LE LYCÉE DE LA RÉUSSITE ?

La nouvelle seconde

 

Le lycée aujourd’hui

Le lycée de la réforme

2 heures par semaine en ½ groupe (entre 15 et 17 élèves) destinées à un travail méthodologique

+

2 heures d’aide individualisée par semaine en mathématique et en français

2 heures d’accompagnement « personnalisé » en classe entière

(entre 30 et 35 élèves)

Soit 3’30’’ par élève/semaine

Soit 15’ par élève/mois pour :

L’aide individualisée, l’approfondissement, l’orientation.

 

 

L’autonomie donnée aux établissements revient à gérer la pénurie :

Les heures d’enseignement diminuent, les postes sont supprimés, et chaque établissement doit répartir les heures, en particulier celles en effectif réduit. Il n’y a plus de dédoublements. C’est alors à celui qui crie le plus fort, c’est diviser pour mieux régner.

 

 

Une réforme contre les élèves

Une réforme contre les enseignants

Une réforme contre les enseignements



«On file deux millions à Proglio et on casse le service public»

REPORTAGE

A Paris, les manifestants sont partis de la place de la République derrière une banderole «Service public, notre bien commun».

Libération.fr

Par LAURE EQUY, MARIE PIQUEMAL

La manifestation des fonctionnaires ce jeudi à Paris.

La manifestation des fonctionnaires ce jeudi à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Alors cette manif, réussite ou flop ? Cinq millions de fonctionnaires étaient appelés à se mobiliser ce jeudi contre les suppressions de poste, et «pour sauver le service public».

Selon les trois syndicats (CGT, FSU et Solidaires) qui appelaient à la journée d’action, les manifestations ont mobilisé plus de 100.000 personnes dans toute la France. A Toulouse, ils étaient entre 2000 et 2500, entre 1500 et 2000 à Rennes, et 500 à Orléans.

A Paris, la mobilisation était plutôt timide. 6.500 personnes selon la police, 15.000 selon les syndicats. «La grève est un luxe, faut pouvoir perdre un jour de salaire…», plaide une manifestante tandis qu’un autre se persuade à mi-cortège, que le «gros des troupes n’était pas encore arrivé».

«Elèves et profs floués», «Bachelot au cachot»

Education. «D’un côté, on file deux millions à Proglio, et de l’autre, on casse le service public de l’Education. C’est scandaleux» hurle Marie-Pierre, à côté d’un haut-parleur trop fort. Cette prof d’anglais dans un lycée classé ZEP à Argenteuil est dans une colère noire, notamment contre la réforme du lycée qui entre en vigueur la rentrée prochaine. «On nous vend ça derrière un habillage pédagogique, mais l’objectif est de faire des économies. C’est inacceptable. Et puis, c’est le flou artistique. Par exemple, en langues étrangères, le réforme prévoit des groupes de compétences. Ça veut dire quoi? Des groupes de niveau? Des manière de travailler différentes?»

Adossée à une voiture en attendant que le cortège démarre, Sylvie, directrice d’une école maternelle à Montfermeil, dénonce les pressions permanentes de la hiérarchie. Ces mails, ces appels incessants du rectorat pour tout et n’importe quoi. «On est rentrés dans une autre logique, dans un système de rentabilité et d’évaluation permanente. Par exemple, pour les grandes sections, les profs doivent désormais remplir un livret de compétence de 40 pages pour chaque élève. Rendez vous compte, pour des enfants de 5 ans!»

Au rayon pancartes: «Elèves et profs floués» côtoie «Bachelot au cachot», au milieu des traditionnels gros ballons syndicaux appelant à sauver les retraites et augmenter le pouvoir d’achat.

Derrière leur banderole syndicale, des agents de la fonction publique territoriale. «Contre la suppression de la taxe professionnelle parce qu’on va tous en payer les conséquences. En 2012, on va tous raquer». Pour Gérald, travaillant à la mairie de Bonneuil sur Marne, «c’est calculé. On donne de moins en moins d’argent aux services publics, comme ça ils se dégradent, et le gouvernement pourra alors dire: « on les supprime, ils sont de trop mauvaise qualité »».

Hôpitaux. «On nous parle d’identité nationale, mais l’identité française, c’est nos services publics!», s’enflamme une infirmière, fière de sa formule. En poste dans un service de gériatrie, elle dénonce les conditions de travail: «dans mon service, c’est une infirmière pour 40 patients en fin de vie. Et depuis un an, on est obligé de faire 12 heures d’affilée, voire 13h-13h30 quelques fois. On craque.» Une autre: «On est en train de détruire l’hôpital public. Où va-t-on se faire soigner demain? Les cliniques privées choisissent leurs patients. Un jeune sportif qu’il faut opérer du genou, ça rapporte plus qu’un patient âgé diabétique!»

Au milieu du boulevard Saint-Martin, entre le cortège des hôpitaux de Paris et celui de la fonction publique territoriale, trois jeunes du centre des impôts de Paris Nord. Sophie, jolie brune, prend la parole: «Avant de travailler aux impôts, je faisais du management chez Mc Do. Et il y a plein de points communs… Aux impôts, ils ont mis en place un système de statistiques pour évaluer nos performances. On a 48 heures pour répondre à un mail, un mois pour un courrier. L’objectif, c’est d’être au plus près des contribuables… Sauf que quand on se retrouve avec 2000 dossiers à gérer… C’est plus possible.»

«La gauche politique doit être là, au service du mouvement social»

«On file deux millions à Proglio et on casse le service public» dans Revue de presse

(Crédit: Reuters/ Gonzalo Fuentes)

Défiler pour la défense des services publics sans faire de l’ombre au mouvement social. En marge du premier rang de représentants syndicaux alignés derrière la banderole, quelques personnalités de gauche sont venues porter les couleurs de leurs partis. On croise Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière: elle dénonce un gouvernement, tout miel avec Henri Proglio, qui, d’un côté, «justifie» la double rémunération du PDG d’EDF, pour un montant cumulé de 2 millions d’euros, et de l’autre, «met au régime sec tout ce qui peut servir un tant soit peu à la population». Consternée par le voeu d’Eric Woerth (Budget) d’un service public «moins coûteux et plus performant», Arthaud peste contre «ces ministres vraiment dans leur monde pour ignorer qu’on manque de lits dans les hôpitaux, qu’on vit un calvaire dans les transports, faute de moyens».

«Woerth se moque du monde, c’est pas beau de prendre les gens pour des cons, tonne Jean-Luc Mélenchon, «ça se dégrade partout, le peu qu’ont les gens, ils le perdent.» Un coup d’oeil sur le cortège et le président du Parti de gauche l’admet: «mobiliser n’est pas facile, les gens ont peur. Mais la gauche politique doit être là, au service du mouvement social, pas lui tirer dans le dos…» Alors que la sortie de Martine Aubry sur la retraite à 60 ans crée des remous à gauche, Mélenchon veut enfoncer le clou, s’en prend à ceux qui «annoncent que, sur les retraites, la partie est finie et qu’on est d’accord avant même que la négociation ne commence.» «Si les politiques ne se battent plus, ça casse un peu les jambes», pointe-t-il. Apercevant le porte-parole du PS dans la manifestation, l’ex-socialiste fonce.

- «Alors, Benoît, c’est quoi la vérité? Elle l’a dit ou elle l’a pas dit?»

- «Mais non. c’est 60 ans, c’est 60 ans, sinon tu reviendras pas!»

_ «Vous l’avalerez pas celle-là, hein?!»

Foi de Benoît Hamon donc, «le PS est attaché à la retraite à 60 ans» et plaide pour «rendre plus juste et équitable notre système, en tenant compte des métiers difficiles et pénibles». Quant à la patronne du PS, elle aurait juste dit que «dans les faits, on part à 61 ou 62 ans, dans le privé.» Hamon s’arrête là pour l’explication de texte et tourne les talons. «Pas le sujet du jour.» A ses côtés, Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, accuse l’Etat, «premier licencieur malgré la crise»: «la réalité est qu’on fait chaque jour avec de moins en moins pour des résultats de pire en pire.»

Plus loin, vers la porte Saint-Martin, Marie-George Buffet distribue ses tracts Front de gauche, «100% mouvement social, service maximim au côté des luttes», répète-t-elle: «Le ministère du Budget veut faire des économies sur le dos des services publics, quitte à mettre des milliards dans les banques. C’est constant mais là on touche le noyau dur.»

 

100.000 fonctionnaires défilent dans toute la France

NOUVELOBS.COM | 21.01.2010 | 17:18

Les syndicats estiment entre 25 à 30% le taux de grévistes. Les manifestants critiquent les réformes de l’Etat et les suppressions de postes dans la fonction publique.

Les manifestants à Paris (AFP)

Les manifestants à Paris (AFP)

Quelque 100.000 personnes ont manifesté jeudi 21 janvier dans toute la France contre les réformes de l’Etat et les suppressions de postes dans la fonction publique, ont indiqué les trois syndicats CGT, FSU et Solidaires. Ils estiment entre 25 et 30% le taux de grévistes.
Pour le seul défilé parisien, les syndicats ont estimé à 15.000 le nombre de participants. La police parle elle de 6.600 personnes.
Sur l’ensemble des trois fonctions publiques -d’Etat, hospitalière et collectivités territoriales- les syndicats ont estimé entre 25 et 30% le nombre total de grévistes recensés jeudi, ont-ils indiqué à l’AFP, et à 100.000 le nombre de participants aux quelque 120 manifestations organisées dans tout le pays.
Selon le ministère de la Fonction publique, la journée de grève était suivie à la mi-journée par 12,2% des agents de l’Etat, 3,5% de ceux des collectivités locales et 2% de ceux des hôpitaux.

15.000 personnes à Paris

A Paris, le cortège de 15.000 personnes est parti de République pour se diriger vers Richelieu-Drouot derrière une impressionnante banderole de tête, porteuse de l’inscription « service public, notre bien commun, non à la RGPP [révision générale des politiques publiques, NDLR], aux suppressions d’emploi et à la mobilité, non aux réformes régressives, territoriales, lycée, formation des maîtres et LRU, culture ou hospitalière. Pour une fonction publique de qualité : créer des emplois, améliorer les salaires ».
Le secrétaire général de la FSU, première centrale de l’enseignement, Gérard Aschieri, s’est félicité d’une « mobilisation plutôt en hausse » qui « va dans le bon sens ». « C’est plutôt bon signe » a-t-il dit à l’AFP. « Le point commun entre toutes les personnes qui se mobilisent, l’explication de toutes ces réformes, c’est le désir de supprimer des postes, qu’il s’agisse de la RGPP, de la réforme des lycées, ou de la réforme des collectivités territoriales », a-t-il ajouté.

« Banquez pour nos salaires, pas pour les actionnaires »

Dans les autres villes, les grèves ont mobilisé de nombreuses personnes.
A Toulouse, 35 écoles sur 119 étaient fermées et seulement une cinquantaine d’enfants ont été accueillis dans le service d’accueil obligatoire que la mairie a dû mettre en place après sa condamnation par le tribunal administratif. Entre 2.500 et 5.000 personnes ont défilé dans les rues de la ville. « Banquez pour nos salaires, pas pour les actionnaires », réclamaient des fonctionnaires du Trésor, tandis que les futurs professeurs des écoles dénonçaient la suppression de l’IUFM (Institut de formation des maîtres).
A Marseille, où 170 écoles primaires sur 450 étaient fermées, 8.000 personnes (2.400 selon la police) ont défilé en musique derrière une banderole proclamant : « Services publics: notre bien commun pour l’emploi, les salaires, les statuts, les retraites ».
Ils étaient également entre 1.500 personnes et 4.000 à Montpellier.
A Nice, deux militants du SNUipp-FSU, portant chacun un masque représentant Nicolas Sarkozy et des pancartes « Casse-toi, pauvre con », ont été brièvement interpellés par la police lors d’une manifestation qui a réuni 1.200 selon la police, 1.500 selon les organisateurs.

« Les services publics ne sont pas des pompes à fric »

A Bordeaux, seulement 700 enfants ont été accueillis dans les écoles. Entre 1.500 et 5.000 manifestants ont défilé dont des enseignants, fonctionnaires hospitaliers, employés du Conseil général de la Gironde, une coordination santé départementale ainsi que des étudiants.
A Pau, le défilé a réuni entre 1.300 et 1.800 personnes, et à Bayonne le cortège, où se distinguait un groupe d’agents hospitaliers, a rassemblé entre 750 et 1.500 personnes.
A Clermont-Ferrand, 3.500 manifestants selon les syndicats, 1.300 selon la police, ont scandé au son de l’accordéon: « Les services publics sont pas des pompes à fric, c’est notre capital, ne les laissons pas aux multinationales ! ». Des agents administratifs du CHU avait écrit sur une pancarte : « aujourd’hui pour vous soigner il faut ça », sous la photographie d’une carte Vitale, « demain il faudra ça », sous celle d’une carte bancaire.
A Lyon, entre 2.400 et 4.000 personnes ont défilé.
A Strasbourg, la manifestation contre « toutes les politiques qui visent à faire des économies budgétaires et non à réformer le service public », a rassemblé entre 340 et 500 participants.
Dans l’ouest, des défilés ont également réuni entre 1.500 personnes et 3.500 personnes à Rennes, entre 1.500 et 1.800 à Nantes, entre 800 et 1.000 à Saint-Brieuc, entre 750 et 1.500 à Caen, et un millier à Saint-Nazaire.

(Nouvelobs.com avec AFP et AP)

 

 

Faible mobilisation des fonctionnaires contre les suppressions de postes

 
           
 

La journée d’action et de grève des fonctionnaires contre les suppressions de postes et les réformes de l’Etat en cours était suivie jeudi 21 janvier à la mi-journée par 12,2 % des agents de l’Etat, 3,5 % de ceux des collectivités locales et 2 % de ceux des hôpitaux, selon le ministère de la fonction publique. Des chiffres bien inférieurs à ceux de la dernière journée d’action interprofessionnelle, le 19 mars 2009, quand le taux de grévistes avait atteint 26 % dans la fonction publique d’Etat, 15 % dans les collectivités territoriales et 18,4 % dans les hôpitaux.

Environ cinq millions de fonctionnaires étaient appelés à participer à cette grève nationale par trois syndicats, la CGT, Solidaires et la FSU. Les syndicats CFDT et UNSA ne se sont joints à eux que dans l’enseignement et l’équipement. Environ 120 manifestations étaient organisées, dont trois grandes à Paris, Lille et Toulouse, a indiqué la CGT.

Les appels à la grève, principalement contre les suppressions de postes, étaient nombreux dans l’éducation, avec même un préavis national de la CFDT pour l’enseignement privé. Dans le public, le ministère a fait état de 14,36 % de grévistes à la mi-journée, dont 15,57 % parmi les enseignants : 17,69 % des professeurs du primaire et 13,78 % de ceux du secondaire. Le SNUIPP-FSU, principal syndicat dans le premier degré, y a fait fait état d’un tiers de grévistes. Le premier syndicat du second degré, le SNES-FSU, a lui fait état de « plus de 40 % » de grévistes dans les collèges et lycées, en progression par rapport à la grève du 24 novembre. Il reproche au ministère de calculer le nombre des grévistes en rapportant les absents à l’ensemble des personnels, qu’ils soient en exercice ou non le jour de la grève.

ÉDUCATION, HÔPITAUX, FONCTION TERRITORIALE, PÔLE EMPLOI…

Les parents d’élèves de la FCPE et deux syndicats lycéens ont appelé ensemble à des assemblées générales. Dans les universités, l’UNEF (étudiants) et dix-neuf syndicats ont appelé à manifester contre la réforme du recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées.

Dans les hôpitaux, les suppressions de postes, mais aussi la création controversée d’un ordre des infirmiers, alimentent la grogne. Les syndicats des fonctionnaires territoriaux protestent contre les « projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut » de fonctionnaire. Enfin, le regroupement en deux ou trois grandes directions des nombreux services de l’Etat dans les départements inquiète tout particulièrement les salariés de l’équipement et de la répression des fraudes. A Pôle emploi, les agents franciliens sont appelés à la grève.

Pour sa part, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, reconnaît « que cent mille emplois de fonctionnaire ont disparu depuis 2007″ mais cite en exemple des administrations d’autres pays « fonctionnant avec moins de fonctionnaires, avec une bonne qualité de service public ».

 

Services publics : les effectifs fondent comme neige au soleil

L’Humanité.fr

Dans l’enseignement, les hôpitaux ou les collectivités locales : cinq millions de fonctionnaires sont appelés à une grève nationale contre la casse organisée du service public. Reportage en Haute-Normandie

Rouen (Seine-Maritime), correspondance.

« Comme bon nombre de salariés du public, je suis en grève aujourd’hui, car je n’en peux plus », lâche fatigué, Didier Lecanu, agent de la direction interdépartementale des routes (DIR) du secteur Nord-Ouest du territoire français, qui a succédé à l’ancienne direction départementale de l’équipement (DDE). Et des griefs, cet agent, également secrétaire de la section départementale CGT des personnels des réseaux et des infrastructures, en a à revendre. « C’est de pire en pire. On voudrait nous vider de notre savoir-faire qu’on ne s’y prendrait pas mieux », peste le syndicaliste, qui critique ouvertement les conséquences des différentes lois de décentralisation qui se sont succédé jusqu’à présent. « Désormais les routes départementales et certaines nationales sont gérées directement par les conseils généraux, qui ont leurs propres agents d’intervention. Et pour ne rien arranger, l’État, dont nous dépendons (la DIR dépend du ministère de l’Environnement ‚ NDLR), confie bon nombre de nos missions à des sociétés privées, et nous laisse ce qui ne rapporte pas, c’est-à-dire l’entretien des aires de repos, la protection des chantiers, l’intervention sur des pannes, des accidents, la signalisation, le fauchage », s’irrite-t-il. Et d’ajouter d’emblée, « que le ministère ose parler de notre réseau d’entretien comme d’un réseau d’excellence, c’est se moquer des usagers ».

Pour l’homme, c’est le service public de l’entretien des routes qui fond comme neige au soleil. « Et justement là, au moment des fortes intempéries de neige, on nous a demandé d’être performants pour dégager au plus vite les routes et les sécuriser », affirme-t-il d’un ton qui en dit long sur son ras-le-bol et son état de découragement. « Je n’en peux plus », lâche-t-il. « J’ai cinquante-huit ans et j’ai décidé de prendre ma retraite à la fin de l’année, alors que je pourrais aller jusqu’à soixante ans, mais je n’en peux plus », répète-t-il plusieurs fois. « Je fais ce métier depuis 1976 et la situation n’a jamais été pire qu’aujourd’hui, au point de me dire que, si c’était à refaire, je ne recommencerais pas à cause des conditions de travail qui sont les nôtres maintenant. » Didier Lecanu précise ses propos. « Dans mon équipe on est passés de quinze à six agents en trente ans. Nos effectifs sont en baisse constante. La qualité s’en ressent, s’emporte-t-il. Alors, surtout au moment des intempéries comme celles qu’on vient de connaître, la direction n’hésite pas à rappeler les gars sur leurs congés, leurs repos, y compris ceux qui viennent de faire des astreintes. »

On pourrait alors penser que les salaires sont au moins à la hauteur des exigences. « Pas du tout », s’insurge Didier Lecanu, qui manifeste aujourd’hui aussi pour dénoncer la perte de pouvoir d’achat. Fonctionnaire d’État, après trente-quatre ans d’ancienneté, il perçoit 1 806 euros brut par mois (et 1 200 euros brut à la retraite) et les différentes primes n’ont pas été réévaluées depuis au moins trois ans. Pas cher payé pour un métier qui requiert une disponibilité vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. « Et les nouveaux débutent au smic », ajoute-t-il. Il espère donc que tous ses collègues cesseront le travail pour exprimer leur colère mais aussi leurs revendications nombreuses en termes de salaire et de statut. Pour le syndicaliste, son métier est d’ailleurs sur ce dernier point à un tournant majeur. Le risque est en effet grand que les agents de la DIR soient, dans un avenir proche, amenés à travailler en détachement, pour des sociétés privées concurrentes et qu’ils soient dans l’obligation, au bout d’un certain temps, de choisir entre le secteur public et le privé.

Et la goutte d’eau pour Didier Lecanu est l’attitude de certains usagers de la route, pour lesquels il a le sentiment pourtant de travailler. « On a parfois des réflexions désagréables quand on est arrêtés en bordure de route. Certains nous klaxonnent, nous traitent de fainéants. Les routiers sympas ne le sont pas toujours. Ils nous jettent des papiers, des cartons, alors que nous sommes en train de nettoyer les voies. Tous ces gens sont pourtant contents de nous trouver quand ils sont dans le besoin. »

Á défaut de faire évoluer les mentalités sur son travail, il espère au moins faire entendre les revendications de son secteur et de son syndicat, qu’il portera fièrement. Son esprit syndicaliste est, lui, resté intact.

Frédéric SEAUX

 

 

 

 

 

 



Journée d’action dans la fonction publique

Une journée d’action et de grève des fonctionnaires, contre les suppressions de postes et les réformes de l’Etat en cours, doit provoquer, jeudi 21 janvier, des perturbations dans l’enseignement, les hôpitaux, l’équipement ou les services communaux. Environ cinq millions de fonctionnaires sont appelés à participer à cette grève nationale par trois syndicats, la CGT, Solidaires et la FSU. Les syndicats CFDT et UNSA ne se joignant à eux que dans l’enseignement et l’équipement.

« Environ 120 manifestations sont organisées, le plus souvent le matin en province », dont trois grandes à Paris, Lille et Toulouse, a indiqué la CGT. Les appels à la grève, principalement contre les suppressions de postes, seront nombreux dans l’éducation, avec même un préavis national de la CFDT pour le privé. Dans le primaire public, près de 20 % des enseignants (selon le ministère) et 33 % (selon la FSU) entendent faire grève.

ÉDUCATION, HÔPITAUX, FONCTION TERRITORIALE, PÔLE EMPLOI…

Les parents d’élèves de la FCPE et deux syndicats lycéens ont appelé ensemble à des assemblées générales. Un rassemblement est prévu à Paris, place de la Sorbonne à 10 heures. Dans les universités, l’UNEF (étudiants) et dix-neuf syndicats appellent aussi à manifester contre la réforme du recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées.

Dans les hôpitaux, les suppressions de postes, mais aussi la création controversée d’un ordre des infirmiers alimente la grogne. Les syndicats des fonctionnaires territoriaux protestent contre les « projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut » de fonctionnaire. Enfin, le regroupement en deux ou trois grandes directions des nombreux services de l’Etat dans les départements inquiète tout particulièrement les salariés de l’équipement et de la répression des fraudes. A Pôle emploi, les agents franciliens sont appelés à la grève.

Pour sa part, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, reconnaît « que cent mille emplois de fonctionnaire ont disparu depuis 2007″ mais cite en exemple des administrations d’autres pays « fonctionnant avec moins de fonctionnaires, avec une bonne qualité de service public ».

 



Thème du jour : grève et manifestations

France



Manifestation Départementale de défense des services publics à Nîmes le 21 Janvier 2010

A l’APPEL de la FCPE du Gard et de la FCPE Nationale,
Nous vous appellons a rejoindre la

Manifestation Départementale de défense des services publics

et de refus des suppressions de postes dans l’éducation nationale

Jeudi 21 AVRIL 2010

14H30 à la Maison Carrée, NÎMES

La suite des explications sur cet appel et d’autres informations sur le  blog à cette adresse :

http://fcpe30.canalblog.com/

Pour la FCPE du Gard
Luc Dardonville



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