Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel

Article Midi Libre Nîmes

Édition du vendredi 11 décembre 2009

DRDR

Des signes d’essoufflement ? Pour la première fois accompagnés de professeurs, les lycéens nîmois et uzétiens, réunis hier devant la Maison carrée avant de partir en cortège jusqu’à la préfecture pour dire une fois de plus non à la réforme Chatel, ont eu quelques difficultés à mobiliser. Derrière une banderole « L’éducation assure la croissance de vos enfants », ils étaient 250 selon les organisateurs et 150 pour les renseignements généraux, dont une vingtaine de professeurs, principalement du Snes FSU. Parmi eux, Emmanuel Bois enseigne la physique-chimie à Daudet : « Cette réforme est pilotée par les suppressions de postes et d’horaires élève : 2 heures en seconde et bien plus pour les 1 re et terminale pour qui je suis très inquiet. Pour les élèves favorisés, il n’y aura pas forcément de

Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel dans Réforme du lycée

cachePubVide(‘pubCarreEdit’); conséquences mais pour les autres, toutes les études montrent que la présence à l’école est primordiale. » Derrière cette réforme, l’enseignant craint également une autonomisation sous-jacente des établissements : « Dix heures par classe et par niveau seront laissées à l’appréciation du chef d’établissement. Et on nous fait croire que le programme sera national… » Côté lycéens, Emilie, porte-parole du mouvement, aurait souhaité mobiliser davantage mais reste convaincue de l’importance de l’action : « En 1 re S, on survole déjà le programme d’histoire. Ils veulent encore supprimer des heures et faire de nous des moutons. L’histoire est là pour nous ouvrir l’esprit sur le monde et nous sensibiliser. (…) Les 2 heures d’aide obligatoire par semaine pourraient être une bonne idée mais pas en supprimant des postes en même temps. » Le discours est rôdé, maîtrisé, signe d’un mouvement qui a réussi à se structurer, avec des représentants dans chaque établissement et un service d’ordre qui encadre la manifestation avec sérieux. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Une partie de la réponse mardi, avec un appel national à la mobilisation. Photo Gilles LEFRANCQ

Rémy CALLAND

 



Formation des maîtres : appel à manifester le 15 décembre

Logo FSU

Chèr – e  camarade,

pour s’opposer à la réforme actuelle de formation des enseignants et exiger d’autres choix,
nous appelons à participer à la manifestation

mardi 15 décembre 2009, à 14h,
départ place des Carmes, à Nîmes

Merci de faire circuler cette information le plus largement possible.

Fraternellement.

pour la FSU du Gard
Emmanuel BOIS



Déclaration au Conseil Supérieur de l’Education par la FSU

Monsieur le Ministre,

Votre propos liminaire manifeste que vous avez fait le choix de maintenir un projet de réforme des lycées qui suscite des critiques de plus en plus vives en ignorant ces critiques ; je tiens au nom de la FSU à renouveler fermement notre exigence que, pour permettre une réforme aboutissant à un lycée plus juste et plus efficace, vous renonciez à tout passage en force.

Nous avons besoin d’une réforme qui assure plus d’efficacité et de justice et qui permette une relance de la démocratisation  aboutissant à une poursuite d’études positive et une réussite de tous les jeunes, qu’ils soient dans les lycées généraux, technologiques ou professionnels. Nous avons besoin non pas d’égalité des chances mais d’une véritable égalité  d’accès à un droit à éducation de qualité et à la réussite. Le projet que vous nous présentez aujourd’hui en est bien loin. Au contraire ces dispositions sont à notre avis dangereuses pour l’avenir des jeunes et du système éducatif. Laissez moi vous exposez brièvement les raison de cette appréciation.

Les dispositions que vous proposez accentuent l’autonomie des établissements (collèges et lycées) et risquent  ainsi de creuser encore  les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l’oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles  renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement  qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde.

Elles renforcent les prérogatives du chef d’établissement et son autorité sur les personnels, notamment au niveau pédagogique, et installent une hiérarchie intermédiaire désignée par le chef d’établissement : de la sorte vous remettez en cause de fait les conditions d’exercice et les garanties de ces personnels. Et cela  non seulement dans les lycées généraux et technologiques mais dans tous les EPLE.

Elles diminuent  une partie des horaires disciplinaires et dénaturent des disciplines, ignorant ainsi les besoins d’une véritable culture commune à la hauteur des enjeux de la formation des jeunes aujourd’hui.

Elles entretiennent l’illusion de lutter contre la difficulté en instaurant des stages de remise à niveau pendant les vacances et en oubliant de répondre à la demande prioritaire des personnels de l’amélioration de leurs conditions de travail dans la classe.

Elles organisent des glissements de missions des personnels, avec en premier lieu  ce qui concerne l’orientation

Alors que la formation et l’accompagnement des lycéens, essentiels entre autre pour l’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur, nécessitent des équipes pluridisciplinaires complètes au sein des établissements et des effectifs par classe réduits, c’est le contraire qui se prépare.

Cette réforme s’inscrit dans la logique des choix qui ont présidé à la loi LRU dans l’enseignement supérieur et la réforme de la voie professionnelle du lycée que vous semblez considérer comme acquise et sans problème; elle  prépare aussi de nombreuses suppressions de postes dans les lycées à la rentrée 2011.

Et l’on ne peut oublier qu’elle s’inscrit dans un contexte de coupes claires dans les moyens consacrés à la formation de jeunes et notamment de suppressions massives d’emploi qui mettent en péril l’avenir du système éducatif et l’empêchent à tous les niveaux, premier, seconde degré, supérieur, de faire face à ses missions et d’assurer la réussite de tous.

Elle s’inscrit également dans un contexte marqué par une réforme de la formation et du recrutement des enseignants qui sacrifie délibérément leur formation professionnelle en oubliant qu’enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle s’inscrit enfin dans un contexte de dévalorisation des métiers de l’éducation et de dégradation des conditions de travail sur lesquelles je tiens à vous alerter fortement et qui nécessitent d’urgence des mesures et un plan d’une tout autre ambition que ce que vous avez jusqu’à présent  proposé.

 Pour ne pas rater l’occasion d’un vraie réforme dans l’intérêt t des jeunes, je vous demande donc de renoncer à présenter cet ensemble de textes au CSE du 10 décembre et  je vous appelle  à reprendre les discussions sur d’autres bases, à la fois sur le lycée mais également sur la formation des enseignants et la revalorisation (salaires et conditions de travail) des métiers de l’éducation.

 

G Aschieri

Logo FSU

.



Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations

Article La Dépèche.fr

Le Conseil supérieur de l’éducation examine la réforme du lycée. Dans la rue,déjà des manifestations.

Lycée : la réforme qui fâche

Lycée : la réforme qui fâche

OAS_AD(« Position1″);Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations dans Réforme du lycée

En matière d’éducation, l’histoire n’a rien d’un long fleuve tranquille. Amorcée en juin 2008 par Xavier Darcos, la réforme des lycées revue et corrigée par Luc Chatel dès cette rentrée, n’avait pas vraiment fait de vagues jusque-là. Sauf que, dévoilée peu à peu, elle se retrouve confrontée aujourd’hui à un vent de boulets. Au cœur de la polémique : la question de la place accordée aux disciplines.

De fait, hier, pendant que le ministre de l’Éducation nationale, réforme sous le bras, passait l’examen décisif du Conseil supérieur de l’éducation, lycéens et profs se mobilisaient a minima dans la rue (lire ci-dessous).

Sur le fond, le projet qui globalement veut permettre la réorientation des élèves et rééquilibrer les filières du lycée général, n’est pas en cause. C’est plutôt son montage qui dérange. La réforme crée en effet deux heures hebdomadaires d’« accompagnement personnalisé », à horaire global inchangé. Pour cela, il est prévu de diminuer les horaires de certaines disciplines et de recentrer la filière scientifique (S) sur les sciences.

Ce week-end une pétition d’une vingtaine d’universitaires de renom demandait « d’annuler cette décision peu à même de former de « futurs citoyens ». Hier, la Fnaca (anciens combattants) donnait de la voix « en déplorant » la suppression de la matière histoire-géo en terminale S. À l’inverse, les associations de parents d’élèves restaient toujours démarquées des professeurs, défenseurs des disciplines. La FCPE et la PEEP voient de nombreux aspects positifs dans cette réforme à commencer par le rééquilibrage des séries.

Quant à l’UNL, syndicat de lycéens à l’origine l’an dernier par sa mobilisation de l’abandon d’une première mouture de réforme du lycée, il a jugé que « le débat purement disciplinaire » sur l’histoire n’était « pas utile ».

Pour autant, le débat ne s’annonce pas clos. Car après les profs d’histoire-géo, ce sont les profs de physique-chimie et de sciences économiques et sociales qui montent au créneau. Tous dénoncent des horaires ou revus à la baisse ou insuffisants pour l’enseignement de leur discipline respective.

Mais le ministre tient bon. Sur les changements prévus pour l’histoire-géographie. Aussi sur « le tronc commun d’enseignements » pour tous qui ancre « le français, les langues, l’histoire et la géographie dans un socle de culture humaniste partagée ».

Luc Chatel l’a réaffirmé, hier. il veut « améliorer et rendre possible l’orientation jusqu’en première » avec l’ambition clairement affichée de « revaloriser » la filière littéraire « littéralement en voie de perdition ». Enfin il a annoncé qu’il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique.

Des manifestations un peu partout en France

Des manifestations de lycéens et de professeurs ont traversé, hier plusieurs villes de France. À Paris, Marseille, au Mans, à Rennes, mais aussi à Bayonne, Biarritz, Anglet, les lycéens souvent plus nombreux que les enseignants, ont entonné des slogans comme « A la poubelle, les réformes Chatel » ou « Assez de cette société qui n’offre que le chômage et la précarité ». À Toulouse, entre 200 et 300 lycéens ont défilé le matin contre « la réforme Chatel des lycées, les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et les mesures sécuritaires dans les lycées », a indiqué le porte-parole de la Coordination des lycées de Toulouse (CLT). Selon le rectorat de l’académie, « deux lycées ont été bloqués » hier matin. Selon le porte-parole de la Coordination, une autre mobilisation est prévue mardi.

«La France a peur de ses lycéens»

Philippe Meirieu. Professeur des universités en sciences de l’éducation. Spécialiste de la pédagogie.

Où vous situez-vous dans cette polémique ?

J’ai signé la pétition demandant d’annuler la décision concernant la suppression des heures d’histoire-géo. Mais je milite depuis de nombreuses années pour un enseignement à caractère général. Un enseignement destiné à tous et non pas sectorisé selon que l’on est dans telle ou telle filière. Je reste d’ailleurs étonné de la tempête disproportionnée au regard de ce qu’ont déjà subi les filières professionnelles, notamment. Ni hier, ni aujourd’hui personne ne s’est ému de l’absence de philosophie dans le cursus.

Comment percevez-vous la réforme ?

Je la qualifierai d’ectoplasmique, sans grande forme et d’une facture dont on ne comprend pas quel but elle veut

atteindre. Elle procède à des ajustements et à des regroupements qui ne sont pas prioritaires.

Selon vous, aucune mesure ne va dans le bon sens ?

Les préconisations me semblent bien loin des enjeux du lycée du XXIe siècle. Posons-nous seulement quelques questions. Qu’est-ce qui rend possible la réussite de l’élève qui du secondaire arrive dans l’enseignement supérieur ? Quel type de travail préconise-t-on en amont ? Quelle place laisse-t-on à l’imagination, aux recherches documentées, quel type de travail et d’épreuves ? Est-ce que l’on doit conserver le bac actuel et ses absurdités ? Et quel rééquilibre peut-on imaginer pour les filières de l’enseignement professionnel. Cette réforme ne pose aucune de ces questions.

Par où faudrait-il commencer ?

La France a à la fois mal à son lycée et peur de ses lycéens. Son lycée est inégalitaire et pour ses élèves, le pays cherche des compromis là où il faudrait avoir de l’audace. D’ailleurs, je m’étonne qu’on élabore une réforme du lycée sans aborder la question du collège laissé à vau-l’eau. Ce n’est ni plus ni moins aujourd’hui qu’une gare de triage où il devient très difficile d’enseigner – avec ses exceptions, j’en conviens. Se pose aussi la question de sa dimension qui, à mon sens, devrait revenir à une taille plus humaine. Là où la présence de l’adulte deviendrait visible.

 

Le CSE adopte les textes de la réforme du lycée

Article  La Café Pédagogique.net

men-6 dans Revue de presseLe CSE a adopté les quatre textes ministériels avec des amendements acceptés par l’administration qui renforcent la dimension pédagogique de la réforme et confortent ses moyens.

 

« De véritables échanges ont eu lieu » nous confie Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE à la sortie du CSE. « Il y a eu de vrais débats sur les textes présentés. On n’avait pas vu cela depuis longtemps » ajoute-il.  En effet c’est un Conseil supérieur de l’éducation tout à fait exceptionnel qui s’est tenu jeudi 10 décembre. Il a duré longtemps (de 14h à 22h30).  Le ministre y a participé  en personne longuement.  Mais la vraie exception c’est l’adoption des décrets et arrêtés avec par exemple 35 voix pour contre 28 pour un décret. Il faut remonter loin en arrière pour voir un projet ministériel adopté ainsi par les représentants de l’Ecole. Rappelons qu’en 2005 la loi Fillon avait obtenu 39 voix contre et 4 pour. En 2007 la réforme Robien sur le primaire comptait 41 contre et 6 pour. Une majorité s’est dégagée au CSE pour que la réforme se fasse.

 

Le CSE commence par un échange de déclarations qui aurait pu figer les positions. Luc CHatel présente sa réforme et pose ses engagements envers les lycéens et les enseignants. Pour les premiers, il fixe trois objectifs : «  mieux orienter chaque lycéen pour en finir avec l’orientation couperet, avec le délit d’initié, avec une voie exclusive d’excellence. Mieux accompagner chaque lycéen pour éviter les décrochages, pour développer l’autonomie, pour permettre d’atteindre l’excellence. Mieux adapter le lycée à son époque pour que chaque lycéen maîtrise les langues étrangères, accède à la culture, se prépare aux responsabilités de l’âge adulte ». Pour cela il y a par exemple les heures d’accompagnement personnalisé. «  Quand un élève se trouve en difficulté, l’accompagnement personnalisé lui permet de surmonter à temps les difficultés avant qu’elles ne se cristallisent, ne s’enracinent et ne conduisent à l’échec, aux sorties précoces, au décrochage. Dorénavant, l’école sera son propre recours ». Aux enseignants, il promet que, s’il a été conduit « à redéfinir les horaires par discipline,… il est clair que le temps d’enseignement n’est pas réduit. Il est simplement organisé différemment ». Il répond ainsi aux remarques des associations disciplinaires. Il fait de même à propos de l’autonomie.  » Je suis, comme vous, très attaché au caractère national de l’éducation, avec des horaires, des programmes et des examens nationaux. Je ne vais pas créer le lycée à géométrie variable ou le lycée à territoire variable. Pas plus que le baccalauréat à géométrie variable. Mais il n’y a aucune contradiction entre le caractère national de l’éducation et une plus grande liberté d’initiative locale. En effet, c’est au plus près des élèves que se construisent les réponses pédagogiques adaptées à leurs besoins pour conduire chacun vers la réussite ».

 

G Aschiéri rappelle la demande de la FSU d’un report du texte et critique particulièrement l’autonomie accordée aux établissements.  » Les dispositions que vous proposez accentuent l’autonomie des établissements et risquent ainsi de creuser encore les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l’oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde ». Le Sgen Cfdt annonce « se saisir des leviers de changements positifs qui..  sont proposés, avec vigilance et dans un esprit revendicatif ».  Le Sgen juge positifs l’accompagnement personnalisé et l’autonomie pédagogique.  Le Se-Unsa estime que les mesures proposées « vont dans le bon sens. C’est pourquoi , malgré un contexte politique et budgétaire difficile, il fait le choix de soutenir la nouvelle architecture du lycée ».

 

Des avancées pédagogiques. Alors qu’on a vu ces derniers jours les associations disciplinaires mobiliser au profit de leur matière, les nouvelles grilles horaires ont été adoptées par le CSE. Mais un amendement précise que les heures globalisées (jusqu’à un tiers de l’horaire total)  sont accordées « par division » et non de façon globale à l’établissement ce qui conforte leur utilisation. Leur gestion reste confiée au conseil pédagogique mais le contrôle du conseil d’administration est renforcé. Le chef d’établissement ne pourra pas imposer sa répartition en cas de désaccord avec le CA. Il devra proposer une autre répartition dans un délai court. L’accompagnement personnalisé est redéfini. Il « prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires » , c’est-à-dire qu’il pourra prendre la forme de TPE.

 

De nouveaux droits lycéens. Plusieurs amendements renforcent les droits des lycéens. Le tutorat « sera proposé à tous les élèves ». Les lycéens souhaitant utiliser leur droit à la réorientation devront avoir reçu une proposition du chef d’établissement dans un délai d’un mois.

Dossier réforme du lycée

 

 

 



recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES