Une étude universitaire compare l’efficacité de l’aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d’élèves bénéficiant des deux heures d’aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l’aide apportée dans le cadre des Rased s’avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L’étude porte au total sur 144 élèves.
Cette recherche, conduite par Jean-Jacques Guillarmé, professeur de psychopathologie à Paris-VIII et la psychologue Dominique Luciani, était présentée lors des Assises de la rééducation organisées samedi 24 octobre 2009 à l’université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis) par la Fnaren.

« L’étude révèle que les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des deux heures d’aide individualisée sont d’abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased », analyse Fatima Keskas, maître spécialisée en charge de rééducation (G) et membre du bureau national de la Fnaren.

Le protocole de recherche permet d’évaluer 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. Les chercheurs estiment que les enseignants ont obtenu de « bons résultats » à partir du moment où la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour l’ensemble des cinq blocs de compétences.

TROUBLES DU COMPORTEMENT

Les chiffres recueillis révèlent que l’aide individualisée « n’est pas beaucoup conduite dans les zones d’éducation prioritaire », rapporte Fatima Keskas : « Les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec deux heures de soutien. » L’étude montre que les Rased parviennent à faire progresser suffisamment 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L’implication des parents, également mesurée par les chercheurs, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.

Pour améliorer l’action des Rased, les chercheurs proposent aux Rased de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d’introduire des Rased dans le second degré. Des propositions accueillies avec intérêt par les 300 rééducateurs et professeurs des écoles rassemblés samedi aux Assises de la rééducation. « La parentalité est-elle vraiment un axe que nous devons développer, ne sortons-nous pas de nos fonctions ? De même, ces 30 % d’élèves que nous ne parvenons pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation et pas plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? Certains présentent des troubles du comportement très lourds et sont capables de faire exploser une école », s’interroge Fatima Keskas.

MENACES SUR L’AVENIR

Les participants aux Assises de la rééducation s’inquiètent aussi de l’avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. En l’espace de quelques années, le nombre d’enseignants envoyés en stage de spécialisation par les inspecteurs d’académie est passé de « 250 à tout juste 40 », assure Fatima Keskas, estimant que « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ».

Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés (AEF n°116043), 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes (AEF n°108303). Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent dorénavant sur un ou deux groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased, explique Fatima Keskas : « Chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c’est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

La Fnaren compte solliciter une audience auprès du ministre de l’Éducation nationale sur le thème des Rased. Elle devrait également rencontrer prochainement ses partenaires associatifs, la  Fname et l’Afpen, ainsi que les syndicats enseignants. Les résultats de cette étude seront communiqués aux députés.

La Fnaren fédère « 90 associations départementales de rééducateurs de l’Éducation nationale et 1 800 adhérents ».

Contact : Fnaren, Loïc Douet, Vice président, loic.douet@fnaren.asso.fr

 

 

Etude comparative de l’efficacité de l’aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d’élèves bénéficiant des 2 h. d’aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l’aide apportée dans le cadre des Rased s’avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L’étude portait au total sur 144 élèves.

« Selon l’étude, les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des 2 h. d’ A.I. sont d’abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased ».

Le protocole de recherche évalue 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. On considère qu’ils ont obtenu de « bons résultats » lorsque la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour les cinq blocs de compétences.
Les chiffres recueillis révèlent que l’A.I. « n’est pas beaucoup conduite dans les zones d’éducation prioritaire » car « les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec 2 heures de soutien ».
Les Rased font progresser 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L’implication des parents, également mesurée, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.
Pour améliorer l’action des Rased, les chercheurs leur proposent de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d’introduire des Rased dans le 2d degré. en outre, ces 30 % d’élèves qu’ ils ne parviennent pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation ou plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? (troubles du comportement très lourds).
L’avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants est inquiétant. En quelques années, le nombre d’enseignants envoyés en stage de spécialisation a chuté de « 250 à tout juste 40 », et « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ». Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés, 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes. Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent sur 1 ou 2 groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased : « chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c’est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

 

 



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