CA du lycée Charles Gide (UZES Gard) du 11 février 2010

Voici un bref bilan des votes du CA de ce soir :

1) Vote pour ou contre la proposition de TRM et de la DGH (suite à la motion 1 ci-dessous)

Votes pour le TRM et la DGH : 2
Abstentions : 5
Refus de vote : 1
Votes contre le TRM et la DGH : 13

DGH rejetée (nouvelles propositions à la rentrée)

2) Vote pour ou contre la motion « formation des enseignants » (motion 2)

Votes contre la motion : 2
Abstentions : 1
Votes pour la motion : 18

Rejet du principe de nomination des stagiaires sur un poste de 18h.

3 ) Vote poste Assistant Education au CDI

Motion de dernière minute :
« Le CA réitère la demande d’une création d’un 1/2 poste d’assistant d’éducation pour assurer l’ouverture du CDI »
Vote pour à l’unanimité.

Pour le SNES : Franck TICHADOU

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Motion 1

Motion dénonçant l’insuffisance des moyens alloués à notre EPLE

 

Motion présentée par :

-        les enseignants syndiqués FSU (SNES et SNEP) et Sud Education ainsi que les non syndiqués

-        les représentants de parents d’élèves FCPE et ADESU

-        les représentants élèves

 

Le CA du lycée Charles Gide d’UZES réuni le 11 février 2010 dénonce la dégradation des conditions d’études et d’enseignement découlant de la politique gouvernementale, et plus particulièrement de la mise en œuvre de la réforme du lycée à la rentrée, qui asphyxie le Service Public d’Éducation.

Les représentants du CA du lycée Charles Gide d’Uzès, ont donc décidé de présenter une motion démontrant que l’Etat n’assume pas ses engagements et impose une  Dotation Globale Horaire (DGH) insuffisante :

 

- La DGH allouée à notre établissement est de 973 Heures Poste et 106 Heures Sup. Année

soit une perte de 10h par rapport à celle de cette année alors que les effectifs devraient être en hausse,

or le Ministre de l’Education Nationale a donner injonction aux Recteurs, dans la note de service DGECO A n°2010_0002 : de veiller au « maintien des taux d’encadrement pour le lycée » et il précise que « cette enveloppe (la DGH) doit être fixée de telle manière que les établissements retrouvent au minimum, à effectif constant, des moyens équivalents à ceux qui leur étaient antérieurement affectés »

La consigne donnée aux recteurs est claire : chaque établissement doit se voir garantir, a minima, la même dotation que par le passé.

C’est donc 10 h qui manquent dans notre DGH pour respecter les engagements du Ministre.

 

- Le nombre d’élèves dans notre établissement devrait être supérieur en première par rapport à celui de cette année puisque nous avons 10 classes de secondes cette année alors que nous n’en avions que 9 l’année dernière. Il devrait donc y avoir plus d’élèves en première en 2010/2011, ce que le Rectorat ne prend pas en compte puisqu’il nous donne les mêmes moyens pour l’année prochaine.

De plus, le nombre d’élèves attendus par les services rectoraux, en seconde pour l’année prochaine, est supérieur à celui de cette année.

C’est donc une DGH supérieure, d’au moins 10h, qui devrait être proposée pour la rentrée prochaine.

 

- Actuellement, 21h d’accompagnement (pour 20h prévues dans la dotation pour les classes de secondes) sont prévues dans le TRM. Ceci signifie donc que l’accompagnement se fera globalement en classe entière ce qui est inacceptable puisque la note du Ministre (citée ci-dessus), stipule qu’il faut veiller « à ce que l’accompagnement personnalisé soit bien prévu conformément aux objectifs et contenus énoncés dans les textes réglementaires » et à l’esprit de la réforme.

C’est donc 20h supplémentaires de « dédoublement » qui manquent pour pouvoir assurer un vrai accompagnement individualisé en groupe de 10 élèves maximum.

 

- L’article 5 de la réforme, dit que « une enveloppe horaire est laissée à la disposition des établissements pour assurer des enseignements en groupes à effectifs réduits. Son volume est arrêté par les recteurs sur une base de 10h30 par semaine et par division, ce volume pouvant être abondé en fonction des spécificités pédagogiques de l’établissement ».

Ce qui fait la spécificité de notre EPLE est d’être un établissement rural isolé. Il se doit donc d’offrir aux élèves de l’Uzège, une grande diversité d’enseignements d’exploration pour assurer sa mission de service public comme le suggère encore la note du Ministre « Pour traduire fidèlement la nouvelle logique d’organisation de la classe de seconde, l’offre d’enseignements d’exploration doit être aussi diversifiée que possible ».

C’est donc 10h de plus qu’il faudrait pour assurer une offre éducative répondant à l’esprit de la réforme annoncée par le Ministère.

 

Nous demandons donc que notre DHG soit abondée de 50h pour pouvoir assurer notre mission de service public d’éducation dans des conditions décentes.

 

Nous sommes donc dans l’obligation de voter contre le TRM qui correspond à une DGH nettement insuffisante.

 

Motion 2

 

Ne laissons pas brader la formation des enseignants

et sacrifier les élèves.

 

Motion présentée par :

-        les enseignants syndiqués FSU (SNES et SNEP) et Sud Education ainsi que les non syndiqués

-        les représentants de parents d’élèves

-        les représentants élèves

 

Le CA du Lycée Charles Gide d’Uzès réuni le 11 février 2010

dénonce le dispositif prévu à la rentrée 2010 pour les professeurs stagiaires.

 

Les professeurs stagiaires se verraient, en effet, contraints de prendre dès la rentrée un service complet d’enseignement (18h).

 

Le dispositif annoncé au CTPA de janvier prévoyait, pour une période de 6 semaines (de la rentrée à la Toussaint) une « gestion accompagnée » de leurs classes, assumée par leur tuteur, qui aurait dû, pour cela laisser ses propres classes à un remplaçant. Depuis, devant la vague de protestations suscitée par ce dispositif, le rectorat semble revenir sur cette idée. Mais alors, une nouvelle question se pose : qui remplacerait le stagiaire lors des « formations » prévues pendant ces 6 semaines ?

Ensuite les stagiaires devraient assumer seuls leurs 18h hebdomadaires de cours et, de plus, assister un jour par semaine à des formations à l’IUFM.

Le dispositif du rectorat prévoyait que ces jeunes collègues partiraient en février pour 6 semaines en formation et seraient alors remplacés par des étudiants en Master 2 (stages 108h). Depuis, le rectorat semble avoir apporté quelques modifications, cette période serait réduite à 4 ou 5 semaines, et les stagiaires commenceraient leur formation 1 ou 2 semaines avant la rentrée….

à leur retour, les professeurs stagiaires reprendraient seuls leurs classes jusqu’à la fin de l’année.

 

Ce dispositif mis en place pour récupérer plus de 3000 postes de professeurs du 2nd degré sur les 16000 emplois supprimés au budget 2010, dans le cadre des suppressions massives de postes que subit l’Éducation Nationale, est une véritable aberration pédagogique qui lèse gravement aussi bien les enseignants que les élèves.

Les professeurs stagiaires seraient placés dans des conditions inadmissibles d’apprentissage du métier - une charge de travail maximale pour une formation pédagogique réduite au minimum – ce qui aura immanquablement de très lourdes conséquences.

Par ailleurs, ce dispositif conduit au blocage de plus de 250 postes dans notre académie, ce qui lèserait aussi l’ensemble des enseignants demandeurs de mutation, et en premier lieu les stagiaires titularisés cette année.

Enfin, plus de 35000 élèves de notre académie seraient victimes de ce dispositif : ils verraient se succéder tout au long de l’année au moins trois enseignants différents : un étudiant et un stagiaire, sans expérience pédagogique, et un remplaçant.

 

Enseigner est un métier qui s’apprend.

Les professeurs stagiaires ne doivent pas être utilisés pour supprimer des postes.

Ils doivent bénéficier d’une véritable formation.

 

C’est pourquoi nous demandons que les postes de notre établissement libérés par des départs à la retraite ou d’autres départs (comme celui de M Vicini en Histoire Géographie) ne soient pas bloqués comme support pour un stagiaire, mais qu’il soient pourvus au mouvement intra-académique par un ou des professeurs titulaires.

 

 


 

 



Ce lycée d’Aubervilliers qui propage sa grève partout en ville

En Seine-Saint-Denis, le ras-le-bol des profs prend de l’ampleur. Une semaine après avoir voté la grève illimitée, les enseignants de la cité scolaire Henri Wallon d’Aubervilliers sont les fers de lance de l’opposition aux suppressions de postes dans l’Education nationale. Partie du lycée, la contestation se propage dans les écoles primaires et les collèges.

Armée de quelques tracts et d’une solide conviction, la délégation d’Henri Wallon pénètre à douze heures précises dans la salle des professeurs du lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen. Une trentaine d’enseignants de ce complexe scolaire s’est mise en « grève illimitée » lundi dernier.

Tous comptent bien en profiter pour aller à la rencontre d’un maximum de collègues des autres établissements du département. Le but : bâtir une opposition unie contre les réformes entreprises par le ministère de l’Education nationale.

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. »

Lise Tchao, professeur de français au lycée Henri Wallon, explique :

« Il faut agir ensemble : chaque année, les établissements organisent de manière isolée des journées de grève qui n’ont aucun impact sur les décisions du gouvernement. Cette semaine, nous avons réalisé que les autres établissements rencontrent les mêmes difficultés. Beaucoup ont décidé de nous rejoindre. » (Voir vidéo)

Pendant que ces professeurs exposent leurs revendications à leurs collègues d’Auguste Blanqui, une deuxième délégation visite une autre école :

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. Pour l’instant, nous en avons visité une quinzaine, tous niveaux confondus. Certains d’entre eux nous ont eux-même contactés, puis ils se déplacent à leur tour ailleurs. »

La stratégie s’annonce pour le moment payante. Après une semaine de grève et de débrayages, ils étaient environ 200 personnes, enseignants et parents d’élèves confondus, à manifester jeudi devant la mairie d’Aubervilliers.

Les enseignants du collège Diderot ont eux conçu un blog. Il centralise les actions entreprises par les divers établissements de la ville. Les syndicats ont également relayé leur appel à venir manifester devant la mairie de Saint-Denis, ce mardi à 14 h.

« Depuis cinq ans, plus de 50 000 emplois ont été détruits »

D’après Ronan Le Berre, l’opposition est une nécessité. Ce professeur d’anglais en poste à Aubervilliers insiste sur le nombre de postes supprimés :

« Depuis cinq ans, plus de 50 000 emplois ont été détruits au sein de l’Education nationale. On ne peut pas rester les bras croisés. On doit tout faire pour stopper cette tendance, car les conséquences sont désastreuses. »

Dans la salle des professeurs d’Auguste Blanqui, l’auditoire est très réceptif. Deux sentiments dominent : la colère et l’inquiétude. Selon eux, l’école est attaquée de toute part, tant au détriment des élèves que des professeurs.

Hélène Becherini, professeur de Lettres et d’Histoire à Saint-Ouen, dénonce :

« Désormais, d’un lycée à l’autre, les élèves ne bénéficient pas du même nombre d’heures de cours, ce qui est injuste. L’Etat a en effet instauré des heures planchers : je n’ai que trois heures et demi pour enseigner le Français et l’Histoire à mes élèves. Puis, le proviseur peut ensuite décider de me débloquer des heures de cours supplémentaires. Mais c’est à sa seule discrétion. »

La lettre du ministère

Sa collègue Viviane Moguellet, professeur d’anglais en filière générale, brandit la lettre envoyée par le ministère aux professeurs des filières liées au tertiaire administratif :

« Alors qu’ils enseignent la comptabilité ou le secrétariat, on leur annonce qu’ils devront peut-être donner des cours de Sciences physiques ! Si jamais ils refusent, ils peuvent être licenciés. On dénigre ces personnes qui ont pris la peine de passer un concours et on ne pense pas aux conséquences que ces décisions auront sur les élèves. »

(Voir la lettre)

Pour Lise Tchao, ce n’est pas un hasard si le mouvement est né en Seine-Saint-Denis :

« Nous sommes confrontés à des situations sociales extrêmement dures. Quand le gouvernement prend une décision qui lui paraît minime, comme la suppression d’un poste ou la réduction du nombre de surveillants, les conséquences sont énormes pour nous qui sommes sur le terrain. »

Postes supprimés, effectifs augmentés

Viviane Moguellet confirme les complications engendrées par les suppressions de poste :

« L’État supprime des postes et augmente les effectifs des classes. Cette année, les élèves se retrouvent à plus de trente dans les classes de langue. Notre lycée est situé en ZEP, nos élèves ont plus de difficultés à se concentrer. Ils font plus de bruit, se fatiguent plus vite. Les profs s’énervent aussi plus rapidement. »

La garantie de la sécurité pose aussi problème. Selon Hélène Becherini, professeur d’Histoire et de Lettres, le nombre de surveillants était deux fois plus important il y a quelques années. Pour l’équipe de Wallon, le manque de surveillants dénoncé par le lycée de Vitry-sur-Seine confirme leurs revendications : les établissements manquent cruellement d’adultes pour encadrer les enfants.

Les parents essentiels au mouvement

Ronan Berre avoue honnêtement ne pas savoir si le mouvement prendra ou s’il sera dur de mobiliser. Cependant, la délégation de Wallon est plutôt optimiste : de nombreux parents les auraient soutenus jeudi, lors de leur première manifestation. Aux yeux des grévistes, leur participation est indispensable.

Georges Vartaniantz, un enseignant, tient à tirer les leçons du passé :

« Il est important de mobiliser les parents. En 1998, on a réussi à gagner car ils nous soutenaient. On ne peut pas espérer de victoire si les parents ne sont pas avec nous. »

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