IUFM : Valérie Pécresse et les élèves invisibles

 

Article Libe.fr

ÉDUCATION - Soit Valérie Pécresse fait des blagues, soit on parle pas de la même chose. Hier à l’Assemblée, en réponse au député nordiste Yves Durand (PS) qui conteste la réforme des Instituts universitaires de formation des maîtres, la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur a soutenu que jusqu’ici, «la quasi-totalité des jeunes professeurs qui arrivent en septembre devant les classes n’ont jamais vu aucun élève». Surprise : ce n’est pas ce qu’on a constaté, à l’IUFM du Nord-Pas-de-Calais, par exemple. Et ce n’est pas non plus ce que disent les jeunes profs. C’est même le contraire.

 

Brouhaha. «Désormais, ajoute la ministre, avec la réforme ils auront trois fois plus de possibilités de stages».  Au même moment, brouhaha, sur les bancs socialistes, le député nordiste, par ailleurs secrétaire national chargé de l’éducation au PS, hoche la tête, fait la moue. On lit sur ses lèvres : «c’est pas vrai». Le même au téléphone, quelques heures plus tard dans le TGV : «Valérie Pécresse ment. Et avec un aplomb considérable».

Que disent les jeunes profs? Pas toujours ravis de leur passage à l’IUFM, mais sûrs d’y avoir fait des stages. Jusque juin 2009, les stages d’observation de première année étaient facultatifs, les stages de deuxième année, seul devant la classe, obligatoires : l’étudiant est fonctionnaire-stagiaire.

En primaire, stages d’observation en première année, avant le concours, puis au moins un quart temps devant les élèves, un jour par semaine, l’année suivante. «Trois fois une semaine d’observation, en première année, puis en deuxième année, deux fois trois semaines, et puis toute l’année, une classe, un jour par semaine», précise Emilie, déjà directrice d’école, en Sambre-Avesnois, un an et demi après son diplôme. Elle ajoute : «En plus des ateliers de pratique pédagogique, trois demi-journées dans la même classe, avec un enseignant, on préparait, et puis, à tour de rôle, on prenait la classe, et on en discutait».

Chaise. Sébastien, 38 ans, professeur des écoles à Valenciennes en classe spécialisée, tout frais diplômé après avoir travaillé dans le privé, entré en deuxième année après concours externe, a fait des stages aussi. «Une journée par semaine pendant un an. De l’auto-formation en quelque sorte». Mais il ajoute : «on devait se débrouiller. On n’a pas eu de cours de gestion de classe. On nous explique comment faire un cours, pas comment faire quand un élève de CM2 balance une chaise ou tape le prof. On nous dit que ça vient avec l’expérience. C’est dommage».

Elle aussi se souvient aussi d’avoir fait des stages, dès la première année, mais Suzie, lilloise, prof d’anglais dans le Val d’Oise, estime qu’ils n’étaient «pas suffisants. Une semaine, et plusieurs lundis au lycée, l’année de préparation du concours, et deux classes à charge en deuxième année, en collège». Il ya aussi des stages de pratique accompagnée, «on observe un professeur, et puis on prend un certain nombre de cours sous sa direction», ajoute Sylvie Plane, du Snesup, à l’IUFM de Paris. Elle ne comprend pas qu’on lâche dans les classes des vacataires non-diplômés n’ont jamais vu un élève. «On en a eu une dans le lycée l’an dernier. Les élèves ont tout de suite vu qu’elle n’avait pas le niveau, ça s’est très mal passé. Il y en a de plus en plus, à cause des suppressions de postes et du manque de remplaçants titulaires».

Economies. Les futurs étudiants seront-ils gagnants avec la réforme? Pas sûr. Des gens lâchés devant une classe, en responsabilité, c’est justement ce qui va arriver de plus en plus, explique Sylvie Plane, du Snesup. «Valérie Pécresse joue sur les mots quand elle dit qu’il y aura trois fois plus de stages. Il y avait des stages encadrés, et on va supprimer cet outil là. On crée un statut de stagiaire, avec plus de responsabilités. Il y aura plus de stages, mais moins de stages formateurs. On fait des économies. C’est triste pour les étudiants, et c’est triste pour les élèves».

Haydée Sabéran

L’intervention de Valérie Pécresse à l’Assembée nationale après la question d’Yves Durand, sur Public Sénat.

Témoignages de jeunes profs l’IUFM Nord-Pas-de-Calais en juin 2008.



L’éducation nationale sans rêve ni moteur

Par Luc Cédelle
LE MONDE | 24.11.09

En hausse, stable ou en baisse depuis les précédentes, la participation à la journée nationale d’action du mardi 24 novembre dans l’éducation nationale, à l’appel des syndicats FSU, CGT et SUD, ne changera pas le spleen profond qu’on appelle « malaise enseignant ». Selon l’enquête « Enseigner en collège et lycée en 2008″, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 200 enseignants et publiée en octobre par le ministère de l’éducation nationale, 67 % d’entre eux affirment le ressentir personnellement. Ils n’étaient que 53 % en 2005. La plupart invoquent un manque de reconnaissance professionnelle.
> Cette enquête porte sur le secondaire, mais il ne fait guère de doute que le primaire ne soit pas logé à meilleure enseigne. Le message qui émane du corps enseignant, à travers syndicats, associations et témoignages individuels, est celui du désenchantement. Ce qui serait déjà préoccupant dans n’importe quelle structure l’est encore plus dans l’éducation nationale, dont l’efficience repose à tous les niveaux sur l’engagement de ses personnels et leur adhésion à un idéal commun.

> Or l’éducation nationale ne croit plus en rien. Elle ne croit plus aux grands discours mobilisateurs sur son dessein républicain. Dites aux enseignants qu’ils sont le creuset de la nation, les gardiens de la citoyenneté ou les passeurs de la culture : ils se demanderont quel coup fourré se cache sous ces compliments convenus. Le dernier à avoir tenu, avec emphase, ce type de propos a été Nicolas Sarkozy qui, dans sa « Lettre aux éducateurs » de septembre 2007, conviait ces derniers à jeter les bases d’une « nouvelle Renaissance ». Cette volonté de réconcilier la droite avec le monde éducatif s’est perdue dans les sables de la réduction des postes, répétée d’année en année (49 400 suppressions de 2007 à 2010, soit environ 6 % des effectifs), et de la généralisation des logiques gestionnaires inspirées du privé.

> L’éducation nationale ne croit pas au discours gestionnaire. Il faut être député UMP pour penser que les économies en cours vont « contraindre à se réformer » un système qui, au contraire, se crispe chaque jour un peu plus.

> Quant à la logique libérale du grand coup de balai, emportant le « carcan » des statuts de la fonction publique et poussant à son terme le principe du « libre choix » par les familles des établissements scolaires, personne dans l’éducation nationale ne l’a jamais perçue autrement que comme une étrange utopie. Sa transformation en hypothèse crédible est même le seul motif qui pourrait réveiller, droite et gauche confondues, ce volcan endormi.

> Mais sauf à en venir à ce branle-bas de combat, l’éducation nationale ne croit plus tellement au discours syndical : les professeurs se sentent plus agressés que jamais, mais ne s’investissent pas dans leur défense collective. Chaque année, au bout de deux ou trois journées de grève à peu près réussies, la démarche syndicale s’enlise et le gouvernement n’a qu’à laisser passer l’orage.

> Hormis une frange d’activistes où les jeunes se font rares, l’éducation nationale ne croit pas non plus, ou ne croit plus, en l’ambition pédagogique comme moyen de faire reculer l’échec scolaire et réaliser ses objectifs de démocratisation. Depuis dix ans, chaque rentrée est l’occasion d’un flot de réquisitoires contre la pédagogie rebaptisée « pédagogisme », lui attribuant « l’effondrement » du système éducatif et jusqu’à la banalisation des comportements « racaille ». Les pédagogues ont beau s’indigner et la pédagogie renaître sans cesse sous de nouvelles appellations ou de nouvelles formes, son score dans la bataille des idées est pour l’instant de 10 à 0 en faveur de ses détracteurs.

> Toutefois, ces derniers, venus de la gauche, ont enthousiasmé la droite, mais échoué à séduire l’éducation nationale. Devenue à son tour une quasi-doctrine officielle, l’hostilité au « pédagogisme » est victime de son succès : elle ne parvient pas à construire un discours mobilisateur. Pis, elle apparaît comme ayant partie liée avec l’utilitarisme éducatif prêté au gouvernement, dont personne ne peut croire que la défense du latin-grec est la priorité.

> Bien sûr, comme pour toute généralisation, les affirmations qui précèdent peuvent être jugées partiellement fausses. Même reléguée à l’arrière-plan, l’idée républicaine perdure en chaque enseignant qui se respecte. Même dans un établissement scolaire, des décisions de gestion peuvent être comprises lorsqu’elles ne compromettent pas l’effort collectif.

> Les démarches pédagogiques sont revisitées par une frange d’enseignants qui y puisent un bonheur professionnel inégalé. Leur double inversé – l’ »antipédagogisme » et le retour aux « fondamentaux » – est aussi un exutoire à la pression et pose des balises contre certaines dérives. Et le syndicalisme, même s’il est à la peine, n’a pas dit son dernier mot.

> Bref, beaucoup d’individus et de groupes, dans le monde enseignant, ont encore foi en un idéal. Mais la majorité s’enfonce dans un scepticisme inébranlable et un chacun pour soi qui brise d’avance toute dynamique collective. En roue libre, tournant sur sa lancée, l’éducation nationale reste sans rêve, sans moteur.



Communiqués : réforme de la formation des enseignants

inspecteur FSU

 

Com. formation



L’UNL demande l’ouverture d’un chantier de négociation sur la carte scolaire

Logo UNL

Les lycéens se sont saisis de cette journée de mobilisation du 24 novembre pour tenter de se faire entendre par un Gouvernement qui tourne le dos aux jeunes et à la communauté éducative.

 

La politique dogmatique et irresponsable doit cesser !

 

Les Assemblées Générales et réunions organisées par l’UNL font remonter de vives inquiétudes quant à l’augmentation des inégalités et le manque de moyens dans les lycées.

 

Les lycéens ne sont pas tant inquiets de ce que fait la réforme du lycée, mais de tout ce qu’elle ne fait pas ! Le dogme de la diminution des moyens alloués à l’Éducation Nationale dégrade jour après jour nos conditions d’études. Les 40 000 postes supprimés depuis 2007 ne sont plus une abstraction pour les élèves qui subissent de plein fouet l’irresponsabilité idéologique de ce Gouvernement.

 

L’UNL appelle le Ministère de l’Education Nationale à donner des réponses aux lycéens quant à l’encadrement de l’aide scolaire organisée dans les établissements au sein des 2h d’accompagnement hebdomadaires. Une base minimale garantie doit être définie au niveau national tant sur le plan horaire que sur les contenus et les pratiques afin que tous les lycéens aient droit à la réussite ! Au mieux, cette mesure est un effet d’annonce si aucun objectif n’est défini et si les enseignants ne sont pas formés et soutenus. Au pire, elle peut accentuer les inégalités qui se creusent déjà.

 

Mettre fin aux inégalités sociales et scolaires : restructurer la carte scolaire !

 

Alors que Luc Chatel a la volonté affichée de faire réussir tous les lycéens, la politique poursuivie en parallèle aboutira inévitablement à une hausse de l’échec et de la ghettoïsation scolaire. En effet, le démantèlement de la carte scolaire est une menace sans précédent contre la mixité sociale au sein des établissements. Le rapport de la Cour des Comptes devrait à lui seul faire prendre conscience au Gouvernement de la dangerosité de son entêtement.

 

L’UNL appelle ainsi le Ministre de l’Éducation Nationale à ouvrir un chantier de négociations sur la restructuration de la carte scolaire afin de favoriser la mixité sociale et scolaire. 

 

 

C’est pourquoi l’UNL a demandé à être reçue par le Ministre afin de lui faire part de ses inquiétudes quant à l’accroissement d’inégalités scolaires qui ne sauraient se résorber par les mesures annoncées jusqu’ici.

 

 

Antoine Evennou

Président de l’Union Nationale Lycéenne



Grève du 24 Novembre

Educ: Les mille et une raisons de manifester

Luc Chatel avait promis le dialogue et au début cela lui avait plutôt réussi. Mais aujourd’hui toute une partie du monde de l’Education ne le croit plus, dénonce des réformes imposées et un simulacre de consultations. Il affronte ainsi sa première grande mobilisation qui sonne comme un avertissement. Retour sur les principaux motifs de mécontentement.

Manif à Nice le 24 nov 09 (reuters)

- La réforme de la formation des enseignants, ou masterisation C’est l’un des grands sujets qui cimente les différentes organisations: toutes la jugent mauvaise. On ne compte plus les prises de position. Pour le supérieur, cela va de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)  au Snesup-FSU et à Autonome Sup (plutôt à droite) en passant par SLU (Sauvons l’Université), SLR (Sauvons la Recherche), les étudiants de l’Unef, etc. Pour l’enseignement scolaire, même si les critques sont parfois divergentes, il y a une quasi unanimité contre, des syndicats de la FSU comme le Snes (pour le secondaire) et le Sniupp (pour le primaire), de l’UNSA, du Sgen-CFDT, etc.

 

 

Le sujet est potentiellement plus explosif. Avec la réforme du statut des enseignants-chercheurs, il avait été au coeur de la contestation universitaire de l’an dernier. Devant la mobilisation, les deux ministres concernés – outre Luc Chatel, Valérie Pécresse à l’Enseignement supérieur et la Recherche – avaient dû reculer et accepter de la reporter. Cela avait d’ailleurs été l’un des succès la plus tangibles du mouvement.

Les deux ministres ont rendu leurs arbitrages sur les questions-clé qui restaient en suspens. Et cela a provoqué un tollé. Pour résumer, les concours seront en seconde année de master (le M2). Les épreuves écrites pour l’admissibilité, en début d’année, seront disciplinaires. Les épreuves orales pour l’admission, en fin de M2, porteront plus sur le métier. Les stages seront réduits. L’étudiant qui a réussi à la fois son concours et son master ne sera plus l’anné suivante un fonctionnaire-stagiaire en alternance dans des classes et en formation en IUFM. Il sera nommé directement dans une classe avec juste un peu de soutien professionnel.

La critiques portent d’abord sur la place du concours. En deuxième année de master, l’étudiant va se retrouver à devoir préparer son  mémoire, bachoter son concours, faire des stages si possible. Une année extrêmement lourde… Du coup, les masters risquent d’être dévalorisés.

Toujours selon les critiques, les concours privilégient trop la partie disciplinaire et réduisent à la portion congrue la formation professionnelle. Les IUFM disparaissent en plus dans la réforme. Et que deviennent les « reçus-collés » (qui ont leur master mais pas le concours, ou l’inverse) ?  Les syndicats ne croient guère aux possibilités de reconversion promises par les ministres  Enfin le rallongement des études avec la suppression de l’année de stage payée après le concours risque de réduire la mixité sociale des futurs enseignants.

- Les suppressions de postes – 16 000 encore en 2010 – continuent de nourrir la grogne. En 2010, Luc Chatel bénéficie de la mise en place la « masterisation » qui permet, de fait, la première année d’économiser des postes. Du coup, il limite la casse. Mais en trois ans, on arrive à plus de 40 000 postes supprimés. Et cela devrait se poursuivre, alors que les enfants du baby boom du début des années 2000  vont arriver au collège.

- La réforme du lycée. Les ultimes arbitrages du ministre ont été plutôt mal accueillis. Mais sur ce sujet le front syndical est sérieusement fissuré. Le ministre s’en est d’ailleurs félicité à l’occasion de la mobilisation d’aujourd’hui. Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa notamment, favorables à une réforme de fond, reconnaissent des avancées. Mais le Snes tempête.

Surtout les représentants de deux disciplines sont montés au créneau. Les professeurs de SES (Sciences économiques et sociales) s’estiment les grands sacrifiés de la réforme. Leur matière était jusqu’ici un enseignement de détermination de 2 heures 30 par semaine en seconde (dont une demie heure en classe dédoublée). Elle devient un enseignement « d’exploration » d’1 heure 30, en concurrence avec une nouvelle matière « Economie appliquée et gestion ». Les profs de SES, qui appellent aussi à une mobilisation le 2 décembre, ont bien dautres griefs. Nous y reviendrons dans une note à part.

Les enseignants d’histoire-géographie protestent, quant à eux, contre la suppression de leur discipline parmi les matières obligatoires en terminale S. L’histoire-géo y devient en effet optionnelle. Elle figure désormais parmi les matières anticipées du bac en fin de première.

- La revalorisation. C’est un vrai serpent de mer dans l’Education. Xavier Darcos l’avait déjà promise. A peine arrivé Luc Chatel, jugeant que les profs étaient vraiment mal payés, s’y est attelé. Mais les premières propositions ont déçu, d’autant que les enseignants estiment qu’on leur demande toujours plus.

On pourrait citer bien d’autres sujets de mécontentement: l’assouplissement de la carte scolaire et ses effets négatifs, avec la ghettoisation accrue de certains établissements, la mise en place du dixième  mois de bourse qui ne profitera finalement pas à tous les étudiants boursiers, etc.

Le déroulement de la journée sera en tout cas suivi de près: il s’agit de savoir si une mobilisation peut reprendre, à l’approche des régionales où le gouvernement aura besoin de toutes ses énergies pour gagner.

Crédit photo: manifestation aujourd’hui à Nice (Reuters)

 

Début de la manifestation à Paris contre « l’asphyxie » de l’Education

 

NOUVELOBS.COM | 24.11.2009 | 15:45


Le cortège doit se mêler en cours d’après midi à celui des postiers. Des défilés communs ont également eu lieu ce matin en province. Entre 12 et 40% de grévistes sont recensés dans l’Education et de 14 à 30% selon les sources à La Poste.

 

Défilé d'enseignants grévistes à Nice le 24 novembre (AFP)

Défilé d’enseignants grévistes à Nice le 24 novembre (AFP)

Plusieurs milliers de manifestants ont commencé à défiler, mardi 24 novembre vers 15h à Paris, pour dénoncer les suppressions de postes dans l’Education, la réforme de la formation des enseignants et obtenir une meilleure revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
« Ce n’est pas une grève majoritaire mais c’est une base suffisante pour montrer qu’il y a un mécontentement réel. Pour nous, c’est un coup de semonce au gouvernement », a déclaré le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.
Il a appelé le ministre de l’Education nationale Luc Chatel à « reprendre les discussions sur de toutes autres bases », notamment concernant les suppressions de postes et la réforme de la formation des enseignants.
Daniel Robin, pour le Snes-FSU (principal syndicat du secondaire), a dénoncé une proposition de revalorisation des salaires des enseignants « indécente », alors que « le président de la République avait justifié de grands espoirs » en la matière lors de son élection en 2007.
Thierry Le Cras, vice-président de l’organisation étudiante Unef, a lui critiqué la réforme de la formation des enseignants, « inacceptable car elle envoie les étudiants dans le mur avec une année de master 2 ingérable ».
La manifestation était organisée à l’appel de la FSU, la CGT, Sud, l’Unef et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR).
Le cortège, parti de Port Royal (14e arrondissement) devait rallier Saint-François-Xavier (7ème) : les enseignants devaient rejoindre entre 15h et 15h30, Boulevard du Montparnasse, le cortège des postiers, également appelés à la mobilisation, partis de Rue du Bac (7e) en direction de la Poste du Boulevard de Vaugirard (15).

Manifestations communes aussi en Province

Des défilés rassemblant le milieu de l’éducation et les personnels de La Poste ont eu lieu également en province.
A Toulouse, 700 personnes selon la police, 1.500 selon les organisateurs ont manifesté à l’appel de syndicats d’enseignants, tandis que plusieurs centaines de personnes ont défilé à l’appel des syndicats de postiers, a constaté un journaliste de l’AFP.
Le cortège d’enseignants, auquel s’étaient joints notamment des étudiants de l’Unef, a rejoint place du Capitole 300 à 500 personnes qui venaient de manifester contre la transformation de la Poste en société par actions.
A Bordeaux, la défense du service public a mobilisé entre 1.000 et 1.500 personnes, selon la police et les organisateurs, à l’appel de syndicats de postiers et de l’enseignement auxquels se sont joints étudiants, lycéens et cheminots, a constaté un journaliste de l’AFP.
A Angoulême, le défilé commun a rassemblé entre 500 (police) et 1.000 (organisateurs) personnes. Les manifestants étaient 400 à 700 à Agen, environ 350 (selon la police) à Pau et 200 à Bayonne (syndicats).
A Nantes, iles étaient entre 1.700 personnes, selon la police, et 2.500, selon les syndicats, à manifester mardi matin à Nantes pour défendre les services publics. Environ 500 lycéens, menés par des groupes d’extrême-gauche, ont participé à la manifestation avec les enseignants et les postiers.

Entre 12 et 40% de grévistes dans l’Education

L’appel à la grève dans l’éducation a été suivi mardi par « près de 40% des personnels » des collèges et lycées publics, a annoncé le premier syndicat du second degré Snes-FSU. De son côté, le ministère de l’Education annonçait en fin de matinée, 13,39% de grévistes dans le primaire et 12,26% dans le secondaire.
La grève, comme les manifestations prévues à Paris et en province, à l’appel de la FSU, de la Ferc-CGT et de Sud, vise à dénoncer les suppressions de postes, la réforme de la formation des enseignants et à obtenir une meilleure revalorisation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
Pour le primaire, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a annoncé que 20% des enseignants se sont déclarés grévistes, comme ils en ont l’obligation depuis la loi sur le service minimum d’accueil. « Ce n’est pas un front syndical uni face au gouvernement », a commenté le ministre, « il y a d’autres organisations syndicales importantes dans l’éducation qui ne s’associent pas à ce mouvement ».
Dans le supérieur et la recherche, l’Unef, Sud-étudiant et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR) ont aussi appelé à des mobilisations (assemblées générales, grève) et à se joindre aux manifestations des personnels de l’Education nationale.

Continuité de service à La Poste

Les syndicats de La Poste CGT, Sud, CFDT, FO, et CFTC ont également appelé à une grève ce mardi pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société par actions.
Les postiers étaient 14,07%, mardi matin à 10h, à suivre le mouvement de grève auquel ont appelé les syndicats CGT, Sud, CFDT, FO, et CFTC pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société par actions, selon la direction. Un chiffre bien en deçà des 21,15% de grévistes qu’elle avait recensés le 22 septembre lors de la précédente grève contre le changement de statut, au cours de laquelle les syndicats l’avaient évaluée de 35% à 40%.
Le chiffre de mardi est « plutôt proche de 30% compte tenu des informations qui nous remontent du terrain, même si c’est une estimation un peu à la louche », a déclaré pour sa part à l’AFP Régis Blanchot administrateur Sud-Ptt.
A titre d’exemple, selon lui, « la direction a compté 32% de grévistes dans un bureau de Levallois où les syndicats en ont compté 55% ».
« La Poste a mis tout en oeuvre pour assurer l’accueil de ses clients et la continuité de service, que ce soit dans les domaines du courrier, du colis et de la Banque Postale afin que les perturbations soient les plus faibles possibles pour l’ensemble de ses clients, particuliers comme entreprises », a de son côté fait valoir la direction dans un communiqué.
La grève nationale est prévue pour la journée sur l’ensemble du territoire, mais certains des préavis déposés sont plus longs. Les cinq syndicats, qui représentent 94% des voix aux élections professionnelles, ont déposé un préavis de grève illimitée uniquement pour la région parisienne. Les syndicalistes dénoncent notamment la recherche de gains de productivité jugée excessive.

(Nouvelobs.com avec AFP)

 

Grève dans les écoles primaires

De 30 à 40% des enseignants des écoles maternelles et élémentaires seront en grève aujourd’hui, selon le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, à partir de premières estimations établies dans un tiers des départements. Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a de son côté estimé ce matin sur RTL que cette mobilisation représenterait 20 % des effectifs. 

Il s’agit pour le SNUipp d’ »une première mobilisation significative » de cette année scolaire, organisée dans le but d’ »annuler » les 16 000 suppressions de postes de professeurs prévues pour 2010, obtenir une « véritable » revalorisation des salaires et avoir une formation plus axée sur la pédagogie. Le syndicat prévoit des grèves fortes en Seine-Saint-Denis (65% de grévistes selon son comptage), dans la Drôme (55%) ou encore dans les Alpes-Maritimes, la Creuse et la Savoie (50% dans chacun de ces départements).

La loi de 2008 sur le droit d’accueil en primaire en cas de grève oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d’une école se sont déclarés grévistes.

Les fédérations syndicales FSU et Ferc-CGT ont conjointement appelé à la grève les professeurs du primaire et du secondaire et elles prévoient des manifestations à Paris et en province. L’Unef, première organisation étudiante, mécontente des derniers arbitrages sur la réforme de la formation des enseignants, a de son côté appelé les étudiants à rejoindre les cortèges.

Article Le Figaro.fr

 

 

Education: 40% de grévistes dans les collèges et lycées… 15% d’après le ministère

 

Manifestation à Nice lors de la grève nationale du 29 janvier 2009

Manifestation à Nice lors de la grève nationale du 29 janvier 2009/Valery Hache AFP/Archives

MOBILISATION – C’est ce qu’affirme le premier syndicat du second degré Snes-FSU…

La première grève de l’année depuis la rentrée. Ce mardi, les fédérations FSU et Ferc-CGT appellent les enseignants à la grève et à des manifestations pour dénoncer les suppressions de postes, la réforme de la formation des enseignants et obtenir une meilleure revalorisation des salaires des professeurs.

Selon le premier syndicat du second degré Snes-FSU, l’appel à la grève a été suivi par «près de 40% des personnels» des collèges et lycées publics.

La grève pourrait également avoir des conséquences dans les écoles maternelles et élémentaires: 31% des enseignants devraient être en grève, prévoit le SNUipp-FSU (premier syndicat en primaire), alors que le ministère de l’Education nationale n’avait pas communiqué de chiffres lundi soir. Les départements les plus concernés devraient être la Drôme, la Haute-Vienne et la Seine-Saint-Denis (55% de grévistes), les Alpes-Maritimes, la Creuse, l’Indre-et-Loire et les Landes (50%).

Le ministère de l’Education nationale ne fait pas le même calcul: il annonce 13,39% des enseignants dans le primaire et 12,26% dans les collèges et lycées. La loi de 2008 sur le droit d’accueil oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d’une école primaire se sont déclarés grévistes.

Maternelles, élémentaires et enseignement supérieur touché

Dans le supérieur et la recherche, l’Unef, Sud étudiant et les associations Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR) ont aussi appelé à des mobilisations (assemblées générales, grève) et à se joindre aux manifestations des personnels de l’Education nationale.

À Paris, le cortège partira à 14h30 de Port Royal (14e arrondissement) pour rallier Saint-François-Xavier (7ème): les enseignants rejoindront le cortège des postiers entre 15h00 et 15h30, Boulevard du Montparnasse.
Article 20minutes.fr

 

 

Education : suppressions de postes, gros dégâts à tous les étages

Les enseignants sont appelés à la grève mardi par la Fédération FSU, majoritaire, ainsi que la Ferc-CGT et Sud-Education. Les organisations lycéennes Fidl et UNL, et l’Union des étudiants de France (Unef) s’y sont jointes.

Les 16.000 suppressions de poste prévues en 2010 sont le principal grief des syndicats qui comptent 50.000 postes détruits en trois ans et demandent une revalorisation des salaires et la révision de la réforme de la formation des enseignants.

Dès sa prise de fonction, Luc Chatel a mis fin au relatif espoir né après le départ de Xavier Darcos de la rue de Grenelle : non, il ne compte pas revenir sur le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Résultat : le projet de budget 2010, débattu actuellement au Parlement, prévoit bien 16 000 suppressions de postes dans l’éducation.

Qui viendront s’ajouter aux 13 500 de 2009, aux 11 200 de 2008… Au final, depuis 2002, ce sont près de 62 000 postes qui auront été supprimés dans les écoles, collèges et lycées. Un constat qui pousse la FSU et la Ferc CGT à réclamer « des recrutements à la hauteur des besoins ».

Car sur le terrain, les répercussions de cet « appauvrissement sans précédent de l’école publique », dixit le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, se font sentir de manière toujours plus aiguë. Pour essayer de maintenir dans les classes un taux d’encadrement vaguement identique d’une année sur l’autre, le ministère a, en effet, décidé de rogner en priorité sur tous les postes qui ne sont pas directement devant les élèves, ou ceux liés à des matières jugées secondaires. Enseignants détachés dans les musées ou les centres de documentation, profs chargés d’organiser des classes découvertes, maîtres spécialisés dans l’aide aux enfants en difficulté (Rased), profs de langue ou de technologie… Ceux qui représentaient, naguère, une richesse pour l’école publique sont devenus les premières victimes des coupes claires. Á titre d’exemple, depuis 2006, on compte ainsi, chaque année, seulement 415 embauches de profs de sport pour en moyenne 1 250 départs à la retraite. Soit le non-remplacement d’un fonctionnaire sur… trois ! Autre cible privilégiée du ministère : les titulaires remplaçants. Entre 5 000 et 10 000 postes ont disparu ces dernières années. Occasionnant de gros désordres dans les établissements, notamment du secondaire. « Les inspections académiques attendent souvent quinze jours avant de se préoccuper de trouver un remplaçant, ne cesse de dénoncer Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Quinze jours, cela représente dix heures de français en moins ! » Du côté des enseignants, cette pénurie pèse lourd au quotidien. Les conclusions du questionnaire publié début octobre par quatre syndicats de la FSU sont sans appel : « La profession est plus que jamais sous pression. »

La suite du dossier dans l’Humanité datée du mardi 24 novembre 2009.

Article L’humanité.fr
 

Enseignants et lycéens au coude-à-coude dans les rues de Rennes

EDUCATION – Environ un millier de manifestants, dont la moitié de lycéens, ont manifesté mardi à Rennes contre la réforme du lycée du ministre de l’éducation Luc Chatel et contre “des conditions d’enseignement qui se dégradent”.

Dans notre lycée agricole à Caulnes (Côtes d’Armor), il y a un prof de maths qui est parti en retraite l’année dernière et il n’a pas été remplacé, raconte Catherine.  On a seulement embauché des vacataires qui n’avaient jamais enseigné pour quelques heures par semaine. Certaines classes de terminales n’ont pas eu de prof de maths depuis deux mois”.
Jeanne, institutrice près de Rennes “depuis 1975”, se désole pour les élèves et avoue son découragement.
On ne laisse plus le temps aux enfants d’apprendre, s’insurge t-elle. A plus de trente élèves en maternelle, ce n’est pas l’idéal pour faire aimer l’école! On supprime des postes, on ajoute du temps obligatoire le soir pour de l’aide personnalisée et il faut courir sans arrêt. On n’a plus le temps de se concerter pour parler de l’essentiel, des enfants, de la vie de l’école et, avec des classes surchargées, on n’a plus la même disponibilité et on crée effectivement des besoins pour l’aide personnalisée. Au bout du compte, c’est l’ensemble des conditions d’enseignement qui se dégradent. Mieux vaut être bon élève car même les moyens vont être en difficulté…”.
Yves, 51 ans, prof de philo à Combourg s’inquiète lui aussi des classes de secondes à 35 élèves au lycée et d’un possible “éclatement du système” avec une plus grande autonomie donnée aux établissements.
Avec la gestion locale de l’accompagnement personnalisé, chaque établissement s’organisera comme il l’entend, explique t-il. Au final, quelles garanties restera t-il pour le contenu du bac? Aujourd’hui déjà, avec les suppressions de postes, les profs font ce qu’ils peuvent mais les journées ne sont pas extensibles à l’infinie!”
Dans le cortège, un petit groupe de professeurs de sciences économiques et sociales (SES) se distinguent par ses pancartes parodiant des affiches de films comme “le petit de Nicolas” où l’on voit Luc Châtel en culottes courtes coincé entre Nicolas Sarkozy et une certaine Sophie de Menton…
On a entendu le mlnistre dire que tous les élèves auraient de l’économie, mais que fait t-on de la dimension sociale de la société? interroge Emmanuelle, prof de SES à Rennes. Pour comprendre les grands enjeux du monde et l’environnement dans lequel vivent les élèves, il y avait les cours de SES mais ils sont aujourd’hui clairement menacés. Que voulez-vous faire quand on passe de 2h30 à 1h30 de cours pour “explorer” cette discipline?
Visiblement, le fait de mélanger l’économie et le social, ça dérange, ajoute Yves, également professeur de SES à Rennes. On fait tout pour les séparer. L’option sciences politiques en 1ère va également disparaitre. Quand Luc Châtel parle de rééquilibrer les filières, on se demande comment puisque la filière scientifique aura plus d’heures de cours et va être encore renforcée. Il y aura en revanche moins de dédoublements de classe et ils se négocieront localement, de quoi semer la zizanie.
Globalement, conclut un troisième enseignant de SES rennais, il y aura dix heures en moins par semaine à assurer pour les professeurs, on voit bien là une logique pour compenser la suppression de 16 000 postes d’enseignants”.
Pierre-Henri ALLAIN



Illustration de l’ambiance en salle des profs à la rentrée 2010

La zizanie



Lycées 2010 : le Sgen-CFDT particulièrement vigilant sur les conditions de mise en œuvre.

Le communiqué  du Sgen :

22/11/2009

Le ministre a présenté le 19 novembre, les mesures prévues pour les lycées à partir de 2010, conformes aux annonces du président de la république. Pour le Sgen-CFDT, deuxième organisation syndicale représentative des personnels du second degré dans les lycées, plusieurs de ces mesures vont de le bon sens, même si elles ne constituent pas la réforme ambitieuse souhaitée par le Sgen-CFDT.
Les enseignements d’exploration en seconde, l’accompagnement personnalisé, le tronc commun en première, le tutorat possible, l’espace d’autonomie pour les établissements peuvent constituer des leviers pour la transformation du lycée. Mais ces mesures ne remettent en cause ni la hiérarchie des filières, ni le pilotage par un examen terminal de plus en plus désuet. Le Sgen-CFDT regrette par ailleurs qu’il ne soit toujours pas question de la voie technologique et que par exemple les enseignements de première ne soient communs que pour les séries générales. En particulier, l’accompagnement personnalisé doit être inscrit très rapidement dans les horaires des séries technologiques.
Sans surprise, le point le plus précis du document ministériel concerne les grilles horaires. Les horaires proposés traduisent bien l’objectif ministériel d’un simple rééquilibrage des séries. Pour la classe de seconde, les objectifs des enseignements d’exploration doivent être rapidement précisés et garantir qu’il s’agit bien d’exploration, faute de quoi les horaires risquent d’être rapidement jugés insuffisants. Les quinze heures d’enseignements communs aux trois séries en première vont également dans le sens d’une construction progressive des parcours souhaitée par le Sgen-CFDT. La encore, il est impératif que des temps soient prévus dès 2010 pour que les équipes s’approprient les changements et que les enseignants soient largement associés à la rédaction des contenus.
Les mesures proposées pour l’enseignement des langues vivantes vont dans le bon sens, mais au delà des problèmes d’équipement et de gestion des temps qui ne manqueront pas de se poser dans les établissements, il est à craindre que rien ne change tant que les conditions de l’examen n’auront pas changé.
L’accompagnement personnalisé, inscrit dans l’horaire élève et dans le service des enseignants, est une mesure demandée par le Sgen-CFDT. Ce qui est proposé peut être un levier de changement à condition que les promesses concernant la mise en œuvre et la formation des enseignants soient tenues. En particulier, il est impératif que des temps de concertation et de formation soient dégagés au premier semestre 2010.Et surtout, il est hors de question que cela se traduise par une augmentation des heures supplémentaires pour les personnels.
La proposition de mettre à disposition des équipes les heures-professeurs nécessaires aux groupes à effectif réduit peut également être un levier de changement et va dans le sens d’une meilleure autonomie des établissements. Mais là aussi, il faut prévoir dès janvier 2010 des temps d’appropriation et de concertation pour que le travail soit bien celui des équipes et l’autonomie celle de l’établissement. Le Sgen-CFDT sera très attentif à la façon dont le conseil pédagogique sera inscrit dans les textes réglementaires.
Sur le volet orientation, la seule mesure tangible semble être le tutorat mais il ne concernerait pas tous les élèves ( le Sgen-CFDT demande à ce que, dans un premier temps, tous les élèves bénéficient d’un tuteur dans les zones d’éducation prioritaire ) ce qui ne va pas faciliter l’articulation avec l’accompagnement personnalisé. Que le tuteur suive les élèves sur l’ensemble des années lycée est une bonne chose, mais on ne sait rien de la taille du groupe de tutorat, ni de la façon dont ce tutorat sera pris en compte dans le temps de travail des personnels.
Enfin sur le volet culturel et la vie lycéenne, les mesures annoncées devront être précisées quant aux conditions et aux moyens de leurs mises en oeuvre.



Formation des enseignants : casse à tous les étages

Formation des enseignants



Opération « zappe ton prof » dans un lycée parisien

Article Le Monde.fr

C‘est parce qu’une enseignante veut faire cours que des élèves d’une classe de terminale technologique du lycée parisien Jean-Lurçat (13e arrondissement) tentent d’en changer. Claudine Lespagnol n’est pas une débutante. A 58 ans, dont huit dans l’établissement, elle n’a plus envie que les lycéens téléphonent ou envoient des SMS pendant ses cours d’anglais. Et ne souhaite plus voir « des filles s’y maquiller, miroir en main, ou s’épiler le sourcil », situation que dénonce une autre enseignante de la même classe.

Claudine Lespagnol est, de son propre aveu, « un peu sévère… enfin, si l’on considère que leur demander de ranger leur téléphone – sans le leur confisquer, puisque nous n’avons pas le droit -, c’est être sévère ». Pour certains élèves, c’est insupportable.

Le 20 octobre, ils signent – à la quasi-unanimité de la classe – une lettre au proviseur dans laquelle ils lui « conseillent vivement d’opérer un changement de prof ». La proviseur aura eu beau leur expliquer son refus, le groupe ne lâche pas prise, et sous la signature « la TSTG2″ – terminale sciences et technologie de la gestion – adresse une missive au professeur, à qui ils viennent de voler une clé USB.

Ils lui conseillent « de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains, car cela est une perte de temps. (…) Vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque cours ». Singeant la rhétorique des bulletins scolaires, avant de descendre d’un cran leur registre de langage, ils ajoutent : « Si ce n’est pas le cas et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… » Mme Lespagnol a déposé une plainte pour cette lettre, les menaces verbales qui l’ont précédée, et le vol de sa clé USB.

Depuis jeudi 19 novembre, les enseignants de ce lycée de plus de 1 200 élèves ont débrayé. La proviseur est en arrêt-maladie. Lundi 23, l’inspecteur d’académie devait dire à la classe « combien ces faits sont inacceptables ». Mais il reconnaît que « la sanction collective n’existe pas ».

De leur côté, une partie des enseignants se trouvent bien peu soutenus par leur direction. Selon Marie-Hélène Fougeron, professeur et militante de SUD, aurait « été évoquée l’idée de changer l’enseignante d’anglais au nom de « la continuité du service public »". Reste à savoir si cette continuité du service public d’éducation, c’est d’être devant la classe ou bien d’assurer un cours.

Maryline Baumard

 

 

Lettre d’insulte à la prof: les élèves de Jean-Lurçat se désolidarisent

Reportage Libé.fr

Les lycéens d’une terminale technologique du lycée parisien, qui voulaient changer de professeure d’anglais, ont été rappelés à l’ordre lundi par l’inspecteur d’académie suite à une lettre d’insulte reçue par l’enseignante.

JUSTINE LAFON

Devant l'entrée du lycée Jean-Lurçat (13e arrondissement de Paris), mardi matin.

Devant l’entrée du lycée Jean-Lurçat (13e arrondissement de Paris), mardi matin. (Liberation.fr)

 

Huit heures trente ce matin, des groupes s’entassent devant le lycée Jean-Lurçat, dans le 13e arrondissement de Paris. L’entrée est bloquée au motif d’une grève nationale contre la réforme des lycées, les élèves n’auront probablement pas cours. Si certains s’en réjouissent, les lycéens de la terminale 2 Sciences et technologies de la gestion sont plutôt lassés, et pour cause. Depuis jeudi, leurs professeurs ont débrayé pour manifester leur soutien à une collègue qui a une reçu une lettre d’insulte signée de la «TSTG2».

«S’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc.!», indiquait cette lettre, dans laquelle le ou les auteurs «conseillaient», par exemple, à l’enseignante de «cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps», et se justifiaient aussi d’avoir «volé» à leur professeure une clé USB.

Florie, élève de la TSTG2, est «choquée par le contenu de la lettre» et avance que c’est «très probablement le fait d’une seule personne». «Nous sommes tous révoltés, nous n’étions pas au courant», se défend la lycéenne qui craint qu’avec «cette histoire», «tous les profs deviennent méfiants». Autre inquiétude pour Jessica, sa camarade de classe: «J’ai peur que ça donne des idées à d’autres élèves

«Normal qu’on en soit arrivé là, cette lettre est grave et irrespectueuse»

Pas de risque pour l’instant, l’acte est mal perçu par les lycéens. Evoquant la «grève de solidarité» des professeurs, Maëlle, élève en première STG à Lurçat, estime «normal qu’on en soit arrivé là, cette lettre est grave et irrespectueuse». «C’est ridicule», ajoute Lou, lycéen dans la même classe. «C’est allé trop loin», selon Souad, lycéenne en terminale ES qui n’approuve ni les insultes, ni l’utilisation du téléphone portable en cours.

Pour Nicolas, première STG, l’argument du portable n’est qu’une excuse, il s’agit surtout «d’un problème de communication entre les élèves et la professeure». Florie de la TSTG2 le confirme: «On nous a lu la lettre, l’utilisation du portable en cours n’est qu’une remarque parmi d’autres, et d’ailleurs cette phrase est stupide car nous savons très bien que les téléphones sont interdits en cours

Après la passage de l’inspecteur d’académie lundi, les élèves de la TSTG2 ont écrit une «lettre de désolidarisation» afin de mettre les choses au clair. Si la quasi totalité de la classe a bien été à l’initiative d’une pétition pour demander le remplacement de la professeure d’anglais, car ils n’étaient pas satisfaits de sa «méthode» d’enseignement, une lettre d’insulte n’a jamais été envisagée.

Effets collatéraux

Les élèves se sentent eux-mêmes victimes des effets collatéraux de la lettre : «Des cours se suppriment, c’est plutôt gênant avec le bac à la fin de l’année», explique Florie. «Ils disent que ce n’est pas une sanction, mais nous sommes privés de cours pendant une semaine», renchérit Jessica.

«Les professeurs ont mis en place une semaine particulière pour essayer de remettre les élèves au travail dans une dynamique positive», rectifie Philippe Fatras, inspecteur d’académie chargé du second degré à Paris. Et «nous continuons à rechercher les auteurs de ces actions», ajoute-t-il.

Luc Chatel, le ministre de l’Education, a réagit sur RLT en annonçant que des «équipes mobiles de sécurité vont se rendre dans l’établissement pour procéder à une enquête et pour faire en sorte que les responsables de cette lettre injurieuse soient sanctionnés».

«On ne peut pas imaginer un renversement de situation», a dit le ministre, «ce ne sont pas les élèves qui font la classe!»

 

 

L’enseignante, appuyée par la proviseure et le corps enseignant, a porté plainte pour la lettre et pour le vol de la clé USB.

 


 



Reforme du Lycée – Le point après les annonces du Ministre de l’Éducation le 20 novembre

Les Pertes horaires sur un cycle de scolarité Seconde + 1 première (L+ES+S) + 1 Terminale (L+ES+S)

Matière/Discipline

Évolution horaire Elève

 

Évolution Horaire Prof

 

 

2nde

1ère

Tale 

Total

2nde

1ère

Tale 

Total

Disciplines générales

 

 

 

 

 

 

 

 

Philosophie

/

/

0

0

/

/

0

0

Français

-0,5

0

-2

-2,5

- 1

-1

-2

-4

Histoire-géographie

-0,5

+1,5

-2,5

-1,5

-1

+1,5

-3

-2,5

LV

0

-1,5

-2,5

-4

-1,5

-7,5

-8,5

-17,5

EPS

0

0

0

0

0

0

0

0

ECJS

0

0

0

0

0

0

0

0

Math (inclus Informatique et société du numérique)

0

-5

+3

-2

-1

-7,5

+2

-6,5

Physique-Chimie (PCL/MPI)

-0,5

-1,5

-1,5

0

-2

-1,5

-2

-4,5

-8,5

-2

-8,25

-12,75

SVT

-0,5

-1

0

-1,5

-2,5

-1,5

-8,25

SES

-1

-2

-1,5

-4,5

-1,5

-3

-2,5

-7

Droit et grands enjeux du monde contemporain ( ?)

/

/

+3

+3

 

 

+3

+3

Littérature et monde contemporain /Arts

+1,5

+1,5

/

/

+1,5

+1,5

+1,5

+1,5

/

/

/

/

+1,5

+1,5

IGC (Économie appliquée et gestion)

-1,5

/

/

-1,5

-4,5

/

/

-4,5

SMS/ Biotechnologies

-1,5

-1,5

/

/

/

/

-1,5

-1,5

-4,5

-4,5

/

/

/

/

-4,5

-4,5

Heures dédoublement 2nde

 

 

 

 

+10

 

 

+10

Heures dédoublement 1ère

 

 

+18 ?

 

+18

Heures dédoublement Tale

 

 

 

+13,5 ?

+13,5

Accompagnement

0

+6

+6

+12

 

 

 

 

Total

-2H

-3,5H

+3,5H

-2H

0 H

-8H

-1,5H

-9,5H

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nb : en italique les horaires des enseignements d’explorations, leur variation n’est pas comptée dans l’évolution horaire totale car les élèves choisissent maintenant 2 enseignements au lieu d’un auparavant.

La variation horaire prof sur la classe de seconde dépend du choix des options et du point de comparaison actuel (type d’option choisi). Elle est comprise entre +0,5H et -2H. Par facilité on l’a indiqué ici comme valant 0.

 

Nouvelle classe de seconde

 

2nde Nouvelle

2nde actuelle

Variation horaire élève

Variation horaire prof

 

Horaires élèves

Horaires profs

Horaires élèves

Horaires profs

 

 

Tronc commun

 

 

 

 

Français

4

4

4,5

5

-0,5

-1

Histoire-géo

3

3

3,5

4

-0,5

-1

LV1

5,5

5,5

3

4

0

-1,5

LV2

2,5

 3

Math

4

4

4

5

0

-1

Physique-Chimie

3

3

3,5

5

-0,5

-2

SVT

1,5

1,5

2

4

-0,5

-2,5

EPS

2

2

2

2

0

0

ECJS

0,5

1

0,5

1

0

0

AI-Accompagnement

2

2

2

2

0

0

Heures dédoublements

 

10

 

(7,5)

 

+10

Total TC

25,5H

36H

27,5H

35H

-2H

+1H

Enseignement explorations

2 au choix dont 1 au moins est soit SES, soit  Économie appliquée

Enseignement détermination (dans les faits 1 au choix)

 

 

SES

1,5

1,5

2,5

3

-1

-1,5

Économie appliquée et gestion (IGC)

1,5

1,5

3

5

-1,5

-3,5

SMS

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

PCL

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Biotechnologies

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Méthodes et pratiques scientifiques (ancien MPI ?)

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Littérature et monde contemporain

1,5

1,5

0

0

+1,5

+1,5

Arts

1,5

1,5

0

0

+1,5

+1,5

Total ED

3H

3H

2,5H-3H

3H-6H

0

-0,5H/-3H

Options

1 au choix

1 au choix

 

 

LV3

3

3

3

3

 

 

Latin

3

3

3

3

 

 

Grec

3

3

3

3

 

 

Arts

3

3

3

3

 

 

EPS

3

3

3

3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL (sans option)

28,5H

39H

30-30,5H

38-41H

-2H

0 /-2H

 

La seconde se traduit par une diminution de 2H élève, la variation de l’horaire professeur dépend du choix des enseignements d’exploration et de l’affectation des heures de dédoublements.

On peut estimer que celles-ci seront en priorité affecté aux dédoublements en langue, aux travaux pratiques pour les sciences expérimentales et aux heures d’accompagnement. Sachant que l’enveloppe sera de 10H pour la seconde, on peut légitimement se demander s’il en restera pour mettre en place du travail en demi-groupe dans le reste des disciplines.

Nouvelle Première

 

Tronc commun 1ère nouvelle (total 3 premières)

1ère L actuelle (horaire prof)

1ère ES actuelle (horaire prof)

1ère S actuelle (horaire prof)

Variation horaire Elève

Variation horaire Prof

Français

4 (12)

6 (7)

4

4

-2

-3

Histoire-géo

4 (12)

4

4

2,5

+1,5

+1,5

LV1

4,5 (13,5)

3,5 (4,5)

2,5 (3,5)

2 (3)

-0,5

-6,5

LV2

2 (3)

2 (3)

2 (3)

EPS

2 (6)

2

2

2

0

0

ECJS

0,5 (1,5)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0

0

Total TC Elève

15H (45H)

18H

15H

13H

-1H

 

Total TC Prof

15H (45H)

21,5H

17,5H

15,5H

 

-8H

Enseignements spécialités

1ère L

1ère ES

1ère S

 

 

 

 

 

Math

0

3

4

2 (3)

3 (3,5)

5 (6)

-3

-5,5

Physique-Chimie

1,5

1,5

3

1,5 (3)

0

4,5 (6,5)

-2,5

-8,5

SVT

3

1,5 (2)

4 (6)

SES

0

5

0

0

5 (6)

0

0

-1

Littérature Française

2

0

0

0

0

0

+2

+2

Littérature en langue étrangère

2

0

0

0

0

0

+2

+2

Enseignement au choix pour la série L

Option au choix

 

 

Options (1 au choix)

Options (1 au choix)

Pas d’options

 

 

Arts

5

5 (6)

0

 

0

0

Math appliqué

3

3

2

-2

-2

Approfondissement LV2

3

 

3

2

-2

-2

LV3

3

3

0

0

0

Langue ancienne

3

3

0

0

0

 

 

 

SES : 2

-2

-2

Total SPE Elève

8,5H

9,5H

10H

   6,5H

11,5H

13,5H

-9,5H

 

Total SPE Prof

8,5H

9,5H

10H

9H

13,5H

18,5H

 

-18H

Accompagnement

2H

2H

2H

0H

0H

0H

+6H

0

TPE

1H

1H

1H

1H

1H

1H

0

0

Dédoublements

?

?

?

6H

4,5H

7,5H

 

+18H ?

TOTAL ELEVE

26,5H

27,5H

28H

25,5H

27,5H

27,5H

-3,5H

-8H

Nouvelle terminale

Enseignements obligatoires

Tale L

Tale ES

Tale S

Tale L actuelle (horaire prof)

Tale ES actuelle (horaire prof)

Tale S actuelle (horaire prof)

Variation Horaire Elève

Variation Horaire Prof

Philosophie

8

4

3

8

4

3

0

0

Histoire-géo (option en S)

4

4

 

2

4

4

2,5 (3)

-2,5

(-0,5)

-3

(-1)

LV1

LV2

4

4

4

3 (4)

2 (3)

2 (3)

-1

-7

2 (3)

2 (3)

2 (3)

EPS

2

2

2

2

2

2

0

0

ECJS

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0

0

Mathématiques

0

4

6

0

4

5,5 (6,5)

+0,5

-0,5

Sciences physiques

0

0

5

0

0

5 (7)

0

-2

SVT

0

0

3,5

 

0

3,5 (5)

0

-1,5

SES

 

5

 

 

6 (7)

0

-1

-2

Littérature

2

0

0

4

0

0

-2

-2

Littérature étrangère en langue étrangère

1,5

0

0

0

0

0

+1,5

+1,5

Total Élève

22H

23,5H

24H

23,5H

24,5H

26H

-4,5H

 

 

Dédoublements

?

?

?

2,5H

3,5H

7,5H

 

+13,5H ?

Total Prof

22H

23,5H

24H

26H

28H

33,5H

 

-16,5H

Enseignements spécialités

1 au choix

1 au choix

 

 

En série S

 

 

 

 

Math

/

/

2

/

/

2

0

0

Physique-Chimie

2

2

0

0

SVT

2

2

0

0

Informatique et société du numérique

2

0

+2

+2

En série ES

 

 

 

 

Mathématiques appliquées

/

1,5

/

 

2

 

-0,5

-0,5

Économie approfondie

1,5

2

 

-0,5

-0,5

Sciences sociales

1,5

En série L

 

 

 

 

Arts

5

/

/

5

 

 

0

0

Maths appliquées

4

3

+1

+1

Approfondissement LV1

3

2

2

-1

-1

Approfondissement LV2

3

3

2

-2

-2

LV3

3

3

 

0

0

Langues anciennes

3

3

0

0

Droit et grands enjeux du monde contemporain

3

0

+3

+3

Total spécialité

3-5H

1,5H

2H

2-5H

2H

2H

+2H

+2H

Accompagnement

2H

2H

2H

0

0

0

+6H

0

TOTAL ELEVE

27-29H

27H

28-30H

25,5-28,5H

26,5H

28H

+3,5H

-1,5H

 



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