Déclaration de l’UNL au CSE du 10 décembre 2009

Logo UNLSuite au rejet il y a un an de la réforme présentée par Xavier Darcos, les lycéens ont accueilli le rapport de Richard Descoings comme un pas dans la bonne direction. Mobilisés pour une école plus juste, plus vivante et moins inégalitaire, l’UNL prend acte de plusieurs avancées contenues dans les mesures présentées aujourd’hui par M. Chatel.

 Néanmoins, nous déplorons que cette réforme ne puisse en aucun cas répondre aux attentes et aux besoins des jeunes puisqu’elle s’accompagne d’une politique qui met un coup de frein à toute ambition de révolution éducative.

Les points positifs de cette réforme, dont nombre d’entre eux tiennent à cœur aux lycéens, aux parents d’élèves et aux enseignants et qui apportent des avancées démocratiques et pédagogiques, sont en totale contradiction avec  bon nombre de mesures superficielles ou questionnables.

En déconnectant ces mesures du reste de sa politique et des réalités économiques et sociales qui accroissent les inégalités chez les jeunes, le gouvernement renie les avancées pédagogiques et pluridisciplinaires qu’il avance et se met lui-même en contradiction avec sa politique de suppressions de postes et de sa réforme de la formation des enseignants.

 

Tout d’abord, nous souhaitons rappeler que cette réforme est totalement différente de celle rejetée en 2008 et que nous y voyons plusieurs pas dans la bonne direction, à savoir que :

-        Nous saluons le potentiel compris dans les deux heures d’accompagnement scolaire proposées dans l’ensemble des classes avec des objectifs précis, mais il manque un cadrage national de ces heures pour permettre de pallier aux inégalités entre établissements et éviter les dérives possibles. Il nous parait nécessaire d’aller plus loin et de créer un système d’aide scolaire efficace qui concentre les moyens sur les lycées et les élèves les plus difficultés, afin de ne pas reproduire des inégalités déjà croissantes. 

-        Le renforcement du tronc commun en Première est un premier pas vers le rééquilibrage nécessaire des filières et appelle à la mise en place de passerelles garanties tout au long de la Première

 

Ensuite, nous émettons à ce jour des réserves sur des insuffisances importantes sur lesquelles il est encore nécessaire d’avancer et d’obtenir des précisions:

-        Sur l’instauration du tutorat car nous regrettons qu’il ne soit pas proposé  et assuré pour tous les élèves et tenons à rappeler qu’il ne compense pas le besoin d’encadrement pédagogique

-        Sur la volonté de renforcer la place des lycéens dans les prises de décisions et souhaitons notamment qu’elle se concrétise par le renouvellement de la moitié des élus au C.V.L. chaque année

-        Sur l’organisation des enseignements de langues par compétences qui ne peuvent en aucun cas s’apparenter à des groupes de niveaux

-        sur la création du conseil pédagogique et la part d’autonomie pédagogique dans les établissements qui sont une avancée à condition qu’elles permettent de faire évoluer les pratiques d’enseignement au sein des deux heures d’accompagnement et donc que les proviseurs ne puissent définir, in fine, le projet pédagogique en cas d’un second refus du conseil d’administration.

-         

Mais, la réforme comporte également des points négatifs, qui vont à contre sens des objectifs affichés, voire qui sont en contradiction totale avec d’autres mesures dans l’Education Nationale : 

 

-        la baisse d’une heure accordée aux TPE en Première ne favorise pas la préparation à l’enseignement supérieur et à l’apprentissage du travail en autonomie. Nous demandons à ce titre que les TPE soient également réinstaurés en Terminale

-        la formation initiale et continue des enseignants sera déterminante quant à la réussite ou à l’échec de la réforme dans sa capacité à améliorer le quotidien scolaire. Or la réforme de la formation des enseignants aujourd’hui va à l’inverse des objectifs de la réforme du Lycée. C’est pour cela qu’il faut voir émerger une véritable formation initiale à la pédagogie, au tutorat, ainsi qu’à l’accompagnement individualisé

 

 

Enfin nous émettons plusieurs craintes :

 

-        l’interdisciplinarité potentielle des deux heures d’accompagnement ne peuvent servir prétexte à une diminution de moyens tant budgétaires qu’humains, ou se substituer à toutes les matières et répondre à l’ensemble des demandes des lycéens – notamment sur le plan de l’aide scolaire.

-        Cette réforme fait totalement abstraction de toute la question sociale alors que  nous subissons une crise économique et sociale importante dont la jeunesse est la première victime, et à laquelle il est nécessaire d’apporter des réponses.

 

La réforme du Lycée ne répond pas à ces questions. En effet, d’une part, le Gouvernement refuse de prendre en charge le coût global de la scolarité (transport, cantine, livres, etc.), d’autre part il refuse de prendre ses responsabilités en scolarisant tous les jeunes de 16 à 18 ans et enfin il refuse de donner à tous les lycéens la possibilité d’accéder à la culture en dehors du cadre scolaire sur un pied d’égalité.

La crise économique et sociale que nous vivons actuellement ne peut être doublée d’une crise politique d’envergure. Alors que dans ce contexte, la nécessité serait d’investir massivement dans l’éducation et favoriser la réussite de tous, le gouvernement continue de supprimer des milliers de postes et sacrifie l’Ecole de la République sur l’autel d’un libéralisme dogmatique et irresponsable. Le diplôme étant notre seul bouclier face à la crise, il faut donner à tous le droit d’accéder à l’éducation et de réussir.

L’Ecole républicaine doit revoir ses objectifs : 80% des jeunes doivent avoir le bac, 100% des lycéens doivent réussir

 

 

En conséquence :

 

Si nous pouvons partager certaines intentions affichées et saluons plusieurs mesures, l’appréciation générale de la réforme par les lycéens est en grande partie déterminée par une politique budgétaire qui surcharge les classes, par une politique d’offre de formation sur le territoriale qui démantèle la carte scolaire favorisant les inégalités et la reproduction sociale, et par une politique éducative qui rétrograde la formation des enseignants à un simple cursus disciplinaire.

Nous demandons donc au Ministre de répondre aux inquiétudes des lycéens et de toute la communauté éducative quant au désengagement de l’Etat dans l’éducation. Une réforme sans moyens ne pourra en aucun cas répondre au malaise des lycéens, des professeurs et des parents

Une réforme doit garantir qu’elle n’est pas une réformette pour masquer les conséquences des suppressions de postes d’enseignants et diminuer la quantité de connaissances qu’un élève doit acquérir au terme de sa scolarité.

è Le Ministre assure que cette réforme se fera « à moyens constants » ?  L’UNL répond que cette réforme va même nécessiter des moyens supplémentaires et met au défi le Ministre d’engager ces moyens et appelle à un plan pluriannuel de recrutement et une nouvelle formation des enseignants !

è Aussi, l’UNL exige l’ouverture d’un chantier de négociations sur la restructuration de la carte scolaire pour que l’école permette à nouveau de lutter contre les inégalités et la reproduction sociale, ainsi que l’annulation des décrets relatif à la réforme de la formation des enseignants afin d’ouvrir de nouvelles discussions avec l’ensemble de la communauté éducative.

Si un climat de confiance n’est pas restauré entre ce Gouvernement et la jeunesse, même une réforme qui ferait l’unanimité sur son contenu ne pourrait être menée ou s’appliquer sans les préalables que nous venons de citer.

Nous avons donc décidé de voter contre ces textes en raison du contexte global qui les accompagne. En effet, le véritable problème de cette réforme n’est pas ce qu’elle fait, n’est pas ce qu’elle met en place, mais bien ce qu’elle ne fait pas et le contexte dans lequel elle s’insère.

 

 

Il nous parait essentiel de rappeler qu’un pays qui investit dans l’éducation et un pays qui croit en son avenir.

 



Lycée Charles Gide d’UZES : Le petit village Gaulois qui résiste

 

Manif. 10-12 (1)

Les élèves, les parents, et les enseignants du lycée Charles Gide d’UZES

sont inquiets face aux propositions du Ministre de l’Education Nationale.

C’est pourquoi Jeudi 10 Décembre 2009 tout le lycée était mobilisé

avec 60% de grévistes chez les enseignants,

Manif. 10-12 (4)

rejoints par des parents d’élèves et un très grand nombre de lycéens de l’établissement puisque seul une centaine, sur 740 élèves, étaient présents en cours.

Manif. 10-12 (3)

Une manifestation, dans les rues de la ville, a rassemblé près de 300 personnes.

Manif. 10-12 (2)

En effet, la réforme tant attendue par tous n’est pas à la hauteur de nos espérances et s’avère même, sous des aspects attrayants, être néfaste pour l’avenir des futurs lycéens.

Les manifestants ont donc scandé haut et fort :

« On ne nous dit pas tout … »

Manif. 10-12 (5)

-       L’idée de donner le droit à l’erreur aux élèves, en leur proposant de changer d’orientation en cours ou fin de première, est un généreux principe qui renforcera cependant le déséquilibre des séries. Proposer quelques jours de remise à niveau pendant les vacances dans les disciplines manquantes est une supercherie. Par ailleurs, cette possibilité de réorientation sera à sens unique : de la série S vers les séries L et ES, des séries ES et L vers les séries technologiques ! En ce sens, la réforme Chatel qui dénonce pourtant la hiérarchie des séries ne fait que la renforcer.

 

-       Un véritable rééquilibrage des séries aurait nécessité un même nombre global d’heures de cours et de dédoublements dans chaque série. Or, il n’en est rien. Les élèves de la série S auront droit à 28h de cours (sans les options) contre 27h en ES et 26h30 en L.

 

-       L’instauration d’un tronc commun en première va se traduire par une hausse des effectifs dans les classes pour les disciplines concernées (français, langues vivantes, histoire-géographie, EPS).

 

-       Les cours en demi-groupe ne sont plus définis au niveau national ; leur répartition est confiée aux chefs d’établissement sur la base d’une enveloppe globale de 10h par classe. Les disciplines et les établissements seront mis en concurrence.

 

-       L’autonomie des lycées va, de fait, instaurer des disparités entre les établissements d’une même ville puisque le « cadre national » disparaît : un élève qui change d’établissement va donc se retrouver en grande difficulté s’il souhaite poursuivre les mêmes enseignements que dans son précédent lycée.

 

-       L’introduction de 2 heures d’accompagnement se fait au détriment des horaires des disciplines, notamment pour celles « d’exploration » qui voient leur horaire réduit au rang d’amuse-gueule (1h30 hebdomadaire). On enlève donc des heures de cours pour les recycler sous forme d’accompagnement, ce qui diminue le volume d’heures d’enseignement pour chaque lycéen.

 

-       La logique de cette réforme est déterminée par la contrainte budgétaire et le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Les classes sont de plus en plus chargées, dégradant les conditions d’apprentissage des élèves, notamment des plus faibles d’entre eux (28 élèves par classe en moyenne au lycée en 2006 contre 32 en 2009).

 

Manif. 10-12 (6)


 

Comment peut-on faire mieux avec :

Moins d’heures

Moins de moyens

Moins de professeurs

 

 

et

Plus d’élèves par classe

Plus de disparité entre les filières

Plus de disparité entre les lycées

et les lycéens

Manif. 10-12 (7)

           



Manifestation anti-réforme du lycée Charles Gide (UZES) du 10 décembre 2009



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