Réforme du lycée : encore du travail à faire !

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L’Union Nationale Lycéenne a été reçue ce matin au Ministère de l’Education Nationale dans le cadre de la réforme du lycée. Elle en tire des conclusions mitigées.

 

Loin de réformer le lycée en profondeur, les principes avancés sont intéressants

 

L’UNL se félicite de la mise en place des deux heures d’accompagnement hebdomadaires par élèves, mais tient à souligner que la priorité est à mettre sur les élèves en difficulté ou en cours de réorientation grâce à un Système d’Aide Scolaire (SAS) généralisé.

 

De plus, malgré de bonnes volontés sur l’orientation notamment par l’enseignement d’exploration en seconde, la plateforme internet… la question du Service Public d’Orientation (SPO) n’a pas été abordée. L’UNL tient aussi à rappeler qu’il est primordial d’augmenter le nombre de COPSY afin d’assurer un suivi régulier du lycéen, essentiel dans la construction de son orientation.

 

La question des méthodes pédagogiques est peu développée. Un chantier de discussions doit être ouvert au plus vite afin de mener une réflexion sur les méthodes d’apprentissage et de transmission des connaissances et des compétences. L’UNL propose ainsi la mise en place des TPE en terminale, permettant un apprentissage de l’autonomie et préparant aux études supérieures.

 

Enfin, la volonté de revoir les textes juridiques sur les droits lycéens, de former les délégués de classe et de redéfinir le rôle et la place des instances lycéennes sont des propositions intéressantes. Pour aller plus loin, l’UNL demande que soient généralisées les Maisons Des Lycéens (MDL). Il faut donc revoir les textes juridiques concernant le statut des jeunes de 16 à 18 ans dans les responsabilités associatives.

 

Aucune réponse au malaise social des jeunes !

 

Alors que la crise économique et sociale que nous subissons touche prioritairement les jeunes de 16 à 25 ans, il est impératif d’apporter, via la réforme du lycée, des réponses au malaise social des jeunes.

 

Ainsi l’UNL pose 3 priorités à prendre en compte pour ne pas déconnecter la réforme du lycée du malaise des jeunes :

 

  • Tout d’abord, la hausse du montant des bourses et la diminution du seuil d’attribution de celles-ci permettant aux familles d’assurer la scolarité de leur(s) enfant(s); mais aussi la revalorisation de la Carte Nationale Lycéenne pour favoriser l’accès à la culture pour tous.

 

  • D’autre part, l’Etat doit prendre ses responsabilités en scolarisant tous les jeunes de 16 à 18 ans. Le diplôme est un véritable bouclier face à la crise il est donc temps de ‘former plus pour protéger plus’.

 

 

  • Enfin, afin de favoriser la mixité sociale au sein des établissements, il est primordial d’ouvrir un chantier de négociation sur la restructuration de la Carte Scolaire.

 

L’UNL rappelle que la politique menée actuellement par le Gouvernement met en péril la réussite de la réforme. Il est donc nécessaire d’inverser la tendance en mettant en place un plan pluriannuel de recrutement de personnel.

 

Dans ce cadre, l’UNL appelle tous les lycéens à organiser des réunions d’informations et de débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

De plus, L’UNL appelle les lycéens à participer à la journée d’action du 24 novembre afin de continuer à lutter contre la casse du Service Public d’Education.

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 



CONFERENCE DEBAT : LA VIOLENCE DES JEUNES EN QUESTION

Affiche violence



L’UNL pose des principes fondamentaux pour la réforme du lycée

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L’Union Nationale Lycéenne sera reçue demain au Ministère de l’Education Nationale dans le cadre de la réforme du lycée. L’UNL demandera des réponses précises sur les priorités suivantes.

 

Des priorités éducatives pour une nouvelle vague de démocratisation du secondaire

 

L’UNL, premier syndicat lycéen, tient à poser des principes fondamentaux pour cette réforme. En effet afin d’assurer sa bonne tenue et sa réussite, il est impossible d’en exclure les trois revendications suivantes :

 

  • La mise en place d’une Service Public d’Orientation scolaire, géré par le Ministère de l’Education Nationale et doté de moyens financiers et humains accrus et rénovés pour assurer son fonctionnement, afin de permettre à tous les lycéens de ne plus subir une orientation qui ne leur conviendrait pas.

 

  • Pour aller plus loin que les deux heures par semaine «d’accompagnement» proposées par le Ministère et pour ne pas mener les lycéens à faire des stages de rattrapage au cours de leurs vacances, l’UNL demande la création d’un Système d’Aide Scolaire quotidien, avec de véritables garanties au niveau national quant à sa mise en place et à son fonctionnement pour permettre à tous les lycéens de réussir.

 

  • Enfin, les instances de la démocratie lycéenne doivent devenir décisionnelles sur les sujets qui les concernent. De plus, les Maisons Des Lycéens (MDL) doivent être généralisées à l’ensemble des lycées.

 

L’Ecole ne peut plus être vectrice d’inégalités !

 

La politique menée actuellement par le Gouvernement met à mal l’ensemble des Services Publics et particulièrement celui de l’Education. Ainsi, la diminution de moyens alloués à l’Education Nationale met en péril la réussite de la réforme. Il est donc nécessaire d’inverser la tendance et d’investir massivement dans l’Ecole de la République.

 

De plus, il est nécessaire dans cette réforme de favoriser la mixité sociale. Le démantèlement de la carte scolaire est une grave erreur comme le souligne un rapport de la Cours des Comptes. Le Gouvernement doit ouvrir un chantier de négociation sur la restructuration de la carte scolaire.

 

Enfin, la crise économique et sociale actuelle impose la diminution du seuil d’attribution des bourses afin de faire face au coût global de la scolarité. De plus, il est essentiel de revaloriser la Carte Nationale Lycéenne, afin de faciliter l’accès à la culture pour tous. Il est nécessaire de diminuer les inégalités sociales et culturelles majoritairement conditionnées par le capital économique de chaque famille.

 

L’UNL appelle tous les lycéens à organiser des réunions d’informations et de débats pour se saisir des enjeux de cette réforme.

 

L’UNL appelle aussi les lycéens à participer à la journée d’action du 24 novembre afin de continuer à lutter contre la casse du Service Public d’Education.

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 



La mutinerie des hussards

Article Le Monde.fr

Aujourd’hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d’obéir. » Le 6 novembre 2008, Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, dans la banlieue toulousaine, débute ainsi la lettre qu’il envoie à son inspecteur d’académie. Il est bientôt imité par de nombreux collègues un peu partout en France. Chez les hussards noirs, ces instituteurs chers à Charles Péguy, il y a de la mutinerie dans l’air ! Ils sont 2 835 professeurs des écoles à refuser les réformes les plus récentes du primaire. Un mouvement de protestation comme l’éducation nationale les affectionne ? Pas si simple. Les « désobéisseurs », comme ils se qualifient eux-mêmes, se démarquent des formes classiques de contestation.

 

Menée en dehors des syndicats, la démarche est atypique. Alain Refalo, militant depuis vingt-cinq ans au Mouvement pour une alternative non violente, et objecteur de conscience à l’époque où le service militaire était encore obligatoire, se réfère au philosophe et poète américain Henry David Thoreau, antiesclavagiste dont la théorie de la désobéissance civile a influencé Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King. En exergue, sur son blog, une citation de Georges Bernanos, « Il faut beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre », donne le « la ». Sur le site du mouvement, une citation d’André Gide annonce la couleur : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. »

Deux mille huit cent trente-cinq réfractaires, c’est peu, au regard des 367 900 enseignants du premier degré. C’est beaucoup, pour un mouvement qui ne comporte aucune revendication catégorielle mais se cristallise sur la seule relation de l’enseignant à l’élève, et fait courir de vrais risques à ceux qui le suivent. Tous se regroupent autour de trois refus. Celui d’appliquer les nouveaux programmes de 2008, vécus comme un retour à des méthodes directives où les savoirs comptent bien plus que la manière de les transmettre. Celui, pour les directeurs d’école, de refuser de transmettre les données chiffrées de base élèves, un dispositif statistique jugé attentatoire à la vie privée. Celui, enfin, de l’aide personnalisée, mise en place, elle aussi, à la rentrée 2008.

Ce dernier point est le coeur du débat et l’élément déclencheur du mouvement. Conçue pour permettre un soutien scolaire de deux heures hebdomadaires en français et en mathématiques aux élèves en difficulté, elle est jugée beaucoup trop scolaire pour ne pas renforcer les jeunes en échec dans leur rejet du système éducatif. D’autant que, avec l’adoption de la semaine de quatre jours et la fin de la classe le samedi matin, les deux heures alourdissent un emploi du temps déjà important. Les hussards se mutinent mais ne désertent pas : ils prennent les élèves deux heures par semaine, mais sur des activités ludo-éducatives, théâtre ou jeux pédagogiques, plutôt que pour faire des mathématiques et du français.

Leur aversion pour les réformes du primaire traduit un divorce plus ancien entre ces professeurs des écoles, proches des méthodes participatives de Célestin Freinet, et leur ministère de tutelle. De 2006, avec le débat lancé par Gilles de Robien à propos des méthodes d’apprentissage de la lecture, jusqu’à aujourd’hui, le climat n’a cessé de se tendre entre le ministère de l’éducation nationale et les tenants des pédagogies actives, qui estiment que leur espace se réduit au sein de l’éducation nationale. Les désobéisseurs cristallisent ces inquiétudes et les portent sur la place publique. Non sans remous.

Au-delà des questions de fond se pose celle de la légitimité du refus d’obéissance : est-il légitime de rejeter les circulaires et instructions d’un gouvernement issu d’une majorité légitimement élue ? Sans surprise, le ministère répond par la négative. Confirmant les propos de son prédécesseur Xavier Darcos, Luc Chatel, dans une de ses toutes premières déclarations, a asséné : « La désobéissance n’est pas compatible avec les valeurs de l’éducation, avec l’idée que je me fais du métier d’enseignant. »

Les dents grincent. Y compris quand Alain Refalo répond à l’invitation du pique-nique annuel « Paroles de résistance », organisé par l’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, en présence de personnalités de la Résistance tels Raymond Aubrac et Stéphane Hessel. Eminemment politique, l’association se donne pour but de « refuser la récupération politicienne des combats et des valeurs de la résistance par le chef de l’Etat ainsi que pour célébrer les valeurs de fraternité et de solidarité du programme du Conseil national de la Résistance ». Ce compagnonnage leur vaut de se faire stigmatiser par la droite comme « une passerelle jetée entre la mouvance anarcho-libertaire de la nébuleuse altermondialiste et la gauche institutionnelle qui fait depuis trente ans la pluie et le vilain temps dans l’éducation nationale » (Valeurs actuelles, 30 avril).

La réalité est plus complexe. S’il y a gros à parier que les sarkozystes doivent être fort peu nombreux dans leurs rangs, leur mouvance n’est pas idéologiquement homogène, entre pacifistes, gauchistes, gauche traditionnelle, non-syndiqués, syndiqués… Cette hétérogénéité se retrouve dans le rapport qu’ils entretiennent avec les syndicats. Aux prémices de leur action, ceux-ci ont considéré les trublions avec circonspection.« Sud Education nous a immédiatement soutenus, explique Bastien Cazals, professeur des écoles à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault). Pour le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le Snuipp, ce sont d’abord les adhérents des sections départementales qui nous défendent. Les directions nationales restent réservées sur nos formes d’action. »

Quand elles n’y sont pas hostiles, comme le SE-UNSA : « Nous ne pouvons cautionner l’action individuelle. Seule l’action collective garantit la défense des salariés, explique Christian Chevalier, son secrétaire général. Au SE-UNSA, nous sommes légalistes. Nous considérons qu’en démocratie les fonctionnaires doivent appliquer les lois et les circulaires. » Raisonnant à fronts renversés, le syndicaliste voit dans l’attitude des désobéisseurs face au dispositif d’aide personnalisée un possible… cheval de Troie du libéralisme : « Au nom de la liberté pédagogique, les désobéisseurs revendiquent la liberté d’action dans leur classe. Si l’enseignement et les méthodes varient beaucoup d’une classe ou d’un établissement à l’autre, les parents, dans une logique consumériste, vont choisir en fonction de ce que propose l’enseignant aux élèves. »

 

Christian Bonrepaux

Bastien Cazals s’étrangle d’un tel argumentaire. Cet ex-ingénieur est l’auteur d’un petit livre (Je suis prof et je désobéis, éditions Indigène) dans lequel il pourfend la logique libérale qui, pour lui, poursuit de façon méthodique la destruction totale de l’école républicaine : « Nous ne désobéissons pas parce que nous n’aimons pas les lois, mais parce que les récentes dispositions constituent une contre-réforme. Nous défendons l’école publique laïque de Jules Ferry. »

Les parents d’élèves ne leur sont pas hostiles, du moins ceux qui adhèrent à la FCPE, fédération classée à gauche et majoritaire. « Nous approuvons leur rejet des réformes et leur hostilité à la semaine de quatre jours, explique Jean-Jacques Hazan, son président. Sur le terrain, les rapports entre la grande majorité de ces enseignants et les parents sont généralement assez bons. Les parents les soutiennent régulièrement. »

Depuis le mois de juillet, les sanctions administratives tombent à l’encontre des désobéisseurs. Une centaine d’entre eux font l’objet de retenues sur salaire parfois importantes pour service non fait. Sur recours des intéressés, le tribunal administratif a suspendu ces retenues pour trois d’entre eux au motif que la nature du service qu’ils n’avaient pas effectué n’était pas assez précisée par leur autorité de tutelle. Mais le ministère a fait appel… Et lance la machine des sanctions disciplinaires contre les figures du mouvement. Alain Refalo a subi une rétrogradation d’échelon aux lourdes conséquences financières. Bastien Cazals a subi un blâme. Plus sévère, Erwan Redon, professeur des écoles à Marseille, a fait l’objet d’une mutation d’office.

Si leur mouvement suscite de la sympathie, leurs collègues rechignent à s’engager plus avant, au vu des risques encourus. Aujourd’hui, les désobéisseurs veulent élargir les bases du mouvement. Lors de leur université d’été, en août dernier, à Montpellier, ils ont élaboré une charte de résistance pédagogique qui permet d’affirmer « la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants ». Une manière d’associer publiquement des soutiens qui n’osent se déclarer par peur des sanctions. A ce jour, seuls 2 000 enseignants ont signé.

Les hussards sont touchés dans leur solde, pas dans leur détermination. Selon Philippe Meirieu, universitaire et chef de file du courant pédagogue, ils ont transgressé une règle d’or de cette grande muette qu’est l’éducation nationale : « Le système scolaire s’est fait une spécialité de l’ensablement des réformes. Quand elles les dérangent, les professeurs se débrouillent pour ne pas les appliquer. Sans faire de vagues et sans sanction. En revendiquant publiquement leurs actes, ils rompent avec l’usage de ne pas faire et de n’en rien dire. »

 

 



Etre professeur ne s’apprend plus, mais s’improvise…

Article blog: Quelle école pour demain

Relevé sur le site de Ph Mérieu, un texte de Sylvain Grandserre, maître d’école.

Je suis prof… j’improvise !

Commençons par un petit rappel : sous l’impulsion du président de la république (02/06/08), le ministère recrutera les futurs professeurs après un Master 2 (bac +5, en économie par exemple) puis les enverra directement sur le terrain sans vraiment les préparer. Nous avions déjà une formation professionnelle (le savoir-faire pratique) parmi les plus faibles d’Europe (13 % du temps contre 50 % en Finlande). Nous voici désormais avec les enseignants les plus diplômés de notre histoire, mais également les moins formés !

L’obsession (idéologique et économique) de fermer les IUFM pousse ce gouvernement à faire disparaître la formation qui allait avec. Mais devant certains détails de la procédure de mise à mort, les bras nous en tombent. Il n’y avait de toute façon pas de quoi applaudir…

En effet, dans le cadre des mesures transitoires entre l’ancienne formation et la nouvelle (façon de parler puisqu’il s’agit de la supprimer), il vient d’être décidé (circulaire du 20/08/09) de parachuter en classe des étudiants (PE1) sans aucune formation pour des stages en responsabilité totale (2 fois 2 semaines). Ils remplaceront ainsi des enseignants partis en stage, parfois même contre leur gré. Il n’ est même pas prévu de réelle transition avec le titulaire de la classe, en dehors d’une vague journée d’observation.

Notre administration, d’habitude si soucieuse de sécurité (sorties, taux d’encadrement, plan de mise en sureté, alerte incendie, agréments, surveillance de récréation, circulation d’élèves), semble n’avoir rien à redire au fait qu’on confie la totalité d’une classe d’une trentaine d’enfants en cours double à un étudiant inexpérimenté n’ayant pas (encore) réussi le concours.

Les étudiants accepteront certainement ce dispositif bien rémunéré basé sur le volontariat (3.000 € les 4 semaines, salaire totalement inconnu chez les professeurs des écoles), d’autant plus que l’éventuelle réussite au recrutement de juin entraînera automatiquement la prise en charge d’une classe dès septembre… 2010 !

Bref, être professeur ne s’apprend plus mais s’improvise, aussi bien en stage que sur le terrain. Disparaissent des années de savoir-faire professionnels et de connaissances théoriques déjà insuffisamment transmis pour faire face aux nouveaux défis scolaires (élévation générale du niveau, prolongation des études, prise en compte de l’hétérogénéité, accueil d’élèves handicapés, lutte contre l’échec scolaire, informatique, langues vivantes). Voilà donc comment on passe de l’amphithéâtre au théâtre… d’improvisation en classe. Si c’est de l’art, c’est dramatique.

Lire aussi les articles du dossier : Formation des maîtres et masterisation.

 



Carte scolaire : la Cour des comptes pointe un risque de ghettoïsation

Article Le Monde.fr

L‘assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges « ambition réussite », ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C’est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.

C’est au détour d’une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l’assouplissement de la carte scolaire. Nombre d’observateurs s’en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l’éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.

Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges « ambition réussite », 186 ont perdu « jusqu’à 10% » de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.

Alors ministre de l’éducation, il avait jugé que la carte scolaire, qui affecte un élève dans un collège ou un lycée en fonction de son lieu de résidence, « n’assure plus l’égalité des chances et ne répond plus aux attentes des familles », car elle est « régulièrement contournée ».

Même s’il chiffre à 7 %, et non pas 10 %, la perte d’élèves par certains collèges difficiles, l’actuel ministre de l’éducation, Luc Chatel, n’a pas contesté ces résultats. M.Chatel dit attendre, « d’ici à la fin de l’année, une étude plus détaillée » par ses services, le rapport rendu public par Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes, ne reposant que sur six collèges « ambition réussite » de trois académies: Aix-Marseille, Lille et Versailles.

Plutôt que sur la fuite des collèges difficiles par leurs élèves, le ministre préfère mettre l’accent sur « 50 établissements “ambition réussite” qui sont devenus plus attractifs et ont gagné des élèves », et sur les familles qui « sont satisfaites de l’assouplissement de la carte scolaire ». « D’ailleurs, le gouvernement entend poursuivre jusqu’à sa disparition », note-t-il.

De son côté, M.Picq admet que « six collèges difficiles, ce n’est pas très représentatif. » « Mais personne n’a remis en cause nos conclusions, remarque-t-il. Nous avons vraiment rencontré tout le monde: principaux, équipes pédagogiques, recteurs, inspecteurs d’académie, élus, associations… Tous ont relevé un aspect positif: des élèves boursiers ont pu aller étudier dans de meilleurs établissements. Et un aspect négatif: la perte d’élèves. » La Cour prône de ce fait l’accentuation de la lutte « contre la constitution de “ghettos scolaires” ».

Le libre choix des familles mis en avant par MM. Darcos et Chatel n’en est pas un aux yeux de la sociologue Agnès van Zanten, pour qui « le choix de l’établissement n’a de sens que s’il y a une vraie offre. Or les familles doivent se déterminer entre un bon et un mauvais établissement, ce qui n’est pas un choix. Et comme elles choisissent toutes les mêmes établissements, cela crée de l’insatisfaction ».

Pour l’auteure de Choisir son école (éditions PUF), le rapport de la Cour des comptes n’est pas une surprise: « L’idée était de récompenser les bons élèves des classes populaires. Les enseignants eux-mêmes les invitent à quitter les mauvais établissements, ce qui conduit à la fuite des “têtes de classe” et à la ghettoïsation. » Même dépit du côté du SNES, principal syndicat du secondaire: « Le message d’origine qui était celui de la méritocratie scolaire, devient “quittez votre quartier”. Au bout de deux ans, on a des collèges qui ont perdu jusqu’à 40% de leurs effectifs », déplore Daniel Robin, co-secrétaire général.

Comment corriger ces effets pervers? Le SNES réclame plus de moyens. M.Chatel propose, entre autres, d’ajouter aux critères permettant l’accès à un meilleur établissement (boursiers, handicapés), le fait d’être élève d’un collège « ambition réussite ». Ce changement pourrait cependant augmenter la ghettoïsation desdits collèges. MmevanZanten imagine, elle, d’« instaurer des quotas par catégories d’élèves (bons, moyens, mauvais) dans les établissements, comme l’Angleterre qui prend des mesures contre le libre choix ».

La Cour des comptes estime, quant à elle, que la lutte contre l’échec scolaire fondée sur l’aide individualisée, ne peut plus reposer sur le volontariat des enseignants et des élèves. « Il faut intégrer cette aide dans les obligations de service, mais ça risque d’être la révolution », prévient M.Picq.

Marc Dupuis

 

 



Une étude universitaire compare l’efficacité de l’aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d’élèves bénéficiant des deux heures d’aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l’aide apportée dans le cadre des Rased s’avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L’étude porte au total sur 144 élèves.
Cette recherche, conduite par Jean-Jacques Guillarmé, professeur de psychopathologie à Paris-VIII et la psychologue Dominique Luciani, était présentée lors des Assises de la rééducation organisées samedi 24 octobre 2009 à l’université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis) par la Fnaren.

« L’étude révèle que les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des deux heures d’aide individualisée sont d’abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased », analyse Fatima Keskas, maître spécialisée en charge de rééducation (G) et membre du bureau national de la Fnaren.

Le protocole de recherche permet d’évaluer 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. Les chercheurs estiment que les enseignants ont obtenu de « bons résultats » à partir du moment où la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour l’ensemble des cinq blocs de compétences.

TROUBLES DU COMPORTEMENT

Les chiffres recueillis révèlent que l’aide individualisée « n’est pas beaucoup conduite dans les zones d’éducation prioritaire », rapporte Fatima Keskas : « Les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec deux heures de soutien. » L’étude montre que les Rased parviennent à faire progresser suffisamment 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L’implication des parents, également mesurée par les chercheurs, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.

Pour améliorer l’action des Rased, les chercheurs proposent aux Rased de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d’introduire des Rased dans le second degré. Des propositions accueillies avec intérêt par les 300 rééducateurs et professeurs des écoles rassemblés samedi aux Assises de la rééducation. « La parentalité est-elle vraiment un axe que nous devons développer, ne sortons-nous pas de nos fonctions ? De même, ces 30 % d’élèves que nous ne parvenons pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation et pas plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? Certains présentent des troubles du comportement très lourds et sont capables de faire exploser une école », s’interroge Fatima Keskas.

MENACES SUR L’AVENIR

Les participants aux Assises de la rééducation s’inquiètent aussi de l’avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. En l’espace de quelques années, le nombre d’enseignants envoyés en stage de spécialisation par les inspecteurs d’académie est passé de « 250 à tout juste 40 », assure Fatima Keskas, estimant que « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ».

Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés (AEF n°116043), 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes (AEF n°108303). Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent dorénavant sur un ou deux groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased, explique Fatima Keskas : « Chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c’est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

La Fnaren compte solliciter une audience auprès du ministre de l’Éducation nationale sur le thème des Rased. Elle devrait également rencontrer prochainement ses partenaires associatifs, la  Fname et l’Afpen, ainsi que les syndicats enseignants. Les résultats de cette étude seront communiqués aux députés.

La Fnaren fédère « 90 associations départementales de rééducateurs de l’Éducation nationale et 1 800 adhérents ».

Contact : Fnaren, Loïc Douet, Vice président, loic.douet@fnaren.asso.fr

 

 

Etude comparative de l’efficacité de l’aide individualisée avec celle des Rased

Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d’élèves bénéficiant des 2 h. d’aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l’aide apportée dans le cadre des Rased s’avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L’étude portait au total sur 144 élèves.

« Selon l’étude, les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des 2 h. d’ A.I. sont d’abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased ».

Le protocole de recherche évalue 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les questionnaires sont renseignés par les enseignants. On considère qu’ils ont obtenu de « bons résultats » lorsque la courbe de progression des élèves est haute et homogène pour les cinq blocs de compétences.
Les chiffres recueillis révèlent que l’A.I. « n’est pas beaucoup conduite dans les zones d’éducation prioritaire » car « les enseignants ont conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues avec 2 heures de soutien ».
Les Rased font progresser 70 % des élèves dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le champ des compétences relationnelles. L’implication des parents, également mesurée, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des cas.
Pour améliorer l’action des Rased, les chercheurs leur proposent de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d’introduire des Rased dans le 2d degré. en outre, ces 30 % d’élèves qu’ ils ne parviennent pas à aider relèvent-ils vraiment de la rééducation ou plutôt des Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? (troubles du comportement très lourds).
L’avenir réservé à la fonction de rééducateur dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants est inquiétant. En quelques années, le nombre d’enseignants envoyés en stage de spécialisation a chuté de « 250 à tout juste 40 », et « supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ». Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés, 1 500 ont été « sédentarisés » dans des classes. Les 1 500 autres, selon les départements, interviennent sur 1 ou 2 groupes scolaires et plus rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased : « chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui semblait. Résultat, c’est le flou total. Les zones rurales, déjà très peu pourvues, sont dépossédées. »

 

 



Cahors: le choix de l’école publique laïque

Article MédiaPart

Le 26 juin dernier, le conseil municipal de Cahors (46), a voté le « non renouvellement de l’accord liant la ville de Cahors aux établissements d’enseignement privé sous contrat d’association pour la prise en charge des dépenses de fonctionnement matériel des classes maternelles ».

 

Cette décision prend effet dès la rentrée 2009. Pendant l’année scolaire 2008-2009, 58.684 euros avaient été alloués à deux maternelles privées, soit 624,30 euros par enfant. « Par position politique et philosophique plus que financière ou stratégique » précise l’adjointe chargée des affaires scolaires, ce crédit est intégralement reversé à l’Ecole publique car celle-ci « doit jouer un rôle fédérateur au centre d’un quartier ou d’un village ».

 

La loi n’oblige à financer que l’externat pour les classes des écoles élémentaires sous contrat d’association dans le cadre de l’article 4 de la loi Debré du 31 décembre 1959, avec interdiction de financer l’investissement ou toute autre dépense non explicitement mise à la charge de la commune conformément à la loi Goblet du 30 octobre 1886. Le financement des classes pré élémentaires y compris sous contrat d’association et des écoles sous contrat simple est facultatif,. Si la commune a donné son accord, elle peut décider de ne pas le renouveler.

 

D’autre part« les collectivités locales ne sont pas tenues d’étendre aux élèves de l’enseignement privé les mesures sociales à caractère facultatif qu’elles prennent au bénéfice des élèves de l’enseignement public », cette décision est confirmée à de multiples reprises par le Conseil d’Etat (5 juillet 1985, Ville d’Albi,; 14 janvier 1987, Département du Pas-de-Calais….

 

La commune de Cahors précise «qu’elle respecte la liberté de choix des parents d’élèves, mais que la collectivité ne pouvait assumer les choix individuels », la « discrimination, c’est de financer une école religieuse ou particulière », « une république laïque doit assumer la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce qui veut dire, que nous, élus, sommes garants devant les citoyens du respect de la laïcité ».



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