Profs absents : le recteur de Créteil recrute

Article Le Figaro.fr

Natacha Polony
26/11/2009 
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Jean-Michel Blanquer, recteur de l'académie de Créteil.
Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de Créteil. Crédits photo : Le Figaro

Pour faire face à la pénurie d’enseignants, Créteil élargit son recrutement.

Profs absents : le recteur de Créteil recrute   dans Actualités coeur-Recherche professeur désespérément. Le recteur de l’académie de Créteil, le très médiatique Jean-Michel Blanquer, vient d’adresser à ses inspecteurs d’académie et directeurs départementaux une circulaire intitulée «Amélioration des pratiques liées au remplacement». En l’occurrence, l’amélioration consiste, pour les chefs d’établissement, à rechercher «dans [leur] entourage personnel ou parmi [leur] population de vie scolaire, des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d’une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires.» Les remplaçants en question pourraient être installés immédiatement, la validation par les inspecteurs «venant ultérieurement».

 

Une agence de remplacement

Alors que fleurissent sur Internet les annonces lancées par les rectorats et les établissements scolaires pour recruter des enseignants retraités ou oisifs, la démarche du recteur de Créteil franchit un pas ; et met en lumière une carence de remplaçants de plus en plus perceptible. D’autant que l’agence de remplacement promise par le ministère de l’Éducation nationale n’a toujours pas vu le jour.

Au mois de septembre, la FCPE, première fédération de parents, lançait un site Internet permettant de signaler les professeurs absents et non remplacés, Ouyapacours.com. «Nous avons prévu un bilan en décembre, précise Christiane Allain, secrétaire générale de la FCPE, mais d’ores et déjà, nous savons que les carences sont nombreuses.» Pour la fédération, l’initiative du recteur de Créteil démontre l’acuité du problème, mais révèle surtout une conception biaisée du métier d’enseignant. «Je ne sais pas ce que sont des “compétences avérées”, s’interroge Christiane Allain. Jusqu’à présent, pour juger de la capacité à enseigner, il existait un critère et unseul : avoir réussi un concours d’enseignement.»

Du côté des syndicats d’enseignants, même indignation. Et même dénonciation des suppressions de postes qui assèchent le vivier de remplaçants. D’autant que l’intersyndicale réunie jeudi a placé en tête de ses revendications le «refus de la dénaturation du métier de professeur.»«Pourquoi ne pas faire appel pendant qu’on y est à des agences d’intérim ?» s’insurge Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Le Snalc, quant à lui, souligne combien la démarche du recteur de Créteil «s’inscrit dans une politique plus vaste et révèle une conception totalement dévoyée de ce qu’est l’enseignement. On paie les élèves pour venir en cours, et l’on met en face d’eux de simples animateurs.» L’évocation, dans le document, des assistants d’éducation «qui, comme leur nom l’indique, n’ont pas une simple mission de surveillance» va dans ce sens. Et les syndicats de rappeler le souvenir des «maîtres auxiliaires», personnel précaire que le ministère a titularisé au cas par cas. Un «volant de personnels corvéable à merci qui n’ont pas le niveau pour passer les concours mais réclameront une titularisation dans quelques années, regrette Bernard Kuntz, président du Snalc. Mais finalement, c’est cohérent avec le projet d’une école de plus en plus proche de la garderie.» Le savoir coûte cher, les «compétences avérées» un peu moins.

 

Réaction de :

 Logo UNL Paris, 26 novembre  2009

 

Manque d’enseignants : le délit politique [d’initié] du gouvernement !

 

Le recteur de l’académie de Créteil a adressé une lettre aux chefs d’établissements mettant en évidence le manque de postes d’enseignants afin d’assurer les cours.

 

Une étrange lettre révélatrice de l’insuffisance de recrutement

 

Les réponses apportées dans cette lettre, au manque de postes d’enseignants, sont ridicules. En effet le Recteur préconise aux chefs d’établissements de recruter soit « dans [leur] entourage personnel » soit « des étudiants » ou encore « des personnes titulaires au minimum d’une licence ».

 

Par ailleurs, cette lettre est un aveu des difficultés qui pèsent dans l’ensemble des académies. C’est ainsi que les lycéens avaient réaffirmé le 24 novembre dernier la dangerosité de la politique menée.

 

La reconnaissance du dogmatisme et de l’irresponsabilité du gouvernement

 

La diminution des moyens alloués à l’Education, concrétisée par les 40 000 postes supprimés depuis 2007, a des conséquences plus que négatives pour les conditions d’études des élèves. Le désengagement de l’État des ses fonctions premières mène droit dans le mur des générations entières de lycéens !

 

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen, demande au gouvernement de répondre rapidement au manque d’enseignants dans l’ensemble des lycées de France.

 

De plus, L’UNL demande au Gouvernement de stopper cette politique en lançant un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants. Il doit désormais ouvrir les yeux sur la réalité. Il ne s’agit pas seulement de classes surchargées à 36 voire 40 élèves, mais des classes qui n’ont même plus d’enseignants !

 

 

Le gouvernement doit assumer les conséquences, prévisibles, de sa politique et cesser de sacrifier  plusieurs générations de lycéens sur l’autel d’un libéralisme exacerbé menaçant la cohésion de notre modèle de société.

 

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54


 



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