Les principales modifications de la réforme du lycée après le Conseil Supérieur de l’Éducation du 10/12/2009

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Décret EPLE

Art 8. R 421-41-1 désignation du Conseil pédagogique

« Le chef d’établissement désigne les membres du conseil pédagogique (…) parmi les personnels volontaires après consultation des équipes pédagogiques concernées »

En fait la désignation reste dans les mains du chef d’établissement : la consultation ce n’est pas l’élection par les collègues. Cela renvoie au rapport de force local ce qui n’est pas notre vision du syndicalisme.

Art 8. R 421-41-4 compétence du conseil pédagogique

Lire « la coordination relative à l’évaluation des activités scolaire » mais La gestion des heures globalisées à effectifs réduits reste confiée au conseil pédagogique.

Le CP reste compétant sur l’essentiel : la mise en place de « l’autonomie », c’est-à-dire de la concurrence entre collègues de disciplines différentes et entre établissements. Seule la perspective d’une inquisition sur la notation des collègues disparaît.

Le chef d’établissement ne pourra pas imposer la première fois sa répartition en cas de désaccord avec le CA. Il devra proposer une autre répartition dans un délai court.

Les CA sauvent un peu la face, mais au final le chef d’établissement décide.

Seconde

« Une enveloppe horaire est laissée à la disposition des établissements (…). Son volume est arrêté par les recteurs sur une base de 10h30 par semaine et par division, ce volume pouvant être abondé en fonction des spécificités pédagogiques de l’établissement. »

L’administration va-t-elle longtemps s’obliger à fournir ces heures ? Assurer par ex 39 H en seconde est totalement contradictoire avec la formulation initiale de l’administration qui visait à une suppression progressive comme naguère les heures d’ IDD en collège.

Nous restons cependant totalement opposés à cette globalisation, jusqu’à un tiers de l’horaire total, qui va encore accroître les inégalités de traitement entre collègues et entre établissements.

Art 4. Enseignements d’exploration

- Enseignements d’exploration : (54 h) et pour la LV3 et langues et cultures antiquité (108H) annuelles.

Ces enseignements seraient donc annualisés ce qui laisse la porte grande ouverte au retour de la semestrialisation du projet Darcos.

Cycle terminal

- Même disposition qu’en 2nde pour l’attribution des heures globalisées à effectifs restreints.

- Histoire géographie en TS et programme 2nde – 1ère.

Avec l’annonce dans la réforme d’un nouveau programme d’histoire géographie s’arrêtant en 1ère c’est la perspective de l’épreuve de Bac anticipé pour toutes les séries et un affaiblissement d’une discipline qui contribue à former des individus critiques.

Orientation

Art 2/7/13/18. Un délai pour proposer une réorientation aux élèves à l’interne ou à l’externe

Art 11 2e alinéa

« Le dispositif de tutorat est proposé à tous les élèves » (de la seconde à la terminale)

Sans aucun moyen autre que le volontariat et les HS.

- L’accompagnement personnalisé est redéfini. Il « prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires » c’est-à-dire qu’il pourra prendre la forme de TPE.

Cet amendement aggrave le caractère illusoire et fondamentalement inégalitaire du dispositif qui n’a rien à voir avec une aide en petit groupe. En effet selon leur public les établissements devront choisir entre l’aide, l’approfondissement et maintenant l’initiation au travail interdisciplinaire.



Ensemble, pour notre métier, pour le Service Public d’Éducation

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Des suppressions de postes par dizaines de milliers !

Des réformes dévastatrices (Eple*, lycées, formation des maîtres) !

Un collège qui n’en peut plus !

Des conditions d’enseignement sans cesse dégradées !

Notre métier, nos statuts, notre liberté pédagogique remis en cause !

 

Le Snes et la Fsu appellent la profession se mobiliser massivement.

Le mois de janvier sera déterminant. Ensemble, opposons-nous au

démantèlement du Service Public d’Éducation, défendons notre métier,

exigeons une autre politique pour l’Éducation Nationale et pour ses personnels.

 

 

14 janvier, journée nationale d’action,

21 janvier, Grève Nationale du 2nd degré,

30 janvier, Grande Manifestation Nationale à Paris

 

Le gouvernement, au delà de la mise en œuvre dans l’Éducation Nationale de sa politique de suppres-sions massives de postes dans la Fonction Publique et de non remplacement d’un départ en retraite sur deux, tente d’imposer, à travers ses projets, ses réformes et ses décisions, une transformation radicale de notre système éducatif, de ses missions et de nos métiers.

 

- 16000 nouvelles suppressions de postes à la prochaine rentrée ! Dont 5200 dans les collèges et les lycées. Soit plus de 60 000 de 2003 à 2010 !

Décision qui va entraîner de nouvelles dégradations des conditions d’enseignement : classes toujours plus surchargées, regroupements antipédagogiques, suppressions d’options, de dédoublements…

Elle est d’autant moins justifiée qu’il y aura à la rentrée une remontée démographique dans le 2nd degré.

 

- Le projet de réforme des Epleaccroît considérablement les pouvoirs du chef d’établisse-ment. Celui-ci nomme le conseil pédagogique, qui devient une véritable hiérarchie intermédiaire chargée de superviser l’activité pédagogique des collègues

Le décret touche les collèges comme les lycées. Il remet en cause notre liberté pédagogique et restreint le rôle du CA. Conjugué au renforcement de l’autonomie des établissements (20% des moyens horaires gérés localement en lycée) qui menace directement les programmes nationaux et le baccalauréat, il met en place une politique de concurrence, de pilotage par le résultat et d’évaluation à la performance des personnels par le chef d’établissement.                  (Eple* : Établissement Public Local d’Enseignement : les collèges et les lycées)

 

- La réforme des lycées. Moins de qualité pour les élèves, plus de classes en charge pour les profs ! Abandon de la démocratisation et mise en place d’un lycée à plusieurs vitesses !

Cette réforme obéit à une double logique, budgétaire et idéologique : diminution des horaires disciplinaires, tronc commun en 1ère qui va créer un nouveau « gisement » … de suppressions de postes, orientation dévoyée … et lourdes menaces sur la voie technologique.

 

- En collège, on mesure déjà les effets dévastateurs de la loi Fillon. Missions nouvelles imposées, contrats d’objectifs, empilement de tâches, charge de travail sans cesse alourdie : note de vie scolaire, validation du niveau A2, du B2I, livret de compétence, histoire des arts …

Nos collègues n’en peuvent plus ! Notre métier perd son sens !

Le décret Eple* et le renforcement de l’autonomie ouvrent grande la voie à un collège à plusieurs vitesses.

- La réforme de la formation des maîtres obéit à la même logique, supprimer des postes au détriment de la qualité de la formation des futurs enseignants.

Les stagiaires verront leur temps de service allongé de 8 à 12 heures par semaine et les étudiants seront utilisés comme des moyens d’enseignement au travers des « stages en responsabilité ». Cette « réforme », qui permet de supprimer ainsi plus de 3 000 emplois, remet en cause la qualité de la formation des maîtres.

 

- Des postes au concours de recrutement inférieurs de moitié aux besoins évalués… par le ministère lui-même.

Conséquence : la pénurie de titulaires se fait de plus en plus lourdement sentir,  le potentiel de remplacement est amputé (de 25% cette année dans notre académie), et la précarité explose.

Exigeons le doublement des postes aux concours, une année pleine et entière de formation pour les lauréats des concours, la création de véritables prérecrutements et d’une allocation d’autonomie pour les étudiants.

 

- La revalorisation de notre métier ?

Une des promesses du candidat aux élections présidentielles !

Ce que propose le ministère : le strict minimum pour les débuts de carrière des certifiés recrutés au niveau master, sous réserve de la poursuite des « efforts d’amélioration de l’efficacité » (traduisez les suppressions de postes), et rien pour les certifiés en milieu et fin de carrière, rien pour les agrégés, les Cpe et le Copsy !

 

- De nouvelles menaces pèsent sur le droit à mutation pour le mouvement 2010, sur nos statuts et nos carrières.

 

- Et sur l’évaluation des personnels, en liaison directe avec le projet de décret Eple* : évaluation par le chef d’établissement, dans toutes ses dimensions (y compris pédagogique, et pour les affec-tations), avec  des « rendez-vous de carrière » (2 ou 3 fois dans la carrière), l’inspecteur n’intervenant que lors des « rendez-vous de carrière » et en cas de problème. Ce serait la fin de la double évaluation des enseignants, et la mise en place d’une politique de « management » au niveau de chaque établissement.

 

 

Il faut mettre en échec ces projets et cette politique,

imposer une autre politique pour l’École, pour ses personnels

et pour les jeunes, le retour à la priorité à l’Éducation,

une réelle ambition pour le Service Public d’Éducation et ses missions.

 

Et pour cela, toute la profession doit se mobiliser !


 

Exigeons l’arrêt des suppressions de postes,

le rétablissement des postes supprimés, l’abandon des réformes Chatel,

une autre réforme des lycées et de la formation des maîtres,

le doublement du nombre de postes aux concours de recrutement

le respect de notre métier et de nos qualifications, de nos statuts,

et du droit à mutation, l’allègement de notre charge de travail,

 une réelle revalorisation de notre métier et de nos carrières.

 

 

Participez à la Manifestation Nationale du 30 janvier, à Paris



Désobéissance pédagogique : l’appel à l’insurrection des consciences d’Alain Refalo

Article Libe.fr

Couv EN CONSCIENCE-web ÉDUCATION. Alain Refalo, 45 ans, l’instituteur de Colomiers (Haute Garonne) initiateur du mouvement de désobéissance pédagogique chez les enseignants du primaire, publie, le 14 janvier prochain, à la veille des évaluations nationales des élèves de CM2, un ouvrage consacré à cette lutte inédite dans l’Education Nationale.Malgré les sévères sanctions dont il a fait l’objet pour avoir refusé ouvertement d’appliquer les réformes de Xavier Darcos (lire libé Toulouse du 26/08/2009), il y justifie son combat en faveur de l’école publique menacée, selon lui, «par des réformes scélérates». Entretien

LibeToulouse : Votre livre s’ouvre sur un cri d’alarme sur la déprime des enseignants. Selon vous, dans quel état moral sont-ils aujourd’hui ?

Alain Refalo : Un grand désarroi règne chez les enseignants que les dernières réformes n’ont fait qu’accentuer. Ils ont le sentiment d’être méprisés, peu écoutés et en plus on ne leur fait pas confiance. La pression augmente avec la culture du résultat et de la performance qui est imposée par la hiérarchie. Alors que les difficultés auxquelles ils sont confrontés ne cessent de s’accroître, le gouvernement réduit drastiquement les moyens et supprime des dizaines de milliers de postes. Dans le primaire, l’esprit de compétition est en train de se distiller dans des dispositifs qui heurtent la conscience professionnelle de nombreux enseignants partagés entre résignation et révolte.
Le mouvement de résistance pédagogique rassemble 3 000 enseignants-désobéisseurs sur les 380 000 en poste. Est-il un épiphénomène comme le cataloguent Xavier Darcos et son successeur Luc Chatel?

Alain Refalo : 3 000 enseignants-désobéisseurs, c’est une minorité qui témoigne d’une forte résistance sur le terrain. 3 000 enseignants qui revendiquent leur désobéissance, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’enseignants qui résistent aux réformes sans l’afficher trop ouvertement. Malgré les sanctions, ce mouvement qui a été largement soutenu par les parents de nos élèves, n’a pas faibli et se poursuit. Nous avons montré que notre détermination, motivée en conscience, était capable de déjouer une répression disproportionnée. D’autant que les tribunaux administratifs nous donnent systématiquement raison.

Dans les nouveaux programmes, vous contestez l’instruction morale et civique et notamment l’apprentissage de la Marseillaise.
Alain Refalo : Les auteurs de ces programmes avaient la nostalgie de la phrase de morale inscrite au tableau noir. Si l’amélioration du comportement des enfants tenait dans ces quelques maximes apprises par cœur, cela se saurait ! Nous préférons parler d’éducation citoyenne, d’éducation au vivre ensemble. Ce n’est pas l’étude en classe de la Marseillaise qui pose problème que d’apprendre aux élèves à la chanter comme un hymne sacré et immuable. Cela s’apparente à de l’embrigadement ! Il est essentiel de resituer ce chant dans son contexte guerrier, mais également de dénoncer tout qui dans ce chant légitime la haine et la violence. C’est faire œuvre utile pour l’avenir que d’apprendre aux élèves à faire preuve de discernement et de pensée, tant vis-à-vis des paroles de la Marseillaise que des lois de la République, comme le préconisait d’ailleurs le ministre de l’instruction publique Paul Bert, en 1882. C’est pourquoi je suggère que nous rendions un grand service à la Nation en proposant aux élèves de réécrire certaines paroles de l’hymne national pour en faire véritablement un hymne à la fraternité. Car dans ce monde malade de la violence, c’est bien de fraternité dont nous avons besoin.

Pourquoi contestez-vous les évaluations nationales et que proposez-vous ?

Alain Refalo : Les évaluations nationales, telles qu’elles sont conçues, incitent les enseignants à faire du bachotage, à préparer les élèves à passer des tests formatés et simplificateurs qui ne permettront pas de les aider dans leurs difficultés. Les résultats de ces évaluations seront publiés pour alimenter des statistiques et organiser la mise en concurrence des établissements scolaires. Faire passer ces évaluations qui portent sur l’ensemble du programme en milieu d’année est une aberration pédagogique. C’est mélanger l’évaluation bilan avec l’évaluation diagnostique. Un rapport parlementaire vient d’ailleurs de dénoncer cette inconséquence. Les évaluations doivent être au service des élèves, pour organiser des remédiations utiles et non pas pour stigmatiser et classer.

Vous épinglez l’action décevante des syndicats d’enseignants, lesquels devraient, selon vous, revisiter leur logiciel de résistance.

Alain Refalo : Ils sont en retard d’une bataille. Ils sont majoritairement restés sur le mythe de 1995 lorsque les grèves et les manifestations avaient fait reculer le gouvernement Juppé. Le pouvoir a su tirer les leçons de cet échec. Il sait faire face à des mouvements de grève et ne pas reculer. Les syndicats d’enseignants sont-ils prêts à neutraliser les réformes néfastes qui déconstruisent l’école publique ou bien vont-ils continuer à s’en accommoder tout en organisant de temps en temps des journées d’action ponctuelles et sans lendemain ? La résistance par la désobéissance apporte des pistes nouvelles d’action collective sur la manière d’organiser une pression permanente sur le pouvoir, tout en mettant en œuvre des alternatives constructives au service de tous les élèves. Ce qui rend cette action très populaire. Les syndicats devraient s’en inspirer.

Dans votre livre, vous faites l’éloge de «l’insurrection des consciences qui vient».

Alain Refalo : C’est un clin d’œil à Xavier Darcos qui nous a accusés d’être manipulés par l’ultra-gauche, précisément en pleine affaire Julien Coupat ! Depuis plusieurs années, des citoyens s’engagent dans des actions de désobéissance civile, par exemple aux côtés des sans papiers et des exclus. Ces luttes contre les injustices sociales et économiques sont porteuses d’espérance. Lorsqu’un gouvernement abuse de son autorité, malmène la démocratie et les libertés publiques, l’insoumission collective non-violente m’apparaît comme la seule voie radicale, responsable et réaliste pour sortir de la «servitude volontaire» dans laquelle le pouvoir aimerait tant maintenir le peuple d’en bas. Face à la répression et la politique de la peur, la résistance non-violente est une exigence morale tout autant que politique.

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot



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