Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

16/12/2009

S.V

Une chose est sûre : la chute brutale des températures n’a pas démotivé les étudiants lycéens du Pays Basque encore et toujours mobilisés contre la réforme du lycée prévue par le ministre de l’Éducation Nationale, Luc Châtel.

Certes, ils étaient moins nombreux hier matin que la semaine dernière, mais plusieurs centaines de lycéens (entre 800 et 1 000 selon les forces de l’ordre) ont tout de même répondu présents et sont descendus dans la rue pour dénoncer une réforme qui va “à contre sens” des besoins réels du système éducatif. Rappelons peut-être que sept lycées de la Côte basque sont toujours bloqués et risquent très certainement de l’être jusqu’à la fin de la semaine… qui pourrait toutefois sonner le glas de la mobilisation étudiante en raison, bien évidemment, des vacances scolaires. Qu’en sera-t-il de la motivation des lycéens à la rentrée de janvier ?

Fin de l’école pour tous ?

“Cette réforme remet en cause le principe de l’école égalitaire au profit d’une école libérale où la priorité est donnée à la réussite” tonne un des rares professeurs présent dans le cortège. Et d’insister sur l’aspect élitiste de la société que l’on est en train de créer “petit à petit”.

 

Réforme/lycée: 7 établissements bloqués

 

Article Le Figaro.fr

Sept lycées étaient partiellement ou totalement bloqués aujourd’hui dans le département du Nord par des élèves qui protestent contre le projet de réforme du lycée,selon le rectorat de Lille.

Ces blocages, à la veille d’une journée nationale de mobilisation, affectaient partiellement les lycées Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van der Meersch à Roubaix et Beaupré à Haubourdin. Les lycées Montebello de Lille (hors classes préparatoires ou BTS), Marguerite de Flandre de Gondecourt et Kernanec de Marcq-en-Baroeul étaient, eux, totalement bloqués, selon le rectorat.

Aucun blocage n’était signalé en Picardie et en Champagne-Ardennes.

Le projet gouvernemental de réforme du lycée prévoit une revalorisation des filières technologique et littéraire, généralise le soutien et rend l’orientation « réversible ». La réforme doit aussi rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale S, recentrée sur les sciences.

Un premier projet, l’an dernier, avait finalement été écarté, en raison de la mobilisation lycéenne.

 

Les contestaires du lycée Kernanec toujours en pointe contre la réforme Chatel

mardi 15.12.2009, 05:04 - La Voix du Nord

 Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts. Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts.

|  ON EN PARLE |

Il a été lancé il y a une dizaine de jours, et a fait tâche d’huile dans la métropole …

 

. Le mouvement de contestation lancé par une partie des lycéens de Kernanec se poursuivait hier. La cible, c’est le projet de réforme des lycées. Petit tour du côté des lycées du secteur.

OAS_AD(‘Position1′);Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel dans Réforme du lycée

> Kernanec (Marcq). Hier matin sur le parvis de l’établissement, et dans un froid glacial, quelque trente élèves battaient la semelle, s’attachant à persuader ceux de leurs camarades qui voulaient aller en cours de n’en rien faire. Et s’ils veulent absolument entrer : « Ils entrent, on ne veut pas s’opposer par la violence », répond Quentin, élève en classe de seconde.

Quentin qui explique que, durant toutes ces journées, les lycéens d’ici et d’ailleurs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot : contacts d’un établissement à l’autre ; mise sur pied d’un site Internet où ils appellent à la mobilisation contre la « réforme Chatel » ; demande de rendez-vous au rectorat (il pourrait avoir lieu cet après-midi) ; préparation de la tenue d’assemblées générales (c’est pour ce matin) dans ou devant les « bahuts » ; organisation d’une nouvelle manifestation, prévue cet après-midi à Lille, à 14 h 30. Là, en ce lundi frigorifiant, les Kernanec distribuent un tract : « On en a cinq cents, mais il y en a eu quatre mille d’imprimés, pour les différents lycées. » Réforme « balancée comme un coup de poing économique », absence de concertation du ministre Luc Chatel avec les enseignants, programme pas encore défini, dénonce le billet en termes vifs…

> Lycée automobile (Marcq). Pas la moindre effervescence ce lundi, où, devant l’entrée, un élève interrogeait : « C’est quoi, la réforme Chatel ? » > Valentine-Labbé (La Madeleine). « Un blocus chez nous ? Non », indique une lycéenne de seconde. Elle ajoute cependant qu’en tout début de matinée, il y a avait du monde, qu’après beaucoup sont entrés à cause du froid – sans forcément aller en cours – et que pas mal sont repartis chez eux. •

PHILIPPE LEROUX

 

Des lycées toujours bloqués

Article 20Minutes.fr Créé le 15.12.09 à 04h14

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s'opposer à la réforme des lycées.

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s’opposer à la réforme des lycées./ C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Le préavis de grève avait été déposé pour les enseignants, il sera suivi par quelques centaines de lycéens. Au départ, il était question de manifester contre la réforme de l’IUFM, les revendications vont finalement s’étendre à la nouvelle réforme des lycées. Hier, huit lycées ont encore connu quelques perturbations, avec des blocages partiels, plus ou moins suivis. Et des combinaisons pas toujours efficaces. Ainsi, une quarantaine d’élèves de Beaupré à Haubourdin sont venus prêter main-forte à Montebello, à Lille. Mais à midi, tout était levé. Idem pour Queneau à Villeneuve-d’Ascq, Baggio et Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van-der-Meersch à Roubaix et Marguerite-de-Flandre à Gondecourt.

Seul Kernanec à Marcq-en-Baroeul maintient un blocus total depuis une dizaine de jours. Des tensions commencent d’ailleurs à naître dans ce lycée. « L’administration est devenue plus menaçante vis-à-vis de nous, explique un des meneurs. Alors, on a renforcé les barricades. »

Cet après-midi, rendez-vous a été donné à 14 h, porte de Paris à Lille, pour une nouvelle manifestation. En compagnie cette fois des enseignants, mais aussi des stagiaires et des étudiants des IUFM. W

Gilles Durand

 

Double manif contre la réforme et pour la formation des profs

Effet du froid ou de l'approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.

Effet du froid ou de l’approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.


Les revendications lycéennes et enseignantes ont convergé hier dans les rues de Lille, au cours d’une nouvelle manifestation qui a rassemblé environ 600 personnes.



Dans le viseur, la réforme Chatel et celle de la formation des enseignants.
C’était la troisième fois en une semaine que les lycéens de la métropole descendaient dans la rue contre la réforme de leurs cursus. 300 mardi dernier, 1 000 jeudi, 600 hier… Le compteur fait le yo-yo, mais les mots d’ordre restent solidement imprimés sur les banderoles : « Stop à la casse de l’éducation ! »,« Non à la réforme des lycées » ou encore « lycéens vs Chatel »… Venus de Montebello, Fénelon ou Pasteur à Lille, Kernanec à Marcq-en-Baroeul ou encore de Queneau à Villeneuve d’Ascq, les lycéens veulent marcher dans les traces de leurs aînés de l’an dernier qui avaient réussi à faire plier Xavier Darcos après une partie de l’hiver sur le pavé.
Car sur le fond, l’inquiétude reste vive quant à la volonté affichée par Luc Chatel de remanier le cursus des lycéens et de toucher à la pédagogie.

//  dans Revue de presse

« Ils veulent une plus grande spécialisation des filières, témoigne Hugo, en terminale S à Kernanec. Mais le but du lycée ce n’est pas ça. Si ça continue, bientôt les littéraires n’auront plus de notion de sciences et les scientifiques devront presser des boutons sans recul critique sur ce qu’ils font ». Le propos peut paraître caricatural, mais c’est bien la crainte d’un lycée qui formerait des opérateurs spécialisés davantage que des citoyens qui prédomine dans le cortège qu’ont rejoint pour la première fois quelques dizaines d’enseignants. « Le lycée est là pour former des esprits, pas des instruments. On n’est pas là pour former de la chair à patrons, mais des citoyens », poursuit en effet Daniel Compère, prof au lycée Kernanec. « Le gouvernement est en train d’instituer le lycée à deux vitesses, à l’américaine, avec pourquoi pas le choix par le jeu des options de faire par exemple à Tourcoing un lycée estampillé « lettres » et à Marcq un lycée « sciences ». C’est la fin de l’Éducation nationale ».

Les IUFM dans la lutte
En fin de parcours, dans le secteur du rectorat, les lycéens et leurs profs ont joint leurs voix à celles de la petite centaine de formateurs et des étudiants des IUFM qui eux mènent un combat contre la fin programmée de la professionnalisation de la formation des enseignants. « Les étudiants auront une bonne formation disciplinaire, mais plus aucun apport sur la pédagogie, la didactique », craint Pierre Carion, animateur du collectif « IUFM en lutte ». Reçue par le recteur, une délégation syndicale a obtenu l’assurance qu’une réunion avec les présidents d’universités, futurs gestionnaires du cursus des nouveaux enseignants, sera organisée en janvier. Un petit pas…w

SÉBASTIEN LEROY

Des sciences sociales réduites à peau de chagrin

PAR LAURENCE DE COCK, PROFESSEURE D’HISTOIRE-GÉOGRAPHIE (1), ET GUILLAUME MAZEAU, MAÎTRE DE CONFÉRENCES EN HISTOIRE (2), POUR LE CVUH (3).

Article L’Humanité.fr

Que vise la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ?

Alors que certains ne s’offusquent que de la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire-géographie en terminale S, nous pensons que l’enjeu de la réforme est beaucoup plus lourd pour nos disciplines et pour l’ensemble des sciences sociales dans le secondaire. Cette réforme, mal ficelée et vendue par une opération de marketing politique, insiste sur l’efficacité pédagogique et l’articulation avec le supérieur. Que l’on tente alors de comprendre :

1) Pourquoi supprimer les modules en classe de seconde qui étaient les rares moments possibles de travail sur les méthodes historiennes et géographiques en demi-groupes ?

2) Quelle concertation existe-t-il entre les enseignements secondaire et supérieur sur une éventuelle continuité pédagogique ou une mise en commun de méthodes ou d’outils de travail ? Aucune. Bien au contraire : en imposant à toutes les terminales un programme allant de 1989 à nos jours (propositions ministérielles), on prononce tout simplement l’arrêt de mort de l’histoire-géographie, ainsi ravalée au mieux à l’étude du temps présent, au pire à un simple commentaire d’actualité. Ce projet masque à peine la volonté du gouvernement de transformer l’enseignement de l’histoire en didactique d’un passé le plus récent possible, afin d’ôter la distance nécessaire à toute réflexion sur l’organisation du savoir historique où temps et espace sont étroitement mêlés. D’où une hémorragie à craindre dans le supérieur en termes d’effectifs et de vocations !

3) Quel montage de contenus nous promet cette condensation des programmes sur deux ans, entre la seconde et la première ? Quels moments historiques, quelles aires culturelles sortiront rescapés d’une telle compression ? Dans le contexte d’instrumentalisation politique du passé que l’on connaît actuellement, de quelles garanties dispose-t-on pour qu’une telle simplification ne vienne pas couronner les tentations récurrentes de l’ethnocentrisme, du recours à l’émotion facile ou du devoir de mémoire téléguidé depuis le sommet de l’État ? Comment ne pas craindre que cette histoire, réduite à peau de chagrin, ne fasse passer l’événementiel avant l’esprit critique ?

4) Quelle sera la participation des enseignants à l’élaboration de ces nouveaux programmes ? Le ministère se donne deux mois pour les bâtir. On imagine que leur confection, menée tambour battant pour des raisons politiques, ne s’embarrassera pas beaucoup de la traditionnelle consultation du terrain. Plutôt que de mettre publiquement en scène la punition des fonctionnaires « désobéisseurs  », plutôt que de traiter les enseignants en exécutants d’injonctions non négociées, le ministère devrait les considérer pour ce qu’ils sont avant toute chose : des acteurs du système éducatif.

Ainsi donc, c’est une histoire scolaire d’un autre âge qui nous est proposée : celle du cours magistral, dans lequel le professeur, réinvesti d’une autorité patriarcale, délivre le savoir à des élèves collectivement infantilisés. Celle de contenus indigents et soumis aux myopes exigences de la rentabilité immédiate qui perpétueront une citoyenneté d’adhésion en lieu et place d’une citoyenneté critique.

Nous rejoignons nos collègues de sciences économiques et sociales pour dénoncer ce projet maquillé par de fallacieux arguments pédagogiques et éducatifs ; la logique est limpide : restriction budgétaire par le sacrifice des sciences sociales au nom d’un utilitarisme de courte vue.

(1) Au lycée de Nanterre. (2) À l’université Paris-I. (3) Comité de vigilance sur les usages de l’histoire, http://cvuh.free.fr-

 



Laisser un commentaire

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES