Réforme du lycée, décrets EPLE, décrets orientation : actions du jeudi 10 décembre dans le Gard

Logo SNESDans de nombreux lycées du département la mobilisation se construit pour s’opposer aux projets rétrogrades que le ministre Luc Chatel présentera au Conseil Supérieur de l’Education le jeudi 10 décembre : décret « EPLE » (renforcement de l’autonomie des établissements et du pouvoir des chefs d’établissement), réforme du lycée, décret sur l’orientation.

Participation importante des enseignants à la grève du 24 novembre, blocages par les lycéens, réunions, débats, communiqués, information aux collègues, aux parents, aux media, organisation d’heure syndicale, proposition de motions en CA, distribution de tracts : parents, élèves et enseignants des lycées Gide à Uzès, Dhuoda et Camus à Nîmes, JBD à Alès…, sont dans l’action depuis 2 semaines !

Le Snes, avec l’intersyndicale du 2nd degré (SNES, CGT, SNEP, SNETAP, SUD, SNALC, FO, SNCL), réaffirme son opposition résolue à ce projet, à son inscription à l’ordre du jour du CSE et en demandent l’abandon. Il appelle la profession à amplifier l’action et à exprimer son mécontentement le jeudi 10 décembre.

A Uzès :
- 7h30 : présence des enseignants, parents, élèves devant le lycée Gide
- 7h30 – 9h30 : préparation de banderoles et tracts
- 9h30 : rassemblement/manifestation devant le lycée Guynemer


A Nîmes, distribution de tracts à l’entrée des lycées dans la matinée

Dans le Gard, le Snes, en liaison avec les lycéens, appelle à participer à la
MANIFESTATION CONTRE LA REFORME DU LYCEE
JEUDI 10 DECEMBRE, 14H, MAISON CARREE à NÎMES

Le Snes-Gard invite aussi tous les parents, élèves, collègues à une
RÉUNION-DÉBAT PUBLIQUE : réforme des lycées, réforme des Eple
LUNDI 14 DÉCEMBRE À 17H À NÎMES (lycée Dhuoda ; à confirmer)

Des liens utiles :
- sur le site académique (mise à jour quotidienne) : Le 10 décembre, mobilisons la profession, avec des exemples de motions, de tracts, les actions dans les établissements, les communiqués du Snes et de l’intersyndicale…
- sur le site national : En décembre : poursuivre et amplifier l’action !, avec des pétitions, des fiches-argumentaires, des tracts…

Pour la section départementale
Bertrand Humeau



Lettre commune de la FCPE, de la FIDL et de l’UNL adressée au Ministre de l’Éducation Nationale relatif à la réforme du lycée

7 décembre 2009

 

Monsieur Luc CHATEL

Ministre de l’Éducation nationale

110 rue de Grenelle

75357 Paris SP 07

 

 

SG/JJH/NA/2009/39

 

 

Objet : Réforme du lycée

 

 

Monsieur le ministre,

 

Les décrets et arrêtés modifiant le lycée général et technologique présentés en commission spécialisée du CSE suscitent de notre part plusieurs remarques et demandes de précisions qui nous semblent importantes et qui conditionnent notre appréciation des mesures. Nous avons d’ailleurs déposé certains amendements dans cet état d’esprit.

 

Tout d’abord, nous devons réaffirmer avec force que pour nous, l’objectif reste l’élévation du niveau de formation des jeunes, l’accession de 80% de la classe d’âge au baccalauréat et l’accès de 50% au niveau licence. Il reste que pour ces objectifs, une réforme devrait s’intéresser à tout le lycée, professionnel compris ce qui n’est malheureusement pas le cas ici. En outre, nous constatons comme chacun que la progression du nombre de bacheliers depuis 1995 n’est due qu’à celle des bacheliers professionnels (+ 40 000) alors que dans le même temps, le nombre de bacheliers des filières générales a baissé (- 5 000). Le problème reste donc à traiter et nécessite bien une approche pédagogique.

 

Nous souhaitons donc attirer votre attention sur ces éléments qui nous semblent fondamentaux pour des mesures conduisant à réformer le lycée.

 

1.    Pour nous, la réforme doit être pédagogique.

 

En ce sens, l’instauration de deux heures d’accompagnement nous intéresse dans la mesure où elles ne se résument pas à de simples heures de soutien mais contiennent des accompagnements méthodologiques, de l’aide à la construction du projet d’orientation et des heures permettant des approches, projets et enseignements pluridisciplinaires type TPE.

Regrettant que les TPE ne soient pas obligatoires à chaque année de lycée, nous demandons a minima que ces dispositifs de deux heures puissent les intégrer.

 

En outre, il reste indispensable d’affirmer que la pédagogie doit évoluer au lycée. Il ne doit pas être envisagé que les deux heures servent de « réparation » à la situation actuelle mais qu’elles soient bien une des manières de faire évoluer la pédagogie au lycée.

…/…

 

De plus, si nous apprécions que le tutorat puisse être institué, nous regrettons qu’il ne soit pas proposé à tous les élèves et assuré pour tout élève qui ne le refuserait pas. Nous déplorons que ne soit pas envisagé de mise en cohérence entre le tutorat et l’accompagnement.

 

Sur l’aspect particulier des enseignements de langues vivantes, nous sommes favorables à une organisation des enseignements par compétences, ce qui ne veut pas dire des groupes de niveaux. Il nous semble important que ces éléments soient précisés.

 

Enfin, toute cette rénovation pédagogique ne pourra être effective que si les enseignants y sont formés. De ce point de vue, la faiblesse de la formation continue et la réduction de la formation pédagogique dans le cadre de la  réforme de la formation initiale nous interrogent sur la portée de ces choix.

 

2.    Pour nous, la réforme ne peut envisager de se faire avec moins de moyens.

 

Nous souhaitons que soit réaffirmé de façon claire qu’il n’y aura pas de suppressions de postes en lycée. Ainsi, il est nécessaire de retirer la notion de « moyenne » des dispositions prévues dans l’arrêté pour l’attribution de 39 heures par division.

 

En outre, nous souhaitons que des modulations à la hausse soient effectives dans l’éducation prioritaire et qu’elles soient indépendantes du nombre d’enfants par classe. Nous voulons éviter la situation actuelle qui fait qu’un établissement qui accepte des dérogations au détriment d’un autre moins « coté » ne se voit pas favorisé par l’attribution de moyens supplémentaires. En ce sens, nous demandons donc que les attributions de moyens au lycée soient établies par division et non par élève. Corollairement, nous souhaitons votre engagement de ne pas dégrader le taux d’encadrement global.

 

Pour nous, il est indispensable que les élèves les plus en difficulté puissent se voir attribuer des moyens supplémentaires qui permettent la mise en œuvre pour eux d’aides spécifiques comme c’est le cas en seconde aujourd’hui, en plus de l’accompagnement qui proposera des modalités pédagogiques plus mobilisatrices pour tous. A ce titre, nous restons perplexes, compte tenu des trop fortes suppressions de postes depuis plusieurs années.

Il va de soi que le potentiel de remplaçants sera aussi assez déterminant pour une véritable ambition.

 

3.   Pour nous, la réforme ne doit pas écarter les élèves et les parents.

 

Si la création du conseil pédagogique ne pose pas de problème, il n’est pas concevable que ses choix ou préférences soient des décisions non soumises à l’approbation du conseil d’administration. Il n’est pas non plus possible de considérer que l’autonomie pédagogique des équipes enseignantes soit « régulée » si besoin par le chef d’établissement et non par le CA qui a voté le projet d’établissement. Pour nous le conseil pédagogique a vocation à préparer, au même titre que la section permanente sur d’autres aspects, des choix de l’établissement faits en CA dans la perspective des axes décidés dans le cadre du projet d’établissement. Dans ce sens, il nous paraît que le rôle du CA doit être valorisé et que des dispositions doivent être prévues en cas de second vote négatif par le CA sur l’utilisation des heures d’enseignement et d’accompagnement, afin d’éviter que le chef d’établissement ne décide seul.

 

4.   Pour nous, la réforme se doit aussi d’améliorer l’orientation des jeunes.

 

A ce titre, reconnaître un droit à l’erreur aux élèves nous semble positif mais une réforme de l’orientation permettant une réelle éducation au choix reste à faire. C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’une réforme dans ce domaine dès le collège, avant la « séparation » qui reste trop souvent subie et qui n’est que le reflet d’une reproduction sociale accrue.

…/…

 

 

Nous sommes favorables à la baisse du redoublement et des abandons en première. L’élaboration d’un tronc commun permettra des passerelles plus faciles. Nous regrettons cependant que la mesure ne soit pas envisagée également entre la voie générale et la voie technologique et ceci dans les deux sens.

 

Mais il nous semble indispensable que la réforme s’attaque au redoublement en classe de seconde et aucun objectif ne semble être assigné à la réforme en ce sens alors que c’est pourtant le fait le plus marquant du lycée actuel : + de 20% de redoublement en seconde.

 

5.   Pour nous, la réforme doit permettre au lycée d’être un véritable lieu de vie et de démocratie.

 

Nous souhaitons de nouveaux dispositifs reconnaissant plus fortement les droits des lycéens. Si les textes concernant le CVL vont dans le bon sens, ils manquent de notre point de vue, d’ambition. En effet, il nous apparaît évident que le pouvoir des CVL doit évoluer afin que ces derniers puissent prendre des décisions sur les sujets qui les concernent. Mais aussi, prendre part à la réflexion sur le projet pédagogique de l’établissement en coopération avec le conseil pédagogique.

 

Dans ce sens, la création d’une maison des lycéens dans chaque établissement permettrait de faire exercer la responsabilité de choix aux lycéens eux-mêmes (encadrée si besoin en termes de légalité). Une telle mesure répondrait à notre demande en faisant évoluer le statut des foyers et surtout la place des lycéens dans les décisions.

 

Enfin, nous attendions une régulation des différnets temps scolaires des lycéens comme une incitation à plus de travail encadré et moins de travail à la maison, facteur d’inégalités manifestes et reconnues. En particulier, la fixation d’une durée maximale d’heures de cours par jour et d’un temps minimal d’interclasse le midi est attendue par tous pour un plus grand respect des individus.

 

Monsieur le ministre, vos réponses à nos demandes seront de nature à préciser nos positions.

Nous sommes de même en attente de vos arbitrages concernant les amendements déposés par la FCPE ainsi que par l’UNL.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre parfaite considération.

 

 

 

Jean-Jacques HAZAN,           Massira BARADJI,                   Antoine EVENNOU,

Président de la FCPE           Porte-parole de la FIDL              Président de l’UNL



Réforme du Lycée : l’UNL demande à Luc Chatel de répondre aux inquiétudes légitimes des lycéens



Logo UNL

La « suppression » de l’Histoire-Géo en Terminale S suscite des inquiétudes légitimes bien au-delà de la communauté éducative. L’UNL met au défi le Ministre de l’Education Nationale de prouver qu’il ne s’agit pas de
faire des économies budgétaires et lui demande par conséquent de prendre en compte ces inquiétudes avant la présentation en Conseil Supérieur de l’Education (jeudi 10 décembre). 
 

L’UNL
appelle à dépasser la question de l’histoire

Luc Chatel a proposé une mesure qui supprime le caractère obligatoire de l’Histoire Géo en Terminale S. Celle-ci devient une option facultative de 2h en Terminale, et une obligation de 4h en Première avec passage de l’épreuve du Baccalauréat
en épreuve anticipée en Première.

Les lycéens ne sont pas intéressés par les débats purement disciplinaires,
mais ils n’accepteront pas non plus de subir le coût de l’entêtement du Gouvernement. Il y a des questions bien plus importantes notamment le rétablissement des TPE en classe de Terminale.

Ainsi, la réforme de la formation des enseignants sera déterminante et les schémas actuellement envisagés ne peuvent être acceptés au profit du sacrifice de plusieurs générations d’élèves. Notre génération ne peut pas se permettre de rajouter à l’incertitude de la poursuite d’études ou de l’insertion socioprofessionnelle, la crainte d’une école affaiblie.   

Mettre fin aux suppressions de postes et à la suppression de la carte scolaire

Quand nous subissons année après année les conséquences d’une vision libérale
et minimaliste du Service Public d’Education
 il apparait légitime que cette restructuration des filières ne convainque pas totalement sur sa capacité à endiguer la reproduction sociale et à transformer la pédagogie et l’orientation.

En effet, si la réforme prend en compte une partie des attentes exprimées l’année dernière par les lycéens, elle ne résout pas tous les problèmes. Elle semble sur certains points n’avoir pour sens que la justification des suppressions de postes mises places par le gouvernement depuis  2007.   

La politique aveugle d’économies budgétaires orchestrée par les 40 000 suppressions de postes d’enseignants depuis 2007, ainsi que par les 16 000 prévus à la rentrée 2010 expliquent les craintes exprimées ces derniers jours. De plus, l’accroissement des inégalités scolaires et sociales du à la suppression de la carte scolaire ne peut calmer les tensions.

Ainsi, l’UNL sera présente au rassemblement organisé le jour du vote au CSE afin de demander au Ministre de revenir sur la politique de suppressions de postes, sur le démantèlement de la carte scolaire ainsi que sur la réforme de la formation des enseignants, car ils déterminent la réussite et la mise en place de la réforme du lycée.

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

Contact presse : Antoine Evennou :
06 08 91 72 54



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