Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel

Article Midi Libre Nîmes

Édition du vendredi 11 décembre 2009

DRDR

Des signes d’essoufflement ? Pour la première fois accompagnés de professeurs, les lycéens nîmois et uzétiens, réunis hier devant la Maison carrée avant de partir en cortège jusqu’à la préfecture pour dire une fois de plus non à la réforme Chatel, ont eu quelques difficultés à mobiliser. Derrière une banderole « L’éducation assure la croissance de vos enfants », ils étaient 250 selon les organisateurs et 150 pour les renseignements généraux, dont une vingtaine de professeurs, principalement du Snes FSU. Parmi eux, Emmanuel Bois enseigne la physique-chimie à Daudet : « Cette réforme est pilotée par les suppressions de postes et d’horaires élève : 2 heures en seconde et bien plus pour les 1 re et terminale pour qui je suis très inquiet. Pour les élèves favorisés, il n’y aura pas forcément de

Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel dans Réforme du lycée

cachePubVide(‘pubCarreEdit’); conséquences mais pour les autres, toutes les études montrent que la présence à l’école est primordiale. » Derrière cette réforme, l’enseignant craint également une autonomisation sous-jacente des établissements : « Dix heures par classe et par niveau seront laissées à l’appréciation du chef d’établissement. Et on nous fait croire que le programme sera national… » Côté lycéens, Emilie, porte-parole du mouvement, aurait souhaité mobiliser davantage mais reste convaincue de l’importance de l’action : « En 1 re S, on survole déjà le programme d’histoire. Ils veulent encore supprimer des heures et faire de nous des moutons. L’histoire est là pour nous ouvrir l’esprit sur le monde et nous sensibiliser. (…) Les 2 heures d’aide obligatoire par semaine pourraient être une bonne idée mais pas en supprimant des postes en même temps. » Le discours est rôdé, maîtrisé, signe d’un mouvement qui a réussi à se structurer, avec des représentants dans chaque établissement et un service d’ordre qui encadre la manifestation avec sérieux. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Une partie de la réponse mardi, avec un appel national à la mobilisation. Photo Gilles LEFRANCQ

Rémy CALLAND

 



Formation des maîtres : appel à manifester le 15 décembre

Logo FSU

Chèr – e  camarade,

pour s’opposer à la réforme actuelle de formation des enseignants et exiger d’autres choix,
nous appelons à participer à la manifestation

mardi 15 décembre 2009, à 14h,
départ place des Carmes, à Nîmes

Merci de faire circuler cette information le plus largement possible.

Fraternellement.

pour la FSU du Gard
Emmanuel BOIS



Déclaration au Conseil Supérieur de l’Education par la FSU

Monsieur le Ministre,

Votre propos liminaire manifeste que vous avez fait le choix de maintenir un projet de réforme des lycées qui suscite des critiques de plus en plus vives en ignorant ces critiques ; je tiens au nom de la FSU à renouveler fermement notre exigence que, pour permettre une réforme aboutissant à un lycée plus juste et plus efficace, vous renonciez à tout passage en force.

Nous avons besoin d’une réforme qui assure plus d’efficacité et de justice et qui permette une relance de la démocratisation  aboutissant à une poursuite d’études positive et une réussite de tous les jeunes, qu’ils soient dans les lycées généraux, technologiques ou professionnels. Nous avons besoin non pas d’égalité des chances mais d’une véritable égalité  d’accès à un droit à éducation de qualité et à la réussite. Le projet que vous nous présentez aujourd’hui en est bien loin. Au contraire ces dispositions sont à notre avis dangereuses pour l’avenir des jeunes et du système éducatif. Laissez moi vous exposez brièvement les raison de cette appréciation.

Les dispositions que vous proposez accentuent l’autonomie des établissements (collèges et lycées) et risquent  ainsi de creuser encore  les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l’oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles  renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement  qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde.

Elles renforcent les prérogatives du chef d’établissement et son autorité sur les personnels, notamment au niveau pédagogique, et installent une hiérarchie intermédiaire désignée par le chef d’établissement : de la sorte vous remettez en cause de fait les conditions d’exercice et les garanties de ces personnels. Et cela  non seulement dans les lycées généraux et technologiques mais dans tous les EPLE.

Elles diminuent  une partie des horaires disciplinaires et dénaturent des disciplines, ignorant ainsi les besoins d’une véritable culture commune à la hauteur des enjeux de la formation des jeunes aujourd’hui.

Elles entretiennent l’illusion de lutter contre la difficulté en instaurant des stages de remise à niveau pendant les vacances et en oubliant de répondre à la demande prioritaire des personnels de l’amélioration de leurs conditions de travail dans la classe.

Elles organisent des glissements de missions des personnels, avec en premier lieu  ce qui concerne l’orientation

Alors que la formation et l’accompagnement des lycéens, essentiels entre autre pour l’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur, nécessitent des équipes pluridisciplinaires complètes au sein des établissements et des effectifs par classe réduits, c’est le contraire qui se prépare.

Cette réforme s’inscrit dans la logique des choix qui ont présidé à la loi LRU dans l’enseignement supérieur et la réforme de la voie professionnelle du lycée que vous semblez considérer comme acquise et sans problème; elle  prépare aussi de nombreuses suppressions de postes dans les lycées à la rentrée 2011.

Et l’on ne peut oublier qu’elle s’inscrit dans un contexte de coupes claires dans les moyens consacrés à la formation de jeunes et notamment de suppressions massives d’emploi qui mettent en péril l’avenir du système éducatif et l’empêchent à tous les niveaux, premier, seconde degré, supérieur, de faire face à ses missions et d’assurer la réussite de tous.

Elle s’inscrit également dans un contexte marqué par une réforme de la formation et du recrutement des enseignants qui sacrifie délibérément leur formation professionnelle en oubliant qu’enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle s’inscrit enfin dans un contexte de dévalorisation des métiers de l’éducation et de dégradation des conditions de travail sur lesquelles je tiens à vous alerter fortement et qui nécessitent d’urgence des mesures et un plan d’une tout autre ambition que ce que vous avez jusqu’à présent  proposé.

 Pour ne pas rater l’occasion d’un vraie réforme dans l’intérêt t des jeunes, je vous demande donc de renoncer à présenter cet ensemble de textes au CSE du 10 décembre et  je vous appelle  à reprendre les discussions sur d’autres bases, à la fois sur le lycée mais également sur la formation des enseignants et la revalorisation (salaires et conditions de travail) des métiers de l’éducation.

 

G Aschieri

Logo FSU

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Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations

Article La Dépèche.fr

Le Conseil supérieur de l’éducation examine la réforme du lycée. Dans la rue,déjà des manifestations.

Lycée : la réforme qui fâche

Lycée : la réforme qui fâche

OAS_AD(« Position1″);Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations dans Réforme du lycée

En matière d’éducation, l’histoire n’a rien d’un long fleuve tranquille. Amorcée en juin 2008 par Xavier Darcos, la réforme des lycées revue et corrigée par Luc Chatel dès cette rentrée, n’avait pas vraiment fait de vagues jusque-là. Sauf que, dévoilée peu à peu, elle se retrouve confrontée aujourd’hui à un vent de boulets. Au cœur de la polémique : la question de la place accordée aux disciplines.

De fait, hier, pendant que le ministre de l’Éducation nationale, réforme sous le bras, passait l’examen décisif du Conseil supérieur de l’éducation, lycéens et profs se mobilisaient a minima dans la rue (lire ci-dessous).

Sur le fond, le projet qui globalement veut permettre la réorientation des élèves et rééquilibrer les filières du lycée général, n’est pas en cause. C’est plutôt son montage qui dérange. La réforme crée en effet deux heures hebdomadaires d’« accompagnement personnalisé », à horaire global inchangé. Pour cela, il est prévu de diminuer les horaires de certaines disciplines et de recentrer la filière scientifique (S) sur les sciences.

Ce week-end une pétition d’une vingtaine d’universitaires de renom demandait « d’annuler cette décision peu à même de former de « futurs citoyens ». Hier, la Fnaca (anciens combattants) donnait de la voix « en déplorant » la suppression de la matière histoire-géo en terminale S. À l’inverse, les associations de parents d’élèves restaient toujours démarquées des professeurs, défenseurs des disciplines. La FCPE et la PEEP voient de nombreux aspects positifs dans cette réforme à commencer par le rééquilibrage des séries.

Quant à l’UNL, syndicat de lycéens à l’origine l’an dernier par sa mobilisation de l’abandon d’une première mouture de réforme du lycée, il a jugé que « le débat purement disciplinaire » sur l’histoire n’était « pas utile ».

Pour autant, le débat ne s’annonce pas clos. Car après les profs d’histoire-géo, ce sont les profs de physique-chimie et de sciences économiques et sociales qui montent au créneau. Tous dénoncent des horaires ou revus à la baisse ou insuffisants pour l’enseignement de leur discipline respective.

Mais le ministre tient bon. Sur les changements prévus pour l’histoire-géographie. Aussi sur « le tronc commun d’enseignements » pour tous qui ancre « le français, les langues, l’histoire et la géographie dans un socle de culture humaniste partagée ».

Luc Chatel l’a réaffirmé, hier. il veut « améliorer et rendre possible l’orientation jusqu’en première » avec l’ambition clairement affichée de « revaloriser » la filière littéraire « littéralement en voie de perdition ». Enfin il a annoncé qu’il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique.

Des manifestations un peu partout en France

Des manifestations de lycéens et de professeurs ont traversé, hier plusieurs villes de France. À Paris, Marseille, au Mans, à Rennes, mais aussi à Bayonne, Biarritz, Anglet, les lycéens souvent plus nombreux que les enseignants, ont entonné des slogans comme « A la poubelle, les réformes Chatel » ou « Assez de cette société qui n’offre que le chômage et la précarité ». À Toulouse, entre 200 et 300 lycéens ont défilé le matin contre « la réforme Chatel des lycées, les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et les mesures sécuritaires dans les lycées », a indiqué le porte-parole de la Coordination des lycées de Toulouse (CLT). Selon le rectorat de l’académie, « deux lycées ont été bloqués » hier matin. Selon le porte-parole de la Coordination, une autre mobilisation est prévue mardi.

«La France a peur de ses lycéens»

Philippe Meirieu. Professeur des universités en sciences de l’éducation. Spécialiste de la pédagogie.

Où vous situez-vous dans cette polémique ?

J’ai signé la pétition demandant d’annuler la décision concernant la suppression des heures d’histoire-géo. Mais je milite depuis de nombreuses années pour un enseignement à caractère général. Un enseignement destiné à tous et non pas sectorisé selon que l’on est dans telle ou telle filière. Je reste d’ailleurs étonné de la tempête disproportionnée au regard de ce qu’ont déjà subi les filières professionnelles, notamment. Ni hier, ni aujourd’hui personne ne s’est ému de l’absence de philosophie dans le cursus.

Comment percevez-vous la réforme ?

Je la qualifierai d’ectoplasmique, sans grande forme et d’une facture dont on ne comprend pas quel but elle veut

atteindre. Elle procède à des ajustements et à des regroupements qui ne sont pas prioritaires.

Selon vous, aucune mesure ne va dans le bon sens ?

Les préconisations me semblent bien loin des enjeux du lycée du XXIe siècle. Posons-nous seulement quelques questions. Qu’est-ce qui rend possible la réussite de l’élève qui du secondaire arrive dans l’enseignement supérieur ? Quel type de travail préconise-t-on en amont ? Quelle place laisse-t-on à l’imagination, aux recherches documentées, quel type de travail et d’épreuves ? Est-ce que l’on doit conserver le bac actuel et ses absurdités ? Et quel rééquilibre peut-on imaginer pour les filières de l’enseignement professionnel. Cette réforme ne pose aucune de ces questions.

Par où faudrait-il commencer ?

La France a à la fois mal à son lycée et peur de ses lycéens. Son lycée est inégalitaire et pour ses élèves, le pays cherche des compromis là où il faudrait avoir de l’audace. D’ailleurs, je m’étonne qu’on élabore une réforme du lycée sans aborder la question du collège laissé à vau-l’eau. Ce n’est ni plus ni moins aujourd’hui qu’une gare de triage où il devient très difficile d’enseigner – avec ses exceptions, j’en conviens. Se pose aussi la question de sa dimension qui, à mon sens, devrait revenir à une taille plus humaine. Là où la présence de l’adulte deviendrait visible.

 

Le CSE adopte les textes de la réforme du lycée

Article  La Café Pédagogique.net

men-6 dans Revue de presseLe CSE a adopté les quatre textes ministériels avec des amendements acceptés par l’administration qui renforcent la dimension pédagogique de la réforme et confortent ses moyens.

 

« De véritables échanges ont eu lieu » nous confie Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE à la sortie du CSE. « Il y a eu de vrais débats sur les textes présentés. On n’avait pas vu cela depuis longtemps » ajoute-il.  En effet c’est un Conseil supérieur de l’éducation tout à fait exceptionnel qui s’est tenu jeudi 10 décembre. Il a duré longtemps (de 14h à 22h30).  Le ministre y a participé  en personne longuement.  Mais la vraie exception c’est l’adoption des décrets et arrêtés avec par exemple 35 voix pour contre 28 pour un décret. Il faut remonter loin en arrière pour voir un projet ministériel adopté ainsi par les représentants de l’Ecole. Rappelons qu’en 2005 la loi Fillon avait obtenu 39 voix contre et 4 pour. En 2007 la réforme Robien sur le primaire comptait 41 contre et 6 pour. Une majorité s’est dégagée au CSE pour que la réforme se fasse.

 

Le CSE commence par un échange de déclarations qui aurait pu figer les positions. Luc CHatel présente sa réforme et pose ses engagements envers les lycéens et les enseignants. Pour les premiers, il fixe trois objectifs : «  mieux orienter chaque lycéen pour en finir avec l’orientation couperet, avec le délit d’initié, avec une voie exclusive d’excellence. Mieux accompagner chaque lycéen pour éviter les décrochages, pour développer l’autonomie, pour permettre d’atteindre l’excellence. Mieux adapter le lycée à son époque pour que chaque lycéen maîtrise les langues étrangères, accède à la culture, se prépare aux responsabilités de l’âge adulte ». Pour cela il y a par exemple les heures d’accompagnement personnalisé. «  Quand un élève se trouve en difficulté, l’accompagnement personnalisé lui permet de surmonter à temps les difficultés avant qu’elles ne se cristallisent, ne s’enracinent et ne conduisent à l’échec, aux sorties précoces, au décrochage. Dorénavant, l’école sera son propre recours ». Aux enseignants, il promet que, s’il a été conduit « à redéfinir les horaires par discipline,… il est clair que le temps d’enseignement n’est pas réduit. Il est simplement organisé différemment ». Il répond ainsi aux remarques des associations disciplinaires. Il fait de même à propos de l’autonomie.  » Je suis, comme vous, très attaché au caractère national de l’éducation, avec des horaires, des programmes et des examens nationaux. Je ne vais pas créer le lycée à géométrie variable ou le lycée à territoire variable. Pas plus que le baccalauréat à géométrie variable. Mais il n’y a aucune contradiction entre le caractère national de l’éducation et une plus grande liberté d’initiative locale. En effet, c’est au plus près des élèves que se construisent les réponses pédagogiques adaptées à leurs besoins pour conduire chacun vers la réussite ».

 

G Aschiéri rappelle la demande de la FSU d’un report du texte et critique particulièrement l’autonomie accordée aux établissements.  » Les dispositions que vous proposez accentuent l’autonomie des établissements et risquent ainsi de creuser encore les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l’oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde ». Le Sgen Cfdt annonce « se saisir des leviers de changements positifs qui..  sont proposés, avec vigilance et dans un esprit revendicatif ».  Le Sgen juge positifs l’accompagnement personnalisé et l’autonomie pédagogique.  Le Se-Unsa estime que les mesures proposées « vont dans le bon sens. C’est pourquoi , malgré un contexte politique et budgétaire difficile, il fait le choix de soutenir la nouvelle architecture du lycée ».

 

Des avancées pédagogiques. Alors qu’on a vu ces derniers jours les associations disciplinaires mobiliser au profit de leur matière, les nouvelles grilles horaires ont été adoptées par le CSE. Mais un amendement précise que les heures globalisées (jusqu’à un tiers de l’horaire total)  sont accordées « par division » et non de façon globale à l’établissement ce qui conforte leur utilisation. Leur gestion reste confiée au conseil pédagogique mais le contrôle du conseil d’administration est renforcé. Le chef d’établissement ne pourra pas imposer sa répartition en cas de désaccord avec le CA. Il devra proposer une autre répartition dans un délai court. L’accompagnement personnalisé est redéfini. Il « prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires » , c’est-à-dire qu’il pourra prendre la forme de TPE.

 

De nouveaux droits lycéens. Plusieurs amendements renforcent les droits des lycéens. Le tutorat « sera proposé à tous les élèves ». Les lycéens souhaitant utiliser leur droit à la réorientation devront avoir reçu une proposition du chef d’établissement dans un délai d’un mois.

Dossier réforme du lycée

 

 

 



Déclaration de l’UNL au CSE du 10 décembre 2009

Logo UNLSuite au rejet il y a un an de la réforme présentée par Xavier Darcos, les lycéens ont accueilli le rapport de Richard Descoings comme un pas dans la bonne direction. Mobilisés pour une école plus juste, plus vivante et moins inégalitaire, l’UNL prend acte de plusieurs avancées contenues dans les mesures présentées aujourd’hui par M. Chatel.

 Néanmoins, nous déplorons que cette réforme ne puisse en aucun cas répondre aux attentes et aux besoins des jeunes puisqu’elle s’accompagne d’une politique qui met un coup de frein à toute ambition de révolution éducative.

Les points positifs de cette réforme, dont nombre d’entre eux tiennent à cœur aux lycéens, aux parents d’élèves et aux enseignants et qui apportent des avancées démocratiques et pédagogiques, sont en totale contradiction avec  bon nombre de mesures superficielles ou questionnables.

En déconnectant ces mesures du reste de sa politique et des réalités économiques et sociales qui accroissent les inégalités chez les jeunes, le gouvernement renie les avancées pédagogiques et pluridisciplinaires qu’il avance et se met lui-même en contradiction avec sa politique de suppressions de postes et de sa réforme de la formation des enseignants.

 

Tout d’abord, nous souhaitons rappeler que cette réforme est totalement différente de celle rejetée en 2008 et que nous y voyons plusieurs pas dans la bonne direction, à savoir que :

-        Nous saluons le potentiel compris dans les deux heures d’accompagnement scolaire proposées dans l’ensemble des classes avec des objectifs précis, mais il manque un cadrage national de ces heures pour permettre de pallier aux inégalités entre établissements et éviter les dérives possibles. Il nous parait nécessaire d’aller plus loin et de créer un système d’aide scolaire efficace qui concentre les moyens sur les lycées et les élèves les plus difficultés, afin de ne pas reproduire des inégalités déjà croissantes. 

-        Le renforcement du tronc commun en Première est un premier pas vers le rééquilibrage nécessaire des filières et appelle à la mise en place de passerelles garanties tout au long de la Première

 

Ensuite, nous émettons à ce jour des réserves sur des insuffisances importantes sur lesquelles il est encore nécessaire d’avancer et d’obtenir des précisions:

-        Sur l’instauration du tutorat car nous regrettons qu’il ne soit pas proposé  et assuré pour tous les élèves et tenons à rappeler qu’il ne compense pas le besoin d’encadrement pédagogique

-        Sur la volonté de renforcer la place des lycéens dans les prises de décisions et souhaitons notamment qu’elle se concrétise par le renouvellement de la moitié des élus au C.V.L. chaque année

-        Sur l’organisation des enseignements de langues par compétences qui ne peuvent en aucun cas s’apparenter à des groupes de niveaux

-        sur la création du conseil pédagogique et la part d’autonomie pédagogique dans les établissements qui sont une avancée à condition qu’elles permettent de faire évoluer les pratiques d’enseignement au sein des deux heures d’accompagnement et donc que les proviseurs ne puissent définir, in fine, le projet pédagogique en cas d’un second refus du conseil d’administration.

-         

Mais, la réforme comporte également des points négatifs, qui vont à contre sens des objectifs affichés, voire qui sont en contradiction totale avec d’autres mesures dans l’Education Nationale : 

 

-        la baisse d’une heure accordée aux TPE en Première ne favorise pas la préparation à l’enseignement supérieur et à l’apprentissage du travail en autonomie. Nous demandons à ce titre que les TPE soient également réinstaurés en Terminale

-        la formation initiale et continue des enseignants sera déterminante quant à la réussite ou à l’échec de la réforme dans sa capacité à améliorer le quotidien scolaire. Or la réforme de la formation des enseignants aujourd’hui va à l’inverse des objectifs de la réforme du Lycée. C’est pour cela qu’il faut voir émerger une véritable formation initiale à la pédagogie, au tutorat, ainsi qu’à l’accompagnement individualisé

 

 

Enfin nous émettons plusieurs craintes :

 

-        l’interdisciplinarité potentielle des deux heures d’accompagnement ne peuvent servir prétexte à une diminution de moyens tant budgétaires qu’humains, ou se substituer à toutes les matières et répondre à l’ensemble des demandes des lycéens – notamment sur le plan de l’aide scolaire.

-        Cette réforme fait totalement abstraction de toute la question sociale alors que  nous subissons une crise économique et sociale importante dont la jeunesse est la première victime, et à laquelle il est nécessaire d’apporter des réponses.

 

La réforme du Lycée ne répond pas à ces questions. En effet, d’une part, le Gouvernement refuse de prendre en charge le coût global de la scolarité (transport, cantine, livres, etc.), d’autre part il refuse de prendre ses responsabilités en scolarisant tous les jeunes de 16 à 18 ans et enfin il refuse de donner à tous les lycéens la possibilité d’accéder à la culture en dehors du cadre scolaire sur un pied d’égalité.

La crise économique et sociale que nous vivons actuellement ne peut être doublée d’une crise politique d’envergure. Alors que dans ce contexte, la nécessité serait d’investir massivement dans l’éducation et favoriser la réussite de tous, le gouvernement continue de supprimer des milliers de postes et sacrifie l’Ecole de la République sur l’autel d’un libéralisme dogmatique et irresponsable. Le diplôme étant notre seul bouclier face à la crise, il faut donner à tous le droit d’accéder à l’éducation et de réussir.

L’Ecole républicaine doit revoir ses objectifs : 80% des jeunes doivent avoir le bac, 100% des lycéens doivent réussir

 

 

En conséquence :

 

Si nous pouvons partager certaines intentions affichées et saluons plusieurs mesures, l’appréciation générale de la réforme par les lycéens est en grande partie déterminée par une politique budgétaire qui surcharge les classes, par une politique d’offre de formation sur le territoriale qui démantèle la carte scolaire favorisant les inégalités et la reproduction sociale, et par une politique éducative qui rétrograde la formation des enseignants à un simple cursus disciplinaire.

Nous demandons donc au Ministre de répondre aux inquiétudes des lycéens et de toute la communauté éducative quant au désengagement de l’Etat dans l’éducation. Une réforme sans moyens ne pourra en aucun cas répondre au malaise des lycéens, des professeurs et des parents

Une réforme doit garantir qu’elle n’est pas une réformette pour masquer les conséquences des suppressions de postes d’enseignants et diminuer la quantité de connaissances qu’un élève doit acquérir au terme de sa scolarité.

è Le Ministre assure que cette réforme se fera « à moyens constants » ?  L’UNL répond que cette réforme va même nécessiter des moyens supplémentaires et met au défi le Ministre d’engager ces moyens et appelle à un plan pluriannuel de recrutement et une nouvelle formation des enseignants !

è Aussi, l’UNL exige l’ouverture d’un chantier de négociations sur la restructuration de la carte scolaire pour que l’école permette à nouveau de lutter contre les inégalités et la reproduction sociale, ainsi que l’annulation des décrets relatif à la réforme de la formation des enseignants afin d’ouvrir de nouvelles discussions avec l’ensemble de la communauté éducative.

Si un climat de confiance n’est pas restauré entre ce Gouvernement et la jeunesse, même une réforme qui ferait l’unanimité sur son contenu ne pourrait être menée ou s’appliquer sans les préalables que nous venons de citer.

Nous avons donc décidé de voter contre ces textes en raison du contexte global qui les accompagne. En effet, le véritable problème de cette réforme n’est pas ce qu’elle fait, n’est pas ce qu’elle met en place, mais bien ce qu’elle ne fait pas et le contexte dans lequel elle s’insère.

 

 

Il nous parait essentiel de rappeler qu’un pays qui investit dans l’éducation et un pays qui croit en son avenir.

 



Lycée Charles Gide d’UZES : Le petit village Gaulois qui résiste

 

Manif. 10-12 (1)

Les élèves, les parents, et les enseignants du lycée Charles Gide d’UZES

sont inquiets face aux propositions du Ministre de l’Education Nationale.

C’est pourquoi Jeudi 10 Décembre 2009 tout le lycée était mobilisé

avec 60% de grévistes chez les enseignants,

Manif. 10-12 (4)

rejoints par des parents d’élèves et un très grand nombre de lycéens de l’établissement puisque seul une centaine, sur 740 élèves, étaient présents en cours.

Manif. 10-12 (3)

Une manifestation, dans les rues de la ville, a rassemblé près de 300 personnes.

Manif. 10-12 (2)

En effet, la réforme tant attendue par tous n’est pas à la hauteur de nos espérances et s’avère même, sous des aspects attrayants, être néfaste pour l’avenir des futurs lycéens.

Les manifestants ont donc scandé haut et fort :

« On ne nous dit pas tout … »

Manif. 10-12 (5)

-       L’idée de donner le droit à l’erreur aux élèves, en leur proposant de changer d’orientation en cours ou fin de première, est un généreux principe qui renforcera cependant le déséquilibre des séries. Proposer quelques jours de remise à niveau pendant les vacances dans les disciplines manquantes est une supercherie. Par ailleurs, cette possibilité de réorientation sera à sens unique : de la série S vers les séries L et ES, des séries ES et L vers les séries technologiques ! En ce sens, la réforme Chatel qui dénonce pourtant la hiérarchie des séries ne fait que la renforcer.

 

-       Un véritable rééquilibrage des séries aurait nécessité un même nombre global d’heures de cours et de dédoublements dans chaque série. Or, il n’en est rien. Les élèves de la série S auront droit à 28h de cours (sans les options) contre 27h en ES et 26h30 en L.

 

-       L’instauration d’un tronc commun en première va se traduire par une hausse des effectifs dans les classes pour les disciplines concernées (français, langues vivantes, histoire-géographie, EPS).

 

-       Les cours en demi-groupe ne sont plus définis au niveau national ; leur répartition est confiée aux chefs d’établissement sur la base d’une enveloppe globale de 10h par classe. Les disciplines et les établissements seront mis en concurrence.

 

-       L’autonomie des lycées va, de fait, instaurer des disparités entre les établissements d’une même ville puisque le « cadre national » disparaît : un élève qui change d’établissement va donc se retrouver en grande difficulté s’il souhaite poursuivre les mêmes enseignements que dans son précédent lycée.

 

-       L’introduction de 2 heures d’accompagnement se fait au détriment des horaires des disciplines, notamment pour celles « d’exploration » qui voient leur horaire réduit au rang d’amuse-gueule (1h30 hebdomadaire). On enlève donc des heures de cours pour les recycler sous forme d’accompagnement, ce qui diminue le volume d’heures d’enseignement pour chaque lycéen.

 

-       La logique de cette réforme est déterminée par la contrainte budgétaire et le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Les classes sont de plus en plus chargées, dégradant les conditions d’apprentissage des élèves, notamment des plus faibles d’entre eux (28 élèves par classe en moyenne au lycée en 2006 contre 32 en 2009).

 

Manif. 10-12 (6)


 

Comment peut-on faire mieux avec :

Moins d’heures

Moins de moyens

Moins de professeurs

 

 

et

Plus d’élèves par classe

Plus de disparité entre les filières

Plus de disparité entre les lycées

et les lycéens

Manif. 10-12 (7)

           



Manifestation anti-réforme du lycée Charles Gide (UZES) du 10 décembre 2009



Appel à la manifestation contre la réforme du lycée le jeudi 10 décembre à UZES

Parents, élèves et enseignants 

en action le Jeudi 10 décembre 2009               

contre la réforme du lycée proposée actuellement par le gouvernement

 

Suite à l’appel de l’intersyndicale :

SNES, CGT, SNEP, SNETAP, SUD, SNALC, FO, SNCL,

les enseignants du lycée Charles Gide d’Uzès se sont réunis le mardi 8 décembre 2009 pour décider des actions à mener, en concertation avec les parents et les élèves, le jeudi 10 décembre, jour de la présentation au  Conseil Supérieur de l’Education de la réforme du lycée.

 

Ils ont prévu pour le jeudi 10 décembre 2009 :

Dans un premier temps :

Blocage gide 27/11/09

·      Un soutien visible des enseignants aux côtés des élèves qui devraient organiser un blocus de notre lycée.

·      Les enseignants, ne pouvant pas prendre part légalement au blocage de leur établissement, veilleront au bon déroulement de la manifestation lycéenne.

·      Tous les professeurs, disponibles ou en grève ce jeudi, accompagnés des parents d’élèves et des élèves, doivent se retrouver devant le lycée dès 7h45.

 

Dans un second temps :

·      Rassemblement à 9h30, devant le lycée Guynemer (au centre ville d’Uzés) pour informer la population et distribuer des tracts sur les effets néfastes de cette réforme.

·      A 10h une manifestation sur les boulevards de la ville devrait suivre ce rassemblement.

blocus3

Dans un troisième temps :

·      Élèves, parents et enseignants prendront part à la manifestation Nîmoise à 14h à la Maison Carrée.

 

Les parents d’élèves FCPE soutiennent les actions proposées par les enseignants et les élèves et appellent leurs adhérents disponibles à participer à ces manifestations.

Pour les enseignants : Franck Tichadou

Contact portable : 06 81 03 41 06

 



Réforme du lycée, décrets EPLE, décrets orientation : actions du jeudi 10 décembre dans le Gard

Logo SNESDans de nombreux lycées du département la mobilisation se construit pour s’opposer aux projets rétrogrades que le ministre Luc Chatel présentera au Conseil Supérieur de l’Education le jeudi 10 décembre : décret « EPLE » (renforcement de l’autonomie des établissements et du pouvoir des chefs d’établissement), réforme du lycée, décret sur l’orientation.

Participation importante des enseignants à la grève du 24 novembre, blocages par les lycéens, réunions, débats, communiqués, information aux collègues, aux parents, aux media, organisation d’heure syndicale, proposition de motions en CA, distribution de tracts : parents, élèves et enseignants des lycées Gide à Uzès, Dhuoda et Camus à Nîmes, JBD à Alès…, sont dans l’action depuis 2 semaines !

Le Snes, avec l’intersyndicale du 2nd degré (SNES, CGT, SNEP, SNETAP, SUD, SNALC, FO, SNCL), réaffirme son opposition résolue à ce projet, à son inscription à l’ordre du jour du CSE et en demandent l’abandon. Il appelle la profession à amplifier l’action et à exprimer son mécontentement le jeudi 10 décembre.

A Uzès :
- 7h30 : présence des enseignants, parents, élèves devant le lycée Gide
- 7h30 – 9h30 : préparation de banderoles et tracts
- 9h30 : rassemblement/manifestation devant le lycée Guynemer


A Nîmes, distribution de tracts à l’entrée des lycées dans la matinée

Dans le Gard, le Snes, en liaison avec les lycéens, appelle à participer à la
MANIFESTATION CONTRE LA REFORME DU LYCEE
JEUDI 10 DECEMBRE, 14H, MAISON CARREE à NÎMES

Le Snes-Gard invite aussi tous les parents, élèves, collègues à une
RÉUNION-DÉBAT PUBLIQUE : réforme des lycées, réforme des Eple
LUNDI 14 DÉCEMBRE À 17H À NÎMES (lycée Dhuoda ; à confirmer)

Des liens utiles :
- sur le site académique (mise à jour quotidienne) : Le 10 décembre, mobilisons la profession, avec des exemples de motions, de tracts, les actions dans les établissements, les communiqués du Snes et de l’intersyndicale…
- sur le site national : En décembre : poursuivre et amplifier l’action !, avec des pétitions, des fiches-argumentaires, des tracts…

Pour la section départementale
Bertrand Humeau



Lettre commune de la FCPE, de la FIDL et de l’UNL adressée au Ministre de l’Éducation Nationale relatif à la réforme du lycée

7 décembre 2009

 

Monsieur Luc CHATEL

Ministre de l’Éducation nationale

110 rue de Grenelle

75357 Paris SP 07

 

 

SG/JJH/NA/2009/39

 

 

Objet : Réforme du lycée

 

 

Monsieur le ministre,

 

Les décrets et arrêtés modifiant le lycée général et technologique présentés en commission spécialisée du CSE suscitent de notre part plusieurs remarques et demandes de précisions qui nous semblent importantes et qui conditionnent notre appréciation des mesures. Nous avons d’ailleurs déposé certains amendements dans cet état d’esprit.

 

Tout d’abord, nous devons réaffirmer avec force que pour nous, l’objectif reste l’élévation du niveau de formation des jeunes, l’accession de 80% de la classe d’âge au baccalauréat et l’accès de 50% au niveau licence. Il reste que pour ces objectifs, une réforme devrait s’intéresser à tout le lycée, professionnel compris ce qui n’est malheureusement pas le cas ici. En outre, nous constatons comme chacun que la progression du nombre de bacheliers depuis 1995 n’est due qu’à celle des bacheliers professionnels (+ 40 000) alors que dans le même temps, le nombre de bacheliers des filières générales a baissé (- 5 000). Le problème reste donc à traiter et nécessite bien une approche pédagogique.

 

Nous souhaitons donc attirer votre attention sur ces éléments qui nous semblent fondamentaux pour des mesures conduisant à réformer le lycée.

 

1.    Pour nous, la réforme doit être pédagogique.

 

En ce sens, l’instauration de deux heures d’accompagnement nous intéresse dans la mesure où elles ne se résument pas à de simples heures de soutien mais contiennent des accompagnements méthodologiques, de l’aide à la construction du projet d’orientation et des heures permettant des approches, projets et enseignements pluridisciplinaires type TPE.

Regrettant que les TPE ne soient pas obligatoires à chaque année de lycée, nous demandons a minima que ces dispositifs de deux heures puissent les intégrer.

 

En outre, il reste indispensable d’affirmer que la pédagogie doit évoluer au lycée. Il ne doit pas être envisagé que les deux heures servent de « réparation » à la situation actuelle mais qu’elles soient bien une des manières de faire évoluer la pédagogie au lycée.

…/…

 

De plus, si nous apprécions que le tutorat puisse être institué, nous regrettons qu’il ne soit pas proposé à tous les élèves et assuré pour tout élève qui ne le refuserait pas. Nous déplorons que ne soit pas envisagé de mise en cohérence entre le tutorat et l’accompagnement.

 

Sur l’aspect particulier des enseignements de langues vivantes, nous sommes favorables à une organisation des enseignements par compétences, ce qui ne veut pas dire des groupes de niveaux. Il nous semble important que ces éléments soient précisés.

 

Enfin, toute cette rénovation pédagogique ne pourra être effective que si les enseignants y sont formés. De ce point de vue, la faiblesse de la formation continue et la réduction de la formation pédagogique dans le cadre de la  réforme de la formation initiale nous interrogent sur la portée de ces choix.

 

2.    Pour nous, la réforme ne peut envisager de se faire avec moins de moyens.

 

Nous souhaitons que soit réaffirmé de façon claire qu’il n’y aura pas de suppressions de postes en lycée. Ainsi, il est nécessaire de retirer la notion de « moyenne » des dispositions prévues dans l’arrêté pour l’attribution de 39 heures par division.

 

En outre, nous souhaitons que des modulations à la hausse soient effectives dans l’éducation prioritaire et qu’elles soient indépendantes du nombre d’enfants par classe. Nous voulons éviter la situation actuelle qui fait qu’un établissement qui accepte des dérogations au détriment d’un autre moins « coté » ne se voit pas favorisé par l’attribution de moyens supplémentaires. En ce sens, nous demandons donc que les attributions de moyens au lycée soient établies par division et non par élève. Corollairement, nous souhaitons votre engagement de ne pas dégrader le taux d’encadrement global.

 

Pour nous, il est indispensable que les élèves les plus en difficulté puissent se voir attribuer des moyens supplémentaires qui permettent la mise en œuvre pour eux d’aides spécifiques comme c’est le cas en seconde aujourd’hui, en plus de l’accompagnement qui proposera des modalités pédagogiques plus mobilisatrices pour tous. A ce titre, nous restons perplexes, compte tenu des trop fortes suppressions de postes depuis plusieurs années.

Il va de soi que le potentiel de remplaçants sera aussi assez déterminant pour une véritable ambition.

 

3.   Pour nous, la réforme ne doit pas écarter les élèves et les parents.

 

Si la création du conseil pédagogique ne pose pas de problème, il n’est pas concevable que ses choix ou préférences soient des décisions non soumises à l’approbation du conseil d’administration. Il n’est pas non plus possible de considérer que l’autonomie pédagogique des équipes enseignantes soit « régulée » si besoin par le chef d’établissement et non par le CA qui a voté le projet d’établissement. Pour nous le conseil pédagogique a vocation à préparer, au même titre que la section permanente sur d’autres aspects, des choix de l’établissement faits en CA dans la perspective des axes décidés dans le cadre du projet d’établissement. Dans ce sens, il nous paraît que le rôle du CA doit être valorisé et que des dispositions doivent être prévues en cas de second vote négatif par le CA sur l’utilisation des heures d’enseignement et d’accompagnement, afin d’éviter que le chef d’établissement ne décide seul.

 

4.   Pour nous, la réforme se doit aussi d’améliorer l’orientation des jeunes.

 

A ce titre, reconnaître un droit à l’erreur aux élèves nous semble positif mais une réforme de l’orientation permettant une réelle éducation au choix reste à faire. C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’une réforme dans ce domaine dès le collège, avant la « séparation » qui reste trop souvent subie et qui n’est que le reflet d’une reproduction sociale accrue.

…/…

 

 

Nous sommes favorables à la baisse du redoublement et des abandons en première. L’élaboration d’un tronc commun permettra des passerelles plus faciles. Nous regrettons cependant que la mesure ne soit pas envisagée également entre la voie générale et la voie technologique et ceci dans les deux sens.

 

Mais il nous semble indispensable que la réforme s’attaque au redoublement en classe de seconde et aucun objectif ne semble être assigné à la réforme en ce sens alors que c’est pourtant le fait le plus marquant du lycée actuel : + de 20% de redoublement en seconde.

 

5.   Pour nous, la réforme doit permettre au lycée d’être un véritable lieu de vie et de démocratie.

 

Nous souhaitons de nouveaux dispositifs reconnaissant plus fortement les droits des lycéens. Si les textes concernant le CVL vont dans le bon sens, ils manquent de notre point de vue, d’ambition. En effet, il nous apparaît évident que le pouvoir des CVL doit évoluer afin que ces derniers puissent prendre des décisions sur les sujets qui les concernent. Mais aussi, prendre part à la réflexion sur le projet pédagogique de l’établissement en coopération avec le conseil pédagogique.

 

Dans ce sens, la création d’une maison des lycéens dans chaque établissement permettrait de faire exercer la responsabilité de choix aux lycéens eux-mêmes (encadrée si besoin en termes de légalité). Une telle mesure répondrait à notre demande en faisant évoluer le statut des foyers et surtout la place des lycéens dans les décisions.

 

Enfin, nous attendions une régulation des différnets temps scolaires des lycéens comme une incitation à plus de travail encadré et moins de travail à la maison, facteur d’inégalités manifestes et reconnues. En particulier, la fixation d’une durée maximale d’heures de cours par jour et d’un temps minimal d’interclasse le midi est attendue par tous pour un plus grand respect des individus.

 

Monsieur le ministre, vos réponses à nos demandes seront de nature à préciser nos positions.

Nous sommes de même en attente de vos arbitrages concernant les amendements déposés par la FCPE ainsi que par l’UNL.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre parfaite considération.

 

 

 

Jean-Jacques HAZAN,           Massira BARADJI,                   Antoine EVENNOU,

Président de la FCPE           Porte-parole de la FIDL              Président de l’UNL



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