Communiqué après le CSE du 10 décembre 2009

Communiqué Sud Education

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Communiqué commun du 10 décembre 2009

Réforme du lycée

Le ministre enfonce le clou

Le ministre a présenté son projet de réforme du lycée au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) le 10 décembre. Dans un discours bien rodé qui ne varie pas d’un iota depuis quelques semaines, il a confirmé l’ensemble de ses orientations et propositions, avant d’annoncer la publication des textes fin janvier.

Le ministre s’entête et n’a en aucune façon entendu les demandes qui lui ont été adressées inlassablement au nom des personnels et que le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALCCSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU lui ont présentées ensemble une nouvelle fois au CSE.

Il doit renoncer à son projet et reprendre les discussions sur de nouvelles bases tout en poursuivant celles sur les séries STI et STL.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU prévoient dès à présent de se rencontrer en réunion intersyndicale nationale pour décider des suites à donner aux premières mobilisations de ce jour.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU, le SNFOLC, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNCL-FAEN, SUD Education et le SNETAP-FSU appellent les personnels à poursuivre et renforcer sans attendre la mobilisation dans les établissements –lycées et collèges-. Ils les appellent à se réunir dans les établissements (assemblées générales, heures d’information syndicales…), à débattre du projet du ministre, à prendre position, à discuter des suites de l’action ainsi qu’à rencontrer les parents d’élèves, les lycéens et leurs organisations.

 

Dans les lycées et les collèges, amplifions la mobilisation contre les réformes Chatel !

Le CSE a adopté le 10 décembre le projet de réforme du lycée, malgré l’opposition d’une intersyndicale représentant une large majorité des personnels.

Les décrets sur les filières générales du lycée sont annoncés avant la fin du mois de janvier et le ministre présentera au mois de mars 2010 la réforme des séries STI/STL.

Les mobilisations du 10 décembre doivent donc s’amplifier dans les lycées et dans les collèges qui sont aussi concernés par le renforcement du pouvoir du chef d’établissement et par la mise en place du conseil pédagogique, véritable hiérarchie intermédiaire.

C’est pourquoi SUD Éducation a proposé à l’intersyndicale nationale de se réunir le plus rapidement possible pour décider de l’action en janvier. Il faut, dans le même temps, se tourner vers les lycéens qui ont commencé à se mobiliser et vers les parents des lycéens et des actuels collégiens pour les informer des conséquences de cette réforme : tracts communs, réunions publiques…

Tous ensemble il est encore temps de faire reculer ce gouvernement !

En référence : la déclaration de SUD Éducation et la déclaration intersyndicale lors du CSE ci-dessous, le communiqué de presse et la pétition intersyndicale contre la réforme Chatel.

CSE du 10 décembre : réforme du lycée. Résultat des votes

SUD et l’intersyndicale (SNES-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation SNFOLC, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAP-FSU) ont voté contre les 4 projets de textes :
-  « projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement des EPLE » : désignation et attribution du conseil pédagogique, pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT, Ligue de l’enseignement) contre : 26 (dont SUD, FSU, FO, CGT, UNEF, Snalc UNL), 7 abstentions dont la FCPE, 5 refus de vote ;
-   « projet de décret relatif aux enseignements du second degré des voies générale et technologique et à l’information et l’orientation », pour : 35 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 20 votes dont SUD/intersyndicale, 13 abstentions dont FCPE et UNL, refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements de la classe de seconde », pour : 32 votes (dont Unsa-Éducation, Sgen-CFDT), contre : 19 (dont SUD et intersyndicale), 15 absentions (dont FCPE et UNL), 0 refus de vote ;
-   « projet d’arrêté relatif à l’organisation et aux horaires des enseignements du cycle terminal », pour : 22 (dont Unsa-Éducation), contre : 22 (dont SUD et intersyndicale), 13 abstentions (dont FCPE et UNL) et 7 refus de vote (dont Sgen-CFDT qui réclamait la suppression totale de l’histoire-géographie en terminale S).

Déclaration de la Fédération SUD Éducation

M. Le Ministre,
Mmes et M. les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation Nationale,

Votre projet de réforme du lycée, loin toute considération pédagogique, s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’Éducation. Celle-ci doit y contribuer pour 80 000 suppressions de postes d’ici 2012. Votre projet s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un sens critique par les lycéens. Il s’inscrit dans la continuité de vos projets et notamment de la reforme de l’enseignement professionnel et de l’Université.

Les décrets et arrêtés que vous nous présentez consacrent un net durcissement des premiers axes dévoilés en octobre. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes et des effectifs à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires par le renforcement du rôle du conseil pédagogique ; nous en contestons tant la désignation que les prérogatives. La multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) est inacceptable alors que votre ministère ne cache plus sa volontiers finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et un service public d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, et d’une globalisation d’une part importante des horaires. Celle-ci aboutira à la mise en concurrence des disciplines et à des choix très inégalitaires suivant les établissements et leurs publics. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire.

Pour les élèves, ce projet renforcera toujours le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités Sociales.

SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous. La présentation du projet au CSE le 10 décembre est sans doute pour vous l’ultime étape ; nous espérons qu’elle sera avec les premières initiatives de ce jour le début d’une mobilisation contre vos projets.

Avec l’ensemble de ceux qui refusent cette régression nous voulons imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.

Déclaration d’ouverture de l’intersyndicale

SNES- FSU, SNEP- FSU, SNETAP- FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL- FAEN, SNALC- CSEN

Monsieur le Ministre,

Le SNES- FSU, le SNEP- FSU, le SNETAP- FSU, le SNFOLC ; la CGT Educ’action, SUD Éducation, le SNCL- FAEN, et le SNALC- CSEN vous ont adressé une lettre commune le 3 décembre, par laquelle ils vous demandaient de ne pas présenter au CSE réuni ce jour votre projet de réforme du lycée.

Les organisations citées considèrent que la réforme des structures que vous souhaitez se traduit, d’abord, par un accroissement dangereux de l’autonomie des établissements. Laissant à discrétion l’utilisation de près d’un tiers de l’horaire professeur, elle risque d’accroître les inégalités qu’elle prétend combattre. Elle conduira à la concurrence interne entre les disciplines, celle-ci s’est déjà exprimée. Elle induira une pareille concurrence entre les établissements.

Il n’est pas acceptable que l’accompagnement personnalisé des lycéens soit installé au détriment des horaires disciplinaires dispensés aux élèves, dans des disciplines par ailleurs dénaturées, en particulier pour celles qui sont cantonnées en seconde dans les enseignements d’exploration réduits à 1h30. De même, la mise en place d’un tronc commun en classe de première entretient l’illusion de possibilités de changement de parcours pour les élèves. Elle permettra, en réalité, l’augmentation des effectifs dans les classes et, à terme, de nouvelles suppressions de postes. Plus généralement, votre réforme suppose une extension des missions des enseignants bien au-delà de leurs responsabilités. Elle leur délègue notamment une responsabilité accrue quant à l’orientation qui n’est pas de leur mission.

Enfin, le projet que vous nous soumettez veut modifier radicalement sur plusieurs points le décret régissant le fonctionnement des EPLE. Vos propositions, qui concernent également le collège en ce qu’elles touchent notamment à l’organisation du conseil pédagogique, n’ont fait l’objet d’aucune discussion préalable. Elles font de votre projet celui d’une réforme profonde et générale de l’enseignement du second degré qui n’a jamais été débattue pour elle- même.

Cela n’est pas acceptable. La réforme n’apporterait aucune réponse à la demande unanime d’amélioration des conditions de travail des personnels et des conditions d’étude des élèves. Pourtant, le lycée doit être amélioré et personne ne peut se résoudre à l’échec d’un nombre important de jeunes, en particulier en classe de seconde. Nous vous demandons de renoncer à ce projet. Nous souhaitons la reprise des négociations sur d’autres bases, et la poursuite de celles portant sur les séries STI- STL

 

 

 

 



Réforme du lycée au CSE : le Ministre s’entête

Communiqué de la FSULogo FSU

13 décembre 2009

Réforme du lycée au CSE : le Ministre s'entête Le CSE a approuvé le 10 décembre le projet de réforme Chatel, contre la grande majorité des personnels. Le SNES-FSU refuse cette orientation, appelle à s’opposer à toute mise en place prématurée et à se mobiliser dans les établissements pour faire échec à cette réforme !

 

Le 10 décembre, après avoir refusé de retirer les textes présentés comme le lui demandait l’intersyndicale représentant près de 80% des personnels, le Ministre Luc Chatel a conclu son discours d’ouverture du CSE consacré à l’examen du projet de « réforme du lycée » en annonçant la publication des textes pour fin janvier. Tout en soulignant combien il était attaché à la concertation !
Il a tenté de faire croire que sa réforme avait pour objectif la réussite de tous les élèves et a rappelé l’objectif de N. Sarkozy : obligation de formation jusqu’à 18 ans et non de scolarité, en lien avec le plan de M.Hirsch.

Positionnement des différents membres du CSE
Principaux amendements repris pas l’administration
Amendements du SNES-FSU, rejetés par l’administration
Déclarations préliminaires et conclusion du Ministre
Résultat des votes
- Décret EPLE
- Décret orientation
- Arrêté sur la classe de seconde générale et technologique
- Arrêté sur le CT général et technologique

Positionnement des différents membres du CSE

L’UNSA, la CFDT, la FCPE (et la PEEP) et dans une moindre mesure l’UNL font montre d’adhésion à « l’esprit de la réforme », qui selon eux, sans répondre parfaitement à leurs souhaits, permettra de résoudre les problèmes du lycée, identifiés principalement comme un déséquilibre dans les filières et qui contient les leviers aux transformations pédagogiques qu’ils souhaitent. Ils demandent une formation des personnels aux nouveautés de la réforme et déclarent qu’ils seront attentifs aux conditions d’accompagnement de cette réforme, en particulier en termes budgétaires et de suppressions de postes. Les déclarations et amendements de ces organisations, dont bon nombre ont été repris par l’administration sans vote, vont dans le sens d’un aménagement des textes. FCPE et UNL se sont abstenus sur les textes en signe de défiance par rapport au budget.

La FSU, FO, la CGT, le SNALC-CSEN et SUD, ainsi que l’UNEF, s’opposent à la réforme, dont ils pensent qu’elle aggravera les difficultés des lycéens, dont les horaires disciplinaires diminuent dans des établissements livrés à la concurrence et au pouvoir local des recteurs et chefs d’établissements. Les amendements proposés par le SNES-FSU, et rejetés, ont porté sur le conseil pédagogique, le rôle des personnels dans l’orientation, les stages de rattrapage et l’autonomie des établissements. Ces organisations ont voté contre les textes.

Les autres membres du CSE : organisations du privé, représentants de la société civile (Ligue de l’enseignement, CFTC, MEDEF etc.) se sont dans l’ensemble positionnés en faveur de la réforme.

Principaux amendements repris par l’administration

  • EPLE : en ce qui concerne les dotations en heures d’enseignement et d’accompagnement personnalisé, le Conseil d’Administration ne se prononce que sur des propositions du chef d’établissement, sans possibilité de l’amender. En cas de rejet, « la commission permanente procède à une nouvelle instruction soumise au vote du CA dans un délai de 10 jours suivant le premier vote ». En cas de deuxième rejet, le chef d’établissement arrête l’emploi des heures (amendement SE-UNSA). Cette disposition est en complète contradiction avec le début de l’article concerné, qui rappelle que « les EPLE (pas leurs chefs) disposent d’une autonomie qui porte sur l’emploi des dotations en heures » et ressemble à une opération de déconcentration sauvage.
  • Conseil pédagogique : « Le chef d’établissement désigne les membres du conseil pédagogique parmi les personnels volontaires après consultation des équipes pédagogiques concernées. »
  • La dotation globalisée destinée aux heures en groupes à effectif réduit indiquée dans les textes constitue un minimum que les recteurs ne peuvent plus moduler que pour l’augmenter (Amendement SGEN-CFDT et UNSA, qui approuvent la globalisation des moyens).
  • Dans l’accompagnement personnalisé figure désormais une offre obligatoire de travaux interdisciplinaires (amendement FCPE).
  • Le tutorat est proposé à tous les élèves et non plus aux seuls volontaires (amendement SGEN-CFDT et FCPE). Cette obligation nouvelle faite aux établissements sera difficile à concilier avec le maintien du volontariat des « tuteurs »…et n’a fait l’objet d’aucune précision sur son financement.

Note : un amendement du SGEN-CFDT demandant la suppression de l’option histoire-géographie en terminale S n’a pas été repris par l’administration et a motivé l’abstention du SGEN-CFDT sur l’arrêté concernant le cycle terminal.

Amendements du SNES-FSU, rejetés par l’administration

Devant la gravité des enjeux du projet, le SNES-FSU a opté pour le dépôt d’un nombre limité d’amendements, ne jouant pas à la marge, mais supprimant les dispositions qu’il jugeait inacceptables et afin que chaque organisation puisse clairement exprimer sa position.
Ainsi le SNES-FSU a demandé :

  • que le Conseil d’administration ait toute possibilité d’amender la répartition horaire proposée par le chef d’établissement, et son autonomie dans le domaine pédagogique telle que prévue dans le décret initial respectée.
    Vote : 16 pour, 37 contre, 6 abstentions, 7 refus de vote.
  • que les membres du conseil pédagogique ne soient pas désignés par le chef d’établissement mais par les équipes éducatives.
    Vote : 26 pour, 25 contre, 6 abstentions.
  • que les missions du conseil pédagogique soient strictement limitées à celles énoncées dans la loi.
    Vote : 21 pour, 31 contre, 7 abstentions, 13 refus de vote.
  • la suppression de l’obligation d’engagement des élèves à suivre des dispositifs de remise à niveau (stages « sas » et « passerelle » de rattrapage pendant les vacances scolaires)
    Vote : 18 pour, 48 contre, 2 refus de vote
  • une grille horaire nationale intégrant les horaires de travail en groupe à effectif réduit, aussi bien en seconde que dans le cycle terminal.
    Vote : 19 pour, 45 contre, 3 refus de vote.
  • la suppression dans l’accompagnement personnalisé des missions d’aide à l’orientation dévolue aux enseignants et écartant les COPsy.
    Vote : 19 pour, 48 contre.
  • la transformation du tutorat, axé sur l’orientation, en un « dispositif d’aide à l’acquisition de méthodes et démarches intellectuelles nécessaires à un travail autonome ».
    Vote : 16 pour, 47 contre, 1 abstention, 3 refus de vote

Déclarations préliminaires et conclusion du Ministre

Ouverture de la séance par L. Chatel, Ministre de l’Éducation Nationale

Le Ministre décline point par point les choix du gouvernement et le projet de réforme déjà connus et annonce la publication des textes pour fin janvier. Il annonce un calendrier pour la réforme des séries STI-STL et les grands axes de cette réforme…qui reste encore bien floue.

Déclarations des syndicats enseignants membres du CSE

Déclaration du SNES-FSU
Monsieur le Ministre,
Vous avez donc décidé de maintenir l’examen des textes définissant votre réforme des voies générale et technologique du lycée malgré la demande exprimée par une large intersyndicale représentant environ 80% des personnels d’enseignement, de vie scolaire et d’orientation dans les lycées.
(…)
Le SNES n’est ni pour le statu quo, ni partisan du changement pour le seul plaisir du changement, mais vous l’aurez compris, monsieur le Ministre qu’il rejette votre projet et vous exhorte à remettre l’ouvrage sur le métier… mais en écoutant réellement cette fois ce que les personnels ont à dire.
Pour terminer, nous espérons que les discussions sur l’avenir des séries industrielles et de laboratoire ne seront pas à l’image de celles que nous venons de vivre pour la voie générale et que, au-delà des précisions que vous avez données aujourd’hui votre projet conservera la spécificité de la voie technologique, en particulier dans la définition des enseignements généraux qui doivent pouvoir être enseignés en synergie avec les disciplines technologiques qui souvent créent la réussite des jeunes qui ont choisi cette voie.

Déclaration de la FSU

Déclaration de l’intersyndicale

Le SNEP-FSU propose un rendez-vous à la fin des 3 prochaines années pour faire un bilan réel de la réforme. Il estime qu’une réforme doit prendre en compte la complexité du système éducatif : contenus, temps scolaire et évaluation, et qu’il faut faire attention aux comparaisons internationales. Or cette réforme ne prend pas en compte de façon systémique de la cause des difficultés.

Pour la CGT, la question de la formation doit être pensée dans la durée, de la maternelle au plus au niveau de la carrière professionnelle. Il faut une qualification solide et durable. Si l’objectif continue d’être la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux et que le lycée est épargné, alors le collège trinquera. Si moins d’impôts bénéficient au plus riche, moins de cours aussi.

FO est attachée à l’égalité devant l’instruction, or l’autonomie conduit à une école inégalitaire et non républicaine.

SUD déplore de n’avoir pas été consulté sur réforme. Il constate une régression des conditions de travail et de la qualité de l’enseignement.

Cette réforme n’est pas celle souhaitée par le SE-UNSA, mais il estime qu’elle apporte des réponses pertinentes aux besoins des lycéens, car elle rompt avec le lycée tubulaire et élitiste et que le lycéen prend part de façon active à son orientation.

Le SNPDEN-UNSA estime assister à un décrochage du lycée par rapport aux normes internationales. Les études internationales montrent des réussites en présence d’un pilotage national clair et d’une adaptation au local. La réforme y répond.

Le SGEN-CFDT souhaite une réforme plus ambitieuse, avec des enseignements modulaires semestriels pour éviter le redoublement et mettre fin à la hiérarchie des filières.
Il est favorable à l’accompagnement personnalisé, au tutorat pour tous, à l’autonomie des établissements s’il s’agit d’une autonomie pédagogique collective (donc un conseil pédagogique avec une vraie légitimité [commentaire du SNES-FSU : dont les membres sont désignés par le chef d’établissement]), à la globalisation de certains horaires et fait le choix de se saisir de ces leviers de transformation.

Pour le SNALC, la réforme fait le choix de « collégiariser » le lycée faute de réformer le collège, sur un modèle qui est un échec avéré au collège !

Pour la FCPE, une réforme pédagogique d’ampleur est nécessaire, dont l’accompagnement pourrait constituer le premier pas.

La PEEP exprime sa déception du retrait de la réforme Darcos. La réforme Chatel lui semble moins ambitieuse mais intéressante : pas d’alourdissement du travail des lycéens, et concentration de la spécialisation sur la classe de terminale (un choix tardif est positif).

L’UNEF constate une détérioration du système éducatif, notamment liée à la dé-sectorisation qui remet en cause la mixité sociale. Elle est demandeuse d’une réforme mais le projet est insatisfaisant : le recours à l’autonomie et le contexte de suppressions de poste posent problème.

Conclusions de Luc Chatel
Le Ministre se félicite de l’état d’esprit et la qualité de la tenue des débats : s’accorder sur les mesures quand elles vont dans la bonne direction est faire preuve de pragmatisme et responsabilité.
Il n’a pas le sentiment de passer en force : les textes proposés ne sont pas ceux envisagés initialement, ils ont été amendés de façon positive par la concertation. La discussion ne s’arrêtera pas là : jusqu’au bout, des discussions seront possibles sur le contenu des circulaires ou sur la rédaction des programmes. Sur le contenu de la réforme : les commentaires allant de « révolution » d’un côté à « trop timide » de l’autre, laissent penser au Ministre que le curseur est positionné au bon endroit.

Luc Chatel développe la vision du système éducatif du gouvernement.
Le Ministre est le garant d’un système qui est un des socles de la République, l’Éducation Nationale. Les programmes resteront nationaux, les recrutements et les horaires resteront nationaux. Selon le Ministre, c’est un point essentiel et non négociable du système éducatif. La réforme est voulue d’abord pour les lycéens. N. Sarkozy a indiqué une obligation de formation entre 16 et 18 ans, dans le système scolaire ou en apprentissage.
Le ministre constate qu’ « au sein même de chaque classe il y a des différences. Aujourd’hui, les classes sont hétérogènes. »
La réforme consiste à adapter le système à la réalité du quotidien sur le terrain. Les problématiques sont différentes d’un lycée à l’autre. Le Ministre fait confiance aux équipes locales, enseignants, chefs d’établissement. Il ne revient pas sur les obligations de service des enseignants, mais leur propose de nouvelles missions sur la base du volontariat. Il ne s’agit pas de moins d’enseignement mais de mieux enseigner.
Par exemple, « orienter est une belle mission pour les enseignants : c’est une belle mission pour un enseignant que d’aider son élève à trouver sa voie. ». Ainsi pourrait-on, selon le Ministre, mettre fin à l’inégalité entre les élèves qui appartiennent à une famille qui décrypte le système et ceux qui se trouvent démunis.

Note : le SNES-FSU a tenu à rappeler au Ministre qu’il existait pour cela des conseillers d’orientation-psychologues et des CIO et que l’enquête du CEREQ le démontrait très clairement.

Résultat des votes

Décret EPLE

Pour UNSA, SGEN-CFDT, Ligue de l’enseignement, Snia-IPR etc. 32

Décret ORIENTATION

Pour UNSA, SGEN-CFDT etc. 35

Arrêté sur la classe de 2nde GT

Pour UNSA, SGEN-CFDT, Ligue de l’enseignement, Snia-IPR etc. 32

Arrêté sur le cycle terminal général

Pour UNSA 22

 



Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

16/12/2009

S.V

Une chose est sûre : la chute brutale des températures n’a pas démotivé les étudiants lycéens du Pays Basque encore et toujours mobilisés contre la réforme du lycée prévue par le ministre de l’Éducation Nationale, Luc Châtel.

Certes, ils étaient moins nombreux hier matin que la semaine dernière, mais plusieurs centaines de lycéens (entre 800 et 1 000 selon les forces de l’ordre) ont tout de même répondu présents et sont descendus dans la rue pour dénoncer une réforme qui va “à contre sens” des besoins réels du système éducatif. Rappelons peut-être que sept lycées de la Côte basque sont toujours bloqués et risquent très certainement de l’être jusqu’à la fin de la semaine… qui pourrait toutefois sonner le glas de la mobilisation étudiante en raison, bien évidemment, des vacances scolaires. Qu’en sera-t-il de la motivation des lycéens à la rentrée de janvier ?

Fin de l’école pour tous ?

“Cette réforme remet en cause le principe de l’école égalitaire au profit d’une école libérale où la priorité est donnée à la réussite” tonne un des rares professeurs présent dans le cortège. Et d’insister sur l’aspect élitiste de la société que l’on est en train de créer “petit à petit”.

 

Réforme/lycée: 7 établissements bloqués

 

Article Le Figaro.fr

Sept lycées étaient partiellement ou totalement bloqués aujourd’hui dans le département du Nord par des élèves qui protestent contre le projet de réforme du lycée,selon le rectorat de Lille.

Ces blocages, à la veille d’une journée nationale de mobilisation, affectaient partiellement les lycées Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van der Meersch à Roubaix et Beaupré à Haubourdin. Les lycées Montebello de Lille (hors classes préparatoires ou BTS), Marguerite de Flandre de Gondecourt et Kernanec de Marcq-en-Baroeul étaient, eux, totalement bloqués, selon le rectorat.

Aucun blocage n’était signalé en Picardie et en Champagne-Ardennes.

Le projet gouvernemental de réforme du lycée prévoit une revalorisation des filières technologique et littéraire, généralise le soutien et rend l’orientation « réversible ». La réforme doit aussi rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale S, recentrée sur les sciences.

Un premier projet, l’an dernier, avait finalement été écarté, en raison de la mobilisation lycéenne.

 

Les contestaires du lycée Kernanec toujours en pointe contre la réforme Chatel

mardi 15.12.2009, 05:04 - La Voix du Nord

 Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts. Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts.

|  ON EN PARLE |

Il a été lancé il y a une dizaine de jours, et a fait tâche d’huile dans la métropole …

 

. Le mouvement de contestation lancé par une partie des lycéens de Kernanec se poursuivait hier. La cible, c’est le projet de réforme des lycées. Petit tour du côté des lycées du secteur.

OAS_AD(‘Position1′);Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel dans Réforme du lycée

> Kernanec (Marcq). Hier matin sur le parvis de l’établissement, et dans un froid glacial, quelque trente élèves battaient la semelle, s’attachant à persuader ceux de leurs camarades qui voulaient aller en cours de n’en rien faire. Et s’ils veulent absolument entrer : « Ils entrent, on ne veut pas s’opposer par la violence », répond Quentin, élève en classe de seconde.

Quentin qui explique que, durant toutes ces journées, les lycéens d’ici et d’ailleurs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot : contacts d’un établissement à l’autre ; mise sur pied d’un site Internet où ils appellent à la mobilisation contre la « réforme Chatel » ; demande de rendez-vous au rectorat (il pourrait avoir lieu cet après-midi) ; préparation de la tenue d’assemblées générales (c’est pour ce matin) dans ou devant les « bahuts » ; organisation d’une nouvelle manifestation, prévue cet après-midi à Lille, à 14 h 30. Là, en ce lundi frigorifiant, les Kernanec distribuent un tract : « On en a cinq cents, mais il y en a eu quatre mille d’imprimés, pour les différents lycées. » Réforme « balancée comme un coup de poing économique », absence de concertation du ministre Luc Chatel avec les enseignants, programme pas encore défini, dénonce le billet en termes vifs…

> Lycée automobile (Marcq). Pas la moindre effervescence ce lundi, où, devant l’entrée, un élève interrogeait : « C’est quoi, la réforme Chatel ? » > Valentine-Labbé (La Madeleine). « Un blocus chez nous ? Non », indique une lycéenne de seconde. Elle ajoute cependant qu’en tout début de matinée, il y a avait du monde, qu’après beaucoup sont entrés à cause du froid – sans forcément aller en cours – et que pas mal sont repartis chez eux. •

PHILIPPE LEROUX

 

Des lycées toujours bloqués

Article 20Minutes.fr Créé le 15.12.09 à 04h14

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s'opposer à la réforme des lycées.

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s’opposer à la réforme des lycées./ C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Le préavis de grève avait été déposé pour les enseignants, il sera suivi par quelques centaines de lycéens. Au départ, il était question de manifester contre la réforme de l’IUFM, les revendications vont finalement s’étendre à la nouvelle réforme des lycées. Hier, huit lycées ont encore connu quelques perturbations, avec des blocages partiels, plus ou moins suivis. Et des combinaisons pas toujours efficaces. Ainsi, une quarantaine d’élèves de Beaupré à Haubourdin sont venus prêter main-forte à Montebello, à Lille. Mais à midi, tout était levé. Idem pour Queneau à Villeneuve-d’Ascq, Baggio et Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van-der-Meersch à Roubaix et Marguerite-de-Flandre à Gondecourt.

Seul Kernanec à Marcq-en-Baroeul maintient un blocus total depuis une dizaine de jours. Des tensions commencent d’ailleurs à naître dans ce lycée. « L’administration est devenue plus menaçante vis-à-vis de nous, explique un des meneurs. Alors, on a renforcé les barricades. »

Cet après-midi, rendez-vous a été donné à 14 h, porte de Paris à Lille, pour une nouvelle manifestation. En compagnie cette fois des enseignants, mais aussi des stagiaires et des étudiants des IUFM. W

Gilles Durand

 

Double manif contre la réforme et pour la formation des profs

Effet du froid ou de l'approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.

Effet du froid ou de l’approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.


Les revendications lycéennes et enseignantes ont convergé hier dans les rues de Lille, au cours d’une nouvelle manifestation qui a rassemblé environ 600 personnes.



Dans le viseur, la réforme Chatel et celle de la formation des enseignants.
C’était la troisième fois en une semaine que les lycéens de la métropole descendaient dans la rue contre la réforme de leurs cursus. 300 mardi dernier, 1 000 jeudi, 600 hier… Le compteur fait le yo-yo, mais les mots d’ordre restent solidement imprimés sur les banderoles : « Stop à la casse de l’éducation ! »,« Non à la réforme des lycées » ou encore « lycéens vs Chatel »… Venus de Montebello, Fénelon ou Pasteur à Lille, Kernanec à Marcq-en-Baroeul ou encore de Queneau à Villeneuve d’Ascq, les lycéens veulent marcher dans les traces de leurs aînés de l’an dernier qui avaient réussi à faire plier Xavier Darcos après une partie de l’hiver sur le pavé.
Car sur le fond, l’inquiétude reste vive quant à la volonté affichée par Luc Chatel de remanier le cursus des lycéens et de toucher à la pédagogie.

//  dans Revue de presse

« Ils veulent une plus grande spécialisation des filières, témoigne Hugo, en terminale S à Kernanec. Mais le but du lycée ce n’est pas ça. Si ça continue, bientôt les littéraires n’auront plus de notion de sciences et les scientifiques devront presser des boutons sans recul critique sur ce qu’ils font ». Le propos peut paraître caricatural, mais c’est bien la crainte d’un lycée qui formerait des opérateurs spécialisés davantage que des citoyens qui prédomine dans le cortège qu’ont rejoint pour la première fois quelques dizaines d’enseignants. « Le lycée est là pour former des esprits, pas des instruments. On n’est pas là pour former de la chair à patrons, mais des citoyens », poursuit en effet Daniel Compère, prof au lycée Kernanec. « Le gouvernement est en train d’instituer le lycée à deux vitesses, à l’américaine, avec pourquoi pas le choix par le jeu des options de faire par exemple à Tourcoing un lycée estampillé « lettres » et à Marcq un lycée « sciences ». C’est la fin de l’Éducation nationale ».

Les IUFM dans la lutte
En fin de parcours, dans le secteur du rectorat, les lycéens et leurs profs ont joint leurs voix à celles de la petite centaine de formateurs et des étudiants des IUFM qui eux mènent un combat contre la fin programmée de la professionnalisation de la formation des enseignants. « Les étudiants auront une bonne formation disciplinaire, mais plus aucun apport sur la pédagogie, la didactique », craint Pierre Carion, animateur du collectif « IUFM en lutte ». Reçue par le recteur, une délégation syndicale a obtenu l’assurance qu’une réunion avec les présidents d’universités, futurs gestionnaires du cursus des nouveaux enseignants, sera organisée en janvier. Un petit pas…w

SÉBASTIEN LEROY

Des sciences sociales réduites à peau de chagrin

PAR LAURENCE DE COCK, PROFESSEURE D’HISTOIRE-GÉOGRAPHIE (1), ET GUILLAUME MAZEAU, MAÎTRE DE CONFÉRENCES EN HISTOIRE (2), POUR LE CVUH (3).

Article L’Humanité.fr

Que vise la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ?

Alors que certains ne s’offusquent que de la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire-géographie en terminale S, nous pensons que l’enjeu de la réforme est beaucoup plus lourd pour nos disciplines et pour l’ensemble des sciences sociales dans le secondaire. Cette réforme, mal ficelée et vendue par une opération de marketing politique, insiste sur l’efficacité pédagogique et l’articulation avec le supérieur. Que l’on tente alors de comprendre :

1) Pourquoi supprimer les modules en classe de seconde qui étaient les rares moments possibles de travail sur les méthodes historiennes et géographiques en demi-groupes ?

2) Quelle concertation existe-t-il entre les enseignements secondaire et supérieur sur une éventuelle continuité pédagogique ou une mise en commun de méthodes ou d’outils de travail ? Aucune. Bien au contraire : en imposant à toutes les terminales un programme allant de 1989 à nos jours (propositions ministérielles), on prononce tout simplement l’arrêt de mort de l’histoire-géographie, ainsi ravalée au mieux à l’étude du temps présent, au pire à un simple commentaire d’actualité. Ce projet masque à peine la volonté du gouvernement de transformer l’enseignement de l’histoire en didactique d’un passé le plus récent possible, afin d’ôter la distance nécessaire à toute réflexion sur l’organisation du savoir historique où temps et espace sont étroitement mêlés. D’où une hémorragie à craindre dans le supérieur en termes d’effectifs et de vocations !

3) Quel montage de contenus nous promet cette condensation des programmes sur deux ans, entre la seconde et la première ? Quels moments historiques, quelles aires culturelles sortiront rescapés d’une telle compression ? Dans le contexte d’instrumentalisation politique du passé que l’on connaît actuellement, de quelles garanties dispose-t-on pour qu’une telle simplification ne vienne pas couronner les tentations récurrentes de l’ethnocentrisme, du recours à l’émotion facile ou du devoir de mémoire téléguidé depuis le sommet de l’État ? Comment ne pas craindre que cette histoire, réduite à peau de chagrin, ne fasse passer l’événementiel avant l’esprit critique ?

4) Quelle sera la participation des enseignants à l’élaboration de ces nouveaux programmes ? Le ministère se donne deux mois pour les bâtir. On imagine que leur confection, menée tambour battant pour des raisons politiques, ne s’embarrassera pas beaucoup de la traditionnelle consultation du terrain. Plutôt que de mettre publiquement en scène la punition des fonctionnaires « désobéisseurs  », plutôt que de traiter les enseignants en exécutants d’injonctions non négociées, le ministère devrait les considérer pour ce qu’ils sont avant toute chose : des acteurs du système éducatif.

Ainsi donc, c’est une histoire scolaire d’un autre âge qui nous est proposée : celle du cours magistral, dans lequel le professeur, réinvesti d’une autorité patriarcale, délivre le savoir à des élèves collectivement infantilisés. Celle de contenus indigents et soumis aux myopes exigences de la rentabilité immédiate qui perpétueront une citoyenneté d’adhésion en lieu et place d’une citoyenneté critique.

Nous rejoignons nos collègues de sciences économiques et sociales pour dénoncer ce projet maquillé par de fallacieux arguments pédagogiques et éducatifs ; la logique est limpide : restriction budgétaire par le sacrifice des sciences sociales au nom d’un utilitarisme de courte vue.

(1) Au lycée de Nanterre. (2) À l’université Paris-I. (3) Comité de vigilance sur les usages de l’histoire, http://cvuh.free.fr-

 



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