Urgent – Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements

Article Libe.fr

 

Manif paris janv 2010
Trop c’est trop: cinquante parents d’élèves de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ont envoyé ce matin à Luc Chatel des recours en indemnisation.  Ils réclament un euro symbolique de « réparation » par jour de cours perdu par leurs enfants parce que leurs enseignants, absents, n’ont pas été remplacés. Pour ces parents exaspérés, le service public a failli. Et le ministre doit répondre. Pas sûr que sa proposition de recourir à des retraités et à des étudiants pour des remplacements suffise à désamorcer la colère.

La démarche de ces familles est inédite. Les absences non remplacées sont traditionnellement un sujet de mécontentement pour les parents. En primaire, les enfants sont répartis en « surnombre » dans d’autres classes et souvent perdent leur temps. Mais ponctuellement, les familles comprennent que le remplacement ne puisse se faire le jour même. De plus jusqu’ici, les plaintes concernaient surtout le secondaire, avec des profs non remplacés parfois pendant deux semaines. Dans le primaire, grâce aux « brigades » de remplacement, le problème semblait moins aigu.

Malgré tout la situation est difficile dans certaines académies comme Créteil. A l’école  Joliot Curie de Pantin, Daniel Garault , représentant des parents d’élèves à l’origine de la révolte, affirme que sa fille Adèle, en CE1, a vu défiler 18 enseignants depuis le CP – une prof partie en congé maternité, ses deux remplaçantes à temps partiel, les collègues qui se sont répartis les élèves, etc.

« En collectant les recours, explique-t-il, je me suis aperçu que mon école n’était pas une exception. Dans les quatre autres où des parents sont mobilisés, il y a au moins une classe où les élèves ont eu au minimum quinze jours de cours non assurés depuis la rentrée ». Le maire de Pantin, le socialiste Bertrand Kern, dont la fille est scolarisée dans l’une de ces écoles, compte parmi les plaignants.

Pour Daniel Garault comme pour les autres parents, il y a en plus une injustice. La Seine-Saint-Denis est particulièrement touchée par la pénurie de remplaçants – sur la seule ville de Pantin, il en manquerait une douzaine. Or la population y est socialement  fragile et les journées perdues pèsent plus lourdement pour ces enfants que pour d’autres. A Joliot Curie, un tiers des familles sont non francophones, une majorité d’origine étrangère. .

Chatel mars 2009 ministre Ind et Consommation (Reuters) L’annonce par Luc Chatel d’une « mobilisation générale » en faveur du remplacement n’a guère impressionné à Pantin. Le ministre a notamment demandé aux Rectorats de « constituer un vivier supplémentaire de contractuels associés: des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs, et dont on sait qu’on  pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, des jeunes retraités de l’Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

L’annonce a surtout déclenché un tollé parmi les syndicats enseignants – comme le SE-Unsa, Sud Education , le Snalc – , étudiants – l’Unef -, lycéens – la Fidl et l’UNL – ainsi que les chefs d’établissement du SNPDEN.  « Remplacer au pied levé un enseignant dans une classe de maternelle ou de CM2 ne s’improvise pas: cela demande connaissance des niveaux, de la gestion d’une classe et professionnalisme », écrit le SNUipp, principal syndicat du primaire. « Le ministre feint d’oublier qu’à la rentrée, il a supprimé 3000 postes de remplacement », rappelle le SNES, principal syndicat du secondaire, qualifiant Chatel de « pompier pyromane ».

« Ce que nous voulons pour nos écoles de Pantin, ce sont des gens compétents, diplômés, qualifiés, même chevronnés. Car nos enfants ont accumulé des retards. Si le ministre voulait nous être agréable, pour compenser, il pourrait même nous affecter deux enseignants par classe jusqu’à la fin de l’année. Ce ne serait pas de trop pour combler les lacunes des enfants », rêve Daniel Garault.

Ce mercredi, la FCPE (première fédération de parents d’élèves) du 93 organise une réunion d’informations pour les parents intéressés par ce type d’action à 19 heures à la Bourse du Travail de Bobigny. Un avocat expliquera la démarche et les papiers à réunir. Un rendez-vous est ensuite prévu dans trois semaines, pour envoyer les recours au ministre.

Crédits photos: manif à Paris en janvier 2010 (de l’auteure), Chatel encore ministre de l’Industrie et de la Consommation en mars 2009 (Reuters)

 

Article Le Monde.fr

« J’en suis à mon 26e CDD dans l’éducation nationale »

Vacataires, contractuels, TZR (pour titulaire sur zone de remplacement)... Les appellations désignant les professeurs remplaçants renvoient à des statuts différents, mais à une réalité partagée : le sentiment d’être un enseignant « de seconde zone », toujours en « intérim ». Alors que le ministre de l’éducation, Luc Chatel, souhaite s’attaquer au problème du non-remplacement dans l’éducation nationale, des professeurs remplaçants témoignent de leur quotidien.

  • TZR : les fonctionnaires bouche-trous, par Mohamed D.

Je suis professeur titulaire de sciences physiques depuis deux ans en étant titulaire sur zone de remplacement (TZR). Ce statut me paraît corrompu puisqu’il est né de la nécessité de remplacer les professeurs absents (congé de maternité, maladie ou autre). Or ce n’est pas son application, du moins dans mon cas. Je n’ai jamais remplacé personne mais je sers en fait de variable d’ajustement dans la dotation horaire des établissements : en somme, lorsqu’un chef d’établissement a besoin de six heures en physique par exemple, il le signale au rectorat, qui lui donnera un TZR pour six heures. Les TZR ne connaissent donc aucune stabilité dans les établissements (ce qui ne facilite jamais l’assise de l’autorité puisqu’on est perpétuellement « testé » par nos nouveaux élèves).

  • Qui râle le plus fort obtient un remplacement, par G. S.

Je suis enseignant du premier degré affecté au remplacement d’enseignants partis en stage de formation continue (chaque enseignant du premier degré a droit à 36 semaines de formation au cours de sa carrière) en Seine-et-Marne. Mais dans les faits, la formation continue n’existe quasiment plus faute de crédits et j’effectue des remplacements de collègues malades. Le taux de remplacement est de plus en plus faible et nous sommes déplacés en fonction des réactions de mécontentement des parents : qui râle le plus fort obtient un enseignant au détriment d’autres secteurs moins mobilisés.

L’année dernière j’ai été affecté en urgence, fin février, hors de ma zone géographique, dans une classe qui n’avait pas d’enseignant depuis les congés de la Toussaint. Le nombre de remplaçants disponibles est tel qu’en Seine-et-Marne, la continuité de l’enseignement n’est plus garantie. Dans ma circonscription de référence, on compte chaque jour une moyenne de dix absences non remplacées chaque jour, avec un pic à dix-sept en février.

  • Une situation écœurante, par Carine R.

Je suis TZR en lettres modernes depuis dix ans. Au début, la pénibilité du métier (essayez de prendre une classe de collégiens en ZEP en cours d’année…) était compensée par quelques « avantages » : des points pour les mutations, des indemnités correctes, parfois quelques jours de « vacances » entre deux remplacements épuisants. On a supprimé une bonne partie de ces avantages. En dix ans, j’ai eu en tout trois mois sans élèves, et la réalité, c’est qu’à peine un remplacement est fini, on nous appelle pour un autre. Avec des situations aberrantes : être appelée le lendemain de la rentrée de septembre pour un congé maternité prévu depuis avril ; être appelée un lundi (le remplacement précédent s’étant achevé le vendredi soir) pour remplacer une collègue absente depuis deux semaines. La situation actuelle est écœurante. Le rectorat supprime des postes de TZR à la pelle, et après, on se plaint que les profs ne sont pas remplacés. On fait appel à des vacataires sans expérience qui abandonnent devant la difficulté de la tâche : j’ai ainsi été le septième professeur de français d’une classe de quatrième difficile.

  • Une aberration, par Thomas A.

Je suis professeur de lettres remplaçant TZR. Je suis rattaché à un collège dans lequel j’ai quelques classes, mais pas suffisamment pour couvrir mon service. On m’emploie donc à des tâches pour lesquelles je ne suis pas qualifié (tenir le CDI et former des élèves ne parlant pas français). En parallèle, depuis qu’une enseignante en lettres est partie en congé maternité dans ce collège, on a recruté une vacataire qui n’a jamais enseigné pour effectuer le service complet de la collègue arrêtée – alors même que j’ai des heures inemployées qui auraient pu servir à le pallier.

  • La réalité d’un TZR lambda, par Vincent S.

Je suis professeur d’histoire-géographie et j’ai toujours été TZR. Cela fait plusieurs années que j’exerce dans deux établissements en même temps et ces affectations varient d’une année sur l’autre : en cinq ans, j’ai travaillé dans deux lycées généraux, quatre lycées professionnels et quatre collèges. Pratique pour le suivi des élèves ! Bien que titulaire d’un Capes d’histoire-géographie, je travaille régulièrement en lycée professionnel (normalement ces postes sont réservés à des enseignants spécialisés titulaires du concours CAPLP) : donc, la polyvalence est bien de rigueur.

Comment s’investir véritablement dans la vie d’un établissement et améliorer ses pratiques ? Comment construire sa vie quand on sait que les TZR peuvent être envoyés dans des zones limitrophes de la leur (donc, dans un rayon de près de 100 kilomètres, dépassant souvent les contours départementaux) d’une année sur l’autre ?  Quant à la fameuse « sécurité de l’emploi », quid des contreparties ? Nous ne choisissons pas nos lieux de travail, sommes sous-payés au regard de notre niveau d’études, déconsidérés par les parents et notre métier est rendu de plus en plus difficile par les exigences qu’on nous impose et le public que l’on accueille. Mais je reste zen : j’aime (encore) mon métier.

 

Article le Monde

Luc Chatel s’attaque au non-remplacement des enseignants
LEMONDE.FR | 09.03.10 | 07h21  •

Dans un entretien au Parisien mardi 9 mars, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, expose son plan contre les absences non remplacées des enseignants et décrète « la mobilisation générale ». « Il faut se mobiliser pour toutes les disciplines, parvenir au remplacement des enseignants, dans le primaire comme dans le secondaire, dans les délais les plus brefs », explique le ministre, pointant « un taux de remplacement », pour les absences de courte durée, qui « n’est que de 19 % dans le second degré ».

M. Chatel estime que cinquante mille des huit cent cinquante-sept mille professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10 % d’entre eux dans le primaire et 20 % dans le secondaire ne sont pas assez utilisés. Il préconise donc un système « plus souple », souhaitant « faire bouger les frontières académiques ». « En cas de besoin, le futur responsable [des remplacements] de rectorat devra pouvoir appeler son homologue de l’académie voisine. » Enfin, pour mieux pallier les absences de courte durée, le ministre prône de faire appel à « de jeunes retraités de l’éducation nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

Le père d’une élève scolarisée à Pantin, en Seine-Saint-Denis, avait annoncé le 15 février avoir déposé plainte contre le ministre de l’éducation nationale « pour faute grave d’organisation du service public de l’éducation », déplorant « des problèmes de remplacement intenables ». « Il manque de façon régulière sur la commune douze à treize enseignants, l’équivalent d’une grosse école », avait affirmé Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d’élèves, père d’une élève en CE1 à l’école Joliot-Curie, dénonçant « des problèmes de remplacement intenables à Pantin, et plus largement dans l’académie de Créteil ». M. Garault avait appelé à « un dépôt de plainte collectif » des parents d’élèves, le 9 mars, au tribunal administratif de Montreuil.

Le Monde.fr avec AFP

 

Article Le Figaro.fr

Le plan Chatel contre l’absentéisme des profs

Par Charlotte Menegaux
09/03/2010 | Mise à jour : 12:13
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Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l'ensemble de la scolarité d'un enfant.
Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l’ensemble de la scolarité d’un enfant. Crédits photo : AFP

Le ministre de l’Education nationale entend demander aux recteurs de se mobiliser pour améliorer les remplacements. Quitte à faire appel à des étudiants ou des retraités.

Urgent - Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements dans Revue de presse coeur-La FCPE (première fédération de parents d’élèves) ne cesse de le rappeler, un élève perdrait en moyenne, sur l’ensemble de sa scolarité, un an en temps de cours non remplacé. «Avis de mobilisation générale à tous les échelons de l’Education nationale» lance le ministre, mardi. Avant de réunir les recteurs dans la matinée, Luc Chatel dévoile son plan pour mieux remplacer les professeurs absents dans Le Parisien. Il confirme en fait les pistes déjà évoquées par Le Figaro en janvier dernier. Le point sur ses propositions :

«Enclencher la recherche de solutions dès le premier jour». Luc Chatel estime que, dans le primaire comme dans le secondaire, l’absence d’un enseignant doit être réglée au plus vite. Actuellement, un délai de carence fait qu’une absence est signalée au rectorat au bout de quatorze jours ouvrables. En deçà, elle est gérée en interne par l’établissement.

«Concentrer les moyens» sur les absences de courte durée. Comme le rappelle le ministre de l’Education nationale, le taux de remplacement des absences de moins d’une semaine les plus imprévisibles-, n’est que de 19%. A l’inverse, il est respectivement de 91,3 et 92% dans le primaire et le secondaire, en ce qui concerne les absences de plus de quinze jours. Or, un tiers des absences imprévisibles (maladie, accident…) ne durent qu’une journée, et les trois quart sont inférieures à six jours.

«Instaurer un pilote chargé du remplacement». Chaque chef d’établissement devra désormais désigner un responsable en la matière. Aucun collègue ne peut remplacer, au pied levé, un professeur absent ? Dès le premier jour, le «pilote» devra faire appel au rectorat, où un «interlocuteur dédié à ce seul problème» tentera de lui apporter la meilleure réponse. Le ministre ne dit pas qui occupera ces fonctions dans les structures existantes.

«Faire bouger les frontières académiques». Les futurs responsables de rectorat devront pouvoir contacter l’académie voisine, en cas de manque de remplaçants dans leur propre académie. Le ministre de l’Education nationale ne précise pas dans quelles limites ce dispositif pourra être utilisé. Mais il cherche visiblement à assouplir les règles qui distribuent actuellement les remplaçants par académie.

«Faire appel à des retraités de l’Education nationale, des étudiants ou adultes diplômés». Peu avare en chiffres, Luc Chatel rappelle que 10% (en primaire) et 20% (en secondaire) des 50.000 remplaçants titulaires ne sont pas «pleinement utilisés». Il cherche donc à «améliorer le vivier de remplaçants» de chaque rectorat. Comparant les étudiants qualifiés aux internes de médecine, Luc Chatel estime que «c’est devant les élèves qu’on apprend le mieux à enseigner». Il n’envisage l’utilisation de ce «vivier supplémentaire de contractuels associés» que pour des remplacements courts, de un à trois jours. S’il ne précise pas ce qu’il entend par «adulte diplômé», il indique que ces nouveaux contractuels «auront déjà été vu par les inspecteurs».

 

 


Les principales Fédérations de parents d’élèves sont globalement satisfaites que le gouvernement se saisisse du problème. Les réactions de leurs présidents : 

Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (première fédération de parents d’élèves, classée à gauche) : «Aujourd’hui, les recteurs ne peuvent pas quantifier les heures d’absence de profs car il n’y a aucun outil spécifique. On va désormais acquérir plus de transparence sur le sujet. Enfin, le gouvernement reconnaît la légitimité de nos revendications. Cela fait des années que l’on met l’accent sur la nécessité de remplacer les profs absents, et ce dès le premier jour d’absence. Il faut désormais voir ce que cela va donner sur le terrain. Je ne crois pas beaucoup à l’idée d’élargir les frontières académiques. Où va-t-on fixer les limites ? Où va-t-on placer le bureau des remplacements -qui doit effectivement absolument être créé ? Ce qui nous dérange surtout, c’est que ce ne soit pas un enseignant qui remplace un enseignant. Les professeurs retraités, pourquoi pas, mais il ne s’agit pas vraiment d’une solution pérenne pour les élèves. Pour les étudiants, c’est compliqué. Ils doivent être accompagnés pendant leur formation, on ne peut pas les abandonner comme ça devant une classe inconnue pour quelques jours… Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités jusqu’au bout et qu’il crée des postes d’enseignants remplaçants. Des milliers d’entre eux ont été supprimés par l’ancien ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, il va falloir corriger le tir si on veut aller au bout des choses».

Philippe Vrand, président de la PEEP (deuxième fédération de parents d’élèves du public, classée à droite) : «L’absentéisme des profs dure depuis trop longtemps, les parents en ont ras-le bol ! Les deux pistes de réflexions que nous défendons depuis longtemps ont été prises en compte : la gestion des ressources humaines doit être géographiquement plus souple, et le délai de carence de quatorze jours avant de déclarer un prof absent auprès du rectorat doit être supprimé. Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, se saisit du problème et nous en sommes satisfaits. Il faut maintenant que ces propositions soient appliquées. Pour ce faire, regardons en interne : pourquoi ne pas envisager un vivier de remplaçants titulaires à disposition des établissements scolaires ? Les enseignants ne pourraient-ils pas rester 2 ou 3 heures de plus par semaine (payées en heures supplémentaires) pour être disponibles au pied levé en cas d’absences d’autres profs ? Je sais qu’ils ont beaucoup de travail en amont et en aval de leurs cours, mais peut-être qu’ils peuvent participer à l’effort collectif ? Nous pensons également qu’il faut travailler sur la polyvalence des enseignants (certains d’entre eux sont tout à fait capables, par exemple, d’assurer un remplacement en géographie alors qu’ils sont profs de français). Quant à l’idée de faire appel à des retraités de l’Education nationale volontaires : je dis pourquoi pas. Je pense également que des gens en formation qui se prédestinent à être enseignants peuvent tout à fait faire l’affaire. Donnons-nous les moyens d’assurer tous les cours pour la réussite de nos enfants.»

 

Article 20 Minutes.fr

Luc Chatel dévoile son plan pour pallier les absences non remplacées des enseignants

EDUCATION – Il veut notamment faire appel à des étudiants ou des retraités de l’Education nationale…

Luc Chatel décrète la «mobilisation générale». Réunissant les recteurs ce mardi, le ministre de l’Education nationale entend remédier rapidement au casse-tête des enseignants non remplacés en cas d’absence. Le vrai problème concerne particulièrement les absences courtes, pour lesquelles «le taux de remplacement n’est que de 19% dans le secondaire», estime Luc Chatel, interrogé dans Le Parisien de ce mardi.

Les solutions envisagées? D’une part, faire appel à des «contractuels associés», soit «des étudiants qualifiés, des adultes diplômés ou des jeunes retraités de l’Education nationale». Et, d’autre part, mettre fin aux frontières académiques, qui empêchent les remplaçants titulaires de pouvoir donner cours dans d’autres académies que la leur. Luc Chatel estime en effet que 50.000 des 857.000 professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10% d’entre eux dans le primaire et 20% dans le secondaire «ne sont pas pleinement utilisés».

Un «monsieur remplacement»

L’objectif pour les recteurs sera alors, dans un premier temps, de nommer un «monsieur remplacement», soit un interlocuteur que les établissements pourront appeler à la première heure pour leur trouver un remplaçant. Ensuite, d’ici à la rentrée prochaine, le ministre demande aux recteurs de se constituer un vivier de «contractuels associés», ces remplaçants d’un nouveau genre qui seront supervisés par des professeurs expérimentés.

Cette annonce intervient alors qu’une journée nationale de grèves et de manifestations se profile vendredi à l’appel des syndicats de l’enseignement pour protester contre les réformes dans l’éducation. De même, des fédérations de parents d’élèves de Seine-Saint-Denis continuent depuis plusieurs semaines de déposer des recours devant les tribunaux administratifs pour des problèmes de remplacement.

 

 

 

 



TOUS EN GRÈVE LE VENDREDI 12 MARS !

Logo FSUAG des grévistes à 11h à la FSU
Pour discuter des suites rapides à donner à l’action,
débattre d’une nouvelle grève en mars,
et donner à l’éducation toute sa place
dans la journée de mobilisation interprofessionnelle du 23 mars.

MANIFESTATION DÉPARTEMENTALE
14H30 NÎMES, MAISON CARRÉE

Pour la section départementale
Bertrand Humeau



« Remplacements : les bricolages de Luc Chatel »

Mardi 9 Mars 2010

Logo UNL

Dans une interview parue dans Le Parisien, Luc Chatel annonce un « plan de mobilisation générale » pour le remplacement des absences de courte durée des enseignants. Pour l’Union Nationale Lycéenne, le Ministre a raté une occasion de se taire.

 

 

De l’hypocrisie à peine voilée

 

Même si c’est un problème, le quotidien des élèves n’est pas accablé par l’absence un mardi de la prof de français entre 10h et midi ! Les classes surchargées, la sélection sociale par le tri scolaire au moment des choix d’orientation, les absences de longue durée non remplacées par manque d’enseignants, ou la quasi-impossibilité de raccrocher aux cours que l’on aurait mal compris : voilà l’indigestion dont nous souffrons le plus.

 

Mais nous pensons que Luc  Chatel n’a pas complètement tort lorsqu’il affirme qu’il «n’y a pas de problèmes partout» : les suppressions de postes et le démantèlement de la carte scolaire pèsent avant tout sur les établissements déjà affaiblis. S’il devient évident aux yeux de tous que Luc Chatel ne peut plus se cacher derrière son volontarisme aussi verbal que politique, il y a longtemps qu’il ne fait plus illusion auprès de la communauté éducative. Le Ministre renforce aujourd’hui la charpente d’un système scolaire à deux vitesses qui laisse de côté la majorité des jeunes.

 

Oser appeler en renfort des retraités, alors que se profile un débat absurde pour l’Education Nationale sur l’âge de départ à la retraite, ou des étudiants non formés à l’enseignement, c’est vraiment être à court d’arguments pour défendre la réduction des moyens !

 

Enseigner est un métier qui s’apprend !

 

Croire que le « compagnonnage » comblera l’absence totale de formation d’enseignants dans un système dont les méthodes pédagogiques montrent déjà leurs limites c’est institutionnaliser le bizutage comme mode de formation professionnelle.

 

Il y a un mois, dans une tribune commune avec Philippe Watrelot, Président du CRAP-Cahiers Pédagogiques et Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE, l’Union Nationale posait déjà la question « Comment peut-on croire qu’être excellent en géométrie algébrique ou en littérature médiévale suffit pour apprendre l’addition et la lecture à des CP, la rédaction à des collégiens, la maitrise des outils de communication numérique à des lycéens ? »

 

L’Union Nationale Lycéenne réitère donc au Ministre qu’il faut d’urgence :

 

-       Mettre fin aux suppressions de postes dans l’Education Nationale

-       Recruter du personnel d’encadrement qualifié dans les lycées

-       Remettre à plat la réforme de la formation des enseignants.

 

Comment ce gouvernement peut-il vanter sans honte les mérites du « nouveau lycée » dans des spots publicitaires à la radio quand il répond en même temps à des problèmes qu’il a lui-même créés ?

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne

 

 

Contact presse : Antoine Evennou : 06 08 91 72 54



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