Une intersyndicale demande à Luc Chatel de « renoncer à son projet de réforme du lycée »

Une intersyndicale (Snes-FSU, Snep-FSU, Snalc-CSEN, Snfolc, CGT-Éduc’action, SUD-Éducation) demande à Luc Chatel de « renoncer à son projet de réforme du lycée ».
Une réunion s’est tenue jeudi 26 novembre 2009 au siège du Snes-FSU.

Selon cette intersyndicale (Snes-FSU, Snep-FSU, Snalc-CSEN, Snfolc, CGT-Éduc’action, SUD-Éducation), le projet de réforme du lycée actuel ne serait pas acceptable sur quatre points :
- l’autonomie des établissements qui s’élève à presque un tiers de la dotation horaire globale ;
- le fait que l’accompagnement personnalisé se traduise par une diminution des horaires disciplinaires ;
- l’instauration d’un tronc commun qui va se traduire notamment par une hausse des effectifs dans les classes et ne va pas régler les problèmes de changement d’orientation ;
- la dénaturation des disciplines placées dans les enseignements d’exploration

Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa ne participent pas à cette intersyndicale, ils ont rédigé un communiqué avec la FCPE pour expliquer les raisons de leur refus.



Profs absents : le recteur de Créteil recrute

Article Le Figaro.fr

Natacha Polony
26/11/2009 
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Jean-Michel Blanquer, recteur de l'académie de Créteil.
Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de Créteil. Crédits photo : Le Figaro

Pour faire face à la pénurie d’enseignants, Créteil élargit son recrutement.

Profs absents : le recteur de Créteil recrute   dans Actualités coeur-Recherche professeur désespérément. Le recteur de l’académie de Créteil, le très médiatique Jean-Michel Blanquer, vient d’adresser à ses inspecteurs d’académie et directeurs départementaux une circulaire intitulée «Amélioration des pratiques liées au remplacement». En l’occurrence, l’amélioration consiste, pour les chefs d’établissement, à rechercher «dans [leur] entourage personnel ou parmi [leur] population de vie scolaire, des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d’une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires.» Les remplaçants en question pourraient être installés immédiatement, la validation par les inspecteurs «venant ultérieurement».

 

Une agence de remplacement

Alors que fleurissent sur Internet les annonces lancées par les rectorats et les établissements scolaires pour recruter des enseignants retraités ou oisifs, la démarche du recteur de Créteil franchit un pas ; et met en lumière une carence de remplaçants de plus en plus perceptible. D’autant que l’agence de remplacement promise par le ministère de l’Éducation nationale n’a toujours pas vu le jour.

Au mois de septembre, la FCPE, première fédération de parents, lançait un site Internet permettant de signaler les professeurs absents et non remplacés, Ouyapacours.com. «Nous avons prévu un bilan en décembre, précise Christiane Allain, secrétaire générale de la FCPE, mais d’ores et déjà, nous savons que les carences sont nombreuses.» Pour la fédération, l’initiative du recteur de Créteil démontre l’acuité du problème, mais révèle surtout une conception biaisée du métier d’enseignant. «Je ne sais pas ce que sont des “compétences avérées”, s’interroge Christiane Allain. Jusqu’à présent, pour juger de la capacité à enseigner, il existait un critère et unseul : avoir réussi un concours d’enseignement.»

Du côté des syndicats d’enseignants, même indignation. Et même dénonciation des suppressions de postes qui assèchent le vivier de remplaçants. D’autant que l’intersyndicale réunie jeudi a placé en tête de ses revendications le «refus de la dénaturation du métier de professeur.»«Pourquoi ne pas faire appel pendant qu’on y est à des agences d’intérim ?» s’insurge Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Le Snalc, quant à lui, souligne combien la démarche du recteur de Créteil «s’inscrit dans une politique plus vaste et révèle une conception totalement dévoyée de ce qu’est l’enseignement. On paie les élèves pour venir en cours, et l’on met en face d’eux de simples animateurs.» L’évocation, dans le document, des assistants d’éducation «qui, comme leur nom l’indique, n’ont pas une simple mission de surveillance» va dans ce sens. Et les syndicats de rappeler le souvenir des «maîtres auxiliaires», personnel précaire que le ministère a titularisé au cas par cas. Un «volant de personnels corvéable à merci qui n’ont pas le niveau pour passer les concours mais réclameront une titularisation dans quelques années, regrette Bernard Kuntz, président du Snalc. Mais finalement, c’est cohérent avec le projet d’une école de plus en plus proche de la garderie.» Le savoir coûte cher, les «compétences avérées» un peu moins.

 

Réaction de :

 Logo UNL Paris, 26 novembre  2009

 

Manque d’enseignants : le délit politique [d’initié] du gouvernement !

 

Le recteur de l’académie de Créteil a adressé une lettre aux chefs d’établissements mettant en évidence le manque de postes d’enseignants afin d’assurer les cours.

 

Une étrange lettre révélatrice de l’insuffisance de recrutement

 

Les réponses apportées dans cette lettre, au manque de postes d’enseignants, sont ridicules. En effet le Recteur préconise aux chefs d’établissements de recruter soit « dans [leur] entourage personnel » soit « des étudiants » ou encore « des personnes titulaires au minimum d’une licence ».

 

Par ailleurs, cette lettre est un aveu des difficultés qui pèsent dans l’ensemble des académies. C’est ainsi que les lycéens avaient réaffirmé le 24 novembre dernier la dangerosité de la politique menée.

 

La reconnaissance du dogmatisme et de l’irresponsabilité du gouvernement

 

La diminution des moyens alloués à l’Education, concrétisée par les 40 000 postes supprimés depuis 2007, a des conséquences plus que négatives pour les conditions d’études des élèves. Le désengagement de l’État des ses fonctions premières mène droit dans le mur des générations entières de lycéens !

 

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, demande au gouvernement de répondre rapidement au manque d’enseignants dans l’ensemble des lycées de France.

 

De plus, L’UNL demande au Gouvernement de stopper cette politique en lançant un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants. Il doit désormais ouvrir les yeux sur la réalité. Il ne s’agit pas seulement de classes surchargées à 36 voire 40 élèves, mais des classes qui n’ont même plus d’enseignants !

 

 

Le gouvernement doit assumer les conséquences, prévisibles, de sa politique et cesser de sacrifier  plusieurs générations de lycéens sur l’autel d’un libéralisme exacerbé menaçant la cohésion de notre modèle de société.

 

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54


 



Blocage du lycée Charles Gide d’UZES (Gard)

Après les enseignants, les lycéens prennent le relais.

 

Comme depuis de nombreuses années, le lycée Charles Gide d’UZES (Gard), est à la pointe de la contestation.

 

Après les enseignants du lycée Charles Gide qui étaient en grève, à 33%, le mardi 24 novembre 2009, pour dénoncer une “réforme en trompe l’œil” qui n’a pour ultime but que ne supprimer des postes d’enseignants ; ce matin les lycéens ont pris le relais en bloquant l’établissement.

Blocage gide 26/11/09

Depuis l’annonce du Ministre de l’Education Nationale sur l’organisation du lycée pour les années futures de nombreux enseignants estiment que cette réforme du lycée, présentée par Luc Chatel, est idéologique et dangereuse. En effet la gestion locale d’un tiers des horaires,  la réduction des horaires disciplinaires, le tronc commun en première… sont sources d’une grande inquiétude dans le milieu enseignants.

Blocage gide 26/11/09 4

Les lycéens, par l’intermédiaire de leurs représentants, sont très critiques puisque l’UNL annonce à ce sujet : Réforme du lycée : « peut mieux faire ! »Blocage gide 26/11/09 3

C’est pourquoi les lycéens du lycée d’Uzès ont décidé, ce matin, le blocage de leur établissement.

 Blocage gide 26/11/09 2



IUFM : Valérie Pécresse et les élèves invisibles

 

Article Libe.fr

ÉDUCATION - Soit Valérie Pécresse fait des blagues, soit on parle pas de la même chose. Hier à l’Assemblée, en réponse au député nordiste Yves Durand (PS) qui conteste la réforme des Instituts universitaires de formation des maîtres, la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur a soutenu que jusqu’ici, «la quasi-totalité des jeunes professeurs qui arrivent en septembre devant les classes n’ont jamais vu aucun élève». Surprise : ce n’est pas ce qu’on a constaté, à l’IUFM du Nord-Pas-de-Calais, par exemple. Et ce n’est pas non plus ce que disent les jeunes profs. C’est même le contraire.

 

Brouhaha. «Désormais, ajoute la ministre, avec la réforme ils auront trois fois plus de possibilités de stages».  Au même moment, brouhaha, sur les bancs socialistes, le député nordiste, par ailleurs secrétaire national chargé de l’éducation au PS, hoche la tête, fait la moue. On lit sur ses lèvres : «c’est pas vrai». Le même au téléphone, quelques heures plus tard dans le TGV : «Valérie Pécresse ment. Et avec un aplomb considérable».

Que disent les jeunes profs? Pas toujours ravis de leur passage à l’IUFM, mais sûrs d’y avoir fait des stages. Jusque juin 2009, les stages d’observation de première année étaient facultatifs, les stages de deuxième année, seul devant la classe, obligatoires : l’étudiant est fonctionnaire-stagiaire.

En primaire, stages d’observation en première année, avant le concours, puis au moins un quart temps devant les élèves, un jour par semaine, l’année suivante. «Trois fois une semaine d’observation, en première année, puis en deuxième année, deux fois trois semaines, et puis toute l’année, une classe, un jour par semaine», précise Emilie, déjà directrice d’école, en Sambre-Avesnois, un an et demi après son diplôme. Elle ajoute : «En plus des ateliers de pratique pédagogique, trois demi-journées dans la même classe, avec un enseignant, on préparait, et puis, à tour de rôle, on prenait la classe, et on en discutait».

Chaise. Sébastien, 38 ans, professeur des écoles à Valenciennes en classe spécialisée, tout frais diplômé après avoir travaillé dans le privé, entré en deuxième année après concours externe, a fait des stages aussi. «Une journée par semaine pendant un an. De l’auto-formation en quelque sorte». Mais il ajoute : «on devait se débrouiller. On n’a pas eu de cours de gestion de classe. On nous explique comment faire un cours, pas comment faire quand un élève de CM2 balance une chaise ou tape le prof. On nous dit que ça vient avec l’expérience. C’est dommage».

Elle aussi se souvient aussi d’avoir fait des stages, dès la première année, mais Suzie, lilloise, prof d’anglais dans le Val d’Oise, estime qu’ils n’étaient «pas suffisants. Une semaine, et plusieurs lundis au lycée, l’année de préparation du concours, et deux classes à charge en deuxième année, en collège». Il ya aussi des stages de pratique accompagnée, «on observe un professeur, et puis on prend un certain nombre de cours sous sa direction», ajoute Sylvie Plane, du Snesup, à l’IUFM de Paris. Elle ne comprend pas qu’on lâche dans les classes des vacataires non-diplômés n’ont jamais vu un élève. «On en a eu une dans le lycée l’an dernier. Les élèves ont tout de suite vu qu’elle n’avait pas le niveau, ça s’est très mal passé. Il y en a de plus en plus, à cause des suppressions de postes et du manque de remplaçants titulaires».

Economies. Les futurs étudiants seront-ils gagnants avec la réforme? Pas sûr. Des gens lâchés devant une classe, en responsabilité, c’est justement ce qui va arriver de plus en plus, explique Sylvie Plane, du Snesup. «Valérie Pécresse joue sur les mots quand elle dit qu’il y aura trois fois plus de stages. Il y avait des stages encadrés, et on va supprimer cet outil là. On crée un statut de stagiaire, avec plus de responsabilités. Il y aura plus de stages, mais moins de stages formateurs. On fait des économies. C’est triste pour les étudiants, et c’est triste pour les élèves».

Haydée Sabéran

L’intervention de Valérie Pécresse à l’Assembée nationale après la question d’Yves Durand, sur Public Sénat.

Témoignages de jeunes profs l’IUFM Nord-Pas-de-Calais en juin 2008.



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