La Réforme du lycée version Luc Chatel : danger ! Avis de tempête !

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Le projet de réforme du lycée a été dévoilé le 19 novembre. Loin de toute considération pédagogique, il s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’éducation qui doit y contribuer pour 80000 suppressions de postes d’ici 2012. Comme nous le montrerons cela s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un sens critique par les lycéens. Retour sur un mauvais film… dont nous pouvons encore changer le scénario en nous mobilisant avec les lycéens et leurs parents.

En octobre le président annonçait la reprise de la réforme du lycée abandonnée à l’automne dernier par Darcos devant la mobilisation lycéenne. Affirmation du « droit à l’erreur et à la réorientation » en cours de scolarité, revalorisation des baccalauréats technologiques et de la filière littéraire, accompagnement personnalisé des élèves, renforcement de l’apprentissage des langues étrangères, de la place de la culture et de l’art dans les lycées, renforcement des liens avec le supérieur et les entreprises étaient au programme. Nous constations une réforme allégée par rapport à la mouture Darcos, mais constations sa dangerosité pour les élèves et les personnels. Dans le même temps les syndicats qui avaient déjà signé l’an dernier les points de convergence avec Darcos étaient autorisés à discuter voire à négocier la réforme. [1]

Avec le projet de L. Châtel, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Éducation, nous assistons à un net durcissement. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires (renforcement du rôle du conseil pédagogique), multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) alors que le gouvernement ne cache plus sa volonté d’en finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et le service d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, mise en concurrence des disciplines entre elles. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire. Pour les élèves, ce projet renforcera toujours davantage le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités sociales. SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous.

Le projet doit être présenté au CSE le 10 décembre et entrer en application à la rentrée 2010 en seconde. Pour autant rien n’est joué et le ministère a déjà reculé l’an dernier devant les lycéens. Après la grève du 24 novembre il faut amplifier les mobilisations avec l’ensemble des personnels, les lycéens et les parents qui refusent cette régression. Tous ensemble nous pouvons faire reculer le gouvernement et imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.



Lycée Charles Gide d’UZES : 3ème jour de blocus

Blocage gide 27/11/09blocus1

Après un vote consultatif, de plus de 400 élèves (sur les 740 élèves de l’établissement), organisé lundi 30 Novembre,

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les lycéens de Charles Gide d’UZES, ont reconduit le blocus de l’établissement

(330 suffrages exprimés : 300 votes pour le blocus, 30 contre le blocus).

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Ils vont continuer à informer la population d’Uzés en distribuant des tracts cet après midi.

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Nimes. LycéeLe blocus a repris à Hemingway et Camus

 

DRPhoto Fabrice ANDRES
RAPPEL : Les manifestations ont débuté mardi dernier dans plusieurs lycées

Rien à voir avec la violence de jeudi dernier. Pas d’agression ni de voitures incendiées ou renversées, pas d’altercations entre jeunes et force de l’ordre, pas d’interpellation non plus. Hier matin, des lycéens d’Hemingway et de Camus ont relancé le blocus des établissements, calmement.
Palettes, barrières et poubelles ont été placées à l’entrée des deux établissements, un feu de container a pris devant le lycée Daudet, sans causer de dégâts. Les lycéens, une centaine à Hemingway (sur 1 200 inscrits), environ 200 à Camus et certains élèves de Mistral, disent s’opposer à la réforme des lycées, en cours d’élaboration par le ministre Luc Chatel. « L’an passé, on s’est mobilisé, la réforme a été annulée, on fait pareil ! » , lâchent Mélissa et Jeanne. Priscilla, déjà manifestante en 2008, s’inquiète des « suppressions de postes, de la disparition de l’histoire géo en terminale S ».
Les proviseurs craignent, eux, un effet boule de neige. S’il ne concerne qu’une minorité de jeunes et perturbe peu les cours, le mouvement peut dégénérer. Hier matin, devant les portes de Camus, la situation s’est tendue en quelques minutes entre les manifestants et Jean-François Pons, proviseur, qui a « débarrassé une entrée de manière assez musclée », comme il l’avoue lui-même, en renvoyant une palette de bois sur les jeunes. « Lorsque les élèves se transforment en voyous, je ne supporte pas », affirme ce chef d’établissement, qui avait déjà insulté des jeunes jeudi dernier. « Ce qui est arrivé ce matin (hier matin, NDLR) , n’était pas prévu, reconnaît Anne-Marie Brugeas, proviseur à Hemingway. Il ne faudrait pas que le mouvement s’installe dans la durée. Ça part d’un noyau qui tient le mouvement. On sait que ça peut tourner rapidement. » A Dhuoda, le personnel a demandé la carte de lycéen à tous ceux qui pénétraient dans l’établissement. Le mouvement n’a pas non plus atteint Philippe-Lamour, mais la responsable Catherine Gwiezdiel reste « très attentive ». Débutées la semaine derrière, ces manifestations qui se déroulent le matin, à la rentrée des classes, sont très localisées, et nimo-nîmoises. Dans les villes voisines, (Montpellier, Avignon), aucun lycée n’est bloqué.

Agathe BEAUDOUIN



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