargées.
Sur le fond, il paraît aberrant d’imaginer que des élèves en cours d’années pourraient rejoindre des séries ou spécialités de Bac Pro « rares » pour lesquelles une sélection s’opère en fin d’année sur les résultats. Même si c’était réalisable cela ne serait pas très équitable par rapport à ceux dont c’était le premier vœu et qui n’ont pas été retenus. Il y donc deux risques consécutifs à cette décision : – soit le chef d’établissement ne se préoccupe pas de savoir ce que l’élève va devenir et propose un changement de série ou de voie extérieures à son lycée et transmet à l’IA. Dans ce cas on risque de voir des élèves attendre pendant plusieurs semaines que l’IA les affecte et se retrouver très loin de leur domicile (d’où problèmes financiers). Dans ce cas les élèves pourront ils refuser ? Que se passera-t-il alors ? retour dans la série d’origine ? – soit et plus probablement les possibilités de changement de voies se feront à l’interne en fonction des places disponibles. Seront alors privilégiés les élèves qui sont sectorisés sur des lycées polyvalents avec une offre de formations importante et diversifiée. Les « petits » lycées seront défavorisés (On voit bien la différence entre certains lycées parisiens et certains lycées du 93).
Enfin, un changement de voie ou de série engage des frais : changements de manuels, équipements dans certaines séries professionnelles, transports. Qui va les prendre en charge ? Il y aura nécessairement une inégalité criante et des possibilités inégales d’utiliser ce dispositif.

  • Article D 331-32 et D 331-34 sur les dispositifs de remise à niveau

« Lorsque ces propositions ne sont pas conformes aux demandes, le conseil de classe peut recommander que l’élève suive un dispositif de remise à niveau. »
« Le chef d’établissement peut assortir sa décision de faire droit à la demande d’orientation de l’élève de la condition que celui-ci s’engage à suivre un dispositif de remise à niveau, notamment lorsque le conseil de classe l’a recommandé, avec l’accord écrit de ses représentants légaux dans le cas d’un élève mineur. »

Outre le désaccord sur le fond la formulation pose problème. De quel dispositif s’agit-il ? Est-il organisé par le lycée ? Sur quel temps ? Le lycée peut il exiger que l’élève suive une remise à niveau pendant les vacances ? S’il s’agit de n’importe quel dispositif, assuré par n’importe qui, alors Acadomia a l’avenir devant lui.
De plus, quid de l’évaluation ? S’agira t il de fournir simplement une attestation d’inscription au stage ?
Cette disposition ne peut que générer d’extrêmes tensions dans les établissements entre le chef d’établissement, les professeurs, les parents
Si dispositif de remise à niveau il y a, des moyens spécifiques doivent être prévus sur la DHG , sur le temps scolaire et sur les services. Au minimum pourrait-on border en limitant cette disposition au deuxième trimestre. Sinon, seul l’engagement de la famille ou de l’élève vaut pour solde de tous comptes.

  • Article D331 -51 sur la procédure dans le privé

Changement de voie d’orientation en cours ou en fin d’année.
Comment l’IA va-t-il gérer le délestage que certains établissements privés risquent d’opérer vers le public en profitant de l’aubaine pour se débarrasser des élèves jugés trop peu performants ?

  • Article D333-1 à 333-3 sur la formation secondaire

« 2° La voie technologique conduisant au diplôme national du baccalauréat technologique et au diplôme national du brevet de technicien qui porte mention d’une spécialité technique. [Ces diplômes attestent que leurs titulaires ] remplacé par [Le diplôme national du brevet de technicien] atteste que ses titulaires sont aptes à exercer une activité de technicien. »
Alinéa 2 La suppression de la référence à la qualification de technicien s’agissant du bac techno est extrêmement grave. Même si dans la réalité les bacheliers techno poursuivent des études et si la qualification de technicien correspond davantage aujourd’hui à BAC +2 cela tire du côté de la « généralisation » des voies techno que l’on sent déjà bien engagée au travers des discussions sur le STI. On peut craindre que les BAC techno ne se calent désormais sur le modèle de la SSI et cela dans toutes les séries. De plus le seul diplôme qui donnera une qualification de niveau IV sera, de fait, le Bac pro. Un moyen de détourner des séries techno nombre d’élèves qui sont peu confiants dans leurs possibilités.

Les projets de décrets et arrêtés à télécharger

CSE 10 décembre 2009 : projet d’arrêté grilles horaires lycée GT CSE 10 décembre 2009 : projet d’arrêté cycle terminal CSE 10 décembre 2009 : projet d’arrêté classe de seconde CSE 10 décembre 2009 : projet de décret EPLE CSE 10 décembre 2009 : projet de décret orientation  

Tout sur l’inacceptable réforme Chatel : contenus et analyse syndicale



communiqué de presse commun Sgen-CFDT, SE-Unsa et FCPE sur la réforme du lycée

Le Sgen-CFDT, le SE-Unsa et la FCPE veulent « agir pour une réforme au service des lycéens »

Réforme du lycée : agir pour une réforme au service des lycéens et des personnels

Pour le SE-UNSA, le Sgen-CFDT et la FCPE, les annonces sur la réforme du lycée ouvrent des perspectives encourageantes pour les lycéens :

- l’accompagnement personnalisé de tous les élèves, tout au long de leur parcours au lycée, représente une réelle opportunité pour une meilleure prise en compte de leurs besoins, pour leur réussite et leur épanouissement. Il se fait sans augmentation de l’horaire des élèves, ce qui est dans l’intérêt des lycéens français, dont on connaît la très lourde charge de cours et de travail.

- les enseignements d’exploration prévus en classe de seconde, si les programmes sont redéfinis dans le même esprit, devraient permettre aux élèves de mieux construire leur parcours ultérieur, dans un esprit de découverte et de curiosité, sans les enfermer dans une pré-orientation.

- la mise en place d’un tronc commun en classe de première est une mesure pertinente : au-delà d’hypothétiques changements de parcours, sa création devrait permettre un décloisonnement des savoirs et des élèves.

- la possibilité offerte aux établissements, dans un cadre national fort et garanti à tous, de définir un projet pédagogique au service de la réussite de leurs élèves, est porteuse de dynamisme et de créativité.

Pour réussir cette réforme, il faut un investissement  fort.

Le SE-UNSA, le SGEN-CFDT et la FCPE demandent au ministre de l’Education nationale de créer les conditions pour que cette réforme se traduise par une amélioration des conditions de travail des lycéens et des personnels :

- en annonçant la tenue de journées banalisées dans tous les lycées rassemblant personnels, parents et élèves, dès janvier prochain, pour préparer la rentrée 2010,

- en garantissant dans la durée le maintien des moyens attribués au lycée sans recourir à l’augmentation des heures supplémentaires,

- en garantissant des effectifs réduits pour les groupes de compétences en langues vivantes,

- en engageant sans tarder des discussions sur les évolutions des enseignements technologiques,

- en mettant en place un plan ambitieux de formation initiale et continue des enseignants, cohérent avec les nouvelles missions que la réforme leur attribue.

Paris, le 27 novembre 2009

 



Compte rendu de la journée du 27 novembre 2009 rédigé par le élèves de Charles Gide

Lycée Charles Gide, vendredi 27 novembre 2009

Durant la matinée, le blocus persiste après le vote de 150 élèves.

Blocage gide 27/11/09
En fin de matinée, une cinquantaine d’élèves prennent l’initiative d’informer les personnes dans la rue à propos de la réforme et d’exposer leurs revendications en distribuant des tracts et en dialoguant. A 13h30, avec l’accord de Monsieur le Proviseur, une Assemblée Générale se tient au sein du lycée. Une centaine d’élèves et quelques professeurs intéressés par le mouvement mais non impliqués dans celui-ci y ont assistée.
ag 27-11-09
Lors de cette assemblée, les élèves responsables du mouvement ont de nouveaux précisé les gros plans de la réforme à leurs camarades en discutant des points positifs et des points à améliorer, sur lesquels les élèves se sont majoritairement entendus. Ainsi, l’uniformisation des niveaux en histoire, français et langues prévu par la réforme est fortement rejeté car elle suppose un même niveau post-bac dans ces matières pour chaque filière, et par conséquent un bac moins spécialisé, quasi unique (dévalorisation voire disparition des filières…). A cela s’ajoute la création de classes de niveaux basée sur un examen en début d’année. Ces classes auraient un enseignement plus abouti en langue vivante, ce qui génèrerait des inégalités d’enseignement entre les élèves. La suppression des postes d’enseignants (non renouvellement d’un professeur sur deux) ainsi que des documentalistes, CPE et surveillants semble incompatible avec les objectifs d’encadrement prévus par cette réforme. De plus, le manque de moyens accordés à l’Education Nationale va à l’encontre de ses aboutissements prévus.
ag 27-11-09 (2)
A été décidé après vote de lever le blocus lundi afin de prendre le temps d’informer les élèves du lycée de la réforme et des actions prévues pour l’améliorer : un débat ouvert à tous sera organisé à 16h30 dans la cour A. Est aussi prévu de recueillir les améliorations possibles et envisageables de la réforme suggérées par les élèves. Mardi, les élèves participeront à un vote pour décider de la poursuite du mouvement ou de son arrêt. Pour que les revendications se fassent entendre sur une plus grande échelle, il faut mobiliser les élèves pour agir de manière responsable et cohérente.

La cellule de communication du lycée Charles Gide



Blocus du lycée Gide d’UZES

Article Le Républicain d’Uzés

Ce vendredi 27 novembre, des élèves du lycée Charles Gide d’Uzès ont organisé un blocus du lycée pour s’opposer à  » la suppression des postes d’enseignants (…) à la diminution des documentalistes, des surveillants et des CPE ; contre le tronc commun qui dévalorise les filières ; contre un bac unique (…) ; le mélange des filières dans les classes « . Pour ces élèves, il s’agit d’une  » réforme qui manque de moyens pour son application. Une réforme qui nous désaventagera dans notre futur « .



Blocage en douceur du lycée Charles Gide

Article Midi Libre.fr

Enseignement: blocage en douceur du lycée Charles Gide

lycée grève 01.jpg

lycée grève 02.jpg

Après les enseignants qui étaient en grève mardi dernier à 33 % afin de dénoncer « la réforme du lycée en trompe l’oeil » présentée par le ministre de l’Education nationale, les élèves du lycée Gide d’Uzès ont bloqué dans le calme l’accès à leur établissement avec une barrière infranchissable constituée de matériaux les plus divers.
Réunie en assemblée générale dans une salle du lycée, une centaine d’entre eux ont pu aborder avec attention les divers points de cette réforme expliqués par leurs responsables qui ont mis l’accent sur « les paradoxes de cette nouvelle loi ».
Le proviseur Jean-Michel Cabanis, satisfait de la sérénité qui préside aux débats, ne manque pas de remarquer : « Beaucoup sont d’accord pour qu’il y ait du changement ; mais quand une évolution est annoncée, personne n’en veut ! »

 



Blocus du lycée Gide d’UZES; deuxième jour

Article La Marseillaise du 27 novembre 2009

article marseillaise



M Sarkozy, les mobilisations lycéennes ne sont pas l’occasion de « stages de remise en forme » pour les forces de l’ordre

Logo UNL Alors que depuis quelques jours les lycéens descendent dans la rue pour lutter contre la politique budgétaire du gouvernement, des interventions policières à l’ampleur et à la fréquence démesurée ont lieu devant les établissements.

 Le  délit  de conscience politique des lycéens

La politique menée actuellement par le gouvernement dégrade jour après jour les conditions d’études de l’ensemble des lycéens et les conditions de travail des enseignants. La situation est devenue inadmissible dans beaucoup de lycées, notamment dans les académies déjà les plus en difficultés.

C’est en refusant cette politique qui démantèle l’ensemble des services publics que les lycéens subissent la forte répression des forces de l’ordre : dispersion musclée à Reims mardi 24 novembre, exclusions temporaires de lycéens mobilisés au lycée de La Borde Basse aux environs de Castres, présence policière aux abords des lycées en région parisienne…

Alors que les lycéens attendent des réponses politiques fortes de la part du gouvernement quant à leurs conditions d’études, ce dernier préfère ne pas répondre et mettre à mal toute forme de protestation.

Un changement de cap de la politique indispensable

Les constats s’enchaînent et sont effarants : les classes sont de plus en plus surchargées, des options sont supprimées, des classes n’ont même pas d’enseignants pour certains cours… Remplacer ces éducateurs par des forces de l’ordre à l’entrée des lycées est inacceptable.

L’UNL, premier syndicat lycéen, demande au président de la république de cesser ces pratiques dignes d’une république bananière, dont l’inefficacité pédagogique et le caractère dangereusement électoraliste sont flagrants.

L’UNL constate l’erreur d’appréciation du gouvernement quant à la nature des mobilisations lycéennes : non Monsieur Sarkozy, les jeunes qui descendent dans la rue ne sont pas des « racailles » qu’une intervention musclée calme rapidement, mais des individus en colère face à la destruction du service public d’éducation, en attente de réponses politiques, et non policières.   

Enfin, l’UNL tient à rappeler à M. Sarkozy que les élections régionales ne se préparent pas dans le durcissement des réponses apportées aux jeunes en colère, mais dans l’écoute des attentes et des aspirations d’une société en crise.

L’investissement dans le service public d’éducation, pour protéger les jeunes et préparer l’avenir est plus que jamais urgent, de même que l’arrêt des provocations et autres gesticulations inefficaces.

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne



Une intersyndicale demande à Luc Chatel de « renoncer à son projet de réforme du lycée »

Une intersyndicale (Snes-FSU, Snep-FSU, Snalc-CSEN, Snfolc, CGT-Éduc’action, SUD-Éducation) demande à Luc Chatel de « renoncer à son projet de réforme du lycée ».
Une réunion s’est tenue jeudi 26 novembre 2009 au siège du Snes-FSU.

Selon cette intersyndicale (Snes-FSU, Snep-FSU, Snalc-CSEN, Snfolc, CGT-Éduc’action, SUD-Éducation), le projet de réforme du lycée actuel ne serait pas acceptable sur quatre points :
- l’autonomie des établissements qui s’élève à presque un tiers de la dotation horaire globale ;
- le fait que l’accompagnement personnalisé se traduise par une diminution des horaires disciplinaires ;
- l’instauration d’un tronc commun qui va se traduire notamment par une hausse des effectifs dans les classes et ne va pas régler les problèmes de changement d’orientation ;
- la dénaturation des disciplines placées dans les enseignements d’exploration

Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa ne participent pas à cette intersyndicale, ils ont rédigé un communiqué avec la FCPE pour expliquer les raisons de leur refus.



Profs absents : le recteur de Créteil recrute

Article Le Figaro.fr

Natacha Polony
26/11/2009 
.

-->

Jean-Michel Blanquer, recteur de l'académie de Créteil.
Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de Créteil. Crédits photo : Le Figaro

Pour faire face à la pénurie d’enseignants, Créteil élargit son recrutement.

Profs absents : le recteur de Créteil recrute   dans Actualités coeur-Recherche professeur désespérément. Le recteur de l’académie de Créteil, le très médiatique Jean-Michel Blanquer, vient d’adresser à ses inspecteurs d’académie et directeurs départementaux une circulaire intitulée «Amélioration des pratiques liées au remplacement». En l’occurrence, l’amélioration consiste, pour les chefs d’établissement, à rechercher «dans [leur] entourage personnel ou parmi [leur] population de vie scolaire, des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d’une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires.» Les remplaçants en question pourraient être installés immédiatement, la validation par les inspecteurs «venant ultérieurement».

 

Une agence de remplacement

Alors que fleurissent sur Internet les annonces lancées par les rectorats et les établissements scolaires pour recruter des enseignants retraités ou oisifs, la démarche du recteur de Créteil franchit un pas ; et met en lumière une carence de remplaçants de plus en plus perceptible. D’autant que l’agence de remplacement promise par le ministère de l’Éducation nationale n’a toujours pas vu le jour.

Au mois de septembre, la FCPE, première fédération de parents, lançait un site Internet permettant de signaler les professeurs absents et non remplacés, Ouyapacours.com. «Nous avons prévu un bilan en décembre, précise Christiane Allain, secrétaire générale de la FCPE, mais d’ores et déjà, nous savons que les carences sont nombreuses.» Pour la fédération, l’initiative du recteur de Créteil démontre l’acuité du problème, mais révèle surtout une conception biaisée du métier d’enseignant. «Je ne sais pas ce que sont des “compétences avérées”, s’interroge Christiane Allain. Jusqu’à présent, pour juger de la capacité à enseigner, il existait un critère et unseul : avoir réussi un concours d’enseignement.»

Du côté des syndicats d’enseignants, même indignation. Et même dénonciation des suppressions de postes qui assèchent le vivier de remplaçants. D’autant que l’intersyndicale réunie jeudi a placé en tête de ses revendications le «refus de la dénaturation du métier de professeur.»«Pourquoi ne pas faire appel pendant qu’on y est à des agences d’intérim ?» s’insurge Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Le Snalc, quant à lui, souligne combien la démarche du recteur de Créteil «s’inscrit dans une politique plus vaste et révèle une conception totalement dévoyée de ce qu’est l’enseignement. On paie les élèves pour venir en cours, et l’on met en face d’eux de simples animateurs.» L’évocation, dans le document, des assistants d’éducation «qui, comme leur nom l’indique, n’ont pas une simple mission de surveillance» va dans ce sens. Et les syndicats de rappeler le souvenir des «maîtres auxiliaires», personnel précaire que le ministère a titularisé au cas par cas. Un «volant de personnels corvéable à merci qui n’ont pas le niveau pour passer les concours mais réclameront une titularisation dans quelques années, regrette Bernard Kuntz, président du Snalc. Mais finalement, c’est cohérent avec le projet d’une école de plus en plus proche de la garderie.» Le savoir coûte cher, les «compétences avérées» un peu moins.

 

Réaction de :

 Logo UNL Paris, 26 novembre  2009

 

Manque d’enseignants : le délit politique [d’initié] du gouvernement !

 

Le recteur de l’académie de Créteil a adressé une lettre aux chefs d’établissements mettant en évidence le manque de postes d’enseignants afin d’assurer les cours.

 

Une étrange lettre révélatrice de l’insuffisance de recrutement

 

Les réponses apportées dans cette lettre, au manque de postes d’enseignants, sont ridicules. En effet le Recteur préconise aux chefs d’établissements de recruter soit « dans [leur] entourage personnel » soit « des étudiants » ou encore « des personnes titulaires au minimum d’une licence ».

 

Par ailleurs, cette lettre est un aveu des difficultés qui pèsent dans l’ensemble des académies. C’est ainsi que les lycéens avaient réaffirmé le 24 novembre dernier la dangerosité de la politique menée.

 

La reconnaissance du dogmatisme et de l’irresponsabilité du gouvernement

 

La diminution des moyens alloués à l’Education, concrétisée par les 40 000 postes supprimés depuis 2007, a des conséquences plus que négatives pour les conditions d’études des élèves. Le désengagement de l’État des ses fonctions premières mène droit dans le mur des générations entières de lycéens !

 

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, demande au gouvernement de répondre rapidement au manque d’enseignants dans l’ensemble des lycées de France.

 

De plus, L’UNL demande au Gouvernement de stopper cette politique en lançant un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants. Il doit désormais ouvrir les yeux sur la réalité. Il ne s’agit pas seulement de classes surchargées à 36 voire 40 élèves, mais des classes qui n’ont même plus d’enseignants !

 

 

Le gouvernement doit assumer les conséquences, prévisibles, de sa politique et cesser de sacrifier  plusieurs générations de lycéens sur l’autel d’un libéralisme exacerbé menaçant la cohésion de notre modèle de société.

 

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54


 



Blocage du lycée Charles Gide d’UZES (Gard)

Après les enseignants, les lycéens prennent le relais.

 

Comme depuis de nombreuses années, le lycée Charles Gide d’UZES (Gard), est à la pointe de la contestation.

 

Après les enseignants du lycée Charles Gide qui étaient en grève, à 33%, le mardi 24 novembre 2009, pour dénoncer une “réforme en trompe l’œil” qui n’a pour ultime but que ne supprimer des postes d’enseignants ; ce matin les lycéens ont pris le relais en bloquant l’établissement.

Blocage gide 26/11/09

Depuis l’annonce du Ministre de l’Education Nationale sur l’organisation du lycée pour les années futures de nombreux enseignants estiment que cette réforme du lycée, présentée par Luc Chatel, est idéologique et dangereuse. En effet la gestion locale d’un tiers des horaires,  la réduction des horaires disciplinaires, le tronc commun en première… sont sources d’une grande inquiétude dans le milieu enseignants.

Blocage gide 26/11/09 4

Les lycéens, par l’intermédiaire de leurs représentants, sont très critiques puisque l’UNL annonce à ce sujet : Réforme du lycée : « peut mieux faire ! »Blocage gide 26/11/09 3

C’est pourquoi les lycéens du lycée d’Uzès ont décidé, ce matin, le blocage de leur établissement.

 Blocage gide 26/11/09 2



1234

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES