Position de l’association des professeurs de SES sur la réforme

Communiqué de presse de l’APSES du 20 novembre 2009 : Les SES et la série ES paient le prix fort de la réforme du lycée

Le contenu de la réforme du lycée rendu public par le Ministre de l’Education nationale suscite un profond mécontentement chez les professeurs de Sciences Economiques et Sociales (SES). Les enseignants de SES tiennent à souligner le décalage qui existe entre la communication de Luc Chatel et le contenu précis de la réforme du lycée qu’il propose.

Les SES dans la classe de seconde

Le Ministre annonce ainsi que les « cours d’économie seront obligatoires » en classe de seconde. Mais de quels cours d’ « économie » parle-t-il ? Que deviennent les autres sciences sociales (notamment la sociologie, l’anthropologie, la science politique) dont chacun se félicite de l’importance à diverses occasions, comme dernièrement lors des hommages rendus à Claude Lévi-Strauss ? Dans quelles conditions ces cours seront-ils dispensés ? La réforme du lycée fait en effet passer les horaires alloués à l’enseignement des SES de 2h30 hebdomadaires à 1h30 en classe de seconde. Cela constitue une étonnante manière de favoriser la formation économique et sociale des lycéens. Le Ministre s’obstine par ailleurs à refuser d’intégrer les SES aux enseignements communs de la classe de seconde. Cet enseignement demeure optionnel, au choix avec un enseignement d’ « économie appliquée et gestion », et les élèves suivant un enseignement artistique, de LV3 ou de langues de l’antiquité pourront en être dispensés.

Son prédécesseur, Xavier Darcos, avait pourtant convenu que les lycéens avaient besoin de SES et avait annoncé son intention de les intégrer aux enseignements obligatoires en classe de seconde. Mais c’était il y a un an : la continuité et la cohérence ne semblent pas de mise au Ministère de l’Education Nationale. Sur les 23h30 d’enseignements dispensés de façon obligatoire aux élèves de seconde, est-il à ce point inconcevable de faire une place à un enseignement de SES ? La demande d’une meilleure compréhension des enjeux contemporains s’exprime très largement dans toute la société. L’école ne peut rester sourde à cette demande que chaque enseignement de l’actuel tronc commun vise à satisfaire, mais qui suppose également de pouvoir mobiliser des connaissances et des méthodes des différentes sciences sociales (et pas seulement ceux de la science économique), ce que permet l’enseignement de SES. Est-il enfin nécessaire de rappeler que les SES sont le seul enseignement général central d’une des trois séries à ne pas être proposé obligatoirement aux élèves de seconde afin d’éclairer leur choix d’orientation tout en participant à leur formation générale en sciences sociales ? Qu’est-ce qui justifie ce traitement discriminatoire de l’enseignement de SES ?

Les SES dans le cycle terminal

La place accordée aux SES dans le cycle terminal pose trois problèmes. Tout d’abord, parmi les disciplines majeures des trois séries, l’enseignement de SES est celui qui dispose du volume horaire le moins élevé : il y a 8 heures de philosophie en série L, 8h30 d’enseignements scientifiques en série S, et seulement 5 heures de SES en série ES. Une égale dignité des différentes séries ne peut donc passer que par un horaire plus conséquent de l’enseignement de SES en cycle terminal, et des marges de manœuvre existent puisque l’horaire total des élèves est plus faible en série ES que dans la série S. Par ailleurs, le volume horaire de l’enseignement de spécialité en série ES est abaissé à 1h30 alors même qu’il est de 2h en série S et de 3h en série L. Cette inégalité de traitement est inacceptable. Enfin, la partition imposée de l’économie (« approfondie ») et des sciences sociales préfigure une dénaturation de la démarche même des SES que les professeurs de SES refusent. L’APSES prend également acte de la création d’un enseignement de spécialité « Droit et grands enjeux du monde contemporain » en TL que les enseignants de SES ont vocation à enseigner, dans la mesure où cet enseignement devra mobiliser des connaissances en économie, sociologie et science politique, et demande à ce que l’inspection générale de SES participe à l’élaboration de son programme.

Un rééquilibrage des séries au détriment de la série ES ?

Plus globalement, la rénovation du cycle terminal du lycée donne le sentiment que le rééquilibrage revendiqué des séries passe en fait par le siphonage d’une série ES déstabilisée (par la réduction des horaires en SES et la suppression des spécialités Mathématiques, Langues et Science politique en première) tout en renforçant l’attractivité des séries L et S alors que le Ministre lui-même reconnaît que l’actuelle série ES fonctionne bien ! Aux trois niveaux d’enseignement, les heures dédoublées ne seront plus garanties nationalement mais affectées localement selon les rapports de force et les ajustements de services établissement par établissement. Cela signifie donc que certains professeurs de SES auront la chance d’utiliser Internet ou des groupes réduits pour faire travailler leurs élèves sur des bases de données INSEE, des enquêtes sociologiques ou des démarches expérimentales en sciences sociales alors que d’autres seront réduits à des cours frontaux à 35 élèves par classe. Quel poids les professeurs de SES auront-ils localement face aux demandes des enseignements de tronc commun pour demander ces dédoublements en seconde, alors même que les élèves découvrent une discipline absente du collège ? Comment mettre en place le nécessaire apprentissage des méthodes des sciences sociales, leur mise en pratique et leur évaluation au baccalauréat s’il n’y a pas d’heures à faible effectif en SES dans tous les établissements ?

Pour toutes ces raisons, l’APSES appelle tous les professeurs de SES et tous ceux, citoyens, parents d’élèves, anciens élèves et élèves qui souhaitent défendre les SES et la série ES à s’intégrer dans les cortèges des manifestations du 24 novembre un peu partout en France, et à manifester le mercredi 2 décembre à Paris (voir http://www.apses.org/initiatives-ac…).



Position de l’association des professeurs de Physique Chimie sur la réforme

UdPPC
La réforme du lycée
Un projet désastreux pour les sciences physiques et chimiques !

Depuis de nombreuses années, l’Union des professeurs de physique et de chimie (UdPPC)
demande :
- une réforme globale des lycées généraux et technologiques,
- un enseignement de culture scientifique pour tous, associé à la possibilité de choix
scientifique ou technologique dès la seconde pour les élèves qui le souhaitent,
- des cycles terminaux très marqués avec, pour la filière scientifique, une augmentation de
l’horaire global de sciences cumulé sur la première et la terminale,
- que l’importance du caractère expérimental des sciences physiques et chimiques soit
réaffirmée ce qui nécessite des activités en groupes à effectifs réduits.
L’UdPPC a pris connaissance du projet de réforme du lycée et fait les constats suivants :
- L’enseignement technologique, qui pourtant concerne plus du quart des élèves
scientifiques, n’est pas intégré dans une réflexion globale ; aucune indication n’est donnée
quant à sa place et à ses objectifs dans le dispositif général.
- Le projet ne prévoit pas d’enseignement de culture scientifique pour tous et remplace en
seconde des enseignements de détermination scientifiques et technologiques de 3h par un
seul enseignement d’exploration de 1,5h.
- La structure proposée en première scientifique entraîne la perte de 4,5h d’enseignement
scientifique : 1,5h en sciences physiques et chimiques (33 % de l’horaire actuel), 1h en
sciences de la vie et de la Terre (25 %), 1h en mathématiques (20 %) et 1h de travaux
personnels encadrés (50 %). Ces diminutions ne sont pas compensées en terminale.
- La gestion locale des moyens horaires ne garantit plus la mise en place d’effectifs réduits
statutaires, ce qui fait peser une lourde menace sur le caractère expérimental des disciplines
scientifiques.
Le projet de réforme se fixe deux objectifs majeurs, une orientation retardée et un
accompagnement personnalisé, objectifs auxquels il sacrifie tout le reste :
- L’orientation positive vers l’enseignement technologique, qui n’intervient qu’en fin
de troisième, est fortement déstabilisée suite à la disparition des enseignements de
détermination adaptés.
- Afin de permettre quelques réorientations marginales en première, le projet réduit la
formation scientifique pour tous.
- Sous couvert de la mise en place des heures d’accompagnement à budget constant,
les horaires diminuent dans toutes les disciplines, ce qui contribuera à accroître les
inégalités sociales entre les élèves qui peuvent recevoir un complément de formation
scientifique ailleurs qu’au lycée et ceux des familles moins favorisées.
Les conséquences immédiates de ce projet de réforme seront désastreuses pour
l’orientation des élèves qui sont actuellement en troisième.
Au nom d’une orientation annoncée plus progressive, plus ouverte, plus juste, ce projet
valorise en réalité l’orientation la plus tardive possible et, en conséquence, met en place des
filières insuffisamment différenciées en première.
Une fois de plus, hélas, pour des raisons de méthodes et de calendrier l’UdPPC ne peut que
demander le retrait de cette réforme.
L’UdPPC réaffirme, en revanche, la nécessité d’une réforme ambitieuse. Il convient de
réfléchir, dans l’ordre : aux objectifs du lycée, aux structures et en dernier lieu aux contenus
de formation.
Le 25 novembre 2009



Position de l’association des professeurs de SVT sur la réforme

APBG



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