Réforme du Lycée : l’UNL demande à Luc Chatel de répondre aux inquiétudes légitimes des lycéens



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La « suppression » de l’Histoire-Géo en Terminale S suscite des inquiétudes légitimes bien au-delà de la communauté éducative. L’UNL met au défi le Ministre de l’Education Nationale de prouver qu’il ne s’agit pas de
faire des économies budgétaires et lui demande par conséquent de prendre en compte ces inquiétudes avant la présentation en Conseil Supérieur de l’Education (jeudi 10 décembre). 
 

L’UNL
appelle à dépasser la question de l’histoire

Luc Chatel a proposé une mesure qui supprime le caractère obligatoire de l’Histoire Géo en Terminale S. Celle-ci devient une option facultative de 2h en Terminale, et une obligation de 4h en Première avec passage de l’épreuve du Baccalauréat
en épreuve anticipée en Première.

Les lycéens ne sont pas intéressés par les débats purement disciplinaires,
mais ils n’accepteront pas non plus de subir le coût de l’entêtement du Gouvernement. Il y a des questions bien plus importantes notamment le rétablissement des TPE en classe de Terminale.

Ainsi, la réforme de la formation des enseignants sera déterminante et les schémas actuellement envisagés ne peuvent être acceptés au profit du sacrifice de plusieurs générations d’élèves. Notre génération ne peut pas se permettre de rajouter à l’incertitude de la poursuite d’études ou de l’insertion socioprofessionnelle, la crainte d’une école affaiblie.   

Mettre fin aux suppressions de postes et à la suppression de la carte scolaire

Quand nous subissons année après année les conséquences d’une vision libérale
et minimaliste du Service Public d’Education
 il apparait légitime que cette restructuration des filières ne convainque pas totalement sur sa capacité à endiguer la reproduction sociale et à transformer la pédagogie et l’orientation.

En effet, si la réforme prend en compte une partie des attentes exprimées l’année dernière par les lycéens, elle ne résout pas tous les problèmes. Elle semble sur certains points n’avoir pour sens que la justification des suppressions de postes mises places par le gouvernement depuis  2007.   

La politique aveugle d’économies budgétaires orchestrée par les 40 000 suppressions de postes d’enseignants depuis 2007, ainsi que par les 16 000 prévus à la rentrée 2010 expliquent les craintes exprimées ces derniers jours. De plus, l’accroissement des inégalités scolaires et sociales du à la suppression de la carte scolaire ne peut calmer les tensions.

Ainsi, l’UNL sera présente au rassemblement organisé le jour du vote au CSE afin de demander au Ministre de revenir sur la politique de suppressions de postes, sur le démantèlement de la carte scolaire ainsi que sur la réforme de la formation des enseignants, car ils déterminent la réussite et la mise en place de la réforme du lycée.

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

Contact presse : Antoine Evennou :
06 08 91 72 54



Mobilisation de toute la profession, avec un temps fort le 10 décembre

Logo SNESLuc Chatel a fait le choix de maintenir  la réforme prévue pour  les Eple (qui concerne les collèges comme les lycées) et celle des voies générale et technologique du lycée, d’ignorer le refus de ces réformes, exprimé par l’intersyndicale du 2nd degré qui représente plus de 80% des enseignants en  lycée.

Face à une décision aussi lourde de conséquences, le SNES appelle la profession à se mobiliser pour se faire entendre  notamment lors de la journée nationale d’action du 10 décembre, date de la réunion du Conseil supérieur de l’Education où cette réforme sera présentée.

C’est pourqoi, à l’appel de l’intersyndicale du second degré (SNES, CGT, SNEP, SNETAP, Sud, SNALC, FO, SNCL), au moment de l’examen au Conseil Supérieur de l’Education des décrets EPLE (autonomie des établissements et renforcement du rôle des chefs d’établissement), lycées, orientation, le Snes appelle à organiser des Assemblées Générales dans tous les établissements, des débrayages, des prises de parole et des initiatives publiques, à prendre l’heure d’information syndicale pour débattre avec les collègues, les informer et les mobiliser, à rédiger collectivement des motions, des lettres ouvertes d’opposition aux projets ministériels, à s’exprimer publiquement auprès des parents, de la population et des media.

Les projets de textes modifiant la gouvernance des établissements, la volonté d’imposer la mise en place d’un conseil pédagogique sous la coupe du chef d’établissement remettent en cause notre métier et les missions du Service Public d’Education. Ils doivent alerter l’ensemble des collègues et mobiliser toute la profession face à des tentatives d’encadrement et de déréglementation qui accroissent les inégalités entre établissements.

En outre, les propositions du ministre sur la revalorisation indispensable de nos métiers n’ont pas évolué et restent totalement inacceptables.

Le Snes entend amplifier ces  mobilisations dès la rentrée de  janvier, avec  de nouveaux rendez-vous nationaux et  une grande manifestation nationale à Paris dans la deuxième quinzaine de janvier, qu’il proposera à la Fsu. Le prochain Bureau national du Snes étudiera les modalités d’action possibles (grèves notamment) en janvier avant la manifestation nationale.
La gravité  des attaques contre le service public d’éducation nécessite une riposte d’ampleur de toute la profession.



La réforme du lycée dans la presse


Réforme du lycée : « un bon compromis » pour Luc Chatel

NOUVELOBS.COM | 07.12.2009 | 10:05

Le
ministre de l’Education nationale estime n’avoir « sacrifié aucune
discipline » après l’appel à la défense de l’histoire-géographie qui
deviendrait facultatif en terminale S.

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel (Reuters)

Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel (Reuters)

Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, estime dans un entretien au Figaro de lundi 7 décembre, qu’ »un bon compromis » avait été trouvé concernant les modalités de la réforme du lycée qui verrait disparaître l’histoire dans les programmes de terminale S.
« Nous avons trouvé un bon compromis sans sacrifier aucune discipline »,
a-t-il déclaré, rappelant qu’il avait consulté « pendant des mois » et
fait « un tour de France ».
« Le Conseil national de la vie lycéenne a approuvé ce que nous présentions » a confirmé le ministre de l’Education nationale. Pour lui, « il ne faudrait pas prendre le risque de déséquilibrer ce qui a été fait ».
« Mais je me réjouis que certains syndicats fassent preuve de
responsabilité et nous soutiennent, de même que les fédérations de
parents d’élèves », a ajouté Luc Chatel.

Des grands noms s’insurgent


Vingt universitaires de renom, comme Jean-Pierre Azéma, Alain Finkelkraut ou Michel Winock, ont publié dimanche dans le JDD une pétition, dans laquelle ils « s’insurgent » contre la disparition prévue des cours d’histoire en terminale S.
La pétition a également été signée par des personnalités, comme Boris
Cyrulnik, Philippe Delerm ou Michel Onfray, et des responsables
politiques.

(Nouvelobs.com)

 
 

Luc Chatel : «Nous avons trouvé un bon compromis» 

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Alors que la liste des
signataires de la pétition pour maintenir un enseignement obligatoire
d’histoire-géographie en terminale S s’allonge, le ministre de
l’Éducation précise le sens de sa réforme.

La réforme du lycée dans la presse dans Réforme du lycée coeur-

 

Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale : «Il s'agit de mettre l'accent sur l'orientation et l'accompagnement »
Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale : «Il s’agit de mettre l’accent sur l’orientation et l’accompagnement » Crédits photo : Le Figaro

LE
FIGARO. – La perspective de voir supprimer l’histoire-géographie en
terminale S déclenche une levée de boucliers. Comment y répondez-vous ?

Luc CHATEL. – Je
veux tout d’abord redire mon attachement à l’enseignement de
l’histoire-géographie, qui doit conserver la place éminente qui est la
sienne dans le système scolaire français. Il n’est pas question de le
supprimer. Simplement, le programme qui est actuellement traité en
terminale S le sera en première, où nous augmentons les horaires. Nous
avons voulu un tronc commun en première qui permette aux élèves de se
forger une véritable culture commune.

Ce mouvement,
qui affirme un attachement aux savoirs disciplinaires, ne remet-il pas
en question la philosophie de votre réforme, fondée sur des heures
d’accompagnement personnalisé ?

Il faut rappeler la
philosophie de la réforme. Il s’agit de mettre l’accent sur
l’orientation et l’accompagnement. Aussi la spécialisation est-elle
progressive. La seconde redevient une vraie classe de détermination, la
première offre un début de spécialisation avec la possibilité d’une
correction de trajectoire, et la terminale s’appuie sur une plus grande
spécialisation, avec des passerelles vers le supérieur. En terminale,
les lycéens se concentrent donc sur ce qui fait le cœur de leur
orientation. Et ceux qui souhaiteront, après une termi­nale S, faire
par exemple une école de commerce ou Sciences Po pourront choisir de
faire l’option histoire-géographie. Cette option viendra s’ajouter au
programme actuel, qui sera traité en seconde et première. L’inspection
générale va donc s’employer à réécrire progressivement les programmes.
Mais je rappelle que la réforme, c’est aussi l’accompagnement
personnalisé voulu par les chefs d’établissement, les professeurs et
les élèves et qui, évidemment, comportera un enseignement
disciplinaire, y compris d’histoire-géographie, quand l’élève en aura
besoin.

Vous n’envisagez donc pas de rediscuter les modalités de la réforme, même si cette pétition prend de l’ampleur ?

Les
signataires de cette pétition ont lu sur le papier « il n’y aura plus
d’histoire-géographie » ; ils n’ont pas compris qu’il s’agissait d’une
réorganisation. Nous avons consulté pendant des mois, j’ai fait un tour
de France, et, par exemple, le Conseil national de la vie lycéenne, la
semaine der­nière, a approuvé ce que nous présentions. Nous avons
trouvé un bon compromis, sans sacrifier aucune discipline. Il ne
faudrait surtout pas prendre le risque de déséquilibrer ce qui a été
fait. Mais je me réjouis que certains syndicats fassent preuve de
responsabilité et nous soutiennent, de même que les fédérations de
parents d’élèves.

 

» Luc Chatel : «l’histoire-géo va garder une place éminente»

 

L’histoire supprimée en Terminale S : Chatel à rebours

Article Rue89.fr

Deux appels argumentés circulent contre la
suppression des heures obligatoires d’histoire-géographie en Terminale
pour les lycéens de la série S (scientifiques). Les auteurs des appels
ont raison dans leur argumentation sur la nécessité de permettre le
plus longtemps possible de renforcer la culture historique des lycéens,
y compris des scientifiques. Tout comme ils ont raison de refuser une
conception « utilitariste » des programmes d’enseignement des
établissements publics.

Une réponse à côté

La réponse condescendante du Ministre de l’Education nationale est
aussi préoccupante que le projet de réforme lui-même. Les
universitaires signataires des appels n’ont pas mal compris les
changements en cours, comme il le prétend.

C’est lui, le Ministre, qui ne saisit pas combien sa réponse tombe
à côté. Elle repose sur un raisonnement casuiste : les élèves
scientifiques de Terminale qui voudront accéder aux instituts d’études
politiques ou souhaiteront intégrer des classes préparatoires aux
concours des écoles de commerce, pourraient se voir offrir deux heures
optionnelles d’histoire.

Du côté du refus, l’essentiel n’est pas le plaidoyer d’historiens
qui se sentiraient blessés dans leur importance. Ni même le souci
civique de former les citoyens futurs ou déjà électeurs, afin qu’ils
exercent leurs droits politiques de façon d’autant plus réfléchie
qu’ils sauraient de quoi est fait le passé. Il réside dans le fait que
cette proposition aggrave l’isolement des scientifiques.

Le divorce des sciences et des lettres

Une des grandes difficultés à laquelle s’affronte notre société
depuis près d’un siècle, c’est qu’un écart insurmontable s’est creusé
entre les spécialistes des sciences de la nature et leurs concitoyens,
y compris leurs collègues des sciences humaines et sociales.

Cette difficulté a été aggravée par l’éclatement disciplinaire des
universités, consécutif à Mai-68, qui a placé les étudiants dans
l’impossibilité de suivre des enseignements diversifiés. Or, il se
trouve que la Ministre Valérie Pécresse encourage un mouvement de
réunification universitaire qui permettra, à terme, que les étudiants
de Licence puissent composer des menus de formations qui aillent des
lettres aux sciences de la nature, des sciences sociales aux sciences
de la santé, du droit à la physique.

Dans un tel contexte, accentuer les différences de formation au
niveau du lycée est un non-sens. La recherche d’une spécialisation
précoce des lycéens va exactement à contre-courant de ce qui est en
train de se produire à l’Université.

C’est d’autant plus choquant qu’un effort remarquable a été fait,
ces dernières années, pour bâtir des programmes d’histoire-géographie
qui ouvrent les lycéens sur le monde, plutôt que des les enfermer dans
le culte du passé national.

L’échec du « socle commun » ?

Dans une réponse radiophonique, le ministre Luc Chatel a justifié
cette nouvelle usine à gaz dans l’architecture des programmes, au nom
de la nécessaire spécialisation des étudiants scientifiques. De mon
point de vue, c’est bien cela le plus grave. Les priver
d’histoire-géographie, c’est accentuer le divorce entre les sciences et
les lettres. C’est le faire de plus en plus tôt, alors qu’il faudrait
le faire le plus tard possible. A tort, j’avais crû que le modèle du
« socle commun » aurait pour mérite de limiter le processus de
spécialisation. Raté.

 

Avec Luc Chatel, l’histoire-géo ne passe pas en terminale

 
La
décision de rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale
scientifique provoque une levée de boucliers chez les profs, chercheurs
et universitaires. Présentée dans quatre jours, la réforme du lycée est
de plus en plus contestée…

Ça chauffe
dangereusement pour Luc Chatel. À quatre jours de sa présentation
détaillée devant le Conseil supérieur de l’éducation – jeudi prochain
–, la réforme du lycée, esquissée dans ses grandes lignes fin novembre,
rassemble contre elle un front du refus de plus en plus large. Aux
protestations de la FSU, première organisation dans l’enseignement, de
la CGT éduc’action, des syndicats de lycéens UNL et Fidl, et des profs
de sciences économiques et sociales, se sont ajoutées, ce week-end,
celles des historiens.

Une mesure utilitariste et À courte vue Hier, dans le Journal du
dimanche, vingt universitaires et chercheurs ont lancé un appel
retentissant contre la décision de rendre optionnelle
l’histoire-géographie en terminale S. Des personnalités tels Jacques Le
Goff, Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor ou encore André Kaspi et
Benjamin Stora jugent « impératif d’annuler » cette mesure « inspirée
par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec
les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la
formation intellectuelle, de l’adaptation au monde contemporain et de
la réflexion civique des futurs citoyens ». Selon le projet de réforme,
les lycéens ayant choisi la série scientifique n’auront plus de cours
d’histoire-géo obligatoires en terminale. L’épreuve d’histoire-géo du
bac serait organisée à la fin de la première. Année au cours de
laquelle ils bénéficieraient de quatre heures de cours hebdomadaires
pour cette matière, contre 2 h 30 actuellement. Pour ceux qui le
souhaitent, deux heures d’histoire subsisteront sous forme d’option en
terminale. Le but officiel du ministère est de revaloriser ainsi les
filières L et ES en dissuadant les candidats à des études comme
Sciences-Po de passer par la série scientifique, plus valorisée et dans
laquelle se lance un élève de terminale sur deux. Il s’agit aussi de
renforcer la spécialisation en terminale S pour « mieux préparer » aux
études supérieures et de faire de la place à « l’accompagnement
personnalisé ». « On ne supprime pas le programme d’histoire-géo en
terminale scientifique, ce programme sera vu en première, s’est défendu
hier Luc Chatel. Que les élèves soient en filière scientifique ou
littéraire, ils auront en première quatre heures d’histoire-géo, une
discipline qui fait partie du tronc commun de matières partagées.
L’histoire-géo va garder la place éminente qui a toujours été la sienne
dans le système éducatif français. »

le pouvoir face à ses paradoxes L’argumentaire ne convainc pas.
« C’est cocasse, voire ironique, a réagi Benjamin Stora. Rendre une
filière optionnelle, c’est la condamner à terme. Or, tout le monde sait
que l’enseignement de l’histoire est essentiel pour se situer dans le
monde contemporain et affronter les défis du futur. » Et les
signataires de l’appel ne manquent pas de souligner le paradoxe du
pouvoir en place qui glorifie, un jour, les souvenirs de la « France
éternelle » et détruit, le lendemain, leur apprentissage. « Au moment
où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de
lancer un grand débat sur l’identité nationale qui doit mobiliser le
pays, cette mesure, font-ils valoir, va priver une partie de la
jeunesse française des moyens de se faire sur la question une opinion
raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi
la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires. » La
polémique fait tâche d’huile. Hier, de nombreuses personnalités – dont
les UMP Hervé Mariton et Renaud Muselier – ont apporté leur soutien à
cet appel des historiens. Pour Luc Chatel, l’affaire pourrait tourner
rapidement au casse-tête. Et cristalliser les mécontentements sur le
dossier de la réforme du lycée, plus que jamais explosif.

Laurent Mouloud

 

 



Lycée Gide: l’appui aux élèves du personnel enseignant

Article Midi Libre UZES

lycée prof.jpg

Durant toute la semaine les lycéens ont assuré dans le calme le blocus du lycée.

Les personnels enseignants du lycée Charles Gide D’UZES partagent l’inquiétude des lycéens et soutiennent leurs revendications. Dans un souci d’efficacité, ils les invitent à adapter leur action aux temps forts de l’action nationale. Ils tiennent à rappeler que tous les cours sont assurés mais alertent la communauté éducative (parents d’élèves et lycéens) sur les régressions dont est porteur le projet de réforme Chatel du lycée.

La logique de cette réforme est déterminée par la contrainte budgétaire et le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Les classes sont de plus en plus chargées, dégradant les conditions d’apprentissage des élèves, notamment des plus faibles d’entre eux (28 élèves par classe en moyenne au lycée en 2006 contre 32 en 2009).

L’introduction de 2 heures d’accompagnement se fait au détriment des horaires des disciplines. On enlève donc des heures de cours pour les recycler sous forme d’accompagnement, ce qui diminue le volume horaire global des lycéens.

Les cours en demi-groupe ne sont plus définis au niveau national; leur répartition est confiée aux chefs d’établissement sur la base d’une enveloppe globale de 10h par classe. Les disciplines et les établissements seront mis en concurrence.

L’instauration d’un tronc commun en première va se traduire par une hausse des effectifs dans les classes pour les disciplines concernées (français, langues vivantes, histoire-géographie, EPS, ECJS).

L’idée de donner le droit à l’erreur aux élèves, en leur proposant de changer d’orientation en cours ou fin de première, est un généreux principe qui renforcera cependant le déséquilibre des séries.

Un véritable rééquilibrage des séries aurait nécessité un même nombre global d’heures de cours et de dédoublements dans chaque série. Or, il n’en est rien.

 



Communiqué de presse de l’APSES du 5 décembre 2009

Obstinés !

Le 2 décembre 2009 a été une journée importante contre le recul de la culture économique et sociale que prépare la réforme Chatel du lycée.

Une manifestation constituée de près de 1 000 enseignants de Sciences Economiques et Sociales venus de toute la France (soit près de 20 % de ce corps professionnel) s’est déroulée à Paris de la place du Palais-Royal jusqu’à la Bourse du travail où un meeting unitaire a eu lieu. Les enseignants de SES, mais aussi des représentants syndicaux (FSU, SNES, SNFOLC, CGT-Education, SUD Education) ainsi que des représentants d’associations d’enseignants du supérieur (AFS et AECSP) ont martelé la même revendication, à savoir que soient revus la place et le statut des sciences économiques et sociales au lycée, notamment en classe de seconde.

En effet, alors même que le Ministère communique sur l’importance pour les lycéens de mieux comprendre les enjeux économiques et sociaux contemporains, Luc Chatel réduit le nombre d’heures de SES de la seconde à la terminale de plus de 25 % !

En seconde, alors même qu’il s’agit d’une classe-charnière dans l’orientation, les élèves qui choisiront l’enseignement de SES, qui resterait optionnel, verront l’horaire passer de 2h30 actuellement à 1h30 sans dédoublements alors même que d’autres enseignements exploratoires conservent un horaire de 3h. Les élèves qui n’auront pas suivi l’enseignement de SES en seconde ou ceux qui auront suivi un enseignement de SES réduit à peau de chagrin auront donc encore moins d’initiation aux démarches de l’économie, de la sociologie et de la science politique qu’aujourd’hui ! Des élèves continueront de quitter le lycée sans jamais avoir reçu de formation aux sciences économiques et sociales, qui reste le seul enseignement central d’une des séries à ne pas appartenir au tronc commun de la classe de seconde. Où est l’orientation juste et éclairée ?

Dans le cycle terminal, en dépit des appréciations élogieuses du rapport de Richard Descoings sur la série ES qui « semble avoir trouvé un point d’équilibre entre les différentes disciplines », l’enseignement de SES qui caractérise cette série voit son horaire ramené à 5 heures en première comme en terminale, alors qu’il y a 8h de philosophie en Terminale L et 8h30 de Physique-Chimie et Sciences et Vie de la Terre en Terminale S. Il en est de même des enseignements de spécialité, purement et simplement supprimés en première ES et, en terminale ES, ramenés à 1h30 avec un découplage entre économie approfondie et sciences sociales, alors qu’ils sont de 3 heures en L et de 2 heures en S. Où est le rééquilibrage promis des séries ? Pourquoi déstabiliser la série ES ?

Par ailleurs, dans Le Monde daté de ce même mercredi 2 décembre, un texte de promotion de la « troisième culture » intitulé « Les sciences sociales au lycée, un enjeu démocratique » co-signé par Christian Baudelot, Daniel Cohen, Nonna Mayer, Philippe Meirieu, Pierre Rosanvallon et le président de l’Apses rappelle l’importance démocratique pour l’Ecole et notamment le lycée, de se charger de l’éducation économique et sociale de la jeunesse afin de ne pas laisser cette dernière être l’apanage d’une minorité. Ces grandes figures des sciences sociales françaises, représentatives des quelques 900 universitaires qui ont signé l’ Appel de l’APSES,  demandent une généralisation des sciences économiques et sociales en seconde avec un horaire plus conséquent que les 90 minutes hebdomadaires qui lui seraient actuellement allouées si la réforme devait passer en l’état et, plus généralement, à ce que la culture économique et sociale soit traitée, de la seconde à la terminale, sur un pied d’égalité avec la culture scientifique et la culture littéraire.

Face à cette mobilisation massive et déterminée du corps enseignant et des universitaires, Luc Chatel doit faire de nouvelles propositions. L’APSES demande instamment à être reçue par le Ministre qui doit mettre enfin son projet de réforme en cohérence avec les objectifs affichés. L’APSES mettra tout en œuvre, en lien avec d’autres organisations syndicales qui soutiennent également son action, pour mettre en échec une réforme qui sacrifie les SES et la série ES et appelle d’ores et déjà à manifester le 10 décembre à leurs côtés lors de la présentation de ce projet incohérent et contradictoire au Conseil Supérieur de l’Education.



Communiqué des parents d’élèves et de l’équipe de direction du lycée Charles Gide (UZES)

« A la suite d’une réunion entre les Associations de Parents et l’équipe de direction du lycée, les associations FCPE, PEEP et APDESU déclarent partager l’inquiétude des lycéens en ce qui concerne la réforme des lycées.   Toutefois, dans un souci d’efficacité, elles invitent les élèves à adapter leur action aux temps forts d’une action nationale.

   C’est pourquoi elles demandent à ce que les cours reprennent normalement dès le lundi 7 décembre. »

   L’équipe de direction rappelle que l’établissement est toujours resté accessible aux élèves qui le souhaitaient.

Pour sa part, le Conseil Local Collèges et Lycées FCPE d’Uzès, réuni le 02 décembre, a décidé d’écrire à la direction nationale :

Monsieur le Président,

C’est avec la plus grande stupéfaction que nous avons pris connaissance du communiqué de presse concernant la réforme du lycée, que vous avez publié le 27/11/2009, associé à deux syndicats d’enseignants.

Monsieur le Président, comment pouvez-vous vous satisfaire que l’accompagnement personnalisé soit pris sur les heures d’enseignement ? Ce n’est pas avec moins d’école que la réussite de nos enfants sera assurée ! La suppression d’heures disciplinaires créera des sous-services chez les enseignants. Nous savons la tentation qu’auront les chefs d’établissement, à confier ces heures d’accompagnement personnalisé à ces personnels, comme c’est trop souvent le cas pour les ATP ou IDD en collège. Où est là, l’intérêt unique de l’élève.

Monsieur le Président, comment pouvez-vous vous satisfaire que les enseignements d’exploration soient limités à 1h30 ? Ils ne conditionnent pas l’accès à une série particulière en classe de première, certes. L’orientation sera donc prononcée sur les enseignements communs et, comme trop souvent aujourd’hui, par défaut !

Monsieur le Président, vous reconnaissez la nature hypothétique des changements de parcours. Pour nous, elle pose question. Si l’article  D 331-34 du code de l’éducation n’a pas changé, l’article D 333-18-1 date de 2009  et ne prévoit que la réorientation d’un enseignement général ou technologique vers un enseignement professionnel.
Au-delà des textes, rien n’est stipulé sur l’encadrement des stages de remise à niveau ou des stages passerelles. Seront-ils de la compétence de l’Éducation Nationale ou seront-ils confiés à des officines privées. Dans ce cas, leur coût sera-t-il à la charge des familles ?

Monsieur le Président, vous affirmez que la part de la dotation globale des établissements laissée à leur libre disposition est faite dans un cadre national fort et garanti à tous. Or, dans l’article 5 pour la classe de seconde repris dans l’article 8 du cycle terminal, il est clairement explicité que ce sont les recteurs qui arrêtent le volume de cette part sur une base moyenne et qu’ils peuvent le moduler en fonction des spécificités pédagogiques des établissements. Où est la garantie d’un traitement équitable, de tous les élèves, sur l’ensemble du territoire national ?

Monsieur le Président, vous souhaitez que cette réforme se traduise par une amélioration des conditions de travail des lycéens et des personnels, et notamment, en garantissant des effectifs réduits pour les groupes de compétences en langues vivantes. Outre les remarques que nous avons développées précédemment, la globalisation de l’horaire de langues étrangères ne nous semble pas de nature à assurer un temps de pratique commun à tous les élèves. Quant à la création de groupes de compétences et surtout à leur mise en œuvre, nous avons l’exemple du collège qui, avec aucun moyen supplémentaire, a fait long feu d’une mesure pourtant intéressante.

Monsieur le Président, vous souhaitez que des discussions soient engagées sur les enseignements technologiques. Monsieur le Président, comment pouvez-vous vous satisfaire d’un projet de réforme qui ne prend absolument pas en compte ces enseignements ? Aucune garantie sur la pérennité des séries technologiques n’est évoquée.

Le Président de la République avait annoncé un rééquilibrage des séries. Le projet de réforme ne gomme rien. Il conforte la série S comme la série d’excellence avec un nombre d’heures d’enseignement supérieur à celui des autres séries. D’une série à l’autre, des pans entiers d’une culture commune, nécessaires à la formation et à l’épanouissement de l’individu sont sacrifiés.

Monsieur le Président, nous nous sommes contentés d’aborder les points de votre communiqué de presse et vous aurez noté notre profond désaccord. Trop de flous, trop d’omissions, manque cruel de cadrages nationaux, manque de réelle ambition, dans ce projet, ne nous permettent pas d’agréer votre position. Ce n’est pas de cette réforme dont les élèves et leurs parents ont besoin !

Monsieur le Président, nous osons espérer que vous voudrez bien prendre en considération notre sensibilité et d’en tenir compte notamment, lors de la présentation du projet de réforme au Conseil Supérieur de l’Éducation du 10 décembre 2009.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations les plus distinguées.



Communiqué des enseignants du Lycée Charles Gide (UZES – Gard)

Les personnels enseignants du lycée Charles Gide D’UZES partagent l’inquiétude des lycéens et soutiennent leurs revendications.

AG 04-12-09
Dans un souci d’efficacité, ils les invitent à adapter leur action aux temps forts de l’action nationale. Ils tiennent à rappeler que tous les cours sont assurés mais alertent la communauté éducative (parents d’élèves et lycéens) sur les régressions dont est porteur le projet de réforme Chatel du lycée.

AG 04-12-09 (2)

-       La logique de cette réforme est déterminée par la contrainte budgétaire et le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Les classes sont de plus en plus chargées, dégradant les conditions d’apprentissage des élèves, notamment des plus faibles d’entre eux (28 élèves par classe en moyenne au lycée en 2006 contre 32 en 2009).

-       L’introduction de 2 heures d’accompagnement se fait au détriment des horaires des disciplines, notamment pour celles « d’exploration » qui voient leur horaire réduit au rang d’amuse-gueule (1h30 hebdomadaire). On enlève donc des heures de cours pour les recycler sous forme d’accompagnement, ce qui diminue le volume horaire global des lycéens.

-       Les cours en demi-groupe ne sont plus définis au niveau national ; leur répartition est confiée aux chefs d’établissement sur la base d’une enveloppe globale de 10h par classe. Les disciplines et les établissements seront mis en concurrence.

-       L’instauration d’un tronc commun en première va se traduire par une hausse des effectifs dans les classes pour les disciplines concernées (français, langues vivantes, histoire-géographie, EPS, ECJS).

-       L’idée de donner le droit à l’erreur aux élèves, en leur proposant de changer d’orientation en cours ou fin de première, est un généreux principe qui renforcera cependant le déséquilibre des séries. Proposer quelques jours de remise à niveau pendant les vacances dans les disciplines manquantes est une supercherie. Par ailleurs, cette possibilité de réorientation sera à sens unique : de la série S vers les séries L et ES, des séries ES et L vers les séries technologiques ! En ce sens, la réforme Chatel qui dénonce pourtant la hiérarchie des séries ne fait que la renforcer.

-       Un véritable rééquilibrage des séries aurait nécessité un même nombre global d’heures de cours et de dédoublements dans chaque série. Or, il n’en est rien. Les élèves de la série S auront droit à 28h de cours (sans les options) contre 27h en ES et 26h30 en L.

 



La réforme du lycée fait l’économie de la série ES

Par véronique Soulé (Libération 4-12-2009)

Enfin, tous les élèves français vont avoir des cours d’économie. Ils deviendront ainsi des citoyens éclairés, capables de comprendre une crise et d’y réagir au mieux. C’est, en substance, ce que le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a annoncé triomphalement en détaillant la réforme du lycée. En réalité, la série ES (économique et sociale) en sort franchement affaiblie. S’ils reconnaissent que d’autres disciplines sont touchées – comme l’histoire-géo qui n’est plus obligatoire en terminale S -, les enseignants de SES (sciences économiques et sociales), qui manifestaient mercredi à Paris, estiment «payer le prix fort de la réforme». Ils n’ont pas vraiment tort.

Les élèves de seconde qui prenaient l’option SES (43% du total) avaient droit jusqu’ici à deux heures trente par semaine. C’était une vraie plongée dans une discipline transversale qui mêle économie, sociologie, anthropologie et science politique. Avec la réforme, ils n’auront plus qu’une heure trente, ce qui est peu pour choisir, en connaissance de cause, la série ES, et qui ravale les SES au rang de matière mineure. Le ministre n’a pourtant pas tout à fait tort lorsqu’il dit que tous les lycéens feront un peu d’économie. En seconde, ils devront choisir l’une de leurs deux options obligatoires d’«exploration» entre les SES et une nouvelle matière : «économie appliquée et gestion». Le problème est que personne ne sait quel enseignant donnera ce cours et quel en sera le programme. Il reste à définir et, tout récemment, la matière a été rebaptisée «principes généraux d’économie et de gestion». Pour les enseignants de SES, il y a là une volonté de dénaturer la série ES, qui pourtant attirait de plus en plus d’élèves et avait de bons résultats au bac. «Nous avons toujours dû nous battre pour l’identité de notre enseignement au croisement de plusieurs disciplines, explique un professeur, nous y tenons beaucoup car notre série [nommée B à l’origine, ndlr] a été créée pour introduire une troisième culture à côté de la littéraire et de la scientifique.»

Dès la fin des années 70, Raymond Barre lance une offensive pour supprimer le «et sociales» des SES et en faire un enseignement purement économique. En vain. La droite et les milieux économiques proches du Medef reviennent régulièrement à la charge : ils reprochent aux SES de présenter une vision trop négative de l’entreprise, de s’appesantir sur le chômage au lieu de vanter les avancées du libéralisme, etc. En clair, il s’agit d’idéologie. En terminale, la réforme a saucissonné les SES. Les lycéens devront choisir, en spécialité, entre sciences sociales et économie approfondie d’où l’on aura extirpé la sociologie.



Derrière la réforme du lycée, La mise au pas des enseignants de tout le second degré.

logo SUDLes textes présentés au Conseil Supérieur de l’Education du 10 novembre confirment ce que nous disions déjà sur la réforme du lycée [1]. Mais le projet de décret concernant l’organisation des EPLE introduit en plus des éléments inacceptables dans le fonctionnement des lycées et collèges [2].

Le renforcement du pouvoir du chef d’établissement. (Art. R421-8 à 421-13)- Sur la structure de l’établissement, sur l’utilisation de la DGH (dotation horaire globale) et en général sur les mesures relevant de l’autonomie pédagogique des établissements, le texte laisse l’initiative des propositions au chef d’établissement. Ceci limitera les interventions en CA à des amendements puis à un vote favorable ou défavorable au projet du chef.
- Dans « le cas où le CA rejette la seconde proposition relative à l’emploi des dotations en heures d’enseignement et d’accompagnement personnalisé qui lui est soumise, le chef d’établissement en arrête l’emploi ». Bref en cas de désaccord du CA sur le choix des dédoublements ou dans la répartition entre les collègues et les disciplines des heures de dédoublements/modules globalisées dans le cadre du « nouveau lycée », c’est le chef d’établissement qui décidera !
- Il préside, installe et convoque seul le conseil pédagogique.
- Il désigne les membres du conseil pédagogique sans aucune référence au choix des équipes pédagogiques. C’est clairement une mise en place de petits chefs qui décideront réellement des conditions de travail des collègues et des choix de l’établissement.

Le conseil pédagogique. (Art. R 421-41-1à 421-41-3)

Fondé par la loi Fillon, son rôle est conforté et son installation sera généralisée si ce décret passe tel quel. Sa composition reste inchangée et ses compétences sont étendues dans toutes les EPLE à l’occasion de la reforme du lycée :
- organisation des groupes de compétences ;
- aide et soutien ;
- modalités des changements d’orientation prévues dans la réforme ;
- « la notation et l’évaluation des activités scolaire ». C’est bien sur une atteinte à la liberté pédagogique des enseignants mais aussi des équipes. Ici c’est la porte ouverte à des formes d’évaluation locales des activités pédagogiques des enseignants ;
- il propose les modalités de l’accompagnement personnalisé. Il aura donc à arbitrer l’attribution dès la seconde entre les collègues et les disciplines des heures de dédoublements/modules globalisées ;
- il propose au chef d’établissement le volet pédagogique du projet d’établissement et est qualifié pour la mise en place de dispositifs expérimentaux prévus dans le cadre de la loi Fillon.

C’est bien cette nouvelle hiérarchie intermédiaire formée pour l’essentiel de collègues que nous dénoncions déjà dans la loi Fillon. Vu ses attributions, nous avions raison d’écrire dans le 4 pages Lycée, qu’il s’agit du pivot de l’application de cette réforme. Mais le texte concerne aussi le collège.

C’est inacceptable. L’autonomie des établissements allait déjà dans le sens de la concurrence/inégalité de traitement institutionnalisée entre les lycées ; ce système est étendu à tout le second degré. Au-delà on assiste au renforcement du pouvoir du chef d’établissement aidé par un conseil pédagogique, véritable hiérarchie intermédiaire de petits chefs à sa solde. C’est toute une conception encore possible d’un travail entre pairs qui disparaît au profit d’un système nettement inspiré de l’exemple anglo-saxon.

Saint-Denis, le 03 12 09



Lettre du Ministre de l’Education Nationale aux chefs d’établissements

Ci-joint des documents envoyés aux chefs d’établissements à télécharger :

Lettre du Ministre de l'Education Nationale aux chefs d'établissements dans Réforme du lycée pdf Lettre Ministre

pdf dans Réforme du lycée Documents d’accompagnement



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