A Jean-Michel, la réforme du lycée inquiète les profs

le 21.01.2010 04h00

Article Le progres

Des élèves et enseignants du lycée Jean-Michel participeront à la manifestation prévue cet après-midi au départ de la place de la Liberté / Archives Philippe Trias

S’ils trouvent les objectifs de la réforme « louables », des enseignants de l’établissement seront bien au rendez-vous cet après-midi sur la place de la Liberté pour manifester leur mécontentement. Ils déplorent un manque de moyens.

Un accompagnement personnalisé, plus d’autonomie, un bagage économique et social plus riche… Sur le papier, les élèves ont tout à gagner avec la réforme du lycée portée par le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel. Selon un récent sondage (1), 77 % des parents y seraient favorables. De leur côté, en revanche, les enseignants grincent des dents et tentent de se faire entendre.

Au lycée Jean-Michel, qui accueille 1 120 élèves, l’inquiétude est grande au moment de préparer la rentrée des élèves de seconde, qui essuieront les plâtres dès 2010. « Les objectifs de la réforme sont louables, mais quand on regarde de plus près, les conditions de mise en œuvre et les moyens alloués ne permettent pas de les atteindre », explique Céline Grandclément, professeur de Sciences économiques et sociales.

Un accompagnement pas si personnalisé…

 

Parmi les mesures phares de la réforme, les deux heures hebdomadaires d’accompagnement personnalisé. Un dispositif qui prévoit d’apporter, selon les besoins de l’élève, un soutien dans les matières où il est en difficulté, des méthodes de travail, une aide à la définition de son projet d’orientation…

« Nous sommes complètement favorables à un accompagnement de ce type, souligne Isabelle Bardout, professeur d’Histoire-géographie. Mais nous nous sommes aperçus que nous ne disposions pas des moyens réels pour mettre ça en œuvre. Ce qui se profile dans notre établissement, ce sont des groupes-classes de 33 élèves.

Apprendre à connaître chacun d’entre eux et identifier leurs besoins dans des domaines aussi variés n’est pas réalisable dans ces conditions ! »

Les enseignants estiment qu’il faudrait tabler sur des groupes d’une dizaine d’élèves. Et regrettent par ailleurs que les dédoublements de classes, qui leur permettaient de travailler quelques heures par semaine par petits groupes (pour les cours de sciences ou de langues par exemple), ne soient plus garantis mais laissés à l’appréciation des établissements.

Des problèmes « concentrés » dans la filière ES

 

« La réforme souligne l’importance de donner à chaque élève un bagage d’actualité, les clés pour comprendre l’environnement dans lequel il évolue. Mais dans le même temps, l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES), qui reste optionnel, passe de 2 h 30 à 1 h 30 par semaine en seconde », s’agace Céline Grandclément. Avant d’ajouter que d’après les projections, au lycée Jean-Michel ces cours devraient être dispensés devant des classes de plus de trente élèves. « Cela ne nous donne ni le temps ni les conditions pour transmettre des connaissances et des méthodes. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une matière nouvelle pour ces élèves qui entrent au lycée, et qu’elle peut paradoxalement devenir leur discipline principale l’année suivante s’ils s’orientent en filière Économique et sociale (ES). »

« On a vraiment l’impression que les problèmes sont concentrés dans cette filière, poursuit-elle. L’option Sciences politiques, qui est suivie cette année par 70 élèves, va être supprimée. En terminale, on perd encore une heure de SES (plus que 5 heures par semaine), et l’enseignement de spécialité perd également une demi-heure. »

Marie Kaemaerlen, professeur d’anglais, renchérit : « Jusqu’à présent, les élèves pouvaient choisir une langue de complément (ex- « anglais renforcé », NDLR). Cette option, qui concerne un quart de nos élèves (une vingtaine en première et autant en terminale, NDLR), va être supprimée. Ils n’auront que 4 h 30 de cours par semaine au total pour leurs deux langues en première, 4 heures seulement en terminale. Cela va désavantager ceux qui sont forts dans ce domaine et pénalisera ceux qui se destinent aux carrières commerciales par exemple. » Les enseignants estiment que « la filière ES va payer le prix fort », alors qu’ « elle obtenait de très bons résultats ». « À Jean-Michel, 88 élèves se sont présentés au Bac ES l’an dernier. 84 ont été admis, soit 96 %, dont sept avec la mention Très bien. Ce sont des élèves qui s’insèrent bien ensuite dans l’enseignement supérieur et sur le marché du travail », conclut Céline Grandclément.

Cloé Makrides

cmakrides@leprogres.fr

(1) Sondage CSA réalisé les 6 à 7 janvier auprès de 1 007 personnes, à la demande du ministère de l’Éducation.

 



Les agents et les citoyens doivent être entendus !

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Succès de la mobilisation du 21 janvier dans la Fonction publique :

Les agents et les citoyens doivent être entendus !

 

 

A

 l’évidence, ce 21 janvier constitue une nouvelle étape importante de mobilisation dans la Fonction publique.

 

A l’initiative de la FSU, de SOLIDAIRES et de la CGT, cette journée d’actions, de grève et de manifestations a connu un large succès. Dans de nombreux territoires, dans plusieurs professions, d’autres organisations syndicales avaient appelé à se joindre au mouvement.

 

Les taux de grévistes ridicules annoncés par les autorités participent d’évidence d’une entreprise de désinformation.

 

Avec près de 130 manifestations et rassemblements sur toute la France, ce sont largement plus de 100.000 manifestants qui ont, en descendant dans la rue, réaffirmé leur opposition à la politique de démantèlement tous azimuts menée dans les 3 versants de la Fonction publique. Nos organisations constatent notamment une mobilisation conséquente dans les communes de petite et moyenne importance, ce qui atteste d’un fort attachement aux services publics. En dépit d’inégalités parfaitement compréhensibles, les taux de grévistes ont été également particulièrement significatifs (25 à 30 % sur l’ensemble de la Fonction publique).

 

La journée du 21 janvier et celles qui l’ont précédée ont été l’occasion de multiples initiatives de sensibilisation en direction des usagers. Les échanges entre agents publics et usagers ont confirmé que ces derniers, dans leur immense majorité, désapprouvent la politique gouvernementale de casse de la Fonction publique.

 

Le Président de la République, le Premier ministre, le ministre en charge de la Fonction publique ne peuvent demeurer sourds aux légitimes exigences exprimées à nouveau aujourd’hui, et soutenues par la majorité des citoyens.

 

Ce sont de toutes autres orientations, conformes aux besoins de toute la population et à l’intérêt général, qu’il faut immédiatement mettre en œuvre.

 

Si, de manière urgente, les salariés et les usagers n’étaient pas entendus, nos trois organisations en tireraient toutes les conséquences et prennent déjà date pour, dans l’unité la plus large, renforcer encore le mouvement en n’excluant aucune forme d’action. Elles appellent, en ce sens, les personnels à se réunir pour envisager les suites éventuelles.

Elles soutiennent les initiatives d’ores et déjà programmées qui s’inscrivent dans le processus de mobilisation.

 

 

 

Paris, le 21 janvier 2010



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