Formation des enseignants bradée ! Des élèves sacrifiés !

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Le ministère ne sait plus quoi inventer pour récupérer des postes

 

Le ministère avait imposé, contre l’avis de tous, d’augmenter à 2/3 de service la durée hebdomadaire du service en responsabilité des stagiaires du 2nd degré reçus à un concours de recrutement (Capes, agrégation, Caplp, professeurs d’EPS).

Décision déjà particulièrement grave car elle amputait très lourdement la formation pédagogique des stagiaires. Mais cela ne suffisait pas pour récupérer 3000 des postes supprimés au budget !

                 

Le rectorat de Montpellier vient de rendre public lors du dernier CTPA  le dispositif retenu dans notre académie pour appliquer la dernière invention  du ministère : les stages « massés ». A quelques aménagements éventuels près, ce dispositif sera appliqué à la prochaine rentrée.

 

Un service complet (4 ou 5 classes) pour les stagiaires la plus grande partie de l’année !

 

A la prochaine rentrée, les stagiaires reçus aux concours de recrutement des lycées et des collèges seront affectés sur un service complet, soit 4 ou 5 classes, comme les professeurs titulaires, alors qu’ils étaient, jusqu’ici, affectés sur des supports inférieurs à un demi-service, correspondant généralement à 2 classes, créés spécifiquement pour eux, en fonction de la présence d’un tuteur.

Jusqu’à la Toussaint, les stagiaires seront en responsabilité dans leurs classes, pour un service complet, en présence de leur tuteur. Durant ces 6 semaines, le tuteur sera remplacé dans ses propres classes, par un TZR s’il reste des TZR disponibles (leur nombre a été amputé de plus de 25%) ou par un contractuel.

De la Toussaint au mois de février, chaque stagiaire assurera seul un service complet.

 

Une décision qui sacrifie la formation des stagiaires et les élèves.

 

En février, le stagiaire suivra une formation pédagogique de 5 ou 6 semaines (Iufm, université … ?).

Le rectorat lancera un appel d’offre pour choisir « l’opérateur » chargé d’assurer cette formation.

Le stagiaire sera alors remplacé dans ses classes par … un étudiant, admissible au concours de recrutement, dans le cadre des stages « 108 heures ».

          Puis, jusqu’à la fin de l’année, il assurera seul un service complet dans ses classes.

 

Pour « étoffer le dispositif » le rectorat va demander aux établissements de prévoir une journée dans l’emploi du temps des stagiaires – qui reste celui d’un service complet – afin qu’ils puissent suivre ce jour-là … des formations pédagogiques !

Incroyable … mais vrai !

 

On imagine ce que sera la première année pour ces jeunes collègues, sortant de l’université et débutant dans le métier, les problèmes auxquels ils vont être confrontés, les risques que ce dispositif leur fait courir, la faiblesse de leur formation professionnelle, les difficultés pour préparer leurs cours, gérer leurs classes et suivre en plus la journée hebdomadaire de formation !

Quant aux élèves, 30 000 au moins d’entre eux (4 ou 5 classes de 30 élèves pour 250 stagiaires dans notre académie en moyenne) changeront plusieurs fois de professeurs, avec pour l’essentiel un stagiaire et … un étudiant.

Les tuteurs eux, ne prendront leurs classes … qu’à la Toussaint !

 

Que le ministère puisse monter une telle usine à gaz montre son ignorance et le mépris dans lequel il tient la formation des enseignants, ainsi que l’importance réelle que le gouvernement attache à l’intérêt des élèves et à la qualité de l’enseignement.


 



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