Chatel : «Un enseignement en économie pour tous»

Article Le Figaro

Popos recueillis par Christine Ducros, Marie-Amélie Lombard-Latune, Marie-Estelle Pech, Natacha Polony
26/01/2010 | Mise à jour : 20:19
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«La crise a décuplé nos besoins de connaissances en économie.»
«La crise a décuplé nos besoins de connaissances en économie.»

Le ministre dévoile les contenus des nouveaux programmes pour la seconde.

Chatel : «Un enseignement en économie pour tous» dans Actualités coeur-LE FIGARO. – L’une des nouveautés de la classe de seconde qui se mettra en place à la rentrée 2010 est l’enseignement de l’économie, désormais obligatoire. Pourquoi ce changement ?

Luc CHATEL. - Il s’agit d’un marqueur important de la réforme du lycée. La philosophie première en est la suivante : un enseignement en économie pour tous. L’apprentissage de l’économie permet de décrypter le monde d’aujourd’hui, et c’est bien ce qui manquait jusqu’à présent au lycée. D’autant que la crise a décuplé nos besoins de connaissances en économie. Les Français le demandent. Une grande nouveauté de la réforme est de proposer aux élèves d’explorer un domaine sans pour autant déterminer leur orientation future. Ainsi les élèves pourront explorer l’économie au travers de deux enseignements, «sciences économiques et sociales» et «principes fondamentaux de l’économie et de la gestion».

Pourquoi deux enseignements différents ? N’y a-t-il pas le risque de les voir fonctionner comme une pré-orientation ?

Nous avons voulu maintenir la dimension sociologique qui animait les «sciences économiques et sociales» (SES). Mais les programmes seront remaniés. Et nous avons ajouté un autre enseignement : «principes fondamentaux de l’économie et de la gestion», davantage tourné vers l’organisation des systèmes, la découverte des grandes notions… Il s’agira de donner les fondamentaux à des élèves qui, peut-être, ne feront plus d’économie par la suite. Nous nous sommes appuyés, entre autres, sur le rapport remis à Xavier Darcos en juillet 2008 par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, qui préconisait de faire davantage appel aux fondamentaux et de séparer l’économie et la sociologie dans le cadre des SES. Nous veillerons à ce que les deux offres soient proposées à tous les élèves, et nous faisons même le pari que les élèves intéressés par l’économie prendront les deux. Les professeurs de SES et les professeurs d’économie-gestion se répartiront les enseignements. Et il est bien clair que le choix d’un enseignement ne détermine absolument pas l’orientation future et qu’ils donnent tous deux accès à toutes les filières.

L’association des professeurs de sciences économiques et sociales proteste et menace de «désobéissance citoyenne», au motif que l’enseignement d’économie serait désormais cantonné à «l’apprentissage d’outils abstraits» éloignés des «questions de société» et «marginaliserait les autres sciences sociales». Qu’est-ce qui a présidé aux arbitrages actuels ?

Jusqu’à présent, seuls 43 % des élèves suivaient l’enseignement de SES en seconde. Désormais, tous auront à choisir deux enseignements d’exploration, dont au moins un en économie, ce qui équivaut à 54 heures dans l’année pour tous les élèves : c’est conséquent, et c’est davantage, par exemple, qu’un enseignement semestriel en première année d’université (36 heures). Quant aux programmes, ils ont été élaborés par deux commissions indépendantes. La commission de SES regroupait notamment Christian de Boissieu, président du Conseil d’analyse économique, le sociologue François Dubet et également le président de l’Apses, l’association des professeurs de SES, Sylvain David. Celle de Pfeg accueillait notamment Jean-Louis Mucchielli, professeur à Paris-I, président du jury de l’agrégation de SES, et Richard Foechterle, trésorier de l’Apceg, l’Association des professeurs de communication et économie et gestion.

Accepterez-vous des modifications substantielles ?

Ces commissions pluralistes m’ont remis leurs travaux la semaine dernière. Leurs propositions seront mises en ligne sur le site du ministère jusqu’au 12 mars pour que les enseignants se les approprient et puissent éventuellement suggérer quelques ajustements. Désormais, les programmes sont plus précis, plus détaillés. On peut avoir des divergences sur les questions économiques. Mais il y a en économie un langage commun. Il faut savoir ce que sont des prix, un marché… À l’enseignant d’expliquer qu’il y a plusieurs façons de faire, que le rôle de l’État peut-être plus ou moins important. Ce sont avant tout des notions qu’il faut assimiler. Les manuels seront donc rédigés dans ce sens. À partir de 2011, la nouvelle première entrera en vigueur, et la filière ES comportera deux enseignements d’approfondissement – économie approfondie et sciences sociales et politiques. Nous avons abordé la réforme de manière globale, et nous avons, dès le début, respecté les grands équilibres disciplinaires, justement pour éviter un combat entre les disciplines. Personne n’est sacrifié.

 



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