Les héros de la culture sont fatigués…

par zébulonne, enseignante
15.12.09
Article Le Monde

Enseignante en lycée depuis trois ans après sept années de collège et mère de deux enfants, je suis vraiment très inquiète pour l’avenir de notre école, de nos enfants et de notre démocratie.
Certains de mes collègues sont des battants, motivés et parfois totalement habités par leur mission et qui persistent à croire qu’il est possible d’éduquer et de former à la réflexion des générations toujours plus larges et plus sollicitées par des sirènes contraires. Ceux-ci s’investissent parfois au-delà de leur mission première et montent divers projets pour soutenir et susciter l’intérêt des élèves. Ils sont rarement reconnus ou remerciés que ce soit par l’institution ou les parents.

Il arrive en revanche assez fréquemment qu’on reproche à un enseignant qui fait du mieux qu’il peut la mission qui lui a été confiée dans le cadre institutionnel de ne pas faire plus, de ne pas organiser de voyage ou de sortie pédagogique comme si ce supplément d’âme était un dû.

J’entendais Ariane Mnouchkine nous appeler « héros de la culture » et c’est vrai qu’il faut souvent du courage pour tenter d’instiller dans les cerveaux de nos bambins, le ferment de la culture, de la science et de la poésie, la graine du civisme et de la réflexion. Il est vrai aussi que ce combat est parfois vain et que des pans entiers de nos classes sortent mal ficelés, peu préparés à s’adapter aux changements du monde contemporain, encore moins à les penser. Ils pourront- si toutefois ils trouvent un emploi- les consommer ou être broyés par eux sans résistance. Certains seront sauvés certes… Mais ce choix – cette sélection – a de plus en plus un lien direct avec l’origine sociale alors les héros de la culture sont fatigués et un peu désespérés.

Ce gouvernement détricote progressivement notre école qui déjà ne sait plus du tout réparer les inégalités sociales initiales. Un seul objectif, louable certes, la réduction de la dette publique, guide les mesures qui se succèdent et s’ajoutent, créant à chaque fois des oppositions mais sans susciter de contestation efficace et solidaire.

Que voulons-nous donc : une génération qui n’aura pas de dettes mais pas trop de tête non plus ? Il suffit bien que certains – les chefs – pensent ; ils diront aux autres ce qu’ils doivent faire – telle semble être la philosophie implicite de mon ministère. Les enfants de ceux qui ont un capital économique et/ou culturel pourront toujours aller se former dans des écoles privées où on leur apprendra le maniement de la langue qui permet éventuellement le maniement des autres, ou recevront à la maison les bases nécessaires à leur bon développement et à leur épanouissement personnel.

Quant aux autres, s’ils sont en difficulté dès la maternelle ou la primaire, ils ne pourront plus être aidés par des psychologues ou des rééducateurs formés, qui dans les RASED parvenaient souvent à dénouer des situations complexes. C’est proprement insulter ces professionnels et bien des recherches en psychologie et sociologie de l’éducation, que de croire qu’en regroupant une demi-heure par semaine les élèves en difficulté, le maître d’école va pouvoir sans changer d’outil ni de regard, sans formation, débloquer les situations les plus difficiles. C’est pourtant le choix qui a été fait en primaire et que le ministre s’apprête à étendre au lycée. Des fédérations de parents et des syndicats enseignants ont alerté, tenté de résister mais peu ou prou l’affaire est passée. Les dégâts sont à venir. Mais des postes ont été supprimés et seront supprimés. Cela seul compte.

De même l’intégration croissante des élèves en situation de handicap dans le système « normal » se fait bien souvent au détriment de la qualité de leur accueil, faute de formation des personnels. Là encore derrière les belles déclarations d’intention se cache la suppression des budgets nécessaires pour payer des personnels réellement formés pour accueillir et encadrer ces élèves « à besoin spécifique ». Là aussi, les dégâts et les déceptions sont à venir.

On sent désormais une lutte idéologique s’associer à l’objectif budgétaire pour supprimer ou diminuer l’influence de matières qui pourraient aider les élèves à réfléchir par eux même, c’est à dire contre l’idéologie dominante (celle du marché et de ses pseudo-lois naturelles qui permettent le maintien des hiérarchies existantes), partout présente sous des formes apparemment anodines : sont visées en premier lieu les sciences économiques et sociales qui permettent de construire un regard distancié et potentiellement critique sur notre société et l’histoire géographie qui s’est vivement défendue et a recueilli beaucoup de soutiens dans les mondes universitaires et médiatiques.

Les langues ont en amont déjà été quasiment vidées de leur contenu culturel au profit d’un enseignement en « compétences » qui ne donne pas vraiment les fruits escomptés. L’enseignement du français, base de tous les autres enseignements est lui même réduit et rendu plus difficile alors que tous les professeurs s’accordent à reconnaître l’urgence d’une meilleure maîtrise de la langue maternelle.

Sans doute suis-je pessimiste et évidemment ma position s’inscrit dans une analyse consciemment ancrée à gauche, mais je pense qu’il ne déplaît pas – de façon consciente ou non -, à ceux qui nous dirigent que la majorité des élèves ne parvienne pas à développer un niveau de réflexion suffisant pour résister aux manipulations médiatiques, pour analyser un discours politique et/ou économique et apprendre à construire un argumentaire, pour se réunir et croire en sa capacité de résister ou d’inventer quelque chose. Là-aussi les dégâts sont à venir et peuvent véritablement inquiéter.

Comment réagissons-nous devant les suppressions massives de postes qui se traduisent par les aberrations évoquées ci-dessus, sans compter le massacre de la formation des enseignants.

Il y a là véritablement de quoi hurler : pour qui sait combien il est difficile d’entrer dans ce métier et que les premières années se font dans une douleur, variable selon les tempéraments, jusqu’à ce que l’enseignant trouve son rapport personnel à l’autorité et à la transmission des savoirs, il est évident que ce à quoi on veut réduire la formation des maîtres est une horreur et qu’on envoie sciemment des jeunes collègues au casse-pipe psychologique, sans leur donner la possibilité de se ressourcer ou de se construire ni même de préparer correctement leurs cours, car cela s’apprend aussi et qu’en début de carrière cela prend énormément de temps.

Je plains sincèrement mes jeunes collègues qui vont faire les frais de cette nette régression. Et je regrette le peu de solidarité des collègues en place, qui, parce que l’IUFM était loin d’être parfait, acceptent assez facilement la suppression d’une formation digne de ce nom pour nos futurs collègues. De toute façon, le ministère a déjà recours depuis bien longtemps à des vacataires qui ne sont ni formés ni payés correctement et qui pourtant doivent assurer la même tâche que les titulaires recrutés sur concours. Alors advienne que pourra. Les dégâts sont à venir chez les professeurs et les élèves.

Et ce sera là mon dernier motif d’écoeurement, les salles des profs à quelques exceptions près ne sont plus des lieux de solidarité et d’engagement. Elles sont encore souvent faites d’individus agréables et qui s’investissent dans leur métier et auprès des élèves mais la majorité est en retrait en ce qui concerne la réflexion et la lutte syndicale ou politique pour la construction d’une école plus démocratique et plus juste. Les aînés sont probablement lassés d’avoir lutté en vain et dû subir de nombreux revers, les nouvelles générations ne sont pas formées à la lutte ni même simplement à l’existence d’une possible parole collective et se méfient « spontanément » (après tout de même un beau travail de sape médiatique) de tout mouvement syndical.

La dernière mouture de la réforme du lycée rondement menée par le ministère a suscité, hélas, des prises de position par discipline, chacun cherchant à tirer la couverture à soi alors qu’il eût fallu faire front commun, car là encore le seul objectif est budgétaire. Les syndicats ont fait ce travail mais ils ne sont plus majoritaires dans les salles des professeurs et malgré de belles mobilisations par matière ou par endroit, la « réforme Chatel » ne paraît pas pour l’instant en danger. Un glissement vers le centre et la droite s’est opéré. Tant mieux pensera notre bon vieux pays de droite. Tant mieux ou tant pis c’est selon, mais il est sûr que si l’on ne veut pas de l’école qui se dessine là en creux par petites touches décidées, il faudrait le dire haut et fort dans la rue, dans les forums et surtout dans les urnes, il faudrait inventer de nouvelles formes d’action ou retrouver le chemin des luttes traditionnelles.

Les héros de la culture sont fatigués et ont besoin du soutien des usagers de l’école, parents et élèves et même employeurs qui accueillent les nouvelles générations et mesurent parfois amèrement les dégâts d’une éducation au rabais. Il est certain en tout cas qu’ils ne peuvent pas compter sur leur hiérarchie proche ou lointaine.

L’école est l’affaire de tous. Sans soutien ni reconnaissance, des professeurs qui se battent pour donner une véritable instruction à tous, se lasseront. Nombre d’entre eux songent déjà à quitter un métier exigeant et difficile mais dévalorisé et souvent décrié. Alors il n’y aura plus pour élever nos enfants que des adultes gardiens, qui ne leur apprendront que la soumission à l’autorité en répétant mal les discours à la mode ou des adultes animateurs qui les occuperont gentiment (ou pas) en tâchant de ne pas se faire trop déborder pendant que nous irons travailler. C’est déjà parfois le cas.

Mais le pire est devant nous.

Rassurez-moi : le pire est-il toujours certain ?

 

PS (du webmaster) : Moi aussi je suis fatigué de me battre contre un pouvoir absurde et j’ai besoin de vacances pour repartir au combat en janvier.

Bonne vacances à tous et bonnes fêtes de fin d’année.



POURSUITE DE L’ACTION DÈS LA RENTRÉE : GREVE ET MANIFESTATION NATIONALE EN JANVIER

Communiqué du SNES

Logo SNES

Réformes inacceptables du lycée et de la formation des maîtres, pouvoirs accrus des chefs d’établissement dans le cadre d’une réforme de la « gouvernance » des EPLE*, collège abandonné aux conséquences de la loi Fillon, absence de revalorisation de nos métiers, libéralisation de la carte scolaire, attaque contre le service d’orientation scolaire, recours accru à la précarité…
ÇA SUFFIT !
Pour faire entendre la voix des personnels, obliger le gouvernement à renoncer à ses « réformes » et imposer une autre politique
Éducative, le SNES décide d’un PLAN D’ACTION CONTINU : « 10 JOURS POUR L’ÉCOLE » DU 14 AU 23 JANVIER pour mobiliser les personnels, convaincre et réussir une grande MANIFESTATION NATIONALE À PARIS LE 23 JANVIER :
JOURNÉE DE GRÈVE NATIONALE À LA MI-JANVIER, dans le cadre le plus unitaire possible ;
– actions dans les établissements en direction des personnels : réunions, heures d’information syndicale, assemblées générales…
– campagne publique d’information et d’alerte auprès des lycéens, des parents, de la presse, de l’opinion…
– refus collectif de toute anticipation des décrets et arrêtés.
*EPLE = Établissement Public Local d’Enseignement : collège ou lycée

ÉTATS GÉNÉRAUX DES SERVICES PUBLICS
Suite au succès d’une démarche large et unitaire (associant usagers, personnels et élus) à l’occasion de la votation citoyenne pour la défense de La Poste, la FSU, la CGT et Solidaires (du côté syndical), le PS, le PC, les Verts, le parti de gauche, la gauche unitaire (coté politique), la LDH, ATTAC, Copernic, (du coté associatif), considèrent aujourd’hui indispensable d’ouvrir un débat citoyen national sur des propositions pour des services publics du XXIe siècle efficaces et démocratiques.
Ils ont constitué ensemble un collectif national pour les États généraux des services publics qui sera officiellement lancé le 17décembre par un meeting à la Mutualité. En articulation avec cette démarche, sera lancée une pétition nationale reprenant la demande d’insérer dans la constitution des principes forts sur les services publics.



«Chatel, si tu savais, ta réforme où on s’la met !»

Article Libé.fr

REPORTAGE

Motivés, mais peu nombreux, des lycéens parisiens ont tenté de bloquer leurs établissements jeudi, pour protester contre la réforme du ministre de l’Education Luc Chatel.

Par LUCIE LE HOUEZEC

Le lycée Victor Duruy (VIIème arrondissement) bloqué par ses élèves.

Le lycée Victor Duruy (VIIème arrondissement) bloqué par ses élèves.

 

Paris, VIIème. Ce jeudi, devant le lycée Victor Duruy, 100 à 200 lycéens organisent le blocage. Les plus motivés sont présents depuis 07h00 du matin et la neige ne les fait pas fuir.

Peu à peu, les élèves arrivent, s’entassent, bloquent l’entrée de l’établissement. «Cool!, lance l’une d’elle, j’avais pas eu le temps de réviser les logarithmes !». Les collégiens et les prépas rejoignent leurs salles de cours, sous les sifflets des lycéens.

«Oui, oui, oui, à notre éducation !»

«Non, non, non, aux suppressions, oui, oui, oui, à notre éducation !» scandent les lycéens, perchés sur les arceaux à vélo. Marine, 17 ans, explique les raisons de sa présence: «Je ne suis pas complètement contre cette réforme parce qu’en S [filière scientifique, Ndlr] on a beaucoup plus de matières que les autres pour le bac. Avoir l’Histoire-Géo en option, ça allègerait les révisions de terminale. Mais d’un autre côté, c’est un enseignement vraiment important qui nous apporte de la culture G».

Selon, elle, s’il y a une matière à supprimer, c’est l’ECJS – éducation civique, juridique et sociale – qui représente deux heures de cours par mois.

Pour Irène, 15 ans, cette réforme spécialise encore plus les études avant le bac. «On ne peut pas déjà choisir ce qu’on veut faire de notre vie», s’indigne-t-elle.

Camille, 15 ans elle aussi, est syndiquée à la FIDL. Selon elle, «la suppression de l’Histoire-Géo en S a motivé les étudiants à se mobiliser mais la mesure importante est la suppression des postes». Elle explique que le fait de passer cette matière en option est une ruse, «après ils vont la supprimer».

9h00. La neige en amuse certains et en fait fuir d’autres. Entre deux slogans, les plus motivés demandent aux autres de rester mobilisé et de ne pas partir. Puis, ils reprennent leur refrain : «Chatel, si tu savais, ta réforme, ta réforme, Chatel, si tu savais, ta réforme où on se la met !».

Une mobilisation forte, mais vite retombée

Quatre heures plus tard, des élèves de plusieurs lycées du XVIème arrondissement les ont rejoint. Ensemble ils prennent la route de l’Assemblée nationale, pensant se rendre au Ministère de l’Education nationale… dans la direction opposée. Rapidement, les CRS les encerclent. Les manifestants font demi-tour et retournent devant le lycée avant de se disperser.

Les syndiqués de la FILD prennent les choses en main et lancent un appel au mégaphone : «On va a Sèvres-Babylone rejoindre d’autres lycéens!». La moitié du groupe suit, l’autre décide de rester bloquer le lycée jusque 16h30. Pour témoigner leur soutien, une vingtaine de professseurs ont signé une pétition.

Objectif rue de Grenelle

A 13h30, il ne neige plus. La vingtaine d’étudiants décidés à rejoindre le ministère se met en route, mégaphones et klaxons sous le bras. Ils rejoignent leurs camarades, une trentaine au total. «Je viens d’avoir quelqu’un au téléphone qui m’a dit que 38 cars de CRS nous attendent devant le ministère, ce qui fait quasiment un car par personne. Vous voulez y aller?», demande un des membres de la FILD. L’assemblée répond oui à l’unanimité.

Le cortège se met donc en marche, direction la rue de Grenelle. Sur la route, ceux qui n’ont pas eu le réflexe «Moon Boots» se plaignent du froid et de la faim : «On est quand même dehors depuis 07h00 du matin !».

A l’arrivée, les CRS sont bien présents, mais beaucoup moins nombreux que ce qui était annoncé : seulement un CRS par élève. Quelques minutes plus tard, le mouvement perd encore de l’ampleur. Les élèves partent par petits groupes. «Il ne va rien se passer et aucune délégation ne rentrera dans le ministère contrairement à ce que l’on espérait».

Les plus courageux d’entre eux prévoient de relancer le mouvement demain matin.



Communiqué après le CSE du 10 décembre 2009

Communiqué Sud Education

logo SUD

Communiqué commun du 10 décembre 2009

Réforme du lycée

Le ministre enfonce le clou

Le ministre a présenté son projet de réforme du lycée au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10 décembre. Dans un discours bien rodé qui ne varie pas d’un iota depuis quelques semaines, il a confirmé l’ensemble de ses orientations et propositions, avant d’annoncer la publication des textes fin janvier.

Le ministre s’entête et n’a en aucune façon entendu les demandes qui lui ont été adressées inlassablement au nom des personnels et que le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALCCSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU lui ont présentées ensemble une nouvelle fois au CSE.

Il doit renoncer à son projet et reprendre les discussions sur de nouvelles bases tout en poursuivant celles sur les séries STI et STL.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU prévoient dès à présent de se rencontrer en réunion intersyndicale nationale pour décider des suites à donner aux premières mobilisations de ce jour.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU appellent les personnels à poursuivre et renforcer sans attendre la mobilisation dans les établissements –lycées et collèges-. Ils les appellent à se réunir dans les établissements (assemblées générales, heures d’information syndicales…), à débattre du projet du ministre, à prendre position, à discuter des suites de l’action ainsi qu’à rencontrer les parents d’élèves, les lycéens et leurs organisations.

 

Dans les lycées et les collèges, amplifions la mobilisation contre les réformes Chatel !

Le CSE a adopté le 10 décembre le projet de réforme du lycée, malgré l’opposition d’une intersyndicale représentant une large majorité des personnels.

Les décrets sur les filières générales du lycée sont annoncés avant la fin du mois de janvier et le ministre présentera au mois de mars 2010 la réforme des séries STI/STL.

Les mobilisations du 10 décembre doivent donc s’amplifier dans les lycées et dans les collèges qui sont aussi concernés par le renforcement du pouvoir du chef d’établissement et par la mise en place du conseil pédagogique, véritable hiérarchie intermédiaire.

C’est pourquoi SUD Éducation a proposé à l’intersyndicale nationale de se réunir le plus rapidement possible pour décider de l’action en janvier. Il faut, dans le même temps, se tourner vers les lycéens qui ont commencé à se mobiliser et vers les parents des lycéens et des actuels collégiens pour les informer des conséquences de cette réforme : tracts communs, réunions publiques…

Tous ensemble il est encore temps de faire reculer ce gouvernement !

En référence : la déclaration de SUD Éducation et la déclaration intersyndicale lors du CSE ci-dessous, le communiqué de presse et la pétition intersyndicale contre la réforme Chatel.

CSE du 10 décembre : réforme du lycée. Résultat des votes

SUD et l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAP-FSU) ont voté contre les 4 projets de textes :
-  « projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement des EPLE » : désignation et attribution du conseil pédagogique, pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT, Ligue de l’enseignement) contre : 26 (dont SUD, FSU, FO, CGT, UNEF, Snalc UNL), 7 abstentions dont la FCPE, 5 refus de vote ;
-   « projet de décret relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation », pour : 35 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 20 votes dont SUD/intersyndicale, 13 abstentions dont FCPE et UNL, refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements de la classe de seconde », pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 19 (dont SUD et intersyndicale), 15 absentions (dont FCPE et UNL), 0 refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal », pour : 22 (dont Unsa-Éducation), contre : 22 (dont SUD et intersyndicale), 13 abstentions (dont FCPE et UNL) et 7 refus de vote (dont Sgen-CFDT qui réclamait la suppression totale de l’histoire-géographie en terminale S).

Déclaration de la Fédération SUD Éducation

M. Le Ministre,
Mmes et M. les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation Nationale,

Votre projet de réforme du lycée, loin toute considération pédagogique, s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’Éducation. Celle-ci doit y contribuer pour 80 000 suppressions de postes d’ici 2012. Votre projet s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un sens critique par les lycéens. Il s’inscrit dans la continuité de vos projets et notamment de la reforme de l’enseignement professionnel et de l’Université.

Les décrets et arrêtés que vous nous présentez consacrent un net durcissement des premiers axes dévoilés en octobre. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes et des effectifs à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires par le renforcement du rôle du conseil pédagogique ; nous en contestons tant la désignation que les prérogatives. La multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) est inacceptable alors que votre ministère ne cache plus sa volontiers finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et un service public d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, et d’une globalisation d’une part importante des horaires. Celle-ci aboutira à la mise en concurrence des disciplines et à des choix très inégalitaires suivant les établissements et leurs publics. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire.

Pour les élèves, ce projet renforcera toujours le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités Sociales.

SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous. La présentation du projet au CSE le 10 décembre est sans doute pour vous l’ultime étape ; nous espérons qu’elle sera avec les premières initiatives de ce jour le début d’une mobilisation contre vos projets.

Avec l’ensemble de ceux qui refusent cette régression nous voulons imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.

Déclaration d’ouverture de l’intersyndicale

SNES- FSU, SNEP- FSU, SNETAP- FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL- FAEN, SNALC- CSEN

Monsieur le Ministre,

Le SNES- FSU, le SNEP- FSU, le SNETAP- FSU, le SNFOLC ; la CGT Educ’action, SUD Éducation, le SNCL- FAEN, et le SNALC- CSEN vous ont adressé une lettre commune le 3 décembre, par laquelle ils vous demandaient de ne pas présenter au CSE réuni ce jour votre projet de réforme du lycée.

Les organisations citées considèrent que la réforme des structures que vous souhaitez se traduit, d’abord, par un accroissement dangereux de l’autonomie des établissements. Laissant à discrétion l’utilisation de près d’un tiers de l’horaire professeur, elle risque d’accroître les inégalités qu’elle prétend combattre. Elle conduira à la concurrence interne entre les disciplines, celle-ci s’est déjà exprimée. Elle induira une pareille concurrence entre les établissements.

Il n’est pas acceptable que l’accompagnement personnalisé des lycéens soit installé au détriment des horaires disciplinaires dispensés aux élèves, dans des disciplines par ailleurs dénaturées, en particulier pour celles qui sont cantonnées en seconde dans les enseignements d’exploration réduits à 1h30. De même, la mise en place d’un tronc commun en classe de première entretient l’illusion de possibilités de changement de parcours pour les élèves. Elle permettra, en réalité, l’augmentation des effectifs dans les classes et, à terme, de nouvelles suppressions de postes. Plus généralement, votre réforme suppose une extension des missions des enseignants bien au-delà de leurs responsabilités. Elle leur délègue notamment une responsabilité accrue quant à l’orientation qui n’est pas de leur mission.

Enfin, le projet que vous nous soumettez veut modifier radicalement sur plusieurs points le décret régissant le fonctionnement des EPLE. Vos propositions, qui concernent également le collège en ce qu’elles touchent notamment à l’organisation du conseil pédagogique, n’ont fait l’objet d’aucune discussion préalable. Elles font de votre projet celui d’une réforme profonde et générale de l’enseignement du second degré qui n’a jamais été débattue pour elle- même.

Cela n’est pas acceptable. La réforme n’apporterait aucune réponse à la demande unanime d’amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions d’étude des élèves. Pourtant, le lycée doit être amélioré et personne ne peut se résoudre à l’échec d’un nombre important de jeunes, en particulier en classe de seconde. Nous vous demandons de renoncer à ce projet. Nous souhaitons la reprise des négociations sur d’autres bases, et la poursuite de celles portant sur les séries STI- STL

 

 

 

 



Réforme du lycée au CSE : le Ministre s’entête

Communiqué de la FSULogo FSU

13 décembre 2009

Réforme du lycée au CSE : le Ministre s'entête Le CSE a approuvé le 10 décembre le projet de réforme Chatel, contre la grande majorité des personnels. Le SNES-FSU refuse cette orientation, appelle à s’opposer à toute mise en place prématurée et à se mobiliser dans les établissements pour faire échec à cette réforme !

 

Le 10 décembre, après avoir refusé de retirer les textes présentés comme le lui demandait l’intersyndicale représentant près de 80% des personnels, le Ministre Luc Chatel a conclu son discours d’ouverture du CSE consacré à l’examen du projet de « réforme du lycée » en annonçant la publication des textes pour fin janvier. Tout en soulignant combien il était attaché à la concertation !
Il a tenté de faire croire que sa réforme avait pour objectif la réussite de tous les élèves et a rappelé l’objectif de N. Sarkozy : obligation de formation jusqu’à 18 ans et non de scolarité, en lien avec le plan de M.Hirsch.

Positionnement des différents membres du CSE
Principaux amendements repris pas l’administration
Amendements du SNES-FSU, rejetés par l’administration
Déclarations préliminaires et conclusion du Ministre
Résultat des votes
- Décret EPLE
- Décret orientation
- Arrêté sur la classe de seconde générale et technologique
- Arrêté sur le CT général et technologique

Positionnement des différents membres du CSE

L’UNSA, la CFDT, la FCPE (et la PEEP) et dans une moindre mesure l’UNL font montre d’adhésion à « l’esprit de la réforme », qui selon eux, sans répondre parfaitement à leurs souhaits, permettra de résoudre les problèmes du lycée, identifiés principalement comme un déséquilibre dans les filières et qui contient les leviers aux transformations pédagogiques qu’ils souhaitent. Ils demandent une formation des personnels aux nouveautés de la réforme et déclarent qu’ils seront attentifs aux conditions d’accompagnement de cette réforme, en particulier en termes budgétaires et de suppressions de postes. Les déclarations et amendements de ces organisations, dont bon nombre ont été repris par l’administration sans vote, vont dans le sens d’un aménagement des textes. FCPE et UNL se sont abstenus sur les textes en signe de défiance par rapport au budget.

La FSU, FO, la CGT, le SNALC-CSEN et SUD, ainsi que l’UNEF, s’opposent à la réforme, dont ils pensent qu’elle aggravera les difficultés des lycéens, dont les horaires disciplinaires diminuent dans des établissements livrés à la concurrence et au pouvoir local des recteurs et chefs d’établissements. Les amendements proposés par le SNES-FSU, et rejetés, ont porté sur le conseil pédagogique, le rôle des personnels dans l’orientation, les stages de rattrapage et l’autonomie des établissements. Ces organisations ont voté contre les textes.

Les autres membres du CSE : organisations du privé, représentants de la société civile (Ligue de l’enseignement, CFTC, MEDEF etc.) se sont dans l’ensemble positionnés en faveur de la réforme.

Principaux amendements repris par l’administration

  • EPLE : en ce qui concerne les dotations en heures d’enseignement et d’accompagnement personnalisé, le Conseil d’Administration ne se prononce que sur des propositions du chef d’établissement, sans possibilité de l’amender. En cas de rejet, « la commission permanente procède à une nouvelle instruction soumise au vote du CA dans un délai de 10 jours suivant le premier vote ». En cas de deuxième rejet, le chef d’établissement arrête l’emploi des heures (amendement SE-UNSA). Cette disposition est en complète contradiction avec le début de l’article concerné, qui rappelle que « les EPLE (pas leurs chefs) disposent d’une autonomie qui porte sur l’emploi des dotations en heures » et ressemble à une opération de déconcentration sauvage.
  • Conseil pédagogique : « Le chef d’établissement désigne les membres du conseil pédagogique parmi les personnels volontaires après consultation des équipes pédagogiques concernées. »
  • La dotation globalisée destinée aux heures en groupes à effectif réduit indiquée dans les textes constitue un minimum que les recteurs ne peuvent plus moduler que pour l’augmenter (Amendement SGEN-CFDT et UNSA, qui approuvent la globalisation des moyens).
  • Dans l’accompagnement personnalisé figure désormais une offre obligatoire de travaux interdisciplinaires (amendement FCPE).
  • Le tutorat est proposé à tous les élèves et non plus aux seuls volontaires (amendement SGEN-CFDT et FCPE). Cette obligation nouvelle faite aux établissements sera difficile à concilier avec le maintien du volontariat des « tuteurs »…et n’a fait l’objet d’aucune précision sur son financement.

Note : un amendement du SGEN-CFDT demandant la suppression de l’option histoire-géographie en terminale S n’a pas été repris par l’administration et a motivé l’abstention du SGEN-CFDT sur l’arrêté concernant le cycle terminal.

Amendements du SNES-FSU, rejetés par l’administration

Devant la gravité des enjeux du projet, le SNES-FSU a opté pour le dépôt d’un nombre limité d’amendements, ne jouant pas à la marge, mais supprimant les dispositions qu’il jugeait inacceptables et afin que chaque organisation puisse clairement exprimer sa position.
Ainsi le SNES-FSU a demandé :

  • que le Conseil d’administration ait toute possibilité d’amender la répartition horaire proposée par le chef d’établissement, et son autonomie dans le domaine pédagogique telle que prévue dans le décret initial respectée.
    Vote : 16 pour, 37 contre, 6 abstentions, 7 refus de vote.
  • que les membres du conseil pédagogique ne soient pas désignés par le chef d’établissement mais par les équipes éducatives.
    Vote : 26 pour, 25 contre, 6 abstentions.
  • que les missions du conseil pédagogique soient strictement limitées à celles énoncées dans la loi.
    Vote : 21 pour, 31 contre, 7 abstentions, 13 refus de vote.
  • la suppression de l’obligation d’engagement des élèves à suivre des dispositifs de remise à niveau (stages « sas » et « passerelle » de rattrapage pendant les vacances scolaires)
    Vote : 18 pour, 48 contre, 2 refus de vote
  • une grille horaire nationale intégrant les horaires de travail en groupe à effectif réduit, aussi bien en seconde que dans le cycle terminal.
    Vote : 19 pour, 45 contre, 3 refus de vote.
  • la suppression dans l’accompagnement personnalisé des missions d’aide à l’orientation dévolue aux enseignants et écartant les COPsy.
    Vote : 19 pour, 48 contre.
  • la transformation du tutorat, axé sur l’orientation, en un « dispositif d’aide à l’acquisition de méthodes et démarches intellectuelles nécessaires à un travail autonome ».
    Vote : 16 pour, 47 contre, 1 abstention, 3 refus de vote

Déclarations préliminaires et conclusion du Ministre

Ouverture de la séance par L. Chatel, Ministre de l’Éducation Nationale

Le Ministre décline point par point les choix du gouvernement et le projet de réforme déjà connus et annonce la publication des textes pour fin janvier. Il annonce un calendrier pour la réforme des séries STI-STL et les grands axes de cette réforme…qui reste encore bien floue.

Déclarations des syndicats enseignants membres du CSE

Déclaration du SNES-FSU
Monsieur le Ministre,
Vous avez donc décidé de maintenir l’examen des textes définissant votre réforme des voies générale et technologique du lycée malgré la demande exprimée par une large intersyndicale représentant environ 80% des personnels d’enseignement, de vie scolaire et d’orientation dans les lycées.
(…)
Le SNES n’est ni pour le statu quo, ni partisan du changement pour le seul plaisir du changement, mais vous l’aurez compris, monsieur le Ministre qu’il rejette votre projet et vous exhorte à remettre l’ouvrage sur le métier… mais en écoutant réellement cette fois ce que les personnels ont à dire.
Pour terminer, nous espérons que les discussions sur l’avenir des séries industrielles et de laboratoire ne seront pas à l’image de celles que nous venons de vivre pour la voie générale et que, au-delà des précisions que vous avez données aujourd’hui votre projet conservera la spécificité de la voie technologique, en particulier dans la définition des enseignements généraux qui doivent pouvoir être enseignés en synergie avec les disciplines technologiques qui souvent créent la réussite des jeunes qui ont choisi cette voie.

Déclaration de la FSU

Déclaration de l’intersyndicale

Le SNEP-FSU propose un rendez-vous à la fin des 3 prochaines années pour faire un bilan réel de la réforme. Il estime qu’une réforme doit prendre en compte la complexité du système éducatif : contenus, temps scolaire et évaluation, et qu’il faut faire attention aux comparaisons internationales. Or cette réforme ne prend pas en compte de façon systémique de la cause des difficultés.

Pour la CGT, la question de la formation doit être pensée dans la durée, de la maternelle au plus au niveau de la carrière professionnelle. Il faut une qualification solide et durable. Si l’objectif continue d’être la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux et que le lycée est épargné, alors le collège trinquera. Si moins d’impôts bénéficient au plus riche, moins de cours aussi.

FO est attachée à l’égalité devant l’instruction, or l’autonomie conduit à une école inégalitaire et non républicaine.

SUD déplore de n’avoir pas été consulté sur réforme. Il constate une régression des conditions de travail et de la qualité de l’enseignement.

Cette réforme n’est pas celle souhaitée par le SE-UNSA, mais il estime qu’elle apporte des réponses pertinentes aux besoins des lycéens, car elle rompt avec le lycée tubulaire et élitiste et que le lycéen prend part de façon active à son orientation.

Le SNPDEN-UNSA estime assister à un décrochage du lycée par rapport aux normes internationales. Les études internationales montrent des réussites en présence d’un pilotage national clair et d’une adaptation au local. La réforme y répond.

Le SGEN-CFDT souhaite une réforme plus ambitieuse, avec des enseignements modulaires semestriels pour éviter le redoublement et mettre fin à la hiérarchie des filières.
Il est favorable à l’accompagnement personnalisé, au tutorat pour tous, à l’autonomie des établissements s’il s’agit d’une autonomie pédagogique collective (donc un conseil pédagogique avec une vraie légitimité [commentaire du SNES-FSU : dont les membres sont désignés par le chef d’établissement]), à la globalisation de certains horaires et fait le choix de se saisir de ces leviers de transformation.

Pour le SNALC, la réforme fait le choix de « collégiariser » le lycée faute de réformer le collège, sur un modèle qui est un échec avéré au collège !

Pour la FCPE, une réforme pédagogique d’ampleur est nécessaire, dont l’accompagnement pourrait constituer le premier pas.

La PEEP exprime sa déception du retrait de la réforme Darcos. La réforme Chatel lui semble moins ambitieuse mais intéressante : pas d’alourdissement du travail des lycéens, et concentration de la spécialisation sur la classe de terminale (un choix tardif est positif).

L’UNEF constate une détérioration du système éducatif, notamment liée à la dé-sectorisation qui remet en cause la mixité sociale. Elle est demandeuse d’une réforme mais le projet est insatisfaisant : le recours à l’autonomie et le contexte de suppressions de poste posent problème.

Conclusions de Luc Chatel
Le Ministre se félicite de l’état d’esprit et la qualité de la tenue des débats : s’accorder sur les mesures quand elles vont dans la bonne direction est faire preuve de pragmatisme et responsabilité.
Il n’a pas le sentiment de passer en force : les textes proposés ne sont pas ceux envisagés initialement, ils ont été amendés de façon positive par la concertation. La discussion ne s’arrêtera pas là : jusqu’au bout, des discussions seront possibles sur le contenu des circulaires ou sur la rédaction des programmes. Sur le contenu de la réforme : les commentaires allant de « révolution » d’un côté à « trop timide » de l’autre, laissent penser au Ministre que le curseur est positionné au bon endroit.

Luc Chatel développe la vision du système éducatif du gouvernement.
Le Ministre est le garant d’un système qui est un des socles de la République, l’Éducation Nationale. Les programmes resteront nationaux, les recrutements et les horaires resteront nationaux. Selon le Ministre, c’est un point essentiel et non négociable du système éducatif. La réforme est voulue d’abord pour les lycéens. N. Sarkozy a indiqué une obligation de formation entre 16 et 18 ans, dans le système scolaire ou en apprentissage.
Le ministre constate qu’ « au sein même de chaque classe il y a des différences. Aujourd’hui, les classes sont hétérogènes. »
La réforme consiste à adapter le système à la réalité du quotidien sur le terrain. Les problématiques sont différentes d’un lycée à l’autre. Le Ministre fait confiance aux équipes locales, enseignants, chefs d’établissement. Il ne revient pas sur les obligations de service des enseignants, mais leur propose de nouvelles missions sur la base du volontariat. Il ne s’agit pas de moins d’enseignement mais de mieux enseigner.
Par exemple, « orienter est une belle mission pour les enseignants : c’est une belle mission pour un enseignant que d’aider son élève à trouver sa voie. ». Ainsi pourrait-on, selon le Ministre, mettre fin à l’inégalité entre les élèves qui appartiennent à une famille qui décrypte le système et ceux qui se trouvent démunis.

Note : le SNES-FSU a tenu à rappeler au Ministre qu’il existait pour cela des conseillers d’orientation-psychologues et des CIO et que l’enquête du CEREQ le démontrait très clairement.

Résultat des votes

Décret EPLE

Pour UNSA, SGEN-CFDT, Ligue de l’enseignement, Snia-IPR etc. 32

Décret ORIENTATION

Pour UNSA, SGEN-CFDT etc. 35

Arrêté sur la classe de 2nde GT

Pour UNSA, SGEN-CFDT, Ligue de l’enseignement, Snia-IPR etc. 32

Arrêté sur le cycle terminal général

Pour UNSA 22

 



Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

16/12/2009

S.V

Une chose est sûre : la chute brutale des températures n’a pas démotivé les étudiants lycéens du Pays Basque encore et toujours mobilisés contre la réforme du lycée prévue par le ministre de l’Éducation Nationale, Luc Châtel.

Certes, ils étaient moins nombreux hier matin que la semaine dernière, mais plusieurs centaines de lycéens (entre 800 et 1 000 selon les forces de l’ordre) ont tout de même répondu présents et sont descendus dans la rue pour dénoncer une réforme qui va “à contre sens” des besoins réels du système éducatif. Rappelons peut-être que sept lycées de la Côte basque sont toujours bloqués et risquent très certainement de l’être jusqu’à la fin de la semaine… qui pourrait toutefois sonner le glas de la mobilisation étudiante en raison, bien évidemment, des vacances scolaires. Qu’en sera-t-il de la motivation des lycéens à la rentrée de janvier ?

Fin de l’école pour tous ?

“Cette réforme remet en cause le principe de l’école égalitaire au profit d’une école libérale où la priorité est donnée à la réussite” tonne un des rares professeurs présent dans le cortège. Et d’insister sur l’aspect élitiste de la société que l’on est en train de créer “petit à petit”.

 

Réforme/lycée: 7 établissements bloqués

 

Article Le Figaro.fr

Sept lycées étaient partiellement ou totalement bloqués aujourd’hui dans le département du Nord par des élèves qui protestent contre le projet de réforme du lycée,selon le rectorat de Lille.

Ces blocages, à la veille d’une journée nationale de mobilisation, affectaient partiellement les lycées Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van der Meersch à Roubaix et Beaupré à Haubourdin. Les lycées Montebello de Lille (hors classes préparatoires ou BTS), Marguerite de Flandre de Gondecourt et Kernanec de Marcq-en-Baroeul étaient, eux, totalement bloqués, selon le rectorat.

Aucun blocage n’était signalé en Picardie et en Champagne-Ardennes.

Le projet gouvernemental de réforme du lycée prévoit une revalorisation des filières technologique et littéraire, généralise le soutien et rend l’orientation « réversible ». La réforme doit aussi rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale S, recentrée sur les sciences.

Un premier projet, l’an dernier, avait finalement été écarté, en raison de la mobilisation lycéenne.

 

Les contestaires du lycée Kernanec toujours en pointe contre la réforme Chatel

mardi 15.12.2009, 05:04 - La Voix du Nord

 Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts. Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts.

|  ON EN PARLE |

Il a été lancé il y a une dizaine de jours, et a fait tâche d’huile dans la métropole …

 

. Le mouvement de contestation lancé par une partie des lycéens de Kernanec se poursuivait hier. La cible, c’est le projet de réforme des lycées. Petit tour du côté des lycées du secteur.

OAS_AD(‘Position1′);Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel dans Réforme du lycée

> Kernanec (Marcq). Hier matin sur le parvis de l’établissement, et dans un froid glacial, quelque trente élèves battaient la semelle, s’attachant à persuader ceux de leurs camarades qui voulaient aller en cours de n’en rien faire. Et s’ils veulent absolument entrer : « Ils entrent, on ne veut pas s’opposer par la violence », répond Quentin, élève en classe de seconde.

Quentin qui explique que, durant toutes ces journées, les lycéens d’ici et d’ailleurs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot : contacts d’un établissement à l’autre ; mise sur pied d’un site Internet où ils appellent à la mobilisation contre la « réforme Chatel » ; demande de rendez-vous au rectorat (il pourrait avoir lieu cet après-midi) ; préparation de la tenue d’assemblées générales (c’est pour ce matin) dans ou devant les « bahuts » ; organisation d’une nouvelle manifestation, prévue cet après-midi à Lille, à 14 h 30. Là, en ce lundi frigorifiant, les Kernanec distribuent un tract : « On en a cinq cents, mais il y en a eu quatre mille d’imprimés, pour les différents lycées. » Réforme « balancée comme un coup de poing économique », absence de concertation du ministre Luc Chatel avec les enseignants, programme pas encore défini, dénonce le billet en termes vifs…

> Lycée automobile (Marcq). Pas la moindre effervescence ce lundi, où, devant l’entrée, un élève interrogeait : « C’est quoi, la réforme Chatel ? » > Valentine-Labbé (La Madeleine). « Un blocus chez nous ? Non », indique une lycéenne de seconde. Elle ajoute cependant qu’en tout début de matinée, il y a avait du monde, qu’après beaucoup sont entrés à cause du froid – sans forcément aller en cours – et que pas mal sont repartis chez eux. •

PHILIPPE LEROUX

 

Des lycées toujours bloqués

Article 20Minutes.fr Créé le 15.12.09 à 04h14

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s'opposer à la réforme des lycées.

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s’opposer à la réforme des lycées./ C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Le préavis de grève avait été déposé pour les enseignants, il sera suivi par quelques centaines de lycéens. Au départ, il était question de manifester contre la réforme de l’IUFM, les revendications vont finalement s’étendre à la nouvelle réforme des lycées. Hier, huit lycées ont encore connu quelques perturbations, avec des blocages partiels, plus ou moins suivis. Et des combinaisons pas toujours efficaces. Ainsi, une quarantaine d’élèves de Beaupré à Haubourdin sont venus prêter main-forte à Montebello, à Lille. Mais à midi, tout était levé. Idem pour Queneau à Villeneuve-d’Ascq, Baggio et Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van-der-Meersch à Roubaix et Marguerite-de-Flandre à Gondecourt.

Seul Kernanec à Marcq-en-Baroeul maintient un blocus total depuis une dizaine de jours. Des tensions commencent d’ailleurs à naître dans ce lycée. « L’administration est devenue plus menaçante vis-à-vis de nous, explique un des meneurs. Alors, on a renforcé les barricades. »

Cet après-midi, rendez-vous a été donné à 14 h, porte de Paris à Lille, pour une nouvelle manifestation. En compagnie cette fois des enseignants, mais aussi des stagiaires et des étudiants des IUFM. W

Gilles Durand

 

Double manif contre la réforme et pour la formation des profs

Effet du froid ou de l'approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.

Effet du froid ou de l’approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.


Les revendications lycéennes et enseignantes ont convergé hier dans les rues de Lille, au cours d’une nouvelle manifestation qui a rassemblé environ 600 personnes.



Dans le viseur, la réforme Chatel et celle de la formation des enseignants.
C’était la troisième fois en une semaine que les lycéens de la métropole descendaient dans la rue contre la réforme de leurs cursus. 300 mardi dernier, 1 000 jeudi, 600 hier… Le compteur fait le yo-yo, mais les mots d’ordre restent solidement imprimés sur les banderoles : « Stop à la casse de l’éducation ! »,« Non à la réforme des lycées » ou encore « lycéens vs Chatel »… Venus de Montebello, Fénelon ou Pasteur à Lille, Kernanec à Marcq-en-Baroeul ou encore de Queneau à Villeneuve d’Ascq, les lycéens veulent marcher dans les traces de leurs aînés de l’an dernier qui avaient réussi à faire plier Xavier Darcos après une partie de l’hiver sur le pavé.
Car sur le fond, l’inquiétude reste vive quant à la volonté affichée par Luc Chatel de remanier le cursus des lycéens et de toucher à la pédagogie.

//  dans Revue de presse

« Ils veulent une plus grande spécialisation des filières, témoigne Hugo, en terminale S à Kernanec. Mais le but du lycée ce n’est pas ça. Si ça continue, bientôt les littéraires n’auront plus de notion de sciences et les scientifiques devront presser des boutons sans recul critique sur ce qu’ils font ». Le propos peut paraître caricatural, mais c’est bien la crainte d’un lycée qui formerait des opérateurs spécialisés davantage que des citoyens qui prédomine dans le cortège qu’ont rejoint pour la première fois quelques dizaines d’enseignants. « Le lycée est là pour former des esprits, pas des instruments. On n’est pas là pour former de la chair à patrons, mais des citoyens », poursuit en effet Daniel Compère, prof au lycée Kernanec. « Le gouvernement est en train d’instituer le lycée à deux vitesses, à l’américaine, avec pourquoi pas le choix par le jeu des options de faire par exemple à Tourcoing un lycée estampillé « lettres » et à Marcq un lycée « sciences ». C’est la fin de l’Éducation nationale ».

Les IUFM dans la lutte
En fin de parcours, dans le secteur du rectorat, les lycéens et leurs profs ont joint leurs voix à celles de la petite centaine de formateurs et des étudiants des IUFM qui eux mènent un combat contre la fin programmée de la professionnalisation de la formation des enseignants. « Les étudiants auront une bonne formation disciplinaire, mais plus aucun apport sur la pédagogie, la didactique », craint Pierre Carion, animateur du collectif « IUFM en lutte ». Reçue par le recteur, une délégation syndicale a obtenu l’assurance qu’une réunion avec les présidents d’universités, futurs gestionnaires du cursus des nouveaux enseignants, sera organisée en janvier. Un petit pas…w

SÉBASTIEN LEROY

Des sciences sociales réduites à peau de chagrin

PAR LAURENCE DE COCK, PROFESSEURE D’HISTOIRE-GÉOGRAPHIE (1), ET GUILLAUME MAZEAU, MAÎTRE DE CONFÉRENCES EN HISTOIRE (2), POUR LE CVUH (3).

Article L’Humanité.fr

Que vise la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ?

Alors que certains ne s’offusquent que de la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire-géographie en terminale S, nous pensons que l’enjeu de la réforme est beaucoup plus lourd pour nos disciplines et pour l’ensemble des sciences sociales dans le secondaire. Cette réforme, mal ficelée et vendue par une opération de marketing politique, insiste sur l’efficacité pédagogique et l’articulation avec le supérieur. Que l’on tente alors de comprendre :

1) Pourquoi supprimer les modules en classe de seconde qui étaient les rares moments possibles de travail sur les méthodes historiennes et géographiques en demi-groupes ?

2) Quelle concertation existe-t-il entre les enseignements secondaire et supérieur sur une éventuelle continuité pédagogique ou une mise en commun de méthodes ou d’outils de travail ? Aucune. Bien au contraire : en imposant à toutes les terminales un programme allant de 1989 à nos jours (propositions ministérielles), on prononce tout simplement l’arrêt de mort de l’histoire-géographie, ainsi ravalée au mieux à l’étude du temps présent, au pire à un simple commentaire d’actualité. Ce projet masque à peine la volonté du gouvernement de transformer l’enseignement de l’histoire en didactique d’un passé le plus récent possible, afin d’ôter la distance nécessaire à toute réflexion sur l’organisation du savoir historique où temps et espace sont étroitement mêlés. D’où une hémorragie à craindre dans le supérieur en termes d’effectifs et de vocations !

3) Quel montage de contenus nous promet cette condensation des programmes sur deux ans, entre la seconde et la première ? Quels moments historiques, quelles aires culturelles sortiront rescapés d’une telle compression ? Dans le contexte d’instrumentalisation politique du passé que l’on connaît actuellement, de quelles garanties dispose-t-on pour qu’une telle simplification ne vienne pas couronner les tentations récurrentes de l’ethnocentrisme, du recours à l’émotion facile ou du devoir de mémoire téléguidé depuis le sommet de l’État ? Comment ne pas craindre que cette histoire, réduite à peau de chagrin, ne fasse passer l’événementiel avant l’esprit critique ?

4) Quelle sera la participation des enseignants à l’élaboration de ces nouveaux programmes ? Le ministère se donne deux mois pour les bâtir. On imagine que leur confection, menée tambour battant pour des raisons politiques, ne s’embarrassera pas beaucoup de la traditionnelle consultation du terrain. Plutôt que de mettre publiquement en scène la punition des fonctionnaires « désobéisseurs  », plutôt que de traiter les enseignants en exécutants d’injonctions non négociées, le ministère devrait les considérer pour ce qu’ils sont avant toute chose : des acteurs du système éducatif.

Ainsi donc, c’est une histoire scolaire d’un autre âge qui nous est proposée : celle du cours magistral, dans lequel le professeur, réinvesti d’une autorité patriarcale, délivre le savoir à des élèves collectivement infantilisés. Celle de contenus indigents et soumis aux myopes exigences de la rentabilité immédiate qui perpétueront une citoyenneté d’adhésion en lieu et place d’une citoyenneté critique.

Nous rejoignons nos collègues de sciences économiques et sociales pour dénoncer ce projet maquillé par de fallacieux arguments pédagogiques et éducatifs ; la logique est limpide : restriction budgétaire par le sacrifice des sciences sociales au nom d’un utilitarisme de courte vue.

(1) Au lycée de Nanterre. (2) À l’université Paris-I. (3) Comité de vigilance sur les usages de l’histoire, http://cvuh.free.fr-

 



La masterisation, un vrai casse tête

Article Libé.fr

La réforme de la formation des enseignants, encore appelée « masterisation », aura réussi une chose : refaire l’unité syndicale contre elle. Enseignants, universitaires, parents d’élèves, étudiants, lycéens… vont manifester aujourd’hui pour réclamer son retrait ou au moins une sérieuse refonte. Pourtant Luc Chatel et  Valérie Pécresse entendent conclure au plus vite, si  possible avant Noel.

Pecresse en visite à l'usine Renault de Flins, 2 oct 09 (Reuters)
La réforme du lycée divise les syndicats. Il y a les « pros », avec quelques réserves, comme le Sgen-CFDT et l’Unsa, et les « antis » comme le Snes-FSU et le Snalc. Les enseignants d’histoire-géographie, ceux de SES (sciences économiques et sociales) et d’autres encore sont aussi montés au créneau. Les medias en ont parlé, l’opinion s’y est intéressée. .

Le problème avec la réforme de la formation des enseignants, c’est qu’elle est technique et donc compliquée. Elle a d’abord été  présentée en 2008, est devenue un point dur de la mobilisation universitaire, a alors été reportée d’un an, a  donné lieu à de nouvelles consultations, a été représentée le 13 novembre dernier avec des arbitrages ministériels qui ont encore fâché tout le monde…. Du coup, on en a perdu le fil.

 

Tous la critiquent. Mais souvent pour des raisons différentes. Tentons donc d’y voir clair alors qu’une large intersyndicale appelle à une mobilisation, à quelques jours des vacances de Noel, ce qui n’est probablement pas le meilleur moment pour mobiliser les foules.

Un bref rappel de la réforme. Désormais pour être recrutés, tous les enseignants devront avoir un master – soit un bac plus cinq. Jusqu’ici, il leur fallait une licence mais beaucoup, dans le secondaire, avaient au delà. Officiellement, il s’agit ainsi de revaloriser la profession afin de pouvoir mieux payer les débutants, jugés mal payés par Nicolas Sarkozy, et de mettre la France au diapason de l’Europe – où la plupart des enseignants seraient déjà recrutés au niveau master.

Chatel au salon de l'auto en 2008, flickr (galerie de luc.chatel) Avec la réforme, le ministère économise aussi une année de postes d’enseignants-stagiaires payés, soit l’essentiel des 16000 postes supprimés en 2010. Ce qui fait dire à beaucoup qu’encore une fois, on fait une réforme pour économiser des postes.

Plusieurs points font problème:

- Le premier porte sur la place du concours de recrutement – de professeurs des écoles, le Capes pour le secondaire, etc. Les ministres ont décidé que les étudiants le passeraient durant la deuxième année du master (en M2). En début du M2 – en septembre pour les profs du primaire, en novembre-décembre pour le secondaire – pour l’admissibilité (la première partie), à la fin du M2 pour l’admission (la seconde partie).

Impossible, disent les protestataires – plusieurs ont écrit une lettre aux ministres -, car c’est tout simplement ingérable: l’étudiant de M2 devrait faire en même temps un mémoire pour son diplôme de master, un stage pour se préparer à enseigner, bachoter pour le concours, et réussir son master… En plus que vont devenir les étudiants collés au concours et engagés en M2 ? Officiellement, le master qu’ils suivront sera assez généraliste pour leur permettre de continuer et de se réorienter ensuite. Mais les protestataires n’y croient pas.

- Les universitaires notamment craignent que le master soit ainsi dévalorisé. Il est prévu qu’il propose une « ‘initiation à la recherche » permettant ensuite de suivre un doctorat. Mais cela semble impossible de tout faire en même temps.

- Au delà, c’est le manque de formation professionnelle qui inquiète. Les stages ne seront pas obligatoires et il n’est pas sûr qu’il y en ait pour tout le monde. Les enseignements en pédagogie et en sciences de l’éducation semblent aussi réduits à la portion congrue. Du coup, la FCPE craint de voir arriver devant des classes des enseignants qui connaissent mal les enfants. Le Snuipp, premier syndicat du primaire, dénonce aussi ce recul alors que les classes sont de plus en plus chargées et hétérogènes.

- Parallèlement, beaucoup voient là l’occasion pour le gouvernement de se débarrasser des IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres), dénoncés comme un repaire de « pédagogues ». Même s’ils étaient assez critiqués, ils permettaient une première approche du terrain. Des syndicats comme le Sgen-CFDT réclament que la réforme mentionne clairement leur rôle dans la formation professionnelle des futurs enseignants.

- Aux yeux des universitaires surtout, le contenu des concours pose problème. Des syndicats comme AutonomeSup dénoncent la réduction à deux épreuves écrites seulement de la première partie des concours. Cela fait craindre une baisse du niveau disciplinaire des lauréats. Le Snesup-FSU s’inquiète aussi de l’affaiblissement des masters, notamment dans leur dimension recherche.

- Enfin les critiques s’inquiètent d’un recul de la mixité sociale des futurs enseignants. La réforme supprime en effet l’année d’enseignants-stagiaires: les lauréats au concours se préparaient au métier en alternant cours et stages sur le terrain, et étaient payés 1300 euros par mois. Aujourd’hui le futur prof devra s’engager sur un cursus de cinq ans, et au mieux il sera payé 3000 euros pour 108 heures de stage, le maximum autorisé en une année.

Valérie Pécresse était interviewée ce matin sur France Inter. Elle a indiqué que la réunion du Cneser (le conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, réunissant les partenaires sociaux) le 21 décembre où le gouvernement présentera sa réforme permettra de « dialoguer et d’améliorer les choses si nécessaire ». Il n’y a plus qu’à attendre et à voir.

Crédits photos; Valérie Pécresse visitant les usines Renault à Flins en octobre 2009 (Flickr), Luc Chatel au Salon auto en 2008 (Reuters)

 

Les enseignants attendus dans la rue

Article 20Minutes.fr

SOCIAL – Les manifestations sont annoncées dans plusieurs villes de province, comme Caen, Lille, Marseille, Montpellier, Nancy ou Toulouse…

La réforme controversée de la formation des enseignants va être une nouvelle fois, ce mardi, la cible d’une journée nationale de mobilisation intersyndicale. Des lycéens pourraient se joindre au mouvement pour protester contre la réforme du lycée.

«Parce qu’enseigner est un métier qui s’apprend», une intersyndicale allant des fédérations FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT aux étudiants de l’Unef, en passant par les parents de la FCPE et les lycéens de l’UNL et la Fidl ont appelé à des manifestations, rassemblements et assemblées générales. Dans l’enseignement privé, la Fep-CFDT appelle aussi à cette journée.

Une formation trop théorique

Les syndicats protestent contre un projet «régressif» et demandent «une vraie formation professionnelle», reprochant au projet gouvernemental de privilégier l’apprentissage des savoirs disciplinaires au détriment de la pédagogie. «Si vous additionnez tous les stages proposés avant le concours, vous obtenez déjà davantage de présence devant les élèves» que dans la situation actuelle, «soit plus de 300 heures», a rétorqué ce week-end le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel.

Des grèves pourraient avoir lieu, mais il n’y a pas eu d’appel national, seulement le dépôt de préavis, notamment du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire) et du Sgen-CFDT, pour «couvrir» les personnels qui souhaiteraient faire grève. La mobilisation devrait être forte dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) de l’ensemble du pays, selon des syndicats. La réforme prévoit de recruter les enseignants au niveau master 2 (bac +5) et de confier la formation aux universités via des masters.

M. D. avec agence

 

Formation des maîtres, les dangers de la réforme

Article L’Humanité.fr

Rejetée par l’ensemble de la communauté éducative, la « masterisation » du recrutement des profs est au coeur de la mobilisation enseignante prévue aujourd’hui.

photo : Joël Saintier/phototheque.org.

Rien n’a changé. Au printemps dernier, le gouvernement, bousculé par une mobilisation sans précédent dans les universités, se voyait contraint de repousser d’un an la mise en place de sa réforme de la formation des maîtres. Sept mois plus tard, la nouvelle mouture du texte, présentée en novembre par Luc Chatel et Valérie Pécresse, n’a rien réglé. Des enseignants du primaire jusqu’aux présidents d’université, l’ensemble du monde éducatif l’a rejetée ! Ce projet, qualifié de « régressif » et « dangereux », sera au coeur de la journée de mobilisation qui doit se dérouler aujourd’hui à l’appel d’une large intersyndicale. Retour sur les raisons de ce désaveu unanime.

Une formation professionnelle minimale

Recrutés en fin de master (bac + 5), les futurs enseignants ne passeront plus par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Aux douze semaines de stages obligatoires, dispensés actuellement en deuxième année d’IUFM, vont se substituer, lors de la première année de master (M1) 108 heures de stages facultatifs dits « d’observation » et, en deuxième année (M2), 108 heures de stages, encore facultatifs, dits « en responsabilité ». Le ministère parle de « progressivité dans la spécialisation ». Les organisations syndicales, elles, y voient surtout une régression sans précédent de la formation professionnelle. « Puisque ces stages ne sont pas obligatoires, un prof des écoles pourra débuter en septembre sans jamais avoir mis les pieds dans une classe ! », peste une formatrice de l’IUFM de Paris. Une aberration qui va devenir réalité dès septembre prochain pour les étudiants actuellement en première année d’IUFM. Réforme oblige, le gouvernement a décidé que ceux qui réussiront le concours de recrutement en juin 2010 ne bénéficieront pas de la deuxième année d’IUFM. Ils atterriront donc directement dans les classes, sans aucune expérience du terrain. Le contenu des masters reste le second point épineux. Le gouvernement les a voulus plutôt « généralistes » afin de favoriser la réorientation des étudiants en cours de cursus. Résultat : ils font la part belle aux savoirs disciplinaires et minorent l’aspect pédagogique du métier. « Face à des classes hétérogènes, les débutants ne sauront pas comment un élève apprend ni comment transmettre son savoir », alerte Didier, prof à l’IUFM de Créteil.

Discorde sur le calendrier des épreuves

Autre point largement contesté : le choix de faire passer les deux concours (admissibilité et admission) au cours de la seule année de M2 (en septembre pour le primaire, en décembre pour le secondaire). « Placer les épreuves disciplinaires d’admissibilité en M1 aurait eu l’avantage de dégager l’année de M2 pour la formation pédagogique, estiment de nombreux syndicats. Là, elle va être sacrifiée. » Comme le dénonce l’Unef, les étudiants vont affronter une deuxième année de master titanesque avec le concours de l’admissibilité, la réalisation d’un mémoire pour valider le master, la préparation du concours de l’admission et la réalisation, si possible, de 108 heures de stages ! « Ça va se résumer à un long bachotage  », redoute l’organisation étudiante.

Cette seconde année impossible va refroidir bon nombre de candidats potentiels, notamment ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir de longues études. Elle produira aussi, immanquablement, un taux d’échec élevé et des situations difficiles pour les étudiants.

Que vont devenir ceux qui auront entamé leur M2 mais échoué à leur admissibilité ? Et ceux qui auront leur master mais ne décrocheront pas le concours de l’éducation nationale (les reçus-collés) ? « Plutôt que de se réorienter vers un autre métier, comme le dit le gouvernement, ils viendront grossir les rangs des précaires de l’éducation », anticipent la plupart des syndicats, dont beaucoup auraient souhaité une admissibilité en fin de M1, pour faciliter la réorientation dès septembre.

Précarité organisée à grande échelle

Conjuguée à la baisse continue du nombre de postes ouverts au concours, la réforme de la formation des maîtres va fabriquer de la précarité à grande échelle. « Les nombreux reçus-collés seront des cibles privilégiées pour effectuer des remplacements sous statut vacataire ou contractuel, explique Didier, prof d’histoire- géographie à l’IUFM de Livry-Gargan. Ce type de recrutement précaire, effectué directement par les rectorats, voire les établissements, va se développer au détriment de l’emploi statutaire et de la qualité de l’enseignement donné aux enfants. »

LAURENT MOULOUD

 

 

 



Lycée Gide: professeurs et élèves solidaires contre la Réforme

Article du Midi Libre.fr

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Élèves, parents et enseignants du lycée Gide sont inquiets face aux propositions du ministre de l’Education nationale et ils l’ont fait savoir, jeudi, en nombre et en bon ordre. Une quarantaine de professeurs et près de 300 lycéens ont défilé en ville et ont distribué des tracts afin d’informer la population. Ils ont ensuite bloqué l’établissement où 60 % du personnel étaient en grève. Professeurs et lycéens dénoncent la réforme proposée en invoquant les « stages passerelles » , des enseignements d’exploration, axés sur « la découverte des métiers » et des conseillers d’orientation psychologues remplacés par des « profs-à-tout-faire ».

Une question a été posée : « Comment faire mieux avec moins d’heures, moins de moyens, moins de profs et plus d’élèves par classe, plus de disparité entre les filières, entre les lycées et les lycéens »

 



10/12/2009 » Uzès : lycéens, parents et enseignants défilent et bloquent le boulevard

Article Le Républicain.fr

À l’appel de l’intersyndicale Snes, CGT, SNEP, SNnetap, Sud, Snalc, FO et SNCL, élèves, professeurs et parents du lycée Charles Gide ont organisé une action à Uzès, jeudi 10 décembre, jour de la présentation au Conseil supérieur de l’Éducation de la réforme du lycée.

Dès 9h30, un rassemblement était prévu devant le lycée Guynemer, suivi d’un défilé sur les boulevards d’Uzès. L’après-midi, certains ont rejoint Nîmes pour prendre part à la manifestation prévue à la Maison carrée.

Le défilé dans la villeLe défilé dans la ville

 



Reportage de France 3 sur la manifestation du lycée Charles Gide d’Uzès

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