La FCPE, l’UNL et la FIDL appellent les parents et les lycéens à se mobiliser le 21 janvier 2010 !

La FCPE, l’UNL et la FIDL appellent les parents et les lycéens à se mobiliser le 21 janvier 2010 !  dans Associations de Parents manifestation_lycens_paris_2005-02-11

Le 21 janvier, journée de mobilisation dans la Fonction publique, sera le moment pour la FCPE, l’UNL et la FIDL  de rappeler une fois de plus leur attachement à des services publics laïques, gratuits et efficaces.

 

Le gouvernement va droit dans le mur !

La politique dogmatique du gouvernement casse l’ensemble des services publics et en particulier le service public d’éducation. Cette liquidation n’est pas une « réforme » ou une « révision générale » mais un véritable bond en arrière!

Les attaques portées au service public d’éducation en matière de budget sont un danger sans précédent pour l’avenir des jeunes de notre pays. Les 50 000 postes d’enseignants supprimés depuis 2007 ont des conséquences très lourdes : classes de plus en plus chargées, options supprimées, remplacements non assurés, dégradation croissante des conditions de vie et de travail des élèves.

La suppression de la sectorisation, vecteur d’inégalités sociales et scolaires accrues au sein des établissements vient aggraver la situation déjà délicate pour nombre d’établissements scolaires.

La réforme de la formation des enseignants voulue par le gouvernement relève d’un recul sans précédent pour ceux qui aspirent à cette carrière comme pour les élèves des générations futures. En effet, il n’est pas possible d’enseigner sans véritable formation professionnelle, pédagogique et psychologique basée sur des heures d’enseignement, des stages obligatoires et des épreuves au concours.

La FCPE, l’UNL et la FIDL dénoncent les conséquences d’une réforme qui n’atteindra qu’un seul objectif en 2010 : la suppression de 18 000 postes dans l’Education nationale.

Elles tiennent à rappeler au ministre de l’Éducation nationale ainsi qu’au président de la République qu’aucune réforme du Lycée ne peut être applicable et efficace dans un tel contexte.

Une autre politique est nécessaire pour la cohésion de notre modèle de société !

Alors que la crise économique et sociale que nous subissons exige des réponses claires, la politique gouvernementale va à contresens des besoins et des attentes des citoyens.

Croire en l’avenir impose d’investir massivement dans l’éducation afin de donner un véritable droit à l’avenir aux jeunes plutôt que privilégier la réussite de quelques-uns au détriment  d’une formation de qualité pour tous les jeunes de notre pays.


C’est pourquoi la FCPE, la FIDL et l’UNL demandent :

– La mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement et de formation de personnels enseignants et non enseignants dans les établissements publics.

- La mise en place d’un chantier pour rétablir une cohérence avec une véritable  sectorisation et une offre de formation correspondante.

- L’abrogation des décrets dits de masterisation et une augmentation des temps de formation pédagogique et psychologique théorique et pratique pour tous au sein d’une nouvelle réforme de la formation des enseignants.

Afin de défendre l’ensemble des services publics pour une éducation et une formation de qualité, la FCPE, la FIDL et l’UNL appellent tous les lycéens et les parents d’élèves à rejoindre sur cette plateforme les manifestations le 21 janvier 2010 et à organiser des assemblées générales communes au sein des établissements scolaires.



Formation des maîtres : une décision hallucinante !

Logo SNES

Décidemment, le ministère ne sait plus qu’inventer pour supprimer des postes.
Dernières « victimes » de sa politique, la formation des stagiaires, les stagiaires lauréats des concours eux-mêmes, et les élèves.
On se souvient que le ministère avait imposé, contre l’avis de tous, d’augmenter de 8 à 12 h la durée hebdomadaire du service en responsabilité des stagiaires du 2nd degré reçus à un concours de recrutement (Capes, agrégation, Caplp, professeurs d’EPS). Décision déjà particulièrement grave car elle amputait très lourdement la formation pédagogique des stagiaires.
Mais qui ne lui suffisait pas pour atteindre les 3000 et quelques suppressions de postes décidées au budget.

Lors du dernier CTPA, le rectorat de Montpellier a présenté le dispositif qu’il a retenu dans notre académie pour appliquer la dernière « invention » du ministère : les stages « massés », celui-ci laissant le soin à chaque rectorat de l’appliquer techniquement sur le terrain.
La très grande majorité des académies (toutes ?) adoptent des dispositifs comparables.

A la rentrée, les stagiaires reçus aux concours de recrutement du 2nd degré seront affectés sur un poste « normal » (de 18h) « pas trop éloigné » d’un des 3 sites IUFM, qui serait pris sur l’ensemble des postes disponibles pour le mouvement intra-académique (rappelons que les stagiaires étaient, jusqu’ici, affectés sur des supports de 8h créés spécifiquement pour eux).
Jusqu’à la Toussaint, les stagiaires seront en responsabilité dans leurs classes, pour un service de 18h, en présence de leur tuteur. Durant ces 6 semaines, le tuteur sera remplacé dans ses propres classes, par un TZR s’il reste des TZR disponibles, ou par un contractuel.
De la Toussaint au mois de février, chaque stagiaire assurera seul son service de 18h.
En février, il suivra une formation pédagogique de 5 ou 6 semaines (Iufm, université … ? Le rectorat lancera un appel d’offre pour choisir « l’opérateur » chargé d’assurer cette formation).
Il sera alors remplacé dans ses classes par … un étudiant en M2, admissible au concours de recrutement et volontaire dans le cadre des stages « 108 heures ».
Puis, jusqu’à la fin de l’année, le stagiaire assurera seul son service de 18h dans ses classes.
Enfin pour étoffer un dispositif dont il semble mesurer la légèreté pédagogique, le rectorat va demander aux établissements de prévoir une journée « sans cours » dans l’emploi du temps des stagiaires – qui reste de 18h – afin qu’ils puissent suivre ce jour-là des formations pédagogiques.

Incroyable … mais vrai ! A quelques aménagements éventuels près, c’est bien là le dispositif retenu pour « former » les futurs professeurs !

Est-il besoin de longs commentaires ? On imagine sans peine ce que sera la première année de ces collègues débutant dans le métier quand on connaît les difficultés rencontrés par les actuels stagiaires qui ont un service de  8h en responsabilité, les problèmes innombrables auxquelles ils vont être confrontés, les risques que ce dispositif leur fait courir, la faiblesse de leur formation professionnelle, les difficultés pour préparer leurs cours, gérer leurs classes …
Quant aux élèves, 30000 au moins d’entre eux (250 stagiaires, 4 ou 5 classes de 30 élèves chacun) changeront plusieurs fois de professeurs, avec pour l’essentiel un stagiaire et … un étudiant. Les tuteurs prendront leurs classes … à la Toussaint. Les mutations seront amputées de 250 postes !

Que le ministère puisse concocter une telle usine à gaz montre à la fois l’ignorance et le mépris
dans lequel il tient notre profession, ainsi que l’importance réelle que le gouvernement attache à l’intérêt des élèves et à la qualité de l’enseignement.

C’est une nouvelle pièce qui vient s’ajouter à l’ensemble des décisions, projets et réformes (lycées, charge de travail en collège, décret Eple, formation des maîtres, droit à mutation, évaluation des personnels …) mis en place par le ministère pour supprimer des dizaines de milliers de postes (plus de 60000 depuis 2003) et tenter d’imposer des transformations radicales de notre système éducatif, la remise en cause de ses missions et de notre métier (se reporter à l’US, au dernier numéro de Montpellier-Snes et au modèle de tract ci-joint).

Les semaines à venir seront déterminantes.
Face à cette politique dévastatrice, la mobilisation de toute la profession est indispensable.
Ensemble, exigeons une autre politique pour le Service Public d’Éducation, pour nos élèves et pour notre métier.
Menons, dans tous les établissements, une vaste campagne en direction des parents, de l’opinion publique, des élus et des media.
Multiplions les actions dans chaque établissement.
Le 21 janvier, mettons-nous massivement en grève et manifestons dans les départements.
Le samedi 30 janvier à Paris, participons par dizaines de milliers à la Manifestation Nationale pour l’École.

Bien cordialement
Le secrétariat académique du Snes

Participez à la Manifestation Nationale du 30 janvier à Paris



Qui fait la classe aux enfants cette semaine ?

Communiqué de presse du lundi 11 janvier 2010

Qui fait la classe aux enfants cette semaine ?


Des étudiants qui préparent le concours de recrutement de professeur des écoles depuis 3 mois sont seuls dans la classe cette semaine.

Est-ce concevable ?

Ils ne sont pas accompagnés dans leur préparation, ni dans la conduite de la classe, à l’exception d’une visite ponctuelle pour certains d’entre eux.

Est-ce acceptable ?

Ces 2 ou 4 jours de stage en responsabilité, seuls devant la classe, peuvent-ils remplacer une année de formation en alternance ?

Dans cette période transitoire, entre l’IUFM et la Masterisation, ce stage en responsabilité est une première qui laisse présager du pire pour l’avenir. 

Sa mise en œuvre occasionne des pressions et des menaces inadmissibles sur les étudiants et les professionnels (titulaires de classe, maîtres formateurs et directeurs d’école) ainsi qu’une information quasi-inexistante des parents d’élève. Ces méthodes sont indignes de l’Ecole de la République. 

Nous souhaitons une formation professionnelle qui s’appuie sur des stages encadrés par des formateurs expérimentés, présents dans la classe.

Enseigner est un métier qui s’apprend et ne s’improvise pas en 4 jours.

Nous nous opposons à ce que les élèves servent de cobayes, à ce que les enseignants n’aient pas une formation digne de ce nom.

Nous déplorons le climat de défiance, l’absence de dialogue et la négation du métier d’enseignant.

Voilà pourquoi 60 étudiants, au moins, ont refusé sur Paris de prendre la classe ce matin !

Les étudiants PE1 du comité de mobilisation de l’IUFM de Paris



Les réformes – EVALUATIONS NATIONALES: toujours sans nous !

Blog Resistance Pédagogique

APPEL DES 200 MAÎTRES CONTRE LES EVALUATIONS NATIONALES

(appel au format PDF ICI)

Au cours de l’année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 – et voulues par le Ministre Xavier Darcos – sont arrivées dans les écoles comme s’il s’agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d’élèves, et pour cause. Il s’agissait en milieu d’année scolaire d’évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n’admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l’analyse des raisons de l’échec d’un élève. Enfin, le risque d’une communication publique des résultats, et donc d’une mise en concurrence des écoles, était entier.

Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l’Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l’état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.

Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l’attribution d’une prime de 400 €, dont la répartition va à l’encontre du principe républicain d’égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d’école). Tout cela s’appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d’autres ne le font qu’après total respect de la procédure. De même, au prétexte « d »un service de fonctionnaire non fait », des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.

C’est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l’administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.

Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l’obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d’emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d’élèves, à s’opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents… Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l’administration ou à le faire sous des formes qu’elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d’entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l’intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.

Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l’éducation populaire, fédérations de parents d’élèves – qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d’eux dans l’intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l’école de la république.

Contact : Sylvain Grandserre 06 19 69 45 83 



Voeux du Président à l’Education

M. Sarkozy veut des grandes écoles pour tous mais sans quota

Nicolas Sarkozy refuse de contraindre les grandes écoles à recruter un quota minimal d’étudiants boursiers lors de leurs concours d’entrée. « La solution n’est évidemment pas l’instauration autoritaire de quotas de boursiers à l’entrée de chaque institution », devait déclarer, lundi 11 janvier en fin de matinée, le chef de l’Etat venu sur le plateau de Saclay (Essonne) sur le campus de l’Ecole supérieure d’électricité (Supélec), présenter ses vœux au monde de l’éducation et de la recherche.

Pierre Tapie, président de la conférence des grandes écoles (CGE), avait contesté, fin décembre, l’idée d’instaurer de tels quotas, invoquant le risque de baisse de niveau. Sa position avait suscité une vive polémique.

M. Sarkozy persiste dans son ambition : avoir 30% d’élèves boursiers « dans chaque grande école ». Cette précision revient à exiger une diversification, y compris dans les écoles les plus élitistes qui comptent entre 10 % et 15 % d’étudiants boursiers. Pour « élargir la base sociale » de leur recrutement et « les ouvrir à de nouvelles formes de talents », il propose que l’on « diversifie les modes d’accès aux grandes écoles ». Il veut « augmenter considérablement le nombre de places pour les bacheliers technologiques dans les écoles d’ingénieurs, dans le cadre d’un concours spécifique. Il faut également développer de façon significative les admissions parallèles – destinées aux étudiants non issus des classes préparatoires ». Admissions parallèles et concours spécifiques existent.

La manœuvre du président évite d’attribuer un bonus à certains élèves en raison uniquement de leur origine sociale. « Tout doit être mis en œuvre pour faire comprendre à tous les jeunes que les grandes écoles, ce n’est pas réservé à quelques initiés, à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c’est pour tout le monde : pourvu que l’on travaille, pourvu que l’on ait du talent ! », devait poursuivre M. Sarkozy, avant d’ajouter : « Un pays qui recrute ses élites dans 10 % de sa population, c’est un pays qui se prive de 90 % de son intelligence. » Selon lui, l’« idéal d’ascension sociale » de la « méritocratie républicaine » a des rouages « grippés ».

M. Sarkozy prévoyait de rendre hommage à des grandes écoles qui ont été « pionnières » dans la diversification de leur recrutement, comme Science Po Paris ou l’Essec. L’allusion à l’école de commerce de Cergy-Pontoise vise à calmer la polémique : si son directeur général, Pierre Tapie, est l’homme par qui la controverse est arrivée, c’est aussi lui qui, dans son école, a lancé la campagne pour diversifier le recrutement des classes préparatoires (« une prépa, une grande école, pourquoi pas moi ? »). Le patron de Sciences Po, Richard Descoings, qui a mis en place un autre modèle de diversification sociale l’a vivement critiqué (Le Monde du 5 janvier).

Le chef de l’Etat comptait aussi s’exprimer sur la mort du jeune Hakim poignardé à mort, vendredi, dans un lycée du Val-de-Marne. « S’il y a bien un lieu qui doit être protégé de toute forme de violence, un lieu qu’entre tous il faut sanctuariser, c’est l’école », prévoyait-il de dire.

Arnaud Leparmentier

 

Sarkozy promet de « tout faire » pour la sécurité des écoles

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, lundi 11 janvier, « profondément bouleversé » par la mort, vendredi, d’un lycéen du Kremlin-Bicêtre poignardé par un camarade, et a promis de « tout mettre en œuvre pour empêcher que de tels actes se reproduisent ».

« Comme chacun d’entre vous, cet événement m’a profondément bouleversé. Nous devons penser à la famille d’Hakim, à ses parents, à ses frères et sœur, si douloureusement atteints en ce début d’année. Je veux leur dire que toute l’institution sera à ses côtés pour les soutenir, leur apporter toute l’assistance et l’aide morale que nous pourrons leur donner », a déclaré M. Sarkozy au début de ses vœux à l’éducation et à la recherche.

« Je veux dire aussi que cette tragédie est d’autant plus odieuse, d’autant plus inacceptable, qu’elle s’est déroulée au cœur même d’un établissement scolaire. S’il y a bien un lieu qui doit être protégé de toute forme de violence, un lieu qu’entre tous il faut sanctuariser, c’est bien l’école », a poursuivi le chef de l’Etat.

« Hélas, on ne pourra jamais se prémunir totalement contre les folies de la nature humaine, mais nous continuerons à tout mettre en œuvre pour empêcher que de tels actes se reproduisent. » Le jeune Hakim, 18 ans, a été poignardé vendredi dans son lycée du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) par un camarade du même âge lors d’une rixe.

 

Réponse : une lettre de Gérard Aschieri, secrétaire général, en réponse aux voeux du Président de la République du lundi 11 janvier.
 

Monsieur le Président de la République,

Vous présenterez lundi 11 janvier vos voeux au monde de l’Education et de la Recherche.

Permettez-moi de vous dire que les personnels attendent tout autre chose que la satisfaction sans nuance que vous avez affichée à propos de la réformedes lycées et de la loi LRU lors de vos voeux à l’ensemble des français.
J’ajoute que le choix de présenter vos voeux au sein d’une école aux statuts de droit privé associée au projet du « plateau de Saclay » n’est pas dénuéde sens et suscite l’émoi des communautés universitaire et scientifique.
Permettez-moi de vous exprimer les voeux que nous portons pour notre système
éducatif et pour notre recherche publique : ils nécessitent une réorientation profonde des politiques actuellement menées.

Nous avons besoin d’abord d’un nouvel élan pour construire une école qui assure la réussite de tous les jeunes.

Nous avons besoin d’un système éducatif plus juste et plus égalitaire qui réponde pleinement aux besoins de la société, qui refuse les déterminismes scolaires et sociaux, relance la démocratisation de l’accès au baccalauréat, et diminue le nombre de sorties sans qualification du système éducatif et qui dispose à tous les niveaux des moyens nécessaires à ses missions.

Nous avons besoin d’une recherche publique dynamique, assurée de la liberté et de la stabilité indispensables à son développement dans l’intérêt général, évaluée démocratiquement, s’appuyant sur les coopérations et non la concurrence effrénée.
Nous avons besoin de confiance, de démocratie, d’écoute pour impulser une
véritable dynamique. Pour cela il n’est d’autre issue que de rompre avec un certain nombre de politiques engagées et procéder à une véritable remise à plat.

Plus que des voeux, ce sont des engagements forts que nous souhaitons entendre.

Il faut rompre avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite et la suppression de dizaines de milliers de postes, et reveniren arrière sur la RGPP et ses conséquences sur les services et les missions: il est au contraire urgent de créer les postes répondant aux besoins duservice public et assurant l’amélioration des conditions de travail etd’étude. Il faut revenir sur l’actuelle réforme de la formation des maîtres, retirer ses textes d’application concernant la formation et négocier une tout autreréforme.

Il faut retirer la réforme des LP, les projets actuels de réforme des lycées et de la gouvernance des établissements du second degré : nous avons besoin de reprendre des discussions sur de toutes autres bases.

Il faut rompre avec la restructuration du service public d’Enseignement Supérieur et de Recherche (universités, CNRS et autres organismes, …).

Il faut revenir sur la suppression des cartes scolaire et universitaires : nous avons besoin à l’inverse d’une véritable politique de l’éducation prioritaire qui assure partout le droit à une éducation de qualité et à la réussite.

Il faut mettre un terme aux logiques d’individualisation de la gestion des carrières, de mise en concurrence des individus et des services, destructrices pour les personnels et nocives pour les missions de services publics.

Il faut également en finir avec le détournement voire l’abandon, des missions effectuées auprès des élèves par les personnels. Nous voulons la revalorisation de l’ensemble de nos métiers, la requalification des emplois, la défense de nos statuts, la résorption de la précarité.

Ce sont autant de conditions d’un service public d’éducation et de recherche
véritablement efficace et démocratique.

C’est pour toutes ces raisons que les personnels de l’Education seront dans l’action en janvier, pour faire entendre et prendre en compte les propositions offensives et novatrices de transformation du système éducatif, pour sa démocratisation et la réussite de tous les jeunes, dont sont porteurs notre fédération et ses syndicats.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en
l’expression de mes sentiments respectueux.

Gérard ASCHIERI

Secrétaire Général de la FSU
 



REVITALISER LA VOIE TECHNOLOGIQUE. PLUS QUE LE DIRE, IL FAUT LE FAIRE !

Avec la réforme programmée des lycées, l’avenir des filières technologiques des sciences industrielles et de laboratoires est fortement compromis contrairement à l’affichage du ministère.

 

 

A l’annonce de la réforme des lycées par le ministre au début du mois de décembre, les filières STI et STL n’étaient même pas évoquées, la question étant repoussée au printemps bien après les décisions d’orientation des familles !

Pourtant ces filières ont fait la preuve de leur utilité tant pour les jeunes eux-mêmes que pour l’économie de notre pays. Pourquoi voulait-on condamner ces filières qui ont assuré la promotion sociale de bien des jeunes tout en fournissant à nos industries des techniciens de qualité ? Parce que la scolarité de chacun de ces jeunes coûte un peu plus cher que celle dun lycéen qui suit une filière générale ?

 

Depuis le 19 décembre, quelques informations ont été distillées mais elles ne nous rassurent pas car, dans les conditions actuelles, c’est le vivier même de ces filières qui va se tarir.

 

-       Aujourd’hui, pour les jeunes et les parents, une totale confusion est organisée entre la voie technologique et la voie professionnelle par le passage du Bac Pro en trois ans. Il faut que le gouvernement définisse les objectifs de ces deux voies de formation pour assurer clairement leur place dans le système scolaire français. C’est une condition pour que les filières technologiques ne disparaissent pas.

-       Il faut assurer dès la seconde des enseignements caractéristiques de ces voies et pour cela il faut qu’ils s’appuient sur des activités pratiques qui ne les dénaturent pas. C’est pourquoi le nombre d’heures ne doit pas être réduit à peau de chagrin comme la réforme le prévoit ; les activités doivent être des activités de Travaux Pratiques et les élèves doivent pouvoir faire le choix dès la seconde de ces enseignements, plus lourds en horaires de classe, sans se voir imposer des enseignements relevant d’autres domaines. C’est une deuxième condition pour que ces filières technologiques ne disparaissent pas.

-       Pour assurer la lisibilité du parcours de formation, il faut dès aujourd’hui que le ministère affiche les horaires et les contenus enseignés pour les classes de première et terminale. C’est une troisième condition pour que ces filières technologiques ne disparaissent pas.

-       Il faut définir clairement les spécialités. Nous n’accepterons pas que le domaine de la production mécanique soit éliminé. Et il faut assurer des horaires suffisants de spécialités pour que ces filières gardent du sens. Sinon, elles disparaîtront d’elles-mêmes.

 

Nous, professeurs de ces filières, nous nous battrons pour que ces filières continuent d’exister sans être vidées de leurs contenus car elles sont des filières de réussite pour les jeunes et parce qu’elles sont utiles à notre pays.

Nous n’acceptons pas que l’avenir des jeunes soit compromis pour économiser des postes d’enseignants.

Nous souhaitons que les familles se mobilisent aussi sur cette question et demandons solennellement aux responsables politiques de nous soutenir dans cette démarche très volontariste.



CAPES 2010 : bingo pour le privé.

Article à consulter sur :

http://ecole.demain.free.fr/spip.php?article453

ou

http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article453

 

Le nombre de postes aux concours du privé (CAFEP) a été publié (pas en même temps que le nombre de postes aux concours du public, mais cette fois-ci ce n’est peut-être pas anodin…).
Alors que le nombre de postes au CAPES externe est en lègère diminution (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier), et toujours largement inférieur au nombre de départs en retraite, le nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), lui, est cette année multiplié par deux et même plus (1260 postes contre 569 l’an dernier) !
Répartition 2010 : http://www.education.gouv.fr/cid4588/contrats-offerts-cafep-capes.html
Répartition 2009 : http://www.education.gouv.fr/cid48867/cafep-capes-session-2009.html

Il n’y avait jamais eu autant de postes au CAFEP depuis au moins 2004 (statistiques sur le site du Ministère).

Quelques exemples précis par discipline :
- lettres modernes : 40 postes en moins au concours du public, et dans le même temps 126 postes en plus au concours du privé (200 postes contre 74 l’an dernier) ;
- anglais : 42 postes en moins pour le public, 52 postes en plus pour le privé (95 postes contre 43 l’an dernier) ;
- philo : nombre de postes dans le privé multiplié par 4 (20, contre 5 l’an dernier), alors que le public n’offre que 32 postes. Qu’en est-il du ratio 80/20, est-il toujours inscrit dans la loi ?

Les économies budgétaires ne concernent-elles que certains secteurs de l’Education (le secteur public) ?

Le Ministère compte-t-il médiatiser, assumer et justifier cette différence de traitement entre le public et le privé ?

Les jurys de concours auront-ils la décence de ne pas pourvoir tous les postes aux concours du privé (c’est déjà le cas depuis très longtemps dans plusieurs disciplines) si cela est nécessaire pour que la barre d’admission ne soit pas plus basse dans le privé que dans le public (question de justice et d’égalité de traitement dans l’accès à l’emploi) ?

-S’agit-il de compenser des errances antérieures qui auraient trop lourdement affecté l’enseignement privé ?
Au vu des chiffres, non…

-Peut-être est-ce que ce recrutement intensif dans le privé a pour but de compenser des départs massifs d’enseignants en déroute ?
Pas plus.

-Serait-ce donc que les établissements privés auraient à faire face à une véritable afflux des élèves en provenance d’un enseignement public fortement décrié ?
Pas vraiment non plus.

-Peut-être est-ce que ce recrutement exceptionnel vise seulement à réparer la cruelle injuste d’une surcharge ancienne et rémanente des classes dans le privé ?
Toujours pas…

Alors ?

Trépidante enquête menée ici :

http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article453

 Réduction du nombre d’enseignants : oui, mais pas dans le privé…

- Dans le public, on passe de 5094 postes en 2009 à 5006 postes en 2010, soit une baisse de 81 postes, ce qui correspond à un peu moins de 2% : 1,75% de postes en moins par rapport à 2009. 1,75% de moins pas de quoi mettre du monde dans les rues, pourrait-on dire si on s’en tient à cette observation. Rien d’inattendu non plus.

- Dans le privé, on observe en revanche 1260 postes ouverts en 2010 au lieu des 568 mis au concours en 2009. Cela correspond tout de même à plus du double (x 2,21) du nombre initial !

Concours second degré public : CAPES externe

  Postes Postes Evolution

Concours second degré privé : CAFEP/CAPES externe

  Postes Postes Evolution

Que s’est-il passé ?

S’agit-il de compenser des errances antérieures qui auraient trop lourdement affecté l’enseignement privé ?

On peut également trouver les places ouvertes pour les années antérieures sur le site du Ministère. on peut ensuite les compiler en tableau. C’est un peu fastidieux, mais l’appétit de connaissance nous tenaille…

 

 


 

 Evolution des postes aux concours depuis 2004

Observe-t-on, donc, une baisse excessive du recrutement dans le privé, et cela de façon injuste et décalée par rapport au public ?

Et bien, il semblerait que non… Le tableau ci-dessous s’agrandira pour le plus grand plaisir de vos yeux si vous cliquez dessus. Nous vous suggérons humblement de l’ouvrir dans une nouvelle fenêtre afin de pouvoir l’analyser à la lumière de nos modestes commentaires.

JPEG - 72.1 ko

sources : 1 ;2 ;3 ;4 ;5 ;6 ;7 ;

Mais cela est plus parlant sur un graphique : graphique, donc, du nombre de postes aux concours CAPES et CAFEP/CAPES de 2004 à 2010

JPEG - 61.7 ko

Dans le public, le nombre des postes ouverts au CAPES diminue avec constance, marque un palier en 2009 pour reprendre de façon moins soutenue en 2010.

Dans le privé, le nombre de postes ouverts au CAFEP/CAPES est en baisse légère en 2005 et 2006, se stabilise en 2007 et 2008. On observe un fléchissement un peu net en 2009, avant la remontée marquée de 2010 qui a attiré notre attention. Cette évolution s’achève à un niveau plus élevé que le point de départ en 2004.

Peut-être est-ce que cette baisse un peu plus marquée de 2009 a suscité un fort mouvement de lobbying qui a influencé nos gourvernants pourtant peu favorables à l’enseignement confessionnel…

Mais ne persiflons pas trop vite et formulons vite une autre hypothèse :

Peut-être est-ce que ce recrutement intensif dans le privé a pour but de compenser des départs massifs d’enseignants en déroute ?

Les postes mis aux concours permettraient alors juste de rééquilibrer cette tendance, et le nombre total d’enseignants du privé resterait en diminution dans un contexte de fort renouvellement ?

Examinons donc l’évolution du nombre total d’enseignants dans le secondaire, dans le public et le privé. On en trouve les données nécessaires dans la brochure Etat de l’école, octobre 2008, également publiée par le ministère de l’Education Nationale, media.education.gouv. On peut télécharger le-dit document ici, et consulter ce tableau p17.

 

 


 

 Nombre total d’enseignants : évolution depuis 2000.

JPEG - 65.3 ko

Ces chiffres apaisent un peu nos suspicions :

- Dans le public, le nombre des enseignants baisse régulièrement depuis 2004.
- Dans le privé, cette baisse s’amorce avec un an de retard… mais semble effective.

Convertissons cependant ce tableau en graphique, en prenant comme référence l’effectif des enseignants en 2000.

JPEG - 84.5 ko

On s’aperçoit avec stupeur que la réduction du nombre total de profs du secondaire dans le privé reste assez légère, et surtout, que les enseignants y restent sensiblement plus nombreux dans ce type d’établissements en 2008 qu’en 2000.

Par contre, c’est loin d’être le cas dans le public….

Mais dira-t-on, cet article est tendancieux, on fait dire aux chiffres ce qu’on veut, comment ose-t-on comparer l’évolution de 700 000 postes du public avec les malheureux 140 000 postes du privé sur une même échelle ?

Soit.

Convertissons donc ces chiffres en pourcentage de l’année 2000.

JPEG - 64.7 ko

Le graphique obtenu ne contredit pas l’impression initiale, loin de là.

Dans le privé, le nombre total d’enseignants progresse de façon presque constante par rapport à 2000.

Ce qui n’est toujours pas le cas dans le public.

Serait-ce donc que les établissements privés auraient à faire face à une véritable afflux des élèves en provenance d’un enseignement public fortement décrié ?

Cette hypothèse mérite toute notre attention. Reportons-nous une fois de plus sur les chiffres officiels publiés dans Repères et références statistiques 2009 p 93

 

 


 

 Nombre d’élèves accueillis dans le public et le privé de 2002 à 2008.

  2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

On ne peut donc pas déplorer ni se réjouir d’un exode massif d’élèves, toute juste une faible érosion d’1% sur 6 ans en faveur des établissements privés du second degré…

Cette accélération du recrutement d’enseignants dans le privé doit-il nous faire craindre des mesures favorisant le transfert des élèves vers ce type d’établissement, que nous aurions la douleur de devoir corréler avec une dégradation éventuelle des conditions d’enseignement dans le public ?

Allons, ne nous emballons pas ! Peut-être est-ce que ce recrutement exceptionnel vise seulement à réparer la cruelle injuste d’une surcharge ancienne et rémanente des classes dans le privé ?

Les chiffres publiés par le ministère sont foisonnants pour qui se donne le mal de fouiller. Nous avons trouvé sur média.éducation : RERS 2009, les données permettant de répondre à cette question.

 

 


 

 Nombre d’élèves par classe dans le secondaire dans le public et le privé de 2002 à 2008.

JPEG - 174 ko

Le nombre d’élèves par classe en collège est légèrement plus bas dans public :
- 23,4 élèves/classe dans le public,
- 25,1 élèves/classe dans le privé.

- soit 1,7 élèves de moins par classe en moyenne que dans le privé.

A noter que les collèges privés classés ZEP sont rares, ce qui pourrait être une amorce d’explication, ces classes bénéficiant d’effectifs allégés…

L’honnêteté intellectuelle nous force à souligner que les effectifs de classe en collèges privés ont progressé de 0,3 élèves/classe depuis 2006. Ils sont à peu près constants dans le public.

Nous observons en revanche que nombre moyen d’élèves par classe en lycées était en 2008/2009 de :
- 26,8 dans le public,
- 23,5 dans le privé.

- soit 3,3 élèves de moins en moyenne par classe dans le privé.

Cet écart est constant depuis 1997/1998. Le nombre d’élèves dans les classes a baissé de façon parallèle dans les deux types d’établissements.

On peut donc se demander pourquoi les recrutements d’enseignants dans le public et le privé ne suivent pas des évolutions parallèles, pourquoi on recrute moins chez les uns et deux fois plus chez les autres.

Il faudra peut-être se résoudre à admettre que la politique actuelle tend à favoriser les établissements privés par rapport aux établissements publics… On peut même s’aventurer à penser que cela relève d’un objectif général identifié en d’autres occasions (se reporter au dossier Laïcité.

 

 


 

 Haro sur la Bio ! Mais seulement dans le public.

Mais revenons sur la répartition par matière des postes offerts au concours en 2009 et 2010.

Dans le public :

JPEG - 198.9 ko

Les matières sont diversement affectées par les baisses de postes ouverts au CAPES.
- L’unique poste en hébreu était encore trop visible : il y en aura zéro en 2010. Il s’agit peut-être enfin d’une ferme protestation contre la politique israélienne en territoires palestiniens…
- Parmi les matières à fort recrutement, la biologie a le triste privilège de se trouver championne toutes catégories au jeu de qui perd gagne, son recrutement est divisé par 4,39. Nous n’avons pas pour l’heure d’explication satisfaisante à cette coupe franche… Ni le nom de l’éminent professeur de biologie de collège ou lycée susceptible d’avoir déplu au point de provoquer ce séisme.
- Vient ensuite l’espagnol, avec une baisse de presque 14%. -L’anglais, les lettres modernes, l’histoire géo se trouvent avec une réduction de 4 à 5% des postes ouverts, ce qui ne mérite pas de franche levée de bouclier.

A l’inverse, est-ce par souci de rééquilibrage ?
- Les sciences économiques et sociales sont bien pourvues, avec un triplement des postes offerts.
- La philo bénéficie d’une augmentation de 23% ce qui l’amène au modeste nombre de 32 postes offerts en tout.
- +13% et +18% pour les lettres classiques et l’allemand,
- entre 3 et 7% d’augmentation pour les maths, les arts plastiques, et l’italien.

Le recrutement pour les autres matières reste stable, à l’exception notable de la Langue des signes française qui accueille pour la première fois trois heureux titulaires (qui sera apte à évaluer ces heureux candidats ?)

Dans le privé :

JPEG - 191.6 ko

Il est remarquable que les postes offerts sont en augmentation dans toutes les matières, sauf l’hébreu qui reste décidément mal loti.
- Quadruplement, pas moins, du nombre de postes en philo et … breton, ce qui nous amène respectivement à 20 postes et 4 postes.
- Triplement pour les lettres classiques,
- x 2,5 à x 2,86 pour la physique-chimie, la bio (tiens ?), les lettres modernes et la musique.
- x 2 à x 2 ,5 pour les Sciences économiques et sociales, les arts plastiques, l’anglais, l’allemand et l’histoire géo, ainsi que le basque, l’italien, le tahitien… qui totalisent à eux trois, 8 postes.
- x 1,3 à x 1,5 pour l’espagnol, les math, la documentation.

Bref, pas trop de motif de protestation dans le privé… Les profs vont être plus nombreux dans presque toutes les matières.

 



Les principales modifications de la réforme du lycée après le Conseil Supérieur de l’Éducation du 10/12/2009

logo SUD

Décret EPLE

Art 8. R 421-41-1 désignation du Conseil pédagogique

« Le chef d’établissement désigne les membres du conseil pédagogique (…) parmi les personnels volontaires après consultation des équipes pédagogiques concernées »

En fait la désignation reste dans les mains du chef d’établissement : la consultation ce n’est pas l’élection par les collègues. Cela renvoie au rapport de force local ce qui n’est pas notre vision du syndicalisme.

Art 8. R 421-41-4 compétence du conseil pédagogique

Lire « la coordination relative à l’évaluation des activités scolaire » mais La gestion des heures globalisées à effectifs réduits reste confiée au conseil pédagogique.

Le CP reste compétant sur l’essentiel : la mise en place de « l’autonomie », c’est-à-dire de la concurrence entre collègues de disciplines différentes et entre établissements. Seule la perspective d’une inquisition sur la notation des collègues disparaît.

Le chef d’établissement ne pourra pas imposer la première fois sa répartition en cas de désaccord avec le CA. Il devra proposer une autre répartition dans un délai court.

Les CA sauvent un peu la face, mais au final le chef d’établissement décide.

Seconde

« Une enveloppe horaire est laissée à la disposition des établissements (…). Son volume est arrêté par les recteurs sur une base de 10h30 par semaine et par division, ce volume pouvant être abondé en fonction des spécificités pédagogiques de l’établissement. »

L’administration va-t-elle longtemps s’obliger à fournir ces heures ? Assurer par ex 39 H en seconde est totalement contradictoire avec la formulation initiale de l’administration qui visait à une suppression progressive comme naguère les heures d’ IDD en collège.

Nous restons cependant totalement opposés à cette globalisation, jusqu’à un tiers de l’horaire total, qui va encore accroître les inégalités de traitement entre collègues et entre établissements.

Art 4. Enseignements d’exploration

- Enseignements d’exploration : (54 h) et pour la LV3 et langues et cultures antiquité (108H) annuelles.

Ces enseignements seraient donc annualisés ce qui laisse la porte grande ouverte au retour de la semestrialisation du projet Darcos.

Cycle terminal

- Même disposition qu’en 2nde pour l’attribution des heures globalisées à effectifs restreints.

- Histoire géographie en TS et programme 2nde – 1ère.

Avec l’annonce dans la réforme d’un nouveau programme d’histoire géographie s’arrêtant en 1ère c’est la perspective de l’épreuve de Bac anticipé pour toutes les séries et un affaiblissement d’une discipline qui contribue à former des individus critiques.

Orientation

Art 2/7/13/18. Un délai pour proposer une réorientation aux élèves à l’interne ou à l’externe

Art 11 2e alinéa

« Le dispositif de tutorat est proposé à tous les élèves » (de la seconde à la terminale)

Sans aucun moyen autre que le volontariat et les HS.

- L’accompagnement personnalisé est redéfini. Il « prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires » c’est-à-dire qu’il pourra prendre la forme de TPE.

Cet amendement aggrave le caractère illusoire et fondamentalement inégalitaire du dispositif qui n’a rien à voir avec une aide en petit groupe. En effet selon leur public les établissements devront choisir entre l’aide, l’approfondissement et maintenant l’initiation au travail interdisciplinaire.



Ensemble, pour notre métier, pour le Service Public d’Éducation

Logo FSU

Des suppressions de postes par dizaines de milliers !

Des réformes dévastatrices (Eple*, lycées, formation des maîtres) !

Un collège qui n’en peut plus !

Des conditions d’enseignement sans cesse dégradées !

Notre métier, nos statuts, notre liberté pédagogique remis en cause !

 

Le Snes et la Fsu appellent la profession se mobiliser massivement.

Le mois de janvier sera déterminant. Ensemble, opposons-nous au

démantèlement du Service Public d’Éducation, défendons notre métier,

exigeons une autre politique pour l’Éducation Nationale et pour ses personnels.

 

 

14 janvier, journée nationale d’action,

21 janvier, Grève Nationale du 2nd degré,

30 janvier, Grande Manifestation Nationale à Paris

 

Le gouvernement, au delà de la mise en œuvre dans l’Éducation Nationale de sa politique de suppres-sions massives de postes dans la Fonction Publique et de non remplacement d’un départ en retraite sur deux, tente d’imposer, à travers ses projets, ses réformes et ses décisions, une transformation radicale de notre système éducatif, de ses missions et de nos métiers.

 

- 16000 nouvelles suppressions de postes à la prochaine rentrée ! Dont 5200 dans les collèges et les lycées. Soit plus de 60 000 de 2003 à 2010 !

Décision qui va entraîner de nouvelles dégradations des conditions d’enseignement : classes toujours plus surchargées, regroupements antipédagogiques, suppressions d’options, de dédoublements…

Elle est d’autant moins justifiée qu’il y aura à la rentrée une remontée démographique dans le 2nd degré.

 

- Le projet de réforme des Epleaccroît considérablement les pouvoirs du chef d’établisse-ment. Celui-ci nomme le conseil pédagogique, qui devient une véritable hiérarchie intermédiaire chargée de superviser l’activité pédagogique des collègues

Le décret touche les collèges comme les lycées. Il remet en cause notre liberté pédagogique et restreint le rôle du CA. Conjugué au renforcement de l’autonomie des établissements (20% des moyens horaires gérés localement en lycée) qui menace directement les programmes nationaux et le baccalauréat, il met en place une politique de concurrence, de pilotage par le résultat et d’évaluation à la performance des personnels par le chef d’établissement.                  (Eple* : Établissement Public Local d’Enseignement : les collèges et les lycées)

 

- La réforme des lycées. Moins de qualité pour les élèves, plus de classes en charge pour les profs ! Abandon de la démocratisation et mise en place d’un lycée à plusieurs vitesses !

Cette réforme obéit à une double logique, budgétaire et idéologique : diminution des horaires disciplinaires, tronc commun en 1ère qui va créer un nouveau « gisement » … de suppressions de postes, orientation dévoyée … et lourdes menaces sur la voie technologique.

 

- En collège, on mesure déjà les effets dévastateurs de la loi Fillon. Missions nouvelles imposées, contrats d’objectifs, empilement de tâches, charge de travail sans cesse alourdie : note de vie scolaire, validation du niveau A2, du B2I, livret de compétence, histoire des arts …

Nos collègues n’en peuvent plus ! Notre métier perd son sens !

Le décret Eple* et le renforcement de l’autonomie ouvrent grande la voie à un collège à plusieurs vitesses.

- La réforme de la formation des maîtres obéit à la même logique, supprimer des postes au détriment de la qualité de la formation des futurs enseignants.

Les stagiaires verront leur temps de service allongé de 8 à 12 heures par semaine et les étudiants seront utilisés comme des moyens d’enseignement au travers des « stages en responsabilité ». Cette « réforme », qui permet de supprimer ainsi plus de 3 000 emplois, remet en cause la qualité de la formation des maîtres.

 

- Des postes au concours de recrutement inférieurs de moitié aux besoins évalués… par le ministère lui-même.

Conséquence : la pénurie de titulaires se fait de plus en plus lourdement sentir,  le potentiel de remplacement est amputé (de 25% cette année dans notre académie), et la précarité explose.

Exigeons le doublement des postes aux concours, une année pleine et entière de formation pour les lauréats des concours, la création de véritables prérecrutements et d’une allocation d’autonomie pour les étudiants.

 

- La revalorisation de notre métier ?

Une des promesses du candidat aux élections présidentielles !

Ce que propose le ministère : le strict minimum pour les débuts de carrière des certifiés recrutés au niveau master, sous réserve de la poursuite des « efforts d’amélioration de l’efficacité » (traduisez les suppressions de postes), et rien pour les certifiés en milieu et fin de carrière, rien pour les agrégés, les Cpe et le Copsy !

 

- De nouvelles menaces pèsent sur le droit à mutation pour le mouvement 2010, sur nos statuts et nos carrières.

 

- Et sur l’évaluation des personnels, en liaison directe avec le projet de décret Eple* : évaluation par le chef d’établissement, dans toutes ses dimensions (y compris pédagogique, et pour les affec-tations), avec  des « rendez-vous de carrière » (2 ou 3 fois dans la carrière), l’inspecteur n’intervenant que lors des « rendez-vous de carrière » et en cas de problème. Ce serait la fin de la double évaluation des enseignants, et la mise en place d’une politique de « management » au niveau de chaque établissement.

 

 

Il faut mettre en échec ces projets et cette politique,

imposer une autre politique pour l’École, pour ses personnels

et pour les jeunes, le retour à la priorité à l’Éducation,

une réelle ambition pour le Service Public d’Éducation et ses missions.

 

Et pour cela, toute la profession doit se mobiliser !


 

Exigeons l’arrêt des suppressions de postes,

le rétablissement des postes supprimés, l’abandon des réformes Chatel,

une autre réforme des lycées et de la formation des maîtres,

le doublement du nombre de postes aux concours de recrutement

le respect de notre métier et de nos qualifications, de nos statuts,

et du droit à mutation, l’allègement de notre charge de travail,

 une réelle revalorisation de notre métier et de nos carrières.

 

 

Participez à la Manifestation Nationale du 30 janvier, à Paris



Désobéissance pédagogique : l’appel à l’insurrection des consciences d’Alain Refalo

Article Libe.fr

Couv EN CONSCIENCE-web ÉDUCATION. Alain Refalo, 45 ans, l’instituteur de Colomiers (Haute Garonne) initiateur du mouvement de désobéissance pédagogique chez les enseignants du primaire, publie, le 14 janvier prochain, à la veille des évaluations nationales des élèves de CM2, un ouvrage consacré à cette lutte inédite dans l’Education Nationale.Malgré les sévères sanctions dont il a fait l’objet pour avoir refusé ouvertement d’appliquer les réformes de Xavier Darcos (lire libé Toulouse du 26/08/2009), il y justifie son combat en faveur de l’école publique menacée, selon lui, «par des réformes scélérates». Entretien

LibeToulouse : Votre livre s’ouvre sur un cri d’alarme sur la déprime des enseignants. Selon vous, dans quel état moral sont-ils aujourd’hui ?

Alain Refalo : Un grand désarroi règne chez les enseignants que les dernières réformes n’ont fait qu’accentuer. Ils ont le sentiment d’être méprisés, peu écoutés et en plus on ne leur fait pas confiance. La pression augmente avec la culture du résultat et de la performance qui est imposée par la hiérarchie. Alors que les difficultés auxquelles ils sont confrontés ne cessent de s’accroître, le gouvernement réduit drastiquement les moyens et supprime des dizaines de milliers de postes. Dans le primaire, l’esprit de compétition est en train de se distiller dans des dispositifs qui heurtent la conscience professionnelle de nombreux enseignants partagés entre résignation et révolte.
Le mouvement de résistance pédagogique rassemble 3 000 enseignants-désobéisseurs sur les 380 000 en poste. Est-il un épiphénomène comme le cataloguent Xavier Darcos et son successeur Luc Chatel?

Alain Refalo : 3 000 enseignants-désobéisseurs, c’est une minorité qui témoigne d’une forte résistance sur le terrain. 3 000 enseignants qui revendiquent leur désobéissance, ce sont plusieurs dizaines de milliers d’enseignants qui résistent aux réformes sans l’afficher trop ouvertement. Malgré les sanctions, ce mouvement qui a été largement soutenu par les parents de nos élèves, n’a pas faibli et se poursuit. Nous avons montré que notre détermination, motivée en conscience, était capable de déjouer une répression disproportionnée. D’autant que les tribunaux administratifs nous donnent systématiquement raison.

Dans les nouveaux programmes, vous contestez l’instruction morale et civique et notamment l’apprentissage de la Marseillaise.
Alain Refalo : Les auteurs de ces programmes avaient la nostalgie de la phrase de morale inscrite au tableau noir. Si l’amélioration du comportement des enfants tenait dans ces quelques maximes apprises par cœur, cela se saurait ! Nous préférons parler d’éducation citoyenne, d’éducation au vivre ensemble. Ce n’est pas l’étude en classe de la Marseillaise qui pose problème que d’apprendre aux élèves à la chanter comme un hymne sacré et immuable. Cela s’apparente à de l’embrigadement ! Il est essentiel de resituer ce chant dans son contexte guerrier, mais également de dénoncer tout qui dans ce chant légitime la haine et la violence. C’est faire œuvre utile pour l’avenir que d’apprendre aux élèves à faire preuve de discernement et de pensée, tant vis-à-vis des paroles de la Marseillaise que des lois de la République, comme le préconisait d’ailleurs le ministre de l’instruction publique Paul Bert, en 1882. C’est pourquoi je suggère que nous rendions un grand service à la Nation en proposant aux élèves de réécrire certaines paroles de l’hymne national pour en faire véritablement un hymne à la fraternité. Car dans ce monde malade de la violence, c’est bien de fraternité dont nous avons besoin.

Pourquoi contestez-vous les évaluations nationales et que proposez-vous ?

Alain Refalo : Les évaluations nationales, telles qu’elles sont conçues, incitent les enseignants à faire du bachotage, à préparer les élèves à passer des tests formatés et simplificateurs qui ne permettront pas de les aider dans leurs difficultés. Les résultats de ces évaluations seront publiés pour alimenter des statistiques et organiser la mise en concurrence des établissements scolaires. Faire passer ces évaluations qui portent sur l’ensemble du programme en milieu d’année est une aberration pédagogique. C’est mélanger l’évaluation bilan avec l’évaluation diagnostique. Un rapport parlementaire vient d’ailleurs de dénoncer cette inconséquence. Les évaluations doivent être au service des élèves, pour organiser des remédiations utiles et non pas pour stigmatiser et classer.

Vous épinglez l’action décevante des syndicats d’enseignants, lesquels devraient, selon vous, revisiter leur logiciel de résistance.

Alain Refalo : Ils sont en retard d’une bataille. Ils sont majoritairement restés sur le mythe de 1995 lorsque les grèves et les manifestations avaient fait reculer le gouvernement Juppé. Le pouvoir a su tirer les leçons de cet échec. Il sait faire face à des mouvements de grève et ne pas reculer. Les syndicats d’enseignants sont-ils prêts à neutraliser les réformes néfastes qui déconstruisent l’école publique ou bien vont-ils continuer à s’en accommoder tout en organisant de temps en temps des journées d’action ponctuelles et sans lendemain ? La résistance par la désobéissance apporte des pistes nouvelles d’action collective sur la manière d’organiser une pression permanente sur le pouvoir, tout en mettant en œuvre des alternatives constructives au service de tous les élèves. Ce qui rend cette action très populaire. Les syndicats devraient s’en inspirer.

Dans votre livre, vous faites l’éloge de «l’insurrection des consciences qui vient».

Alain Refalo : C’est un clin d’œil à Xavier Darcos qui nous a accusés d’être manipulés par l’ultra-gauche, précisément en pleine affaire Julien Coupat ! Depuis plusieurs années, des citoyens s’engagent dans des actions de désobéissance civile, par exemple aux côtés des sans papiers et des exclus. Ces luttes contre les injustices sociales et économiques sont porteuses d’espérance. Lorsqu’un gouvernement abuse de son autorité, malmène la démocratie et les libertés publiques, l’insoumission collective non-violente m’apparaît comme la seule voie radicale, responsable et réaliste pour sortir de la «servitude volontaire» dans laquelle le pouvoir aimerait tant maintenir le peuple d’en bas. Face à la répression et la politique de la peur, la résistance non-violente est une exigence morale tout autant que politique.

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot



12345

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES