Qui fait la classe aux enfants cette semaine ?

Communiqué de presse du lundi 11 janvier 2010

Qui fait la classe aux enfants cette semaine ?


Des étudiants qui préparent le concours de recrutement de professeur des écoles depuis 3 mois sont seuls dans la classe cette semaine.

Est-ce concevable ?

Ils ne sont pas accompagnés dans leur préparation, ni dans la conduite de la classe, à l’exception d’une visite ponctuelle pour certains d’entre eux.

Est-ce acceptable ?

Ces 2 ou 4 jours de stage en responsabilité, seuls devant la classe, peuvent-ils remplacer une année de formation en alternance ?

Dans cette période transitoire, entre l’IUFM et la Masterisation, ce stage en responsabilité est une première qui laisse présager du pire pour l’avenir. 

Sa mise en œuvre occasionne des pressions et des menaces inadmissibles sur les étudiants et les professionnels (titulaires de classe, maîtres formateurs et directeurs d’école) ainsi qu’une information quasi-inexistante des parents d’élève. Ces méthodes sont indignes de l’Ecole de la République. 

Nous souhaitons une formation professionnelle qui s’appuie sur des stages encadrés par des formateurs expérimentés, présents dans la classe.

Enseigner est un métier qui s’apprend et ne s’improvise pas en 4 jours.

Nous nous opposons à ce que les élèves servent de cobayes, à ce que les enseignants n’aient pas une formation digne de ce nom.

Nous déplorons le climat de défiance, l’absence de dialogue et la négation du métier d’enseignant.

Voilà pourquoi 60 étudiants, au moins, ont refusé sur Paris de prendre la classe ce matin !

Les étudiants PE1 du comité de mobilisation de l’IUFM de Paris



Les réformes – EVALUATIONS NATIONALES: toujours sans nous !

Blog Resistance Pédagogique

APPEL DES 200 MAÎTRES CONTRE LES EVALUATIONS NATIONALES

(appel au format PDF ICI)

Au cours de l’année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 – et voulues par le Ministre Xavier Darcos – sont arrivées dans les écoles comme s’il s’agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d’élèves, et pour cause. Il s’agissait en milieu d’année scolaire d’évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n’admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l’analyse des raisons de l’échec d’un élève. Enfin, le risque d’une communication publique des résultats, et donc d’une mise en concurrence des écoles, était entier.

Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l’Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l’état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.

Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l’attribution d’une prime de 400 €, dont la répartition va à l’encontre du principe républicain d’égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d’école). Tout cela s’appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d’autres ne le font qu’après total respect de la procédure. De même, au prétexte « d »un service de fonctionnaire non fait », des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.

C’est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l’administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.

Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l’obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d’emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d’élèves, à s’opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents… Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l’administration ou à le faire sous des formes qu’elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d’entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l’intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.

Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l’éducation populaire, fédérations de parents d’élèves – qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d’eux dans l’intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l’école de la république.

Contact : Sylvain Grandserre 06 19 69 45 83 



recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES