L’UNL demande l’ouverture d’un chantier de négociation sur la carte scolaire

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Les lycéens se sont saisis de cette journée de mobilisation du 24 novembre pour tenter de se faire entendre par un Gouvernement qui tourne le dos aux jeunes et à la communauté éducative.

 

La politique dogmatique et irresponsable doit cesser !

 

Les Assemblées Générales et réunions organisées par l’UNL font remonter de vives inquiétudes quant à l’augmentation des inégalités et le manque de moyens dans les lycées.

 

Les lycéens ne sont pas tant inquiets de ce que fait la réforme du lycée, mais de tout ce qu’elle ne fait pas ! Le dogme de la diminution des moyens alloués à l’Éducation Nationale dégrade jour après jour nos conditions d’études. Les 40 000 postes supprimés depuis 2007 ne sont plus une abstraction pour les élèves qui subissent de plein fouet l’irresponsabilité idéologique de ce Gouvernement.

 

L’UNL appelle le Ministère de l’Education Nationale à donner des réponses aux lycéens quant à l’encadrement de l’aide scolaire organisée dans les établissements au sein des 2h d’accompagnement hebdomadaires. Une base minimale garantie doit être définie au niveau national tant sur le plan horaire que sur les contenus et les pratiques afin que tous les lycéens aient droit à la réussite ! Au mieux, cette mesure est un effet d’annonce si aucun objectif n’est défini et si les enseignants ne sont pas formés et soutenus. Au pire, elle peut accentuer les inégalités qui se creusent déjà.

 

Mettre fin aux inégalités sociales et scolaires : restructurer la carte scolaire !

 

Alors que Luc Chatel a la volonté affichée de faire réussir tous les lycéens, la politique poursuivie en parallèle aboutira inévitablement à une hausse de l’échec et de la ghettoïsation scolaire. En effet, le démantèlement de la carte scolaire est une menace sans précédent contre la mixité sociale au sein des établissements. Le rapport de la Cour des Comptes devrait à lui seul faire prendre conscience au Gouvernement de la dangerosité de son entêtement.

 

L’UNL appelle ainsi le Ministre de l’Éducation Nationale à ouvrir un chantier de négociations sur la restructuration de la carte scolaire afin de favoriser la mixité sociale et scolaire. 

 

 

C’est pourquoi l’UNL a demandé à être reçue par le Ministre afin de lui faire part de ses inquiétudes quant à l’accroissement d’inégalités scolaires qui ne sauraient se résorber par les mesures annoncées jusqu’ici.

 

 

Antoine Evennou

Président de l’Union Nationale Lycéenne



Grève du 24 Novembre

Educ: Les mille et une raisons de manifester

Luc Chatel avait promis le dialogue et au début cela lui avait plutôt réussi. Mais aujourd’hui toute une partie du monde de l’Education ne le croit plus, dénonce des réformes imposées et un simulacre de consultations. Il affronte ainsi sa première grande mobilisation qui sonne comme un avertissement. Retour sur les principaux motifs de mécontentement.

Manif à Nice le 24 nov 09 (reuters)

- La réforme de la formation des enseignants, ou masterisation C’est l’un des grands sujets qui cimente les différentes organisations: toutes la jugent mauvaise. On ne compte plus les prises de position. Pour le supérieur, cela va de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)  au Snesup-FSU et à Autonome Sup (plutôt à droite) en passant par SLU (Sauvons l’Université), SLR (Sauvons la Recherche), les étudiants de l’Unef, etc. Pour l’enseignement scolaire, même si les critques sont parfois divergentes, il y a une quasi unanimité contre, des syndicats de la FSU comme le Snes (pour le secondaire) et le Sniupp (pour le primaire), de l’UNSA, du Sgen-CFDT, etc.

 

 

Le sujet est potentiellement plus explosif. Avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, il avait été au coeur de la contestation universitaire de l’an dernier. Devant la mobilisation, les deux ministres concernés – outre Luc Chatel, Valérie Pécresse à l’Enseignement supérieur et la Recherche – avaient dû reculer et accepter de la reporter. Cela avait d’ailleurs été l’un des succès la plus tangibles du mouvement.

Les deux ministres ont rendu leurs arbitrages sur les questions-clé qui restaient en suspens. Et cela a provoqué un tollé. Pour résumer, les concours seront en seconde année de master (le M2). Les épreuves écrites pour l’admissibilité, en début d’année, seront disciplinaires. Les épreuves orales pour l’admission, en fin de M2, porteront plus sur le métier. Les stages seront réduits. L’étudiant qui a réussi à la fois son concours et son master ne sera plus l’anné suivante un fonctionnaire-stagiaire en alternance dans des classes et en formation en IUFM. Il sera nommé directement dans une classe avec juste un peu de soutien professionnel.

La critiques portent d’abord sur la place du concours. En deuxième année de master, l’étudiant va se retrouver à devoir préparer son  mémoire, bachoter son concours, faire des stages si possible. Une année extrêmement lourde… Du coup, les masters risquent d’être dévalorisés.

Toujours selon les critiques, les concours privilégient trop la partie disciplinaire et réduisent à la portion congrue la formation professionnelle. Les IUFM disparaissent en plus dans la réforme. Et que deviennent les « reçus-collés » (qui ont leur master mais pas le concours, ou l’inverse) ?  Les syndicats ne croient guère aux possibilités de reconversion promises par les ministres  Enfin le rallongement des études avec la suppression de l’année de stage payée après le concours risque de réduire la mixité sociale des futurs enseignants.

- Les suppressions de postes – 16 000 encore en 2010 – continuent de nourrir la grogne. En 2010, Luc Chatel bénéficie de la mise en place la « masterisation » qui permet, de fait, la première année d’économiser des postes. Du coup, il limite la casse. Mais en trois ans, on arrive à plus de 40 000 postes supprimés. Et cela devrait se poursuivre, alors que les enfants du baby boom du début des années 2000  vont arriver au collège.

- La réforme du lycée. Les ultimes arbitrages du ministre ont été plutôt mal accueillis. Mais sur ce sujet le front syndical est sérieusement fissuré. Le ministre s’en est d’ailleurs félicité à l’occasion de la mobilisation d’aujourd’hui. Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa notamment, favorables à une réforme de fond, reconnaissent des avancées. Mais le Snes tempête.

Surtout les représentants de deux disciplines sont montés au créneau. Les professeurs de SES (Sciences économiques et sociales) s’estiment les grands sacrifiés de la réforme. Leur matière était jusqu’ici un enseignement de détermination de 2 heures 30 par semaine en seconde (dont une demie heure en classe dédoublée). Elle devient un enseignement « d’exploration » d’1 heure 30, en concurrence avec une nouvelle matière « Economie appliquée et gestion ». Les profs de SES, qui appellent aussi à une mobilisation le 2 décembre, ont bien dautres griefs. Nous y reviendrons dans une note à part.

Les enseignants d’histoire-géographie protestent, quant à eux, contre la suppression de leur discipline parmi les matières obligatoires en terminale S. L’histoire-géo y devient en effet optionnelle. Elle figure désormais parmi les matières anticipées du bac en fin de première.

- La revalorisation. C’est un vrai serpent de mer dans l’Education. Xavier Darcos l’avait déjà promise. A peine arrivé Luc Chatel, jugeant que les profs étaient vraiment mal payés, s’y est attelé. Mais les premières propositions ont déçu, d’autant que les enseignants estiment qu’on leur demande toujours plus.

On pourrait citer bien d’autres sujets de mécontentement: l’assouplissement de la carte scolaire et ses effets négatifs, avec la ghettoisation accrue de certains établissements, la mise en place du dixième  mois de bourse qui ne profitera finalement pas à tous les étudiants boursiers, etc.

Le déroulement de la journée sera en tout cas suivi de près: il s’agit de savoir si une mobilisation peut reprendre, à l’approche des régionales où le gouvernement aura besoin de toutes ses énergies pour gagner.

Crédit photo: manifestation aujourd’hui à Nice (Reuters)

 

Début de la manifestation à Paris contre « l’asphyxie » de l’Education

 

NOUVELOBS.COM | 24.11.2009 | 15:45


Le cortège doit se mêler en cours d’après midi à celui des postiers. Des défilés communs ont également eu lieu ce matin en province. Entre 12 et 40% de grévistes sont recensés dans l’Education et de 14 à 30% selon les sources à La Poste.

 

Défilé d'enseignants grévistes à Nice le 24 novembre (AFP)

Défilé d’enseignants grévistes à Nice le 24 novembre (AFP)

Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à défiler, mardi 24 novembre vers 15h à Paris, pour dénoncer les suppressions de postes dans l’Education, la réforme de la formation des enseignants et obtenir une meilleure revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
« Ce n’est pas une grève majoritaire mais c’est une base suffisante pour montrer qu’il y a un mécontentement réel. Pour nous, c’est un coup de semonce au gouvernement », a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.
Il a appelé le ministre de l’Education nationale Luc Chatel à « reprendre les discussions sur de toutes autres bases », notamment concernant les suppressions de postes et la réforme de la formation des enseignants.
Daniel Robin, pour le Snes-FSU (principal syndicat du secondaire), a dénoncé une proposition de revalorisation des salaires des enseignants « indécente », alors que « le président de la République avait justifié de grands espoirs » en la matière lors de son élection en 2007.
Thierry Le Cras, vice-président de l’organisation étudiante Unef, a lui critiqué la réforme de la formation des enseignants, « inacceptable car elle envoie les étudiants dans le mur avec une année de master 2 ingérable ».
La manifestation était organisée à l’appel de la FSU, la CGT, Sud, l’Unef et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR).
Le cortège, parti de Port Royal (14e arrondissement) devait rallier Saint-François-Xavier (7ème) : les enseignants devaient rejoindre entre 15h et 15h30, Boulevard du Montparnasse, le cortège des postiers, également appelés à la mobilisation, partis de Rue du Bac (7e) en direction de la Poste du Boulevard de Vaugirard (15).

Manifestations communes aussi en Province

Des défilés rassemblant le milieu de l’éducation et les personnels de La Poste ont eu lieu également en province.
A Toulouse, 700 personnes selon la police, 1.500 selon les organisateurs ont manifesté à l’appel de syndicats d’enseignants, tandis que plusieurs centaines de personnes ont défilé à l’appel des syndicats de postiers, a constaté un journaliste de l’AFP.
Le cortège d’enseignants, auquel s’étaient joints notamment des étudiants de l’Unef, a rejoint place du Capitole 300 à 500 personnes qui venaient de manifester contre la transformation de la Poste en société par actions.
A Bordeaux, la défense du service public a mobilisé entre 1.000 et 1.500 personnes, selon la police et les organisateurs, à l’appel de syndicats de postiers et de l’enseignement auxquels se sont joints étudiants, lycéens et cheminots, a constaté un journaliste de l’AFP.
A Angoulême, le défilé commun a rassemblé entre 500 (police) et 1.000 (organisateurs) personnes. Les manifestants étaient 400 à 700 à Agen, environ 350 (selon la police) à Pau et 200 à Bayonne (syndicats).
A Nantes, iles étaient entre 1.700 personnes, selon la police, et 2.500, selon les syndicats, à manifester mardi matin à Nantes pour défendre les services publics. Environ 500 lycéens, menés par des groupes d’extrême-gauche, ont participé à la manifestation avec les enseignants et les postiers.

Entre 12 et 40% de grévistes dans l’Education

L’appel à la grève dans l’éducation a été suivi mardi par « près de 40% des personnels » des collèges et lycées publics, a annoncé le premier syndicat du second degré Snes-FSU. De son côté, le ministère de l’Education annonçait en fin de matinée, 13,39% de grévistes dans le primaire et 12,26% dans le secondaire.
La grève, comme les manifestations prévues à Paris et en province, à l’appel de la FSU, de la Ferc-CGT et de Sud, vise à dénoncer les suppressions de postes, la réforme de la formation des enseignants et à obtenir une meilleure revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
Pour le primaire, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a annoncé que 20% des enseignants se sont déclarés grévistes, comme ils en ont l’obligation depuis la loi sur le service minimum d’accueil. « Ce n’est pas un front syndical uni face au gouvernement », a commenté le ministre, « il y a d’autres organisations syndicales importantes dans l’éducation qui ne s’associent pas à ce mouvement ».
Dans le supérieur et la recherche, l’Unef, Sud-étudiant et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR) ont aussi appelé à des mobilisations (assemblées générales, grève) et à se joindre aux manifestations des personnels de l’Education nationale.

Continuité de service à La Poste

Les syndicats de La Poste CGT, Sud, CFDT, FO, et CFTC ont également appelé à une grève ce mardi pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société par actions.
Les postiers étaient 14,07%, mardi matin à 10h, à suivre le mouvement de grève auquel ont appelé les syndicats CGT, Sud, CFDT, FO, et CFTC pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société par actions, selon la direction. Un chiffre bien en deçà des 21,15% de grévistes qu’elle avait recensés le 22 septembre lors de la précédente grève contre le changement de statut, au cours de laquelle les syndicats l’avaient évaluée de 35% à 40%.
Le chiffre de mardi est « plutôt proche de 30% compte tenu des informations qui nous remontent du terrain, même si c’est une estimation un peu à la louche », a déclaré pour sa part à l’AFP Régis Blanchot administrateur Sud-Ptt.
A titre d’exemple, selon lui, « la direction a compté 32% de grévistes dans un bureau de Levallois où les syndicats en ont compté 55% ».
« La Poste a mis tout en oeuvre pour assurer l’accueil de ses clients et la continuité de service, que ce soit dans les domaines du courrier, du colis et de la Banque Postale afin que les perturbations soient les plus faibles possibles pour l’ensemble de ses clients, particuliers comme entreprises », a de son côté fait valoir la direction dans un communiqué.
La grève nationale est prévue pour la journée sur l’ensemble du territoire, mais certains des préavis déposés sont plus longs. Les cinq syndicats, qui représentent 94% des voix aux élections professionnelles, ont déposé un préavis de grève illimitée uniquement pour la région parisienne. Les syndicalistes dénoncent notamment la recherche de gains de productivité jugée excessive.

(Nouvelobs.com avec AFP)

 

Grève dans les écoles primaires

De 30 à 40% des enseignants des écoles maternelles et élémentaires seront en grève aujourd’hui, selon le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, à partir de premières estimations établies dans un tiers des départements. Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a de son côté estimé ce matin sur RTL que cette mobilisation représenterait 20 % des effectifs. 

Il s’agit pour le SNUipp d’ »une première mobilisation significative » de cette année scolaire, organisée dans le but d’ »annuler » les 16 000 suppressions de postes de professeurs prévues pour 2010, obtenir une « véritable » revalorisation des salaires et avoir une formation plus axée sur la pédagogie. Le syndicat prévoit des grèves fortes en Seine-Saint-Denis (65% de grévistes selon son comptage), dans la Drôme (55%) ou encore dans les Alpes-Maritimes, la Creuse et la Savoie (50% dans chacun de ces départements).

La loi de 2008 sur le droit d’accueil en primaire en cas de grève oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d’une école se sont déclarés grévistes.

Les fédérations syndicales FSU et Ferc-CGT ont conjointement appelé à la grève les professeurs du primaire et du secondaire et elles prévoient des manifestations à Paris et en province. L’Unef, première organisation étudiante, mécontente des derniers arbitrages sur la réforme de la formation des enseignants, a de son côté appelé les étudiants à rejoindre les cortèges.

Article Le Figaro.fr

 

 

Education: 40% de grévistes dans les collèges et lycées… 15% d’après le ministère

 

Manifestation à Nice lors de la grève nationale du 29 janvier 2009

Manifestation à Nice lors de la grève nationale du 29 janvier 2009/Valery Hache AFP/Archives

MOBILISATION – C’est ce qu’affirme le premier syndicat du second degré Snes-FSU…

La première grève de l’année depuis la rentrée. Ce mardi, les fédérations FSU et Ferc-CGT appellent les enseignants à la grève et à des manifestations pour dénoncer les suppressions de postes, la réforme de la formation des enseignants et obtenir une meilleure revalorisation des salaires des professeurs.

Selon le premier syndicat du second degré Snes-FSU, l’appel à la grève a été suivi par «près de 40% des personnels» des collèges et lycées publics.

La grève pourrait également avoir des conséquences dans les écoles maternelles et élémentaires: 31% des enseignants devraient être en grève, prévoit le SNUipp-FSU (premier syndicat en primaire), alors que le ministère de l’Education nationale n’avait pas communiqué de chiffres lundi soir. Les départements les plus concernés devraient être la Drôme, la Haute-Vienne et la Seine-Saint-Denis (55% de grévistes), les Alpes-Maritimes, la Creuse, l’Indre-et-Loire et les Landes (50%).

Le ministère de l’Education nationale ne fait pas le même calcul: il annonce 13,39% des enseignants dans le primaire et 12,26% dans les collèges et lycées. La loi de 2008 sur le droit d’accueil oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d’une école primaire se sont déclarés grévistes.

Maternelles, élémentaires et enseignement supérieur touché

Dans le supérieur et la recherche, l’Unef, Sud étudiant et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR) ont aussi appelé à des mobilisations (assemblées générales, grève) et à se joindre aux manifestations des personnels de l’Education nationale.

À Paris, le cortège partira à 14h30 de Port Royal (14e arrondissement) pour rallier Saint-François-Xavier (7ème): les enseignants rejoindront le cortège des postiers entre 15h00 et 15h30, Boulevard du Montparnasse.
Article 20minutes.fr

 

 

Education : suppressions de postes, gros dégâts à tous les étages

Les enseignants sont appelés à la grève mardi par la Fédération FSU, majoritaire, ainsi que la Ferc-CGT et Sud-Education. Les organisations lycéennes Fidl et UNL, et l’Union des étudiants de France (Unef) s’y sont jointes.

Les 16.000 suppressions de poste prévues en 2010 sont le principal grief des syndicats qui comptent 50.000 postes détruits en trois ans et demandent une revalorisation des salaires et la révision de la réforme de la formation des enseignants.

Dès sa prise de fonction, Luc Chatel a mis fin au relatif espoir né après le départ de Xavier Darcos de la rue de Grenelle : non, il ne compte pas revenir sur le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Résultat : le projet de budget 2010, débattu actuellement au Parlement, prévoit bien 16 000 suppressions de postes dans l’éducation.

Qui viendront s’ajouter aux 13 500 de 2009, aux 11 200 de 2008… Au final, depuis 2002, ce sont près de 62 000 postes qui auront été supprimés dans les écoles, collèges et lycées. Un constat qui pousse la FSU et la Ferc CGT à réclamer « des recrutements à la hauteur des besoins ».

Car sur le terrain, les répercussions de cet « appauvrissement sans précédent de l’école publique », dixit le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, se font sentir de manière toujours plus aiguë. Pour essayer de maintenir dans les classes un taux d’encadrement vaguement identique d’une année sur l’autre, le ministère a, en effet, décidé de rogner en priorité sur tous les postes qui ne sont pas directement devant les élèves, ou ceux liés à des matières jugées secondaires. Enseignants détachés dans les musées ou les centres de documentation, profs chargés d’organiser des classes découvertes, maîtres spécialisés dans l’aide aux enfants en difficulté (Rased), profs de langue ou de technologie… Ceux qui représentaient, naguère, une richesse pour l’école publique sont devenus les premières victimes des coupes claires. Á titre d’exemple, depuis 2006, on compte ainsi, chaque année, seulement 415 embauches de profs de sport pour en moyenne 1 250 départs à la retraite. Soit le non-remplacement d’un fonctionnaire sur… trois ! Autre cible privilégiée du ministère : les titulaires remplaçants. Entre 5 000 et 10 000 postes ont disparu ces dernières années. Occasionnant de gros désordres dans les établissements, notamment du secondaire. « Les inspections académiques attendent souvent quinze jours avant de se préoccuper de trouver un remplaçant, ne cesse de dénoncer Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Quinze jours, cela représente dix heures de français en moins ! » Du côté des enseignants, cette pénurie pèse lourd au quotidien. Les conclusions du questionnaire publié début octobre par quatre syndicats de la FSU sont sans appel : « La profession est plus que jamais sous pression. »

La suite du dossier dans l’Humanité datée du mardi 24 novembre 2009.

Article L’humanité.fr
 

Enseignants et lycéens au coude-à-coude dans les rues de Rennes

EDUCATION – Environ un millier de manifestants, dont la moitié de lycéens, ont manifesté mardi à Rennes contre la réforme du lycée du ministre de l’éducation Luc Chatel et contre “des conditions d’enseignement qui se dégradent”.

Dans notre lycée agricole à Caulnes (Côtes d’Armor), il y a un prof de maths qui est parti en retraite l’année dernière et il n’a pas été remplacé, raconte Catherine.  On a seulement embauché des vacataires qui n’avaient jamais enseigné pour quelques heures par semaine. Certaines classes de terminales n’ont pas eu de prof de maths depuis deux mois”.
Jeanne, institutrice près de Rennes “depuis 1975”, se désole pour les élèves et avoue son découragement.
On ne laisse plus le temps aux enfants d’apprendre, s’insurge t-elle. A plus de trente élèves en maternelle, ce n’est pas l’idéal pour faire aimer l’école! On supprime des postes, on ajoute du temps obligatoire le soir pour de l’aide personnalisée et il faut courir sans arrêt. On n’a plus le temps de se concerter pour parler de l’essentiel, des enfants, de la vie de l’école et, avec des classes surchargées, on n’a plus la même disponibilité et on crée effectivement des besoins pour l’aide personnalisée. Au bout du compte, c’est l’ensemble des conditions d’enseignement qui se dégradent. Mieux vaut être bon élève car même les moyens vont être en difficulté…”.
Yves, 51 ans, prof de philo à Combourg s’inquiète lui aussi des classes de secondes à 35 élèves au lycée et d’un possible “éclatement du système” avec une plus grande autonomie donnée aux établissements.
Avec la gestion locale de l’accompagnement personnalisé, chaque établissement s’organisera comme il l’entend, explique t-il. Au final, quelles garanties restera t-il pour le contenu du bac? Aujourd’hui déjà, avec les suppressions de postes, les profs font ce qu’ils peuvent mais les journées ne sont pas extensibles à l’infinie!”
Dans le cortège, un petit groupe de professeurs de sciences économiques et sociales (SES) se distinguent par ses pancartes parodiant des affiches de films comme “le petit de Nicolas” où l’on voit Luc Châtel en culottes courtes coincé entre Nicolas Sarkozy et une certaine Sophie de Menton…
On a entendu le mlnistre dire que tous les élèves auraient de l’économie, mais que fait t-on de la dimension sociale de la société? interroge Emmanuelle, prof de SES à Rennes. Pour comprendre les grands enjeux du monde et l’environnement dans lequel vivent les élèves, il y avait les cours de SES mais ils sont aujourd’hui clairement menacés. Que voulez-vous faire quand on passe de 2h30 à 1h30 de cours pour “explorer” cette discipline?
Visiblement, le fait de mélanger l’économie et le social, ça dérange, ajoute Yves, également professeur de SES à Rennes. On fait tout pour les séparer. L’option sciences politiques en 1ère va également disparaitre. Quand Luc Châtel parle de rééquilibrer les filières, on se demande comment puisque la filière scientifique aura plus d’heures de cours et va être encore renforcée. Il y aura en revanche moins de dédoublements de classe et ils se négocieront localement, de quoi semer la zizanie.
Globalement, conclut un troisième enseignant de SES rennais, il y aura dix heures en moins par semaine à assurer pour les professeurs, on voit bien là une logique pour compenser la suppression de 16 000 postes d’enseignants”.
Pierre-Henri ALLAIN



Illustration de l’ambiance en salle des profs à la rentrée 2010

La zizanie



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