Revue de presse : réforme du lycée

Article Libé.fr

Lycée: après les grandes annonces, la réformette

Finalement le lycée sera un peu réformé. Nicolas Sarkozy avait promis une grande rénovation. Comparé aux ambitions, les mesures annoncées ce matin par Luc Chatel sont assez limitées, loin de la révolution prônée par Xavier Darcos qui avait mis les lycéens dans la rue. En fait elles se veulent surtout consensuelles afin d’éviter une nouvelle mobilisation, ce qu’il faudra voir dans les prochains jours.

Au lycée champlain chennevieres sur marne le 13 oct 09 La réforme, dont les détails ont donc été annoncés par le ministre au Salon de l’Education, reprend de nombreuses préconisations du rapport de Richard Descoings, le directeur de Sciences Po qui avait mené une vaste consultation sur le terrain. Elle poursuit essentiellement quatre objectifs:

- permettre une meilleure orientation des élèves qui peuvent désormais se tromper et se réorienter en première, ceci devant aussi limiter les redoublements qui coûtent cher et sont jugés souvent inefficaces,

- rééquilibrer les filières, et notamment revaloriser la littéraire (L) en plein déclin ainsi que la technologique (mais pour cette dernière, l’annonce des mesures est remise à la rentrée 2011),

- introduire davantage de soutien individualisé que les lycéens réclament, au delà du face à face profs-élèves

- enfin mieux préparer les lycéens à l’enseignement supérieur et à l’autonomie – beaucoup se perdent et abandonnent ensuite à l’université .

 

 

La classe de  seconde va changer dès septembre 2010. Elle se veut moins spécialisée et plus « exploratoire » afin que le lycéen puisse davantage choisir en connaissance de cause sa série en première. Du coup, les enseignements de détermination – comme  les SES (Sciences économiques et sociales) – deviennent des enseignements « d’exploration ». Ils passent à une heure et demie par semaine au lieu de trois, et le lycéen devra en prendre deux. Pour le premier, il aura le choix entre les SES et l’économie appliquée et gestion. Pour le second, l’éventail est plus large: sciences de l’ingénieur, biotechnologie, méthodes et pratique scientifiques, littérature et monde contemporain, arts, etc.

Pour les lycéens désirant changer de filière, après avis du conseil de classe, des « stages passerelles » seront proposés pendant les vacances scolaires. Mais plusieurs syndicats ont déjà jugé cela un peu court pour rattraper lles matières de spécialisation que l’élève n’aura pas suivies.

Autre nouveauté, l’introduction de deux heures obligatoires d’accompagnement personnalisé par semaine – on les retrouve aussi en première et en terminale. C’était une demande de nombreuses organisations et de syndicats de lycéens, de parents d’élèves et d’enseignants. Mais comme l’horaire des élèves reste le même (28 heures 30 par semaine d’enseignement obligatoire), tout comme celui des enseignants, cela signifie que l’on va grappiller sur les heures des disciplines. Ce qui ne fait jamais plaisir aux enseignants concernés… Les heures de dédoublement sont aussi remises au pot commun.

Ultime novation: la deuxième langue vivante 2 (LV2) entre dans le tronc commun qui comporte désormais: 4 heures de français, 4 heures de maths, 3 heures d’histoire-géo, 5 heures 30 au total de LV1 et de LV2 – chaque établissement décidera de la répartition -, 3 heures de physique-chimie, 1 heure 30 de SVT (Science et Vie de la Terre), enfin une demie heure d’ECJS (Education Civique, Juridique et Sociale).

La classe de première, qui sera mise en place en septembre 2011, sera en fait davantage modifiée. L’élève commence seulement à se spécialiser. Et il a désormais doit à l’erreur. Afin de lui permettre de changer de série en cours d’année, les trois filières S, ES et L auront désormais un tronc commun de 15 heures, ce qui représente environ 60% de l’emploi du temps des élèves: soit 4 heures 30 de langues, 4 heures de français, 4 heures d’histoire-géo, 2 heures d’EPS et toujours une demie heure d’ECJS. Les enseignements de spécialité seront par ailleurs de 10 heures en S, 9 heures 30 en ES et 8 heures 30 en L.

Pour revaloriser la série littéraire de plus en plus désertée, le dispositif parait un peu court. Un nouvel enseignement de spécialité, « Droit et grands enjeux du monde contemporain », est introduit en terminale. Comme l’avait annoncé Nicolas Sarkozy le 13 octobre, l’enseignement  des langues est par ailleurs renforcé, avec des cours de littérature étrangère dans la langue.

Dans la logique de progressivité de la réforme, la terminale, qui sera mise en oeuvre en septembre 2012, devient vraiment la classe de spécialisation. En plus des trois actuels, la série S hérite d’un nouvel enseignement de spécialité: informatique et société du numérique. La série ES se la voit proposée aussi. En plus des maths comme aujourd’hui, les élèves en ES pourront aussi désormais prendre Sciences sociales ou Economie approfondie.

Enfin le bac, sujet hautement sensible, est préservé. A une exception prés toutefois: il y aura désormais une épeuve anticipée d’histoire-géo en première. Les épreuves orales de langues vivantes au bac, souhaitées par Richard Descoings, sont elles remises aux calendes grecques..

Parmi les autres nouveautés, le ministère annonce aussi du tutorat pour les élèves qui le demandent. Il laisse aussi beaucoup plus d’autonomie aux établissements, notamment pour décider du contenu du  nouvel accompagnement  individualisé qui reste assez flou.

Il reste maintenant à connaître la réaction des partenaires sociaux. Les grandes lignes du projet de réforme, qui leur avaient été présentées, n’avaient pas été mal accueillies. Mais depuis, le ministre a opéré un certain nombre d’arbitrages concrets sur des sujet sensibles. Côté enseignant, on regardera notamment les horaires des disciplines et les perdants protesteront. Beaucoup – professeurs, parents d’élèves et lycéens – vérifieront aussi que tout cela est bien réalisable, sans alourdir encore les effectifs des classes. Car c’est surtout à l’aune des moyens que la réforme sera jugée. Nicolas Sarkozy avait promis que ce ne serait pas l’occasion de faire de nouvelles économies.

Crédit photo: N. Sarkozy, L. Chatel, R. Descoings au lycée Champlain de Chennevieres sur Marne le 13 octobre 2009 (Reuters)

 

Lycée : « réforme en trompe l’œil » ou « meilleure préparation au supérieur » ?

Article Le Monde.fr

Le ministre de l’éducation, Luc Chatel, a présenté, jeudi 19 novembre, le contenu de sa réforme du lycée. Un projet qui devra s’appliquer dès la rentrée prochaine en classe de seconde.

 

Y trouvent place un accompagnement personnalisé obligatoire pour tous et une réversibilité des choix jusqu’à la fin de la classe de première, mais aussi une offre plus alléchante en section littéraire et une section S plus scientifique.

Négociée durant de longs mois avec les partenaires syndicaux, le projet est bien accueilli par le syndicat des enseignants (SE). Son secrétaire général, Christian Chevalier, apprécie « le tronc commun offert à tous les élèves » et anticipe une« meilleure préparation à l’enseignement supérieur »

Une approche que ne partage pas la cosecrétaire générale du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES), Frédérique Rollet. A ses yeux, il s’agit d’une « réforme en trompe-l’œil« . Le syndicat majoritaire estime que tout y est « renvoyé au local avec risque d’une plus grande inégalité ».

 

Propos recueillis par Maryline Baumard

 

Article Le Figaro.fr

La réforme du lycée enfin sur les rails

Le lycée Fénelon, à Lille. Avant de décliner les choix concrets du nouveau lycée, Luc Chatel avait entrepris un tour de France des établissements.
Le lycée Fénelon, à Lille. Avant de décliner les choix concrets du nouveau lycée, Luc Chatel avait entrepris un tour de France des établissements. Crédits photo : Le Figaro

Après le discours de Nicolas Sarkozy,le 13 octobre dernier, le ministère de l’Éducation dévoile jeudi les changements à venir.

Revue de presse : réforme du lycée dans Réforme du lycée coeur-Depuis le 13 octobre et les annonces de Nicolas Sarkozy sur les grandes lignes de la réforme du lycée, Luc Chatel, chargé «d’orchestrer la réforme», avait entrepris un tour de France fait de pédagogie et de prise du pouls lycéen. Le ministère doit donc annoncer aujourd’hui, au Salon de l’éducation, les contours plus précis du nouveau lycée, qui ont été présentés aux syndicats lundi dernier. L’esprit de ce qu’avait fixé le président de la République est respecté, mais décliné dans des choix concrets d’horaires, de contenus et d’organisation.

 

• Une seconde «d’exploration»

 

L’ancienne seconde de «détermination» laissera place à une seconde «d’exploration». Ce qui signifie que le tronc commun intégrera les matières principales, auxquelles viendra s’ajouter la deuxième langue vivante. Les anciens modules de français, d’histoire-géographie… laisseront la place aux deux heures d’accompagnement. Les élèves choisiraient en début d’année (et non plus dès la fin de la 3e) deux enseignements d’exploration de 1 h 30. Parmi ces enseignements, les sciences économiques et sociales (qui perdraient donc 1 h 30), les options technologiques et de nouvelles matières intitulées «méthodes et pratiques scientifiques», «littérature et monde contemporain»… Le latin, le grec et la LV3 conserveraient 3 heures par semaine.

 

• Une première avec tronc commun

 

La grande nouveauté de la première est la création d’un tronc commun regroupant les élèves des trois filières, L, ES et S, pour le français, l’histoire-géographie, les deux premières langues vivantes, traitées par groupes de niveau, l’éducation physique et sportive et l’éducation civique, juridique et sociale. Les mathématiques ne feraient pas partie du tronc commun. La filière S comporterait un enseignement de mathématiques et de sciences physiques et SVT aux horaires légèrement diminués, la filière ES resterait inchangée, et la filière L comporterait, en plus d’un enseignement de 2 heures de littérature française et de 2 heures de littérature étrangère, des options de mathématiques, langues antiques et LV3. L’heure de travaux personnels encadrés serait maintenue.

 

• Une terminale spécialisée

 

La principale innovation en terminale serait le regroupement du programme d’histoire-géographie du lycée sur les deux années de 2nde et 1re, afin de laisser la place en terminale à un enseignement de «méthodes et outils» devant préparer aux études supérieures. En filière L apparaîtrait un enseignement de «droit et grands enjeux du monde contemporain».

 

• Accompagnement, soutien et vie lycéenne

 

Sur les trois années, les horaires disciplinaires diminueraient donc de 1 h 30 à 2 heures, la filière S gardant 1 h 30 de plus que la filière L. Ce temps servira aux deux heures d’accompagnement, qui comprendront du soutien, de l’approfondissement et de l’orientation. Les professeurs devraient prendre en tutorat un élève ou un groupe d’élèves qu’ils suivraient sur les trois années. D’autre part, comme annoncé par Nicolas Sarkozy, des stages de remise à niveau et des stages passerelles devraient être organisés pendant les vacances pour permettre aux élèves de changer de filière en cours d’année. Enfin, un volant d’heures «globalisées», hors disciplines, sous le contrôle du conseil pédagogique du lycée, devrait organiser un début d’autonomie des établissements. Et selon le vœu du président, les lycéens géreront un service de vidéo à la demande dont ils choisiront eux-mêmes la programmation.

VOIR AUSSI

» LE TALK – Luc Chatel : «Le lycée doit relever le défi de la qualité»

 

Article 20minutes.fr

Réforme du lycée: de l’économie en seconde et un tronc commun en première

 

 

Rentrée au lycée Montesquieu, en 2007.

Rentrée au lycée Montesquieu, en 2007./ P. SAURA / 20 MINUTES

EDUCATION – Luc Chatel a dévoilé les derniers arbitrages ce jeudi…

Des cours d’économie pour tous les élèves de seconde et un tronc commun en première. Luc Chatel a rendu publics les derniers arbitrages concernant la deuxième version de la réforme du lycée ce jeudi, lors du salon de l’éducation.

Expliquée aux partenaires sociaux la semaine dernière, cette réforme, présentée le 13 octobre dernier par Nicolas Sarkozy, devrait être présentée au Conseil de l’éducation le 10 décembre et entrer en vigueur à la rentrée 2010 pour la classe de seconde, en 2011 pour la première et 2012 pour la terminale. Outre les deux heures d’accompagnement personnalisé prévues, voici les principales évolutions prévues.

La seconde, «une classe de détermination»
L’élève pourra explorer de nouvelles matières pour mieux réfléchir à son orientation sans s’engager. Outre un tronc commun avec l’enseignement de deux langues vivantes, l’élève devra choisir deux enseignements «d’exploration» d’1h30 hebdomadaire chacun, dont l’un portera forcément sur l’économie.

Un tronc commun en première
La classe de première sera un début de spécialisation sans pour autant rendre le parcours du lycéen irréversible, grâce à un «tronc commun» de quinze heures (français, histoire-géographie, deux langues vivantes, éducation civique, juridique et sociale et éducation physique et sportive). Des classes réunissant des élèves de différentes séries pourront donc être constituées, notamment en langues, où les élèves seront répartis par groupes de niveau.

Le lycéen qui souhaite changer de série en cours de route devra uniquement acquérir les connaissances des matières de spécialisation propres à la série qu’il rejoint (dix heures en S, neuf heures et demi en ES, huit heures et demi en L). Des «stages-passerelles» seront par ailleurs organisés pendant les vacances pour se réorienter dans une autre filière. En L, les langues sont renforcées, avec la création d’un cours de littérature étrangère en langue étrangère.

La terminale axée sur les études supérieures
Les enseignements de spécialisation sont renforcés (mathématiques, SVT, physique-chimie, informatique et sciences du numérique en S, sciences sociales, économie, mathématiques appliquées en ES, droit et grands enjeux du monde contemporain, langues vivantes, langues anciennes, arts, et mathématiques appliquées en L). Les deux heures d’accompagnement personnalisé sont consacrées à bâtir un projet d’orientation.



Réforme du lycée : pas ça !

Logo SNES

19 novembre 2009

 

 

Masqué derrière un discours rassurant sur le maintien des dotations horaires et la mise en place d’un accompagnement plus personnalisé des lycéens, le ministre Luc Chatel fait le choix idéologique d’une transformation radicale de l’organisation du lycée général et technologique et des enseignements en voulant confier la gestion de plus du tiers des horaires aux établissements.

Refusant de faire des choix pédagogiques qui nécessiteraient un investissement de la Nation dans son École, paralysé par la mise en œuvre du dogme de la réduction de l’emploi public et des cadeaux fiscaux aux plus riches, s’appuyant sur les recommandations les plus libérales de l’OCDE, le ministre tente d’imposer l’autonomie des établissements comme solution miracle aux difficultés actuelles du lycée.

Depuis plus d’un an, les personnels ne cessent de marteler leur demande prioritaire d’amélioration des conditions de travail et d’étude, le ministre leur répond : « faites mieux avec moins d’heures et avec toujours plus d’élèves par classe ».
Depuis plus d’an, les personnels ne cessent de revendiquer un cadrage national des enseignements et des conditions de travail, le ministre leur répond : « débrouillez-vous entre vous pour arbitrer la répartition des heures en groupe et de dédoublements ».
Depuis plus d’an, les personnels réclament un vaste débat sur les contenus et les finalités du lycée, le ministre leur répond : « faites 54 heures d’exploration avec vos élèves de seconde ».

De fait, à l’issue d’un simulacre de discussions, le ministre confirme les trois axes de son projet : autonomie, réduction des horaires disciplinaires, fusion partielle des séries générales dans un tronc commun ignorant par ailleurs superbement des pans entiers de la culture et ne résolvant pas la question essentielle des effectifs par classe.

Le SNES-FSU et le SNEP-FSU considèrent que ce projet ne saurait répondre aux difficultés des élèves et à la demande de démocratisation du lycée, appellent l’ensemble des personnels à refuser ce projet et à exiger une autre réforme ambitieuse pour les jeunes et pour les professions de l’éducation.

La grève du 24 novembre est l’occasion de signifier massivement au gouvernement le rejet de sa politique éducative qui se traduit sur le terrain par des dégradations continuelles des conditions de travail, l’absence de revalorisation de l’ensemble de nos professions et des réformes imposées contre l’intérêt des personnels et des jeunes.



Réforme du lycée : « peut mieux faire ! »

Paris, 19 novembre  2009

 

Logo UNL

 

Le Ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, vient de rendre les derniers arbitrages lors du salon de l’éducation ce matin. Ni bonne ni mauvaise, cette réforme ne règle que peu de problèmes

 

 

Une réforme qui n’approfondie pas tous les sujets

 

L’UNL se félicite de la mise en place des deux heures d’accompagnement hebdomadaire pour les lycéens. Malheureusement, les priorités budgétaires et humaines ne sont pas concentrées pour les élèves en difficultés ou en cours de réorientation.

 

De plus, le Service Public d’Orientation que l’UNL réclame depuis des années n’apparaît pas dans le projet de réforme. Il est pourtant essentiel pour s’assurer d’un cadrage national du système d’orientation. L’UNL rappelle au Ministre qu’il est aussi nécessaire d’augmenter le nombre de COPSY et de revoir leur formation afin d’assurer un suivi individualisé plus important des élèves.

 

 

L’arbre qui cache la forêt

 

Cette réforme n’apporte aucune réponse au coût global de la scolarité (transports, matériel scolaire, culture…) qui pèse de plus en plus sur les élèves et leur famille. 

 

Ces mesures n’annulent ni les effets dévastateurs des 40 000 postes supprimés depuis 2007, ni du démantèlement de la carte scolaire.

 

Ainsi, l’UNL invite le Ministre à initier un débat national pour une nouvelle vague de démocratisation de l’école républicaine notamment en ouvrant un chantier de négociation sur l’offre de formation et la sectorisation mixité sociale et scolaire.

 

Ainsi, dans le cadre de la journée d’action du 24 novembre l’UNL, premier syndicat lycéen, appelle tous les lycéens à organiser des réunions d’information et des débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

 

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54



Réforme du Lycée 2010

Voici la nouvelle réforme du lycée présentée ce matin en conférence de presse (sic…) par le Ministre de l’Education Nationale

A vous de juger en étudiant ce document officiel à télécharger ci-dessous :

Réforme du Lycée 2010 dans Actualités pdf Réforme lycée 2010 du 19-11-09



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